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quelle pertinenc
l’irresponsabili
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que force reste
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AU -D E L A
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qui croire ?
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patriotisme ?
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l'ivresse du pou
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pour manipuler
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Très chère
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barbarie ?
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Globale Folie
grande arnaque
véritables enjeu
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vers une dynasti
Ambassadeurs
advienne que pou
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La ruse
exceptionnel
mendicité
Au secours !
encore 1waderie
apprivoisement
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courage politiqu
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AU NOM DU
TOURMENTE
totalitarisme
E R R E U R
Collectivités Lc
un prix à payer
Rompre enfin
que la LUMIERE
trop c’est trop
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Karim Méga Watt
IGNORANCE
Etonnant Wade
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Machiavel
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père & fils
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23 JUIN 2011
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P A I X
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JEUNESSE
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De l’Indignation
LEçONS
REPONSES
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Le vieillard et
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DRAMATIQUE
le 23 décembre 2
Violences scolai
dernier combat
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IMPROBABLE
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Emploi au Sénéga
libéralisme wadi
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Nihil Obstat
Département d’Et
vieille démocrat
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A S S U M E R
RESPONSABILITES
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S T O P
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SE L E V E R
Le bien public
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T E N S I O N S
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la mal gouvernance parasite tous les secteurs

Le Soleil : Mercredi 22 Jui 2009 
LUTTE CONTRE L’ÉMIGRATION CLANDESTINE : Le dispositif Frontex prolongé d’un an. 
DAKAR : L’Espagne et le Sénégal ont reconduit pour un an le dispositif de surveillance européen Frontex de lutte contre l’émigration clandestine, a annoncé hier le ministère de l’Intérieur. "Le ministre espagnol de l’Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba et son homologue sénégalais, Cheikh Tidiane Sy, ont paraphé l’accord portant prorogation du Frontex pour une durée d’un an", a indiqué Marcel Mendy, chargé de communication du ministère sénégalais de l’Intérieur. La signature de l’accord a eu lieu le matin à Dakar, où le ministre espagnol de l’Intérieur effectuait une brève visite, après s’être rendu au Mali voisin. 
Cet accord de coopération a été mis en place en septembre 2006, suite à des départs massifs de clandestins ouest-africains sur les Canaries, une des principales portes d’entrée de l’Europe. Côté sénégalais, Frontex mobilise la gendarmerie, la police, l’armée de l’air et la marine nationale. "C’est le même accord signé depuis trois ans, qui a été renouvelé pour 2009-2010", a déclaré le lieutenant-colonel Alioune Ndiaye, chargé de la communication des opérations Frontex au Sénégal. "On nous a demandé de maintenir les mêmes dispositifs", a-t-il ajouté. Durant la cérémonie, le gouvernement espagnol a fait un don au Sénégal de trois motopompes pour lutter contre les inondations. Trois officiers sénégalais (de l’armée, de la marine et de la gendarmerie) ont été décorés par l’Espagne. Le Sénégal compte parmi les points les plus importants de départs de clandestins africains vers l’Europe. 
Auteur: AFP  
 
DISCOURS D’OBAMA : Oser négocier le départ des dictatures modernes 
 
Lors de son discours d’Accra du 11 juillet, le président Barack Hussein Obama a parlé entre autre de l’Afrique en ces termes : « Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections. Il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu..... » 
Cette caricature faite par le président Obama est un secret de polichinelle. Sous le manteau de la démocratie électorale, de nouveaux régimes nés du pluralisme africain confondent affaires privées et publiques et usent de tous les moyens subtils pour pérenniser leur pouvoir. Parmi ces moyens : le nerf de la guerre, l’argent. 
Obama n’a pas fait que peindre un tableau. Il a décliné les termes de références de l’appui des Usa : 
« Ce que fera l’Amérique, en revanche, a-t-il dit, ce sera d’accroître son aide aux personnes et aux institutions responsables, en mettant l’accent sur l’appui à la bonne gouvernance : aux Parlements qui maîtrisent les abus de pouvoir et s’assurent que les voix de l’opposition peuvent s’exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l’égalité de tous devant la Justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l’expertise comptable, l’automatisation des services, le renforcement des lignes d’appel d’urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence et la responsabilité ». C’est un discours clair de rupture qui invite l’Afrique à moins rejeter ses maux sur l’autre. L’Afrique doit d’abord compter sur ses propres forces sans occulter le passé. 
Ce passé a vu l’Afrique connaître une longue traite esclavagiste arabe avant celle atlantique triangulaire qui développa l’Amérique et durant laquelle le noir était une marchandise. 
Ce même passé, à l’abolition de l’esclavage, donna la conférence de Berlin qui officialisa le partage de l’Afrique et consacra près d’un siècle de colonialisme. 
Ce passé a vu, à l’aube des indépendances, l’intronisation avec la bénédiction de l’Occident (y compris les Usa) de bouffons au sens propre du terme et de « faire-valoir » qui ont joué un rôle désastreux dans l’histoire africaine. 
Ce passé-là, l’Afrique ne peut pas se payer le luxe de l’oublier, même s’il faut reconnaître avec le président Obama que le continent noir doit regarder d’abord vers l’avenir avec des yeux autre que d’emprunt. Parler d’hier n’est ni ringard ni revanchard. C’est une manière d’éviter de tomber dans les mêmes erreurs du passé. D’ailleurs, l’Afrique ne doit éprouver aucune honte à poser la question de la réparation pour les ignobles crimes contre l’humanité dont elle a été victime. L’Occident (y compris les Usa) doit aider à cela au nom du droit. Cette question n’est pas haineuse, c’est un problème de justice tout court. 
Le président Obama a le bénéfice de l’homme neuf, moderne et pragmatique qui sait que son discours tenu au Ghana arrive dans un contexte de germination de pouvoirs aux relents dictatoriaux moins exubérantes que les vieilles dictatures, mais tout aussi tenaces parce que tirant une certaine légitimité dans une Afrique en crise. Ces « nouvelles dictatures » s’appuient sur des « légalités constitutionnelles » très éloignées des standards démocratiques et vont, si l’on n’y prend garde, semer le chaos par instinct de conservation face à l’exigence de liberté et de développement des peuples. Les peuples africains, ouverts sur le monde moderne, n’accepteront plus d’être maintenus dans la pauvreté par ces régimes qui, sous le vernis de la démocratie électorale, sèment les graines d’une mal gouvernance profonde. Le tyran qui affame n’est pas moins barbare que celui qui tue. Demain, les peuples pourraient en avoir ras le bol et se révolter dans un chaos indescriptible. Ces « nouvelles dictatures » le savent, mais elles vivent un dilemme majeur : se maintenir au pouvoir avec le risque de fin tragique ou lâcher le pouvoir avec le risque de représailles judiciaires. Les exemples d’un Charles Taylor devant la justice internationale et d’un Omar El Béchir sous le coup d’un mandat d’arrêt montrent la vulnérabilité de tout chef d’Etat africain. 
Les intellectuels et autres hommes politiques du continent doivent avoir la lucidité de réfléchir sur une alternative face à ce dilemme dans l’intérêt des peuples. 
Faut-il au nom de la stabilité proposer des portes de sortie honorables à ces régimes et à leurs familles ? La question interpelle l’Afrique et les puissances occidentales qui sont conscientes que l’époque de la tutelle, même en sourdine, est révolue. Toute tentative de maintien au pouvoir contre la volonté des peuples pouvant déboucher sur un chaos qui, demain, pourrait enfanter d’autres dictateurs qui viendraient avec un chapelet de bonnes intentions sur les chemins d’un autre enfer. L’Afrique doit éviter un remake des bévues et sortir définitivement du cercle vicieux des messies enchanteurs. Le président Obama a encore raison de dire que l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions. Ces institutions pourraient garantir des constitutions qu’aucune majorité mécanique ne devrait modifier pour se maintenir au pouvoir. 
Au total, le discours du premier président noir des Usa donne de l’espoir. Un espoir lucide sans naïveté sur la préférence de cet Américain bon teint pour sa patrie d’abord : les Usa. La question est juste de savoir si l’acte ira sur le même sillage que le discours d’une Amérique qui, inéluctablement, risque de léguer sous peu le flambeau de la superpuissance à une Chine pas tout à fait trempée intégralement dans la démocratie. 
Faut-il tout de suite pousser les « nouvelles dictatures » masquées dans leurs derniers retranchements ou faut-il leur donner du temps avec le risque d’une consolidation de leurs bases vers une postérité à hauts risques ? Ce dilemme n’est pas seulement posé aux négociateurs des prochains compromis politiques. L’Amérique, sous Obama doit aussi être au cœur des négociations pour le départ des « nouvelles dictatures ». Si Obama le comprend bien, son mandat pourrait favoriser la mise en place d’institutions fortes en Afrique, unique gage pour la stabilité globale et pérenne. 
Avant Obama, c’est aux Africains de réfléchir sur les termes du départ de ces dictatures égarées qui ont intérêt à profiter de la première fenêtre pour s’en aller s’ils comprennent le sens de la roue de l’histoire. 
L’Afrique des fortes institutions succédera à l’Afrique des faux messies qui pensent, au nom de leur amour tyrannique, être indispensables comme l’air. 
La négociation sur le départ des dictatures nouvelles et anciennes nous fera gagner du temps et de l’énergie. Elle est préférable (la négociation) à la confrontation qui, aussi, est un autre mode de bégaiement de l’histoire. 
Mamadou NDIONE 
Mandione15@gmail.com 
L’Afrique n’écoute pas l’Afrique 
 
Au moins 2 ans avant la crise rizicole intervenue en 2008, nous l’avions annoncée. Par ailleurs, le Conseil des ministres du Centre du riz pour l’Afrique (Adrao), tenu à Abuja, en septembre 2007, a été exploité pour montrer les éléments essentiels justifiant son imminence. Et des solutions ont été avancées pour l’atténuer. Nous avons été effectivement écoutés lorsque la crise s’est abattue sur les pauvres d’Afrique. Mieux, certains décideurs nous ont interpellé pour un rappel de nos vieilles recommandations. C’est cela que nous appelons la logique de la gestion des urgences en lieu et place d’une prospective. C’est dommage, car « l’avenir appartient à ceux qui savent faire de bonnes anticipations à partir d’une lecture du passé et des germes de changement contenus dans le présent ». 
A l’évidence, un expert africain a peu de chance de convaincre dans notre continent. En effet, sans discernement, l’Afrique a accepté et accepte encore des idées totalement en déconnexion avec ses réalités objectives. En d’autres termes, ce continent peut être assimilé à un laboratoire qui a deux fonctions qui ont pour noms expérimentation et explication des échecs. Il est temps d’être ouvert tout en étant conscient de ce qu’on veut. L’adage dit bien « qu’il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va ». Savoir où on va, c’est d’abord et surtout être capable (i) de dessiner son identité du moment et du futur (ii) de dégager des orientations stratégiques qui sont fondées sur un futur réaliste et réalisable et (iii) nouer des partenariats « gagnant-gagnant ». Et n’oublions jamais que le présent n’est pas le seul temps de conjugaison, le futur en est un ! Un autre fait : nous avions dit et écrit plusieurs fois que l’Afrique est l’avenir du monde pour la riziculture. Ceux qui nous avaient combattus sans arguments scientifiques sérieux seraient aujourd’hui dans une position peu enviable. Car ils constatent avec nous que beaucoup de pays asiatiques tentent de délocaliser une partie de leur production rizicole en Afrique. Ceci tient essentiellement au fait que les terres et l’eau se raréfient en Asie et on y constate une chute du taux d’accroissement du rendement paddy. Dans le journal « Le Monde » en date du mercredi 15 avril 2009, un article intitulé « la ruée vers les terres agricoles met en danger les pays pauvres », vient confirmer nos propos. 
La récente préoccupation du G8 sur la nécessité d’observer des règles sur les achats de terres en Afrique, est à saluer. Mais force est de constater que cela a été dit et rappelé plusieurs fois par des experts africains et du Nord. De notre point de vue, dans le cadre de la définition de ces règles, de nombreux préalables sont à poser, dont entre autres : implications des petits producteurs, préservation des exploitations familiales, écoulement d’une partie significative de la production sur les marchés domestiques africains, réalisations d’infrastructures de base dans les terroirs ciblés, soutien à la production domestique par la constitution d’un fonds de relance, etc. 
L’Afrique bénéficie d’avantages comparatifs indéniables pour se nourrir et exporter davantage de produits agricoles. Pour ce faire, nous devons croire en nous-mêmes et opter pour des stratégies majeures bien normées. 
Dr Papa Abdoulaye SECK 
Spécialiste en politiques et stratégies agricoles 
Membre de l’Académie (Ansts) 
Directeur général du Centre du riz pour l’Afrique (Adrao) 
 
Affaires me concernant • Le regard de Habib Demba FALL : N’importe qui fait n’importe quoi ! 
 
« Karim défie Tanor », « face-à-face », « forfait », « camp », « ovations », « catégorie », etc. C’est à y perdre la tête ! La politique prend le lexique du sport qui, lui-même, a recyclé celui de la guerre. Le refrain des sixties est mâtinée à la sauce R&B : « On fait l’amour... et la guerre » ! Comme dans les rafales mélodiques ou en plomb chaud échangées entre ténors du West Coast et East Coast, les deux camps ennemis du hip-hop américain des années 90. Ici, il ne s’agit pas d’ennemis, mais bien d’adversaires décidés à échanger des coups de poing comme en boxe, ce « noble » art qui a le secret des gloires quelque peu roturières. Ailleurs, il est question d’une sorte de mercato politique où l’offre publique de retrouvailles libérales, formulée par Idrissa Seck en direction de Macky Sall, n’a pas eu un meilleur sort que la mirobolante offre du Real Madrid au Manchester United pour Cristiano, l’autre Ronaldo aux passements de jambes déroutants. Ici, il n’est pas question de millions d’euros, mais bien d’un argumentaire axé sur la théorie de la proximité avec sa famille politique. Après avoir quitté le centre de formation bleu, le leader de l’Alliance pour la République (Apr) choisit de faire carrière dans l’opposition. 
Je pensais encore à ces petites choses de notre petite vie de citoyen aux soins de mille litiges sociaux lorsque surgit, dans un service public, un homme. Il parle à haute voix. Un timbre qui porte, il faut le dire. Dans ces dix mètres carrés où les usagers et le personnel se chuchotent presque leurs mots dans l’oreille, cette voix de stentor fait désordre. Il dit tout et rien. Gentiment, le vigile tente de la rappeler à l’ordre. Notre bonhomme sort une carte de son sac : « Tu vois qui je suis ? » Intimidé, l’agent de la sécurité bat sa coulpe. Sorti du service, le visiteur crée un autre problème sur le parking. Il a garé son véhicule sur le petit tronçon qui fait face aux espaces aménagés pour les automobilistes. Le parking est bloqué. Les autres usagers attendent. Cette personne qui n’est pas « n’importe qui » fait n’importe quoi ! « Tu sais qui je suis », cela est bien sénégalais. Sur l’autoroute, un jour, un homme a failli me pousser dans le décor en se déportant, sans crier gare, sur la droite. Mon geste de stupeur et de forte désapprobation l’a courroucé. « Tu sais qui je suis ? », dit-il. Réponse : « Cela m’importe peu. En revanche, je voudrais bien connaître ce que tu fais du code de la route ». Fin de débat. Ou d’incartade. 
Prions pour ce Sénégal des indélicatesses gratuites. Non, pas à la manière de ce faux marabout surpris avec du chanvre indien. Notre gars cherchait l’ivresse dans son joint. Il se pare de solitude dans un endroit peu fréquenté. Au registre des chefs d’oeuvre du flagrant délit, son excuse est révolutionnaire : « Je priais pour le Sénégal ». Enivrante façon de solliciter les grâces du Ciel ! Exit donc le coup de la dose curative contre l’asthme. Lisez la suite. Un autre attentat contre l’intelligence de nos compatriotes a retenu l’attention de ma verve païenne : ce sexagénaire qui a confondu le lit de son épouse avec le matelas de sa filleule, une mineure. La note est salée : une grossesse, un divorce et un procès après des tentatives d’étouffer l’affaire. Derniers éléments du hit-parade de l’impudeur « enturbannée » ou à barbe résolument drue : un imam du Sud qui cherche le salut dans l’innocence ( ?) de ses jeunes victimes et ce « marabout » des Parcelles qui hypnotisait ses clientes pour satisfaire ses fantasmes. A cause de ces dérives, il y a une grande peur dans la Cité. Peur du voisin. Peur de la 4x4. Peur d’avoir une fille qui va l’école française comme à l’école coranique. Peur du taximan décidément pas « gentil ». Peur de tout. Souvent, c’est le procureur de la République, voix de la société, qui prie pour que tous les détraqués méditent la leçon de l’isolement carcéral en changeant de comportement. 
Les raisons bon marché affluent. C’est vrai, les tenues sexy courent les rues. Pas besoin de promener son oeil quelque part pour avoir, en clair, les formes de la démesure et de l’audace vestimentaires. C’est vrai, les Sénégalaises sont belles et coquettes. La plupart d’entre elles. Il n’y a qu’à prendre exemple sur l’hivernage des modes. Le mot d’ordre est bien « à la légère ». Ne cherchez pas l’équivalent en français. Ne lisez pas « manque de rigueur ». Pensez simplement au fait de s’habiller soft. Des couleurs et des reliefs charmants. Un air du temps qui est au « bayékou » ou « lésérou ». Après un bac qui a laissé couler nombre de potaches. Après des examens universitaires qui remettent la joie de réussir à octobre. Ce spectacle mondain aux contours très érotiques n’absout pas les auteurs de ces crimes de leur responsabilité ou des devoirs de leur respectabilité. C’est comparable à une tentative de légitimer le vol par la pauvreté. C’est comparable encore au fait de dédouaner les agresseurs, ces rentiers de la peur, de leurs actes abjects. Demandez aux parents du jeune tué devant une officine au Point E. Demandez aux enfants des femmes tuées et dépecées. Demandez leur avis aux pères de famille qui rencontrent l’horreur à chaque coin de rue alors qu’ils s’apprêtent à se remettre d’une journée de labeur. Demandez à ces compagnons du silence et du fameux « mougn », cette résignation bien sénégalaise pendant qu’encore « n’importe qui » fait n’importe quoi ! Le facteur qui retient les uns et les autres est la question sur le sens de sa propre aventure sur terre. Le sens de ses actes et les conséquences de ceux-ci. Et ce n’est pas n’importe quoi ! Si les maîtres de la peur ont assez de force pour lutter contre leur propre misère, ils n’auront qu’à affronter le vainqueur de ce face-à-face de poids lourds entre Yékini et Gris Bordeaux. Gare à l’uppercut ! Clin d’oeil à Papa Sow, trop fort quand même pour Bathie Séras. Qui disait qu’un lutteur sonné risquait, un jour, d’entendre le bruit des pas de pachydermes dans cette arène où les barrières entre classes ne sont pas académiquement étanches ? 
HAUSSE DES PRIX : Le Ps propose un plan « d’économies budgétaires » 
 
