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DERISIONS
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Doyna sëk
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L'alternoce
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Par devoir citoy
Corruption :
L'usure (riba)
INONDATIONS
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Fichier électora
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Normalisation
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Dakar Dem Dikk
Mamadou Dia
désinfecter
Les 3
La grève
indifférent
mépris inaccepta
PROVOCATION
PRESSE
D E S T I N
délires et de ra
SYNDROME 2007
Fonctionnaires
VOLAILLE CHAUVE
FAUSSE PISTE
Une mallette
ne gouverne pas
L’humilité
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Ministre
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L’opposition
2012
MEDITEZ
CIRCULEZ
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Le solaire rural
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CALIGULA WADE
Sénégal de 2012
un homme passif
le crépuscule
Présidentielle
SYNDICATS
le lumpenproléta
Dernier rempart
Délestages !
Karim Wade,
Le mérite ne se
Quelle solution
Non, Karim,
quelle pertinenc
l’irresponsabili
apocalypse
que force reste
Karim Wade en li
Monsieur le prés
régime libéral
Vente des terres
Les masques tomb
théorie fumeuse!
Mademba Sock ?
TOURISME
Le vent de révol
AU -D E L A
une priorité
P E R I L
La petite erreur
mon pays ?
Electricité
L’ultime coup de
Sondages politiq
qui croire ?
TROISIEME MANDAT
patriotisme ?
Benno Siggil Sen
l'ivresse du pou
Kandide Wade
pour manipuler
récurentes inond
Le dernier homme
L’identité afric
quelle Républiq
Sans Ethique
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Très chère
A chacun
la méritocratie
Ces Seigneurs
ELUS
ne contrôle plus
LES RICHES PAUVR
TRAHISON ?
PDS:FONCIER
barbarie ?
Latif Coulibaly
Globale Folie
grande arnaque
véritables enjeu
Mépris ou mépris
Stade suprême
vers une dynasti
Ambassadeurs
advienne que pou
Appel de détress
La ruse
exceptionnel
mendicité
Au secours !
encore 1waderie
apprivoisement
Une « curiosité
CINQ Exploits
courage politiqu
Quel candidat
AU NOM DU
TOURMENTE
totalitarisme
E R R E U R
Collectivités Lc
un prix à payer
Rompre enfin
que la LUMIERE
trop c’est trop
marchandage
Karim Méga Watt
IGNORANCE
Etonnant Wade
E T H I Q U E
Crise de l’Energ
Machiavel
CHAOS
L’Etat a t-il
hors course
NATION ALITEE
La mouche
père & fils
Tsunami
Que reste-t-il
CORRUPTION
pâle copie
UBUESQUE
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Terminus 2012
DEMONS
la révision list
danse du scalp
WADE MALADE
3éme mandat ?!
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T R O P
des institutions
COTE D'IVOIRE
fesman3
aides allouées
«Y en a marre »
immolations
Le 19 Mars 2011
Y ' EN A MARRE !
Le choix de Madi
moribond
Le temps révèle
Coups d’état
statut victimair
HOMME D’ETAT ?
AU MOT
Le prix de la ra
ndoumbélane
Improbité social
Mouvements citoy
LA SECURITE
un défi à releve
Terminus2012
la République
T I C K E T
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L'assommeur
23 JUIN 2011
Quel enseignemen
P A I X
Le paradoxe
JEUNESSE
«Si les > Sénéga
De l’Indignation
LEçONS
REPONSES
SUNUGAL
N O N
Sale temps
« QUART BLOQUANT
sortie de crise
implosion social
«par devoir !»
A l’attention
WADE DEGAGE
Où est l’Etat ?
CONFLAGRATION
TRAGEDIE
la montagne
PEUR BLEUE
MENSONGES
Me WEDDI
SORTIE
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que faire ?
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TEST
TRIBUNAL
Faillite
Autocratie
Citoyens et patr
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S E U L S
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L’élection prési
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la postérité
G A L E R E
en DANGER
Ce que Wade
LE PARADOXE
le péché origine
Quand les mouton
FAUX DEBAT POLIT
Les Mercenaires
Et si le préside
Ces exorcistes
LA METHODE
Abdoulaye Wade :
Le Président Wad
le Sénégal méri
Cour des comptes
PROGRAMME
Macky Sall :
Bennoo : tout ça
Mauvais présage
quelles conséque
Présidentielles
contentieux cons
Candidature de
candidat consen
Macky
incertitudes
le Sénégal tombe
facebook s'invit
DESENGHORISER
nonagénaire grab
Réagir ou Périr
Mes chers compat
Le vieillard et
L' IMPUNITE
DRAMATIQUE
le 23 décembre 2
Violences scolai
dernier combat
candidats déclar
IMPROBABLE
‘Nguur kenn du k
Emploi au Sénéga
libéralisme wadi
la ‘cécité de Be
Nihil Obstat
Département d’Et
vieille démocrat
Quelle paix ?
A S S U M E R
RESPONSABILITES
Le soleil se lev
S T O P
D E F I A N C E
peuple gibier
WAKH WAHET
De l’art de (mal
SE L E V E R
Le bien public
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FORFAITURE
IMPOSSIBLE
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T E N S I O N S
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A U T O C R A TE
WADE (KARIM)
un DEVOIR
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La voie/voix du
A T Y P I Q U E
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V O T E Z
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BILAN NEGATIF

CAMPAGNE POUR LE RETOUR A L 'ANCIENNE TARIFICATION DU COURANT 
Où va le Sénégal? 
Les Sénégalais, sous perfusion, n'en peuvent plus! 
La suppression de la subvention du gaz butane va nous achever inéluctablement! 
NON AU REVERSEMENT DE NOS MAIGRES SALAIRES ET NOS TRES MINCES PENSIONS DE RETRAITE A LA MORIBONDE SENELEC ! 
NE RENDANT AUCUN SERVICE AU PEUPLE, LE SENAT DOIT ETRE SUPPRIME ET SON BUDGET UTILISE POUR LE REGLEMENT DEFINITIF DU PROBLEME ! 
 
L'OFFICE: 
Et surtout, pas d’éléphants blancs…  
C’est aujourd’hui que Wade doit s’adresser à la nation sénégalaise. Un discours qui coïncide avec une situation sociale catastrophique. Nous parler d’avions, de tramways, de Goana ou yakalma…serait de la provocation. Les bourdes des forces de sécurité à Kédougou, le respect du calendrier électoral, la baisse du prix des denrées de première nécessité, le dialogue social nous intéressent bigrement… Mais un discours aérien, décalé, et des promesses qu’on ne tient jamais n’enchantent nullement le peuple. 
( Mor Todjangué )  
 
SudQuotidien : Mercredi 31 Déc 2008 BILAN 2008 DE WADE : Le chaos 
L’AFP DRESSE LE BILAN 2008 DU REGIME DE WADE : Le chaos  
Après avoir dressé un tableau noir du bilan de l’année 2008 du régime de Me Abdoulaye Wade, l’Alliance des forces de progrès (Afp) de Moustapha Niasse soutient que le « Sénégal va tout droit au chaos ». Le mal est tellement profond qu’il ne faut rien attendre de l’année 2009, sinon le pire. Mais cette situation de crise, dit-elle, requiert la mobilisation de tous les patriotes. Et il n’y a plus place au fatalisme « quand appelle le devoir du redressement et du salut national. 
Dans cet esprit, l’AFP a rendez-vous avec son destin. Ce rendez-vous ne peut être raté », renseigne le communiqué en date du 30 décembre. « Le Sénégal va au chaos et le mal est si profond qu’il dépasse largement le visible… ». Ces propos sont contenus dans un communiqué de presse en date du 30 décembre où l’Alliance des forces de progrès (Afp) de Moustapha Niasse ne voit aucune lueur avec le nouvel an qui point déjà son nez. Pour les « Progressistes », 2008 marque le triomphe de l’affairisme et de la corruption qui ont été « érigés en mode de gouvernance pour tenter d’enterrer les valeurs avec le linceul de l’indignité, du mensonge banalisée, bref, des contre-valeurs que l’on pense utiliser, tel un terreau maudit, au service d’un projet de perpétuation d’un régime à tous points de vue nocifs pour notre pays et ses populations ». 
Les errements du pouvoir 
Pour les camarades de Moustapha Niasse, l’année 2008 est venue, avec des données visibles, illustrer « les innombrables errements du pouvoir en place qui, dès le lendemain du 19 mars 2000, a voulu mettre en branle sa machine infernale, au service de la jouissance d’un groupe d’individus ». L’année qui va finir dans quelques heures, a été, aux yeux des « Progressistes », synonyme de « l’inflation galopante qui assomme les Sénégalais n’épargne aucune couche et frappe tout particulièrement les masses paysannes plongées dans une logique de paupérisation destinée à financer une clientèle vorace ». Avec une nouvelle trouvaille de Me Wade du nom de GOANA que les camarades de Moustapha Niasse ont vite fait d’assimiler à une « escroquerie d’Etat, dont le seul but était de mettre le voile sur le manque de vision, l’impéritie et la fin de tout espoir de remettre à flot l’économie rurale dévastée par tant de tâtonnements, tant de nébuleuses et tant de dérives ». 
Le désespoir des jeunes 
La jeunesse des villes, comme celle des campagnes, a payé un lourd tribut, souligne la source. Et le désespoir qui a amené des milliers de jeunes à tenter le voyage tragique vers l’Eldorado imaginaire de l’Europe, par des moyens rudimentaires, est résumé, dit l’Afp, dans le slogan presque inhumain « Barça ou Barsakh ». Ainsi, en zone suburbaine, la banlieue, qui constitue, selon ce parti, une véritable ceinture de misère autour des grandes villes, est un « condensé de tous les maux des populations pour qui chaque journée consacre une lutte impitoyable pour la survie. Insalubrité, épidémies, paupérisation, vie chère, mobilité urbaine laborieuse, chômage, sous-emploi, tel est le lot des habitants de la banlieue dans des proportions particulièrement dramatiques ». Résultat des courses, ça et là, sur toute l’étendue du territoire national, depuis plusieurs années, les contours de la révolte populaire se dessinent et prennent des formes précises, à travers, notamment la résistance des religieux et des jeunes de Kédougou, font remarquer les « Progressistes ». 
Wade a jeté son masque 
Les derniers évènements qui ont eu pour cadre kédougou ont amené, selon l’Afp, le gouvernement de Me Wade à « jeter son masque et à se révéler, à la face du monde, tel qu’en lui-même, c’est-à-dire, une dictature violente qui ne se soucie guère des Droits Humains ». Une violence qui s’est traduite, disent-ils, par une répression sanglante, suivie d’arrestations arbitraires, de tortures, de harcèlements de citoyens, qui « découvrent que les tenants du pouvoir ont remis au goût du jour la notion de responsabilité collective ». Au départ, expliquent les camarades de Moustapha Niasse, il y a eu un problème de transparence dans la gestion et l’exploitation du patrimoine national. S’y sont greffées ensuite, les frustrations consécutives à l’absence de retombées sociales en faveur des populations du terroir, en particulier des jeunes. « A ces données explosives, l’attitude irresponsable du régime en place est en train d’ajouter les éléments d’un conflit identitaire, dont les conséquences sont imprévisibles », renseigne le communiqué. L’Afp qui n’est pas surprise par l’attitude du régime libéral, soutient que « c’est sous l’ère des Wade qu’il y a eu des tentatives d’assassinat d’hommes politiques, des menaces de mort adressées à des Evêques, d’assassinat d’un syndicaliste et d’un étudiant, le tabassage et l’arrestation arbitraires de journalistes, le sac de locaux d’organes de presse, tout cela sans conséquence aucune pour les commanditaires pourtant clairement identifiés ». Sans oublier la « DIC s’est métamorphosée en véritable police politique au service du projet monarchique des Wade ». 2008, l’année de la censure 
L’année 2008 aurait été marquée par la censure instaurée de fait, dit l’Afp, par l’interdiction illégale et informelle de plusieurs ouvrages, films et autres biens culturels, dont le seul tort est de s’inscrire à contre courant de la pensée unique, que l’on prétend imposer au peuple sénégalais. « Parallèlement, les médias d’Etat se chargent par une propagande presque fascisante d’exalter les mérites imaginaires d’un contre-Messie, en faisant l’impasse sur les nombreux actes de mal gouvernance dont la liste est inépuisable : train de vie dispendieux de l’Etat, Sénat de Wade et Agences nationales inutiles, dépenses somptuaires et opaques lors de l’organisation du Sommet de l’OCI, affaires de Dubaï Port World, de la Plateforme de Diamniadio, de la licence SUDATEL, desdits dépassements budgétaires, de la spéculation foncière stupéfiante qui n’a épargné ni les écoles, ni les infrastructures sportives, ni les cimetières, ni les hôpitaux, choix criminel de Zam Zam pour le pèlerinage à la Mecque, tripatouillages de la Constitution , modifications unilatérales de la loi électorale, pour ne citer que ces exemples », souligne la source. 
L’AFP a rendez-vous avec son destin… 
Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l’AFP estime que le combat politique se pose aujourd’hui en termes de libération. « Voilà pourquoi les enjeux des prochaines élections locales du 22 mars 2009 ont une dimension nationale, qui doit amener les partis politiques, la société civile et les citoyens à se dresser contre la fraude électorale, dont les principaux bras armés sont les fraudeurs zélés du Ministère de l’Intérieur, la Cellule informatique de l’Etat-PDS logée à la Présidence et le chargé des Elections du PDS », affirment les « Progressistes ». En tout état de cause, la situation de crise dans laquelle se trouve le Sénégal, soutient l’Afp, requiert la mobilisation de tous les patriotes. « Le Sénégal ne mérite pas que cette situation perdure. Ni sa propre histoire, faite de gloire et d’honneur, ni le respect dont le pays a toujours bénéficié dans le concert des nations libres ne permettent d’accepter une quelconque forme de fatalisme, quand appelle le devoir du redressement et du salut national. Dans cet esprit, l’AFP a rendez-vous avec son destin. Ce rendez-vous ne peut être raté », précise le communiqué. 
Auteur: Bacary Domingo MANE  
LeQuotidien : Mercredi 31 Déc 2008 
Aprés 12 mois de chienlit, des lendemains incertains : Wade, où va le Sénégal ?  
 
