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Quel discours

ENTRETIEN AVEC LE PR MAMADOU DIOUF DE COLUMBIA UNIVERSITY 
« Pourquoi Sarkozy se donne-t-il le droit de nous tancer et de juger nos pratiques… »  
Par | | vendredi 17 août 2007 |  
Devons-nous réellement prêter attention à son discours ou devons- nous faire en sorte qu’il ne puisse plus prendre avec une telle arrogance et un tel mépris - un mépris fait de tant d’ignorance - cette liberté que s’octroie le maître vis-à-vis de l’esclave : lui dire son fait, le définir, lui attribuer une essence qui affiche son comportement, sa moralité douteuse, sa sexualité débridée tout en se rendant disponible pour le corriger et le punir parce qu’il le connaît mieux que tout le monde. Telle est la position de Mamadou Diouf, l’invité personnel du Président Chirac lors du dernier Sommet France – Afrique. Il balaie au passage le recours sélectif de la philosophie de Senghor par Nicolas Sarkozy. Pour l’historien sénégalais une protestation des Sénégalais et du Gouvernement étaient et sont toujours d’actualité. 
M. Diouf, nous savons que vous êtes en plein déménagement pour Columbia. Permettez-nous cependant de vous demander votre lecture du discours de Sarkozy à Dakar ? 
Je ne crois pas que le combat à mener est de récuser l’approche de Sarkozy, ni même sa vision de l’Afrique. La question que nous devons nous poser est de savoir pourquoi se donne-t-il le droit de nous tancer et de juger nos pratiques d’une part et d’autre part pourquoi sommes - nous obligés de répondre, de nous indigner. Pourquoi son discours fait-il mouche nous obligeant à sortir la grande et la petite artillerie pour lui dire qu’il s’est planté et trompé d’époque. Devons-nous réellement prêter attention à son discours ou devons- nous faire en sorte qu’il ne puisse plus prendre avec une telle arrogance et un tel mépris - un mépris fait de tant d’ignorance - cette liberté que s’octroie le maître vis-à-vis de l’esclave : lui dire son fait, le définir, lui attribuer une essence qui affiche son comportement, sa moralité douteuse, sa sexualité débridée tout en se rendant disponible pour le corriger et le punir parce qu’il le connait mieux que tout le monde. 
Sarkozy cite à volonté Senghor pour étayer et valider par un Noir ce que Hegel a appelé la « mentalité prélogique » et l’enfance éternelle des Africains. Senghor pensait – il vraiment que les Noirs n’avaient pas de raison ? 
Si les combats menés par des générations d’intellectuels noirs, africains, africain-américains, caribéens, et parmi eux, Firmin Anténor, De L’Egalité des Races Humaines (1885), Martin Delaney, Alan Locke, W. E. B. Dubois, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Cheikh Anta Diop, depuis au moins la fin du 18ème siècle ont si peu porté leurs fruits qu’il faille les engager une nouvelle fois, il devient indispensable de relire autrement le discours du président français afin de proposer la riposte appropriée. 
Appréciant les politiques d’assimilation et d’association successivement mises à l’épreuve par l’Empire français – le cadre des bienfaits de la colonisation française - Senghor n’hésite pas à convoquer des « techniciens de l’empire » et théoriciens de l’association » tels que Lyautey, Delavignette, Bugeaud, Faidherbe, même Napoléon III pour affirmer avec force qu’il importe de souligner les différences de la commune humanité de tous les hommes. « Mais les différences, écrit-il, ne sont-elles pas dans le rapport des éléments plus dans leur nature ? Sous les différences n’y a t-il pas des similitudes plus essentielles. Mais surtout la raison n’est-elle pas identique chez tous les hommes ? Je ne crois pas à la « mentalité prélogique ». L’esprit ne peut être prélogique, encore moins alogique » (Vues sur l’Afrique Noires ou Assimiler et non Etre Assimiles, Liberté 1. Négritude et Humanisme). 
Ce texte a été publié pour la première fois il y a 62 ans, l’année qui marque la fin de la Seconde guerre mondiale et republié en 1964, quatre années après l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. Il envoyait déjà un violent coup de pied à la pédagogie tirée de la bibliothèque politique coloniale. Celle-là même que répète, sans sourciller et l’air décidé le nouveau prophète de la rupture. 
Que signifie réellement le discours de Nicolas Sarkozy ? 
Au delà de sa signification – un jugement à la fois banal et erroné sur l’âme africaine – il signe tout à la fois notre dépendance et le poids insignifiant que nous pesons sur la scène du monde. Sarkozy ne nous expulse pas de seulement l’histoire, nous renvoyant à l’obscurité dans laquelle le Siècle des Lumières, Hegel et tant d’autres anciens et modernes nous arrimaient avec force et condescendance – la pâte à modeler pour la mission civilisatrice - mais il nous refuse d’entrer dans le temps du monde. Il exige de nous un abandon total pour mériter de la générosité de la mère métropole. Enfants en perdition, hagards et affamés sur les chemins du monde, trouble-fêtes vaincus par la maladie, la misère, les guerres et haines tribales cuites et recuites, pris aux pièges d’une nature tropicale moite et torride, propice à une sexualité sauvage qui multiplie une humanité grouillante, irresponsable. Une humanité prompte à tendre la main, à avaler les rebuffades, à courber l’échine jusqu’aux courbatures, affichant au nez des nantis toute la misère du monde, les empêchant de jouir du fruit du dur labeur qui établit dans le même mouvement leur humanité et notre enfermement dans le cycle primitif de la nature, refusant obstinément de suivre les leçons administrées autant par la violence, les offres de pacotilles, l’éducation, la religion, l’armée, le commerce et l’agriculture. Souriants, heureux, insouciants, pareils à la cigale de la fable, nous attendons notre pitance de la fourmi, prenant le risque de la piqûre venimeuse et fatale. Cette fois-ci, elle a pris la forme d’un discours. 
L’indignation suscitée est-elle à la hauteur de l’offense ? 
Devons-nous accorder autant d’intérêt à ce retour du refoulé occidental – français en particulier – face à la multiplication des cultures du monde et l’établissement d’un universalisme sorti de la gangue de la civilisation occidentale. Un universalisme de la rencontre, de l’hybridité, de la symbiose et du métissage (Senghor), du rendez-vous du donner et du recevoir (Césaire) ? Ou bien devons - nous procéder à une introspection qui exige un recentrage sur nous-mêmes et notre présence dans le monde ? Une présence africaine qui force le respect tout en nous assurant un regard critique sur nous-mêmes et sur le monde. Forcer le respect c’est d’abord se respecter soi-même et compter sur ses propres forces pour reprendre une vieille formule devenue étrangère à nos anciens maoïstes qui se couvrent de poussière pour se faire pardonner par le prince leur crime de lèse-majesté. 
Ne pensez – vous pas que les Sénégalais ont été trop passifs ? 
Vider le calice de nos hontes, prendre des coups sans broncher sont devenus le lot quotidien d’un peuple qui s’est longtemps cru élu et qui se trouve aujourd’hui relégué au plus bas de l’échelle de l’histoire. Les Sénégalais doivent aujourd’hui trancher la question suivante : s’il est inconcevable d’imaginer le président français prononcer un tel discours dans les capitales des anciennes colonies britanniques, ou même à Abidjan, qu’est-ce qui fait de Dakar le lieu indiqué pour un tel crime ? A-t-on quitté la salle pour protester ? Un pareil geste, bruyant et indiscipliné, devant le criminel et ses acolytes aurait eu de la gueule et des effets plus que les exégèses à posteriori. Le gouvernement sénégalais a-t-il protesté ou exigé des excuses parce que Dakar a été le lieu où le crime contre l’humanité africaine a été perpétré ? Une société malade dans ses élites s’est fait administrée une volée de bois vert et semble en redemander. Un peuple qui se contente des miettes d’un festin imaginaire applaudit à tout rompre au spectacle de la chicotte manipulée avec dextérité par le bourreau aimé et révéré. 
Les Africains ne doivent-ils pas oublier la France. En tout cas celle de Sarkozy ? 
Il est temps pour les Africains d’oublier l’Europe pour s’offrir le monde. Il est temps d’échapper aux logiques réactives pour se perdre dans les dédales dans un monde qui se réinvente sous nos yeux et avec notre contribution. Il est plus que temps de nous aimer pour devenir une communauté libre et démocratique, prête à tous les sacrifices. Le respect ne se gagne pas par la parole mais les actes. Il est temps de suivre avec confidence et bonheur la leçon de Toni Morrison déclarant : je n’écris pas pour expliquer le monde des noirs aux blancs, j’écris d’abord pour ma communauté. Il est plus que temps d’entretenir une conversation indigène pour les indigènes en se souciant de la seule reconnaissance qui vaille, celle de notre communauté d’abord et des hommes et femmes épris de paix et de justice. N’est-il pas venu le temps de suivre la voie tracée par Franz Fanon dont Sartre disait, dans la préface aux Damnés de la Terre qu’il se souciait de parler de l’Occident et des Occidentaux, sans s’adresser à eux. Fanon s’adressait à ses frères et sœurs de combat. Réapprendre la parole libre, enjouée et forte et si aérienne d’Aimé Césaire, de Franz Fanon et de Toni Morrison pour vivre libre. 
Propos recueillis par El Hadji Gorgui Wade NDOYE ( ONU – GENEVE 
 
M. NICOLAS SARKOZY, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE AU QUOTIDIEN « LE SOLEIL » : « Les relations entre la France et le Sénégal s’adaptent aux réalités du monde »  
 
 
Premier bénéficiaire de l’Aide publique au développement, le Sénégal est le premier pays à accueillir le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas hasard, signale le nouveau locataire du Palais de l’Elysée. Le successeur du président Jacques Chirac estime que les nouveaux rapports entre les deux pays doivent s’inscrire dans le cadre de relations « amicales, constructives et décomplexées ». Ces relations doivent tout simplement s’adapter aux réalités du monde, tout en puisant leur force dans « un long passé ». 
 
Dans cet entretien, M. Sarkozy aborde d’autres questions comme la sécurité et la paix sur le continent, le gouvernement de l’Union africaine, la présence des entreprises françaises au Sénégal, l’aide au développement, l’immigration, etc. 
 
Monsieur le président de la République, quelle place le Sénégal occupe-t-il dans les nouveaux rapports entre la France et l’Afrique ? 
 
Je pense que ma présence aujourd’hui au Sénégal, pour la première étape de mon premier déplacement en Afrique subsaharienne, deux mois après mon entrée en fonction, répond d’elle-même à votre question ! J’ai tenu, en effet, à marquer par cette première étape toute l’importance que j’accorde à la relation entre la France et le Sénégal, grande nation africaine, symbole de tolérance, d’ouverture et de paix en Afrique. 
 
L’amitié entre nos deux pays est profondément ancrée dans un long passé commun et, au fil des années, elle s’est encore approfondie en s’adaptant aux nouvelles réalités du monde, aux nouveaux défis que nous devons relever ensemble. 
 
Je souhaite, en venant au Sénégal, affirmer ma volonté de maintenir et de renforcer ce lien exceptionnel et apporter un nouveau témoignage de la proximité de nos positions sur la plupart des grandes questions internationales, en commençant par celles qui concernent la paix et la sécurité sur le continent africain. Les efforts conjoints que nous menons dans ce domaine constituent un bon exemple de partenariat réussi. 
 
Les relations entre la France et le Sénégal sont appelées à évoluer mais elles sont déjà, par de nombreux aspects, emblématiques des nouveaux rapports que je souhaite établir avec l’Afrique. 
 
