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Source : walf.sn 
 
Selon le Front Siggil Sénégal (Fss), la modification de l’article 27 entre dans le cadre d’une logique, celle du président de la République qui veut installer son fils au pouvoir. La structure promet de ne pas se laisser faire. Elle a, par ailleurs, promis, une fois au pouvoir, de remettre en question le nouveau découpage administratif ainsi que les questions foncières. 
 
Le président de la République veut installer son fils à la tête de l’Etat. C’est la conviction du Front Siggil Sénégal (Fss) qui revenait hier sur la modification par l’Assemblée nationale de l’article 27 de la Constitution que le Front dénonce avec vigueur. Selon le porte-parole du jour l’écologiste Aly Haïdar, le Front va tenir une réunion spéciale ‘pour voir comment résister à cette dérive de notre démocratie’. Le porte-parole du jour réagissait, aussi, à la sortie du président de la République sur les ondes de la Voix de l’Amérique. ‘Le Sénégal n’a jamais mandaté Me Wade pour qu’il se choisisse un successeur’, a laissé entendre le porte-parole du jour. 
 
Le nouveau découpage du territoire inquiète, également, le Fss. Selon Aly Haïdar qui parle de ‘charcutage’, le président de la République découpe le pays à des ‘fins uniquement politiques’. Il estime que le président procède à ce découpage ‘en faisant fi des intérêts des populations, des rapprochements ethniques ainsi que des réalités culturelles’. Revenant sur les différentes manifestations liées au re-découpage territorial et à leur répression, le Front pense que ‘le chef de l’Etat se  
sert de la police et maintenant de la gendarmerie pour terroriser les populations’. Il dénonce le fait que les forces de l’ordre aient tiré sur les populations qui manifestaient leur désaccord. Faisant allusion à ce qui s’est passé en Haïti sous le règne de Duvalier, Aly Haïdar dira que les tenants du pouvoir ‘sont en train de ‘duvaliériser’ le pays’. Aussi précise-t-il, ce découpage administratif sera remis en question une fois que le Front sera au pouvoir. 
 
Les questions foncières seront, de même, remises sur la table par le Fss qui est, par ailleurs revenu sur l’hôpital Aristide Le Dantec et Richard-Toll. Pour ce qui est de Le Dantec qui rencontrerait présentement des difficultés, le Fss croit que la volonté du président de la République est d’asphyxier cet hôpital abritant le Centre hospitalier universitaire. Cela dans le seul but, dit-il, de le ‘rendre impopulaire pour récupérer les terrains’. Rappelant l’ancienne affaire Lamine Guèye, le porte-parole du jour trouve ‘déconcertant et honteux que des gens n’aient pas d’autres préoccupations que celles mercantiles’. Toujours sur le registre foncier, le Fss s’est aussi inquiété du ‘litige’ né à Richard-Toll. Selon le porte-parole du jour, ‘des populations se plaignent qu’on soit en train de récupérer leurs terres pour les donner à des entreprises ou à des amis’. Les leaders du Front Siggil Sénégal déplorent ces situations de tensions sociales qui ne sont ‘pas bonnes pour le pays’. Le Fss rassure que toutes ces questions foncières seront réexaminées quand il sera au pouvoir. ‘Il n’est pas possible que c e gouvernement persiste et continue dans ses dérives’, a fulminé Aly Haïdar. 
 
Enfin, le Fss a abordé l’affaire de la vente des actions que l’Ipres détient à la Sonatel. Et c’est pour s’interroger sur le but et la transparence de cette vente. 
 
Aly DIOUF 
Arrêtons ces agressions insensées contre la presse et les leaders d’opinion ! 
Nous avons l’impression que le destin de nos acquis démocratiques engrangés suite à de longues années de lutte est en train d’être sabordé par l’inculture et l’ ambition iconoclaste d’un clan au pouvoir. La tâche pour rendre raisonnable un homme de pouvoir qui se bat pour conserver son pouvoir à n’importe quel prix pour éviter en cas de chute le retour du bâton n’est pas facile. Le peuple est assailli par de nouvelles inquiétudes face à la politique d’intimidation qu’on n’hésite même plus à transporter à (...) 
Par : Tafsir Ndické DIEYE Ecrivain , lundi 4 août 2008 
Nous avons l’impression que le destin de nos acquis démocratiques engrangés suite à de longues années de lutte est en train d’être sabordé par l’inculture et l’ ambition iconoclaste d’un clan au pouvoir. La tâche pour rendre raisonnable un homme de pouvoir qui se bat pour conserver son pouvoir à n’importe quel prix pour éviter en cas de chute le retour du bâton n’est pas facile. Le peuple est assailli par de nouvelles inquiétudes face à la politique d’intimidation qu’on n’hésite même plus à transporter à l’étranger avec l’agression du journaliste Souleymane Jules Diop. Les mœurs de l’Etat, sous l’ère alternance, se sont empirées ; elles se posent maintenant sous forme d’affrontement entre les véritables préoccupations des populations et les appétits grandissants et incontrôlés d’une nouvelle classe de privilégiés pour qui, la seule liberté qui doit désormais exister est celle de subir, sans broncher, leurs pratiques avaricieuses, leurs dérives insolites et leurs initiatives antidémocratiques de conservation du pouvoir. Cet affrontement, la démocratie y a tout à perdre dans les conditions actuelles de tentatives de musellement de la presse et de fuite en avant d’un grand nombre d’intellectuels qui semblent avoir la peur au ventre ou l’opportunisme en bandoulière. Quant au secteur religieux, n’en parlons pas ! Beaucoup de ses voix autorisées sont devenues aphones. Pourquoi ? Allez-y savoir ! 
La résistance qui pourra sauver la démocratie du gouffre dans lequel on s’évertue vaille que vaille à la plonger sans gène ne peut plus être seulement l’affaire des partis politiques et de la société civile. Elle ne pourra venir que d’un élan populaire patriotique, républicain, dépouillé de tout habit de la politique politicienne. Cet élan ne pourra se réaliser que lorsque le peuple sera conscient parfaitement de son droit d’être le premier rempart contre les agresseurs de sa démocratie. D’où la pertinence de l’existence d’une presse libre et républicaine. Il ne s’agit pas d’un combat à diriger contre des individus mais contre l’abattage organisé du bon sens, de la morale et de l’éthique ; des valeurs sans lesquelles, le réveil sera brutal. Le règne sans partage de la médiocrité et de l’impunité mène sans conteste à l’anarchie. L’Etat ne doit pas être le cimetière des libertés ni « le mal radical » comme le pensent certains anarchistes tels que Bakounine, Kropotkine, les français Elisée Reclus et Jean Grave. Crions haro sur tous ces fossoyeurs de la République, sur toutes ces inepties de leur boulimie du pouvoir. Ce pays a une longue tradition de lutte démocratique dans laquelle, l’actuel président de la république a joué un grand rôle. Aujourd’hui, serait-il amnésique au point d’oublier comme le concevait Hegel que « la contradiction est le moteur de l’histoire » ? Ce n’est pas un catastrophisme que nous faisons, c’est un pressentiment que nous avons : l’intronisation d’un régime monarchique n’est plus loin. Cependant, méfions nous de certaines certitudes du genre : « le peuple accepte tout… tout le temps ». Une telle certitude est une fable qui ne sert que la naïveté de prétentieux au pouvoir ; sa route mène au désordre. Elle a jeté dans la géhenne de la désillusion plus d’un grand dictateur. 
Endiguons les votes de lois impopulaires et antidémocratiques ! Cela conforte l’idée que nous ne sommes plus en république mais dans une tyrannie. Le forcing effectué pour modifier l’article 27 est honteux et témoigne du mépris nourri envers la souveraineté du peuple. Cette façon de plaisanter avec la constitution est dangereuse. La charte fondamentale d’un pays n’est pas un jouet. Stoppons l’instrumentalisation de nos institutions qui rende douteuse leur impartialité, surtout celle de la justice ! Encore une fois, réduisons le train de vie de l’Etat qui affecte gravement l’infime possibilité qui reste au panier de la ménagère ! Cessons les intimidations, les menaces, les insanités pour nous occuper concrètement de la recherche de solutions aux innombrables pénuries du pays ! 
Arrêtons ces agressions insensées contre la presse ! Ce n’est pas de cette façon qu’on va réussir à la détruire. Les journalistes sont des patriotes au service de leur nation et il en sera ainsi pour toujours. Cette déraison ternit l’image du pays et en premier lieu celle de son président. On n’aide pas un président en dressant son pouvoir contre la presse de son pays. On ne renforce pas un président en multipliant les foyers de tension dans son pays. Aucun président ne s’élève en l’acceptant ou en l’initiant lui-même. Ceci est le fort de certains va-t-en-guerre promus par inadvertance à des fonctions élevées au sommet d’un l’Etat et qui, de moralité douteuse et à court d’arguments intellectuels pour mener à bien leur mission, n’ont que l’arrogance à la bouche et les biceps pour masquer leur carence. Ceux qui auraient encore envie de se rabaisser au rang de pourvoyeurs émérites d’attaques pourront toujours continuer à faire de l’hypocrisie leur gagne pain quotidien ; leur ventre a pris le dessus sur leur dignité. 
Le militantisme politique est une chose, la gestion de l’Etat en est une autre. La dévalorisation de certaines fonctions étatiques par la nomination d’incompétents, de véritables incarnations de contres valeurs porte de graves préjudices à la santé d’une république et à l’équilibre d’une nation. Une bonne conduite des affaires publiques nécessite, entre autres, deux choses : rigueur et souplesse. Apprivoiser ces deux extrêmes lorsqu’on est une tête bien faite rassure sur l’avenir de la cité. Lorsqu’on a combattu pendant vingt six ans pour la démocratie, on doit être beaucoup plus regardant sur le choix de ses priorités et de ses proches collaborateurs. On doit se méfier comme de la peste de l’homme qui s’enivre, face à son ambition égoïste, de ruses et de mensonges et qui prétend, derrière ses masques, détenir l’intelligence et la sagesse ; c’est un imposteur. On mérite mieux que d’être entouré de bricoleurs et de larbins. On n’a pas non plus le droit de se tromper d’adversaire : le sous développement chronique de son pays. 
Cultiver l’esprit de tolérance en étant ouvert à la critique non pas pour les autres mais d’abord pour soi-même, met l’individu au dessus des petitesses telles que les réactions épidermiques, la rancœur et la vengeance. Cela purifie le cœur, offre à l’homme les vertus du sourire lorsqu’il est profondément sincère et généreux. Evitons les attaques politiciennes discourtoises contre les institutions internationales ; on se leurre souvent en pensant tromper son monde. Il n’y a pas de secret, les solutions à nos difficultés viendront de nous-mêmes. Autrement, comme disait Aimé Césaire : « La détresse ne se lassera pas de jouer à saute-mouton avec les cratères, même si elle s’attendrit le temps d’un éclairement à quelque épanchement de volcan suicidaire. » 
Tafsir Ndické DIEYE Auteur de polars et de poésie dont Odeur de sang (polar) et Silence ! On s’aime (poésie) Editions Le Manuscrit Paris mars 2008 ndickedieye@yahoo.fr 
Redaction Xalima, mardi 5 août 2008 
Source : ferloo.com 
 
Abdoulaye Wade a imposé aux députés de l’Assemblée nationale un règlement intérieur pour le congrès et en leur défaveur. Il vient de leur faire voter la modification de l’article 27 de la constitution contre tous les avis d’expert des constitutionnalistes sénégalais et même des rédacteurs du texte fondamental. Wade conduit-il, en rouleau compresseur, un projet de legs de son pouvoir ? En tout cas, il montre une détermination sans faille pour imposer ses options à son parti, ses alliés et l’opposition. 
 