Manif des marchands ambulants. On était en fin 2007 et 2008 s’annonçait déjà. Emeutes de l’électricité et de l’eau aux Parcelles Assainies. Marche des Imams de Guédiawaye. Furie des jeunes de Kédougou. Révoltes contre les gestions des collectivités locales. L’année 2008 aura été celle de l’émergence d’identités citoyennes remarquables, dans la continuité d’un processus amorcé avec plus de densité qu’avant, lors de la dernière élection présidentielle qui a vu l’irruption d’une grappe de candidats indépendants. Ce phénomène citoyen articulé autour de revendications et de mouvements de révoltes portés par des individualités agissantes et sans coloration politique partisane s’apparente à ce que le sociologue Gérard Mermet appelle l’égologie dans son ouvrage «Francospie». Il est évident que sous nos cieux et au regard de nos réalités socioculturelles marquées par l’existence de réseaux de solidarités, même résiduelles, l’égologie au sens «Mermetien» du terme, c’est-à-dire l’affirmation d’un désir de se singulariser sur fond d’une montée de l’individualisme, ne traduit pas tout à fait le phénomène de l’émergence des identités citoyennes remarquables au Sénégal. Mais, quelque part, les marches organisées par des marchands ambulants, des Imams et des Kédoviens, les émeutes de l’électricité et de l’eau, s’inscrivent dans le constat du sociologue français de «la perte de crédibilité des institutions», mais aussi serait-on tenté d’ajouter du discrédit qui frappe les acteurs classiques que sont les politiques. Cette perte de la crédibilité des institutions sévèrement malmenées sous l’alternance, mais aussi de la confiance aux hommes politiques n’est pas étrangère aux démarches autonomes des manifestations citoyennes contre la cherté de la vie. «On a désormais le devoir d’être soi, de se forger une personnalité. Avec, pour corollaire, la nécessité de se montrer et de jouer avec cette identité», explique Gérard Mermet. On pourrait bien aujourd’hui appliquer aux Sénégalais ce que le sociologue français écrivait alors à propos de ses concitoyens : «Ils n’ont plus confiance, les gens, dans les institutions et ont compris qu’ils devaient prendre en main leur propre destin. Cela leur donne plus de dynamisme personnel, mais aussi l’envie de s’investir auprès des autres. C’est ce que j’appelle l’égologie, attitude en pleine expansion : s’occuper de sa propre vie sans se désintéresser de celle des autres. Ce n’est pas forcément par altruisme, mais parce que tout le monde y a intérêt. Nous sommes en train de vivre une période de transformation, un véritable changement de civilisation, le mot n’est pas trop fort.» 
LE DROIT A L’EXISTENCE 
Il n’y a pas de doute : les Imams en revendiquant la baisse des factures d’électricité, les marchands leur droit de déambuler pour écouler leurs marchandises, les Kédoviens celui de profiter des exploitations minières dans leur contrée, s’occupent chacun de «sa propre vie sans se désintéresser de celle des autres». Celui qui dirige chacun de ces mouvements n’est pas «forcément altruiste, mais tout le monde a intérêt» dans cet investissement. Et puis, c’est ce «changement de civilisation» qui s’imprime dans le nouveau modèle de prise en charge des revendications, surtout sociales, structurant les mouvements des marchands ambulants, des Imams et des populations des Parcelles assainies et maintenant, de plus en plus, des gens dans les collectivités locales. Cette dimension alternative, sous la forme de surgissement de nouveaux pôles de radicalité, est parfois perçue comme des manifestations d’une panne des projets politiques.  
Face à cette émergence d’identités citoyennes remarquables, à quoi assiste-t-on ? A ces velléités de récupérations politiciennes par le pouvoir ou à des critiques adressées à l’opposition, quant à son incapacité à se greffer aux révoltes citoyennes. Ces postures sont symptomatiques d’une pensée prisonnière d’une tradition politique d’accaparement. Elles ne saisissent pas, en tant que pensée unique et furtive, l’exigence temporelle et spatiale d’émergence de pôles de citoyenneté autonomes à côté de l’espace politique classique. Au fond, nous sommes victimes d’une vision réductrice de la démocratie réduite à ce que René Rémond appelle «l’expression périodique des électeurs», alors qu’elle est une «décision politique», -ajoutons citoyenne- «pour peser sur l’histoire».  
Le développement de l’égologie est pourtant une construction d’un espace de légitimité, autre que l’espace politique ou à côté de celui-ci. La revendication ou l’exigence des forces politiques à être à l’avant-garde des manifestations des Imams, des jeunes marchands ambulants ou des émeutiers contre l’électricité ou l’exploitation minière à Kédougou, participe en réalité à l’étouffement d’une émergence citoyenne. Pourquoi donc au Sénégal, des Imams, des jeunes de la banlieue, des défenseurs du littoral, des associations contre les violences faites aux femmes ou d’exploitation des domestiques n’auraient pas le droit à des vies autonomes à côté de l’espace politique partisan ? L’émergence d’identités citoyennes remarquables est l’expression de l’existence d’une démocratie percluse à laquelle il faut donner une autre jambe valide. Il faut la laisser s’épanouir. Et puis, elle s’épanouira de plus en plus pour revendiquer le droit de prendre des destins singuliers en main.  
Auteur: Soro DIOP  
LEQUOTIDIEN: 
Où VA LE SENEGAL ? - Les citoyens sénégalais dans le désarroi  
31-12-2008 Les Sénégalais sont dans le désarroi total. Sur le plan politique, des interrogations fusent, sur le plan économique, cela va de mal en pis et quant au social, n’en parlons même pas. Une situation qui transparait dans les questions relevées auprès de citoyens sénégalais choisis au hasard, en toute objectivité sur leur âge, leur fonction, leur sexe. Un véritable micro-trottoir croustillant que M. Youssouph Mbargane Guissè a bien voulu examiner, minutieusement, pour les lecteurs du journal Le Quotidien. Dans sa globalité.  
Monsieur le Président,  
où va le Sénégal ? 
Au Sénégal, selon les données statistiques de la Banque mondiale (2007)1, du Pnud (2008)2, de la Direction de la coopération économique et financière (2001)3, la crise se présente ainsi : 50% des ménages sont en-dessous du seuil de pauvreté alors que les classes moyennes sont précarisées. Le taux de chômage est de 13% et celui du sous-emploi atteint 30%. L’Etat consacre moins de 1% de son budget à l’ensemble des programmes pour l’emploi et seulement 20% de la population bénéficient d’une couverture sanitaire. A cela s’ajoutent une crise cyclique de l’Ecole, une détérioration de l’environnement de l’habitat et des conditions de vie, la crise alimentaire et énergétique, la raréfaction des ressources, le conflit en Casamance avec 60 000 déplacés et une population de migrants évaluée de 2 à 2, 5 millions dont 800 clandestins morts en 2006. 
Ce contexte économique difficile est la toile de fond qui explique l’orientation générale de ce corpus de 77 questions adressées au Président de la République par 41 personnes dont un émigré, en ce début du mois de décembre 2008. Il ne s’agit pas d’un échantillon tiré d’une base de sondage et qui n’a pas une représentativité statistique. Le journal a effectué un micro-trottoir auprès de 41 personnes qui présentent les caractéristiques suivantes : 34 sont des hommes et 7 des femmes appartenant à des catégories d’âge variable : des jeunes, des étudiants, des personnes âgées comme des retraités. Ils sont originaires des localités suivantes : Dakar ville et sa grande banlieue Pikine, Parcelles Assainies, Yeumbeul, Rufisque, Diourbel, Kaolack, Thiès, Mbour, Fatick, Saint-Louis, Kédougou et Podor. Certains résidant dans les zones rurales de ces localités. Le tiers sont des inactifs (Etudiants, chômeurs, retraités, ménagères) et la majorité des actifs composés diversement de paysans, d’éleveurs, d’employés du secteur public et privé, de commerçants, d’opérateurs indépendants dans les secteurs de l’artisanat et des services. 
La réflexion sociopolitique de ce corpus, en dépit de ses limites, est intéressante dans la mesure où, par l’orientation et le sens des questions adressées au président de la République, il recoupe de manière significative avec l’actualité ce qu’on appelle la demande sociale et celle de la vie politique nationale. En effet, l’analyse montre que les 77 questions portent sur la politique à trois niveaux : la politique économique, la politique sociale, les appréciations sur l’action du Président. A titre d’exemple, voici quelques questions sur : 
 
- La politique économique : «Face à la crise économique que traverse le Sénégal, est-ce que le président de la République a une politique alternative pour relancer l’économie nationale ?» ; «M. Le président de la République, lors de votre accession au pouvoir, vous aviez promis de donner le marché du mobilier national aux menuisiers locaux. Vous aviez aussi promis de lutter contre l’importation des meubles afin de préserver les emplois. Mais nous constatons que ce sont des promesses qui sont restées vaines car l’importation continue de tuer la main d’œuvre locale.»  
–«Monsieur le Président, pourquoi mener une politique d’une soi-disant vérité des prix dans le domaine de l’électricité alors que, le coût du baril de pétrole baisse sans cesse ? «Monsieur le Président, comment expliquez-vous le fait que certaines sociétés nationales, florissantes sous l’ère coloniale et le régime socialiste, connaissent des difficultés sous votre régime ? Cas Sncs, etc.» 
 
- La politique sociale : «Le coût de la vie devient de plus en plus cher au Sénégal. Dites-nous, M. le Président, quelle solution préconisez-vous pour venir en aide au peuple sénégalais ? 
«Vous avez promis aux jeunes de la banlieue de très grands projets pour l’emploi, moi, je vous demande ce que vous allez faire pour les étudiants diplômés et sans emploi ?» ; «M. le Président, pourquoi ne pas diminuer par ces temps qui courent, le prix des denrées de première nécessité pour soulager les Sénégalais ?» ; «Nous avons été nombreux à vous porter au pouvoir dans l’espoir d’une vie meilleure, au soir du 19 mars 2000, avec l’espoir que nous aurons une vie sociale meilleure. Mais, depuis lors, rien ne semble être fait pour. Quel avenir pouvez-vous offrir à cette jeunesse qui ne veut pas affronter les vagues de l’océan pour vivre comme des clandestins en Europe ?» 
 