Ces nouveaux rapports doivent se traduire par des relations amicales, constructives et décomplexées, reposant sur deux conditions essentielles : une volonté commune et un respect mutuel. 
 
Je crois qu’avec le Sénégal, il n’est plus nécessaire de démontrer la volonté mutuelle de chacun de maintenir cette proximité, tout comme le grand respect et la franchise qui caractérisent nos relations. 
 
Récemment, la France a défini des conditionnalités pour l’aide au développement qui, du reste, rappellent le « discours de La Baule » : l’organisation d’élections régulières, le respect des droits de l’Homme, la lutte contre la corruption, des politiques publiques bénéficiant aux populations. Le Sénégal répond-il à ces critères ? 
 
Il est effectivement souhaitable que notre aide au développement, qui est un investissement dans notre avenir commun, soit guidée par les règles qui garantissent l’efficacité de l’argent public et de tout investissement : la définition d’une stratégie précise, des exigences réciproques clairement fixées, la culture du résultat et la nécessité de rendre des comptes. C’est en ce sens que les critères que vous mentionnez sont pertinents. 
 
Je me méfie cependant du mot « conditionnalité » qui ne traduit pas vraiment la démarche de partenariat équilibré et de responsabilité réciproque. « Conditionnalité » renvoie, en effet, souvent à une exigence extérieure que certains en Afrique assimilent à une ingérence. 
 
Je pense, au contraire, que ces critères n’ont rien d’extérieur car ils correspondent d’abord à ce que les Africains attendent de leurs gouvernements. 
 
Votre référence au discours de La Baule est un bon exemple car on oublie trop souvent que ce discours a été précédé de la Conférence nationale souveraine du Bénin, qui a donné le coup d’envoi d’une exigence démocratique qui a balayé tout le continent. 
 
Pour répondre à votre question : ce n’est pas par hasard que le Sénégal est le premier bénéficiaire de l’Aide publique au développement française en Afrique subsaharienne. 
 
La France est le premier partenaire économique du Sénégal. Le cap sera-t-il maintenu sous votre magistère ou qu’est-ce qui pourrait changer ? 
 
Je ne pense pas que le statut de premier partenaire économique relève de la décision d’un chef d’Etat. Il dépend d’abord de la compétitivité des entreprises, de leur capacité à répondre à la demande et à s’y adapter. Le Sénégal ne manque pas d’atouts pour imposer son économie dans la Mondialisation. Sa force est d’avoir su développer une économie basée non sur les ressources naturelles mais sur le dynamisme et la compétence de sa population. Certains secteurs de l’économie sénégalaise connaissent une croissance remarquée : le Btp, l’agro-alimentaire, les transports. La volonté du Sénégal de s’engager dans la voie des pays émergents, notamment à travers la Stratégie de croissance accélérée, est un élément essentiel. Je ne doute pas de la capacité des sociétés françaises à accompagner cette évolution. 
 
Dans un climat concurrentiel, je fais confiance au dynamisme et au talent de nos entreprises pour maintenir et renforcer leurs positions, mais aussi en gagner de nouvelles et cela dans l’intérêt de nos deux pays. Je suis, vous le savez, en faveur de la compétition et de la mise en concurrence pourvu que les règles du jeu soient claires, transparentes et appliquées par tous. 
 
De 7l’immigration économique verra sa part monter à 50avec, notamment le visa « compétences et talents ». Sont-elles fondées, les craintes d’exclusion d’une bonne partie des travailleurs africains au profit de ceux de l’Union européenne et des anciens pays de l’Est ? 
 
Non, ces craintes ne sont pas fondées. La France est, en effet, largement ouverte à l’immigration africaine. Sur 200.000 entrées annuelles en France, environ 65roviennent du continent africain. Ce flux migratoire est aujourd’hui largement dominé par les entrées pour motif familial. L’un des objectifs de la nouvelle politique française de l’immigration est de définir un équilibre entre immigration de travail et immigration familiale. Avec le Sénégal, la France a entrepris une politique exemplaire de gestion concertée des flux migratoires qui s’est matérialisée dans l’accord que j’ai eu le plaisir de signer ici même à Dakar en septembre dernier, avec M. Ousmane Ngom, lors de ma dernière visite en tant que ministre de l’Intérieur. C’est la première fois que deux pays s’entendent ainsi pour gérer ensemble les flux migratoires, non pour les tarir mais pour les orienter. Il s’agit de lutter contre la fuite des cerveaux, de faciliter une migration de mobilité pour les professionnels et les étudiants qui souhaitent se former en France et l’accueil dans les meilleures conditions de ceux qui viennent en France pour des raisons familiales. 
 
La loi du 24 juillet 2006 a instauré la carte « compétences et talents » et ouvert, pour la première fois depuis 1974, le marché du travail français. Il ne s’agit pas de favoriser les travailleurs issus de telle ou telle région mais bien d’ouvrir de vraies perspectives professionnelles dans les domaines où le marché de l’emploi français recherche des compétences. L’antenne de l’Anaem (Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations) basée à Dakar aura précisément pour mission d’aider les travailleurs sénégalais à mieux connaître et à profiter de ces perspectives professionnelles nouvelles 
 
En ce qui concerne l’Union européenne, il est vrai que les engagements européens de la France prévoient un régime particulier de libre circulation et de libre accès au marché de l’emploi, comme cela existe pour les ressortissants de la Cedeao au Sénégal. En dehors de cette exception, la France n’entend pas favoriser l’immigration de telle ou telle région du monde au détriment de l’immigration de ressortissants africains. 
 
L’Afrique doit aussi chercher des solutions internes en synergie avec les partenaires au développement dont la France. Pensez-vous qu’un gouvernement continental soit une solution efficace ? 
 
Je suis convaincu, comme Kwame Nkrumah, que l’Afrique doit s’unir. La nécessité d’une Union africaine, ou d’Etats unis d’Afrique, dotée de la volonté politique et des moyens institutionnels qui lui permettent de relever les défis auxquels le continent africain doit faire face me paraît évidente. 
 
La France soutient cet objectif et le dialogue permanent avec l’Union africaine est pour nous un principe central dans la conduite de la politique africaine. 
 
C’est unie et efficace que l’Afrique pourra pleinement jouer son rôle sur la scène internationale, venir à bout des derniers conflits qui subsistent et répondre aux menaces économiques, environnementales ou sanitaires sur le continent. 
 
Il appartient aux Africains de trouver les modalités de cette union, selon les méthodes qui leur paraissent les mieux adaptées à cet objectif. Le défi lancé n’est pas simple et nous en faisons l’expérience en Europe où le processus engagé depuis des années déjà connaît des hauts et des bas. Mais il est essentiel pour favoriser le développement économique notamment à travers des infrastructures de qualité et accroître son poids dans les négociations internationales et je pense ici notamment à celles de l’Omc. Je n’ai pas de modèle ou de mode d’emploi à proposer. 
 
C’est aux Africains de trouver leur voie et les responsables de l’Union africaine trouveront toujours avec la France un partenaire disposé à appuyer leurs efforts d’intégration. 
 
COOPERATION ECONOMIQUE : La France premier partenaire bilatéral du Sénégal 
 
La coopération exemplaire et multidimensionnelle entre la France et la Sénégal devra sans aucun doute prendre un nouvel élan avec la visite du nouveau président français, Nicolas Sarkozy, à Dakar prévue ce 26 juillet. Les relations anciennes et mutuellement fructueuses se son concrétisées dans des domaines aussi bien économique que politique et culturelle. 
 
La coopération économique exemplaire entre le Sénégal et la France n’est pas le fruit du hasard. Elle se fonde sur des liens d’amitié qui ne cessent de se renforcer depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, intervenue en 1961. 
 
La France demeure le premier partenaire bilatéral du Sénégal et ses décaissements nets destinés à l’Aide publique au développement (Apd) ont atteint 105,7 millions d’euros en 2003 et 410,3 millions d’euros en 2004, dont 124, 2 millions d’euros hors annulation de dettes bilatérales. Ces annulations de dettes, intervenues à la suite de la mise en œuvre du processus Ppte, sont estimées à 286,1 millions d’euros en 2004. 
 
De telles initiatives de la France envers le Sénégal illustrent parfaitement la qualité des relations économiques entre ces deux pays et ces deux peuples. 
 
La première visite officielle en dehors du continent africain, effectuée en juin 2001 en France, par le président Abdoulaye Wade ainsi que ses nombreux déplacements à Paris, en compagnie des membres du gouvernement sénégalais et celle de l’ancien chef de l’Etat français, Jacques Chirac au Sénégal en février 2005 accompagné d’une forte délégation française témoignent de la bonne volonté des autorités des deux Etats de renforcer les liens d’amitié et de coopération dans les domaines économique, social et culturel. 
 
Rien qu’au sein de l’enveloppe de l’Apd française, l’aide-projet en faveur du Sénégal mobilise chaque année l’ordre de 40 millions d’euros. La France demeure également le premier investisseur étranger au Sénégal : les investissements français et les bénéfices réinvestis dans l’économie sénégalaise tournent autour de 25 millions d’euros, soit 16,4 milliards de FCfa annuellement. 
 
Plus de 250 entreprises françaises évoluant dans les secteurs secondaires avec l’agroalimentaire, la transformations des produits halieutiques, le raffinage du pétrole, la production du ciment, l’emballage, dans le tertiaire (banques et assurances, la distribution de l’eau, les transports, les télécommunications, l’hôtellerie et la restauration, le commerce des biens et des services…) réalisant un chiffre d’affaires 1,7 milliard de FCfa et employant plus 22.000 salariés se sont implantées au Sénégal. 
 
Sur le plan commercial, la France est le premier fournisseur et le deuxième client du Sénégal. Le volume total des échanges, constitué à 84 ar les exportations est égal à 637 millions d’euros, soit, 417,872 milliards de FCfa. Et les exportations françaises au Sénégal, estimées à 535,4 millions d’euros, soit 351,222 milliards de FCfa, ont marqué une progression de 6,1 n 2004. 
 
Cette progression des exportations françaises au Sénégal dépend de la fourniture des biens de consommation et d’équipements (vente des véhicules automobiles, d’équipements électriques et électroniques, équipements ménagers…). 
 
Quant aux importations françaises en baisse de 10 elles sont essentiellement composées de produits agro-alimentaires et ont atteint un montant de 52,5 millions d’euros, soit 34,44 milliards de FCfa, selon les chiffres du ministère des Affaires étrangères français. 
 
C’est donc pour toutes ces raisons que la France demeure le premier client du Sénégal en Europe, le premier contributeur de l’aide au développement de l’Union européenne au niveau bilatéral et le premier partenaire bilatéral du Sénégal dans l’ensemble des pays de l’Afrique sub-saharienne. 
 
La France, à travers le Document cadre de partenariat France-Sénégal pour la 2006-2010, a exprimé sa volonté d’accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de sa Stratégie d’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) et de celle de croissance accélérée (Sca), en centrant prioritairement ses concours sur trois secteurs-clé que sont l’Education, le secteur productif et les Infrastructures. 
 