Face à la hausse des produits de consommation courante, le Parti socialiste (Ps) propose la mise en œuvre d’un plan d’économies budgétaires pour soutenir la consommation des ménages. Ce plan passe par la réduction du train de vie de l’Etat, selon la déclaration de la réunion hebdomadaire du bureau politique. « Les dépenses de prestige et le train de vie élevé des autorités publiques sont à l’origine d’une conjoncture sociale particulièrement difficile pour les populations confrontées aux pires épreuves de leur existence du fait de la suppression des subventions sur les prix des produits et denrées de grande consommation et des hausses insoutenables de prix qui en découlent », lit-on dans le communiqué. Le Ps, qui pense que rien ne justifie la hausse des prix, estime que « le train de vie aggrave la faillite du pouvoir d’achat des populations ». La dernière illustration de cette situation se situe dans les ponctions opérées sur les dépenses sociales, dans les effets de distorsion des grilles tarifaires de la Senelec et dans la nouvelle structure des prix du carburant et du gaz, informe la note. 
Babacar DIONE et Adja Aïcha SENGHOR (stagiaire) 
Pour des débats citoyens sans dégâts... 
 
Le dialogue politique est une nécessité en démocratie. Cela ne signifie pas qu’il faille remettre en cause la légitimité acquise à la faveur du verdict des urnes. Le souci du Sénégal est le motif qui fédère les avis de l’opposition comme de la majorité. Le président Abdoulaye Wade est dans cette dynamique. Autre besoin dans une société ouverte aux médiats : la transparence. Entre dans ce cadre l’offre de débat faite par le président du Conseil de surveillance de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique (Anoci), M. Karim Wade, à M. Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire général du Parti socialiste et ministre d’Etat chargé des Affaires et Services présidentiels au moment où le Sénégal accueillait, an 1991, le Sommet de l’Oci. Dans cette réflexion, le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, M. Moustapha Guirassy, va au-delà des « expressions d’états d’âme, convulsions et contorsions ». 
KARIM WADE, UN ÉLÉMENT DU DIALOGUE POLITIQUE- L’évolution de la communication politique au Sénégal demeure un signe important de l’émancipation de la démocratie. Les médiats ont assuré à la pratique de la démocratie au Sénégal une transformation radicale qui a entraîné, véritablement, une mutation et même une révolution. L’oralité reste un support très utilisé et confirme l’intérêt du dialogue, du débat, voire de la palabre. Le recours aux médiats constitue une prophylaxie qui empêche la propagation de la crispation qui débouche, souvent, sur l’affrontement et la confrontation. Construire notre nation pour sa modernisation pourrait nous épargner de la conflictualité et des guerres de tranchées ; nos acquis en communication, notre patrimoine culturel et notre religiosité prohibent la stigmatisation systématique, mais conseille la transparence et la flexibilité. Débattre, par le biais des médiats, est une offre qui permet aux acteurs politiques de lever les équivoques, de transcender les confusions, de neutraliser le nihilisme de certains incendiaires ; mais aussi de clarifier les effets induits de certaines déclarations osées, irresponsables, voire tendancieuses. L’offre faite l’autre nuit par Monsieur le ministre d’Etat, Karim Wade, inaugure donc un dialogue au travers d’un débat sans passion et dépourvu d’effusions. 
BESOIN D’ÉCLAIRAGE AVÉRÉ - L’opinion nationale, devant les griefs articulés à l’encontre du président du Conseil de surveillance de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique (Anoci), est en droit d’être éclairée sur la gestion et l’impact des sommets de 1991 et de 2008, parce que, n’oublions pas, Monsieur Ousmane Tanor Dieng, ministre d’Etat et ministre des Services et Affaires présidentiels avait en charge la coordination et la supervision de la conférence de l’Oci. Le ministre d’Etat Karim Wade, en sa qualité de président de l’Anoci, voudrait donc un débat au terme duquel la population du Sénégal, les Etats membres de l’Oci et la Ummah islamique pourraient, sans coup férir et sans démagogie populiste, connaître et apprécier le management utilisé pour l’organisation des deux conférences. 
UNE FAUSSE AFFAIRE D’ALTER EGO - Les expressions d’états d’âme, les convulsions et les contorsions suscitées par l’offre du président de l’Anoci sont recevables et confirment l’attente des populations. L’enjeu de la communication politique, les avantages comparatifs de la démocratie participative et l’ancrage à la République commandent néanmoins ce débat et ce dialogue. Monsieur le ministre d’Etat Ousmane Tanor Dieng, républicain jusqu’à la moelle, devrait saisir cette occasion, cette tribune, cet arbre à palabre pour faire face, avec responsabilité. 
Le Porte-parole du Gouvernement que je suis relève, allègrement, la faute d’analyse commise par certains partisans socialistes qui ignorent les règles et les mécanismes qui organisent la division du travail et des rôles d’un Gouvernement ; Monsieur Abdoulaye Wade, Secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais (Pds), patriote ouvert, nationaliste flexible et panafricaniste avéré avait accepté, dans le cadre de l’élargissement de la majorité des idées, de bien participer à l’effort de redressement national. Sa présence en tant que ministre d’Etat, en pleine période de politique d’ajustement et de réajustement structurels avait permis à la marmite sénégalaise qui frôlait l’implosion, de bien décompresser et de réussir, en définitive, la décrispation et l’intégration de la dimension sociale dans les politiques instaurées par les bailleurs de fonds. 
IGNORANCE DU RELATIONNEL GOUVERNEMENTAL - L’offre du président de l’Anoci s’adresse plutôt à l’ancien ministre des Services et Affaires présidentiels qui semble confondre les limites de son dédoublement : le Secrétaire général du Ps n’a aucune qualité officielle pour invoquer la gestion de l’Oci, car le principe de la continuité de l’Etat le disqualifie, mais le souci de transparence et la rigueur de la démocratie autorisent le président de l’Anoci à débattre avec l’ancien superviseur, des affaires de l’Oci, surtout si ce dernier, à travers l’instance suprême de son parti, décrie la gestion des fonds consacrés au sommet. 
Vouloir enfler la polémique au point de penser qu’une relation hiérarchique aurait existé entre les deux ministres d’Etat, Tanor Dieng et Abdoulaye Wade, relève malheureusement d’une grave ignorance du relationnel gouvernemental. Retenons enfin le fait que l’humilité et le courage de Maître Wade, chef d’une formation politique et de l’opposition ne l’avaient empêché sans faire de l’entrisme, d’être dans un Gouvernement pour le servir avec élégance, loyauté et convivialité, la République, l’Etat et la Nation. Nous encourageons, encore une fois l’organisation de débats sans dégâts, au seul bénéfice des populations du Sénégal. 
LE SENS DE L’APPEL DU PRÉSIDENT WADE - Le président de la République a invité l’ensemble de la classe politique à un dialogue national. Il n’a pas posé de condition. Au contraire, il s’est plié de bonne grâce aux exigences de l’opposition. Certains voient malice derrière l’initiative présidentielle. Mais ce soupçon traduit surtout une certaine culture de politique politicienne. C’est le contraire de la vision du chef de l’Etat qui, depuis son avènement, a marqué sa magistrature du sceau du pragmatisme en politique. Il en est d’ailleurs de même de tous autres domaines. C’est sa responsabilité en tant que président de la République de veiller à créer des situations et des conditions de dialogue, donc d’échanges sur la situation du pays avec l’ensemble des forces politiques en présence. L’adversité politique ne doit pas construire des murs de Berlin à l’intérieur du Sénégal. Les conflits surviennent aussi parce que les acteurs politiques ne se parlent pas. C’est arrivé ailleurs et Me Abdoulaye Wade a mis en œuvre ses qualités de négociateur pour ramener la paix. Il est donc naturel que le président de la République agisse chez lui dans le même esprit qui l’a mené à entreprendre des médiations réussies dans des pays de la sous-région. L’appel au dialogue national est donc une manière de décloisonner des groupes politiques de plus en plus isolés les uns des autres afin qu’ils enrichissent le Sénégal de leurs différences. 
LE PEUPLE COMME UNIQUE SOUCI - Ce dialogue, s’il a lieu, n’enrichira que les Sénégalais. Le président Abdoulaye Wade aurait pu faire l’économie de cet appel et gouverner en toute légitimité un pays stable en comptant sur sa large majorité parlementaire. Mais, il a préféré l’ouverture parce qu’il n’a pas peur de la contradiction. Il faut donc laisser tomber les interprétations sans fondement autre que la subjectivité d’acteurs politiques qui, à force de parler et de se parler tout seuls finissent par perdre de vue que le pluralisme est la substance de la démocratie. On doit donc en finir avec les monologues parallèles. Le dialogue, d’ailleurs, n’hypothèque en rien la liberté de quiconque. C’est, au contraire, un excellent exercice pour se définir, affirmer sa différence et décliner ses ambitions pour le Sénégal. Nous avons dit : « Halte aux monologues parallèles ! ». Or l’exercice solitaire auquel se livrent certains responsables est inscrit dans les lois mêmes du genre. 
Par Moustapha Guirassy, 
Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement 
Des insuffisances et blocages à lever 
 
Puisant de son expérience au Comité national des contrats de l’administration (Cnca), Mansour Diop a estimé à plus de 500 milliards annuels le volume des marchés publics brassés annuellement à l’époque. D’où l’étonnement des journalistes lorsque le Directeur de la Dcmp, Maguette Kâne Diop, a évalué à 298 milliards le volume total en 2008. Cette disparité s’explique partiellement, selon elle, par le fait que les statistiques sont prises à un temps « t » et qu’il reste encore des marchés à régulariser. Mais plus encore par le fait que la loi n’autorise pas encore l’Armp à se pencher sur les marchés concernant les sociétés nationales et les sociétés anonymes à participation majoritaire de l’Etat. Une lacune que Youssouf Sakho souhaite voir corriger. De même qu’il pense que le toilettage des textes est un travail permanent, alors que dans ses recommandations, le rapport énumère les mesures à prendre pour mobiliser le financement, pour la finalisation de la circulaire interprétative, la définition des indicateurs de qualité et la levée des blocages constatés, dans le cadre d’un toilettage poussé du Code. La rencontre a également vu la participation du Secrétaire exécutif des réformes budgétaires et financières du MEF, Abdoulaye Dieng.. 
F. Sambe 
Expertise : L’informel au col blanc 
 
Un bâtiment debout ne veut forcément pas dire qu’il est exempt de nombreux manquements. Le secteur informel (ou secteur non structuré) est défini par l’OIT par sept critères qui caractérisent cette économie en marge de la production classique de biens et de services. On peut retenir ici le critère suivant : « Marchés échappant à tout règlement et ouverts à la concurrence ». Nous mettons l’accent ici sur la notion d’activités échappant à tout règlement et non couvert à la concurrence, car en parlant de concurrence, il doit y avoir des règles. Dans toutes les définitions explorées pour l’informel, il y a très souvent l’idée de fraude. En nous appuyant sur des cas concrets, nous nous rendons compte qu’ils sont traversés par les mêmes phénomènes : 
un haut cadre, bien au fait des lois et règlements, décide, en toute connaissance de cause, pour monter son dossier de crédit immobilier, de charger un dessinateur architecte, travaillant à domicile, de lui établir un plan architecte de plusieurs centaines de millions plus un devis à soumettre à la banque, établi par on ne sait qui et dont la banque ne peut absolument pas justifier la fiabilité. Il choisit un entrepreneur tâcheron pour lui réaliser les travaux, avec toutes les conséquences que cela comporte car, souvent, en l’absence de contrat, il refuse de prendre en charge la tva et propose un paiement cash en dehors de tout circuit bancaire ; alors qu’on sait que cette exigence vaut souvent annulation de marché ; 
un laboratoire de sol, qui en toute illégalité exerce une activité échappant à tout règlement, confirme que c’est son client qui le limite dans les essais à établir pour des questions de coût alors que tout est normalisé. Pour ce qui concerne cette profession, nous rappelons qu’en France comme au Sénégal, le législateur a énoncé comme principe l’indépendance du contrôleur à l’égard de tous les constructeurs, dont les BET de sols ; 
un BET établit tous les plans d’exécution d’un projet avec ses propres hypothèses de calcul qui, finalement, ne s’avèrent pas conformes à celles fournies par la suite par le laboratoire de sol. La seule raison invoquée est l’urgence, alors que les termes de référence stipulent clairement que les études de sol sont un préalable. Ce qui signifie que cette étude n’est pas une priorité ; 
un assureur établit une police d’assurance décennale sans aucun rapport technique de bureau de contrôle, ni aucun document technique lui permettant d’apprécier un éventuel risque à prendre. Ceci est contraire aux lois et règlements en vigueur et préjudiciable à l’assuré à tout point de vue en cas de sinistre ; 
dans un projet, de nombreux matériaux de construction sont importés d’horizon divers ; à la demande de référentiels ou d’attestation de conformité, on oppose souvent une fin de non recevoir ; 
sur un chantier, il arrive que l’interlocuteur du bureau de contrôle sur le chantier soit souvent un ouvrier ; 
un projet peut être évalué par des experts ayant respecté toutes les règles de passation de marché et se trouver au finish largement sous évalué ; 
la liberté de créer et d’entreprendre permet à une entreprise étrangère de s’installer au Sénégal pour faire un coup et plier bagage quand il veut ; 
une entreprise se crée en justifiant son existence par une connaissance dans une structure lui promettant des marchés ou par une opportunité qui s’est présentée à elle ; 
enfin, une entreprise quelconque composée d’ouvriers peut s’ériger librement en entreprise de bâtiment et de travaux publics et peut évoluer de la fourniture de bureaux à la réalisation d’immeubles. 
Seule une chaîne de complicité peut justifier de tels faits ou dérives. Chaque cas évoqué entraîne des conséquences majeures : la mort du professionnel et le déclin du professionnalisme, l’affaiblissement de l’entreprise, des dépassements de délai considérables dans les marchés de travaux, la mauvaise couverture de l’assuré, la prolifération des sinistres, la difficulté dans la recherche de responsabilité en cas de sinistre ... Pour ne citer que ceux-là. 
C’est dans un tel environnement qu’un bâtiment administratif, et pas des moindres, le nouveau Palais de Justice, vient d’être livré, considéré comme fonctionnel après neuf ans de retard sur le délai prévisionnel. D’autres bâtiments administratifs, aussi importants, assumant la prise en charge de la santé publique des personnes, ne sont toujours pas livrés. Ainsi, un projet de construction de bâtiments administratifs d’un coût de plusieurs milliards, sensé être exécuté dans les règles de l’art autour de tous les acteurs indispensables pour la bonne réalisation d’une construction moderne, s’est effondré brutalement en pleine nuit. Heureusement, il n’y avait plus d’ouvriers sur le chantier ; quelques temps après, un incendie s’ensuivra. C’est seulement après l’effondrement que des études de sol et le processus d’assurance tout risque chantier sont mis en branle, alors qu’ils sont préalables à tout démarrage de projet surtout pour des bâtiments administratifs. 
Dans le même ordre d’idées, un important promoteur immobilier dans notre pays, digne de respect et d’admiration, a connu une série de sinistres aux conséquences majeures, préjudiciables à ses activités et à la pérennité de son entreprise. Bien qu’ayant pris le soin de s’entourer de tous les spécialistes et des garanties nécessaires pour la réalisation de son projet, après les sinistres aucun responsable n’est désigné pour permettre de vider le dossier. 
C’est dans ce contexte que le nouveau Code de la construction tant attendu est adopté par le Sénat, avec une disposition très protectrice du maître d’ouvrage, à savoir l’assurance dommage ouvrage, couplée nécessairement à une assurance tout risque chantier comme il en est pour l’assurance décennale. Si on effectuait une simulation de rétroactivité car le contexte n’a pas changé, combien les assureurs auraient déboursé pour dédommager tous les sinistres évoqués ci-dessus. L’application de ce nouveau Code, dans le contexte où opère l’informel au col blanc en toute impunité, ne devrait laisser aucune organisation professionnelle du secteur des bâtiments et des travaux publics indifférente. Un débat national, Assises, Etats généraux ou Concertation, - on peut l’appeler comme on veut-, s’impose aux professionnels du secteur pour proposer les meilleures formules aux Autorités de la République. Un benchmark, dans différents pays, nous permettrait dans la suite de proposer une meilleure organisation des acteurs où l’assurance sera au cœur du dispositif. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. 
BONNES VACANCES 
PAR Allé Diouf 
dg de la ssic 
Consultant du quotidien national « Le soleil » 
 