Les appréciations sur l’action du Président : «Quand vous étiez dans l’opposition, vous critiquiez beaucoup la politique du régime en place, le Parti socialiste. Aujourd’hui, vous êtes au pouvoir, voilà que vous répétez les mêmes erreurs sinon vous faites pire. Pourquoi ?» ; «M. le Président, pourquoi, vous ne vous inscrivez pas dans la ligne tracée par feu le Président Senghor qui avait une politique agricole fixant le prix de l’arachide très tôt ? Pourquoi, voulez-vous tuer la filière arachidière ?» ; «M. le Président vous vous êtes battus pendant 26 ans pour accéder au pouvoir avec un chapelet de promesses. Seulement, depuis huit ans, nous sommes en train de vivre amèrement une déception par rapport à non tenu de vos promesses. Est-ce que l’on peut s’attendre à ce que vos éternelles promesses soient respectées, avant de songer à nous laisser avec quelqu’un d’autre, fut-il votre propre fils ?»  
L’examen du corpus amène plusieurs remarques : - La flambée des prix des denrées alimentaires et autres, les problèmes de coupures d’électricité intempestives de la Senelec, les inondations de la banlieue, les luttes au sein du pouvoir avec l’affaire Macky Sall, les interrogations sur la succession du président par son fils Karim, ont probablement influencé la focalisation sur ces questions. On ne note ainsi, aucune question sur le paiement de la dette intérieure, problème pourtant d’actualité. Peut-on supposer que le monde et les problèmes du patronat pour une raison ou pour une autre, sont encore loin de l’opinion ? Nous n’avons également aucune question relative aux problèmes de la culture, de la diplomatie, de l’environnement extérieur. Il semble donc que les Sénégalais sont focalisés sur les problèmes concrets de l’heure et que le seul acteur, en face, est l’Etat. Le contexte a donc beaucoup pesé sur la nature des points soulevés. Des questions relatives au manque d’infrastructures dans les régions en matière de santé défavorisant particulièrement les femmes rurales, d’écoles et d’approvisionnement en eau sont évoquées ainsi que, la protection des enfants contre la violence, notamment le viol et autres agressions ; la menace des déchets plastiques sur le bétail. 
Il apparaît une réelle frustration liée à des promesses non tenues et même un certain dépit dû à l’aggravation de la crise. C’est ce que reflète en majorité la vive tonalité des questions dont certaines posées sans à priori. C’est par exemple, ce qu’il pourrait faire pour développer la boxe.  
Notre remarque suivante est par rapport à l’image du président qui semble avoir souffert de la crise. La détérioration accélérée des conditions de vie a non seulement engendré un sentiment de perte d’espoir, mais aussi un refroidissement dans le fort lien émotionnel tissé avec le peuple, au soir du 19 mars 2000. Certaines questions mentionnent que l’opposant démocrate est passé «monarque», a abandonné ses compagnons de lutte pour des transhumants bénéficiaires de faveurs et de privilèges, n’a pas tenu ses promesses et a fait de ses compagnons d’armes d’hier, ses adversaires. L’illustration d’une certaine désillusion se lit dans les questions suivantes : «Etes-vous prêt, compte tenu du degré de votre impopularité, à rendre le tablier pour permettre aux Sénégalais d’effectuer un changement comme ils l’avaient fait en 2000 ? -Seriez-vous prêts à accepter le verdict des urnes et à libérer pacifiquement le pouvoir, si jamais vous perdez les prochaines élections ?» 
Les réflexions, et non l’analyse dont il ne peut être le cas ici, que nous inspire l’examen de ce corpus, portent sur deux questions importantes à savoir : Le modèle de développement et l’Etat démocratique et de bonne gouvernance. 
1) La perspective d’un développement global, économique, politique, culturel du pays semble encore inexistante ; les importantes réalisations de l’alternance dans divers domaines n’ont pas réglé la question d’un modèle de développement intégral pour le Sénégal. Les grands projets annoncés mettent du temps pour leur financement et leur exécution. - Où en êtes- vous avec votre promesse de construction du chemin de fer Tamba -Kédougou - Ziguinchor qui doit relier en même temps le port minéralier de Bargny aux exploitations du fer de la Falémé ?  
L’économie sénégalaise, encore soumise structurellement à la domination et au contrôle du capitalisme français et international, sans intégration à une base arrière économique sous-régionale développée, reste fragile. La dépendance extrême du Sénégal au marché mondial et comme corollaire de ses lois impitoyables font que toutes les performances réalisées sont chaque fois rattrapées par la crise, et, anéanties. Il en est de même des acquis du régime socialiste sous le Président Senghor, démantelés par l’ajustement structurel sous le Président Abdou Diouf. Il en paraît de même aujourd’hui sous le Président Wade dont les réalisations et les efforts pour classer le Sénégal dans le pôle des pays émergents se sont heurtés brutalement à la crise alimentaire et énergétique, dans un contexte mondial d’hégémonie économique libérale et d’aggravation généralisée de la pauvreté. L’impact la plus tragique de cette perturbation de l’organisation économique nous semble être la migration clandestine des jeunes via des pirogues dont 800 sont estimés morts dans l’aventure, en 2006. Mais, il y a également les phénomènes nouveaux tout aussi extrêmes que les grèves de la faim, l’immolation par le feu devant le Palais de la république, les formes de protestations violentes comme celles de Kédougou, le mouvement de protestation et de résistance contre l’injustice des populations de Guédiawaye, les actes de violence croissants à l’Université de Dakar, reléguant à l’arrière plan le problème du Mfdc.  
Toutes ces fissures dans le tissu social posent à nouveau la même tache historique, celle de la construction participative d’un modèle de développement économique et culturel intégral. Notre conviction d’ailleurs est que, quelque soit le parti au pouvoir, le risque de sombrer dans les mêmes travers est certain, s’il garde la même structure politico économique d’essence coloniale qui fonde la marche des activités au Sénégal. 
Les questions posées au président illustrent bien qu’il y a un problème général de cohérence, d’identité, de modèle, bref, de direction historique pour le pays : «Est-ce que, vous connaissez les priorités du Sénégal ?» «Face à la crise économique que traverse le Sénégal, est-ce que le président de la République a une politique alternative pour relancer l’économie nationale ?» ; «-Tous les secteurs de la vie nationale sont confrontés à des difficultés. Quelle politique allez-vous mettre en place pour régler définitivement ces problèmes ?» 
Il apparaît que les leviers économiques et financiers du pays échappent à l’Etat et que les grands rapports réciproques qui doivent lier les secteurs de la finance, de l’agriculture, de l’industrie et des services, de la production des savoirs ne sont pas clairement établis. L’empirisme qui accompagne l’option libérale et les privatisations ainsi que certains grands investissements semblent être, d’après les interrogations, une source d’inquiétude, d’incertitude et de perte d’espoir. 
2)- Le sentiment d’abandon, par l’Etat, qui se développe, pose le problème de la nature de l’Etat et de sa gouvernance. «Monsieur le Président, pourquoi vos militants du monde rural ne vous voient pas régulièrement avant vos campagnes électorales ? Sommes-nous pour vous du bétail électoral moins considéré que les citadins ?» 
Un des facteurs aggravant nous paraît celui de la transformation du parti victorieux appuyé par une coalition en un parti-Etat. Ce problème est important puisqu’il est supposé créer les conditions d’un recul de la démocratie : «M. le président de la République, êtes-vous sérieusement conscient, que vous avez conduit ce pays que vous avez démocratiquement conquis, à un niveau d’anti-démocratie pire que la période du parti unique ou unifié quel que soit le concept utilisé ?» 
Le parti-Etat par ailleurs déstabilisé par des luttes internes permanentes fragilise les institutions dont l’accès et le fonctionnement dépendent des rapports de personne, des réseaux d’influence, de certaines prééminences, de la compétition acharnée au sein du parti et de l’arbitrage au plus haut niveau, c’est-à-dire : «La confiance du Président.» L’hégémonie politique du parti dominant affecte désormais les règles qui doivent normalement présider au fonctionnement des institutions. «Pourquoi cautionnez-vous les dérives des députés qui tripatouillent la Constitution à des fins politiques ?. L’éthique en politique est évoquée car le parti-Etat se renforce et se nourrit du clientélisme, source d’enrichissement rapide et parfois criard, rappelant les dérives de l’ancien régime.» «On entend parler de plusieurs milliards qui entrent au Sénégal, pourquoi tout cet argent ne parvient-il pas aux pauvres qui demeurent de plus en plus pauvres ?». On trouve aussi dans le même sens cette question : «M. le Président, pourquoi promouvoir des transhumants qui ne paraissent pas plus méritants que les militants authentiques de votre parti et, installer ainsi le mécontentement et la grogne dans leurs rangs ?» La réduction du train de vie de l’Etat est également évoquée en termes de logique et d’éthique de gestion des finances publiques : «Monsieur le Président, pourquoi ne supprimez-vous pas les Institutions budgétivores qui me paraissent inutiles alors que, l’Etat est à la recherche de liquidités pour faire face à ses engagements ?» 
Un autre facteur du décalage entre l’Etat et la société dans ses diverses franges est la faiblesse de la communication politique qui découle du «poids démographique» des appareils d’Etat et de la lourdeur bureaucratique inévitable. Cela se passe dans un contexte d’éclatement politique et d’émergence d’une société civile en marche, d’acteurs sociaux multiples organisés, cherchant de manière collaborative ou revendicative à accroître leur pouvoir de négociation avec l’Etat et à peser sur le champ politique. Cet affaiblissement de la communication politique est consécutif à l’abandon du système d’exercice de l’hégémonie politique et des stratégies de reproduction spécifique à l’Etat sénégalais depuis Senghor. Certains des différents appareils idéologiques, institutionnels, les soupapes de sûreté, certaines courroies de transmission et de contrôle hégémonique ont disparu, pendant que le relais confrérique ne fonctionne plus en bloc homogène et que les traditions de la politique du dialogue sont dans les tiroirs. Il se passe alors un phénomène politiquement étonnant, du fait du sentiment de se trouver au pied du mur, celui de l’actualité de la succession du président alors qu’il lui reste encore des années de son mandat. «M. le Président que dites-vous par rapport à votre succession ?» La question suivante va implicitement dans le même sens» ; «Est-il possible que vous révéliez votre âge exact aux Sénégalais.»  
Lié à cette préoccupation, le problème du n° 2 dans le parti revient dans les questions ainsi : «M. le Président, pourquoi vous séparez-vous toujours de votre numéro 2 ?» 
L’instabilité et les querelles à ce niveau hiérarchique découlent certainement du caractère ou du tempérament des «affrontés» liés à une question de différence de génération, d’expérience et de personnalité face au pouvoir suprême, mais, surtout à notre avis, aux pratiques d’une culture politique que sécrète forcément la nature contradictoire d’un Parti-Etat et libéral à la fois. 
La faiblesse de la communication politique est renforcée par une absence d’un relais de réflexion dynamique et de diffusion des idées et conceptions du président sur les grandes questions qui agitent l’Afrique et le monde. Cela peut s’expliquer du fait de la nature très hétérogène du parti, mais aussi du caractère composite de son intelligentsia. Une telle tâche n’est donc pas réalisée sur le terrain national par le relais normal dans le parti, d’un corps d’intellectuels étoffé et critique, capable de lier la théorie à la pratique, d’ouvrir des voies d’approfondissement des thèses ou réflexions, développées ainsi par le président surtout à l’extérieur et au cours des grandes rencontres scientifiques et internationales qu’il préside ou, auxquelles il participe. Nous sommes en face d’un vide dans le parti, d’une pensée unificatrice et mobilisatrice non seulement de l’élite au pouvoir, mais de l’ensemble du corps social, les jeunes en particulier. Par ailleurs, cette faiblesse de la conceptualisation, de l’expérience et de bilan critique, de l’animation intellectuelle, le parti dominant largement le partage avec une bonne partie de l’opposition, que traduisent un certain manque d’initiative et le caractère souvent réactif des actions face au pouvoir en place. 
L’absence d’une stratégie globale de construction participative, d’un modèle de développement national intégré à un ensemble constitué par une économie de marché sous-régional, la faiblesse de la communication politique, les effets douloureux de la crise, laissent le champ ouvert au désespoir exprimé par cette question anxieuse, posée juste en début de second mandat : «Pensez-vous, M. le Président, réussir la mission pour laquelle les Sénégalais vous ont élu ?» De telles conditions poussent également à des tentatives de reformulations identitaires au sein des couches sociales les plus profondes ; les jeunes, les femmes, les groupes et communautés ethniques des régions périphériques. Ces processus enclenchés par la crise économique, les agressions culturelles et l’empirisme politique dominant, cherchent encore les voies difficiles de la construction d’une modernité proprement sénégalaise et africaine. On peut, dès lors, comprendre l’éveil et l’engagement des élites et particulièrement, la jeune élite musulmane réformiste à ces combats de résistance à l’injustice et à la décadence morale. Ces mouvements sociaux qui se multiplient, posent bien au-delà des problèmes de l’immédiateté, la nécessité pour notre pays et pour l’Afrique, de s’unir, de saisir les opportunités de la mondialisation qui du reste, va durcir la compétition et creuser les inégalités. L’enjeu et la tâche commandent l’engagement à bâtir dans les toutes prochaines années, des Etats de droit et de bonne gouvernance fédérés, des économies solidaires, à partir de nos immenses ressources matérielles et humaines, des sociétés de bien être et des cultures de paix, qui célèbrent enfin les savoirs et les arts des citoyens nouveaux. 
 
 
1 Banque mondiale (2007). Sénégal. A la recherche de l’emploi. Le chemin vers la prospérité, 122p. / (2008). République du Sénégal, Evaluation de la sécurité alimentaire au Sénégal, 57p. 
 
2 Pnud (2008). Pnud Sénégal. 
 
3 Mef (2001). Direction de la Coopération Economique et Financière. Programme de relance des activités en Casamance.  
Par Youssouph Mbargane GUISSE - hercheur à l’Ifan - Cheikh Anta Diop  
Où VA LE SéNéGAL ? - PRESSE - Agressions, embastillements, convocations  
31-12-2008  
2008, l’expression de la violence 
La liberté d’expression est consacrée. Mais, en lieu et place, c’est la violence qui s’est manifestée sous diverses formes au cours de l’année 2008 pour les entreprises de presse et les journalistes. A tel point qu’il n’était pas question d’occulter ce qui s’est passé en 2008, même si la forme n’épouse pas la ligne tracée pour ce dossier spécial fin d’année.  
Par Hamath KANE et Aminatou M. DIOP 
 