Sources : -site ministère des Affaires étrangères (France) et de l’ambassade de France au Sénégal. le Document cadre de partenariat France-Sénégal (Dcp 2006-2010) 
 
 
PROPOS RECUEILLIS PAR HABIB DEMBA FALL ET SIDY DIOP 
 
 
NICOLAS SARKOZY AU PAYS DE LA "TERANGA" L'hyper- énergie et la sagesse 
 
Article Par Saer Seck "Bamba", Journaliste à Marseille,  
Paru le Mardi 24 Jui 2007 
 
La Coupe du Monde...en 2002, au Japon et en Corée du Sud; L'équipe Nationale du Sénégal réalise des exploits! Bernard Pivot s'extasie devant les passes millimétrées de "l'auxerrois" Fadiga. Il jongle avec les mots et vante le talent des Lions de la Téranga. L'homme fut très populaire sur le continent, surtout pour son goût affiché de la rhétorique. Pivot note cependant avec pertinence que les footballeurs sénégalais communiquent sur le terrain...en français! La seule langue qui leur soit commune. 
Voilà ce qui caractérise les relations franco-sénégalaises: un long cheminement séculaire, plus qu'une amitié, des liens de sang, la double culture, concertation permanente au plus haut niveau et des convergences.La solidarité des peuples, les mariages mixtes...etc. Dakar,apprend t-on est en effervescence. Ce n'est point seulement la chaleur hivernale. C'est qu'elle s'apprête à recevoir un hôte prestigieux. Aucun Chef d'état n'est mieux accueilli ici que le Président de la République française. Léopold Sédar Senghor vouait un sacré culte au Général De Gaule. Abdou Diouf fut l'ami de Chirac. Quant à Sarkozy et Wade, ils reconnaissent publiquement s'estimer mutuellement. Un sentiment qui se fonde sur le franc-parler de ces deux leaders, bien élus, désirant imprimer à cette relation si particulière, un nouvel élan. 
C'est le Président Wade qui a demandé à tout le peuple sénégalais une mobilisation exceptionnelle pour réserver à son homologue français, un accueil historique! Ainsi pourra t-on noter demain, une ambiance proche du délire, de l'aéroport L S Senghor aux grilles du Palais; Le pittoresque quand Dakar se libère, ce sont les couleurs, les sabar, koras et balafons, les troubadours et acclamations qui se mêlent aux pas endiablés de danses. Nicolas Sarkozy et sa délégation apprécieront. En attendant de déguster le fameux riz au poisson du cru. Le président français connaît bien Dakar et le Sénégal mais c'est la toute première fois qu'en sa qualité d'hôte de l' Élysée, il y effectue une visite officielle. Un grand honneur que la France rend au peuple sénégalais ainsi qu'au Président Wade. Rien n'est donc épargné par ce dernier afin d'honorer la réputation hospitalière, légendaire du Sénégal. coté officiel, Le Président Sarkozy mettra en exergue la démocratie sénégalaise, souvent citée en exemple en Afrique, gage de stabilité politique. En la matière, il reste néanmoins beaucoup à faire sur le continent Noir. Même à Dakar ou l'opposition espère que le vent de l'ouverture incarné par Nicolas Sarkozy inspirera le "Vieux sage". Maître Wade de son coté exprimera sa reconnaissance à l'endroit de la France, pays le plus ami et l'allié inconditionnel du Sénégal, en tous points de vue. Les principaux volets de la coopération et du co-développement seront évoqués, en particulier les accords récents signés dans les domaines de la circulation des personnes, jugés courageux et lucides...Sans oublier les investissements, la formation et les questions relatives à la sécurité...etc. La très forte communauté française résidant au Sénégal ne sera pas en reste car elle sera reçue par le Président Sarkozy lequel aura à coeur de l'écouter mais surtout de lui expliquer la nécessité des réformes qu'il va entreprendre avec son gouvernement, conformément aux attentes de la majorité des français qui l' a porté au pouvoir. Très populaire avec près dee 66 pour cent d' opinions favorables, il reste néanmoins à savoir si son image sera tout aussi reluisante au Sénégal qui découvre un homme qui a changé! 
Les liens de sang: Passions et déchirures  
Si l'énergie et les innovations de Sarkozy ont depuis longtemps séduit le Président Wade (très au fait des réalités politiques en Hexagone) ce dernier ne manquera pas de lui prodiguer quelques conseils et lui faire bénéficier de sa longue expérience,car en Afrique on écoute les "Vieux sages" avec respect et humilité. 
A ce niveau, les relations franco-sénégalaises sont plus proches de la complicité que d' autre chose. En revanche, tout n'est pas si rose quand il s'agit des affaires de...coeur. Les sénégalaises sont souvent belles , coquettes en un mot séduisantes. elles peuvent aussi tomber sous le charme d'un pur breton ou d'un alsacien! "Y a pas de frontières, ni visas ni expulsions. On s'aime et c'est tout naturel". Ces idylles sont passionnantes mais au fil du temps, la culture originelle a tendance à prendre le dessus. Or les conjoints on déjà beaucoup sacrifié socialement parlant. Ces couples mixtes résistent bien aux intempéries jusqu'à cinquante ans! Passé cet âge, plus rien ne pourra jamais plus le séparer. En cas de rupture, les conséquences sont beaucoup plus désastreuses. Cette réalité se rencontre hélas tous les jours avec son lot de regrets... 
Français et sénégalais admettent à l'une et l'autre culture des valeurs éloquentes qu'ils ne cessent de flatter quand ils se retrouvent. Il n’y aucun complexe d'admirer l'ingéniosité française et de voir comment ils ont bâti leur pays! Oui on souhaiterait que "Dakar soit comme Paris". En l'an 2000!Avait promis Senghor. Pour l'instant ce n'est pas le cas malgré la bonne volonté de Me Wade également surnommé "Président- Inaugurations". Les français apprécient la chaleur familiale en Afrique, le soleil et les plages, notre joie de vivre et les paysages exotiques... Ils savent aussi qu' un vieillard ne meurt jamais seul chez nous. Quant aux africains, ils devraient honnêtement imiter le sérieux de nos "cousins gaulois" en matière de rigueur et de contrôle du travail bien fait et de bonne gouvernance! 
Sur les bords de la Seine ou au loin dans la baie de Soumbédioune,ce qu'il nous faut c'est la symbiose. L'expression-clé du Président-poète qui serait fier aujourd'hui de ses produits: Rama Yade! et d'autres moins connus, des anonymes qui battent le pavé et se fondent dans la masse.  
UN DIALOGUE S’IMPOSE POUR L’INTERET DU PEUPLE 
Le Journal des Internautes | mardi 24 juillet 2007  
Le dialogue politique constitue le socle, « la cheville ouvrière » de la grande marche du Sénégal vers la démocratie. 
Ce concept a été inspiré par les grandes démocraties modernes et surtout par nos réalités Africaines voir de la téranga Sénégalaise. Cette situation nous a permis d’être épargnée des coups d’Etat et de surmonter des épreuves difficiles. C’est le cas des événements de 1963, 1988, 1993… j’en passe. 
Et le dialogue politique a été un élément décisif pour le Sénégal d’atteindre « le sommet » de la démocratie symbolisé par l’alternance en 2000. Dés le début de l’alternance les nouveaux dirigeants ont mis en vogue ce concept. 
Force est de reconnaître que depuis 2005 le dialogue politique est torpillé. Nous pourrons l’illustrer par plusieurs situations. Cependant notre objectif ce n’est pas de critiquer pour critiquer, ce n’est pas de faire un bilan de l’alternance dans ce domaine non plus faire une étude comparative entre les deux régimes. 
Mais plutôt d’adopter une démarche scientifique, juridique et constructive qui nous permettra de réveiller les consciences, situer chacun devant ses responsabilités et défendre l’intérêt du peuple. Pour atteindre cet objectif nous aborderons l’impact du manque de dialogue, les causes et les solutions pour sortir de l’impasse. 
Il s’agit de définir le dialogue politique. Pour nous c’est une discussion, un débat ouvert des acteurs politiques (partis politiques, la société civile, les groupes de pressions, les acteurs du développement) sur les affaires de l’Etat (Elections, problèmes sociaux, programmes des gouvernants). D’abord le manque de dialogue a occasionné le boycott qui a influencé sur le taux d’abstention. Il met le pays dans une situation ‘conflictuelle’ et désoriente les acteurs politiques des vrais problèmes de la société. 
Face à tous ces effets des chefs religieux, la société civile et des bonnes volontés n’ont pas pu remettre le dialogue sur l’arbre à palabre. Pourquoi ? D’autre dirons c’est les « faucons » du palais. Pour nous, osons le dire, c’est le manque de volonté, manque de considération au peuple et la préservation par chaque groupe de son intérêt 
Ensuite d’un coté l’opposition ne reconnaît pas le Président mais veut discuter avec lui. Nous leur demandons en qualité de quoi ? Derrière cet argument nous pensons que l’opposition ne veut pas reconnaître sa défaite et tirer toutes les leçons pour se préparer à des échéances futures. De l’autre coté le camp Présidentiel refuse de discuter avec des partis qui ne veulent pas reconnaître sa victoire. Nous leur demandons combien de fois Me Wade un ‘farouche’ opposant a été reçu par le Président Diouf ? Nous pensons là aussi il croit en recevant l’opposition dans cette posture il se met en situation de faiblesse et remet en cause les élections. 
Devant ce statu que nous pensons comme le croient des milliers de Sénégalais que nos acteurs politiques, devant l’intérêt suprême de la nation, doivent avoir un esprit de dépassement, d’innovation et de clairvoyance. En quoi faisant l’opposition doit reconnaître la légalité du Président en vertu des choix des Sénégalais et de la décision du Conseil constitutionnel. De l’autre coté ‘le’ parti au pouvoir doit cultiver l’esprit de dialogue. Mais un dialogue sincère sans idées préconstituées et imposées, un dialogue ouvert sur le processus électoral et les problèmes sociaux à tous les acteurs. C’est dans ce cadre seulement que nous oeuvrerons à consolider notre démocratie, à défendre les intérêts sociaux et à créer une stabilité sociale. Pour finir nous dirons que seul les dirigeants qui lutteront et agirons pour l’intérêt du peuple auront la reconnaissance éternelle. 
Aboubacar Camara 3e cycle, Gouvernance (Science Pô) UCAD 
bacama10@yahoo.fr 
Pour un Sénégal émergent 
Le Journal des Internautes | samedi 21 juillet 2007  
Voilà une question que tous les acteurs des scènes politique, économique et sociale doivent en permanence avoir à l’esprit avant de poser quelque acte que ce soit, de prononcer quelque discours que ce soit, de revendiquer tapageusement des droits qu’un honnête homme d’Etat dans un pays ayant une situation économico – sociale similaire à celle du nôtre, devrait s’interdire. 
Bien au contraire, depuis le 19 mars 2000, date à laquelle des milliers de sénégalais fermement, audacieusement et débordant d’espoir pour le futur immédiat, ont héroïquement rejeté, voire honni un régime quasiment quinquagénaire, lourdement empêtré dans une gestion ouvertement partisane ayant, sans peut – être le savoir classé en dernière position la satisfaction des immenses et révoltants besoins de mes compatriotes, les nouveaux tenants des reines du pouvoir vont presque royalement ignorer notre question de départ. 
Cette choquante ignorance va se matérialiser à travers une multitude, une marée d’actes dont certains ont échappé à la vigilance de beaucoup d’entre nous, happés qu’ils étaient par l’euphorie d’une victoire quasiment inespérée tant l’adversaire avait donné la forte impression d’être presque éternellement indéracinable. 
L’un de ces actes, pour ne pas dire le premier de ces actes, fut l’érection d’un gouvernement, à vrai dire, fortement politique puisque marqué par la présence de gros ‘’baobabs’’ pour qui compétence rime avec espérance de vie politique marquée par des tractations et manœuvres étouffantes pour la démocratie, pour l’avènement d’un jour nouveau où Sénégal rimera avec rigueur et transparence dans la gestion des affaires publiques, générosité et surtout équité dans le partage des maigres richesses nationales. 
Pour sûr, cet acte a été la serre de nombreux autres parmi lesquels la gestion familiale du pouvoir avec le positionnement des enfants et même de l’épouse de notre cher Président, jadis grand pourfendeur de ces méthodes, sur des trajectoires para – étatiques, avec des propriétés et des vitesses qui leur permettent de visiter à souhait toutes les stations étatiques, mêmes celles qui de prime abord semblent afficher une imperméabilité à toute manœuvres. Ces extraordinaires capacités proviennent leurs d’énormes moteurs qui s’abreuvent de façon quasiment imperceptible à la sueur et aux efforts de chacun d’entre nous. 
La réfection du palais présidentiel à coup de millions, qui auraient pu servir à améliorer le sort, voire à sortir de la torpeur des centaines d’enfants qui squattent les abords de l’édifice, la réfection à coup de milliards du ( il est vrai ) vieil avion présidentiel, pendant qu’au même moment on faisait le sourd devant les incessantes complaintes des vaillantes populations du sud pour la réfection de leur bateau qui représentait presqu’un cordon ombilical les liant au reste du territoire, les incessants remaniements ministériels qui permettent la promotion d’individus aux itinéraires douteux, aux comportements politiques diamétralement opposés à ce que nos vaillants enseignants essaient de faire admettre à la jeunes génération, lesquels remaniements, qui de surcroît freinent le bon déroulement des activités dans les administrations et même dans d’autres secteurs de la vie nationale, tous ces faits font donc partie des multiples autres qui ont prospéré sous la serre ci – dessus nommée. 