Désormais, la question de la succession de Wade est à l’ordre du jour. S’il y a encore quelques scrupuleux à hésiter d’en parler, ils ont tort : Wade y travaille. Ce ne sont pas uniquement ses multiples chantiers, routes et autres édifices publics qui lui donnent du souci pour occuper une bonne place dans le legs. La préoccupation première du chef de l’Etat est le successeur, celui à qui il souhaite laisser la place quand il quittera le pouvoir. A force de « tuer » ses enfants politiques, Wade a créé un désert si aride autour de sa personne que forcément, il lui faut aujourd’hui, faire son choix sur la personne élue de son cœur et lui mettre le pied à l’étrier car le temps presse. Ceux qui étaient hier, ses plus proches sont aujourd’hui, des hommes éloignés du premier cercle du pouvoir. Seck, Ngom, Macky, Dias, etc. ne sont plus dans les grâces présidentielles ou sont hors du pouvoir. Pire, Wade n’a pu sortir de sa manche aucun autre homme ou femme ayant le potentiel politique pour lui succéder.  
A moins que Karim, son fils, soit l’élu malgré ses handicaps sur le plan politique. 
 
Karim serait-il le choix de Wade pour sa succession ? Les indices ne manquent pas pour conforter cette opinion de plus en plus partagée aussi bien par les proches de Wade que les opposants au régime libéral. La preuve ? Wade n’a pas plus de numéro deux au sein du PDS et son chef du gouvernement n’a pas le profil pour l’emploi. L’éviction de Macky du poste de numéro deux du PDS a permis de mesurer à quel point le président Wade avait hâte de plonger son ancien Premier ministre et directeur de campagne dans la disgrâce. Pour une faute qui n’en était pas une, il a mis en ordre d’attaque tous ses lycaons pour manger cru l’ancien Premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale. Sans obtenir la peau du président de l’Assemblée nationale, il parvient tout de même à laisser vacant le poste de numéro deux. 
 
En outre, il mit tellement de férocité dans l’affaire que sans doute la peur s’est bien incrustée dans les rangs des leaders du PDS. Mais la résistance du président de l’Assemblée nationale surprit. Sans doute parce que celui-ci ne céda que du bout des lèvres face à Wade, le chronogramme de la succession a été révisé. Celui-ci vient donc de redémarrer avec la votation des lois constitutionnelles cinq mois après la paix armée entre le patron du PDS et son ex-numéro deux. Etape essentielle pour mesurer si la résistance au projet de Wade est toujours aussi solide, la tenue bien que chahutée du congrès a rassuré. Car Wade a imposé le bureau du Sénat comme bureau du congrès avec le but d’humil ier le président de l’Assemblée. 
 
L’étape suivante a été le vote de la révision de l’article 27 de la constitution. Hors les manifestations du Front Siggil Sénégal et de l’opposition parlementaire soutenue par un petit groupe de libéraux, ce projet si contesté a été voté par l’Assemblée nationale sans difficulté. Comme si celle-ci est rentrée dans les rangs après la saute d’humeur au sujet de la prééminence du Sénat sur elle au congrès. Alors Wade a-t-il définitivement maté l’Assemblée ? Macky Sall a-t-il jeté l’éponge ? Les « pétages » de plomb de Mbaye Ndiaye, Moustapha Cissé Lô, etc. n’ont-ils été que de l’agitation stérile ou les soubresauts d’une phalange libérale à l’agonie ? En mettant en demeure les députés libéraux de se mettre en rang derrière Papa Diop président du Sénat et de voter ensuite la révision de l’article 27 sans murmure, le président Wade peut désormais enclencher sur la deuxième étape de son projet d’installer Karim au palais de la Présidence de la République. La succession par Karim Wade est désormais lancée. Comment Wade compte-t-il y parvenir ? 
 
De sources sûres, le principal concerné a informé une puissance occidentale, par l’intermédiaire d’un de ses agents, qu’il veut succéder à son père. Après avoir donné des gages sur la sauvegarde des intérêts occidentaux au Sénégal qui ne pâtiront pas de l’arrivée des Arabes et Asiatiques, il a décliné le plan de succession. Le projet tel que décliné n’est pas inédit. Il s’agit de remettre à l’ordre du jour l’article 35 qui avait permis à Abdou Diouf de succéder à Léopold Sédar Senghor. Evidemment, la formule exacte n’a pas été indiquée, le chronogramme non plus. Mais des indices laissent entrevoir le process d’installation de Karim Wade sur le fauteuil présidentiel. La stratégie est usée : la terre brûlée. Depuis 2000, le président Wade s’acharne à néantiser son opposition et les libéraux qui auraient le profil pour aspirer au fauteuil présidentiel. Apparemment, il y a réussi, du moins dans son camp, en réduisant à rien la quasi-totalité des hommes qui lui ont été proches. Il y a réussi d’une certaine manière parce que l’opposition ne réussit pas à élever son discours pour bien le contrer. Enfin, il est parvenu à « patrimonialiser » les institutions. « C’est ma république, c’est mon Etat, ce sont mes députés et mes sénateurs », dit-il souvent à des interlocuteurs sidérés par la chosification du pays. Il avait choqué les Français au plus haut niveau quand suite à l’annonce de la renégociation des accords de défense, il avait déclaré que si la France retire ses troupes du Sénégal, « je reprends mes (sic) terres ». 
 
Face aux chefs religieux lors de la visite du Khalife de Touba, Serigne Bara Mbacké, le président est monté d’un cran et n’a pas pris de gants pour dire tout haut à l’assemblée qu’il n’a plus besoin de personne parce qu’il est le président de la République élu et réélu, qu’il est le chef absolu du pays et que donc, s’il s’agenouille devant son marabout, ce n’est certainement pas parce qu’il a besoin de lui pour quelque intérêt politique, car il possède tout dont il a rêvé. Tout cela a été dit devant les caméras et les chefs religieux de toute obédience. Sans ciller ! Personne n’a relevé comme si le président Wade rappelait à des vassaux qu’il n’a point besoin d’eux sauf pour les apparats. Evidemment, la conception de son titre de chef de l’Etat n’épouse pas celle de tous les Républicains. Il a une approche possessive du pouvoir présidentiel parfaitement conforme à la royauté. Il vient de le démontrer avec la tenue de la première session du congrès et le vote de la révision de l’article 27 de la constitution. Il va donc continuer avec la mise en scène d’une succession jus sangunus. Les textes, pour cela, seront modifiés à bon escient. Comment insérer dans la constitution un article 35 à la version Abdoulaye Wade ? Les formules sont nombreuses. Mais la porte dérobée qui permettra de faire tout passer, c’est la fin de l’élection présidentielle au suffrage universel direct. La seconde porte dérobée, c’est la constitution d’un congrès où deux chambres nommées (le Sénat actuel et le Conseil économique et social) viendront noyer totalement les députés élus. Avec un tel congrès, toutes les lois seront votées sans difficulté. Toutes les réformes pour légaliser une succession, sans passer par les urnes, passeront. Un Vice-Président pourra être nommé et devenir le bénéficiaire direct d’une vacance du pouvoir. Le président pourra organiser une élection anticipée sans avoir à démissionner. Bref, tout sera possible légalement. 
 
Dès lors que Karim veut succéder à son père, le père fera tout pour que ça passe. Et toutes nos informations nous assurent que le petit veut le pouvoir … « officiellement ». Parce qu’il a déjà l’essentiel du pouvoir actuellement parce que rien ne se décide et ne se fait sans son accord. 
NETTALI - « (La) politique de mise au pas, odieuse et cynique, consistant à cadenasser les libertés de la presse et à instituer une police des idées, est vouée à l’échec », a estimé le Secrétaire général du Parti socialiste dans un communiqué de presse daté du 2 août dernier. 
 
Cependant, cette velléité du pouvoir libéral et de ses alliés fait « face à l’exigence de justice et de vérité que lui opposent les journalistes déterminés à poursuivre leur travail avec responsabilité et professionnalisme », a soutenue Ousmane Tanor Dieng 
 
Depuis Tunis où il représente le P.S au congrès du Rassemblement constitutionnel démocratique de Tunisie, M. Dieng dit avoir appris que le régime d’Abdoulaye Wade « continue de montrer la face hideuse de son despotisme en instrumentalisant certains éléments de la police dans une traque acharnée contre la presse ». Le secrétaire général du Ps ajoute qu’il ne fait « aucun doute que cette persécution dont sont victimes les journalistes cache une volonté, empruntée aux sinistres régimes tortionnaires, de museler et d’écraser une presse privée devenue gênante pour un pouvoir aux mains de forces aveugles et malveillantes ». Ousmane Tanor Dieng pense que le combat du Comité pour la Protection et la Défense des Journalistes « symbolise l’engagement citoyen au service du refus de la violence d’Etat retournée contre le peuple souverain à travers des formes d’abus inacceptables dans un Etat de droit ». Il a appelé « tous les citoyens sénégalais à soutenir, à amplifier et à s’investir dans ce combat car au-delà  
e la lutte pour le respect des libertés de la presse, il s’agit d’un combat pour mettre fin à l’impunité ambiante et pour éradiquer la spirale de la violence légalisée, décrétée et inspirée par les plus hautes autorités de l’Etat, afin de faire droit à la nécessaire protection de l’intégrité physique des citoyens garantie par l’article 6 de la Constitution ». 
 