DÉFICIT DE NIVEAU DANS LE SYSTÈME SECONDAIRE : Kalidou Diallo pour un objectif de réussite de plus de 60% 
 
Le ministre de l’Education et de l’Enseignement préscolaire, du Moyen et Secondaire, Kalidou Diallo, a déclaré vouloir un taux de réussite de plus de plus 60% dans le secondaire. C’était, hier, face à la presse. 
Soixante pour cent de taux de réussite pour les établissements secondaires. C’est l’ultimatum que veut lancer, pour les années à venir, le ministre Kalidou Diallo aux directeurs d’établissements, pour résoudre le niveau jugé bas dans l’enseignement secondaire. Une annonce faite en marge de la cérémonie de remise de prix aux meilleurs élèves sénégalais. Pour atteindre ses objectifs, il compte lancer un ultimatum aux directeurs d’établissements. Aussi a-t-il ajouté que l’ultimatum en question peut conduire à leur radiation si nécessaire. 
Pour M. Kalidou Diallo, « il est inadmissible » que malgré les 40 % du budget national affectés à l’éducation, les résultats scolaires soient catastrophiques. Selon lui, ces résultats sont imputables en partie au quantum horaire. « L’une des conséquences du quantum horaire au Sénégal est le déficit des enseignements ». Et ce dernier d’ajouter que « pour des soucis de compétences, il va falloir relever le niveau à partir du Bfem, car c’est le premier indice de la fonction publique », avant de souligner que le projet va, par la suite, s’étendre au moyen et au préscolaire. D’ici là, il envisage de mettre en œuvre les moyens et techniques pour accompagner le projet. 
Laouratou DOUMBOUYA (stagiaire) 
WALF FADJRI : 
Karim, un homme d'Etat ne se décrète pas, mais se forge  
 
 
Nous avons été surpris de voir Karim Wade, à ‘Walf Tv’, lancer un défi à Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du Parti socialiste. Notre moment de surprise passé, nous avons analysé l'attitude de Karim et avons compris que ce comportement procède d'une habile stratégie de marketing politique. Le scénario est digne des grands acteurs d'Hollywood : ce fut un grand moment de show à l'américaine (Mercédes dernière version, costume impeccable, buffet à la Gargantua). 
Karim nous avait habitués à passer inaperçu ; seuls ses proches occupaient le devant de la scène politique. Depuis quelque temps, il fait le tour de leaders de l'opposition pour les remercier des condoléances reçues lors du décès de sa femme. La société sénégalaise ne fonctionne pas comme cela ; d'ailleurs, quand vous allez présenter vos condoléances, la tradition veut qu'on ne vous raccompagne pas. Alors pourquoi faire le tour des personnalités pour des remerciements très médiatisés, sinon pour effacer l'image du jeune Toubab déraciné ne parlant pas le wolof et ne comprenant pas nos us et traditions ? 
Le second palier vient d'être franchi et de quelle manière ! ‘Walf’, la télévision rebelle qui ne passe que les complaintes des Sénégalais, la télévision des insurgés, des grévistes, des sans-voix, cette télévision proche du peuple a fait plusieurs fois l'objet de menaces de fermeture. Support marketing ne pouvait mieux convenir. Si donc Karim, dans ses visites, invite, en direct, Ousmane Tanor Dieng, à un débat sur l'Oci, cela procède d'une opération de marketing. Cependant, les Sénégalais ne sont pas dupes : il nous revient en mémoire les durs moments de Macky Sall à l'Assemblée nationale. Sa descente aux enfers a commencé dès qu'il s'est agi de convoquer le président de l'Anoci pour une séance d'explications. Macky dut perdre son fromage ; deux ans après l'Oci, l'Assemblée nationale organisa une grande comédie pour blanchir Karim. Des députés du camp présidentiel crièrent au scandale tant la manière fut peu cavalière. 
Si Karim et ses conseillers pensent qu'en invitant Ousmane Tanor Dieng à un débat que nous, socialistes, jugeons inadapté, inopportun et sans objet, si donc Karim et ses amis pensent que par ce biais, ils arriveront à faire de lui une personnalité de premier plan, ils se trompent : la personnalité s'acquiert dans l'apprentissage et la persévérance sous l'ombre des grands hommes. Un homme d'Etat ne se décrète pas, mais se forge. 
Tanor a fait ses preuves et c'est Abdoulaye Wade lui-même, président de la République, qui a reconnu les qualités d'homme d'Etat du leader socialiste lors du décès de sa bru. Des leaders de l'opposition, seul Tanor n'a pas cheminé à côté de Wade ; il a toujours été constant dans sa position. C'est pourquoi, le choix n'est pas fortuit. La cible, c'est le Parti socialiste et son leader. 
Karim, vous avez géré dans l'opacité la plus complète ; vous aviez l'occasion de crédibiliser vos actes en répondant devant l'Assemblée nationale dans les mêmes conditions que les autres chefs d'agence ; vous ne l'avez pas fait et l'histoire vous jugera. Quant au sommet de l'Oci que vous avez organisé, nous n'avons pas besoin de Tanor pour vous blanchir : les déclarations de Bara Tall à ‘Walf’ retentissent encore dans nos oreilles. La location du bateau pour l'hébergement des hôtes est encore un autre constat d'échec. Le fait que le sommet se soit tenu au ‘Méridien Président’, réceptif construit par les socialistes, fut le constat le plus éloquent de votre lourde défaite. 
Tanor est un symbole. Dans la défaite, il a su garder son honneur et son rang. Si vous voulez débattre, des seconds couteaux de votre rang sont à votre disposition dans le parti. 
Wadane SOUGOU Parti socialiste Parcelles assainies, Unité, 19, Dakar 
Bac 2009 : Les analyses inquiétantes de l’expert Kalidou Diallo 
 
 
Après sa tournée du jeudi 16 juillet 2009 dans certains centres d’examen de Dakar, le ministre Kalidou Diallo nous a gratifiés, sur la chaîne Canal info News, de sa brillante analyse des résultats du baccalauréat 2009 : dans l’académie de Kolda, dira-t-il, le taux de réussite est de 24,70 %. De faibles résultats qui, selon lui, sont dus aux grèves des enseignants. Et notre cher ministre, très élégant depuis quelque temps, de poursuivre : ‘Dans le privé, les enseignants sont moins formés, moins payés, moins motivés…’ Sur la question de la formation, nous attendions notre cher ministre sur les mesures qui ont été prises par son département pour offrir une formation adéquate aux dizaines de milliers d’enseignants volontaires, vacataires et contractuels et non pas sur des analyses aussi légères fondées sur les résultats d’une seule académie. 
Au fait, à quoi pense le ministre quand il dit que les enseignants du public sont mieux formés que ceux du privé ? Ce ne sont quand même pas aux Cd-rom qu’ils distribuent aux professeurs contractuels en formation à la faculté des Sciences et Techniques de l’éducation et de la formation (Fastef), complétés par une formation ‘présentielle’ d’une semaine ? Une formation au rabais dont les multiples dénonciations de l’Alliance pour la défense de l’Ecole publique et des travailleurs (Adept) n’ont eu raison. Nous n’osons pas croire non plus qu’il fasse allusion aux recrutements d’enseignants aux profils douteux que son département organise chaque année. Les enseignants bien formés du public dont il parle ne sont sûrement pas les recrues puisées dans la longue liste du quota sécuritaire ? Il serait intéressant, Monsieur le Ministre, d’étudier l’impact de ce mode de recrutement sur les résultats et de situer les responsabilités des décideurs dans cette débâcle. 
Sur la question de la rémunération, notre cher ministre dit que les enseignants du public sont mieux payés que ceux du privé. J’imagine que pour lui un vacataire de l’éducation n’est pas un enseignant, car toutes les écoles privées qui se respectent, offrent à leurs enseignants des salaires meilleurs que celui du vacataire du public. Nous croyons donc savoir qu’il s’est fondé sur son expérience personnelle, mais là aussi, il doit savoir que les choses évoluent. Le taux horaire misérable pour lequel il s’est, sans doute, toujours défoncé, n’est plus de rigueur dans le privé. Si je pouvais donner un conseil à mon cher ministre, je lui dirais de se pencher sur le sort des vacataires qui travaillent plus pour gagner trois fois moins que leurs collègues titulaires. 
Poursuivant toujours son entreprise lugubre de diabolisation de ses anciens collègues, le ministre Kalidou Diallo soutient que les enseignants du privé sont moins motivés. Nous aimerions savoir comment il évalue la motivation, lui l’expert ? 
Il y a quelques mois, au plus fort de la crise scolaire, des lettres circulaires ont été envoyées dans tous les établissements du moyen-secondaire. Faut-il le rappeler, dans ces documents administratifs, notre cher ministre menaçait les enseignants du public qui donnaient des cours dans le privé, insistant même sur l’illégalité de la pratique. Aujourd’hui, il est heureux de le voir plus mesuré. Dans sa dernière sortie, notre éminent expert, ancien syndicaliste qui a sans doute beaucoup souffert de son impopularité, semble changer de fusil d’épaule. Il est visiblement passé à l’école de la retenue, faisant moins dans les menaces, mais résolument décidé à ‘casser’ du professeur. 
Revenons à notre expert et à son expertise. Toujours dans son exercice comparaison/explication des résultats du baccalauréat 2009 dans le privé et le public, le ministre Kalidou Diallo montre du doigt les enseignants du public qui s’adonnent à la vacation dans le privé : ’Les enseignants du public font de meilleurs résultats dans le privé…’. L’on semble comprendre que le privé fait de meilleurs résultats que le public parce qu’il ne connaît pas de grèves ou que les enseignants y sont plus rigoureux. Encore une analyse démagogique car nous, qui sommes sur le terrain, savons que les résultats du privé ne sont pas meilleurs que ceux du public. Et sur la question de la rigueur, force est de constater que le ministre est mal placé, vraiment mal placé pour en parler. Seulement, au Sénégal, malheureusement, ce sont les voleurs qui crient toujours au voleur et du coup, on a du mal à s’y retrouver. 
En établissant un lien direct de cause à effet entre les grèves des professeurs et les mauvais résultats de cette année, le ministre ne fait que reprendre l’analyse linéaire et superficielle du citoyen lambda qui est expert sur tous les sujets et en toutes circonstances. Sauf que ce qui est compréhensible, voire tolérable pour un citoyen ordinaire, ne l’est pas forcément pour un ministre de la République. En les tous cas, s’il dirige comme ça son ministère, nous ne devrions pas être surpris d’avoir notre système éducatif dans l’état où il est. 
Un système éducatif est un tout qui intègre les apprenants, les enseignants, l’administration locale, l’Etat, les parents et les partenaires. L’appréciation de l’apport de chaque partie ne peut se faire objectivement qu’avec une bonne connaissance d’un certain nombre de paramètres. A l’heure où le Sénégal met 40 % de son budget dans l’éducation, nous dit-on, confier ce département à une personne qui ne comprend pas que le rôle du ministre de l’Education est de travailler avec les enseignants et non contre eux et qui, de surcroît, s’autorise à faire des analyses aussi téméraires, est particulièrement inquiétant. 
Cheikh DIOP cheikhgdiop@yahoo.fr 
Il y a 43 ans le premier Festival mondial des arts nègres ! 
 