Il est vrai, indiscutable, que des actes magnifiques ont aussi été posés, des décisions importantes et courageuses ont également été prises, comme le choix de la fermeté dans la protection des intérêts du pays lors des négociations pour les accords de pêche avec l’UE, la suppression des privilèges fiscaux accordés à des entreprises, à des particuliers et même l’affectation d’une bonne partie des immenses ressources générées à des secteurs structurants comme l’agriculture et surtout l’éducation et la santé. Sans parler des énormes efforts consentis en faveur de la hausse des traitements salariaux de tous les agents de l’Etat. 
Mais la portée de tous ces actes, leur albédo, ont été plombés par ceux des autres qui traduisent une négation des promesses antérieures à l’an 2000, un non respect des fermes engagements pris, une méprise des pressantes priorités de la plupart d’entre nous. 
L’exhumation du sénat, l’augmentation du nombre de députés alors que leur image chez la quasi totalité de nos compatriotes est indiscutablement et clairement obscure, la création d’agences dont le salaire est quelquefois largement supérieur aux budgets de certains ministères, le don et l’achat de véhicules de luxe dont le prix unitaire peut servir à construire plusieurs cases ou postes de santé, plusieurs salles de classes dans des écoles ayant des abris provisoires et par dessus tout l’achat d’un avion à 50 milliards, sont autant d’actes parmi tant d’autres qui doivent finir de convaincre ceux d’entre nous qui ne le sont pas encore, que nous sommes dangereusement administrés par des gens qui ignorent totalement que Dakar n’est pas le Sénégal tout entier, qui est UN et indivisible aussi bien sur le plan politico - social que sur celui de la répartition des grandes infrastructures nationales. Ces gens font semblant d’ignorer ou ignorent peut – être totalement que nous sommes un pays dans lequel beaucoup naissent et meurent sans jamais avoir eu l’occasion d’être ausculté par un infirmier et a fortiori par un médecin, sans avoir la possibilité d’avoir annuellement les trois repas quotidiens, de consommer de l’eau potable et courante, de s’éclairer à laide de l’électricité, de circuler sur des pistes viables, de se protéger et de protéger leurs enfants contre les pathologies les plus courantes et les plus mortelles, qui d’ailleurs servent de prétexte à des programmes et projets dont les budgets sont plus destinés à équiper et à rémunérer ceux qui les pilotent qu’ à réduire les souffrances des populations. 
Et ils sont puissamment et patiemment en train de préparer leur « reproduction » pour parler comme Pierre Bourdieu, à travers plusieurs stratégies au rang desquelles figurent les tractations de ceux qui se nomment génération du concret et qui sont en réalité une génération spontanée qui a développé une boulimie du pouvoir après un bref séjour dans les somptueuses allées du pouvoir saupoudrées de milliards, qui au lieu d’être utilisés pour amoindrir la peine des braves citoyens, s’évaporent plutôt vers des dépenses de prestige et vers la constitution de réseaux devant baliser le chemin à cette génération génératrice de confusion dans les différentes sphères de l’Etat. 
Il ne fait pas de doute que cette génération renferme certainement des individus aux compétences avérées, aux comportements irréprochables, qui se meuvent grâce à l’amour qu’ils vouent réellement à leur patrie, qui sont peut – être foncièrement contre les méthodes et les pratiques en cours présentement et qui par-dessus tout ont parfaitement le droit de briguer démocratiquement et dans la transparence tous les pouvoirs dans ce pays ; mais admettons que, en dépit de tout cela, les procédés, les stratégies, les moyens utilisés par cette génération sont très peu convaincantes, très peu rassurantes et ne dérivent pas vers une rupture avec les pratiques du présent, seule susceptible de donner naissance à une indiscutable génération du concret. 
Cette génération qui se forgera sur les pistes cahoteuses qu’empruntent journalierement nos braves compatriotes du milieu rural, au contact de nos vaillantes femmes du milieu rural qui ne réclament ni émancipation, ni parité alors qu’elles devraient être les premières à le faire, bref une génération constamment au contact de tous ceux qui, chaque jour , glissent vers le désespoir et vers l’idée selon laquelle les moyens de l’Etat sénégalais appartiennent aux résidents de l’îlot allant de l’ancien palais de justice aux ponts de colobane et de la patte d’oie. 
Face à cette situation qui n’augure assurément pas de lendemains brillants pour l’écrasante majorité d’entre nous et qui risque de nous conduire vers les eaux troubles d’une gestion oligarchique, voire despotique des affaires de l’Etat, vers un accaparement de nos modestes richesses nationales par un groupuscule dont le seul mérite est d’avoir eu des ascendants les ayant parachuté dans les tunnels menant au pouvoir, il est plus que jamais temps que les patriotes de tous les bords taisent temporairement leurs divergences et dans une synergie sans faille des efforts, en mettant les intérêts de tous au – dessus de tout, agissent puissamment, et bien évidemment dans le respect des principes démocratiques représentant le socle de notre chère nation, pour l’inévitable triomphe d’un Sénégal qui rime avec paix, honnêteté, rigueur et équité dans la gestion te le partage du bien commun, un Sénégal où la politique va être un instrument à la portée de tous et un moyen pour servir dignement les autres et non pour se servir d’eux, enfin un Sénégal où le mérite sera réellement récompensé, où le travail en tant que moyen de promotion sociale sera définitivement réhabilité. C’est dans un Sénégal pareil qu’on pourra réellement espérer voguer sûrement vers les eaux de l’émergence économique. 
Joseph Assina Biaye 
Collège El hadj Malick Sy de Dakar  
Adresse e-mail : joebiaye@yahoofr  
BONNES FEUILLES - Lonase - Chronique d’un pillage organisé, de Abdou Latif Coulibaly : Une si longue lettre de révélations 
Un nouvel ouvrage pour le journaliste-écrivain, Abdou Latif Coulibaly. Dans le domaine qu’il adore le plus, le journalisme d’investigation, le grand reporter du journal Sud Quotidien, par ailleurs directeur de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic), s’est penché cette fois-ci sur une société nationale : la Loterie nationale sénégalaise (Lonase). Avec minutie, il passe au crible la gestion de cette boîte depuis le retour à la tête de la direction de Baïla Alioune Wane. Avec forces arguments et documents à l’appui, Abdou Latif Coulibaly dénonce des faits de corruptions graves et avérés. De quoi être scandalisé dans un pays où on est prêt à emboucher la trompette d’autoglorification de la bonne gouvernance. Fait cocasse, c’est sous une forme épistolaire adressée au président de la Commission nationale de lutte contre la corruption que cet ouvrage a été rédigé. Une structure qui ne peut s’autosaisir, mais qui vient de l’être publiquement par un citoyen. Le livre qui sera disponible à partir d’aujourd’hui en France a été l’objet d’une co-édition. Il y a d’une part L’Harmattan et d’autre part Les Sentinelles. Sans doute pour pouvoir échapper à cette censure non écrite qui a frappée ses ouvrages précedents et mettre à la disposition des Sénégalais les 140 pages de cette missive.  
La manière de faire me paraissait assez inédite et franchement insolite, pour ne pas attirer mon attention. Après avoir limogé l’ancien Directeur général de la Lonase, Baïla Alioune Wane, en lui faisant grief d’avoir maquillé les comptes de sa société et d’avoir conduit la Lonase à la ruine, le Chef de l’Etat a décidé, contre toute attente, de le faire revenir à la tête de la même société d’Etat, un peu moins de deux ans après son départ. Aussi, dès l’annonce de ce retour par les média, me suis-je intéressé, de plus près, à la gestion de la Lonase, en décidant de suivre les pas du (re) nouveau Dg, afin de savoir si les accusations portées alors contre lui lors de son congédiement étaient justes et fondées. Pour ma part, j’étais convaincu que si le Dg révoqué et rappelé avait commis les faits qui lui étaient reprochés, il récidiverait nécessairement. Dans la mesure du possible, et selon les moyens d’investigation disponibles, j’ai inlassablement suivi les pas du Dg et ausculté à la loupe ses actes quotidiens de gestion de la société d’Etat. J’ai alors compris, en découvrant beaucoup de choses non orthodoxes, que le Chef de l’Etat n’avait pas tort de s’en prendre à lui au moment de son congédiement. J’ai pris la décision de partager les résultats de mes investigations. La procédure de partage choisie vous paraîtra, j’en conviens, assez insolite. J’ai en effet décidé de transmettre, à travers une longue lettre, les résultats de ces investigations à Monsieur le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption. Monsieur le président, je peux d’ores et déjà vous exprimer toute mon émotion et la fierté qui m’habite en m’adressant à vous. J’en conviens, ma démarche vous paraîtra bizarre ou à tout le moins insolite. J’ai décidé de m’adresser à vous, pour savoir si vous accepteriez que je vous confie la garde de documents précieux qui pourraient vous servir dans la conduite de votre noble et exaltante tâche de lutte contre ce fléau des temps modernes : la corruption. Celle-ci menace dangereusement les efforts de développement entrepris depuis l‘Indépendance de ce pays. Et c’est qui justifie l’existence légale de votre commission, au plan théorique du moins. Croyez-moi, monsieur le président, ces documents précieux qui sont en ma possession depuis des semaines, m’ont été confiés par des écoliers qui les ont ramassés dans une poubelle au centre ville, juste à quelques pas de l’immeuble des locaux de la Lonase. Quand j’ai voulu savoir qui, pensaient-ils, avait laissé là ces documents, les mômes m’ont, le plus sérieusement du monde, répondu que c’est un djinné qui l’avait déposé dans les tas d’ordures et avait ordonné à l’un de leurs camarades, qui l’a vu dans un rêve, d’aller les chercher dès son réveil. J’ai accepté leur explication. Quoiqu’elle soit irrationnelle. Irrationnel ? Tout l’est finalement dans cette affaire de la Lonase. (…) J’ai décidé de m’adresser à vous après avoir longtemps hésité entre trois choix possibles, tout en étant persuadé que chacun d’eux comportait des avantages pour le bénéfice de l’action entreprise, mais également des risques certains pour elle. Il fallait tout de même agir… J’ai finalement tranché. (…) Je vous ai choisi, vous, la Commission nationale de lutte contre la corruption. Vous qui n’êtes pas encore au centre des controverses et des combines qui nous éloignent des préoccupations des citoyens, dans le combat pour la bonne gouvernance. Même si je sais que, pour l’instant, vous n’avez rien fait pour justifier votre existence et les espoirs placés en vous. (…) Monsieur le président, venons-en au but de cette lettre. «Une si longue lettre», pour reprendre le titre mythique de la romancière, l’une de mes préférées de ces dernières années. Cette «Longue lettre» est belle. Elle est surtout pleine de sensualité, à cause de la poésie éblouissante qui la traverse. Cette poésie, qui est parfois insidieusement érotique, est la marque même du style romanesque de l’auteur. Cette lettre-ci, la mienne, n’a aucune prétention. Elle se veut un cri de colère vigoureux. Elle se veut surtout l’expression d’une indignation qui est à la hauteur des forfaits dénoncés.  
HISTOIRE D’UNE NATIONALISATION  
La Lonase, parlons-en, Monsieur le président. Laissez-moi alors un moment vous conter un peu l’histoire de la nationalisation de la Loterie nationale. Celle-ci résume, à elle seule, une partie de l’histoire de notre économie Nationale, en particulier celle dont les pages ont été écrites au début des années 70. Nous sommes en août 1973. Un jeune ministre de l’Economie et des Finances, fringant et brillant, est désigné depuis seulement deux ans à la tête de cet important département ministériel. Il a la confiance totale du Chef de l’Etat. Son idée est simple : le Sénégal indépendant, depuis un peu plus d’une décennie, a besoin de prendre les leviers de commande essentiels de son économie qui sont encore restés entre les mains des hauts dignitaires des comptoirs bordelais qui ont survécu au départ du colon. Le ministre engage une vague de Nationalisation. La Loterie sénégalaise, qui est la propriété d’un ressortissant français, est également visée. Babacar Bâ, c’est de lui qu’il s’agit, s’est entouré de jeunes technocrates sénégalais bon teint qui ont pris la relève des assistants techniques français qui ont tous quitté le ministère moins d’un an après son arrivée. Son équipe dresse la liste des entreprises privées qui doivent passer dans le patrimoine public.  