M. Dieng au nom du P.S exprimé sa « solidarité » et sa « sympathie » aux journalistes après la saisie avant parution de l’édition de l’AS du vendredi 1er août 2008, puis « l’incursion inacceptable » d’éléments de la police dans les locaux du journal « Le Populaire », ainsi que la convocation à la Dic de Mamadou Thierno Talla, directeur de publication du quotidien « L’As », Daouda Thiam, journaliste à « L’As » et El Malick Seck, directeur de publication du quotidien « 24 Heures ». 
Source :africanglobalnews.com 
 
Les énormes sacrifices qu’il a consentis pour faire accéder Me Abdoulaye Wade au pouvoir ne lui ont pas conféré la place qui devait être la sienne durant ces huit années de règne libéral. Lamine Bâ en est convaincu. Mais, moins que son statut actuel au sein du Parti démocratique sénégalais (PDS) et ses entrées et sorties successives dans le gouvernement, il se dit plutôt préoccupé par la manière dont la vision du Président Abdoulaye Wade est en train d’être dévoyée par ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre. Entretien 
 
La Sentinelle : Compte tenu de votre parcours, vous êtes l’un des rares technocrates à avoir accompagné Me Abdoulaye Wade au pouvoir. Aujourd’hui, au moment de la gestion du pouvoir, on ne sent plus Lamine Bâ comme étant membre du « système ». Comment expliquez-vous cela ? 
 
Dr Mamadou Lamine BA : Vous m’avez qualifié de technocrate et vous n’avez pas tort, car même si je suis un homme politique avec un parcours militant de plus d’un quart de siècle, malgré mon âge relativement jeune, je ne vois pas en quoi un fonctionnaire qui a fait Bac + 3 est plus technocrate que certains comme moi qui avons fait Bac + 7. Donc arrêtons de nous pomper l’air avec cette idée de technocrate. La politique a été de tout temps l’affaire des hommes politiques et des intellectuels. C’est encore mieux s’ils sont technocrates et le PDS en regorge mais très peu comme osés s’afficher et s’assumer. Mais dites moi, quel fonctionnaire ou soit disant technocrate, a osé accompagner publiquement  
ître Wade pendant ces 25 années de traversée du désert ? Notre Parti et nos cadres dignes, étaient plutôt préoccupés dans l’opposition par le combat pour leur survie devant l’ogre socialiste. Parce qu’à l’époque, quiconque se réclamait intellectuel dans le PDS était une sorte de trésor qui était pourchassé par le Parti Socialiste pour être récupéré ou détruit. Mr Tanor Dieng avait, à l’époque, avec le Président Abdou Diouf, un projet de démantèlement du PDS. Il fallait bien se camoufler. Beaucoup ont cédé à l’appel des sirènes, certains sont partis rejoindre Abdou Diouf. Par la grâce de Dieu, j’ai réussi à passer entre les mailles du filet et je n’ai jamais quitté Me Abdoulaye Wade jusqu’à son accession au pouvoir. Dans ce parcours, nous avons laissé beaucoup de plumes, il y a des gens qui étaient découragés, qui n’ont pas pu tenir. Au finish, nous sommes arrivés au pouvoir avec très peu de cadres. Je me souviens, le comité directeur était alors composé de 12 membres seulement. Bien des cadres qui se bousculent aujourd’hui aux premières loges avaient déserté, quitté le navire en pleine tempête. Le Parti a, certes passé l’éponge, mais n’a pas oublié car la trahison, la désertion ne peuvent pas être des vertus. Il y a certaines personnes qui veulent revenir par la grande porte en voulant faire table rase du passé ou oublier l’histoire. Cela ne s’est quand même pas passé au moyen âge pour être oublié ; cela fait moins d’une décennie. Cependant, la politique est certes l’affaire des cadres, mais c’est surtout l’affaire des militants de b ase et des masses. Parce qu’un cadre n’est pas forcément celui qui a fait l’université, quelqu’un qui sait lire et écrire, etc... Et de ce point de vue, nous avons eu beaucoup de cadres intermédiaires et de Sénégalais engagés qui ont accompagné Me Abdoulaye Wade jusqu’à ce qu’il arrive au pouvoir. 
 
Quand nous sommes arrivés au pouvoir, notre ambition n’était pas de le gérer seuls. C’est évident. Je me souviens d’une phrase de De Gaulle qui disait à ses collaborateurs, à la veille de la formation de son gouvernement au sortir de la deuxième guerre mondiale : « tous ont servi Pétain : les postiers, les gardiens de phare, les géomètres assermentés, les cheminots, les Préfets, les sous officiers, voulez-vous que je les révoque du jour au lendemain, comment fonctionnera l’Etat, alors, avec quels hommes ? ». Nous aussi, sommes sortis de 40 ans d’un régime socialiste, il fallait nécessairement travailler avec l’Administration dont on a héritée dans laquelle on trouve, somme toute, d’honnêtes et de braves citoyens… 
 
Mais on retrouve aujourd’hui au cœur du pouvoir presque tous les barons de l’ancien régime qu’on désigne sous le vocable de transhumants… 
 
J’avoue que l’une des plus grandes incompréhensions entre beaucoup de Sénégalais et l’alternance, c’est qu’elle a permis le retour par la petite fenêtre de certaines personnes très chargées, parce que incarnant la face hideuse de l’ancien régime que le peuple avait rejetées. Pour ma part, j’estime que c’est un problème et il faut avoir le courage de le dire. C’est vrai qu’il fallait travailler avec tous les sénégalais honnêtes et compétents, mais de là à faire revenir les barons usés et périmés du parti socialiste dans notre jeune parti, moi cela me pose un problème. Je suis convaincu que certains Sénégalais nous en veulent pour avoir fait revenir des gens qu’ils avaient chassés en 2000. Mais la politique a des logiques que quelques fois, ceux qui l’appliquent ne comprennent pas. 
 
Certainement, l’humanisme et la tolérance qui caractérisent le Président de la République n’y sont pas étrangers. Mais ce n’est pas une raison pour certains d’en abuser, en se bousculant aux premières loges, feignant oublier ce qu’ils ont fait à ce peuple il y a moins de dix ans. Surtout, qu’il y a parmi ceux-là, des gens qui passent toute la journée à sourire au Président de la République, à lui faire des éloges et qui, dans les salons de Dakar, le soir, passent le reste de leur temps à le critiquer. Certains vont jusqu’à insulter notre parti, en le qualifiant de parti de nullards, d’incompétents. Je ne peux pas accepter cela. 
 
Vous voulez dire que vous vous sentez aussi sinon plus méritants que ceux qui sont aujourd’hui dans le gouvernement pour occuper un poste ministériel. 
 
Etre dans un gouvernement relève de la volonté exclusive du Président de la République ; c’est son pouvoir discrétionnaire, je ne saurais rien revendiquer dans ce sens, mais, j’estime que quand un parti est majoritaire à toutes les élections : présidentielles, législatives et locales, rien ne s’oppose à ce qu’il forme un gouvernement avec ceux qui lui ont donné cette majorité. Je le dis et le répète, technocrate pour technocrate, je préfère un homme politique qui comprend la vision de notre leader et qui est capable de la porter et de la traduire en termes de développement économique et social. En tout état de cause, pour nous, qui avons eu la chance de cheminer à côté du Président Wade, pendant 25 ans, ce fut un énorme avantage, certes, douloureux, d’avoir parcouru le pays de long en large et épousé sa vision pendant toute notre jeunesse. Comme on dit en wolof : « khol lou ci njëk teujou ci » (Je suis l’homme d’une seule conviction, ndlr). Nous sommes des libéraux de conviction non de circonstance ou de conjoncture, nous avons cru en ce combat pour la liberté, la démocratie, l’engagement politique pour contribuer aux solutions nécessaires devant les problèmes économiques et sociaux des Sénégalais. Nous avons tellement cru en cela que nous le faisions avec nos propres moyens, bravant toute forme d’humiliations et de privations au moment où le PS, au pouvoir, disposait de beaucoup d’argent. Chacun allait dans son fief avec ses propres moyens, sa propre stratégie pour faire adhérer les populations à la vision du Président Wade. 
 
Meïssa Sall, un responsable libéral de la première heure, a déclaré qu’il tolère mieux l’arrivée d’anciens responsables du Parti socialiste que le retour des libéraux qui avaient quitté le PDS avant l’alternance. Etes vous d’accord ? 
 
Vous savez, la désertion est un acte de trahison. C’est passible de la haute cour de justice, si on parlait en termes d’Etat. Personnellement, je ne supporte pas les traîtres. Et en ces moments-là, ce n’était pas seulement notre parti qui souffrait de cette trahison, mais le peuple sénégalais tout entier. Lui, qui, unanimement debout comme un seul homme, ne voulait plus du parti socialiste. Dès lors, quiconque s’était mis au travers de cette volonté du peuple, n’est rien d’autre qu’un traître. 
 
Le Président Wade, au nom d’un grand parti libéral, est en train de faire revenir ces anciens libéraux qui avaient « déserté ». Qu’en pensez-vous ? 
 
Il faut savoir faire la différence. Il y a parmi ceux-là des gens, qui, pour des raisons politiques, avaient quitté le parti à l’issue d’un débat interne et de guerre de positionnement qui ne leur était pas favorable. Ils ont opéré un choix politique qu’ils ont assumé. D’autres avaient été exclus pour avoir enfreint le règlement intérieur du parti. Moi, je parle des gens qui ont quitté dans l’année qui a précédé l’alternance, qui ont voulu empêcher l’alternance en s’alliant à Diouf. 
 
Vous voulez parler exactement de qui ? 
 
Je me garderai de citer des noms, chacun se connaît. C’est un débat qui est dépassé. Mais ce qu’il y a lieu d’éviter, c’est de responsabiliser à outrance, ce type de personnages qui, devant la tourmente, devant les difficultés, tombent dans l’instabilité psychologique, psychique. Un homme politique doit avoir les nerfs solides, un mental de fer, pour pouvoir supporter, selon les circonstances, les affres de l’opposition tout comme les délices du pouvoir. Je crois que responsabiliser ce genre de personnages fragiles peut constituer un danger pour un parti comme pour un Etat, car ils peuvent agir ou réagir sur un coup de tête, un coup de cœur ou un coup de gueule. 
 
Le Président Wade reproche au PDS de ne pas prendre sa défense quand on l’attaque. Qu’en pensez-vous ? 
 