 
S’en souvient-on ? C’était du 1er au 24 avril 1966. Il y a 43 ans. Les travaux du colloque sur le thème : L’art nègre dans la vie du peuple et pour le peuple s’étaient ouverts dès le 31 mars, sous le patronage de l’Unesco et de la Société africaine de culture. A la droite de Senghor sur la tribune : Alioune Diop. Dans la salle, entre autres présents : Aimé Césaire, Révérend Père Englebert Mveng, Michel Leiris, Amadou Hampaté Ba, Langston Hugues. Les premiers mots inspirés de Senghor, poète et homme d’Etat, retentirent : (…) ‘Votre plus grand mérite, c’est que vous aurez participé à une entreprise bien plus révolutionnaire que l’exploitation du cosmos.’ Tout était dit et solidement dit, en attendant l’autre voix, celle de l’écrivain et ministre des Affaires culturelles du Général de Gaulle, sans oublier cette autre troisième voix, celle du fils du volcan, l’enfant de la Martinique. Il s’agit bien d’André Malraux et de Césaire Aimé, comme je préfère le nommer par l’ordre alphabétique du cœur. Comme Senghor, tous les deux savaient aussi moudre du diamant dans leurs mots. La rencontre à Dakar des nègres de toutes les couleurs, métis de toutes les ocres, avait comme figé le temps pour célébrer un moment unique de l’humanité, un pacte de son histoire spirituelle et civilisationnelle avec le monde noir. 
Le thème du colloque était inscrit à la fois dans l’interrogation et dans la fascination d’un art nègre que le monde des Grands Blancs était venu saluer. Un art qui était invité à retourner vers ses propres producteurs, ses magiciens, ses racines, son peuple noir, pour une prise de parole universelle. Et Sédar de redire : ‘Ni opposition, ni racisme, mais dialogue et complémentarité. L’art européen, ajoute-t-il, participe de la civilisation gréco-latine, de la raison discursive, animée par le souffle chrétien. Quant à l’art nègre, ce sont les Européens eux-mêmes qui l’ont découvert et défini. 
Les Négro-Africains préféraient le vivre. N’ayant donc pu nier l’Art nègre, on a voulu en minimiser l’originalité.’ Et Sédar d’asséner avec son sens de la provocation : ‘…Il a fallu que Rimbaud se réclamât de la Négritude, que Picasso fut ébranlé par un masque baoulé, qu’Apollinaire chantât les fétiches de bois, pour que l’art de l’Occident consentit, après deux mille ans, à l’abandon de la physéôs mimésis : de l’imitation de la nature.’ 
Au-delà du colloque, le Festival avait inauguré ‘l’Exposition d’art moderne’ : Tendances et Confrontations. C’est de cette exposition et de ce premier face-à-face avec l’art sénégalais issu de l’Ecole de Dakar, qu’André Malraux est sorti bouleversé, ému jusqu’à la racine des cils. Son verdict fut sans appel : l’art sénégalais participait désormais à l’Art universel. Mieux : il y occupait une place de choix ! L’art traditionnel eut également son exposition avec la présence du Conservateur du British Museum. Je n’oublie pas l’exposition ‘Art nègre’ aux pièces rares. L’Empereur Haïlé Sélassié d’Ethiopie était présent aux côtés de Senghor. Malraux nous dit par ailleurs : ‘Ce qui fait la force de l’art nègre, c’est la primauté du pathétique… Prenez entre vos mains ce qui fut l’Afrique. Mais, prenez-le en sachant que vous êtes dans la métamorphose… Est-ce que vous saviez comment vous feriez votre danse ? Est-ce que vous saviez ce que serait le jazz ? Est-ce que vous saviez qu’un jour, ces malheureux fétiches qu’on vendait comme des fagots, couvriraient le monde de leur gloire… ? L’Afrique est assez forte pour créer son propre domaine culturel, celui du présent et celui du passé.’ 
Citons aussi la superbe exposition consacrée à ‘l’Artisanat vivant’ lors du Festival. La Cathédrale de Dakar avait accueilli les récitals de musiques sacrées, Gospels et Négro Spirituals. Quant aux spectacles, ils furent variés et puissants : le grand et inoubliable Duke Elligton au stadium de Dakar en plein air. Senghor était présent. Le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Gabon, Trinidad et Tobago, le Liberia, le Mali, les Ballets d’Ethiopie, le Togo, le Tchad, le Brésil, le Cameroun, le Niger, la Zambie, le Congo Brazzaville, la Sierra Léone, Tahiti, le Maroc, la Gambie, le Dahomey y donnèrent tous des représentations de toute beauté. Le théâtre fut présent avec des pièces venues du Nigeria, du Sénégal bien sûr avec Les derniers jours de Lat-Dior de Cissé Dia. La France vint avec La tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire et l’inoubliable mise en scène de Jean Marie Serreau. Lucien et Jacqueline Lemoine jouaient dans cette pièce. Découvrant le Sénégal, ils choisiront d’y rester et d’y vivre. Bachir Touré fut remarquable, lui dont le talent explosa lors de la soirée consacrée à la ‘Nuit de la poésie africaine’. Nos pensées aussi à Maurice Sonar Senghor. L’invité d’honneur du Festival était le Nigeria qui offrit une fantastique exposition. Les ‘Grands Prix’ décernés aux lauréats lors du Festival furent également des moments forts, révélant ou confirmant des noms de grands poètes, écrivains et artistes, dont Ousmane Sembène. 
Le Commissaire national du Festival, Souleymane Sidibé, répond à quelques questions : ‘…Les statuts de l’Association du Festival, dont Alioune Diop est le président, prévoient l’organisation biennale d’un Festival. L’organisation matérielle des festivals est une affaire de gouvernements (…) Sur l’aide que les pays étrangers ont apporté au Festival, les Etats-Unis ont apporté l’aide la plus importante, tandis que la France est la première sur le continent européen.’ 
Le Fesman de 1966 n’était pas qu’un simple Festival. C’était la voix d’un siècle. 
Il est noble de saluer la volonté politique du 3e président de la République du Sénégal d’avoir initié et voulu cette 3e édition encore à Dakar. C’est un projet admirable. La culture est notre famille et tout ce qui la grandit, nous élève et nous rassemble. L’exigence de cohérence de l’ensemble, de planification, et la monstruosité de l’organisation d’un tel évènement ont posé les problèmes qui ont conduit à son douloureux 3e report. Si j’ai tenu à saluer le courage et la volonté politique qui ont d’abord prévalu au lancement d’un tel Festival, à son affirmation, c’est qu’il est loin d’être évident, dans le contexte financier mondial si pourri, et face aux priorités de notre pays englué dans des impasses de survie terrifiante, de tenir un tel évènement plus ouvert à des critiques qu’à des applaudissements. On crie même à l’indécence. Et cela se comprend aisément. Il est d’ailleurs de coutume de faire croire que la culture ne pèse pas lourd face aux priorités de l’économie et des enjeux sociaux. La vérité est que rien ne tient face à la misère. C’est l’homme la priorité et non l’économie et ses taux de croissance qui ne se mangent pas. Il faut faire cependant ce que l’on a à faire et l’assumer face à l’histoire. 
Le Fesman III aurait bien pu se tenir depuis le temps qu’il a été programmé. Il ne faudra pas l’abandonner comme on abandonne un mauvais mari. Le Sénégal a besoin d’être vivant ! Si le président achève ses chantiers culturels dont le nouveau Grand Théâtre, la Bibliothèque nationale entre autres, l’histoire retiendra une telle prouesse et la récompensera avec le temps, car les peuples ont besoin de recul, loin de l’agonie. Le nom du président pourrait être donné à la Bibliothèque nationale s’il la réalise. Ce ne serait que de l’élégance, au-delà de tout esprit de revanche si cher aux politiques. Je suis si triste pour Abdou Diouf dont pas un seul poteau ne porte le nom dans son pays. Comment y remédier, même s’il n’est demandeur de rien ? C’est la culture qui assure le mieux une présence durable dans l’histoire. Ce qui différencie la culture de la politique, c’est le mensonge. L’échec du Fesman porterait d’abord le nom du Sénégal et c’est le Sénégal, avant tout, qu’il faut défendre, malgré les clivages. 
Les défis de 1966 ne sont pas les mêmes que ceux de 2009. Le Festival de 66 célébrait la ‘liberté reconquise et l’aube d’un temps nouveau’. L’unité de compte était à peine, à cette époque, le million. Quarante-trois ans après, on lui demande de célébrer la renaissance africaine et de l’affirmer dans le concret. Prenons donc le temps, 2011 ou 2050, qu’importe, et gagnons tous ensemble le pari du 3ème Fesman, un jour, de nouveau, dans notre pays, quand il sera plus franc du collier. 
Savoir que nous ne pouvons pas réussir pour le moment l’impossible, nous honore ! 
Amadou Lamine SALL Poète Lauréat des Grands Prix de l’Académie française 
SUD QUOTIDIEN : 
Contre le spectacle qui avalise le maa tey, pour des preuves concrètes de la volonté de changement dans la gestion du pays. 
par , mardi 21 juillet 2009  
Le dialogue auquel le chef de l’Etat appelle l’opposition est un grand coup médiatique qui, pour être utile au pays, a besoin de se révéler le signe d’une réelle volonté de gérer le pays désormais, non plus en privilégiant les comportements autoritaires, mais sur la base du dialogue et de la concertation, s’agissant des problèmes majeurs du pays. Evidemment, une fois qu’une élection a distribué les rôles et que le poste de chef de l’Etat est occupé, il ne s’agit pas de s’attendre à une concertation avant chaque signature de décret. 
Le Sénégal se trouve depuis au moins huit ans dans une situation de crise multidimensionnelle qui a déterminé l’opposition à prendre l’initiative d’une série de discussions nationales sur les problèmes de tous les secteurs de la vie nationale, en un dialogue inclusif appelé Assises nationales. Le chef de l’Etat, après s’y être opposé et avoir malgré tout constaté, sans l’avoir sportivement déclaré, le succès de l’initiative de l’opposition, d’intérêt tout à fait national, en arrive aujourd’hui à appeler l’opposition au dialogue. Il y a naturellement des conditions pour qu’un tel appel soit rassurant, surtout concernant son objectif réel. En effet, tenter d’arrêter le mouvement d’intérêt pour les Assises nationales ou tenter d’organiser un dialogue concurrent ne saurait être, aujourd’hui, l’intérêt du Sénégal devant les urgences de solutions à ses problèmes majeurs. 
C’est, en effet, un préalable d’évidence que soit mis un terme à l’hostilité du chef de l’Etat à l’égard des Assises nationales par l’engagement à appliquer les résultats de ce dialogue national inclusif. Toute discussion d’intérêt national entre Abdoulaye Wade président de la République et l’opposition ne saurait aujourd’hui avoir pour perspective la tenue de nouvelles Assises nationales, ni l’organisation d’un dialogue alibi pour tenter de domestiquer l’opposition par l’association à un pouvoir qui est à l’origine de la crise actuelle du Sénégal qui recule. 
La voie honorable, après les menaces sans effet pour dissuader nos concitoyens de participer aux Assises nationales, est de prendre en compte, immédiatement, dans la gouvernance du pays, les conclusions des Assises nationales. C’est une exigence minimale. Il ne servirait à rien de s’engager dans des Assises bis aujourd’hui. Ce serait un retour en arrière au moment où l’urgence est de mettre en œuvre les solutions aux problèmes majeurs du pays, élaborées lors d’un dialogue national inclusif, mené depuis un an, par les forces vives du pays, en réponse à une crise multidimensionnelle qu’il s’agit d’attaquer à sa racine, la mal gouvernance sous toutes ses formes. 
Il faut écarter la perspective d’organiser des Assises nationales concurrentes par l’acte de musante qui consiste, de la part du chef de l’Etat, à lancer un appel au dialogue et dans le même temps, à ne mettre aucune forme de terme à sa mal gouvernance, cause principale du recul du pays sur les plans économique, politique, social et culturel. Tant que ne seront pas prises des mesures concrètes pour un changement d’orientation de la gestion du pays, susceptibles d’arrêter la régression et d’établir de nouvelles bases pour cette gestion, il sera contradictoire, de la part du chef de l’Etat, d’appeler à un dialogue politique, encore moins à un dialogue inclusif. Il y a une différence importante entre d’une part, tenter de construire une image de vie démocratique nationale en appelant l’opposition au dialogue et, d’autre part, montrer par des actes concrets la volonté sincère de distance critique sur sa propre gestion et de réorientation de ce qui est à l’origine des contre performances. 
Par ailleurs il doit être entendu que le dialogue politique que Wade a pratiqué en tant qu’opposant et qui est le modèle qu’il connaît n’est pas possible avec l’opposition qu’il a en face de lui et qui lui a infligé la défaite aux élections locales du 22 mars 2009. Wade n’a pas en face de lui une opposition à la manière de Wade, celle des tables rondes alibi et des entrées dans le gouvernement pour les honneurs, suivies de l’oubli des problèmes majeurs et urgents du pays. 
Que Wade se détrompe de compter trop sur la ruse et la puissance des médias, sur le verbe de ses partisans tellement motivés qu’ils en oublient de réfléchir et de concevoir des arguments décents. La réalité cependant est que rien ne peut faire prendre au sérieux la proposition de dialogue sans des mesures concrètes qui prouveraient que l’appel au dialogue adressé à l’opposition n’est pas la tentative d’un nouveau coup de Njombor pour la consommation de ceux qui ont félicité le Sénégal de Wade pour l’état des droits de l’homme au Sénégal. 
Que doit-il faire pour être crédible en proposant le dialogue ? Il lui est reproché des faits objectifs qui décrivent un enlisement dans la mauvaise gestion. Il est toujours hostile aux Assises nationales et objectivement il fait la guerre aux chefs d’entreprise qui en sont parties prenantes ; il gaspille sans retenue les ressources financières de l’Etat ; il écarte tout contrôle de la gestion des milliards de l’ANOCI. Et il appelle au dialogue politique ! La pratique du musante est évidente ! Il veut se créer un dilatoire qui lui permettrait de tenir le pays en haleine, de faire marquer une pause pour les revendications dans tous les secteurs en attendant la fin du dialogue qui lui donnerait ainsi du répit, sans engagement à modifier sa gestion autoritaire et exagérément dépensière. 
Quelles mesures concrètes permettraient de voir qu’il est sérieux et veut réellement dialoguer avec l’opposition sur les problèmes majeurs du pays ? Au moins les trois mesures suivantes qui consisteraient à arrêter de faire le mal et à prouver qu’il veut désormais une gestion qui respecte la loi et le règlement, les possibilités financières réelles de l’Etat, notamment en matière d’utilisation des finances publiques. 
La première mesure urgente et nécessaire est de mettre fin à l’hostilité du chef de l’Etat, détenteur du pouvoir d’Etat, à l’égard des Assises nationales, dialogue national mené depuis un an par des ressources humaines nationales, au moyen de ressources financières exclusivement nationales. Une telle nouvelle attitude du chef de l’Etat consisterait d’abord à faire supprimer toute forme de sanction prise d’une manière ou d’une autre pour fait de participation aux Assises nationales ; à réparer ensuite les préjudices causés à Bara Tall et aux travailleurs de l’entreprise Jean Lefèvre Sénégal, aux chefs d’entreprise des bâtiments et travaux publics et à leurs travailleurs ; enfin à déclarer que les conclusions des Assises nationales constituent la base de toute discussion d’intérêt national entre le chef de l’Etat et l’opposition. 
La deuxième mesure urgente et nécessaire qu’on est en droit d’attendre du chef de l’Etat qui en est à des déclarations de bataille d’opinion, est de décider la fin des gaspillages des ressources financières de l’Etat en élaborant un plan de réduction du train de vie de l’Etat portant au moins sur les onze points suivants : 
1. La taille du gouvernement : l’efficacité du travail gouvernemental n’est pas fondée sur le grand nombre de ministres ; même au théâtre, le grand nombre d’acteurs est négatif. 
2. Le nombre de ministres conseillers : il y a une contradiction entre les mesures non étudiées, dont la GOANA à sa première annonce, et la pléthore des conseillers dont le nombre grossit comme une boule de neige. 
3. Les agences : leur rationalisation urgente signifie de l’économie par la réduction de leur nombre au nécessaire indispensable et leur fonctionnement contrôlé par les services de l’Etat dont c’est le travail. 
4. Le Sénat : une institution de la République doit constituer un progrès dans l’organisation de la démocratie. L’actuel Sénat doit disparaître parce qu’il est fondé sur une négation de la démocratie. 
5. Les contrats spéciaux : le recours, dans le mépris de la règle, à cette pratique de nécessité est une source de gaspillage des ressources financières de l’Etat. 
6. Les maisons conventionnées : le problème de cette pratique est l’identité des attributaires en considération des ayant droits 
7. Les voyages du chef de l’Etat et la taille des délégations : rien dans l’intérêt de l’Etat ne justifie que le chef d’Etat du Sénégal voyage si souvent et impose au pays des dépenses au-dessus des possibilités publiques réelles. 
8. Les factures que l’Etat paye pour l’eau, l’électricité, le téléphone : quel contrôle effectif contre le gaspillage peut être prouvé aujourd’hui ? 
9. Les logements de fonction : quels sont les droits contrôlés des attributaires ? 
10. Le parc automobile de l’Etat : quelles sont ses dimensions et la règle de son utilisation pour le service public ? 
11. Les ambassades : la pléthore des ambassades ne fonde pas la qualité de la diplomatie, ni l’efficacité de la gestion de notre diaspora. Il n’est pas difficile, à une volonté politique réelle en position de pouvoir, de montrer par des décisions portant sur ces onze points que l’on veut cesser de gaspiller les ressources financières de l’Etat. 
La troisième mesure pour fonder une réorientation de la gestion du pays en cours est de définir les termes de référence d’un audit technique de l’Agence pour l’Organisation de la Conférence Islamique, ANOCI, et de toutes les autres agences. Tant que tenter de faire effectuer ce contrôle sera un casus belli, il y aura la preuve du refus inadmissible de faire voir clair dans l’utilisation de centaines de milliards de ressources publiques dépensées pour un travail au coût contesté par des spécialistes du secteur concerné 
Il est tout à fait inadmissible que, pour le fait d’une position de pouvoir, l’on refuse, quel qu’en soit le prétexte, que l’utilisation de l’argent public soit contrôlée par les voies définies par la loi et le règlement. L’idée même de ce genre d’exception à la règle républicaine disqualifie un pouvoir d’Etat de prétendre au statut honorable de pouvoir démocratique.C’est par des fissures de ce genre à l’édifice juridique qui permet de gérer avec économie les ressources publiques que deviennent possibles les dépenses extrabudgétaires, tous les prélèvements au trésor public non autorisés par les élus en charge du pouvoir législatif. De telles fissures ne sauraient avoir un fondement vertueux ; et l’intérêt public ne peut pas s’accommoder de ce qui affaiblit les moyens publics destinés à la solution des problèmes que l’Etat doit résoudre sans gaspillage. 
Assainir les mécanismes de la dépense publique, c’est renforcer les moyens financiers de l’Etat ; c’est bloquer, dans une large mesure, les vols et détournements de l’argent public. Toute pratique autre s’écarte du modèle efficace et vertueux. Le vol et la corruption, l’autoritarisme qui méprise les chemins de lumière refusent aux populations, qui confient le pouvoir par le suffrage universel, le service public efficace parce que s’appuyant sur des moyens puissants. Le pouvoir honorable accepte l’hégémonie de la loi et du règlement, surtout s’agissant de dépenser l’argent public. C’est le chemin de l’assainissement véritable ; c’est accepter de gérer avec économie et de contrôler avec efficacité les dépenses publiques. 
Ces trois mesures seules pourraient signifier la fin d’une attitude de maa tey faisant du pouvoir d’Etat le pouvoir d’un seul qui décide à sa guise et impose au pays ce qu’il ne peut supporter sans des dégâts sur l’effort de tous pour le développement. Fermer les yeux sur toutes ces considérations et accepter de s’engager dans de nouvelles Assises nationales, concurrentes des premières, c’est accepter le maa tey, avec peut-être l’espoir d’un profit politique personnel. Ceux qui étaient capables d’une telle conduite ne sont plus dans l’opposition. Les vainqueurs du 22 mars 2009 ont une haute idée du Sénégal. Exigeons des mesures probatoires qui signifient la volonté de mettre fin à la gestion qui gaspille et retarde le pays. 
Ku bereey daan ! 
Dakar, le12 juillet 2009. 
• Madior DIOUF, 
• Secrétaire général du RND. 
 