La presse ne peut pas manquer d’effectuer le bilan des années. De cette année 2008, elle ne peut pas oublier ses propres péripéties marquées par des agressions physiques, matérielles et morales. En tout cas, Kambel Dieng de la Rfm, alité pendant plus d’un mois, en frémit encore. Les cris affligeants d’un homme châtié à suffisance, un beau matin, ont plongé n’importe quel auditeur dans son lit, comme fuyant une insécurité imaginaire. Le journaliste de la Rfm et son confrère de la West african democracy radio (Wadr), Karamokho Thioune, ont été torturés par les éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip), après le match Sénégal-Libéria du 21 juin 2008 (3-1). Malgré les plaintes déposées contre leurs tortionnaires, ils se sont heurtés à un jugement du ministre de l’Intérieur d’abord, du président de la République ensuite, alors que le dossier dormait dans les tiroirs judiciaires. Il y restera jusqu’à l’année prochaine, malgré la délégation judiciaire faite à la gendarmerie qui a permis l’audition des témoins et des victimes, après leur passage devant le juge d’instruction. 
A «L’As» et «24 heures Chrono», c’est la razzia d’une bande de nervis recrutée par le ministre des Transports aériens et de l’Artisanat, Farba Sen-ghor, limogé pour la cause, après que son «armée» a été condamnée à cinq ans de prison ferme, pour moins d’une heure de saccages des locaux desdits journaux. Le dossier du ministre démis a été transmis à l’Exécutif qui l’a déposé à l’Assemblée nationale pour sa mise en accusation. Depuis, c’est le statut quo. 
Ce qui n’est pas le cas pour le directeur de publication de 24 heures Chrono, El Malick Seck, qui croupit en prison pour une peine de trois ans au moment où, son canard a été fermé pour un redémarrage prévu le 5 janvier 2009. M. Seck avait, auparavant, défilé devant la Division des investigations criminelles (Dic) et le Procureur qui lui demandaient de changer le nom de son journal. Sans oublier les convocations tous azimuts des journalistes qui avaient commis le «crime» d’avoir reçu des Sms du Mouvement pour le respect du Sénégal (Mrs), qui a revendiqué l’attentat de la police de Dieuppeul. S’y ajoutent le défilé des Directeurs de publication et certains de leurs reporters devant les enquêteurs de la Dic, les convocations à la Direction de la surveillance du territoire national (Dstn) pour le respect du dépôt légal, la saisie de certaines éditions ou la suspension de l’impression avec des descentes inopinées dans certaines imprimeries, etc. 
La presse n’a pas été non plus épargnée par les religieux. L’envoyé spécial de l’hebdomadaire Week-end Magazine à Touba a reçu quelques foudres du khalife général des Mourides pour avoir voulu mener une enquête sur le foncier dans la cité religieuse. Ou encore le porte-parole du khalife général des Tidianes, Serigne Abdou Aziz Sy «Junior» qui a traité les journalistes de menteurs pour avoir osé constater l’«échec» du sommet de l’Oci. Sans compter les menaces de mort et les agressions verbales de la part de hautes autorités, même à l’étranger, comme cela a été le cas avec Souleymane Jules Diop, lors d’une visite du Président Wade à Chigaco, en juillet dernier. 
Sur le plan financier, 2008, n’a pas été non plus rose autant pour les entreprises de presse que pour les journalistes. Ces derniers ont vécu des fins de mois de difficile, au point que le 17 décembre dernier, le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Sénégal) a publié un communiqué pour demander à ses militants d’observer un arrêt du travail, s’ils ne perçoivent pas leurs salaires au-delà du 8 de chaque mois. 
D’ailleurs, une vingtaine de journalistes de Canal info News ont saisi la justice pour réclamer des arriérés de salaires de six mois à leur employeur. De même que pour des questions de salaires, des travailleurs de Sud Quotidien ont eu à arrêter le travail dans leur rédaction, cette année. Une situation pareille a été aussi vécue à Océan Fm. Quant à la radio Première Fm, elle a été obligée de fermer boutique au bout du premier trimestre de 2008. L’administrateur du Groupe Avenir communication émettrice de cette station de presse a soutenu n’avoir plus les «reins financiers» assez solides pour continuer l’expérience. 
En outre, les éditeurs de presse qui réclamaient, la semaine dernière, le fonds d’aide à la presse, sont aussi confrontés à d’autres contraintes liées au papier journal, à la rétention de la publicité officielle pour les organes privés, les menaces de «descentes» du fisc ou des contrôleurs de l’Ipres, etc. 
hamath@lequotidien.sn 
Où VA LE SENEGAL ? 
31-12-2008  
Moussa Dickel DIALLO, demeurant à Touldé Gallé dans le département de Podor 
Monsieur le Président, Macky que vous traînez dans la boue aujourd’hui, ne pensez-vous pas qu’il dispose, mieux que vous, des qualités d’homme d’Etat et qu’il gouvernerait mieux que vous ce pays ? 
Khalifa SENE, enseignant dans le village de Ndayane (Mbour)  
Pensez-vous sérieusement que votre fils pourrait vous succéder à la tête du Sénégal, malgré la présence des leaders qui ont passé toute leur vie dans le pays, alors que votre fils vient de juste de connaître le pays en 2000 ? 
Ibou DIOUF, chauffeur de taxi à Fatick 
Pourquoi vous vous alliez avec quelqu’un aujourd’hui et le lendemain, vous faites de lui votre adversaire ?  
Amadou NDIAYE, journaliste demeurant à Dieuppeul 
Pourquoi cautionnez-vous les dérives des députés qui tripatouillent toujours la Constitution à des fins politiques ? 
Dame SECK, quartier Onze novembre (Mbour)  
Ne pensez-vous pas qu’il est dangereux que votre fils veuille vous succéder à la tête du Sénégal étant donné que son mérite, n’eût été qu’il soit votre fils, n’est pas démontré ?  
I- Objectif de l’heure : Nécessité urgente d’un large front unitaire des forces de progrès  
30-12-2008 «Toutes les actions ou prétendues actions sont accomplies 
pour échapper à la souffrance et d’atteindre le bonheur.» 
[Arnaud Desjardins] Extraits  
de Tu es cela 
 
En ces heures graves que vit notre nation, il me semble urgent, de recentrer les efforts de tous ceux qui sont vraiment préoccupés au plus haut point, par la situation inquiétante que traverse notre pays, vers un grand ensemble de nos forces vives. 
Mais, entendons-nous bien, nous nous mettrons ensemble pour servir le pays et nos concitoyens mais, non pas pour nous servir nos propres intérêts, comme c’est le cas avec le régime actuel issu de l’alternance. 
Pour réaliser un tel objectif, un large rassemblement de toutes les forces de progrès économique, social et culturel est absolument nécessaire, surtout face à un pouvoir qui ne recule devant aucune bassesse pour se maintenir à la tête du pays.  
Beaucoup d’énergie de ces forces dispersées offre l’occasion rêvée au régime en place, de disposer de tout son temps, pour poursuivre sans crainte aucune, sa politique malfaisante qui plonge notre pays au fond des abîmes, faute de forces conséquentes opposées. Cette dispersion inopportune permet aussi au régime et à son chef de file Me Wade de mater toute velléité de protestation ou de résistance populaire des organisations sociales, des citoyens libres, de la société civile, des opérateurs économique et j’en passe, pour empêcher de jouir pleinement de leurs droits et liberté. 
A l’heure actuelle, il n’existe que deux camps bien distincts dans notre pays, le camp du pouvoir, composé de tous ceux qui profitent honteusement des ressources nationales sans en avoir le droit et sans état d’âme d’une part, et, d’autre part, celui des citoyens qui peinent à joindre les deux bouts chaque jour davantage. 
Face à ce tableau, et pour l’histoire, tous les citoyens sénégalais, quels qu’ils soient, doivent se déterminer clairement par rapport à ces deux camps, parce que, nous sommes à l’heure d’un choix décisif pour sauver notre pays. 
Il n’y a aucun doute pour ceux qui vivent au Sénégal, je dirai même, qu’il est évident pour tous que les méfaits de ce régime, n’épargnent aucun secteur d’activité de la nation et frappent de plein fouet toutes les populations qui vivent honnêtement du fruit de leur labeur. 
Ceci étant, il est déplorable de constater avec beaucoup de regret, que le camp le plus important, le plus massif et qui subit tout le poids de la crise ne puisse, avec détermination, s’organiser et rassembler ses forces pour faire face à un régime de déprédation, qui ne se soucie nullement des préoccupations les plus élémentaires des populations, mais vit, malgré tout, dans l’opulence et la gabegie. Quelle indécence ! 
C’est justement le bilan négatif de ce régime de 2000 à nos jours qui devait être l’élément déterminant et fédérateur de toutes les victimes innocentes, pour l’avènement d’un tel front venu à maturité. Notre vécu avec la gestion libérale à savoir : une République qui devient simplement nominative ; une violation intempestive et constante de la Constitution qui se modifie selon la volonté et les besoins du moment du chef de l’Etat, avec la complicité d’une Assemblée nationale complètement à sa dévotion et simple caisse de résonance ; une crise économique et sociale sans précédent qui a fini par mettre à genoux les entreprises nationales – par une dette intérieure d’environ 200 milliards - ; la dilapidation des ressources financières du pays à des fins personnelles, des dépenses somptueuses inopportunes, improductives et inutiles ; un monde du travail qui souffre de la modicité de ses salaires qui ne sont souvent pas payés à temps, s’ils ne restent pas impayés des mois durant ; une cherté de la vie qui écrase certaines familles qui n’en peuvent plus, si ce n’est pas la flambée des prix des denrées et services de première nécessité, c’est la Senelec qui vient ôter le peu d’espoir sur lequel se fondaient les ménages pour joindre les deux bouts ; une éducation au rabais qui, sur le papier occupe «40%» du budget national mais qui dans la réalité bat de l’aile au niveau de tous les ordres d’enseignement, sans parler des enseignants victimes de promesses fallacieuses et imprécises, dont le caractère vague est la preuve de son manque de sérieux ou de crédit, il s’y ajoute, que les dates d’applications font l’objet de report à l’infini ; le système sanitaire ne se porte guère mieux, en effet, presque toutes les structures sanitaires sont démunies du minimum nécessaire pour fonctionner correctement et pourtant elles traînent selon le ministre de la santé, 14 milliards de dettes, les détournements et les scandales au plan médical font la Une de la presse ; dans le monde rural, c’est encore pire, on nous étale des plans et programmes allant du Rêva à la Goana, au moment où notre agriculture meurt à petit feu, on nous abreuve de promesses fumeuses qui ne verrons jamais le jour parce que chimériques et ne se fondant pas sur des bases concrètes ; un niveau de corruption insoupçonné qui gangrène notre société, à telle enseigne que la morale et l’éthique semblent devenir des «contre-valeurs» ; la jeunesse principale victime de l’arnaque de plein emploi de Me Wade, doit se remémorer ce douloureux souvenir pour ne plus tomber sous le charme de promesses démagogiques qui prennent l’allure d’un refrain. Voilà, sommairement, quelques aspects parmi tant d’autres de l’œuvre funeste du régime libéral. A l’heure actuelle, c’est le délestage du patrimoine national par une liquidation aux allures de bradage de toutes nos sociétés qui étaient des fleurons de l’économie nationale (Méridien Président, actions de l’Etat à la Sonatel, Senelec, etc.). 
Tout ceci a été supporté par le peuple sénégalais dans le calme et la dignité, devant le regard médusé de l’ensemble des forces sociales et acteurs politiques tétanisés. En tout cas, jusqu’ici, aucune réaction à la dimension de l’agression du pouvoir sur les populations, n’a encore vu le jour et, toutes les tentatives ou même gestations, ont été étouffées dans l’oeuf, faute parfois d’une unité d’action des forces en lutte autour de l’essentiel. 
Les choses allant crescendo et, de mal en pis, sans qu’aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon.  
Logiquement, la plupart d’entre nous, sont arrivés à la conclusion qu’il n’est plus question pour aucun Sénégalais de bonne foi, d’accorder le moindre crédit au régime qui gouverne notre pays, virtuellement. 
Ce sont, sans doute, les circonstances et les raisons qui ont insufflé un fort courant de sentiments patriotiques à des Sénégalais, qui se sont levés pour entreprendre une telle initiative de haute portée citoyenne et patriotique, qui est l’idée des Assises nationales sans exclusive. 
Et, pour mettre en forme cette idée bienvenue, des forces politiques diverses, la société civile, des personnalités indépendantes, des opérateurs économiques et de simples citoyens sur le sol national et la diaspora, tous dans un élan patriotique et citoyen, ont jugé la situation du pays extrêmement grave pour ne pas dire catastrophique, pour demeurer encore indifférents et les bras croisés, sans rien entreprendre. 
C’est ainsi que sont nées les présentes Assises nationales, avec pour objectif de réfléchir sérieusement aux problèmes qui se posent au pays et leurs éventuelles solutions. Initiative saluée par de larges franges de la nation sénégalaise tant au niveau national que dans la diaspora. 
 
II- Objectif de l’heure : Nécessité urgente d’un large front unitaire des forces de progrès 
- Cette étape importante c’est-à-dire les travaux des Assises, une fois franchie, on aura besoin d’un cadre approprié, réceptacle de ses conclusions. Elles devront trouver un répondant, précisément un cadre constitué des forces vives de la nation disposées à mettre en œuvre les fruits de cette réflexion féconde issue de notre expertise nationale de haute facture. Ce cadre naturellement, ne peut être qu’un large front unitaire où aucune force de progrès économique, social et culturel n’est a priori exclue. 
En attendant les conclusions de ces Assises, toutes les forces sociales qui concourent au suffrage universel et, naturellement les citoyens électeurs, devraient se préparer et se tenir prêts pour ne pas être surpris par les évènements. 
Connaissant la nature du pouvoir libéral, il est capable d’organiser les élections locales à l’improviste, rien que pour barrer la route aux adversaires les plus sérieux, capables de le battre. Ainsi, au lieu de s’atteler à la préparation administrative, matérielle, psychologique etc. pour parer à toutes les éventualités, nous assistons à une passe d’armes stérile et préjudiciable et même prématurée entre des partis politiques, partie prenante de la solution envisagée pour remettre le pays au travail. C’est dommage, pour ne pas dire irresponsable de leur part ! Ressaisissez-vous, si vous voulez bénéficier de la confiance de vos concitoyens les plus consciencieux. 
C’est incroyable et même révoltant de voir combien certains Sénégalais qui se disent démocrates et républicains sont attachés au mot chef, comme à l’époque de nos anciens chefs de canton. C’est un stigmate probablement hérité de la colonisation, comme nos grands parents croyaient, en dehors du chef, tout le reste est peu important, ce qui est faux. C’est comme si, un citoyen simple ne pouvait pas être plus respectable et utile à la République que le président de la République, qui assume une fonction. Par exemple, si un citoyen, qui est bien une qualité, s’acquitte correctement de ses devoirs et droits, là où le président de la République gardien de la constitution, viole celle-ci, dilapide les deniers publics et s’arroge de force tous droits non prévus dans la constitution, et ne dit pas la vérité à son peuple, il est jugé comme un mauvais citoyen qui n’assume pas ses charges selon les attentes et doit être traduit pour délit de parjure à la Haute Cour de justice. Tout ceci, pour vous dire que la qualité de l’homme n’est pas attachée à sa fonction sociale, car elle la précède généralement. 
C’est pourquoi, nous devons savoir et pouvoir en tant que citoyens électeurs, distinguer ceux qui convoitent le pouvoir comme sacerdoce pour servir leur peuple, et ceux qui le cherchent, uniquement comme source d’enrichissement et de puissance, à l’image de ceux qui sont en place. Ainsi, nous devons être très vigilants et assez regardants sur les indices ou signes extérieurs qui ne trompent pas souvent. 
Un régime qui est incapable d’assurer l’autosuffisance alimentaire de son peuple, la couverture sanitaire correcte de son territoire etc. et qui, se met à claironner pompeusement la création d’usines de fabrication de voitures, de camions gros porteurs et même de petits avions selon le ministre des Mines, ne trompera personne, sauf ceux qui le voudraient. En tout cas, nous qui étions là depuis 8 ans et avons été bernés pendant tout ce temps, nous ne sommes pas si naïfs pour croire encore à ces balivernes. 
Il n’est plus possible, dorénavant, de camoufler les vices et les tares car, chacun de nous peut à loisir, prendre la mesure exacte de l’incapacité du gouvernement à régler les problèmes du pays depuis 8 ans. L’excuse de l’inexpérience, de la méconnaissance, du temps insuffisant et que sais-je ? Tout cela ne peut plus prospérer auprès des citoyens qui ont vécu l’enfer libéral. La preuve est irréfutable qu’ils sont handicapés par leur incompétence sur toute la ligne d’abord et ensuite par la malfaisance et une gestion scandaleuse des ressources nationales. Par conséquent, le doute n’est plus permis sur la nature du régime de Me Wade, pour tout patriote sénégalais conscient de ses responsabilités, que c’est un régime incapable. 
Dès lors, les consultations locales de Mars 2009 -au cas où elles auraient lieu, bien entendu- constitueront un test grandeur nature pour les forces sociales de progrès, mais surtout, pour les citoyens électeurs qui devront sanctionner sans équivoque et négativement ce régime, traduire en acte leur ferme volonté de renvoyer tous ces mange-mil dans leur nid, afin d’élire d’autres citoyens compétents au service des populations et qui sont à même de traduire dans les faits et selon les règles, la problématique de la décentralisation dans la transparence. Notre pays regorge de compétences avérées pour s’auto administrer valablement. Mais pour y arriver, nous devons tous, avec détermination, exprimer cette volonté en acte concret dans les urnes, en faveur des candidats que nous aurons nous-mêmes investis en connaissance de cause. Plus de vote par procuration ou téléguidé, de ndiguël, d’achat ou de vente de cartes d’électeurs moyennant de l’argent. L’expérience nous prouve nettement aujourd’hui, que ceux qui distribuent de l’argent pour les suffrages, ne comptent nullement travailler pour la communauté mais, plutôt pour eux-mêmes. 
Les élections locales sont réellement celles de proximité, et là, nous nous connaissons tous assez. Si l’hypocrisie, les intérêts égoïstes et personnels sont mis à part, pour uniquement le seul intérêt général de la communauté, nous parviendrons à choisir de bons candidats pour nos collectivités locales.  
Le syndrome de la division est aussi un adversaire de taille pour un large front unitaire des forces sociales et de progrès, particulièrement au sein des formations politiques, il est temps d’y mettre fin une bonne fois pour toutes. 
La condition sine qua non pour cela, c’est d’abord de considérer, que nous n’avons qu’un seul adversaire, et c’est le pouvoir de Me Wade. Ensuite, que nous devons choisir les meilleurs candidats parmi les meilleurs, en écartant toutefois le particularisme partisan, tels que les critères ethniques, régionalistes, linguistiques, confrériques, religieux pour mettre en avant, après le dénominateur commun d’être sénégalais, la compétence, la probité morale et l’éthique. 
Ensemble et unis, nous vaincrons le monstre mais séparés, j’ai de sérieux doutes sur la victoire.  
 