Il a raison. Mais les personnes, à qui ça s’adresse, se connaissent. Ceux qui l’avaient défendu, depuis les années 80, continuent de le défendre. Je ne suis pas sûr qu’un technocrate qui est là pour son salaire de fin de mois, pour sa carrière personnelle, qui n’a jamais eu une ambition ou une conviction politique avouée, puisse défendre le Président de la République. C’est mon sentiment personnel et je l’assume haut et fort. Nous défendons le Président de la République autant que nous pouvons. En tout cas, je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut défendre le chef de l’Etat parce que ce qu’il est entrain de faire est bien pour le pays et pour l’Afrique. Sa vision est claire et nette. Maintenant, s’il y a d’autres qui sont incapables de le défendre bien qu’ils siègent à côté de lui, bien qu’ils soient dans le secret des Dieux, c’est leur problème. Personne ne doute que le Président ait une ambition pour notre pays, avec une vision claire et nette de ce que le Sénégal doit être. Est-ce que certains membres du gouvernement comprennent cela, je n’en sais rien, ce n’est pas à moi de les juger. Nous autres hommes politiques et grands responsables de son parti, le défendrons autant que nous pouvons, avec les moyens et les informations dont nous disposons. Mais comprenez que beaucoup d’entre nous ne sommes pas au cœur des centres de décision. Sont interpellés ceux-là qui sont dans son entourage immédiat, qui sont au cœur de l’information et des décisions. Il ne faut pas que le PDS soit le dindon de la farce. Tous ces Trotskistes, communistes et autres socialistes drapés du manteau bleu qui ont réussi à s’accaparer de notre leader, doivent aussi monter au créneau même si cela me paraît inconfortable pour eux de défendre un projet et un homme en qui ils ne croient pas, mais autour de qui ils rodent juste pour les senteurs et les saveurs du pouvoir. 
 
Comment expliquez-vous votre présence en dents-de-scie dans le gouvernement depuis l’alternance ? 
 
Cela ne m’est pas propre. De 2000 à maintenant, il n’y a aucun cadre du PDS qui peut se targuer d’avoir participé de manière régulière à tous les gouvernements. 
 
Mais je ne cherche pas à comprendre pourquoi j’entre et pourquoi je sors, parce que la nomination d’un ministre relève de la volonté et de la discrétion exclusive du Président de la République. Ce que je sais, c’est que jamais dans l’exercice de mes fonctions, il ne m’est arrivé de poser un acte qui soit contraire aux intérêts du Sénégal, de mon parti et du Président qui m’a nommé. Suis-je victime de complot, d’intoxication, de guéguerre ? Je n’en sais rien. Mais, quoi qu’il advienne, cela ne me perturbe en rien, je reste et demeure un disciple du Président Wade, prêt à le servir dans la loyauté, l’honnêteté, jusqu’à mon dernier souffle. Mais comme disait De Gaulle, alors que son parti, le RPF, était dans la tourmente et son pays, la France, dans le bourbier algérien : « On ne peut empêcher aux agitateurs de s’agiter et aux comploteurs de comploter », mais la consolation, c’est que demain, il fera jour… Et dans tous les cas, je suis un libéral. Et mon obsession, c’est ma liberté. Je suis un homme libre, je l’ai été avant l’alternance, je le suis aujourd’hui et j’entends le demeurer. Maintenant, les petites combines de politiciens de quartier, il faut faire avec. Parce qu’il y a des gens qui n’ont que cela. Ils n’ont pas de faits d’arme, ils n’ont rien à faire prévaloir devant les Sénégalais. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est comploter, combiner pour rester à leur poste. Dieu, merci que je ne sois pas de cette catégorie. 
 
Avec Idrissa Seck, alors numéro deux du PDS, on avait tenté d’expliquer votre mise à l’écart par les relations houleuses entre vous deux. Aujourd’hui, qui est celui qui tire les ficelles pour vous empêcher d’intégrer le cercle des décideurs au PDS ? 
 
Je ne cherche pas à savoir qui tire les ficelles. De toute façon, qui qu’il soit, il ne tardera pas à s’emmêler dans ses propres ficelles, sous ses propres pieds. Quand on est en politique et qu’on n’est pas sincère, cela peut payer au coup sur coup, mais tôt ou tard, la vérité va finir par triompher. Chaque fois qu’un numéro deux de notre parti a commencé à dériver, à prendre le large, j’ai attiré l’attention, alerté et alarmé. A chaque fois, j’ai été mal compris et jeté en pâture, mais après, l’on s’est rendu compte du danger que je montrais. Je ne suis pas politologue et militant du PDS pendant plus de 25 ans pour rien. Au lieu de m’écouter, on s’est contenté de me traiter de frondeur, de grincheux, de mécontent, de frustré ou que sais-je encore … Au bout du compte, c’est la haute cour de justice, la DIC, la fronde à l’Assemblée Nationale, les pétitions, les rebellions politiques… En ce moment, c’est le désordre total : des clans, des courants et des contre courants, des sous partis dans le parti, des insurrections internes, une désobéissance politique presque généralisée : un véritable « lambou golo » (jeu de dupes) et personne ne sait pourquoi et au nom de quoi et au nom de qui. Si l’on nous avait écouté au tout début, on aurait organisé le parti, calmé les ardeurs, donné à chacun les responsabilités qui correspondent à son profil et laissé les gens travailler pour le pays. Mais je ne doute point que le Président saura, le moment venu, remettre de l’ordre dans tout cela. 
 
Autant dans le gouvernement, vous ne pouvez avoir une présence régulière, autant aux Parcelles assainies dont vous êtes le secrétaire général de section du PDS, vous n’avez pas encore réussi à être le maire. Le Président vous a préféré à Tété Diédhiou, puis à Mbaye Ndiaye…Comment l’expliquez-vous ? 
 