L’Afrique au secours du développement ? 
L’Auteur : 
Sanou Mbaye est économiste sénégalais, ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement. Il est l’auteur de L’Afrique au secours de l’Afrique (Éditions de l’atelier, 2009). 
L’Article : 
Et si l’Afrique nous venait en aide, au moment où une crise majeure s’abat sur le monde ? Ce scénario est loin d’être impossible. Réserve incroyable de matières premières, l’Afrique pourrait bien, à l’avenir, nous donner des leçons sur l’emploi, l’endettement public et l’environnement. 
De la fin de la seconde guerre mondiale au début des années 1970, les pays industrialisés, particulièrement ceux membres de l’OCDE, ont connu une période de très forte croissance économique. Cette création de richesse a été financée par des crédits accordés selon les conditions et modalités définies dans les accords de Bretton Woods signés en juillet 1944. Avec le dollar élevé au statut de monnaie de réserve mondiale, les États-Unis s’endettèrent massivement pour financer leurs différentes activités. Il s’est ensuivi une explosion de la masse monétaire américaine et l’incapacité des États-Unis d’honorer la parité or-dollar. Deux options leur étaient offertes : dévaluer le dollar ou abolir l’étalon or. Le président Richard Nixon opta pour l’abolition en 1972. Cela a consacré l’ère d’une économie d’endettement et d’une création monétaire totalement assujettie au volume des crédits levés par les banques, les États, les entreprises et les particuliers. Les pays se sont dotés de réserves internationales de devises pour se prémunir contre les chocs macroéconomiques et les désordres monétaires inhérents à cet usage généralisé de « monnaie papier ». Toutefois, le fait que ces réserves soient dénommées à 62% en dollars, et que les autres devises internationales (euro, yen, livre sterling, et autres) obéissent aux mêmes règles d’émission que le dollar, limite leur portée. 
La levée de toutes les mesures de régulation et de sécurisation des transactions financières lors du big-bang des années 1980 a fini de parachever le processus de dérégulation des marchés des capitaux. Cela a donné naissance à la financiarisation accélérée des économies des pays industrialisés, principalement celles des États-Unis et des pays européens. Les investissements productifs ont cédé le pas aux opérations spéculatives : « produits dérivés », « titrisation », « ventes à découvert de titres », etc. Les spéculations portent sur le niveau des taux d’intérêt, le prix du baril de pétrole, les prix agricoles, les cours des devises, des matières premières, des actions, etc. 
Dans un tel système, les crédits sont adossés à d’autres crédits qui leur servent de garantie et non à des actifs réels comme de coutume. En matière de « titrisation » par exemple, les banques transforment leurs portefeuilles de crédits immobiliers en titres financiers qu’elles revendent aux investisseurs. Les risques inhérents à ces produits financiers sont énormes. Les banquiers n’en ont cure, dès l’instant que les bénéfices astronomiques qu’ils engrangent servent de base de calcul aux bonus reversés qui représentent 60% de leurs émoluments. Ces pratiques spéculatives, non seulement privent l’économie réelle d’investissements productifs et de créations d’emplois, mais elles contribuent, de surcroît, à l’instabilité du système monétaire international et à la fragilisation de l’ordre économique et des pouvoirs publics. 
La crise des « subprimes » 
L’édifice s’est donc tout naturellement effondré lorsque des millions de ménages américains ont été incapables de rembourser leurs crédits immobiliers. Les banques ont enregistré des pertes énormes. Pire, l’étendue des créances douteuses et la valeur réelle des « titres toxiques » adossés à ces crédits immobiliers rebaptisés « subprimes » ne sont pas quantifiables. Confrontées à une telle situation, les banques ont réduit leurs opérations. Une contraction de crédits qui alimente à son tour le déclin de l’investissement et de la demande de biens de consommation, une baisse de la production, l’érosion de la rentabilité des entreprises, la sous utilisation de leurs capacités productives, les faillites, et les licenciements. Les États occidentaux sont intervenus pour renflouer les banques avec des plans de sauvetage estimés à des centaines de milliards de dollars afin d’éviter leur déconfiture et pour les inciter à reprendre leurs activités. Pour se faire, ils recourent à l’endettement et à l’utilisation de la planche à billets comme en Angleterre et aux États-Unis au risque de créer de l’inflation qui frappera d’abord les couches les plus fragiles de la population : ceux qui sont sans revenus réguliers ou ont des revenus non indexés, et les chômeurs qui seront légions. Quelle que soit la portée de telles mesures, l’architecture du nouveau système monétaire qui va émerger de cette crise devra, pour être viable, assujettir l’émission monétaire à un étalon, restaurer la fixité des taux d’intérêt, des taux de changes, des commissions et des prix, sécuriser et réguler les activités du marché des capitaux et des paradis fiscaux. La restauration de la compétence socio-économique des États, laminée par les politiques néolibérales de la mondialisation, est un préalable à la prise et à la mise en place de telles mesures. 
Les États-Unis et la Grande Bretagne ont été les principaux protagonistes de la conférence de Bretton Woods durant laquelle ont été élaborées les grandes lignes du système financier international qui vit le jour en 1944. Dans la géopolitique mondiale actuelle, les États-Unis et la Chine seront les acteurs majeurs du nouvel ordre qui est en négociation au sein du G20 élargi à l’Union africaine. Le monde aura toujours besoin de foyers de développement pour servir de « locomotives » de croissance à ses activités économiques. Les pays du BRIC : Brésil, Russie, Inde, et plus particulièrement la Chine ont joué ce rôle ces dernières décennies. Mais, leurs appareils productifs alimentés par un usage inconsidéré d’énergies polluantes n’ont, en rien, différé de ceux des pays occidentaux. Dans la nouvelle division internationale du travail qui va naître de la crise actuelle, il est probable que pour limiter les dégâts environnementaux inhérents à leurs modèles de développement, ces pays vont remodeler leurs appareils productifs. La formation première de leur richesse devrait provenir, d’avantage de leurs industries de service, de haute technologie et de production de produits de substitution à leurs importations, que de leurs exportations de produits manufacturés. Dans une telle configuration, il restera l’Afrique comme candidate potentielle pour servir d’ « usine » et de moteur à la reprise mondiale. 
Appelé l’Afrique à l’aide ? 
En ce qui concerne le continent africain, les médias font état des famines, des guerres, de la corruption, du sida et des dettes qui le minent. Il est toutefois bon de rappeler que pour financer leur développement, les pays d’Afrique sub-saharienne, à l’exclusion de l’Afrique du sud, n’ont pas eu accès aux marchés des capitaux. À leur accession à l’indépendance, ils ont hérité des dettes que leurs colonisateurs anglais et français avaient contractées pour les exploiter. Ceci les plaçait dans une position d’insolvabilité selon les agences de notation qui détiennent le sésame d’accès aux marchés des capitaux. Ils ont donc été contraints de recourir à l’aide pour financer leur développement. Les prêts et les dons alloués au titre de l’Aide publique au développement (APD) par les Institutions financières internationales (IFI), essentiellement la Banque mondiale et le FMI, et par les pays occidentaux sont utilisés pour rémunérer les biens et services liés à l’exécution de projets et de programmes qui répondent davantage aux impératifs d’exportation des pays développés qu’aux besoins réels des pays emprunteurs. Les sommes accordées peuvent aussi servir à rembourser des arriérés de paiement. L’« aide » sert également à financer des opérations humanitaires, des projets d’assistance technique et des annulations de dettes publiques. Les budgets de l’APD incluent aussi une enveloppe « sécurité » qui sert à financer des achats d’armes et des opérations militaires. Les centaines de millions de dollars dépensés par les États-Unis dans sa croisade contre Al-Qaïda en Afrique sont prélevés sur le budget de l’USAID . De même, le Fonds européen de développement (FED) finance une partie du budget annuel de plus de 400 millions d’euros alloué aux forces européennes de maintien de la paix en Afrique. Les prêts de l’APD sont également assujettis aux conditions du consensus de Washington : libéralisation du commerce, dérégulation des circuits financiers, privatisation des actifs publics et austérité budgétaire. 
La construction de l’Afrique comme nouveau moteur économique peut donner naissance à la création des millions d’emplois dont le monde a besoin dans les décennies à venir pour restaurer ses équilibres. Cet objectif doit constituer les fondations d’un nouveau partenariat entre l’Union africaine, ses États membres et la communauté internationale. L’environnement économique dans la région est favorable à cette révision radicale. Les conditions requises pour une industrialisation florissante et un décollage économique sont remplies, à savoir : une croissance continue du PIB, un niveau faible d’endettement, la solvabilité, des taux de profits élevés, une sécurité des investissements, une main-d’œuvre qualifiée et une abondance de sources d’énergies renouvelables. En matière de croissance, en dépit du piège des IFI et de l’APD combiné à la modicité des Investissements directs à l’étranger (IDE), l’Afrique sub-saharienne n’a quasiment pas connu de récession depuis un demi-siècle si on s’en tient au PIB hors démographie. En revanche, le PIB par habitant a été faible, voir négatif sur certaines périodes 
L’Afrique, nouvel El Dorado ? 
Plusieurs facteurs ont contribué à alimenter cette croissance ces dernières années. Il y a eu, d’abord, la remontée des cours des matières premières. Alors que les prix de ces dernières avaient fait l’objet de spéculation à la baisse de la part des pays occidentaux pendant des décennies, la forte demande en provenance de la Chine et d’autres pays émergents a impulsé un mouvement de hausse à ces prix. Une autre source de croissance économique africaine est liée à l’exode rural et à l’urbanisation qui en a résulté. Cela a renforcé un secteur informel dynamique qui contribue à la création de 90% des emplois contre 5% pour le secteur public et 5% pour le secteur privé. L’augmentation de la production vivrière et du commerce intra-régional, un accroissement des investissements américains et chinois dans l’exploitation pétrolière, un volume d’échanges en perpétuelle croissance avec la Chine, les transferts des migrants dont on estime le montant supérieur à celui de l’aide, constituent les autres facteurs de croissance des économies africaines. 
S’agissant de la dette publique africaine qui soulève tant de débats, il serait opportun de rappeler qu’elle se monte à 300 milliards de dollars, soit seulement 0,6% de l’endettement public mondial comparée à 90% pour les pays occidentaux et 8% pour l’Asie. C’est dire, l’étendue de la marge de manœuvre dont disposent les pays africains pour s’écarter de l’industrie de l’aide et privilégier la mobilisation de l’épargne intérieure et nationale dans les bourses nationales et régionales. Des dizaines de ces dernières sont opérationnelles sur le continent. Elles ont servi à des établissements comme la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et la Sonatel pour émettre des emprunts en monnaies locales africaines. Ces opérations de mobilisation de l’épargne interne ont été largement couronnées de succès. De surcroît, pour leur accès aux marchés des capitaux, plusieurs pays ont désormais reçu des notations financières qui se sont révélées supérieures ou égales à celles de nations aussi industrialisées que la Turquie, le Brésil ou l’Argentine. En septembre 2007, le Gabon et le Ghana ont levé respectivement 1 milliard et 750 millions de dollars sur le marché des capitaux. La tendance devrait se poursuivre et s’amplifier, surtout si l’on considère la solvabilité des pays de la région. La valeur financière des gisements africains de matières premières, connus à ce jour, s’élève à 46 200 milliards de dollars. Ce patrimoine gigantesque de ressources naturelles est capable d’assurer la solvabilité des pays africains bien au-delà de leurs besoins pour peu que leurs dirigeants fassent preuve d’une bonne gestion politique et économique dans leur valorisation . 
L’Afrique, continent d’un nouveau développement 
S’agissant de la profitabilité des investissements c’est en Afrique, selon le Bureau d’analyse économique du département d’état des États-Unis, où l’on réalise, en règle générale, les profits les plus élevés. Le taux de rentabilité interne sur les investissements directs étrangers a été en moyenne en 2000, de 19,4% en Afrique, comparés à 18,9% au Moyen-Orient, 15,1% en Asie-Pacifique, 8,3% en Amérique Latine et 10,9% en Europe. Mais, en dépit de la supériorité de ses marges bénéficiaires, l’Afrique n’a attiré que 1,1 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2000, contre 1,9 milliards de dollars au Proche-Orient, 21 milliards de dollars à l’Asie-Pacifique, 19,9 milliards de dollars à l’Amérique Latine et 76,9 milliards de dollars à l’Europe . 
La part des investissements réservée à l’Afrique est non seulement modique, mais elle est également restreinte au secteur primaire et aux hydrocarbures. Cette situation perpétue l’asservissement de la région et à son appauvrissement dus à l’exploitation systématique de ses ressources sans contrepartie d’investissements productifs, de créations d’emplois et d’exportations de biens manufacturés. Autre facteur qui incite à investir en Afrique : l’existence avérée d’une main-d’œuvre qualifiée. Selon la Commission économique des nations unies pour l’Afrique (CEA) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) 23 000 universitaires et 50 000 cadres supérieurs et intermédiaires quittent chaque année le continent africain tandis que 40 000 africains titulaires d’un doctorat vivent déjà hors du continent. 
Les deux tiers des étudiants restent dans les pays d’accueil après leur formation, faute de perspectives dans leurs pays d’origine. En ce qui concerne l’environnement, les émissions de gaz carbonique qui sont à l’origine du réchauffement climatique résultent, en grande partie, du modèle de développement de l’Occident basé sur l’exploitation démesurée des ressources naturelles du patrimoine mondial. La crise financière qui affecte le monde se double d’une crise écologique. Sa résolution passera par la restauration d’un environnement écologique mondiale viable. D’où l’urgence de substituer aux énergies fossiles des énergies propres. Sur ce chapitre, il convient de noter la richesse de l’Afrique noire en énergie hydraulique avec des réserves estimées à des milliers de milliards de kilowatts/heure, représentent environ la moitié des réserves mondiales. 
Les pertes importantes qui étaient liées au transport de l’électricité sur un réseau de courant alternatif étant désormais maîtrisées grâce aux percées technologiques réalisées en matière de courant continu à haute tension, l’exploitation de l’énergie hydroélectrique du seul fleuve Congo avec l’aménagement des barrages d’Inga et de Kisangani pourrait suffire à satisfaire les besoins en électricité du continent noir, et même ceux des pays d’Europe du sud. Mieux encore, quelle que soit l’ampleur des ressources hydroélectriques que recèle l’Afrique, elles sont négligeables comparées à celles qu’offre l’énergie solaire. Le soleil déverse sur la terre tous les ans l’équivalent de 1,5 millions de barils d’énergie pétrolière au kilomètre carré. Grâce à la technologie d’« énergie solaire concentrée », il suffirait de concentrer l’énergie solaire sur une superficie équivalente à 0,5% des déserts chauds, en l’occurrence celui du Sahara pour couvrir les besoins du monde en énergie. 
Comme on le voit l’Afrique serait prête à chausser les bottes de la Chine comme « atelier » du monde. Cela nécessiterait, toutefois, une véritable révolution sociale, culturelle, et éducationnelle. En effet, des traumatismes engendrés par les pesanteurs de l’histoire qu’ont été l’esclavage et la colonisation ont résulté en la déstructuration de la personnalité des Noirs. Les complexes d’infériorité, l’absence de conscience historique, le manque de confiance et de foi en soi, ont conduit à un comportement empreint de mimétisme, de soumission et de dépendance. Le système de domination institué par l’Occident se perpétue en se métamorphosant en « forces internes », à travers les pratiques sociales des dirigeants, des élites, des groupes et des classes locales qui servent les intérêts étrangers. S’il ne fait pas de doute que l’Afrique constituerait un des foyers de croissance de l’ère post-crise, il faudrait cependant deux préalables pour que cela profite à ses populations. 
Tout d’abord, il faut que l’Occident cesse de piller les ressources du continent, d’y fomenter des désordres et de s’en servir comme prétexte pour y justifier le déploiement de ses forces militaires afin de perpétuer, en toute impunité, une politique d’occupation qui date de plusieurs siècles. En parallèle, le continent doit s’embarquer dans un vaste programme d’éducation afin de susciter l’émergence d’une culture de solidarité et d’indépendance, une transformation radicale des mentalités, une restructuration de la personnalité de l’homme noir, une modernisation des sociétés africaines et une révision de la culture prédatrice de l’exercice du pouvoir des dirigeants et des élites. 
Sanou MBAYE 
HECATOMBE AU BAC 2009Wade se décharge sur les enseignants 
par Bacary Domingo MANE | SUD QUOTIDIEN , mardi 21 juillet 2009 
Si le taux de réussite au Bac 2009 a été catastrophique, ce n’est pas la faute aux élèves, encore moins aux autorités étatiques ( échec imputable au manque de vision du ministre de tutelle ?), mais aux grèves des enseignants. C’est du moins ce qu’affirme le président de la République, Me Abdoulaye Wade hier, en Conseil des ministres au cours duquel il rappelle à ces derniers que le droit de grève ne doit pas faire oublier le devoir de l’Etat de "protéger le capital humain national en évitant de sacrifier les élèves par les effets de grève" 
"Sans renier le droit de grève aux enseignants, l’Etat doit, en même temps et en toute responsabilité, protéger le capital humain national en évitant de sacrifier les élèves par les effets de grève", c’est ce qu’a déclaré le président de la République, Me Abdoulaye Wade en réunion de Conseil des Ministres tenue hier. 
Estimant le taux de réussite très faible au baccalauréat, le Chef de l’Etat a donné des instructions au Ministre de l’Enseignement Secondaire pour l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique de gestion des enseignants et des établissements basée sur des indicateurs et des contrats de performance, précise le communiqué du Conseil des Ministres. 
LE QUOTIDIEN : 
MBANE - Les populations toujours mécontentes. 
Ferñent/Mtp-S, le Mouvement pour le parti de la construction, l’Observatoire républicain pour la démocratie et la citoyenneté, le Rassemblement des travailleurs africains/Sénégal, l’Udf/Mbooloo mi et Yoonu Askan wi ont produit un communiqué conjoint dans lequel l’affaire de Mbane a été déplorée sous toutes ses facettes. Ces derniers, sur la base des révélations faites par le maire Aliou Diack, accusent le régime d’avoir spolié les terres des paysans, et d’y avoir installé la psychose. 
Suite au «putsch électoral», le feu couve toujours dans la localité 
 