Feu Pierre Babacar Kama, ancien Directeur général des Industries chimiques du Sénégal (Ics), Bécaye Sène, ancien Directeur général de la Banque de l’Habitat du Sénégal (Bhs), Abdoulaye Diop, ancien Directeur général de la Société Nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos), Momar Talla Cissé, ancien ministre du Tourisme, Mady Ndao, ancien ambassadeur, constituent, entre autres, la garde rapprochée du ministre. (…) C’est en octobre 1973, vu l’importance des bénéfices réalisés dans son affaire par Jean Luc Defait, que l‘Intrépide et avisé ministre de l’Economie et des finances de l’époque pousse l’opérateur français à la sortie en lui rachetant pour le compte de l’Etat 80 e ses parts, conformément au scénario écrit dans son bureau avec le fraudeur. La Loterie nationale est dès lors devenue une société d’économie mixte avec un capital social de cinquante millions (50 000 000) de francs Cfa. C’est un autre tournant qui est engagé en 1981, quand ce capital social est passé à cent dix millions (110 000 000) avec le rachat, par l’Etat, de l’intégralité des parts sociales encore détenues par des privés.  
UN DG VEINARD  
Dites, Monsieur le président de la Commission, vous êtes comme nous tous surpris de voir de nouveau Baïla Alioune Wane aux commandes. Le veinard, diriez-vous. Oui, Monsieur le président, vous avez raison, cet homme est, sans aucun doute, né sous une bonne étoile. Il est devenu le (re) nouveau Directeur général de la Lonase. Il avait été renvoyé de cette société, il y a à peine trois ans, il y revient quelques mois après son départ, pour reprendre son poste de Directeur général. Qui l’eut cru ! Personne, sauf peut-être lui. Qui pouvait imaginer après avoir entendu le Chef de l’Etat justifier le congédiement de l’homme qu’il lui confierait à nouveau la direction de la Lonase ? Le président de la République avait expliqué à la Nation que Baïla Alioune Wane avait été congédié pour avoir maquillé le bilan de l’entreprise, caché à sa tutelle l’ampleur du déficit de la société et participé à la ruine de celle-ci. Le Président ajoutait que la Lonase est la seule société de jeu déficitaire sur l’ensemble de la planète terre. Il avait raison de le dire. Comme il avait aussi raison d’ordonner le congédiement de Baïla Alioune Wane après tout ce qu’il avait dit de lui. Il a, aujourd’hui, donc tort le congédiement de Baïla Alioune Wane après tout ce qu’il avait dit de lui. Il a aujourd’hui donc tort de le faire revenir. (…) Avant d’être congédié de la Lonase, Baïla Alioune Wane y était entré avec un contrat d’embauche à durée indéterminée. Il a été nommé à son recrutement dans les fonctions de Secrétaire général de l’entreprise d’Etat. Un poste d’attente, pour ainsi dire, car il va remplacer le Directeur général de l’époque, Abdoulaye Daouda Diallo, quelques mois seulement après son arrivée. Baïla Alioune Wane s’installe dans le fauteuil pour onze mois (avril 2003 – mars 2004). Il est congédié de ses fonctions de Directeur général, mais il est encore maintenu dans la position de haut cadre de l’entreprise payé à ne rien faire. Il ne s’y sent plus à l’aise. Il négocie alors son départ avec la nouvelle direction.  
Les prétentions qu’il affiche pour ses indemnités de départ semblent énormes. Il demande en fait 120 millions de francs Cfa. Trop, rétorque la Direction générale ! Les négociations sont rompues. Qu’à cela ne tienne ! L’homme s’impatiente. Il est un vieux militant du Pds. C’est vrai qu’il avait un moment rompu les amarres avec le parti quand lui et d’autres ont créé le Parti libéral sénégalais (Pls), sous la conduite de Ousmane Ngom. Ils sont tous les deux revenus aujourd’hui dans la maison du père, après l’avoir quittée avec fracas, l’injure à la bouche. Baïla Alioune Wane remue ciel et terre. Il remue surtout toute la République pour que les outrecuidants qui bloquent à la Lonase le paiement des indemnités réclamées s’exécutent dans les meilleurs délais. Las d’attendre, il intente un procès à l’entreprise. Il le gagne. C’est le jackpot. Le juge lui alloue 80 millions de francs Cfa d’indemnités de départ.  
Le nouveau Directeur général de l’époque, Modiène Ndiaye, ne se presse guère pour payer. Baïla Alioune a un ami qui s’appelle Macky Sall. Il ne se prive pas de solliciter son appui. Il fait convoquer toute la direction de la Lonase en réunion à la Primature. Celle-ci a eu lieu, le Premier ministre décide de mettre fin aux tergiversations des responsables de la Lonase. Un arrangement est trouvé. Le Directeur général et ses principaux collaborateurs s’exécutent. UNE ENTREPRISE LIQUIDE, LE FESTIN PEUT ALORS COMMENCER…  
Nous sommes le 14 juillet 2006. Baïla Alioune Wane dispose de son décret de nomination comme (re), nouveau Dg de la Lonase. L’acte est signé de la propre main du le Chef de l’Etat. Il s’installe le 16 juillet dans ses nouvelles fonctions. La société qu’il avait quittée, deux ans auparavant, avec une situation de trésorerie catastrophique, a repris de belles couleurs au plan financier. Un état de trésorerie daté du 19 juillet 2006 dresse l’état des comptes, trois jours après son arrivée. Les dépôts dans les banques (tous comptes confondus) : le montant des avoirs disponibles dans les comptes ouverts par le Siège cumulé avec les crédits figurant dans les comptes des agences régionales sont arrêtés au début de la matinée de travail à 3 674 663 840 francs Cfa. A ce jour, les chèques en circulation en début de journée sont de l’ordre de 832 873 606 globalement. Les encaissements du jour sont de l’ordre de 45 051 000. A la fermeture des bureaux de l’entreprise dans cette même journée du 19 juillet, à dix huit heures précisément, les chèques en circulation constituent un montant global de 897 547 183. Au regard de l’ensemble des opérations réalisées dans la journée en débit et en crédit, la situation de trésorerie de l’entreprise affiche une situation réelle est de 2 736 937 367. Vu l’ensemble de ces chiffres, on ne peut pas dire que la trésorerie de la société ne se portait pas bien à l’arrivée de son (re) nouveau Dg. Pour une entreprise qui était en situation de quasi cessation de paiement au moment où il avait été congédié, il y a de quoi se rassurer. L’argent coule à flots. Tous les comptes sont créditeurs. Le festin peut commencer. (…) Rappelons que le (re) nouveau Dg de la Lonase s’est installé le 16 juillet 2006. Dès le 21 août, il adresse une demande de virement à monsieur le Directeur général de la Banque islamique du Sénégal. La demande est traitée dans la journée du 22 août 2006. On peut lire dans la demande en question : «En vue de l’ouverture de compte à l’International commercial bank Sénégal Sa et conformément à nos accords, je vous prie de bien vouloir, par le débit de notre compte (n° 1 767 504 0111) procéder au virement de la somme de 250 millions de francs Cfa au profit du compte : International commercial bank Sa. Code banque K0 140, code guichet 01001 n° compte 0102 000 222 401 clé RIB 03.» Le nouveau Directeur général demande que la banque effectue un virement dans un compte non encore ouvert, donc nécessairement inconnu des services comptables de la Lonase. Cette opération n’est pas orthodoxe. Elle cache sûrement des intentions inavouables. Tous les financiers rompus à l’art du métier qualifient ces virements de détournement de fonds. Ils constituent, au mieux et à tout le moins, un détournement de procédures.  
21 septembre 2006. Un mois après la première opération, Baïla Alioune Wane récidive, avec l’aplomb d’un homme sûr de son impunité. Il écrit dans sa nouvelle demande : «Je vous prie de bien vouloir débiter notre compte n° DAT 1 763 504 0111, procéder au virement de la somme de 250 millions de francs Cfa au profit du compte ainsi référencié : International commercial bank Sa. Code banque K0 140, code guichet 01001 n° compte 0102 000 222 401 clé RIB 03.» C’est dans ce même compte que le premier virement demandé a été effectué. Au total donc, 500 millions de francs Cfa de la Lonase ont quitté ses comptes pour atterrir dans un autre compte inconnu des services comptables. Le Directeur financier et comptable, qui n’était pas manifestement au courant de telles opérations, réagit et adresse un courrier à son patron dans la journée du 22 septembre 2006. Un courrier d’une fermeté extrême. (…) Monsieur le président, je vous apprends que le Conseil d’administration qui s’est tenu ce jeudi 24 mai s’est déroulé en deux parties. Cette manière inédite de procéder a été imposée par le Directeur général. Ce dernier a expliqué aux administrateurs de la société que le huis clos était nécessaire, eu égard à la nature des sujets qui devaient être discutés dans la deuxième séance du Conseil. Ces sujets, avait-il laissé entendre, présentaient une sensibilité telle qu’il ne pouvait pas en être autrement. Ainsi donc, l’ensemble des données comptables examinées donne un cumul de déficit de trésorerie dans la journée du lundi 25 juin 2007 de l’ordre de (- 88 924 999). Rappelons qu’à l’arrivée de Baïla Alioune Wane les comptes de la Lonase étaient créditeurs sur l’ensemble de ses banques à un montant de 2 000 000 000 francs Cfa.  
CONTRATS DE COMPLAISANCE  
Ainsi, la Lonase a, en partie financé la campagne des libéraux. Baïla Alioune Wane n’a pas cependant, tant s’en faut, oublié ses amis dans son «œuvre» de partage des ressources de sa société. Il signe, à tour de bras, des contrats de complaisance pour le compte d’amis et parents qui s’enrichissent sans cause. Des conventions signées par la Lonase pour le bénéfice de certaines personnes défient le bon sens et heurtent profondément la morale et foulent au pied les règles élémentaires de la bonne gouvernance d’entreprise. Tout passe dans ces contrats. La magouille est limpide, elle ne se pare même pas de forme pour masquer la volonté des fraudeurs. Le Commissaire aux comptes ne perd pas de vue ce jeu de duperie honteuse. Il écrit dans sa note déposée à la séance du 24 mai du Conseil d’administration : «Les comptes des charges de l’entreprise comprennent des honoraires dont les rapports de mission devant justifier les paiements n’ont pas été communiqués aux Commissaires aux comptes». En vérité, les contreparties des paiements opérés n’ont jamais existé dans la réalité.  
UN PREDATEUR VENU DE L’ETRANGER  
Paul Benichou est, pourrait-on dire, un prédateur venu de l’étranger. En complicité avec les entreprises contractantes avec la Lonase par l’entremise de la société H.T.A, les travaux et marchés de la Lonase, donnent lieu à des paiements d’énormes commissions provenant des surfacturations. Paul Benichou ne s’est pas privé de telles opportunités. Un important marché de renouvellement des kiosques installés dans les différents points de vente des produits de la Lonase qui est en cours d’exécution, en fournit un malheureux exemple. Avant la signature de cette fameuse Convention de maîtrise d’ouvrage avec Paul Benichou, les services compétents de la société d’Etat avaient déjà attribué ce marché de renouvellement des kiosques de la Lonase. Ces services avaient obtenu un prix unitaire de huit cent mille (800 000) francs Cfa, pour une commande globale de mille unités. Ce qui donne un total global de 800 000 000 F Cfa. Le marché déjà attribué a été rouvert, toutes les procédures d’attribution ont ainsi été reprises sur la base de la Convention de Paul Benichou et des conditions qu’elle définit. Les prix ont subi une très forte progression sans qu’on ne sache comment et pourquoi. L’unité est désormais facturée à un million deux cents mille (1 200 000 F Cfa). Soit une «plus-value» par unité commandée de 400 mille francs Cfa. Ce qui donne une plus-value» globale de 400 millions sur les mille unités commandées. Cet argent enrichira directement les différents opérateurs qui ont rendu possible le chamboulement de ce marché. On n’en a pas encore fini avec Paul Benichou. Un autre contrat dont il est bénéficiaire par l’entremise d’une autre société, dont il est le Directeur général et l’actionnaire majoritaire, NSX, lui permet de fournir du matériel informatique et des accessoires à la Lonase, pour lui assurer des connexions Internet. Ce contrat signé le 31 avril 2007, rétribue l’ensemble des prestations de Paul Benichou à 162 millions francs Cfa, hors taxes et hors Tva. Le problème avec ce contrat de prestation, c’est que la Lonase avait déjà signé d’autres Conventions avec d’autres prestataires pour fournir le même service. Le Commissaire aux comptes relève d’ailleurs dans sa note faite au Conseil d’administration : «Les comptes de charges comprennent des honoraires versés à des prestations dont les rapports de mission devant justifier les paiements n’ont pas été communiqués.»  
Au total donc, Paul Benichou a droit, chaque semestre, à un remboursement total de 25 millions de F Cfa Ht, payé par la Lonase. Autrement dit, Paul Benichou perçoit une prestation moyenne mensuelle de la part de la Lonase de l’ordre d’un peu plus de 2 millions de F Cfa, au titre de son contrat signé le 1er août 2006. Pourquoi cela devrait-il étonner ? Cela paraît même «normal» dans la mesure où toutes les règles édictées en matière de passation des marchés publics sont systématiquement contournées, la politique du gré à gré fait loi. Monsieur le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption, permettez-moi de récapituler avec vous, pour donner les montants exacts payés par la Lonase à Monsieur Paul Benichou pendant la seule année 2006. On remarquera que celle-ci a décaissé pour le seul bénéfice de Paul Benichou et au profit de ses deux sociétés, des montants avoisinant presque 500 millions de francs Cfa.  
DES NATIONAUX SONT INVITES AU FESTIN  