Il n’a jamais préféré quelqu’un d’autre à ma place. Il n’avait pas le choix. Les gens ont tellement intoxiqué et comploté qu’il a fini par accepter le fait accompli tout en demeurant convaincu que cela n’entamera en rien l’affection que j’ai pour lui et mon engagement militant. Saviez vous que, j’ai investi entre 1990 et 2000, plusieurs dizaines de millions de F Cfa, au plan social, au niveau des Parcelles assainies pour aider les populations, les militants paupérisés du PDS d’alors, y compris ceux qui m’insultent aujourd’hui ? Je les ai tous aidés, à un moment ou à un autre, à cause du Président Wade, au nom du Président Wade et pour le Président Wade. Mais hélas, que voulez-vous, l’ingratitude est une contre valeur qui a pas mal d’adeptes chez nous. 
FACE AUX MULTIPLES « AGRESSIONS » DONT SOUFFRENT LES POPULATIONS Le Rta/s pour une riposte contre le régime de Wade  
par Bacary Domingo MANE , mardi 5 août 2008  
Le Rassemblement des travailleurs africains /Sénégal (Rta/s) assimile le régime de Me Wade à un « régime de mercenaires politiques » qui fait de « l’agression » un mode de gouvernance. Pour ce parti, ces agressions sont multiformes et touchent les journalistes, le pouvoir d’achat des masses, les institutions nationales et africaines. Et devant une telle situation, le Rta/s demande à y faire face. 
« De ce fait Wade et son régime de mercenaires politiques apparaît de plus en plus comme un régime d’agresseurs. Chaque jour qui passe confirme une telle assertion. La violence du verbe le dispute à celle des mesures administratives ou policières », renseigne un communiqué du Rassemblement des travailleurs africains /Sénégal (Rta/s) du Pr El Hadj Momar Samb. C’est pourquoi ce parti estime que le moment de faire face approche de jour en jour : « Wade et son régime de mercenaires politiques continuent de pousser contre le mur la patience des masses populaires et de forces démocratiques. Ce faisant, ils créent les conditions d’un face à face et d’une riposte à la hauteur de son autisme politique. En effet, quand les masses auront le dos au mur, il ne leur restera plus qu’à faire face, pour ne pas mourir. Et il se rapproche de plus en plus le temps de faire face à l’agresseur et à ses mercenaires » Pour El Hadj Momar Samb et ses camarades ces agressions contre les populations sont multiformes. 
Les journalistes passent à la trappe 
Il y a cette bastonnade des journalistes Boubacar Campbel Dieng et de Kara Thioune qui « serait perçue comme une bavure policière énorme, mais une bavure tout de même, n’eussent été les prises de position et des Ministres de L’Intérieur, de celui de l’Information et du Président Wade lui-même estimant que l’agression était le fait des journalistes, pas des policiers. Cette attitude en dit long sur les prémisses qui ont été à l’origine d’une agression aussi sauvage que rien ne saurait justifier ». Mais à y voir de près, « dès sa prise du pouvoir, Wade s’est ingénié à dérouler une politique d’intimidation de la presse, en faisant convoquer systématiquement les directeurs des organes récalcitrants à la DIC, en arrêtant et en faisant le procès des journalistes qui résistaient (Madiambal Diagne), avec pour objectif ultime, la domestication de la presse. C’est dans ce cadre que s’inscrit la répression abattue sur le journaliste reporter Latif Coulibaly qui a reçu plusieurs menaces de mort et qui continue d’être poursuivi devant la justice pour avoir dénoncé des malversations de la Lonase », souligne le communiqué. Plus grave encore, selon le Rta/s, « de manière systématique, Wade a développé une logique de discrédit des journalistes, des tentatives de corruption et de déstabilisation, à l’encontre de ces derniers. Au plus haut sommet de l’Etat, on est allé jusqu’à la tentative de corruption d’un patron de presse. Du jamais vu ! », s’indigne-t-il Conséquence : « Cette politique systématique de discrédit des journalistes a fait le lit de toutes les agressions verbales et physiques dont les journalistes ont été victimes de la part de politiques et de marabouts complètement acquis au régime ». 
Le pouvoir d’achat des masses « agressé » 
Les consommateurs n’y échappent pas non plus et cela, « Malgré tout le vécu désastreux des populations, Wade et son régime n’ont de cesse de faire augmenter les prix des services et denrées de première nécessité ». Et ce ne sont pas les « justifications de conjoncture internationale brandies par le pouvoir » qui « peuvent expliquer comment le carburant soit vendu moins cher au Mali qu’au Sénégal, alors que le Mali s’approvisionne à partir de Dakar ». Le communiqué de relever : « Le plus scandaleux, c’est la hausse incessante du prix de l’électricité, en dépit d’un service des plus désastreux avec les coupures incessantes de courant. A cela s’ajoute la pénurie qui affecte les produits de première nécessité comme le riz, le gaz, etc » 
Tripatouillage de la Constitution 
La Constitution a aussi fait l’objet de plusieurs « retouches » et cela « toujours pour des raisons partisanes et conjoncturelles. Après avoir supprimé le Sénat, Wade l’a remis dans l’architecture institutionnelle. Il vient de ressusciter le CES (Conseil Economique et Social) sur les cendres du CRAES (Conseil de la République pour les Affaires Economiques et Sociales) dissout après le refus de son Président de démissionner sur la demande de Wade », lit-on dans le communiqué. Le Rta/s soutient que « C’est une série d’agressions qui font dire que le Sénégal est devenu, en Afrique de l’Ouest, le champion du tripatouillage constitutionnel. Et quand l’opposition veut exprimer son rejet de cette forfaiture, en manifestant, le pouvoir de Wade utilise la force de la police pour la réprimer ». 
Les institutions Africaines chahutées ? 
Même les institutions africaines n’y échappent pas. « Derrière les propos ampoulés du régime de Wade sur la nécessité de l’Unité africaine, voici que depuis quelques mois, il porte à l’ASECNA l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne regroupant un certain nombre de pays de la sous-région. Malmenant ainsi sérieusement un instrument séculaire d’intégration. Cela suffit pour dire combien Wade est peu préoccupé, dans les faits, d’unité africaine ». Et d’ajouter : « Pour des raisons purement pécuniaires, non seulement il précarise cette unité africaine, mais risque de faire courir des menaces sérieuses sur les emplois des travailleurs de l’Agence. Du reste, toutes les mesures prises par son Ministre de tutelle, Farba Senghor, pour museler les syndicalistes de l’Asecna, traduisent le caractère anti-démocratique du régime de Wade ». 
DIVERSES ATTAQUES DU REGIME CONTRE LES JOURNALISTES Tanor appelle les Sénégalais à soutenir la presse  
par Ibrahima Lissa FAYE | SUD QUOTIDIEN , lundi 4 août 2008  
Les journalistes souffrent le martyr ces derniers temps au Sénégal. L’exercice du métier de journalisme est devenu presque impossible avec les attaques de toute part du pouvoir en place. Le secrétaire général du Parti socialiste (Ps) s’insurge contre cette « traque acharnée contre la presse ». 
Revenant sur « l’invasion et la saisie avant parution de l’édition de l’AS du vendredi 1er août 2008 et après l’incursion inacceptable d’éléments de la police dans les locaux du journal « Le Populaire, en violation flagrante des libertés de la presse et du droit à l’information », Ousmane Tanor Dieng a, depuis Tunis (capitale de la Tunisie) où il se trouve présentement, exprimé son soutien à sa solidarité à Thierno TALLA, directeur de publication du quotidien « l’AS », à son journaliste, Daouda THIAM et à El Malick SECK, directeur de publication du quotidien « 24 Heures » qui sera aujourd’hui devant les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic). 
Le secrétaire général du Ps d’affirmer qu’il ne fait aucun doute que « cette persécution dont sont victimes les journalistes cache une volonté, empruntée aux sinistres régimes tortionnaires, de museler et d’écraser une presse privée devenue gênante pour un pouvoir aux mains de forces aveugles et malveillantes ». 
Et d’ajouter : « bien entendu, cette politique de mise au pas, odieuse et cynique, consistant à cadenasser les libertés de la presse et à instituer une police des idées, est vouée à l’échec face à l’exigence de justice et de vérité que lui opposent les journalistes déterminés à poursuivre leur travail avec responsabilité et professionnalisme ». Le chef de file des socialistes a, à cet égard, fait comprendre que « le combat du Comité pour la Protection et la Défense des Journalistes symbolise l’engagement citoyen au service du refus de la violence d’Etat retournée contre le peuple souverain à travers des formes d’abus inacceptables dans un Etat de droit ». 
Ousmane Tanor Dieng a appelé tous les citoyens sénégalais à soutenir, à amplifier et à s’investir dans ce combat car au-delà de la lutte pour le respect des libertés de la presse, il s’agit d’un combat pour mettre fin à « l’impunité ambiante et pour éradiquer la spirale de la violence légalisée, décrétée et inspirée par les plus hautes autorités de l’Etat », afin de faire droit à la nécessaire protection de l’intégrité physique des citoyens garantie par l’article 6 de la Constitution. 
Me ABDOULAYE WADE PARLANT DE SA SUCCESSION A LA VOIX D’AMERIQUE « Je ne vais pas remettre le mandat entre les mains de quelqu’un qui ne peut pas tenir la situation… »  
par , lundi 4 août 2008  
Dans l’entretien accordé à nos confrères de la Voix d’Amérique le 29 juillet dernier,-un entretien que nous reproduisons ici in extenso,-certainement plus « africain » que « républicain », le troisième président sénégalais y dresse encore une fois le portrait robot de son successeur. Selon lui, l’homme ne sera certainement pas « quelqu’un qui ne connaît pas les rouages de l’Etat, qui n’a même pas des notions d’économie… » Mais plutôt quelqu’un parmi « les nouvelles générations qui ont toutes des notions en économie. Elles ont de très bonnes formations… » Le président sénégalais parlant par ailleurs du cas de nos confrères Kambel Dieng et Karamokho Thioune bastonnés par la police à l’occasion du match Sénégal-Libéria le 21 juin dernier, déclare qu’il n’a rien à y voir lui personnellement. Et même s’il use du conditionnel pour caractériser désormais les faits,- est-ce là une évolution dans l’appréciation qui était plus tranchée au début ?,-le président trouve que la presse de son pays est destructrice. « Lisez la presse du Sénégal, ce sont des destructeurs, ils ne sont pas constructifs… », déclare-t-il. 
Monsieur le président Abdoulaye Wade, président du Sénégal, merci encore une fois de répondre aux questions de la Voix de l’Amérique. Nous allons commencer par votre voyage à Chicago où vous vous êtes adressé au NABJ (National Association of Black Journalists), vous êtes le premier Chef d’Etat africain à le faire. Quel était l’objectif et l’avez-vous atteint ? 
Ce sont eux qui m’ont invité. Parce que la direction avait visité le Sénégal et a été très frappée par ce qu’elle avait constaté et ils ont voulu m’inviter pour parler à leur association. J’avais à délivrer un message ou des messages sur les problèmes les plus importants de l’Afrique. Je sais qu’ils sont intéressés. C’est ce que j’ai fait. Sur les problèmes de l’environnement, sur les problèmes sociaux, sur les problèmes politiques, l’évolution de l’Afrique vers les Etats-Unis d’Afrique, et je pense que cela a été très bien perçu. 
Pendant que vous vous adressiez au NABJ, ces journalistes noirs-américains, il y avait des incidents. Il y avait des manifestations devant l’immeuble. Il y avait également un Sénégalais qui a interrompu votre discours. Ceci est dû à l’incident qui s’est passé récemment, le problème entre deux journalistes sénégalais et la police sénégalaise ? Votre réaction là-dessus. 
Bon, vous savez, moi, je n’ai pas vu un seul journaliste sénégalais du Sénégal parmi ces manifestants. Il n’y en a pas eu un seul. Celui qui a manifesté, il vit au Canada. Il est sur Internet en train de raconter n’importe quoi et il est en procès avec beaucoup de gens. Il a dû payer son billet depuis le Canada pour venir chahuter une conférence que je fais. Mon commentaire : évidemment, les autres qui étaient là sont de l’opposition sénégalaise. Ils vivent aux Etats-Unis. 