Par Binta NDONG 
Différentes formations ont dénoncé le fait que le Président du conseil rural (Pcr) «légalement issu» des élections du 22 mars, le Docteur Aliou Diack tête de liste de la Coalition Bennoo, ait été destitué sur décision de la Cour d’appel de Dakar. Dans le document, Ferñent/Mtp-S, le Mouvement pour le parti de la construction, l’Observatoire républicain pour la démocratie et la citoyenneté, le Rta/S, l’Udf/Mboolomi et Yoounu Askan wi ont récusé la répression des manifestations qui se sont déroulées dans cette localité, car «les populations mécontentes, qui manifestaient ce jour-là ont été dispersées à coups de grenades lacrymogènes et un jeune manifestant arrêté». 
Et depuis, l’affaire semble «classée, mais en vérité rien n’est réglé». D’ailleurs, ils estiment que Moussa Diop, le Pcr de Ronck, une autre Commu-nauté rurale du Département de Dagana qui gère des terres du Delta, «ne s’y trompe pas». En effet, lors d’une réunion le 7 juillet à Dakar de l’Association nationale des Communautés rurales (Ancr) dont il est le vice-président, il a appelé les autorités à assurer la «protection physique et morale» des Pcr. Ainsi, les signataires du document considèrent que M. Diop «craint» que lui et ses collègues, «qui dépècent les terres paysannes et les zones de pâturage», déplacent des villages peulhs pour «distribuer illégalement» les terres aux dignitaires du régime et à des «affairistes étrangers, ne fassent les frais de la colère des paysans et éleveurs». Et pour les partis signataires d’une déclaration conjointe, Moussa Diop a bien des raisons de se faire du souci parce qu’à Mbane comme dans toute la zone, «le feu couve». Ils ont également qualifié ce qui s’est passé à Mbane de «putsch électoral» qui vise à protéger les intérêts des ministres, Dg, patrons et affairistes étrangers «à qui on a distribué les terres des paysans et éleveurs», comme l’a révélé M. Diack sur la Rfm. 
Quant à la déclaration du Premier ministre, disant que lui-même a bénéficié des largesses de Ndombo, les signataires la qualifient de «cinéma qui cache mal le calcul qui avait été fait dès le lendemain du 22 mars». Pour eux, le calcul consistait à introduire un recours contre l’élection de M. Diack, laisser passer des décisions de la Cour d’Appel favorables à l’opposition, «pour faire croire que celle de Mbane est une décision indépendante». Par ailleurs, ils avancent que «la boulimie foncière» des dignitaires du régime de Wade est bien connue. Et pour preuve, ils ont cité, entre autres, le Cices, l’Aéroport de Yoff et la Goana, symboles de l’expression de cette politique d’accaparement en milieu rural. La Grande offensive appliquée à Mbane par le transhumant, Ciré Diallo dit Ndombo, prend des «allures ubuesques». Et toujours selon la déclaration conjointe, le total des terres attribuées sans frais de bornage représente au bas mot 175 000 ha : ce qui est plus que l’ensemble des terres aménagées du Delta. Et comme preuve patente, ils avouent qu’une attributaire a bénéficié à elle seule de 50 000 ha (plus que la superficie occupée par la Css), mais aussi un étranger, qui s’est vu attribuer des terres pour un ranch avec domaine de chasse. 
En plus de cela, M. Diack a révélé sur la Rfm, qu’outre l’évaporation des eaux du lac de Guiers provoquée par la chaleur, l’exploitation intensive des terres allouées aux ministres, Dg, patrons, affairistes étrangers, créera à terme «une grave pénurie d’eau pour Dakar». 
C’est la raison pour laquelle, les différents signataires estiment que le gouvernement n’ignore pas les risques d’explosion à Mbane. D’autant plus que Ciré Diallo dit Ndombo, réinstallé «contre la volonté du peuple», a déjà régné 15 ans à Mbane et «est particulièrement impopulaire et très détesté par les éleveurs peuls». Pour ces derniers, il n’y a qu’une exigence qui vaille : la réinstallation du Conseil «légitime» issu du 22 mars et l’annulation de toutes les attributions de terres qui spolient les paysans et éleveurs. Ainsi, les différentes formations appellent les populations du Walo à rester mobilisées et les organisations démocratiques à les soutenir, afin de mener un véritable combat. 
Cheikh Diallo : le théoricien du néant. 
Le Sénégal possède de pseudos intellectuels pavloviens qui écrivent des articles à la commande suggérés par l’incertain clone de son père ! 
Le sieur Cheikh Diallo nous a «pondu» un texte très sartrien parce qu’il donne à la fois la nausée et les mains sales. Passe pour la nausée. Mais quel malin plaisir peut-il prendre à se noircir les mains pour nous concocter un texte aussi insipide. Puisque vous vous targuez d’être un doctorant en sciences politiques, je vous invite à relire Montesquieu afin de parfaire votre réflexion sur l’équilibre des pouvoirs. C’est là qu’il fallait orienter votre réflexion, car en la matière, le Sénégal est un véritable cas d’école. Pour un intellectuel, vous semblez curieusement manquer de repères historiques. En appeler au dépassement des partis de la mouvance présidentielle pour s’abandonner corps et âme à l’«invariant». Cela s’appelle du fascisme, car vous décrétez qu’ils sont tous «Wadistes». Et l’histoire nous a appris de façon sanglante, Monsieur Diallo, que se soumettre sans condition à un homme, à une œuvre, à une Nation conduit à l’abîme. Or, la marque caractéristique de votre «invariant», c’est de penser seul contre tout le monde et penser la même chose depuis plus de quarante ans avec la certitude d’avoir raison. Et cette incapacité à penser l’histoire et le Sénégal plombe dangereusement la marche du pays vers le progrès et la modernité. 
Certes, cet homme a rendu un inestimable service à la démocratie sénégalaise et il a contribué de façon déterminante au parachèvement de l’Etat de droit quand il était opposant. Nous pensions qu’une fois au pouvoir, qu’il tendrait au développement de la protection individuelle et statuerait sur les grandes questions comme par exemple la liberté constitutionnelle de manifester sans restriction, mais que nenni ! Cet ancien opposant a perdu l’instinct profond du peuple et s’est mué en Ubu roi. Les Sénégalais ont compris la légitimité et la nécessité de l’alternance (qui rappelons le, n’est qu’un fait électoral). Mais M. Diallo, l’aventure ne s’arrête pas en 2000, les Sénégalais veulent savoir où ils vont. 
Depuis l’accession de Wade à la tête du pays, l’Alternance est devenue une grande farce. Wade s’est aisément moulé dans les institutions qu’il dénonçait naguère et s’impose comme l’institution la plus importante de notre histoire politique. Nous vivons dans une dictature soft, l’Etat étant concentré entre les mains d’une seule personne. Il a confisqué les attributs d’un Etat fort à son profit et à celui de sa cour ; car nous avons vu des hommes politiques maigrichons pendant les années de disette devenus rondouillards une fois goûté aux effluves enivrants du pouvoir. Et celui d’un Etat faible au profit des plus démunis.  
Il fallait dans le pays un impérieux besoin de rupture que Wade n’incarne plus. Il est toujours dans la continuité de l’Etat Ps naguère honni par les Sénégalais. Les castings successifs des différents gouvernements en sont la preuve, car les choix des hommes sont aussi des choix d’orientation. En recyclant les déchets du Parti socialiste, Wade s’est mué en véritable éboueur politique installant dans notre pays un phénomène inquiétant : le «ministérialisme». 
La question qui se pose est : «l’invariant» veut-il mettre le pays en péril ? Le cas de Karim, votre mentor, en est la parfaite illustration. En instrumentalisant les institutions de l’Etat pour régler un problème interne au Parti démocratique sénégalais ; ayez le courage de le pointer, Karim est le problème, qui se donne en spectacle en étalant ses ambitions, ses querelles et ses déboires. C’est un combat autour de la Présidentielle et du contrôle du parti qui se joue. En effet, depuis que le prince a affiché ses ambitions, s’est développée une véritable paranoïa au sommet de l’Etat d’où les fatwas «Wadiennes» et la meute de chiens lâchés autour des adversaires de Karim. L’Assemblée nationale que Wade décriait comme une chambre à enregistrer est devenue sous son régime une véritable chambre à coucher devant l’Exécutif. 
Cependant, entendons-nous bien, je ne suis pas dans le sillage des adversaires de Karim en particulier de Idrissa Seck ; connaissant ses antécédents. S’il avait su incarner à l’époque une autre alternative, il serait incontournable aujourd’hui. Mais son silence et son implication dans la fameuse affaire des chantiers de Thiès l’ont calciné. N’ayant plus que son pré-carré municipal comme avenir politique. Sans oublier qu’il a mené une politique dictée par son père spirituel, en contradiction avec les sensibilités d’une bonne partie de la base du Pds en théorisant la transhumance faisant ainsi du parti une véritable agence pour l’emploi pour socialo-opportunistes. 
Monsieur le doctorant, sachez que les mots ont un sens ! Parler d’«impérialisme de la pensée unique» signifierait que celle-ci irradie son ombre portée hors des frontières nationales. Le terme dictature de la pensée unique serait beaucoup plus approprié dans le cadre sénégalo-sénégalais. 
(…) S’agissant de l’incertain clone de son père, qu’il sache que dans ce pays, on hérite de son père, de sa famille, mais qu’on n’hérite pas d’un parti. C’est pourquoi, je vous invite, M. Diallo, à ne pas divertir les Sénégalais en ces temps de «fitna». De grâce, gardez vos mièvres réflexions pour des temps pacifiés. L’actualité de votre gouvernement offre une pitance bien assez nourrissante. 
 
Alhousseynou BA - Membre fondateur de «Pour une nouvelle République» /Alhouss61@hotmail.fr  
 
 
Le présidentiel nègre. 
 
(L’obstacle de l’Afrique) 
Après une longue réflexion, j’ai senti nettement que le régime présidentialiste ne répond nullement à la culture de vie des Africains, ou bien, nos dirigeants l’ont mal copié. Depuis nos indépendances à nos jours, aucun pays africain, subsaharien notamment, n’a pu connaître le développement par l’exercice de ce régime hérité des Européens. Pourtant, le régime présidentiel a connu et continue de connaître un succès à travers le monde surtout en Occident. Par cette doctrine constitutionnelle, les Blancs sont arrivés à bâtir un Etat de droit ou une République bien assise. Depuis des siècles, les Européens le pratiquent, sans difficulté, en allant par la voix démocratique et des politiques transparentes. Malgré l’état de leurs ressources naturelles maigres, les intellectuels et les opérateurs économiques, par une coopération communicative et méthodique, sont arrivés à soutenir le développement économique et social de leurs pays. Des hommes debout pour les services de la population locale et de la République. Les intellectuels dirigent les recherches scientifiques et assistent l’Etat à la bonne gouvernance. 
Pour le cas de l’Afrique, malgré l’espace géographique, historique, l’abondance de nos ressources naturelles et humaines, nos dirigeants ne peuvent sortir l’Afrique des ténèbres. Même avec l’avènement des nouvelles technologies, nos pays n’arrivent pas à atteindre le niveau de vie de la Belgique ou de Luxembourg des années 1900. 
Le présidentialisme africain est vraiment un obstacle. Les malheurs sont visibles sur le label du grenier africain : des politiciens de profession, des élus fortunés, et des populations abîmées par la souffrance. Les problèmes quotidiens qui encombrent la société africaine sont multiformes : l’ignorance, la corruption, les abus de pouvoir, l’analphabétisme, les menaces, la criminalité, le désespoir, le chômage, la famine, l’inquiétude, l’insécurité, les maladies transmissibles et des phénomènes psychologiques inquiétants. 
En général, dans nos pays, les ressources sont partagées entre élus, chefs religieux ou traditionnels, hommes d’affaires et étrangers ; une presse corrompue par un pouvoir féodal, les politiciens et les syndicats. Le manque d’information mène les populations locales vers des futilités. Les guerres de partis, de successions, l’achat de conscience des politiciens, des personnes influentes, les trahisons, les conflits font l’ordre du jour des «Ba?u jaxlé» les bancs publics de la place.  
La criminalité débute à l’échelle gouvernementale, où des hommes très dangereux défendent le régime. Une justice corrompue qui jette sans pitié les accusés pauvres en prison pendant que les auteurs des délits flagrants et les criminels connus de tous trimbalent partout, narguant même cette justice. Des hommes de tenue et de hauts fonctionnaires corrupteurs et corrompus sillonnent le territoire sénégalais. Des adolescents sans éducation peuplent les rues des grandes villes. Une agriculture sacrifiée, des paysans en agonie sans espoir. Une immigration sans papier, des étudiants sans avenir. Les mineurs sont victimes de la pédophilie, parfois de toutes petites filles deviennent enceintes par viol. Tous ces obstacles sont visibles sur l’écran de l’Afrique, une catastrophe qui dégrade la dignité d’un peuple, défigure le visage de nos Nations et sape le bon fonctionnement d’une République. Un désordre apocalyptique, inimaginable à l’aube des indépendances. 
Le plus grand malheur, la scène se déroule sous les yeux des intellectuels privés de solution. Un intellectuel doit être un homme de solution, pas un tricheur, mais un bon citoyen au service de son peuple. La science est un outil universel à la disposition de l’humanité, un réservoir intarissable par lequel, les solutions aux problèmes demeurent à la portée des initiés. 
L’Afrique porte en elle une vague de savants qui nous parvient des grandes écoles les plus prestigieuses du monde, mais, malgré leurs diplômes, cette ribambelle de grands esprits n’ont que leurs yeux pour constater les dégâts et restent aphones, indolents trahissant une complicité coupable. Le manque de foi de ces pauvres intellectuels fait décliner l’avenir de tout un continent. Tantôt, j’accuse le peuple lui-même pour le choix de ses dirigeants, tantôt, la plus grosse calamité de l’histoire de l’humanité par l’œuvre des Blancs : l’esclavage et la colonisation me semblent être la cause principale de cette déroute. L’Afrique a sa propre philosophie que nos dirigeants ignorent. Avec une soupe de cultures et de régimes politiques, ils croient nous présenter une République. Le docteur Cheikh Anta Diop disait que le métissage culturel est un fait humain, mais pas une solution pour régler les problèmes politiques d’une Nation. 
Les Wolofs disent «Yu bokkai boloo». (Ceux qui se ressemblent s’assemblent !) Malheureusement, nous n’avons rien de commun avec l’Occident : l’orientation géographique, la couleur de la peau, la nourriture, le langage, les croyances, l’histoire, la culture, la philosophie et tant d’autres éléments. Comment pouvons-nous copier ou imiter un concurrent et prétendre être meilleur que lui ? Ces hommes qui nous gouvernent n’ont rien compris ; les populations attendent qu’ils enclenchent le rythme du tam-tam qu’elles sentent et connaissent mieux, pour pouvoir répondre par la danse africaine. Ces gouvernants-malfaiteurs, certes, refusent d’affronter les réalités des peuples d’Afrique. 
Vraiment, il est temps pour le retour aux sources ; nos consciences sont interpellées et nous nous devons de relever le défi. Les Blancs, quoi que responsables par endroits de nos déconvenues, nous ont accompagnés sur le chemin du développement pendant des années, mais il nous est toujours impossible de progresser. Je pense qu’un retour à la source devient obligatoire. Une unité fédérale et révolutionnaire des Etats d’Afrique est une alternative qui sûrement résoudra nos difficultés. Un peuple dont une même conscience historique, philosophique, culturelle et éducative a une base d’organisation. 
L’Afrique a besoin d’une nouvelle orientation radicale. La révolution en générale est mal perçue dans le monde capitaliste, mais elle apporte d’énormes possibilités pour un peuple qui se décide. La Révolution du Sénégal sera différente des autres, elle sera populaire et scientifique. 
La révolution formule l’évolution. Elle est un moyen pour se défendre et elle est excellente quand elle est populaire. Elle permet le retour du pouvoir au peuple et la participation collective des populations à la responsabilité. La révolution est une locomotive pour l’homme qui réclame un changement radical. Par la révolution des mentalités, l’Amérique a changé de couleur en imposant Obama à la direction de la République.  
Rappel aux enfants d’Afrique : Cheikh Anta Diop a démontré que l’Afrique est le berceau de l’humanité et la mère de la civilisation. En effet selon le Docteur, l’espèce humaine est née en Afrique. D’abord de race noire, elle s’est ensuite diversifiée en plusieurs autres races dès lors que les Africains ont quitté l’Afrique pour aller peupler le reste du monde.  
Les langues, l’agriculture, la métallurgie, les religions, la culture, la philosophie, l´écriture, la médecine, les techniques de numération et de décompte, tout cet ensemble est une création africaine dédiée à l’humanité. 
Prêt pour la révolution des mentalités. 
Vive le Sénégal libre. 
Vive la Jeunesse africaine. 
Vive l’Unité fédérale, 
Révolutionnaire des Etats d’Afrique. 
Ousmane Drame, NYC USA / Monarchie.non@gmail.com 
 