Monsieur le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption, vous aurez l’amabilité, du moins nous l’espérons pour le bénéfice de cette Nation, de conduire des enquêtes sérieuses auprès de cette société d’Etat. Celles-ci vous permettront, le cas échéant, j’en suis convaincu, de documenter davantage le prochain rapport que vous présenterez au Chef de l’Etat. Heureusement, Monsieur le président, la générosité suspecte du Dg de la Lonase n’est pas exclusivement réservée aux ressortissants de pays étrangers et de sociétés étrangères. Certains de nos compatriotes en bénéficient également. C’est le cas de cet expert financier, Mary Balla Niang à qui Baïla Alioune Wane avait demandé de lui produire une étude sur la situation financière de son entreprise.  
Accrochez-vous bien, Monsieur le Président, en lisant les développements concernant le rapport de cet expert financier. Vous en avez besoin. L’histoire de ce rapport est renversante. Monsieur le président, croyez-moi bien, nous n’exagérons rien. Tout est authentique. Des pièces étayent toutes nos allégations. Le rapport en question tient sur trois pages (papiers A4). Il a coûté à la Lonase la bagatelle de trente huit millions de francs Cfa, ainsi qu’en dispose l’article 6 du contrat de prestation de service liant l’expert financier Mary Balla Niang à la société d’Etat.  
ON LICENCIE D’UN COTE ET EMBAUCHE DE L’AUTRE  
On le savait déjà, la Lonase a été toujours considérée par les hommes politiques, qui ont dirigé depuis sa naissance ce pays, comme un instrument au service du parti au pouvoir, pour satisfaire surtout les demandes d’emploi de la clientèle politique sans qualification professionnelle. Cette entreprise a toujours eu plus de mains qu’il ne lui en fallait. La politique des ressources humaines de l’entreprise n’a jamais été cohérente ni rationnelle. Celle qui est en cours actuellement défie toute logique de gestion de telles ressources. D’une part, le Directeur général recrute par-ci et par-là à tour de bras, et encourage, d’autre part, les départs volontaires. Personne n’y comprend rien du tout, sauf lui-même. (…)  
La société incite fortement le personnel à s’inscrire sur les listes des départs. Elle a même décidé d’une rallonge substantielle des montants offerts, pour motiver davantage les employés qui hésitent encore. Paradoxe suprême : c’est le moment choisi par le Dg, Baïla Alioune Wane, pour recruter entre juillet 2006 et juin 2007, un nombre total de 149 personnes. Celles-ci bénéficient chacune d’un contrat dit spécial. L’ensemble de ces embauches, organisées de façon sauvage, a augmenté la masse salariale mensuelle de 30 millions de francs Cfa. Ce type de contrat est exceptionnellement offert, depuis l’existence de la Lonase, à des personnes spécifiques recommandées par les plus hautes autorités de l’Etat. Seulement, entre le 1er août 1999 et le 15 mai 2006, un nombre total de 21 contrats de ce type ont été signés par les différents Directeurs généraux qui se sont succédé dans la même période à la tête de la société d’Etat. Vingt et un contrats signés en l’espace de six ans. Baïla Alioune Wane en a lui signé, en un an, un nombre record de 149 contrats. Il en a, gracieusement, offert à de nombreux militants du Parti démocratique sénégalais ou à leurs enfants et protégés. Il en a surtout fait bénéficier des ressortissants de la région de Fatick, le fief politique de l’ancien Premier ministre. Une façon de venir en aide à un ami. Il n’a pas oublié que ce dernier l’avait aidé à se faire payer très rapidement ses frais d’indemnités de départ à la Lonase, lors de son congédiement.  
Le montant des rémunérations prévues dans les contrats spéciaux varie entre 75 000 et 450 000 francs Cfa. Nous avons relevé la liste actualisée au 15 juin 2007. Les noms de certaines personnes qui exercent à la présidence de la République y figurent. Toutes ont bénéficié d’un contrat de 425 000 francs Cfa. Parmi eux, on note le nom d’un confrère et celui d’un beau-fils d’un important président de Conseil régional, membre influent du Pds.  
Dans la réalité, ce sont des emplois fictifs qui sont ainsi rémunérés, car aucun bénéficiaire de ce type de contrat ne travaille effectivement à la Lonase. Un ancien soutien actif de la Cap 21, aujourd’hui rappelé à Dieu, figure encore sur les listes des bénéficiaires des contrats. Il a été engagé en qualité d’informaticien. Certaines personnes qui l’ont connu sont formelles pour dire que le fameux informaticien était incapable de mettre en marche un ordinateur. (...)  
Depuis plus d’un an, le Directeur général règne en maître absolu. Il a réussi à dresser une équipe de cadres dociles et acceptant de satisfaire tous ses caprices de gestionnaire incompétent et cupide. Il les a tous «dans sa poche». Ses méthodes sont efficaces et redoutables. Il a nommé une armée de dix directeurs centraux et désigné deux conseillers spéciaux, donc douze personnes qui lui sont totalement dévouées. Il a attribué, ou plutôt donné, à chacune d’elle une Toyota Prado GX.  
Ces véhicules ont coûté 25 millions de francs Cfa l’unité à la société. Celle-ci les a rétrocédés aux deux conseillers spéciaux du Dg et aux dix directeurs, pour le modique prix de 2,5 millions de francs Cfa. Le Dg a aussitôt décidé d’allouer une indemnité substantielle d’un montant de 250 000 de francs Cfa que les dix directeurs et les deux conseillers spéciaux du Dg en question, ont commencé à percevoir depuis la fin du mois de mai 2007. Ces indemnités sont destinées à assurer aux heureux élus les frais d’entretien et de réparation de leur véhicule. Les voitures sont payables en 60 mensualités (cinq ans), chaque directeur et chaque conseiller spécial paie la somme de 41 231 francs Cfa, directement prélevés sur l’enveloppe affectée aux frais d’entretien et de réparation du véhicule. C’est la raison pour laquelle, nous disions tantôt que les véhicules ont été donnés à leurs propriétaires.  
MINERVE - Magouiller sans crainte 
La période des scandales est révolue, c’est le temps des forfaitures. On monte d’un cran dans l’échelle des pratiques ignobles qui font de notre pays une mafia permanente où des potentats locaux rivalisent en subtilité dans une matière juteuse, le gangstérisme financier, dirigé contre les deniers publics. Entre le scandale et la forfaiture, c’est comme dans le processus par lequel on dit trivialement que le million de francs a laissé la place au milliard. En quelque sorte, le passage d’une «génération» à une autre à l’intérieur d’un même système de gribouille. On ne peut disjoindre ce qui s’est passé à la Loterie nationale sénégalaise sous Baïla Wane des méthodes de gouvernance complètement catastrophiques que le régime de Me Wade a amplifiées en sept ans de pouvoir. En sept ans de pouvoir, des hommes imbus de leur impunité et du principe impérial de protection dont ils disposent, ont cassé ou mis à genoux des entreprises nationales, volé et dilapidé des dizaines de milliards de francs du contribuable sénégalais pour eux-mêmes, pour leurs familles, pour d’autres têtes cachées. La logique d’enrichissement est infernale sous cette alternance-là où gagner de l’argent de manière indue, est devenue une marque de fabrique déclinée sous plusieurs coutures, avec des méthodes stéréotypées, des modalités épicières variables, à la hauteur des rapines en jeu.  
Sur la transparence, la corruption, la concussion, le pouvoir de Me Wade est en contradiction absolue avec ce qu’il proclame, il n’a aucune envie d’aller au bout d’une logique salutaire de répression parce qu’il n’a peut-être même plus les moyens de mener ce combat pour le pays», en faisant le grand ménage dans les cercles affairistes. Il s’est enfermé dans un tourbillon où rien ne peut arriver aux coupables les plus invétérés parce que, à force de tolérer les magouilles qui alimentent la chaîne des bénéficiaires, il en est arrivé à laisser faire. La corruption est devenue une poupée russe où les responsabilités se chevauchent. Ce qui fonde à croire que le racket contre les deniers de la Lonase passera par pertes et profits. Il n’arrivera rien à son directeur général. Les juges, chargés de dire le droit au nom du peuple souverain, et donc plus légitimes que n’importe qui pour faire leur travail dans ce cas précis, ne bougeront pas le petit doigt. Les petites gens, elles, vont continuer à se faire bouffer par la crise des denrées de première nécessité si elles ne sont pas électrocutées par l’absence…d’électricité. Quant aux petits voleurs de la Gueule Tapée, Niary Tally, Pikine, Thiaroye, les portes des prisons surbookées leur resteront généreusement ouvertes. Quand on est fort et puissant au Sénégal, on ne risque rien, les preuves sous nos yeux au quotidien. C’est bon pour le moral !  
FLUCTUATION - Cas d’école 
La situation de la Loterie nationale du Sénégal que décrit le journaliste Abdou Latif Coulibaly donne une certaine idée du degré de respect du bien public, et de son utilisation. La devise de la société nationale des jeux de hasard, a toujours été : «La fortune aux souscripteurs, les bénéfices à la nation». Or, depuis un certain temps, on a l’impression que les dirigeants de cette boîte ont dévié ce slogan à leur seul profit, et l’ont transformé en : «La fortune aux dirigeants, les bénéfices pour arroser amis et proches !» Alors qu’à une époque pas trop lointaine, la société des jeux versait d’importants dividendes à l’Etat et sponsorisait plusieurs activités sportives et culturelles. Mais ces derniers temps, c’est l’Etat qui a été forcé de mettre la main à la poche, pour lui éviter la banqueroute. Exemple type de mauvaise gestion à la sénégalaise, sauce Alternance, telle que Abdou Latif Coulibaly la dénonce dans son ouvrage, la Lonase est un cas d’école de la faillite d’une société de jeux de hasard. Chose encore inédite dans le monde. Les pratiques que dévoile l’enquête du journaliste, ne sont pas ignorées au plus haut niveau de l’Etat, notamment par ceux qui sont censés exercer la tutelle. Qu’elles soient restées à ce jour impunies, bien que dans l’ordre normal des choses au Sénégal, est très révélateur. La Lonase, avant même l’alternance politique de 2000, a longtemps été une poire pour la soif de la classe politique au pouvoir dans ce pays. En plus de nombreux scandales ayant émaillé sa gestion, il est symptomatique que cette société d’Etat n’ait pas encore été en mesure d’acquérir un siège qui lui appartienne en propre, et se contente, depuis de longues années, de louer des immeubles à travers la ville. La plupart de directeurs qui se sont succédé à sa tête n’étaient sans doute pas des enfants de chœur. Mais il faut croire que celui qui est actuellement en poste, pourrait remporter la palme de la mauvaise gestion. Et ceux qui le protègent, le qualificatif de parrains d’une certaine pègre. Parce qu’ils sont sans doute au courant de ce que Latif Coulibaly dénonce dans son livre, et ont préféré fermer les yeux.  
Quand les commissaires aux comptes indiquent des sorties d’argent non justifiées par aucune contrepartie, le Conseil d’administration devrait se sentir interpellé. Quand un contrat de fourniture, d’un montant de 800 millions de francs Cfa, est cassé au profit d’un autre qui, pour la même fourniture, demande à l’entreprise de payer un supplément de 400 millions de francs Cfa, ledit conseil devait, à la limite, bloquer l’exécution, du moins, rendre public son opposition à ce contrat. Or, la majorité au Conseil d’administration de la Lonase, est constituée de représentants des organes de l’Etat. Cet organe a-t-il pu ignorer les remarques du comptable de la Lonase ? Comment l’auditeur interne de cette société n’a pas attiré l’attention du Dg sur certains actes comptables ? Le ministre de l’Economie et des Finances de son côté, aurait toutes les raisons de faire diligenter une enquête par ses services, s’il le voulait.  
Qu’un dirigeant, fût-il le tout-puissant Dg d’une entreprise d’Etat, en vienne à user et abuser, du fait de sa seule autorité, des deniers de la société dont la direction lui est confiée, en se prévalant d’une impunité non encore démentie, démontre l’urgence qu’il y a à agir dans ce pays, pour mettre fin à la corruption qui mine les fondements mêmes de la société. La circonstance aggravante ici, est que, la personne dont il s’agit a été révoquée une fois pour avoir maquillé les comptes de la société. Attendrait-on maintenant que tous les comptes replongent encore au rouge, avant d’agir ?  
Mohamed GUEYE - 
Entretien avec Nicolas SARKOZY : ‘Nous ne devons plus accepter que l'aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance’ 
La France n’acceptera plus que l’aide publique au développement devienne une prime à la mal gouvernance. Le président de la République française a été catégorique sur ce point, en répondant par écrit aux questions que nous lui avons envoyées via l’ambassade de France à Dakar. Lui, qui réserve ce jeudi au Sénégal sa première visite en Afrique noire depuis son élection à la magistrature suprême, se déclare soucieux de ‘moderniser les relations qu’entretient la France avec ses partenaires africains, d’arriver à la responsabilisation de chacun dans un partenariat étroit, mais exigeant et d’en chasser les vieux démons du clientélisme, du paternalisme et de l’assistanat’. Il sera sans doute beaucoup question de cette nouvelle vision de la coopération entre la France et l’Afrique dans le discours qu’il prononcera ce jeudi après-midi devant des représentants de la société sénégalaise, dans le grand amphithéâtre de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad II).  
 