Je comprends bien qu’ils profitent de l’occasion pour faire des manifestations. Mais je suis plutôt triste de constater l’immaturité d’un certain comportement, parce que j’estime que nous pouvons mener nos bagarres au Sénégal, mais peut-être pas sous cette forme à l’étranger. Je n’ai pas souvent vu les concitoyens des chefs d’Etats du monde, venir manifester dans les salles où ils se trouvent. Certains, les dictatures, dans ces cas-là, j’ai vu des citoyens manifester dans la rue. Ce sont des choses tout à fait normales. Mais venir dans une salle crier sur son président de la République, je ne pense pas que ce soit faire preuve d’une maturité politique. 
Au demeurant, çà ne sert à rien. Parce que, moi, çà ne me touche pas. Je suis plutôt triste. Alors, maintenant vous me dites c’est en relation avec un évènement survenu à Dakar, au Sénégal. C’est vrai. Mais, un journaliste, d’après les faits qui sont allégués, le journaliste a voulu forcer un barrage, parce que You…, parce que heu, heu, El Hadj Diouf, était en train de faire une conférence. Ce journaliste avait agressé… 
El Hadj Diouf, le joueur de footballeur ? 
Un footballeur sénégalais internationalement connu, qui est détruit par la presse du Sénégal. Lisez la presse du Sénégal, ce sont des destructeurs, ils ne sont pas constructifs. Cet homme-là, à supposer, comme il y a quelque temps avait perdu dans un match, il faut l’encourager, il ne faut pas le détruire. D’accord, après, il a pu reprendre du poil de la bête, bien jouer et gagner. Alors ce journaliste donc a eu un problème avec un policier. Il aurait frappé le policier, le policier l’aurait battu. Qu’est-ce qu’un président de la République vient faire là-dedans ? Nous avons amené le cas directement devant le tribunal. Et le tribunal sénégalais est saisi. Le juge d’instruction est saisi. Il verra, qui a raison, qui a tort. 
Le mandat présidentiel va passer de cinq à sept ans. C’est un vote aujourd’hui par l’Assemblée nationale sénégalaise. C’est quelque chose qui ne vous affecte pas, qui n’affecte pas votre mandat. Mais vos critiques disent que cet article a été changé justement pour prolonger votre mandat présidentiel. 
Le mandat présidentiel a toujours été de sept ans. C’est moi qui l’ai ramené à cinq ans, parce que je pensais qu’il fallait des changements rapides. J’ai été élu pour sept ans, je l’ai ramené à cinq ans dans la Constitution que j’ai fait écrire, à laquelle j’ai participé, que j’ai fait promulguer. Mais je me suis aperçu que c’était une erreur, parce que mon expérience me prouve, que quand quelqu’un est élu, avant de prendre ses marques comme on dit, avant de s’habituer à la situation, de mettre ses choses en place, pour lancer un programme national, il faut au moins deux ans. Il faut au moins deux ans. 
D’abord il faut connaître l’appareil du gouvernement, l’appareil administratif, établir des relations internationales, connaître les institutions et bien maîtriser les problèmes de financement, etc. Il faut au moins deux ans. Or, en Afrique, la campagne électorale commence au moins deux ans avant, à moins qu’elle ne soit encore permanente. Alors je me suis dit, si un nouveau président qui arrive et qui met deux ans à se retrouver dans les affaires et puisqu’il va en campagne deux ans avant et même disons un an avant, il a juste deux ans pour faire des réalisations et se présenter devant les électeurs. J’en ai discuté évidemment avec mon parti, avec beaucoup de personnes. Je leur ai dit que je crois que c’est une erreur au regard de mon expérience. Donc, le parti, les alliés, tous, ont convenu avec moi qu’il fallait ramener le mandat à ce qu’il était avant, c’est-à-dire à sept ans. C’est pour cela qu’il a été voté à moins de quatre voix. 
Parlant de votre succession, est-ce que vous avez quelqu’un en tête ? 
Vous savez, moi, je suis un républicain. Je cherche la meilleure solution pour le Sénégal. Je suis un républicain, un Africain aussi. Je pense aussi que je suis un homme réfléchi. Je ne vais pas prendre le mandat, le pays, le remettre entre les mains de quelqu’un qui ne peut pas tenir la situation, ou que le peuple n’aime pas. C’est absurde. Parce que, dès le lendemain, il va avoir des problèmes. Donc, je suis obligé de faire çà. Il ne s’agit pas tout simplement de terminer un mandat. Mais il s’agit d’aider à la transition. Donc, je regarde tous les Sénégalais sans exception, même du côté de l’opposition, pour voir l’homme qui pourrait être à la hauteur, dominer tout le monde et mener le Sénégal vers l’avant. Je n’exclus personne pour l’instant. Malheureusement je n’ai pas trouvé… 
Quels sont les critères ? 
C’est d’abord véritablement aujourd’hui…Vous savez, les critères çà change ave le temps. Quelqu’un qui ne connaît pas les rouages de l’Etat, qui n’a même pas des notions d’économie, celui-là, il ne mènera pas très loin le pays. Parce que les générations ont changé. Les nouvelles générations, elles ont toutes des notions en économie, elles ont de très bonnes formations, mais les autres générations,moi, je suis l’exception, parce que moi, je suis un scientifique, je suis un économiste, je suis un juriste. Mais bon, tout le monde n’est pas comme çà. C’est çà qui énerve un peu la vieille opposition qui survit encore uniquement en faisant des éclats. Donc, je regarde cet homme et il n’est pas impossible que cela existe. Vous savez, moi, j’étais l’opposant de Senghor. Mais Senghor à un moment donné a pensé à moi pour le remplacer. Il me l’a dit. Cela n’a pas été possible. Tout le monde sait pourquoi. Il y avait Jean Collin qui était contre moi, etc. Même Abdou Diouf n’excluait pas que je puisse être le successeur de Senghor. Donc pourquoi voulez-vous que j’exclue qu’un opposant puisse me remplacer ? Si je trouve un homme à la hauteur. Mais je ne ferai pas plaisir à quelqu’un, comme çà pour lui remettre l’appareil de l’Etat. 
Cela je ne le ferai pas. Au demeurant, je suis un démocrate, quelles que soient mes préférences, je vais organiser des élections transparentes et démocratiques. Nous avons le système électoral le plus démocratique, le plus transparent qui existe, puisque la liste électorale est sur Internet. On est le seul pays à le faire. Moi, je veux bien voir la liste électorale des Etats-Unis sur Internet. Cà n’existe pas. Ou la liste de la France. Chez nous vous pouvez regarder votre nom si vous êtes inscrit. Vous regardez un autre nom, vous dites celui-là il n’est pas Sénégalais etc, vous pouvez faire des réclamations devant la justice. Et pour établir çà, tout le monde a participé : l’opposition, pendant des mois et des mois. 
Nous avons invité tous les ambassadeurs à suivre l’évolution de l’établissement du fichier électoral et nous avons fait des élections d’une transparence soulignée partout, par tout le monde. Bon, l’opposition, c’est l’opposition. Je suis passé par là pendant vingt sept ans. Je sais ce que c’est. Mais véritablement, au Sénégal, il n’y a pas de problème majeur. Aujourd’hui, les Sénégalais sont tous tournés vers l’agriculture parce que j’ai lancé le programme d’indépendance alimentaire, la Goana et tout le monde me suit là-dessus. Tout le monde. Les jeunes, les femmes. 
Donc vous pensez que c’est la solution à la crise alimentaire ? 
Absolument. Je pense que ce plan va réussir. Je l’ai lancé au mois d’avril. Vous savez face à l’augmentation des prix des denrées de première nécessité, j’ai pris des mesures conjoncturelles pour faire face immédiatement, puis des mesures structurelles, c’est-à-dire pour faire face à notre indépendance alimentaire. La mesure conjoncturelle consiste à passer un accord ave l‘Inde, pour que l’Inde puisse nous fournir les 600 mille tonnes de riz dont le Sénégal a besoin. 
Vous savez que le Sénégal est le pays le plus dépendant de l’extérieur alimentairement. L’Inde va me fournir 600 mille tonnes, l’année prochaine 500 mille, puis 400 mille, etc. Et au bout de six ans, nous devons être indépendants, parce qu’en même temps, elle nous assiste à la production jusqu’à 600 mille tonnes. Donc, çà c’est la mesure conjoncturelle, elle est en même temps structurelle. Cà c’est pour le riz. J’ai lancé ce plan Goana qui est la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance. Quand je dis l’abondance, j’ai bien choisi le mot, parce que j’ai l’ambition non seulement d’arriver à l’indépendance alimentaire, mais d’avoir suffisamment pour exporter. Partir de la dépendance, donc pour arriver à exporter. 
Avril -0ctobre. En six mois, parce que la saison des pluies dure trois à quatre mois et ce sont ici (il exhibe un document) les produits que nous visons qui sont là. C’est le maïs, le manioc, le riz, le mil, etc. Nous voulons produire avec des quantités… çà peut paraître très ambitieux, mais nous avons déjà une expérience où je vais en fixant des objectifs très ambitieux et nous avons un certain nombre de succès. Ici là (en montrant le document) vous avez les besoins c’est-à-dire en termes de terres, ainsi que les équipements. Le projet est de 800 millions de dollars, qui équivalent à 400 milliards de F Cfa. Nous sommes sûrs de le réussir parce que nous avons déjà réuni les 80% sans aucune aide extérieure pour l’instant. Certes, il y a beaucoup de gens qui disent qu’ils vont nous aider, par exemple l’Usaid et l’Union européenne j’espère. Mais les organisations internationales, leurs procédures sont tellement lentes, qu’on a le temps de mourir cent fois avant qu’elles n’interviennent. 
Or, la période d’hivernage, c’est une course. Pour bénéficier de l’hivernage, çà à commencer déjà, c’est une période qui dure trois mois, trois mois et demi et puis c’est fini. Si vous manquez l’hivernage, c’est pour l’année prochaine. Alors, cette somme de 400 milliards de F Cfa, comment nous allons la couvrir ? D’abord, nous avons eu la chance de découvrir que les phosphates de Matam, du Sénégal, parce que nous sommes un pays de phosphates, ces phosphates-là, de façon tricalcique, sont utilisables directement par les plantes sans aucune transformation. On les prend de la mine, on les met au pied de l’arbre, il faut juste ajouter de l’urée et on va les fertiliser. Ces engrais font à peu près la moitié des 400 milliards, si nous avions à les importer. Donc, çà diminue d’autant le projet. Ensuite les équipements que nous avons envisagés, nous les avons obtenus de l’Inde, largement de l’Inde, presque la totalité, un peu de la Chine, par des crédits de très longs termes, c’est-à-dire sur quinze ans ou vingt ans, avec deux ou trois ans de différé. 
Donc, avec l’effort national, nous arriverons à couvrir le plan. Il est bien parti. Ce qui est particulier, c’est que tous les Sénégalais, hommes, femmes, jeunes, immigrés, je leur ai tous dit d’aller cultiver la terre. Et il y a un engouement national. Evidemment un engagement : On facilite l’accès à la terre. Il suffit de demander qu’on vous donne dix, vingt, cent hectares, que vous pouvez mettre en valeur pour vous-même. Evidemment, on vous assiste en apportant l’eau par le fleuve, les rivières ou des forages et en vous donnant des équipements agricoles. Nous avançons les engrais sans aucune mise de départ. C’est pourquoi tout le monde est en train de cultiver au Sénégal et nous pensons vraiment que ce sera un très grand succès. 
L’affaire du Soudan et l’inculpation éventuelle d’Ahmed El Bechir par la Cour pénale internationale. Votre avis là-dessus. 
Bon vous savez, moi j’étais très engagé dans l’affaire du Soudan et vu mes relations personnelles avec le Président et chaque fois qu’il y avait une difficulté, on faisait appel à moi, même si je n’avais pas de mission officielle. Lorsqu’il s’est agi d’envoyer des troupes des Nations Unies, le Président Béchir a refusé, j’ai pris mon avion, pour aller le voir pour discuter avec lui et le convaincre. Je ne suis pas le seul à l’avoir fait, mais je crois en tous les cas , tout le monde reconnaît que mon intervention a été utile. Lorsqu’il a refusé le béret des Nations Unies, on m’a téléphoné. Ce sont de petites choses, mais je veux dire que lorsqu’il y a difficulté, chaque fois j’interviens. J’ai été au Darfour, parce que j’aime bien aller voir moi-même. 