Capital social des sociétés hôtelières et immobilières du sommet de l’Oci. 
Quelle structuration de l’actionnariat ? 
Jamais sommet de l’Oci n’aura suscité autant d’interrogations et de préoccupations, au vu des énormes capitaux manipulés dans la pure opacité et de la centralité de l’événement au cœur même de la gouvernance libérale. Aussi, avons-nous l’impression que le régime libéral n’agissait que pour les préparatifs et l’organisation d’un simple rendez-vous international, érigé en programme de gouvernance économique et social, au détriment d’une concentration des énergies et ressources vers un développement réel, harmonieux et équilibré du Sénégal. 
A cet égard, il y a lieu de faire remarquer que le sommet de l’Oci avait déjà été organisé au Sénégal en 1992, sans tambour ni trompette avec, au moins, un patrimoine (le Méridien Président) resté dans les actifs de l’Etat, en plus du fait que d’autres pays de la Oummah Islamique l’ont organisé régulièrement, le plus normalement du monde possible. A ce titre, les exigences d’une bonne utilisation de l’argent des contribuables doivent justifier la certification des comptes par un organisme indépendant, au regard des importants capitaux mis en jeu. Entre les montants comparatifs des capitaux utilisés pour le sommet de 1992 et celui de 2008, la disproportion en valeur actualisée des sommes est considérable, pouvant aller jusqu’à un coefficient de multiplication égal à 25, nonobstant l’inexistence de parallélisme des formes entre les systèmes de gestion, pour dire que comparaison n’est pas raison. En tout état de cause, le défaut supposé de publication d’un bilan et de certification des comptes du sommet de 1992 ne peut dispenser de l’obligation d’une mise en branle d’un audit externe, technique et financier des réalisations de l’Anoci. 
En réalité, la focalisation des libéraux sur le sommet de l’Oci, avant, pendant et après, nous fait dire qu’il ne s’agissait pas seulement d’organiser une rencontre internationale de la Oummah islamique à Dakar. Il s’agissait, en substance, d’en profiter pour mettre en œuvre une stratégie consistant à mobiliser le maximum de ressources internes et externes afin de favoriser la réalisation d’importants investissements privés, ou pseudo privés, dans les secteurs de l’hôtellerie et de l’immobilier en particulier : c’est ce que nous appelions déjà la face cachée des travaux sur la corniche ouest dans un article publié au journal Le Quotidien du vendredi 12 mai 2006 sous le numéro 1012. 
Nous disions alors que la vraie route vers le sommet, celle-là même qui mène vers la réalisation d’infrastructures d’accès à des projets immobiliers et hôteliers constitue la face cachée de l’iceberg dans le but d’induire le développement d’un affairisme d’Etat au profit d’affidés. En effet, sous l’impulsion de fonds publics provenant de concours extérieurs et du budget de l’Etat, les libéraux qui sont des adeptes d’un développement d’un capitalisme réducteur dans des domaines spéculatifs, tentent, depuis le début de l’Alternance de créer les conditions d’émergence d’une bourgeoisie affairiste intervenant dans les secteurs de l’immobilier et de l’hôtellerie. 
C’est dire que l’objectif, à travers l’organisation du sommet de l’Oci se résumait à l’insertion de protégés par l’entremise des pouvoirs publics dans les circuits de l’immobilier et de l’hôtellerie à faible valeur ajoutée. Il n’est pas certes mauvais d’investir dans les secteurs de l’immobilier et de l’hôtellerie ; toutefois, lorsqu’il s’agit de lever des fonds publics, il devient impératif de voir l’opportunité en termes de pertinence du projet par rapport à un développement profitable à tous, harmonieux et équilibré en évitant le creusement des disparités entre Dakar et le reste du pays. 
Si bien que la collusion d’intérêts entre fonds publics et fonds privés dans des secteurs à faible valeur ajoutée et à travail réduit n’est pas souhaitable pour des pays à revenu faible comme les nôtres. Pour un sommet plusieurs fois reporté, tenu en définitive à la Pyrrhus en 2008, en dépit de la non mise à disposition à temps des réceptifs prévus pour la circonstance, nécessitant la location d’un bateau hôtel à coup de milliards, la rencontre internationale avait finalement eu lieu, contre mauvaise fortune, au Méridien Président, les réceptifs hôteliers et villas n’étant pas prêts jusqu’à nos jours, ou, sont en voie d’achèvement. 
Les infrastructures routières réalisées par l’Anoci dont on fait trop la publicité ont été conçues sur de l’existant, tant en ce qui concerne les routes sur la corniche 1 et 2, la Vdn, que sur les routes de Ouakam. A partir de ce constat, il est aisé de comprendre que le sommet était un moyen de facilitation pour la mobilisation massive de capitaux afin d’investir dans des domaines spéculatifs, fonciers, immobiliers et hôteliers et de les rentabiliser au moyen des infrastructures d’accès modernisées. Le bilan des activités présentées par le conseil de surveillance de l’Anoci pour un montant global de 432 milliards de francs Cfa, selon leurs chiffres, est répartie comme suit : volume d’investissement global 432 milliards, corniche 1 et 2, 72, 98, routes de Ouakam 28,02, Routes de la place du Millénaire à Ndiass 104,50, subventions 32, 00, hôtels et immeubles 194,50. Total 432,00. Nous remarquons bien que l’hôtellerie et l’immobilier se taillent la part du lion, non sans mentionner les 16 milliards consacrés au budget de fonctionnement de l’agence. 
Si nous nous interrogeons sur ce que recouvre le volet subventions de l’Etat à hauteur de 32 milliards, nous nous posons également la question : quel en est le montant des exonérations fiscales et douanières et de la valeur du foncier relevant du domaine public maritime sur lequel sont érigés les hôtels et immeubles appartenant à des privés ? A tout casser, la valeur du patrimoine foncier du domaine public maritime dévolu aux réceptifs hôteliers et immobiliers ne vaut pas, en valeur actuelle, moins de 2 millions de francs Cfa le mètre carré. Si nous considérons que pas moins de 10 hectares de terre en bordure océane sur la corniche sont utilisés pour le bâti, nous nous retrouvons pour la valeur foncière à : 10 000x2 000 000Fx10=200 milliards de francs Cfa, plus qu’autant le montant des investissements privés consacrés aux réceptifs. 
Cette importante masse d’argent, en plus des subventions et exonérations devraient constituer la part de l’Etat dans le capital social des sociétés privées. La contribution des travaux de l’Anoci à la stratégie de la croissance accélérée nous fait rire sous cape, au moment même où la Direction des prévisions et de la statistique évoque une baisse drastique de la croissance économique en 2009, à la suite de celle de 2008 et, au moment même où le secteur productif national périclite branche après branche. 
Bien entendu, il y a lieu de développer l’offre en structures d’accueil des réceptifs hôteliers afin de toujours permettre à notre capitale de jouer son rôle de plaque tournante dans le monde ; toutefois, à ce niveau, une question d’opportunité se pose, si l’on considère les priorités dans le processus d’un développement réel, équilibré et harmonieux du Sénégal, le tourisme balnéaire rapportant plus de valeur ajoutée que le tourisme d’affaires. Il serait plus intéressant, en plus des stations de Saly et du Cap Skiring, de développer le tourisme balnéaire sur d’autres sites accueillants du Sénégal, le long du littoral, du Nord au Sud. La contrainte principale devrait être la recherche de l’amélioration des conditions de vie et d’existence des Sénégalais, dans un contexte de pays à revenu faible où le pouvoir d’achat des Sénégalais et le Pib chutent. La stratégie orientée vers la recherche d’une accumulation primitive du capital au profit d’affidés par l’utilisation de la combinaison fonds publics et fonds privés dans des domaines non prioritaires à faible valeur ajoutée se trouve aux antipodes d’un développement réel, harmonieux et équilibré de notre cher Sénégal. 
Kadialy Gassama - Economiste - Rue Faidherbe x Pierre Verger Rufisque 
Bac 2009 : Quand l’Office du Bac sabote le Bac ! 
Les rideaux sont tombés sur le Baccalauréat 2009. On attend que le deuxième tour finisse de nous révéler les taux définitifs de réussite au niveau national. Les enseignements que l’on peut en tirer sont de plusieurs ordres. 
Le Bac technique, par lequel tous les malheurs des candidats ont commencé, a montré que l’Office du Bac se soucie peu du déroulement normal des examens qu’il a la charge d’organiser. En effet, chaque année, il se singularise par sa manière peu courtoise et irrespectueuse de traiter les enseignants. Les correcteurs du bac technique sont restés par exemple 5 à 6 jours avant de percevoir leurs avances au titre des indemnités de déplacement alors que les épreuves pratiques devaient commencer dès le 25 juin soit 5 jours de retard. Comment admettre qu’un professeur de Dakar, envoyé à Kédougou ou Saint Louis pour évaluer les élèves des séries techniques, puisse ne pas être doté des moyens financiers nécessaires pour effectuer ce déplacement ? Le boycott des épreuves pratiques qui s’en est suivi a duré plus de cinq jours mettant ainsi les candidats dans une situation de tension et de stress préjudiciable à la concentration requise pour la suite des épreuves. En retardant ainsi le démarrage des épreuves pratiques, l’Office du Bac porte l’entière responsabilité de l’hécatombe qu’il y a eu au Bac F6. 
Il faudra également signaler, pour la gouverne des lecteurs et de tous ceux qui ne connaissent pas l’enseignement technique, que le mode de paiement des épreuves de Travaux pratiques n’est pas du tout motivant. Le correcteur des épreuves écrites du Bac général perçoit 500 francs par copie et 500 francs par candidat interrogé. L’examinateur du Bac technique quant à lui, surveille un candidat pendant quatre tours pour le même taux. C’est injuste ! Voilà pourquoi ils se sont tous insurgés cette année contre ce traitement avilissant. A titre d’exemple, en France la copie de Bac est payée à raison de 5 euros et les quatre heures d’interrogation lors des vacations orales sont indemnisées à hauteur de 37,93 euros. 
Pour finir avec l’aspect financier du Bac 2009, il faudra aussi noter que depuis que le taux de l ‘indemnité de déplacement est passé à 25.000F par jour, l’Office du Bac ne convoque plus les professeurs qu’au compte goutte pour simplement réaliser des économies de bouts de chandelle au détriment d’un examen de qualité. Des exemples de professeurs se retrouvant avec prés de 200 copies à corriger font foison alors qu’il aurait suffi d’en convoquer une fois et demie de plus pour que le travail de correction se fasse avec beaucoup plus de sérieux. Les critères et arguments avancés pour limiter le nombre de professeurs à convoquer, même si c’est d’un commun accord avec certains syndicats d’enseignants, ne sont pas très pertinents. Que vaut le critère selon lequel il faut tenir une classe de Terminale dans l’année pour être convoqué cette année-là ? Même si au cours des dix ou quinze dernières années on a eu des Terminales, on est laissé en rade souvent au profit d’autres qui font l’expérience de cette classe pour la première fois. Des Inspecteurs de vie scolaire (Ivs), des Inspecteurs de spécialité (Is) et des Conseillers pédagogiques itinérants (Cpi) qui n’ont plus aucun contact avec les classes, sinon de manière très distante, ont été désignés comme correcteurs cette année. Loin de nous l’idée de leur renier cette compétence, nous maintenons quand même qu’un critère reste un critère, donc à appliquer en toute circonstance. 
Les sujets d’examen choisis en dehors des programmes officiels (cela est encore arrivé cette année) ne sont pas l’œuvre de professeurs craie en main mais plutôt de professionnels de l’éducation en nette déphasage avec ce qui se fait dans les classes. Où est-ce qu’on est parti les dénicher, et pourquoi ? Mystère et boule de gomme. 
Au total, l’Office du Bac gagnerait à faire ses «Assises» pour se conformer aux «bonnes pratiques» dans le monde en matière d’organisation d’examens. Ce n’est pas compliqué. Les nombreux couacs notés chaque année sont le résultat d’une précipitation et d’un cafouillage de dernière heure au grand dam des élèves et de leurs parents. 
Les résultats du Bac 2009 sont catastrophiques particulièrement pour les séries L1et L2. Si chacun y va avec sa cause – grève des enseignants, programmes inachevés, sujets hors programmes ouverture tardive des négociations entre les syndicats d’enseignants et l’Etat, niveau faible des élèves etc. - il y en a une qui nous semble mériter une attention particulière. Il s’agit du phénomène de la tricherie qui a été exceptionnellement bien maîtrisé cette année. Son «containment» (endiguement en français) est justement la cause des nombreux échecs au bac 2009. Ce phénomène mondial, qui commence à prendre de l’ampleur au Sénégal, risque de gangréner notre système éducatif si l’on n’y prend garde. Beaucoup de nos élèves avaient misé sur la triche pour décrocher le fameux sésame menant aux études supérieures. Certains d’entre eux à l’imagination débridée avaient inventé toutes sortes d’astuces pour tromper la vigilance des surveillants. Il y a même un site Internet répertoriant les trucs et astuces pour pouvoir tricher sans risque de se faire prendre, que nos candidats n’ont pas arrêté de consulter depuis le mois d’avril. 
Chapeau bas à l‘Office du Bac qui a quand même eu le mérite d’avoir su endiguer le phénomène en interdisant les portables et les cahiers de cours dans les salles d’examen. Il fallait y penser depuis longtemps ! 
 
Amath DIALLO - Professeur d’Anglais / amathd@yahoo.fr  
 
L’Afp sur les dérives du régime libéral. 
Avec Wade, «la mal gouvernance parasite tous les secteurs» 
Par Joséphine HEINITZ 
Le Bureau politique de l’Alliance de forces de progrès (Afp), s’est réuni lundi dernier à Dakar sous la présidence de son Secrétaire général, Moustapha Niasse. A cette occasion, il a fait connaître son analyse de la situation actuelle du Sénégal. Selon l’Afp, celle-ci se caractérise par des «dérives institutionnelles», une économie en crise, un «déni de justice dans le secteur social» ainsi que par de graves problèmes rencontrés dans l’éducation et dans la santé. Ainsi, la mal gouvernance préside et «parasite tous les secteurs».  
En ce qui concerne le schéma institutionnel, les «progressistes» s’attaquent à «l’érosion de la démocratie» et le «non respect du principe de la séparation des pouvoirs» par le régime Wade ; cela se manifeste, entre autres, par la réception tardive du nouveau Palais de justice. Pour renforcer leurs propos, ils citent la façon dont a été recréé et composé le Conseil économique et social, qui est le «reflet d’une approche sectaire». L’exclusion des groupements critiques à l’égard de l’Etat-Pds dérive, pour l’Afp, d’un «règlement de comptes» personnels.  
L’Alliance de forces de progrès considère que cette situation est la preuve de «l’incapacité de Me Wade et de son régime à se hisser à la hauteur des exigences d’une crise qu’ils ont eux-mêmes provoquée». Cette crise se traduit d’abord par le ralentissement de l’activité économique qui subit, cette année -compte tenu de l’inflation- une croissance négative. A la remise en cause des grands équilibres macro-économiques s’ajoute une baisse du chiffre d’affaires des entreprises de 10 à 35 %, comme l’atteste le Conseil national du patronat (Cnp). Selon l’Afp, la dette intérieure est estimée à 100 milliards francs Cfa. Non sans préciser son caractère «hors budget». L’Afp explique néanmoins que ces nuances ne changeraient en rien «le drame du vécu quotidien» par les Sénégalais. C’est ainsi avant tout dans le secteur social que les dérives du gouvernement Wade se manifestent. L’Afp mentionne les situations désastreuses dans les secteurs de la santé et de l’éducation ; la récente publication des résultats catastrophiques du Bac en est une preuve.  
Plus loin, le parti décrit un «déni de justice» en faisant référence aux travailleurs de l’hôtel Indépendance et à leur grève de la faim. Selon l’Afp, les «populations meurtries continuent de financer, par leur sueur, le ballet interminable des vautours dont la pérennité du festin se nourrit de la détresse de l’écrasante majorité». La nouvelle hausse des prix des denrées de première nécessité, des hydrocarbures et de l’électricité en atteste. Pour l’Afp, Wade ne montre rien d’autre qu’un «profond mépris envers les Sénégalais» ; ce qui se confirme par le «discours officiel qui nie la gravité et la profondeur de la crise» et la non reconnaissance de sa responsabilité dans la présente situation. Pour le Bureau politique de l’Afp, le cas Bara Tall est une fois de plus une «manifestation des velléités dictatoriales d’un duvaliérisme mort-né empêtré dans la médiocrité, la cupidité et le manque de grandeur». De plus, le parti de Moustapha Niasse charge l’Assemblée nationale «captive» et exige «un bilan contrôlé de l’Anoci, par un audit indépendant qui fasse la lumière sur les 432 milliards déclarés». 
L’Afp fait une interprétation positive de sa victoire aux élections locales le 22 mars dernier ; cette victoire témoigne d’une profonde frustration de la population face au régime actuel. Ainsi, les tentatives de «domestiquer le mouvement populaire» ou de «manipuler les jeunes» à l’aide des Navétanes seront sans succès, car le régime Wade a perdu définitivement les bases sociales. «En trahissant les populations, notamment la jeunesse, les tenants du pouvoir ont brûlé leurs vaisseaux», selon le Bureau politique de l’Afp. Pour ses responsables, «la Coalition Bennoo Siggil Senegaal est aujourd’hui un des symboles de l’espoir du peuple qui réclame l’unité des forces patriotiques, pour emprunter résolument les chemins du redressement de notre pays (…) En effet, l’Afp vit par et pour un idéal qui sera le ciment de toutes les grandes réformes à venir. Elles seront menées ensemble, dans l’unité de Bennoo».  
Stagiaire 
 