Wal Fadjri : Ministre de l’Industrie et des Finances, vous aviez été l’artisan de la lutte contre la délocalisation des services, notamment des Centres d’appels vers les pays africains. Aujourd’hui, quelle est la position du président de la République française sur cette question ?  
Nicolas Sarkozy : Je n’ai pas changé d’avis. Vous n’imaginez pas que le président de la République française encourage la délocalisation d’activités existant en France. Ma réaction en tant que ministre de l’Economie et des Finances portait sur l’absence de règles et le désordre dans lequel s’opéraient ces délocalisations. Je pense qu’aujourd’hui, on y voit plus clair et je constate que les télé-services, spécialement les centres d’appels, se développent partout, en France, au Maghreb, en Afrique occidentale, spécialement au Sénégal. Dès lors qu’il s’agit de créer de nouvelles activités, le problème se pose différemment. Le Sénégal a de vrais atouts dans ce domaine, à commencer par la francophonie, et doit les valoriser. A la demande du gouvernement sénégalais, la coopération française s’apprête d’ailleurs à envoyer une mission d’experts au Sénégal pour aider à la mise en place du cadre légal nécessaire à leur développement. Je pense plus particulièrement à la législation sur la protection des données personnelles dont l’absence empêche, pour l’instant, les centres d’appel sénégalais de travailler durablement avec des entreprises européennes.  
Wal Fadjri : Partagez-vous le constat d’Anthony Bouthelier, président délégué du Conseil des investisseurs (français) en Afrique noire (Cian), selon lequel, en Afrique francophone, ‘notre problème n'est pas d'identifier de nouveaux investisseurs privés, mais d'empêcher ceux qui sont là de partir’ ?  
Nicolas Sarkozy : Ce constat, qu’il faudrait restituer dans son contexte et ne pas généraliser, traduit d’abord, me semble-t-il, la demande des entreprises, que celles-ci soient françaises ou sénégalaises, de bénéficier d’un environnement des affaires le plus favorable possible. Sinon elles vont naturellement investir dans les pays où les marchés sont les plus porteurs et les conditions les plus attractives. C’est la loi de la mondialisation. Il faut attirer les entreprises et les investissements étrangers. Cela vaut pour le Sénégal comme pour la France et tous les pays. Je sais que le Sénégal a une politique ambitieuse à cet égard. Je ne peux qu’encourager cette volonté de tendre vers un environnement des affaires de classe internationale. J’observe d’ailleurs que de nombreuses entreprises françaises investissent actuellement au Sénégal, dans le ciment, dans les télécommunications, dans l’agro-industrie, dans les services, voire dans les mines avec le groupe européen et mondial Arcelor Mittal qui vient de signer des conventions pour l’exploitation du fer.  
Wal Fadjri : Comment concevez-vous la coopération entre la France et l’Afrique ? Et quel sort sera réservé aux sommets France-Afrique ? Seront-ils maintenus dans leur configuration actuelle ou subiront-ils des changements ?  
Nicolas Sarkozy : La France a noué au fil du temps une relation particulière avec l’Afrique et je souhaite que nos relations avec l’Afrique soient une des orientations prioritaires de la politique étrangère de la France car je suis intimement persuadé que la France et l’Afrique, l’Europe et l’Afrique ont un destin commun. Aujourd’hui, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je veux entretenir avec l’Afrique des relations amicales, équilibrées et décomplexées, reposant sur deux conditions essentielles : une volonté commune et un respect mutuel. La relation de la France avec l’Afrique est forte, spéciale, car la France est la meilleure des passerelles entre les continents africain et européen, mais cette relation ne peut pas être exclusive. J’ai le souci de moderniser les relations qu’entretient la France avec ses partenaires africains, d’arriver à la responsabilisation de chacun dans un partenariat étroit, mais exigeant et d’en chasser les vieux démons du clientélisme, du paternalisme et de l’assistanat. Sur les sommets Afrique-France, il faut en discuter avec nos partenaires africains, car la France n’entend pas décider seule. Dans l’immédiat, je constate que cette formule que la France a initiée avec le groupe des pays francophones, avant de l’élargir progressivement à l’ensemble du continent, est maintenant reprise par d’autres partenaires de l’Afrique, notamment par l’Union européenne.  
‘La France ne maintiendra jamais ses bases contre l’avis des pays qui accueillent ses bases’  
Wal Fadjri : La présence permanente des bases militaires françaises en Afrique est contestée non pas par les autorités africaines, mais par une bonne partie de leurs populations. La France va-t-elle, malgré tout, maintenir ses bases militaires en Afrique ? Et dans quelle proportion ?  
Nicolas Sarkozy : Il me semble que la contestation que vous évoquez, est très localisée et n’est pas sans rapport avec une instrumentalisation politique. Votre question m’offre l’occasion de réaffirmer une évidence : la France ne maintiendra jamais ses bases contre l’avis des pays qui accueillent ses bases. Je pense néanmoins qu’il faut clarifier les objectifs d’une telle présence et, si besoin est, son cadre juridique. Le Sénégal a renégocié en 1974 l’accord de 1960. D’autres pays ne l’ont pas fait alors que ces accords comportent des clauses aujourd’hui caduques et anachroniques comme l’accès aux matières premières ou des commandements communs. Je pense également qu’il est nécessaire de donner la plus grande transparence aux droits et obligations réciproques de ces accords. La guerre froide est finie et la mission des forces pré-positionnées a beaucoup évolué. Je vous rappelle que le dispositif militaire français en Afrique a désormais pour principale mission d’appuyer les efforts de l’Union africaine pour construire une architecture de paix et de sécurité et soutenir la montée en puissance des forces africaines en attente pour permettre au continent africain de garantir lui-même sa sécurité. On ne saurait exclure que la réalisation de cette mission entraîne des ajustements à l’avenir.  
Wal Fadjri : Le secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie a donné l’assurance, mercredi dernier, que l’aide de la France au développement ne connaîtra pas de diminution. Va-t-elle, pour autant, augmenter ? Si oui, dans quelle proportion ?  
Nicolas Sarkozy : La France a pris des engagements précis en matière d’Aide publique au développement, notamment dans le cadre de l’Union européenne. Elle entend naturellement les respecter. Je ne suis pas en mesure, à ce stade des discussions budgétaires, de vous indiquer précisément quel sera le volume d’Apd pour 2008. Ce qui est clair, dès à présent, c’est que le maintien du niveau actuel signifiera dès 2008 une augmentation des crédits budgétaires et donc de l’effort des contribuables français, car le plus gros de l’initiative d’annulation de la dette des pays les moins avancés a déjà été effectué. L’accroissement de cet effort ne pourra être justifié pour le contribuable que si nous sommes capables, vous et nous, de démontrer que cet effort est efficace. Davantage d'aide doit impliquer davantage d'efficacité, de part et d'autre. Nous ne devons plus accepter que l'aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance.  
Propos recueillis par la rédaction  
Sur le gouvernement de l'Union africaine 
 