C’est ce que j’ai fait pour le Zimbabwe. Je suis l’un des rares chefs d’Etat à aller voir, regarder, discuter avec les partis au pouvoir et de l’opposition et l’un des rares Chefs d’Etat a aller à la frontière pour voir les milliers de gens vivant dans les centres et la promiscuité. J’en ai beaucoup souffert. Et c‘est pourquoi je milite pour qu’on prenne tous les moyens, le plus rapidement possible, pour mettre fin à cette tragédie du Darfour. Alors, c’est pourquoi j’ai conseillé souvent le Président Béchir, d’accepter l’intervention de la communauté internationale. Maintenant, il est sous inculpation. Alors, quel est mon point de vue sur çà. D’abord, le Sénégal est signataire de la Convention de Rome, créant le Tribunal pénal international, qui a ses obligations, que nous avons signé. Je que pense qu’il faut des juridictions internationales pour punir les des gens qui commettent des génocides, des viols ou des violences systématiques. Donc nous l’avons signée et je tiens à respecter les engagements. 
C’est pourquoi, lorsque le Président Béchir a appris qu’il y avait un mandat d’arrêt contre lui, il m’a téléphoné pour me demander mon avis. Je lui ai donné des conseils. Je lui ai dit, il faut montrer beaucoup de bonne volonté avec ce tribunal, même s’il réclame de vos gens parce que sinon, ils vont vous arrêter. Si vous sortez du Soudan, ils vont vous arrêter et je pense qu’il faut donc coopérer avec ce tribunal et je l’ai averti en lui disant que le Sénégal était signataire de la Convention de Rome et que malheureusement il ne peut pas venir, même s’abriter au Sénégal. Alors donc, qu’est-ce-que je pense ? 
Je pense que, même s’il est inculpé, s’il est accusé, il n’est pas nécessaire de l’arrêter. Il y a des dispositions de l’article 16 qui permettent de suspendre la mise en accusation, pendant un an, pendant dix huit mois, le temps qu’on essaie de trouver une solution et de l’amener à accepter l’intervention de la communauté internationale, pour mettre fin à ce conflit. 
Moi, j’ai toujours été pour le Darfour, à l’utilisation des armes contre toutes les bandes, depuis toujours. Depuis le départ. Sauf évidemment l’armée nationale, l’armée de l’Etat. Cà, on ne peut pas imposer. Mais toutes les autres bandes, il faut les désarmer. Et les Nations Unies, peuvent les désarmer. Mais ils sont sous le sigle du maintien de la paix et non de l’imposition de la paix et donc ils ne sont pas préparés pour çà. Je l’avais déjà demandé à Koffi Annan et je pense qu’on va en arriver là. Cela va demander quelques sacrifices, mais cela va rétablir la paix définitivement. En même temps, il faut encourager le dialogue intérieur. Et j’ai la chance ici encore de me trouver dans le conflit, puisque celui qui a attaqué la capitale au point de se trouver à la porte, m’a écrit pas la suite pour me demander de le réconcilier avec le Président Béchir. 
Le Président Béchir que j’ai contacté m’a dit qu’il été prêt à discuter avec lui et tous les deux acceptent de venir au Sénégal, mais j’avais mon voyage à faire c’est pourquoi cet évènement n’est pas intervenu.. J’espère pouvoir contribuer à ce dialogue interne au Soudan, parce que Ibrahim Khalil est la personne-clé du Darfour. Si jamais il trouve un accord pour un gouvernement fédéral, sous le sceau du partage du pouvoir, cela aura une incidence directe sur le Dafour. Il restera le problème des janjawids. Et ceux là il faut les désarmer par la force. 
Monsieur le Président, merci d’avoir répondu à nos questions. 
Propos recueillis par nos confrères de la Voix d’Amérique le 29 juillet 2008 Collectés et proposés par Dame Babou correspondant permanent aux USA 
EXERGUES 
1/ Celui qui a manifesté, il vit au Canada. Il est sur Internet en train de raconter n’importe quoi et il est en procès avec beaucoup de gens. 
2/ Lisez la presse du Sénégal, ce sont des destructeurs, ils ne sont pas constructifs. 
3/ Quelqu’un qui ne connaît pas les rouages de l’Etat, qui n’a même pas des notions d’économie, celui-là, il ne mènera pas très loin le pays. 
Humeur changeante  
par Madior FALL | SUD QUOTIDIEN , lundi 4 août 2008  
Les Sénégalais ne savent plus à quel Wade se vouer, tant l’homme est d’humeur changeante. Guillerette, maussade, coléreuse, bagarreuse, enjouée, mais toujours intéressée son humeur. Tout cela dans une folle sarabande qui se joue du temps et se perd dans les circonstances. En ces moments de crise alimentaire éprouvante, marqués par le renchérissement et la rareté des produits de grande consommation, où ils n’ont besoin que d’une idée si élémentaire soit-elle, mais qui engage et ordonne leur vie en leur fournissant pitance à bon marché et de qualité, en toute nuance, il leur en propose mille qui les déroutent en les incommodant même parfois, sérieusement. 
C’est certainement le raffinement et le yo-yo de la carnation présidentielle, qui font que quand il s’est prononcé la première fois sur la bastonnade policière sur nos confrères Kambel Dieng et Karamokho Thioune, il avait semblé prendre à son compte la position de son ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Cheikh Tidiane Sy. Ce dernier prétendait que ce sont nos confrères qui avaient frappé les policiers. Il n’en est plus rien car depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts (y compris la fameuse interpellation de Roland Martins de CNN à Chicago). 
Dans un entretien accordé à nos confrères de la Voix de l’Amérique, le 29 juillet dernier, (voir l’interview ci-contre) le président de la République use désormais du conditionnel et se dédouane. 
« Ce journaliste a eu un problème avec un policier ». « Il aurait frappé le policier, le policier l’aurait battu ». « Qu’est ce qu’un président vient faire là-dedans » ? plaide-t-il. Mais, il s’empresse de préciser, restant dans son sport favori qui est de casser du journaliste : « Lisez la presse du Sénégal, ce sont des destructeurs, ils ne sont pas constructifs… ». 
Dès lors faut-il s’étonner que l’on veuille ramener le régime de l’autorisation préalable sous Senghor de triste mémoire ? Illégalement, car jusqu’à plus ample informé, ni l’Assemblée nationale, ni le Sénat taillé sur mesure, encore moins le Congrès du Parlement n’ont voté de nouvelles dispositions abrogeant et remplaçant la loi 96-04 du 22 Février 1996 relative aux organes de communication sociale et aux professions de journaliste et de technicien, loi qui instaure le dépôt légal. 
En confisquant donc les calques de l’édition du vendredi 1er août de nos confrères du quotidien « l’As » et en tentant d’en faire de même avec celles du « Populaire » pour l’édition du samedi 2 août, sous le fallacieux prétexte du dépôt légal le pouvoir dit libéral et sa police « politique » ont cherché seulement à faire pression sur les journalistes pour qu’ils soient aux ordres et marchent au pas. Une presse aux ordres pour une police qui sème le désordre et la violence. 
C’est ce que désirent nos gouvernants. Là encore, tout comme ailleurs, ils rencontrent et essuieront résistances citoyennes. Le Comité pour la défense des journalistes reste vigilant et déterminé. Il sait qu’il a raison de se mobiliser et de se battre. Son combat est citoyen. 
Les intimidations, les insultes, les calomnies n’y feront rien. Les journalistes réclament justice et comptent l’obtenir. Ils ne sont en outre, nullement comptables du climat délétère qu’une patrimonialisation du pays au forceps a instauré. 
N’est-ce pas du césarisme « éclairé » que cette tentative d’établir une succession de manière autoritaire, au besoin par la violence ? « (…)Je ne vais pas prendre le mandat, le pays, le remettre entre les mains de quelqu’un qui ne peut pas tenir la situation, ou que le peuple n’aime pas. C’est absurde. Parce que, dès le lendemain, il va avoir des problèmes. Donc, je suis obligé de faire çà. Il ne s’agit pas tout simplement de terminer un mandat. 
Mais il s’agit d’aider à la transition (…) », professe le président actuel. Selon le dictionnaire Le Robert : « une dictature est une concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un individu, d’une assemblée, d’un parti ; organisation politique caractérisée par cette concentration de pouvoirs ». On peut ajouter à cette définition du dictionnaire, le fait également de décréter sa succession en lieu et place du peuple souverain en République et en démocratie, il est vrai. 
Au Sénégal, on semble en plein dans un tel régime. Plus « africain » que « républicain » assurément, le chef de l’Etat sénégalais dressant encore une fois le portrait robot de son successeur indique que l’homme ne sera certainement pas « quelqu’un qui ne connaît pas les rouages de l’Etat, qui n’a même pas des notions d’économie… » 
Mais plutôt quelqu’un parmi « les nouvelles générations qui ont toutes des notions en économie. Elles ont de très bonnes formations… ». Honni soit y mal qui pense à… Karim. 
C’est certainement le raffinement et le yo-yo de la carnation présidentielle, qui font que quand il s’est prononcé la première fois sur la bastonnade policière sur nos confrères Kambel Dieng et Karamokho Thioune, il avait semblé prendre à son compte la position de son ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Cheikh Tidiane Sy. Ce dernier prétendait que ce sont nos confrères qui avaient frappé les policiers. Il n’en est plus rien car depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts (y compris la fameuse interpellation de Roland Martins de CNN à Chicago). 
Dans un entretien accordé à nos confrères de la Voix de l’Amérique, le 29 juillet dernier, (voir l’interview ci-contre) le président de la République use désormais du conditionnel et se dédouane. 
« Ce journaliste a eu un problème avec un policier ». « Il aurait frappé le policier, le policier l’aurait battu ». « Qu’est ce qu’un président vient faire là-dedans » ? plaide-t-il. Mais, il s’empresse de préciser, restant dans son sport favori qui est de casser du journaliste : « Lisez la presse du Sénégal, ce sont des destructeurs, ils ne sont pas constructifs… ». 
Dès lors faut-il s’étonner que l’on veuille ramener le régime de l’autorisation préalable sous Senghor de triste mémoire ? Illégalement, car jusqu’à plus ample informé, ni l’Assemblée nationale, ni le Sénat taillé sur mesure, encore moins le Congrès du Parlement n’ont voté de nouvelles dispositions abrogeant et remplaçant la loi 96-04 du 22 Février 1996 relative aux organes de communication sociale et aux professions de journaliste et de technicien, loi qui instaure le dépôt légal. 
En confisquant donc les calques de l’édition du vendredi 1er août de nos confrères du quotidien « l’As » et en tentant d’en faire de même avec celles du « Populaire » pour l’édition du samedi 2 août, sous le fallacieux prétexte du dépôt légal le pouvoir dit libéral et sa police « politique » ont cherché seulement à faire pression sur les journalistes pour qu’ils soient aux ordres et marchent au pas. Une presse aux ordres pour une police qui sème le désordre et la violence. 
C’est ce que désirent nos gouvernants. Là encore, tout comme ailleurs, ils rencontrent et essuieront résistances citoyennes. Le Comité pour la défense des journalistes reste vigilant et déterminé. Il sait qu’il a raison de se mobiliser et de se battre. Son combat est citoyen. 
Les intimidations, les insultes, les calomnies n’y feront rien. Les journalistes réclament justice et comptent l’obtenir. Ils ne sont en outre, nullement comptables du climat délétère qu’une patrimonialisation du pays au forceps a instauré. 
N’est-ce pas du césarisme « éclairé » que cette tentative d’établir une succession de manière autoritaire, au besoin par la violence ? « (…)Je ne vais pas prendre le mandat, le pays, le remettre entre les mains de quelqu’un qui ne peut pas tenir la situation, ou que le peuple n’aime pas. C’est absurde. Parce que, dès le lendemain, il va avoir des problèmes. Donc, je suis obligé de faire çà. Il ne s’agit pas tout simplement de terminer un mandat. 