FIN 
 
«L’intelligence doit vivifier l’action ; sans elle, l’action est vaine.  
Mais sans l’action, comme  
l’intelligence est stérile !» 
[Roger Martin du Gard] 
Extrait de Jean Barois 
 
Mandiaye GAYE / Gaye_ mandiaye @hotmail.com  
REGARD - Analyse et mise en perspective des préoccupations politiques  
31-12-2008  
«Nous sommes dans une période de crise et d’incertitudes où tout est possible» 
Les Sénégalais semblent aimer la politique. C’est en tout cas ce qui ressort des, pratiquement, 80 questions recueillies par nos collaborateurs à travers le Sénégal. Vingt-six d’entre elles ont été soumises à l’appréciation critique de Alioune Badara Diop, chercheur en sciences politiques et enseignant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Dans sa mise en perspective des questions que les citoyens auraient aimé poser au président de la République, il parait difficile de lire quoique ce soit dans l’épais brouillard qui pointe à l’horizon. Car demain, tout est possible.  
Si l’on peut émettre des réserves sur la méthodologie de cette enquête initiée par Le Quotidien, notamment la tonalité critique et pessimiste de la plupart des questions et le fait qu’on n’y retrouve pas d’opinions positives de certains Sénégalais qui auraient des raisons de tresser des lauriers à Wade et à son régime, la pertinence des questions et la désespérance qui affleure entre les lignes méritent une analyse approfondie. Grosso modo, les 26 questions recueillies sur un échantillon aléatoire d’hommes et de femmes issus des différentes régions et appartenant à diverses catégories socioprofessionnelles ramènent aux interrogations suivantes qui interpellent le Président Wade :  
 
1- La question de la succession de Wade revient souvent. Elle se décline de plusieurs façons par les Sénégalais : l’age avancé du capitaine n’est-il pas un handicap ? Est-ce qu’il envisage de se présenter à nouveau en 2012 ? Son «impopularité» - ce qui reste à démontrer - ne devrait-elle pas le pousser à rendre le tablier ? (Moussa Ndiaye, Podor). Est-il vrai qu’il s’emploie à poser les conditions d’accession au pouvoir de son fils ? (Thilaw Diouf de Saint-Louis). Si oui, n’est-ce pas un renoncement flagrant aux principes de démocratie et de transparence qu’il prônait dans l’opposition ? N’est-ce pas une dérive monarchique ? (Aly Faye, maîtrisard en géographie à Pikine).  
 
2- La question de la disgrâce de Macky Sall est posée parallèlement à celle de la montée en puissance de la «Génération du concret» : les Sénégalais semblent en imputer la faute à Wade et y voient comme le symptôme d’une propension pathologique à se séparer du n°2 dés que celui-ci commence à prendre de l’envergure politique et exprime des ambitions légitimes. Est-ce une erreur ? (Question posée par Mamadou Bâ, un émigré habitant aux Parcelles Assainies et par Ibou Diouf de Fatick. Moussa Dickel Diallo de Podor présente Macky Sall comme doté de qualités d’homme d’État et se demande s’il n’est pas plus compétent que Wade ? Khalifa Sène attire l’attention de Wade sur l’inexpérience de Karim par opposition à celle de leaders politiques connus et qui ambitionnent de briguer la Présidence ; Dame Seck parle de «danger» à se faire succéder par quelqu’un, dont le seul mérite apparent est celui d’être le fils du Président. La question de l’instrumentalisation de la Constitution est posée par beaucoup de Sénégalais qui déplorent cette pratique jugée indigne de celui qui, 26 ans durant, a incarné l’alternative crédible au Ps. Amadou Ndiaye de Dieuppeul demande à Wade d’assumer qu’il est derrière ces tripatouillages.  
 
3- La question de la crise économique et du chômage taraude l’esprit de bien de Sénégalais. Elle est posée de manière abrupte par Mamadou Sène de Rufisque : «Depuis que vous êtes à la tête du pays, les difficultés ne font qu’augmenter. Est-ce que vous ne songez pas à quitter le pouvoir pour sauver les Sénégalais ?». D’aucuns voient une forte corrélation entre les problèmes des paysans et le chômage endémique. D’autres interpellent Wade sur le sort des étudiants diplômés sans emploi : Qu’est-ce qui est prévu pour eux ? (Question d’un commerçant) : Quelles politiques Wade compte-t-il mettre en œuvre pour juguler la crise multisectorielle ? (Question de Bousso Ngom de Bambey). Wade est accusé d’avoir tué la filière arachidière et semble impuissant à diminuer le prix des denrées de première nécessité. La Santé et l’Education sont indexées parmi les secteurs en situation critique par Fodé Diallo de Saint-Louis. Les mesures envisagées récemment par Wade et destinées à réduire le chômage en banlieue sont perçues, par certains, comme de simples effets d’annonce. Est-ce un coup de marketing électoral en prévision des prochaines élections locales de mars 2009 ? La question ultime qui vient se greffer aux précédentes est celle-ci : Wade connaît-il les priorités des Sénégalais ? Critique des politiques mises en œuvre, aux antipodes des préoccupations et besoins immédiats des populations. Pourquoi les promesses faites lors de la campagne électorale n’ont-elles pas été tenues ?  
 
4- La question de la gestion gabegique de l’Etat, et, celle de la perpétuation des réseaux de clientèle reviennent comme un leitmotiv. Certains estiment que le dialogue social est au point mort notamment dans le secteur éducatif. Issa Guindo de Yeumbeul Nord constate, amer, que Wade en dépit des critiques qu’il adressait au régime de Diouf reconduit les mêmes pratiques, connaît les mêmes échecs, voire, provoque des régressions dans plusieurs secteurs. Amady Diallo dit Fodé de Khor parle de niveau d’anti-démocratie, pire que sous le parti unique, voire de «mort de la démocratie». Ibrahima Sow de Ndindy interpelle le chef de l’Etat sur la crise de l’école et l’absence de dialogue avec les enseignants.  
 
5- Une question de moralité et de fidélité est posée par Amadou Niang de Dieuppeul, 82 ans, militant de la première heure : Pourquoi Wade oublie-t-il les militants de longue date et préfère s’entourer d’ex adversaires qui ont opportunément rejoint le Pds en tant que militants de la 25e heure ? Reproche récurrent qu’ont déjà adressé à Wade des militants de toutes les régions notamment au Fouta, à Mbacké, à Louga, à Thiès, etc. Pourquoi promouvoir des transhumants au détriment de militants authentiques s’interroge Mamadou Sarr de Thiès ? Le sort des militants du monde rural laissés en rade est soulevé par Fatou Kiné Sarr de Nderep.  
 
6- Une question de défiance est posée par Me Mbow de Diourbel : Wade accepterait-il de quitter le pouvoir s’il venait à perdre ? Autrement dit, la volonté frénétique qu’affiche le président pour que son fils lui succède ne permet-elle pas de préjuger la faible probabilité que la leçon de fairplay politique de Abdou Diouf en 2000 fasse jurisprudence ?  
 