 
Que nous reste-t-il quand on a fini de dire : l'Afrique est en piteux état ? Nous sommes les fils aînés de la terre ? Nous possédons les ressources minières les plus importantes du monde ? Que nous reste-t-il quand on a fini d'écouter les nouveaux Mongo Park, René Caillé, Marcel Griaule, Georges Ballandier ? Que nous reste-t-il quand on a fini de prendre acte des ‘débordements amoureux des tiers-mondistes’, des intellectuels d'Occident larmoyant sur l'Afrique avec leur bonne ou mauvaise conscience ? Que nous reste-t-il après avoir souri sur les épanchements, les hypocrisies et les caresses soigneusement ‘préparés par les protocoles’ des Grands de ce monde ? Que nous reste-t-il quand on a fini de considérer ‘les images réductrices et hâtives des médias’ sur notre continent ? Que nous reste-t-il quand les autres ont ‘inventé pour nous toutes les maladies et tous les remèdes’ ? Que nous reste-t-il quand toutes les issues de secours sont murées et que nous sommes cernés par toutes les épidémies, tous les virus, quand ‘le commerce de la faim’ prospère, quand le commerce des armes nourrit hypocritement les grandes puissances qui ont jeté toute morale à la corbeille ?  
Que nous restait-il donc à dire et à proclamer à ce rendez-vous des chefs d'Etat africains à Accra en ce mois de juillet 2007 avec un ordre du jour unique et historique ? Sans doute, n'allions-nous pas proclamer notre division, comme le voudraient les Grands Blancs ? Encore moins manifester l'élan d'un simple enthousiasme d'être encore ensemble entre nègres de toutes les couleurs réunis pour causer et ‘parloter’ ? A Accra, au pays de Kwamé Krumah, il nous fallait chercher à habiter plus la pratique que les discours, quand est enfin venu le temps de demander aux politiques d'avoir une posture réaliste. Au Ghana, parce que c'était un lieu géographique chargé, nous avions reconvoqué le passé de notre continent à un rendez-vous où il s'avérait impérieux que le passé et une certaine prise de position, celle de Krumah, soient enfin habitables. A Accra, à ce rendez-vous de l'Union africaine, il fallait enfin ne plus masquer la route, lester le sac à dos rempli de peurs et d'égoïsmes, enfin avancer et résolument, respirer, innover, marcher avec l'horloge de son temps, éviter l'orgueil pourri, les marchands de sommeil, sortir du ‘nous moitrinaire’ sans lendemain.  
Ce qui nous restait à faire à Accra, c'est que différents par nos expériences de souveraineté et de culture, mais solidaires d'un même continent et d'un même destin, nous pensions aux leçons des expériences passées, que nous soyons exigeants avec nous-mêmes, non pas seulement avec des mots, même si les mots comptent, mais en posant des actes possibles, ni utopiques ni surhumains, car où trouverions-nous alors d'autres vies pour réaliser l'unité africaine ? Ou devrait-on d'emblée faire le choix, par inconscience et lâcheté, de se décharger sur nos enfants et petits-enfants, et les laisser réaliser ce que nous, nous avons le devoir de réaliser ici et maintenant ? Avions-nous le droit de tout leur laisser sans rien commencer par nous-mêmes, sans même entamer le plus petit muret ? Ou bien devions-nous, tout de suite, bâtir les nouveaux fondements et les étages de cette longue quête d'unité, de prospérité, de liberté pour cette très vieille et digne Afrique si fatiguée, si éprouvée, mais tenace, forte et vivante ?  
Pour ma part, à Accra où j'étais présent dans la délégation sénégalaise, mon intime conviction en discutant avec le solide et convaincant ministre d'Etat des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio, est que les chefs d'Etat africains étaient condamnés à poser des actes concrets à tout prix ! Que l'on ne nous dise pas qu'il ne s'agissait pas pour nous Africains de changer le monde à Accra ! Si, nous étions là pour le changer, non pour créer, certes, une société mondiale idéale, car cela n'existe pas, mais pour créer une Afrique unie, forte, conquérante, une Afrique idéale pour gagner ses chances pour le développement de ses peuples au regard de ses ressources immenses. A Accra, nous devrions, sans tarder et sans hésitation, reprendre notre place dans l'histoire du monde, en exerçant d'abord nos responsabilités chez nous, en nous faisant moins peur, en nous plaignant moins, en évoquant moins les désastres et les fléaux, en prouvant que nous pouvions être parmi les premiers fournisseurs et pourvoyeurs de richesses, sans compter les valeurs culturelles et artistiques africaines qui ne cessent d'émerveiller le monde et qui continueront longtemps d'être un miroir pour tant de peuples en déperdition qui ont perdu toute traces d'humanité. En effet, ‘les règles du marché reposent sur un vide de valeurs’, et c'est là où les voies du développement africain vont différer du cruel libéralisme euro-américain.  
Que peuvent réussir ensemble les pays africains et les hommes politiques du continent, que chacun ne pourrait pas réussir séparément ? Je réponds : penser ensemble et coordonner ensemble l'avenir du continent ! En outre, l'économie politique doit s'enrichir de l'économie culturelle ! L'Afrique et ses dirigeants ne peuvent pas fermer les yeux devant la réalité économique de notre planète, telle qu'elle va avec le phénomène de la mondialisation.  
Ecoutons à ce propos Bob Rae, avocat et ancien Premier ministre de l'Ontario au Canada, même si je ne partage pas toute sa philosophie et son approche de l'économie : ’(…) Les marchés s'internationalisent et deviennent tout à la fois plus concurrentiels au plan local. La croissance au sein même des économies locales et régionales devient plus importante, tout comme le deviennent les échanges menés tout autour du globe. Aucune économie n'est autosuffisante, et de moins en moins d'économies sont de portée principalement nationale. Partout, on cherche à attirer les investisseurs et à se donner les bénéfices des transferts technologiques. On s'intéresse à l'éducation et aux moyens de construire les infrastructures indispensables à la croissance. On se plaint des bureaucraties nationales qui méconnaissent la nécessité de la souplesse et de l'innovation. Autour du monde, les flux des capitaux transfrontaliers ont doublé’. Aucun pays ne peut rester insensible à cette réalité économique et politique de notre planète que nous décrit Bob Rae. Elle s'impose à nous, qu'on le veuille ou non.  
Des combats nous attendent plus contre nous-mêmes que contre l'éternel Occident et tous les autres prédateurs, visibles et invisibles. Nous allons vivre dans l'avenir de profondes et surprenantes mutations sociales, culturelles et politiques. Préparons-nous pour les vivre mieux, dans une Afrique unie et forte. A Accra, je puis affirmer que les chefs d'Etat africains ont beaucoup avancé ‘dans leur tête’. Que la majorité d'entre eux ont déjà opté pour un gouvernement de l'Union. Dans sa restitution du Sommet d'Accra au grand amphithéâtre de l'université de Dakar, le ministre Gadio est largement revenu sur le consensus acquis. Il ne l'a pas été facilement, mais rien ne peut être facile dans un contexte où l'Afrique, dans son immense échiquier, reste encore prisonnière de ‘manœuvres’, de ‘corruptions’ et de ‘menaces mafieuses’ de toutes formes. Dans ce sens, avec un discours brillant et courageux, à la limite du diplomatiquement correct, le président Alpha Oumar Konaré est allé au fond de la problématique des peurs, des reculades, des incompétences. Sans fioritures, le verbe haut, il a dit ses vérités aux chefs d'Etat présents dans la salle.  
Bien sûr, comment taire ici le plaidoyer flamboyant et toujours soutenu de Khadafi, le président libyen ? Comment ne pas louer ici l'offensive jamais affaiblie du président du Sénégal, Me Abdoulaye Wade ? La Guinée Conakry a surpris : son Premier ministre fut décisif, tranchant, convaincant. Le président Bongo a également et résolument défendu la mise sur pied d'un gouvernement de l'Union. Il ne faut pas craindre de le dire : le président Mbéki de l'Afrique du Sud n'a pas rendu la tâche facile à Wade et à Khadafi. Dans les couloirs, nombre de délégués francophones se sont plaints des réticences de Mbéki. C'était l'agacement. Je racontais à des délégués mon incompréhension de cette posture de l'Afrique du Sud, le pays de Mandela. Je souhaitais que l'on puisse rappeler à Mbéki que le continent africain s'était fédéré déjà pour combattre ensemble un fléau qui s'appelait l'apartheid. Que nos jeunes écoliers récitaient le matin que ‘l'apartheid est un crime contre l'humanité’. Que lui, Mbéki, se voulait le chantre de la renaissance africaine. Comment alors réconcilier tant de contradictions ? Etait-ce de cette manière qu'il fallait payer sa dette à l'Afrique solidaire du combat du peuple sud-africain pendant tant de décennies de douleurs ?  
Finalement, la délégation sénégalaise autour de son président et avec son président trouvera la démarche consensuelle par une intelligente, courtoise élégance qui ramènera le président Mbéki à une plus louable prise de position.  
Je suis de l'avis du ministre d'Etat Gadio : le comité des chefs d'Etat mis sur pied à Accra sous la houlette du président ghanéen Kuffor, augure de la réussite d'un gouvernement de l'union à court terme. L'Afrique se fera, quoi qu'il coûte, et si cela devait coûter, nous y aurions perdu que nos chaînes !  
Il est un combat que l'Afrique doit gagner et vite. Ce combat n'est plus celui des chefs d'Etat africains. Il est celui de la presse africaine. Elle doit s'organiser, se structurer et mener une lutte féroce contre la désinformation. Le Sommet d'Accra a beaucoup souffert d'une presse étrangère ‘formatée’, selon le mot du ministre d'Etat Gadio, toujours prête à ravaler les avancées africaines à un tas d'infanteries sans nom.  
J'ai été heureux et fier d'être présent à Accra, à un moment si crucial, si décisif du destin de notre continent, notre si chère Afrique.  
Amadou Lamine SALL Poète Lauréat des Grands Prix de l'Académie Française 

 

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Modifié en dernier lieu le 18.08.2007
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