ENTRETIENAVEC.…Abdoul Aziz TALL, expert en management. 
Me Wade joue toujours avec les mots avant d’officialiser le report du Fesman. Si plus rien ne cache son profond désir de renvoyer «son» Fesman, il dit attendre le point de vue du Président brésilien. En 2009 encore, le festival n’échappera pas à un renvoi. Qu’est-ce qui explique ce tâtonnement de sa part ? Certes, cet évènement est loin d’être le premier à subir ce sort. Il y a eu le sommet de l’Oci, les élections, etc.  
Pour avoir une explication à cette suite de rendez-vous manqués, Abdoul Aziz Tall, conseiller en management livre une réflexion d’expert, lui qui a été pendant plus de dix ans conseiller de l’ancien Président Abdou Diouf, qui a servi au Bureau organisation et méthode (Bom) de la Présidence. La consultation de M. Tall… 
«Le président de la République gagnerait à affiner son approche dans les prises de décision» 
Selon vous, pourquoi les décisions du chef de l’Etat ne sont pas souvent suivies d’effets ? 
Les théoriciens du management s’accordent à reconnaître que les managers qui passent tout leur temps à prendre des décisions au rythme des rafales d’une mitraillette ont peu de chance d’atteindre les bonnes cibles. C’est dire que, quel que puisse être son domaine de compétence, tout manager doit se convaincre qu’il lui faut s’assurer de toutes les garanties de succès avant de prendre une décision. Avant d’annoncer un évènement, il faut savoir que dès cette annonce les gens attendront, et qu’ils souhaiteraient aussi savoir comment il sera exécuté. Avant de prendre une décision, il faut s’entourer des éléments de prise de décision, au lieu de les prendre sur des bases superficielles. Un dirigeant ne prend pas des décisions sur des bases superficielles. Cela est un préalable. Et il faut le respecter davantage, quand on gère une Nation. D’ailleurs, même quand celui qui n’a aucune responsabilité prend une décision, il doit se prémunir pour que ses décisions ne s’évaporent pas, chaque fois, dans les méandres de la nature, à fortiori pour une personne dont la décision a une implication sur des dizaines de millions de personnes. C’est pour cela d’ailleurs que, selon certains spécialistes du management, manager revient à prendre des décisions ; autrement dit, si on ne maîtrise pas le processus de prise de décision, on ne sera jamais un bon manager. 
Maintenant, pour prendre une décision, il y a toute une démarche à suivre. Un responsable ne doit pas décider au pifomètre, de façon intuitive, encore moins de manière empirique.  
C’est devenu tellement important qu’aujourd’hui, dans les grandes entreprises, les managers ont tout un système d’aides à la prise de décision, auquel concourent beaucoup d’éléments. C’est la combinaison de tous ces éléments qui permet d’identifier là où on doit aller en matière de prise de décision. Si on évite cet aspect, on a de fortes chances de ne pas prendre une bonne décision ou de prendre une décision qui risque de faire long feu. 
Une décision doit tenir compte du caractère politique, parce que c’est cela sa finalité, mais elle doit reposer sur des éléments techniques pour donner de la crédibilité à l’exploitation politique qu’on peut faire de la décision. Si la démarche n’est pas technique, cela finira comme si de rien n’était. Ce qui a forcément un impact négatif sur la finalité politique visée. Quand on en arrive à ne plus faire adhérer les gens aux décisions que l’on veut prendre maintenant ou dans l’avenir, cela fait l’effet d’un retour de bâton. C’est cela malheureusement qui a cours dans le système actuellement.  
Qu’est-ce que cela fait un chef d’Etat qui ne respecte pas ses décisions ou alors que ses décisions ne soient pas exécutées ? 
Cela remet en cause la crédibilité de l’institution que représente le chef de l’Etat qui a besoin d’être crédible. Or, la crédibilité de l’Etat repose sur la crédibilité de la démarche et des propos qui sont tenus par le responsable de l’institution. Quand un chef d’Etat se trompe, c’est tout un peuple qui se trompe avec lui.  
Peut-on dire que c’est parce que le Président n’a pas de bons conseillers que cela se passe ainsi ? 
Je ne crois pas à ceux qui disent que tel leader est bon ; mais que c’est son entourage qui est mauvais. C’est un faux débat ! Dites-moi quel leader vous avez et je vous dirais quel entourage il a ! Ou parlez-moi d’un groupe quelconque et je vous dirais quel leader il peut avoir ! L’un des premiers rôles d’un bon dirigeant, c’est de s’entourer de bons conseillers. Et là aussi, il faut qu’on s’entende sur la définition de «bon conseiller». On a souvent tendance à considérer le bon conseiller comme celui qui va toujours dans le sens de la volonté du chef. Un bon conseiller, c’est celui avec qui vous échangez, qui vous dit qu’il n’est pas d’accord, quand il le faut. Celui auprès de qui vous cherchez une opinion ou une contribution, qui peut soit confirmer votre position ou alors l’améliorer. Quant à ceux qui vont toujours dans votre sens ou qui cherchent même à flairer ce que vous voulez, il est évident qu’ils ne vous conseilleront pas : ils vont vous conforter, y compris dans vos erreurs. 
Quelle doit être la démarche d’un responsable, avant d’annoncer une décision ?  
Il faut d’abord bien identifier le problème. Malheureusement, beaucoup prennent des décisions pour résoudre des difficultés qui n’existent pas en réalité. Il faut donc une adéquation entre la décision qu’on annonce et la réalité du terrain. Le Président décide d’acheter des bateaux taxis pour régler un problème de mobilité urbaine. La question est de savoir si c’est un problème de bateaux, de transport ou d’aménagement du territoire. Ce n’est pas parce qu’il y a la manifestation d’un besoin qu’il faille tout de suite conclure que c’est à cause de tel problème. Pour un manager, ce qui est le plus important, c’est de pouvoir définir les problèmes ; ce qui n’est pas toujours évident. Beaucoup de managers trouvent des solutions à problèmes qui n’en sont pas en réalité. 
Un exemple… 
Je suppose que vous avez quelqu’un qui vous fournit du lait tous les matins pour votre petit-déjeuner. Vous vous rendez-compte quelques temps après qu’il ne vous fournit plus du bon lait. Là, le problème, c’est que vous aviez été privé de bon lait. Que faut-il faire alors ? Vous pouvez décider de changer de livreur, mais d’autres peuvent décider d’acheter carrément une vache laitière. Vous habitez la Sicap et vous décidez d’acheter une vache pour avoir du lait en permanence. Mais est-ce là la bonne solution ? Si vous avez la vache, vous aurez votre lait, mais cela ne fera-t-il pas ressortir d’autres problèmes ? Vous habitez la Sicap : d’abord où comptez-vous mettre votre vache à lait pour qu’elle ne salisse pas le quartier ? C’est un peu ce qui est arrivé avec les bateaux taxis. Il semblerait qu’ils ne font même pas 300 places. Donc, cet effet d’annonce est très minime dans la résolution du problème de mobilité urbaine. La preuve : on n’a même pas lancé les opérations après les avoir annoncées à grandes pompes. Si vous allez à Rufisque, il y a partout des affiches qui annoncent toujours le démarrage des bateaux taxis. Cela devait commencer depuis juillet 2008. Ainsi, la première préoccupation d’un manager, doit être de bien identifier les problèmes avant de décider quoi faire. Une fois qu’on aura identifié la véritable nature du problème, c’est alors que commence la démarche managériale pour aboutir à la solution ; cette démarche qui ne vous garantit pas l’absence d’erreurs, mais vous permet d’en commettre le moins possible. Après l’identification du mal, on doit alors utiliser les outils appropriés pour parvenir à une décision efficace et efficiente.  
En tenant compte du nombre d’évènements non réalisés, nous pouvons dire qu’il y a un problème dans le processus décisionnel. Par conséquent, le président de la République gagnerait à affiner son approche dans les prises de décision pour éviter les contrecoups d’un amateurisme susceptible de discréditer l’Etat. Dans les cabinets de grands hommes d’Etat, ils ont ce qu’on appelle la technostructure composée uniquement de techniciens pour aider aux prises de décision. La politique n’est pas forcement leur préoccupation majeure. Je me souviens d’ailleurs que Abdou Diouf interdisait systématiquement à certains de ses collaborateurs de faire de la politique pour que cela n’ait pas d’influences négatives sur leurs rapports de consultation. 
Quels impactes les décisions non respectées peuvent avoir sur la population ? 
Nous les citoyens avons besoin de sécurité et c’est l’Etat qui nous l’assure. Alors si notre Etat nous a habitués aux décisions imprécises, aux hésitations, à de l’improvisation, nous ne satisferons jamais notre besoin de sécurité, parce que nous nous demanderons toujours de quoi demain sera fait. Aucune déclaration ne pourra plus alors nous rassurer. Quand votre papa vous promet un cadeau et que, chaque fois, qu’il revient du travail vous ne recevez jamais ce présent, vous finirez par vous convaincre que votre père est quelqu’un qui ne dit pas la vérité. S’il vous promet autre chose un autre jour, vous ne pouvez plus le croire et cela est un grand danger. 
Pour qu’une décision soit efficace, elle doit se prendre dans la concertation. L’avantage d’une concertation, c’est au moins un rapprochement entre diverses opinions. S’il se pose un problème, on le met sur la table et chacun donne un avis qui l’engage personnellement. Le rôle du décideur est de tenir compte de l’avis des uns et des autres pour alimenter sa vision. Vous pouvez être très sûr d’une idée que vous avez ; en parler à quelqu’un, il vous sortira une autre version qui peut être un obstacle majeur à votre plan. 
Il y a aussi une phase très importante de la concertation : demander l’avis du citoyen à qui s’appliquent les décisions prises au sommet. Encore que maintenant, on ne parle plus d’administrés pour désigner les citoyens : c’est une conception négative, péjorative et coloniale. Le citoyen est désormais le client de l’administration. Avec les citoyens, l’Etat doit avoir des rapports de fournisseur à client. Du moment où le client doit avoir une exigence de qualité par rapport au fournisseur, aujourd’hui la légitimité de l’Etat repose sur sa capacité à satisfaire ce besoin du citoyen/client. 
A propos du Fesman, j’ai lu sur un site Internet un écrivain qui estimait que ceux à qui on a confié le festival n’avaient pas «une virilité intellectuelle». J’ai, d’ailleurs, bien aimé l’expression. Moi, je n’aime pas juger les gens, parce que je me considère comme plein de défauts, mais j’avoue qu’il n’a pas totalement tort. Dès qu’on a mis en place le Comité d’organisation, je peux jurer maintenant que j’avais pensé que c’est une affaire qui ne marcherait pas. J’avais des appréhensions sur la qualité des hommes qui étaient choisis. Souvent, on se base sur des caractères subjectifs en choisissant des gens qu’on a à la table. C’est souvent l’erreur que les gens commettent en pensant que pour être un bon commissaire au pèlerinage à la Mecque, il faut être un bon arabisant ; c’est un faux problème. Il faut être un bon manager, c’est tout ! Ce n’est pas forcément quelqu’un qui a toujours son chapelet, qui est toujours en Djellaba et qui parle bien l’Arabe. 
Aussi, ce n’est pas parce qu’on est écrivain qu’on peut organiser le Fesman. On a beau faire ; personne ne connaît le Fesman. Les gens ne savent même pas ce que cela signifie. Le mal de cette édition du festival est congénital, car c’est depuis le départ qu’on l’a tué dans l’œuf. Je peux vous jurer que je voyais venir l’échec du Fesman. On devait le confier à des professionnels de l’organisation. Ce n’est pas parce que le gars dit : «Je veux donner corps à la vision du chef de l’Etat», qu’il faut lui confier l’organisation de l’évènement. 
 
Hits parades de l’amateurisme. 
21-07-2009 
Le Fesman de l’Alternance a été reporté. Diantre, ce n’est point une surprise ! La vraie surprise, la gageure dira-t-on, aurait été qu’il ne le soit pas, tellement la constance aura été l’inconstance depuis l’Alternance en passe de battre le record Guinness des reports. Mener un projet dans les délais prescrits et tenir une promesse faite sont des vertus inconnues au royaume de Buur Saluum. Dire et se dédire sans frémir sont devenus un rap râpé sur toutes les aspérités, et qui caracole aux hits parades des amateurs devant l’éternel. Votre calculette risque de boguer, si vous vous aventurez à faire la somme des reports de rendez-vous depuis l’Alternance. Pour ne pas malmener votre compteur, arrêtez-vous seulement à ceux relatifs à des élections, maintes fois couplées, découplées ou accouplées. Au dernier renvoi «fesman-ique». Ajoutez-y, pour faire actu, la dernière farce ratée du «concret Yawo Dial» sur Walf radios et Tv.  
Côté promesses, c’est à rendre dingue le plus lucide des Sénégalais. Du «mafé automatique». L’annonce à grand écart d’un train à grand écartement. Les 7 Tgv, comme les sept merveilles du libéralisme à la sauce sénégalaise. Le tramway, une promesse tramée pour régler l’immobilité morbide à Dakar. La tour Kadhafi, ce World trade center africain. L’oléoduc de sable entre la Mauritanie et le Sénégal. Les inaugurations, encore des inaugurations et toujours des inaugurations chaque mois. Une manne pétrolière à faire du pays de Wade un nouvel émirat ouest africain. Une usine de montage de gros porteurs. Un Yamoussoukro sénégalais niché quelque part entre le Cayor et le Ndiambour. Un second palais de la République à Touba. La corniche de mille et une nuits, «la plus belle d’Afrique». Des emplois à gogo inondant la banlieue. Voilà, entre autres promesses burlesques et débridées, les brouets de l’Alternance auxquels se sont alimentés nos rêves de changement sans changement, neuf ans durant. Avant de céder aujourd’hui aux cauchemars d’un Trésor public anéanti à coups de nébuleuses ponctions par des mains claniques ayant pris la République en otage. Aux taux de croissance en décroissance vertigineuse dans une économie ravagée par des politiques erratiques. Aux inondations politiquement «Jaxaay-isées» et même pas encore résolues malgré le Leumbël, cette danse endiablée et impudique, de milliards. Aux violations régulières de la Constitution dévidée à force d’être aspirée de ses articles et aux autres dispositions fondamentales. Aux expéditions suicidaires de jeunes valides mais invalidés par le désespoir, réduits à aller en quête d’un ailleurs plus nirvanique. Aux délestages qui ravalent les foyers ramenés à l’époque des bougies. Aux manifs éteints par des matraques électriques.  
Mais tous les cauchemars ont une fin, surtout quand la tyrannie de la faim tenaille le peuple aux rêves et promesses trahies, vendangées. La fin de cette faim, c’est cette flamme qui fend la nuit, qui annonce l’aube d’une alternative à l’Alternance. Est-ce donc mars 2009 qui a déjà sonné la fin des promesses loufoques ? En 2012 ? Ou avant ? Aucun dialogue politique ne le dira. Les électeurs sénégalais, si. 
Par Soro DIOP - sodiop@lequotidien.sn  
 
 
Vendredi, jour de grève des pharmacies :Une ordonnance contre l’insécurité et la démission de l’Etat. 
Les pharmaciens du Sénégal ont réagi, après la mort, lundi dernier, d’un neveu d’une de leurs consœurs. Désormais, assurent-ils, ils vont prendre leurs responsabilités à travers un plan d’action qu’ils vont dérouler et n’excluent rien. Pour donner un signal fort, ils vont baisser les rideaux de leurs officines durant toute la journée du vendredi et le lendemain, ils vont adopter leur plan de lutte pour faire réagir l’Etat. 
Ils sont ulcérés, révulsés, remontés suite à la mort, lundi dernier, d’un jeune homme qui tentait de s’opposer à la tentative de cambriolage de la pharmacie de sa tante sise près du canal IV de la Gueule-Tapée. C’en est trop pour les pharmaciens, car depuis 2005, c’est plus de 300 pharmacies qui ont été visitées par des voleurs de médicaments. Et jusque-là, seuls des vigiles étaient blessés dans ces forfaits, mais de là à utiliser des armes à feu pour tirer sur le voisinage, jusqu’à en causer mort d’homme, ça devient exaspérant. Les pharmaciens du Sénégal veulent ainsi rompre avec cette tyrannie, imposée par les trafiquants de médicaments, qui, à leurs yeux, jouissent d’une totale impunité.  
C’est au sortir d’une réunion de crise, hier à leur siège, qu’ils ont annoncé des mesures pour faire réagir les autorités du pays. Pour le moment, précise Dr Aboubakrine Sarr, président du Syndicat autonome des pharmaciens privés du Sénégal, toutes les pharmacies du pays sont invitées à fermer boutique vendredi. Car, ce jour va coïncider avec l’enterrement du jeune homme tué lundi dernier par des cambrioleurs.  
Outre les pharmaciens, les fournisseurs ainsi que les répartiteurs de médicaments sont invités à respecter ce mot d’ordre. Le même jour, ces professionnels de la vente des médicaments sont conviés à se retrouver à 14 heures 30 au siège de l’Ordre des pharmaciens, situé sur la route de Ouakam.  
Pour les pharmaciens qui sont à l’intérieur du pays et qui ne peuvent pas faire le déplacement, ils sont priés de se retrouver ensemble et de manifester leur colère à travers des sit-in. Le lendemain samedi, le président du Syndicat autonome des pharmaciens privés du Sénégal convoque tous ses confrères à une Assemblée générale extraordinaire dont le lieu reste à déterminer.  
C’est au cours de cette Ag, assure Dr Aboubakrine Sarr, qu’un plan d’actions sera étudié et adopté pour contraindre les autorités du pays à prendre des mesures hardies contre le développement des marchés illicites de médicaments, principalement à Dakar et Touba. Aussi, a-t-il demandé à ses collègues d’arrêter d’assurer les gardes de nuit au-delà de 23 heures, parce qu’il y va de leur vie. Avant de faire remarquer que toutes les semaines, ils enregistrent un nouveau cas de cambriolage.  
Son syndicat a d’ailleurs adressé une demande d’audience au Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, depuis plus d’un mois, pour trouver des voies et moyens de résoudre ce problème, mais il n’y a pas eu de suite.  
La décision de cette radicalisation découle donc d’une posture très attentiste jusque-là adoptée par l’Etat. Selon Dr Toutane Ngom Diack, ils ont désormais décidé de se faire entendre quoi qu’il arrive et ils n’excluent rien pour obtenir gain de cause. Pour Dr Diack, l’heure est grave et les pharmaciens ne doivent plus se limiter à la dénonciation, car ce qui est arrivé à la pharmacienne éplorée peut aussi leur arriver prochainement. Cette fois-ci souhaite-t-elle : «Il faut qu’on marque le coup en manifestant notre colère et notre indignation, mais aussi notre déception du comportement des autorités du pays.»  
Mieux, poursuit-elle, il faut que leur mouvement d’humeur ait une connotation nationale avec l’implication de toutes les populations qui sont aussi exposées face à cette montée du «gangstérisme» entourant la vente des médicaments dans les marchés illicites. 
 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 22.07.2009
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