Analyse politique et mise en perspective des questions  
 
I- La fausse question taboue d’une succession ouverte : crise au Pds, manœuvres de déstabilisation et de liquidation politique des adversaires potentiels de Karim Wade, instrumentalisation de la constitution. La tentation du prince-président ?  
Quelle lecture peut-on faire de cette tentation du prince-président ? S’agit-il, comme le dénonce l’opposition, d’une forfaiture planifiée pour court-circuiter les dispositifs institutionnels qui organisent le jeu démocratique, confisquer la volonté populaire et accréditer a posteriori la légitimité d’un Deus ex machina incarné par Karim Wade ? Les Haalpulaaren disent que c’est la vue du lit qui provoque le sommeil ; autrement dit, si les Wade envisagent l’hypothèse dynastique, c’est que la société sénégalaise, à l’image d’une partie de sa classe politique maladivement pouvoiriste et encline au reniement sans scrupules, donne à voir des faiblesses et des vices qu’il suffit de pouvoir exploiter. Du point de vue de la sociologie politique, la question est : Quelles ressources sociales et politiques mobiliser et quels ressorts psychosociologiques actionner ?  
A mon avis, il y a une double problématique : celle des rapports entre religion et politique d’une part, et d’autre part, celle de la difficulté d’une institutionnalisation et d’une autonomie du politique. La première renvoie à la faiblesse de l’Etat qui peine à imposer la suprématie de sa légitimité légale-rationnelle par rapport à des légitimités plurielles situées en creux et qui lui disputent le droit d’injonction. La seconde pose le problème de la différenciation nécessaire du citoyen et du sujet social : le premier existe en tant qu’individu et s’affirme par le lien juridico-politique qu’il tisse avec l’Etat, tandis que le second est défini par le groupe qui lui surimpose ses valeurs, codifie sa pensée et ses comportements. L’un répond de la loi impersonnelle et générale, l’autre des codes sociaux, de la religion et des mythes.  
Dans un cas comme dans l’autre, la crise du politique est inhérente à l’impossible inscription différenciée de l’Etat dans l’espace social et politique; ce qui lui garantirait pérennité, efficacité et autorité en amoindrissant les effets négatifs de l’emprise politique du parti au pouvoir. Farba Senghor a dit un jour que l’Etat appartient au Pds qui en dispose à sa guise. 
Le Ps savait faire le distinguo entre l’Administration et ses compétences bien définies exercées par des agents qualifiés et chargés d’assurer la continuité de l’Etat, d’un côté et, de l’autre, le parti qui brigue les suffrages des électeurs pour mettre en œuvre une vision de développement et un modèle de société que professe son idéologie, dans les limites de l’Etat de droit.  
La régularité de la réitération de la participation électorale des citoyens est nécessaire pour légitimer à nouveau et restaurer l’autorité de l’institution étatique. Les enjeux de pouvoir coïncident rarement avec ceux de la consolidation de l’Etat ; même les Etats-Unis sont revenus sur le spoil system. A défaut de pouvoir trancher la question du leadership de l’opposition, l’Afp, le Ps et Rewmi devraient déjà réfléchir à une formule de majorité d’idées politiquement appropriée et qui pourrait incarner l’alternative face aux échecs du Pds.  
A cet égard, je dois dire que l’un des drames de la politique en Afrique, c’est que les acteurs confondent la conquête de l’Etat et celle du pouvoir. La probabilité du succès de la démocratie électorale et des principes de l’Etat de droit est fonction de la vigueur de la société civile et de la bonne foi des acteurs politiques. C’est tout le sens de la lettre de démission du juge Kéba Mbaye lorsqu’il s’est rendu compte que les partis signataires du code électoral consensuel de 1992 avaient été les premiers à le dévoyer cyniquement.  
Il me semble que l’impensé de notre expérience démocratique depuis 1974, c’est un dispositif juridico-constitutionnel propre à garantir l’alternance et qui ne serait pas le fruit de transactions collusives entre protagonistes du jeu politique en temps de crise, mais qui serait inventé et codifié librement par une vraie société civile, celle qui détotaliserait l’État-parti, pour reprendre la définition de Jean-François Bayart, et, rendrait caduques les logiques de pouvoir de son bloc hégémonique à l’œuvre depuis Senghor.  
J’entends par là, une «société civile» moins frileuse vis-à-vis des dérives de la machinerie sociale des confréries. C’est un euphémisme de dire que ces dernières avaient fini de poser leur chape de plomb sur le potentiel protestataire des Sénégalais, en plus d’émousser leur capacité d’indignation. Symptomatique des effets de ce conditionnement psychologique est le fait que l’on applaudisse l’initiative d’une marche de protestation conduite par des Imams à Guédiawaye. Pourquoi devrait-on déléguer notre conscience critique au chef religieux ? Est-il plus apte à exprimer notre protestation légitime face aux échecs de l’Etat ? Quelle est la teneur de ce contrat social anachronique aux termes duquel les Sénégalais ratifieraient la posture privilégiée de Prométhée que s’arrogent les religieux ? La société civile, à l’exception du Forum civil, semble réticente à s’engager dans un travail de déconstruction de cette homologie structurale entre champ politique et champ religieux ; homologie, à mon sens, sujette à caution et qui laisse la porte ouverte à tous les amalgames, excès et dérives autoritaires dont s’est rendu coupable Wade en s’adossant opportunément (ou inopportunément, c’est selon) à Touba.  
J’ai souligné par ailleurs l’inconséquence de la démarche de la Raddho lorsqu’il s’est agi d’initier un «pacte républicain». Si l’objectif immédiat de ce pacte était de renouer le dialogue pouvoir/opposition suite à un contentieux électoral non apuré, Alioune Tine s’est montré déférent vis-à-vis de certains acteurs religieux pourtant coupables d’entretenir les dysfonctionnements de l’Etat induits par le néopatrimonialisme.  
Aujourd’hui, comme le montre l’enquête du Quotidien, les Sénégalais se posent moins de questions métaphysiques sur le «flottement du sens et la mobilité des repères» (Alioune Tine dixit), qu’ils n’expriment des préoccupations sur leur survie économique et sociale. Pour cela, il urge de restaurer l’autorité de l’Etat, son efficacité économique et son efficience administrative et surtout de confier sa gouvernance à des acteurs compétents et intègres plutôt qu’à des politiciens prédateurs qui n’en ont cure.  
Les lois sociales et morales de notre société semblent parfaitement s’accommoder de cette ostentation impudique du ministre-théshauriseur. L’économie morale de la corruption de la République mobilise et implique des acteurs socialement vénérés, des pasteurs de la foi au-dessus de tout soupçon. Les Imams qui sont allés aux charbons de la protestation sociale l’ont, sans doute, fait pour se démarquer de ceux qui ont accès aux lambris de la République. 
A de rares exceptions, les chefs religieux possédant une certaine influence charismatique, apparaissent très peu réfractaires à la logique théocratique du pouvoir d’Etat.  
La plupart trouvent leur compte dans la constitution et la perpétuation du bloc hégémonique. Pire, ils créent leurs partis qui ont vocation à perpétuer dans l’espace politique la logique de remise de soi «jebëlu», comme la nomme Max Weber, en vigueur dans l’Islam confrérique.  
On constate alors que le militantisme politique du citoyen engagé est concurrencé voire contredit par le prosélytisme zélé du disciple. C’est un cercle vicieux qui compromet la virtualité de l’expression politique. Le président l’a très bien compris, lui qui a tenté d’asseoir la pérennité de son règne sur un «jebëlu» collectif de «ses» députés à Touba, lors de la première législature post-alternance.  
Quand Wade s’est entendu encenser par des chefs religieux conviés aux préparatifs du sommet de l’Oci qui lui trouvaient les attributs prophétiques de David, la tentation était forte de penser à un destin de Salomon pour son fils. En observant la société sénégalaise politiquement apathique et empêtrée dans ses contradictions insolubles, Wade tente de reconduire le schéma historique de la connivence qu’ont toujours entretenue le spirituel et le temporel aux fins de refréner les ardeurs rebelles des Sénégalais, pour mieux les enfermer dans la fatalité. C’est ce qu’un politologue Irlandais Donal Cruise O’Brien appelle le «contrat social sénégalais».  
Or, le destin politique du leader du Pds était paradoxalement lié à sa capacité à ouvrir des brèches dans ce dispositif et, à disqualifier politiquement la consigne de vote des chefs religieux qui lui était préjudiciable.  
Une fois au pouvoir, il se réapproprie les armes de ceux qui l’avaient combattu et retardé son destin politique. Seulement, cela ne peut se faire sans se renier et sans entorses graves à son credo de changement : le Sopi. Wade est confronté au dilemme pas si cornélien de devoir mettre en œuvre le changement promis en bousculant les rigidités sociales et politiques qui avaient jalonné son accession au pouvoir, ou alors, d’opter pour un pragmatisme machiavélique qui dicte à son instinct d’«animal politique» de composer avec les forces conservatrices pour étoffer sa puissance, perpétuer son hégémonie, bref endosser les habits du roi.  
Les Sénégalais ont une conception monarchique du président de la République, c’est une institution dans laquelle nous avons réinvesti les attributs et la symbolique de pouvoir des rois traditionnels. C’est pourquoi, ce qui fait sens dans notre imaginaire politique, ce qui possède une épaisseur historique dans notre structure mentale, c’est la posture monarchique du chef tout puissant qui fait et défait les carrières, honore et déshonore des courtisans redevables. Cette vérité est intégrée dans nos mœurs politiques depuis la crise de 1962 lorsque Mamadou Dia et Valdiodio Ndiaye ont été éliminés politiquement pour s’être employés à institutionnaliser le politique à un rythme plus rapide que ne le souhaitait Senghor.  
«La République, moi je veux bien, pourvu que ce soit Napoléon qui soit roi», disait un paysan français du XIXe siècle. La «Génération du concret» veut surfer sur cette représentation héréditaire du pouvoir. Elle a les moyens financiers et la logistique de l’Etat ; il lui manque quelque chose : le contexte propice et l’argument politique pour faire une OPA sur le Pds et faire avaler la pilule du fils prodigue aux Sénégalais encore réticents voire franchement hostiles.  
Nous n’avons ni une démocratie représentative digne de ce nom ni une démocratie délibérative qui structurerait un espace public autonome mais bel et bien un modèle consociatif de fait, avec ses paradoxes, ses contradictions et ses apories. Au cœur de notre démocratie consociative, il y a la logique théocratique du «ndigël» et la logique oligarchique de l’élitisme qui conditionne l’éligibilité à la possession du pedigree historique légitime.  
Ces deux logiques peuvent être pernicieuses et aucun homme politique d’envergure nationale ne s’est aventuré à les questionner. Pas même Dansokho, Bathily et Savané, hérauts de la gauche révolutionnaire, rattrapés par le pragmatisme. 
 
II- Crise économique, paupérisation, faillite de l’Etat et échec des politiques publiques : Quelle est la part de responsabilité du Président Wade et de son gouvernement ?  
Les interrogations des Sénégalais tournent autour de l’imputabilité de la crise économique. La crise mondiale et le pétrole avaient bon dos. Aujourd’hui les populations discernent, avec le recul, ce qui tient de la conjoncture mondiale et ce qui tient des effets pervers d’une forme approximative de gouvernance depuis l’alternance. Passé l’épisode de la cohabitation de raison Wade/Niasse et l’intermède Mame Madior Boye, la reprise en main de l’appareil d’Etat par le Pds avec l’arrivée d’Idrissa Seck et de Macky Sall a donné lieu à une logique d’opacité, une course effrénée à l’enrichissement et au pillage systématique, bref à la restauration d’une forme de néopatrimonialisme débridé. Personne ne conteste qu’il y ait eu du pilotage à vue et que l’instabilité gouvernementale chronique et l’absence d’une vision cohérente de développement ciblé, d’un agenda, d’un référentiel et d’un échéancier précis dans la mise en œuvre des politiques publiques soient une marque de fabrique de l’Etat-Pds. Le souci de légitimation, les calculs politiciens prennent le pas sur l’exigence de rationalité de l’action gouvernementale sur le long terme.  
Les gens sont blasés de l’improvisation quotidienne avec les éléphants blancs du président, outrés par la pléthore de ministères et d’agences. Il y a comme une démission face à la corruption, le clientélisme est érigé en règle d’or de la politique, l’absence de transparence dans la passation des marchés publics ne révulse plus les magistrats, le train de vie dispendieux de l’Etat est sans commune mesure avec la maigreur de ses ressources propres. En un mot, si je devais résumer la préoccupation qui traverse ces questions adressées au chef de l’Etat, je dirais qu’il y a une demande de visibilité, de transparence et de rationalité de l’action publique. Le reproche constant qui est fait au régime dit de l’alternance c’est son incapacité à gérer le long terme. Le retour du Fmi est un aveu d’échec, un aveu de l’insolvabilité de l’Etat devenu exsangue après le sommet de l’Oci.  
Or, l’on ne saurait prétendre gérer le long terme sans une meilleure rationalisation du travail gouvernemental et sans la maîtrise de l’incrémentalisme. Sur le premier point, les différents Premiers ministres qui se sont succédé sous Wade n’ont pas eu la plénitude de l’autorité politique que requiert leur fonction. Il faut dire que cette situation n’est pas propre au Sénégal. En France, la circulaire du 6 juin 1997 du Premier ministre Jospin «relative à l’organisation du travail gouvernemental» était perçue comme un modèle «pur» de l’application de l’article 21 C de la constitution, contrairement à celle du 25 mai 1988 signée Michel Rocard dont la marge de manœuvre était rendue étroite par la soumission au président de la République.  
De tous les Premiers ministres de l’alternance, Niasse est le seul qui pouvait se prévaloir d’une légitimité personnelle au point d’envisager raisonnablement, d’exercer la plénitude de ses compétences. Echaudé par cette expérience de dyarchie, Wade a fermé la porte à toute perspective d’institution d’un régime parlementaire qui l’aurait réduit à un chef symbolique inaugurant les chrysanthèmes. Idrissa Seck et Macky Sall ont été limogés pour prévenir les effets politiques d’une dyarchie de fait qui fatalement, sur la longue durée, aurait accrédité l’hypothèse d’un Premier ministre dauphin putatif comme l’a été Abdou Diouf. La position de Premier ministre permet de tisser des réseaux d’influence au plan national et donc de mobiliser des ressources politiques.  
Hélène Tine a révélé récemment que le départ de Niasse de la Primature était motivé par un différend sérieux sur la solution qu’il convenait d’apporter au problème des Ics. Il n’a pas voulu apposer sa signature à un décret dont il n’approuvait pas la teneur, et, ce fut le clash avec un président qui avait une conception extensive de ses prérogatives. Seulement, si Wade est fondé à faire prévaloir sa vision, encore faudrait-il inscrire celle-ci dans la rationalité et en maîtriser les effets. Une politique publique relève en règle générale d’un processus de type incrémental. Elle se crée et se transforme par une succession de changements de faible amplitude, d’avancées par essais-erreurs, qui renouvellent les catégories de pensées, les formes de construction des problèmes, les modes de réponse sociale et les types de mobilisation.  
Le talon d’Achille du Pds, c’est son inexpérience de la gestion de l’Etat ; la politisation à outrance de l’action publique l’a conduit à confondre «forums» et «arènes», deux espaces discursifs distincts comme l’a montré Bruno Jobert. Le forum englobe l’ensemble des débats de politiques publiques agités à un moment donné de l’histoire d’une société. L’arène désigne précisément l’espace de négociation à l’intérieur duquel s’effectuent la stylisation des représentations et la sélection des alternatives. Le président se complait dans le rôle d’agitateur d’idées dans des forums. Il est moins efficace dans les arènes, soucieux qu’il est d’écarter des contradicteurs et de s’arroger la paternité de l’idée de génie. La mise en œuvre concrète est reportée aux calendes grecques.  
Il reste toutefois une dernière hypothèse qui dédouanerait le professeur d’économie : qu’il ait délibérément opté pour l’«anarchie organisée» de March, en estimant que les forces sociales «dévoreuses d’Etat» et la psychologie de «survie» de ceux qu’ils gouvernent ne laissent pas de place aux arbitrages rationnels du long terme. Dés lors, Wade articule sa gouvernance de l’Etat à un «contexte d’action» marqué par l’ambiguïté des Sénégalais qui désirent à la fois une chose et son contraire : la justice et l’impunité, le développement et la corruption, la transparence et l’opacité, la démocratie citoyenne et la vénération d’une oligarchie religieuse entretenue par l’Etat en contrepartie de son rôle de régulateur social, etc. Or, ce contexte d’action se cristallise autour d’objectifs flous et changeants, comporte des règles souples et peu contraignantes. L’implication des acteurs politiques cooptés dans le gouvernement de l’alternance procède d’une fluidité comparable : «entrées» et «sorties» obéissant à un régime très souple et n’étant pas soumises à des normes rigoureuses.  
 
III - La démocratie sénégalaise entre avancées et reculs : l’hypothèque sociale et l’Arlésienne partisane. Les raisons d’une malédiction de la posture d’opposant.  
Il y a une série de questions qui portent sur le recul de la démocratie au Sénégal, sur les contradictions et les reniements de Wade, en particulier ceux que sa gestion de l’Etat donne à voir. Certains s’interrogent : Wade aurait-il trahi ses convictions, renoncé à ses idéaux ? S’agit-il d’un réalisme politique imposé par les exigences d’une gouvernementalité efficace de la société sénégalaise ?  
Il faut se garder d’être péremptoire sur la responsabilité exclusive de Wade dans ce recul. L’opposition dite représentative porte aussi sa part de responsabilité, dont la moindre, n’est pas le boycott des élections législatives. Elle prône une addition de vertus politiques qui laissent les Sénégalais sceptiques parce que le Ps avait eu quarante ans pour les incarner. Aujourd’hui, aux côtés de la «société civile», elle espère trouver le salut dans une refondation du consensus fondateur de la République fragilisée et rendue anachronique par l’emprise politique et les effets pervers d’un «modèle islamo-wolof» dont les médias privés accélèrent la ratification symbolique et la propagation sociale y compris au Fouta et en Casamance.  
S’il est incontestable qu’il y a un net recul de la liberté d’expression avec l’immixtion intempestive de la Dic et le procès d’intention fait à la presse privée, s’il faut déplorer une violation récurrente du principe de séparation des pouvoirs avec l’enrégimentement du judiciaire et l’instrumentalisation du législatif, s’il faut enfin regretter une désacralisation du calendrier républicain désormais, subordonné au bon vouloir du prince, la crise démocratique elle-même s’enracine plus profondément dans la configuration de notre société et dans la précarité du politique.  
A mon sens, l’hypothèque sociale et la précarité -pour ne pas dire l’inexistence- institutionnelle de nos partis expliquent largement cette situation de fuite en avant. La première renvoie au paradoxe suivant : un homme politique et son parti ne sont crédibles électoralement que s’ils peuvent se prévaloir de leur pouvoir d’Etat. Les chances d’accéder au pouvoir du Pit, de Aj, de la Ld, de l’Urd, du Jëf-Jël, etc., apparaissent d’autant plus minces chez la majorité des Sénégalais que, l’image de ces partis est psychologiquement couplée à l’idée d’opposition professionnelle sans ambition suprême, de contestation radicale sans alternative crédible ou, pire encore, de versatilité politique et d’opportunisme machiavélique sans principe aucun.  
Par conséquent, sauf situation de crise grave impliquant des mouvements d’humeurs incontrôlés de la «société civile» comme en 1988, en 1993, en 1994 et rétrospectivement en 2000 s’il y avait eu contentieux électoral, tout concourt alors à fournir au parti au pouvoir et à son chef, les moyens de consolider leur posture hégémonique. C’est ce qu’ont compris tous les partis insignifiants de la Cap 21 qui répugnent à végéter dans une opposition stérile sans aucune perspective d’accéder un jour à l’Etat. Les ex-leaders de partis d’opposition ou du Ps qui cohabitent aujourd’hui avec Wade se sont résolus à avaler leur chapeau pour encenser l’adversaire irréductible qu’ils diabolisaient hier. Le Front Siggil Senegaal combat à armes inégales face à l’Etat-Pds adossé politiquement à la Cap 21 et aux puissants réseaux oligarchiques qui ont perpétué le régime socialiste jusqu’en 2000. L’arme absolue du Front pourrait cependant être sa capacité à articuler son discours à la grogne sociale montante et à exacerber le sentiment de trop-plein de frustrations accumulées que cristallise l’impression d’indifférence et d’impéritie d’un gouvernement qui cafouille gravement dans la gestion de la crise. Le cardinal Théodore Adrien Sarr a mis en garde contre les risques d’implosion liés à cette impasse et dont Guédiawaye et Kédougou ne seraient finalement que l’épiphénomène.  
A la décharge de Wade, les erreurs stratégiques de l’opposition depuis 2001 et les contraintes de structures qui réduisent le spectre des choix de société et imposent presque le modus operandi du détenteur du pouvoir d’Etat : réseaux, clientélisme, logiques sociales de légitimation, rites d’institution empruntés de façon privilégiée au registre religieux et à la symbolique culturelle, fétichisme de la représentation qui entérine une forme vicieuse de démocratie délégative, autorisant le pouvoir politique à court-circuiter la volonté populaire pour prendre langue avec des messies autoproclamés dont il suffit d’assouvir l’appétit matériel et honorifique ; à charge pour eux de désamorcer les conflits sociaux et d’étouffer dans l’œuf les velléités contestataires en conjoncture criti-que. Seulement, nous vivons aujourd’hui, une période de crise et d’incertitudes où tout est possible. 
Par Alioune Badara DIOP Enseignant-chercheur en Sciences politiques fr de Sciences juridiques et politiques hercheur au Gercop niversité Gaston Berger de Saint-Louis  
Sénégal : la croisée des chemins  
30-12-2008 De bonnes âmes m’ont fortement déconseillé d’écrire cet article de peur d’encourir les foudres du Prince. 
Il n’y a pas de destin forclos ; 
il n’y a que des  
responsabilités désertées (HD) 
 
De bonnes âmes m’ont fortement déconseillé d’écrire cet article de peur d’encourir les foudres du Prince. Il s’agit de ne pas hurler avec les loups sans cautionner les flagorneurs. Je n’ai donc pas de crainte et je vais aller droit au but. Sans broncher aux conséquences.  
Le Sénégal est à la croisée des chemins. Partout, surgissent des foyers de tensions, lourds de tous les dangers. Crise économique, impitoyable guerre de succession avec un parti au pouvoir cannibale qui donne l’impression d’être peu soucieux du destin du pays, révolte des marchands ambulants, répression des manifestations de Kédougou, radicalisation de l’opposition un peu hébétée, querelles avec la presse nationale, révolte des Imams, banlieues poudrières, demande sociale accrue, veille d’élections de tous les périls et le sentiment général que le pays est à l’orée de grandes séditions dont nul ne peut prévoir de quoi elles sont porteuses, etc. Le tout, sur fond de peur, de terreur molle, d’incertitudes et d’inquiétudes. Tel est le constat qu’aucune rhétorique ne pourra occulter.  
Si dire cela me ferait courir des dangers, alors j’en accepte le risque. Car, ce n’est pas faire du catastrophisme ou de la vaine critique ni de la subversion que de dire qu’il y a trop de foyers de tension dans ce pays sur fond d’un affaissement éthique et d’un renoncement intellectuel sans précédent. Nous ne sommes pas au bord du gouffre, mais le président de la République ne doit pas accepter que l’œuvre de toute une vie, avec des réalisations incontestables, soit dangereusement hypothéquée. Lui qui est entré dans l’Histoire par la grande porte doit en sortir par un vaste boulevard. Cela est encore possible. Il est possible de ne pas forclore la grande espérance de mars 2000. On a ri, pleuré, dansé, repris espoir ; porté par l’immense espérance qu’une aurore boréale venait de se lever sur le pays. Et, voici qu’«au bout du petit matin», c’est la gueule de bois pour beaucoup. Et, au sein du Pouvoir, une atmosphère étrange, surréelle de fin de règne, de méfiance, de peur larvée, de discours désarticulés, de culte de la médiocrité, de trafics d’influence, de luttes fratricides, de petites combines et de grandes magouilles. Faut-il ajouter à cet inventaire à la Prévert, la très prématurée guerre de succession ; «les visiteurs du soir» qui défont ce que certaines bonnes volontés essaient de construire en plein midi, prenant ainsi le risque d’opprobres futurs ?  
Point n’est besoin d’être prophète pour prédire que si le navire venait à prendre eau – ce que personne ne devrait souhaiter – les thuriféraires transis d’aujourd’hui seront les procureurs implacables de demain, expliquant qu’ils ont toujours été contre certaines choses mais qu’ils ne pouvaient pas faire autrement ! Ah les grandes habiletés ! Oui, les premières félonies viendront de ceux qui feignent d’être des inconditionnels (il y en a qui le sont vraiment) du président tout en travaillant à le miner : la ruse et la duplicité sont incontournables en politique, mais, l’intelligence politique des circonstances historiques, que Machiavel appelle vertu, c’est encore mieux. Le président, en homme intelligent, saura se garder de ses amis-là, car, ce ne sont pas eux dont l’Histoire retiendra le nom, mais lui et lui seul. Les historiens pourraient se demander, - terrible question - en parodiant Alain Badiou, de quoi Maître Abdoulaye Wade est-il le nom ? Pas d’attaques ad hominem : je m’intéresse à la dynamique d’ensemble, disant, en passant, que la fureur qui a saisi le Pds, soudainement pris dans un «cannibalisme tenace», et qui rejaillit forcément sur la marche du pays, m’exaspère prodigieusement. Je sais toute la difficulté de se livrer à l’exercice de la pensée libre – il n’est d’ailleurs de pensée que libre – dans ce pays, sans que ne se lève le soupçon fétide, à la mauvaise haleine. A cause des logiques partisanes : tout est mauvais ou tout est bon : ce qui est excessif, donc insignifiant. Penser, c’est penser dans le gris, comme les chats, la nuit ; accepter le labeur et la claudication qu’il présuppose, travailler à rendre intelligibles nos réalités. 
L’intellectuel, à qui on ne cesse de demander d’élever la voix, est en mauvaise posture : quoi qu’il dise ou fasse, il serait toujours classé en pro ou en contre. Jamais en celui qui réfléchit à haute voix pour instaurer un débat fécond et heuristique ; pour tirer la sonnette d’alarme en cas de périls majeurs. Sans compter, ceux qui vouent au fait même de penser, une haine incandescente et vindicative ! Je me suis même demandé si, sous nos tropiques blafards, la parole de l’intellectuel est attendue et, si par aventure elle l’était, est-elle entendue ? Cependant, je suis résolu à penser en toute indépendance.  
Mon vœu secret est que ce propos que je n’assène pas, mais propose, soit le point de départ d’un débat loyal, sincère : sans injures, ni vociférations. Fraternellement. J’en rêve. De toutes les façons, les voix qui crient dans le désert finiront par être, un jour, reconnues, malgré tous les Hérode du monde ! «Le service de la vérité est le plus dur des services», a dit Nietzsche. Conseiller le Prince ce n’est pas lui dire qu’il est un nouveau Dieu –il ne vous croirait pas – mais lui dire ses convictions, ce qui paraît utile pour le pays ; lui dire ce qu’ont croit être juste, vrai, même si on se trompe : un Prince éclairé peut être «offusqué» par ce genre de Conseiller, mais, l’appréciera en son for intérieur, plus que les flagorneurs, plus que le Conseiller larbin, duplice et dissimulateur. Je l’ai dit : il peut y avoir écart, béance entre conviction et vérité, mais, le pays ne mérite pas d’être laissé en déréliction par la faillite de ses élites. De toutes ses élites : politiques, intellectuelles, religieuses, etc. Or et hélas, la pensée dans notre pays, souvent fourbe, est serve. Serve de l’argent, de l’ambition personnelle, duplice, versatile, velléitaire, incapable d’aller au bout de ce qu’elle pense. Grandiloquente aussi pour mieux occulter sa vacuité qu’une vaine rhétorique essaie de masquer : «Je ne pense pas un traître mot de ce que je dis, l’essentiel est que le Prince se dise voilà quelqu’un qui me défend, qui a compris ma vision (jamais précisée du reste) peut être serais-je récompensé et pourquoi pas, par un poste ministériel ou par toute autre sinécure ?» Ou, «elle est bien tournée ma petite phrase assassine, violente ma diatribe ; peut –être que le Prince pour fermer ma grande gueule, essaierait-il de me faire taire par quelques espèces sonnantes et trébuchantes qui me permettront d’achever ma résidence secondaire de Saly, d’épouser la femme (ou l’homme) que je convoite et de m’acheter la voiture de mes rêves ?» Quant au souci du pays, il pourra attendre. Que de discussions sans lendemain dans les salons feutrés, les alcôves bancals et les bars miteux ! Que d’aveux murmurés à voix basse, «des critiques» couchés et cachés qu’il ne faut surtout pas ébruiter quand ils viennent des supposés serviteurs du Pouvoir, de dénigrements et discours variables en fonction de l’auditoire, quand ce n’est pas le renfermement dans un silence prudent. Cela est rendu possible, je le réitère de nouveau, parce que notre société est malade de ne plus savoir d’où elle vient ni où elle va. Oublieuse de sa culture de paix et de dialogue.  
C’est cette maladie qu’il faudrait nommer si nous voulons avoir une chance de rémission ; d’autant que je pressens que, ce que j’essaie d’articuler n’est que l’écume visible de cette maladie. Les assises nationales, pour ce que j’en comprends – ne sont ni pro ni anti Pouvoir, mais s’efforcent de poser le bon diagnostic. Elles n’en ont pas cependant le monopole. Y-a-t-il un choix possible entre soigner une maladie scrupuleusement diagnostiquée et «mourir guéri» ? 
Or, rien n’est perdu si le président de la République, soucieux du pays et de l’Histoire, je le sais, prend les mesures idoines. Cela, en jetant les bases d’un dialogue sérieux avec l’opposition ; en réduisant le train de vie de l’Etat, en normalisant ses relations avec la presse mais, surtout en faisant de la résorption de la demande sociale la priorité de son gouvernement, en endiguant les dérives, en «civilisant» davantage son parti, en mettant fin aux gabegies de toute sorte. En tournant le dos à ceux qui lui disent que tout va bien dans le meilleur des mondes avec une mauvaise foi, de même qu’à ceux qui prédisent l’imminence de l’Apocalypse, en luttant de toutes ses forces pour l’émergence de consensus forts. En restaurant le dialogue social, en muselant tous les pêcheurs en eaux troubles de tous les bords qui rêvent de plaies et de bosses ; en faisant appel à toutes les compétences du pays avec comme unique principe, l’instauration de la paix : condition de l’émergence d’une démocratie consolidée. Le faisant, il s’assure une place enviable dans la postérité en laissant une marque définitive que rien ne saurait ternir. Il partira sans crainte pour lui-même et sa famille afin d’incarner la figure tutélaire du Grand Mawdo, du Patriarche. 
Nul ne peut gouverner dans la tourmente. Si des situations inédites venaient à se produire lui seul en serait responsable devant l’Histoire. «Il ne suffit pas d’être un grand homme ; il faut l’être au bon moment.» Sachons raison garder pour que rien n’aveugle ou n’obère les nécessaires lucidités. Il y a dans notre pays une triple urgence : politique, économique et surtout éthique. Le chef de l’Etat, dont l’ambition pour un grand Sénégal dans une vaste Afrique libre et prospère ne fait pas de doute, est aujourd’hui face à son peuple et à l’histoire. Face à un moment décisif, son Destin. 
 
Hamidou DIA - hilosophe-écrivain 
SUD QUOTIDIEN: 
LETTRE OUVERTE A MES CONCITOYENS : IL SUFFIT DE LE VOULOIR…  
par , mercredi 31 décembre 2008  
A chaque fin d’année, il est de coutume que les responsables et dirigeants des différents segments de la nation tirent leur bilan d’actions, et justifient très souvent leurs échecs en invoquant des causes indépendantes de leur volonté. 
Aussitôt après, oublieux du passé, ils s’empressent de présenter leurs nouveaux projets pour l’année à venir, et inondent le pays de « leurs meilleurs vœux » qui ne se réalisent presque jamais, parce qu’étant en contradiction avec la vie qu’ils mènent et avec leurs projets personnels. Ce constat est valable même en politique. 
En cette fin d’année 2008, le paysage politique sénégalais est en ébullition avec la perspective des prochaines consultations locales de mars 2009. Les états-majors et autres secrétariats nationaux de partis du pouvoir, comme de l’opposition appellent à l’unité interne et à des coalitions ou des fusions de partis, pour une large victoire face à l’adversaire du moment. 
Les différents leaders préconisent des mutations et annoncent des changements de programmes pour la conquête ou la conservation du pouvoir, ainsi que pour la gestion de l’Etat. Des ambitions évidentes et des susceptibilités avouées ont induit la multiplication des formations politiques à hauteur de 150, contribuant à déstructurer fondamentalement notre société. 
Aucun des grands partis n’a aujourd’hui l’assurance ni la sérénité d’un parti fort, pour avoir perdu à l’occasion de crises internes évitables, des militants et des alliés dont le nombre pourrait être déterminant lors des prochaines consultations électorales. 
Aucun recensement de militants dans la région de Dakar n’est objectif. Le sort réservé aux cartes de partis est le même partout. A peine déposées entre les mains des commissaires, elles sont rapidement enlevées. Mais l’installation des structures de base met en évidence l’équation des « abonnés absents ». 
On se demande pourquoi est-ce qu’il est si difficile de remobiliser les militants même en leur allouant des per diem, alors que les professions du spectacle et certains sportifs font courir et vibrer des foules qui n’hésitent pas à casser leur tirelire pour assister à leurs prestations ? 
C’est parce que les politiques ont tous échoué dans leur approche des problèmes sociaux, qu’ils traitent avec détachement, voire même avec arrogance, et toujours pas avec succès, décevant ainsi la plupart des citoyens qui, désabusés, vont chercher à noyer leurs soucis dans la distraction et la féerie des spectacles. 
Par ailleurs, la décentralisation inachevée constitue un handicap pour l’Etat, et place aujourd’hui les collectivités locales dans une situation inconfortable face à une forte demande sociale. 
Un gouvernement local par Région avec personnalité morale, autonomie financière et une fiscalité propre définie à partir des réalités du terroir, avec un programme de développement local à la clé, complétés par les programmes agricoles, des plans REVA et GOANA revus et corrigés, auraient permis d’atténuer les effets de la crise mondiale au Sénégal. 
Le constat qui attriste et nous fait peur en cette fin d’année, est que notre pays glisse de façon inconsciente vers une aggravation potentielle de la demande sociale et de la pression interne. 
Les contestations de plus en plus nombreuses de toutes les classes sociales, s’accompagnent de violences. Les évènements de Guédiawaye, écho d’un ras le bol populaire ont fait des émules avec pour le dernier en date, mort d’homme à Kédougou. 
La crise mondiale qui frappe les économies de tous les pays, perçue différemment entre tenants du pouvoir et oppositions au Sénégal, traitée unilatéralement comme si la nation en était préservée, risque de nous valoir demain, les pires difficultés. 
Le peuple toujours résigné, a défini un nouveau paradigme : faire face ! C’est une vérité qu’il serait suicidaire de balayer par des sarcasmes, des insinuations, des accusations ou par la force. 
Il est temps de nous réunir, de faire la paix et de chercher ensemble des solutions réalistes à nos multiples problèmes. Cela dépend du bon vouloir de tous. 
C’est pourquoi aujourd’hui, les réflexions des « assises » devraient être mises dans le même panier que celles du gouvernement, des collectivités locales, des travailleurs sociaux, du patronat, des syndicats ainsi que des chefs religieux pour un paquet commun de solutions en mettant au second plan les divergences politiques religieuses et sociales ! 
Une dégradation plus grave des moyens économiques de survie du peuple, avec perpétuation de la dissension sociale, risque de fonder la tendance à des comportements de plus en plus séditieux. Seul un dialogue ouvert sans exclusive permettra d’espérer arrêter la spirale de la violence. Si non, tout le monde y laissera des plumes. 
La dispersion politique a affaibli les politiques, parce qu’elle a inhibé la solidarité et bloqué l’initiative altruiste. Le pays a besoin aujourd’hui que ses enfants se retrouvent autour de l’essentiel, et qu’ils mettent fin à cette bataille d’idées riches mais inefficaces parce que parcellaires. 
Je me souviens d’un début de poème que nos ainés, alors étudiants en France inscrivaient en le paraphrasant sur tous leurs documents : « si tous les enfants du monde voulaient bien se donner la main… » Leurs générations ont revendiqué une identité pour l’homme noir, et ont ainsi abouti par leurs luttes variées, aux indépendances, mais dans la désunion. 
Aujourd’hui, si nous tous, enfants du Sénégal, décidions, dans un élan noble de solidarité de nous donner la main, tout nous serait possible ; IL NOUS SUFFIT DE LE VOULOIR ! 
C’est pourquoi, en cette fin d’année, je souhaite à chacun d’entre nous, d’avoir l’humilité et la générosité d’aller vers l’autre pour des solutions apaisantes et d’avoir DIEU en nous, parce qu’IL est RAHMAN (MISERICORDIEUX), et parce que nous avons tous besoin de SA miséricorde qui a sauvé et sauvera encore après nous, le monde des humains depuis notre ancêtre ADAMA jusqu’à nous, en passant par MOISE, JESUS et MUHAMAD (SAWS). 
BONNE ET HEUREUSE ANNEE POUR TOUS. 
Dr Amadou Lamine THIAM  
Ancien maire de la commune d’arrondissement de Mermoz Sacré Cœur ; -*ancien conseiller régional de Dakar.  
Email : dr-althiam@hotmail.com ; dralthiam@gmail.com 
CONTRIBUTION Que la France le sache, une bonne fois : nous voulons des donateurs grognons  
par , mercredi 31 décembre 2008  
Quand j’ai vue cet appel à la une de Sud Quotidien (29/12) prêts de 82 milliards au Sénégal : Alain Johandey apporte le premier chèque », j’ai eu un petit sourire destiné au ministre de la Coopération et de la Francophonie de la France. Si j’avais eu l’occasion de partager son petit déjeuner ce 29 décembre, j’aurais fait la recommandation suivante au plénipotentiaire français : « en remettant votre chèque ne souriez pas, ne riez surtout pas. Serrez vous les dents, ayez une mine contrite, ne vous risquez pas au bon mot ». 
Il ne me demanderait certainement pas pourquoi, sauf à vouloir en savoir plus qu’il n’est nécessaire pour me comprendre, car il aura tout de suite pensé aux conséquences de la « plaisanterie », allez, disons la pique amicale de son excellence Jean Christophe Rufin, Ambassadeur de France, lors de la signature de la convention de prêt des 82 milliards en question, relativement à notre inclinaison pour la rumeur ! 
Cet ex-Médecin sans frontière de sensibilité de gauche, ami de Bernard Kouchner, écrivain et Académicien est, par ailleurs, ambassadeur au Sénégal de la France très à droite de Nicolas Sarkozy. A droite ou à gauche, la France est depuis toujours le premier partenaire commercial du Sénégal, le premier donneur d’aide au développement, le premier créancier bilatéral, la première destination de l’émigration nationale, le premier pourvoyeur de touristes ; des accords de défense (parmi les derniers du genre en Afrique) la lient encore au Sénégal. Sa monnaie garantit la nôtre. Le tout dans un système international injuste et déséquilibré, certes, et certainement dans un esprit de préservation de ses intérêts séculaires en Afrique et dans le monde mais, il faut y consentir, sans arrogance et dans le respect de ce qu’il convient d’appeler la souveraineté nationale du Sénégal telle qu’entendue par les conventions internationales. 
La présence chez nous de la France date de la nuit des temps…tant et si bien que les Français sont -pour une bonne partie de la population sénégalaise contemporaine qui l’a chanté à tue-tête à l’école - : « Nos ancêtres les Gaulois ». Les Français eux-mêmes y croient tellement qu’ils se croient obligés de se poser tantôt en protecteurs, tantôt en tuteurs, ou parfois comme nos cousins. Et à juste raison si on considère les nombreux liens matrimoniaux entre Françaises/Français et Sénégalais/Sénégalaises dont certaines dateraient même du temps des servitudes coloniales. 
Bien sûr, tout n’a pas toujours été que sourires et gratification dans cette famille, mais alors, nos amis, nos parents, en même temps qu’ils sont notre bonheur, sont aussi nos pires cauchemars, tout le monde le sait. Allons, n’en jetons plus, personne ne va refaire cette histoire-là… 
Personne ne va refaire cette histoire, et surtout pas Madame Sokhna Dieng, sénatrice cooptée par Wade, ancienne directrice charismatique de la Télévision nationale, mais c’est à peu près tout. Pas une publication considérable, aucun acte particulier qui en ferait la défenderesse de notre fierté écorchée… 
Aujourd’hui, 21 ème siècle, an 8, le Sénégal est économiquement dans la gadoue jusqu’au menton : taux de croissance bas (2,5 à 3,5 % selon les modes de calcul), déficit budgétaire quasi structurel, endettement important dont une dette intérieure étouffante pour toute l’économie nationale et équation insoluble pour un gouvernement qui ne sait plus où donner de la tête (j’allais dire de la dette) face aux demandes sociales pressantes. Nos nouveaux amis arabes nous aiment bien, mais ils sont adeptes de méthodes informelles (comme celle de la valise bourrée) inopérantes devant les équations économiques qui nous interpellent et dont la non maîtrise nous marginaliserait, c’est fatal, de l’économie mondiale. Nos amis arabes, cette situation de paupérisation généralisée, vers un désordre économique comme programmé, les arrangerait même, puisque les valises y passent mieux sous les tables pour leurs investissements/spéculations - immobilières et autres. 
Alors, la France, qui faisait un peu grise mine devant notre flirt hâtif avec la mystérieuse Arabie, se rappelle à notre bon souvenir, va, coure, vole à notre secours avec un prêt urgent qui couvre pour moitié la dette intérieure officielle qui empêche depuis quelques temps notre argentier Abdoulaye Diop d’afficher ce sourire facile qu’on lui connaît. 
Ce geste de la France est un geste de gouvernement, de diplomatie, de politique nationale et internationale, de promotion économique, voire même de défense, tout ce qu’on veut, mais ce n’est pas un geste inamical. En le posant donc au nom de la France, M. Rufin que je ne connais pas personnellement, s’est cru, a bon droit -autorisé par cette histoire que personne ne refera-, de rire (entre nous) d’un de nos défauts que nous, Sénégalais, sommes les premiers à reconnaître et à railler : c’est-à-dire notre propension à recueillir et à répandre des rumeurs. Certes, notre long compagnonnage avec la France et les Français, cette « parenté » -bonheur et cauchemars- nous a fait croiser des « cousins » bêtes à mourir, condescendants, souvent, et parfois racistes, mais pour ce que révèle son parcours, M. Ruffin n’est pas de cette catégorie-là. Sinon, que quelqu’un nous en fournissent une trace de preuve… 
Et nous reconsidérerions cette présente prise de position qui n’est pas la première concernant un ambassadeur de France de notre part. Ma dernière remonte au temps où j’étais directeur de publication du quotidien le matin à la veille d’une visite officielle de M. Lionnel Jospin Premier ministre cohabitant de Jacques Chirac par un éditorial titré « A quel jeu joue l’Ambassadeur de France ? ». Un peu pour em…der André Lewin trop actif en Casamance où il allait et venait un peu trop cavalièrement dans une sorte de one man show un peu irritant, en un moment de tension militaire et de drames humains. 
Ma présente sortie ne participe donc ni d’une xénophilie naïve, ni d’une envie de casser du sucre sur le dos de qui que ce soit – encore moins d’une dame-, mais d’une sorte de constat navrant. En fait, un double constat. 
Ensuite ce pays, comme a dit Charles Charles Baudelaire, un jour, de la ville de Paris, « traverse une phase de vulgarité » que rien n’explique qui a relégué la moquerie spirituelle au rang d’insulte alors qu’elle est critère de vérité parmi d’autres, comme je le crois aujourd’hui, l’ai toujours cru, et continuerai à le croire. Si on avait pris cette pique de l’Ambassadeur de France à sa juste mesure, on lui aurait certainement trouvé une réplique spirituelle destinée aux Français qui ferait, dans la bonne humeur, contrepoids à sa pique. 
Et aujourd’hui encore, on en rirait à gorge déployée, au lieu de chercher M. Jouhandey avec anxiété pour le prévenir de ne pas s’aventurer à nous donner son argent en souriant, dans la bonne humeur. Et surtout de ne piper mot devant cette nouvelle susceptibilité née de je ne sais quel complexe inavouable. 
Pape samba Kane  
Journaliste 
 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 31.12.2008
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