Mais il s’agit d’aider à la transition (…) », professe le président actuel. Selon le dictionnaire Le Robert : « une dictature est une concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un individu, d’une assemblée, d’un parti ; organisation politique caractérisée par cette concentration de pouvoirs ». On peut ajouter à cette définition du dictionnaire, le fait également de décréter sa succession en lieu et place du peuple souverain en République et en démocratie, il est vrai. 
Au Sénégal, on semble en plein dans un tel régime. Plus « africain » que « républicain » assurément, le chef de l’Etat sénégalais dressant encore une fois le portrait robot de son successeur indique que l’homme ne sera certainement pas « quelqu’un qui ne connaît pas les rouages de l’Etat, qui n’a même pas des notions d’économie… » 
Mais plutôt quelqu’un parmi « les nouvelles générations qui ont toutes des notions en économie. Elles ont de très bonnes formations… ». Honni soit y mal qui pense à… Karim. 
AGRESSIONS, MENACES DE MORT, REPRESSION SAUVAGE DES GENDARMES « C’est le règne de la terreur au Sénégal », selon la Ld/Mpt  
par Ibrahima Lissa FAYE | SUD QUOTIDIEN , lundi 4 août 2008  
La Ligue démocratique/Mouvement pour le parti et loe travail (Ld/Mpt) a estimé que « c’est maintenant le règne de la terreur au Sénégal ». Elle est, lors de la réunion de son secrétariat permanent du jeudi 31 juillet dernier, revenue sur les agressions contre la presse, les différentes sortes de menaces, les agissements des calots bleus reconvertis dans la police ainsi que la répression « sauvage » des manifestations de populations dans diverses localités du pays pour exiger l’érection de leur territoire en département. 
Les camarades d’Abdoulaye Bathily ont, dans un communiqué reçu hier, dimanche 3 août, fait savoir que « c’est une nouvelle ère du règne de la terreur que le pouvoir de WADE et du PDS cherche à installer dans le pays par l’utilisation de milices organisées et de calots bleus devenus policiers, qui doit être éradiquée ». Ils ont fait allusion à « l’incident de Chicago lors duquel le journaliste Souleymane Jules DIOP a été tabassé par des militants appartenant au camp du Président WADE. Ce qui est un acte condamnable relevant de la pure barbarie comme ce fut le cas avec l’agression policière contre Boubacar Kambel DIENG et Karamokho THIOUNE ». 
Le secrétariat permanent de la Ld/Mpt a, par ailleurs, tenu à fustiger « le découpage du territoire national à des fins purement politicienne et sur des bases partisanes ». A ce propos, a relevé le communiqué, là direction des jallarbistes a condamné « la répression sauvage des manifestations de populations dans diverses localités du pays pour exiger l’érection de leur territoire en département ». 
Les camarades d’Abdoulaye Bathily sont d’avis qu’il est « urgent d’arrêter ce pouvoir diabolique des WADE et leurs affidés avant qu’il ne soit trop tard. Les Sénégalaises et les Sénégalais dans tous les segments de la société doivent se mobiliser et s’unir dans une large coalition pour faire face à ce régime dépradateur et nuisible ». 
C’est dans ce sillage qu’ils ont salué la détermination des jeunes de l’opposition dans la lutte contre « les dérives » du pouvoir. Selon le communiqué, « le Secrétariat, tout en constatant avec satisfaction l’engagement des jeunes dans la lutte du Front Siggil Sénégal contre les dérives néfaste du pouvoir des WADE, les exhorte à mieux s’organiser pour constituer un mouvement fort et puissant à la hauteur des agressions multiformes subies par le peuple Sénégalais ». 
DU TRIPATOUILLAGE DE LA CONSTITUTION A LA CONSPIRATION DU SILENCE : Conscience et Résistance !  
par , vendredi 1er août 2008  
La Constitution du Sénégal proclame que les citoyens ne doivent pas être soumis à la contrainte, ni à l’arbitraire de l’Etat ou toute autre autorité. L’Etat, pas plus qu’un citoyen, ne doit méconnaître le principe de la légalité. Or, il nous est souvent arrivé de constater que depuis l’alternance intervenue le 19 mars 2000, l’Etat ne fonctionne plus selon les normes énoncées dans la Constitution. 
• Par Aboubacry MBODJI  
• Philosophe-anthropologue 
En témoignent d’ailleurs les nombreuses dérives auxquelles nous avons assistées durant les processus électoraux de 2001 à 2007. Celles-ci découlent de la manipulation permanente de la Constitution et de l’instrumentalisation à outrance du Peuple sénégalais à des intérêts égoïstes, parce que purement partisans. Pour un bref rappel, l’adoption de la loi Ezzan par l’Assemblée nationale reste encore gravée dans la mémoire collective des sénégalais qui ont vu s’effacer un pan entier de l’histoire politique de leur pays, parce qu’émaillé de violences dont l’assassinat de Me Babacar Sèye, Vice Président du Conseil constitutionnel. 
Pire, après avoir été graciés, les auteurs jugés coupables de cet acte ignoble et indigne d’un Etat démocratique, ont été amnistiés avant d’être graciés par le Président de la République. Ce qui a porté un coup dur à l’indépendance de la Justice de notre pays et érigé l’impunité en règle de droit. Il s’agit là donc d’une pratique récurrente dont la modification de l’article 27 de la Constitution, la nième du genre, n’est que la partie visible de l’iceberg. 
De telles forfaitures apparaissent aujourd’hui aux yeux des citoyens et citoyennes comme de sérieuses entraves à la consolidation de l’Etat de droit (séparation et indépendance des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire) et de la démocratie (traitement égal de tous les citoyens devant la loi, lutte contre l’impunité, l’exclusion et toutes les formes de discrimination, transparence dans la gestion des affaires publiques…). Elles constituent également de sérieuses menaces à notre jeune démocratie pouvant déboucher sur des conflits violents qui minent les fondements de la République et fragilisent la stabilité, la paix, la sécurité, le développement et la coopération avec le reste du monde. 
C’est la raison pour laquelle, les ONG de défense des droits humains telles que la RADDHO accordent une attention particulière au respect de la Constitution et des institutions de la République qui assurent à chaque citoyen et citoyenne, sans discrimination, le libre développement de sa personnalité. La personne humaine étant sacrée, l’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger (article 6 de la Constitution). 
Les peuples africains, écrivait Frantz Fanon , ne pourraient indéfiniment composer avec un nationalisme instrumentalisé, dépouillé de son fondement politique et social : « L’expression vivante de la nation, c’est la conscience en mouvement de l’ensemble du peuple (…). Aucun leader, quelque soit sa valeur, ne peut se substituer à la volonté populaire et le gouvernement doit, avant de se préoccuper d’un prestige international, redonner dignité à chaque citoyen, meubler les cerveaux, remplir les yeux de choses humaines, développer un programme humain, parce qu’habité par des êtres humains conscients et souverains ». 
Cette belle citation, nous invite agir en tant que citoyens et citoyennes, libres d’action et de pensée, pour bâtir « une véritable conscience en mouvement de l’ensemble du peuple » qui mettra un terme aux dérives autoritaires et aux forfaitures auxquelles nous assistons aujourd’hui. Il s’agit là d’un appel patriotique lancé à tous les citoyens et citoyennes du pays, de près ou de loin, pour qu’ils résistent à la tyrannie et à l’arbitraire, car l’heure de la conscience et de la résistance a sonné. 
L’histoire nous enseigne que les véritables transformations économiques, politiques et sociales s’opèrent d’abord à partir de celles des mentalités, qui induisent à des changements de comportements. C’est à ce titre que l’émergence de nouveaux acteurs non étatiques de la société civile et du secteur privé constitue un rempart pour le maintien de l’équilibre entre ceux qui gouvernent et ceux qui s’opposent démocratiquement, entre les différents pouvoirs édictés par l’Etat de droit. 
Cet appel est également destiné aux parlementaires, aux sénateurs, aux conseillers régionaux, communaux et ruraux qui, à travers leurs instances, pourraient constituer des pôles de résistance à la tyrannie et à la résistance pour la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie dans le pays. De même, il s’adresse aux organes d’appui à la démocratie tels que le Comité sénégalais des Droits de l’Homme (CSDH), la Commission électorale nationale autonome (CENA), le Conseil national de Régulation de l’Audio-visuel (CNRA), ainsi qu’à tous les militants des partis politiques au pouvoir comme de l’opposition, afin qu’ils se départissent de tout intérêt partisan au profit de la volonté populaire. 
De telles modifications, si nous n’y prenions garde, risquent d’hypothéquer les acquis démocratiques conquis à travers de longues et hautes luttes menées par de nombreuses générations qui ont sacrifié ce qu’elles avaient de meilleur ou de plus cher en elles-mêmes, pour fonder une « République laïque, démocratique et sociale ». Ces trois attributions font du Sénégal un Etat moderne, qui fonctionne selon le jeu loyal et équilibré entre une majorité qui gouverne et une opposition démocratique. Mais à regarder de plus près, l’Etat doit d’abord reconnaître cette opposition comme un pilier fondamental de la démocratie et comme un rouage indispensable au bon fonctionnement du système démocratique. 
Un autre principe qui nous semble essentiel est l’attachement du peuple sénégalais à ses valeurs culturelles fondamentales, qui constituent le socle de la Constitution, adoptée par référendum en janvier 2001. Celle-ci garantit la souveraineté du peuple. Il y est affirmé que : « La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais par ses représentants ou par la voie référendaire » (article 3, al. 1). « Aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté » (al. 2). 
Cela montre que la souveraineté du peuple est inaliénable. Cette inaliénabilité s’exprime à travers les principes énoncés dans le préambule de la Constitution qui requièrent : 
• « des procédures et consultations transparentes et démocratiques ;  
• la séparation et l’équilibre des pouvoirs conçus et exercés à travers des procédures transparentes et démocratiques ;  
• le respect des libertés fondamentales et des droits des citoyens comme base de la société sénégalaise ;  
• le respect et la consolidation de l’Etat de droit dans lequel l’Etat et les citoyens sont soumis aux mêmes normes juridiques sous le contrôle d’une justice indépendante et impartiale ;  
• l’accès de tous les citoyens, sans discrimination, à l’exercice du pouvoir à tous les niveaux ;  
• l’égal accès de tous les citoyens aux services publics ;  
• le rejet et l’élimination, sous toutes leurs formes, de l’injustice, des inégalités et des discriminations ». 
Lettre de soutien a Souleymane Jules, Abou Latif, Boubacar Kambel ...  
par | Mamadou M. Ndiaye , lundi 4 août 2008  
Je suis un modeste citoyen sénégalais ayant eu l’opportunité d’émigrer il y a quelques années, et comme une grande partie de mes compatriotes exilés, ce ne fut pas seulement pour le plaisir de découvrir de nouveaux horizons, mais plutôt a la recherche de meilleures conditions d’études, d’existence ( ??). Je suis tout naturellement de manière régulière l’actualité de mon pays et j’avoue être assez souvent partagé entre colère contenue, lassitude et indifférence coupables tant tel que le décrit si bien Boubacar Boris Diop il me semble : « en Afrique, la réalité est si cruelle et absurde qu’elle fait une sorte de concurrence déloyale a la réalité… » 
Ma dernière contribution fut lors d’une précédente édition du feu (ouf !) rallye Paris-Dakar, quand je vis notre très chère première dame sur France Télévisions répondre à la question du journaliste sur le plateau d’arrivée à propos de la mort de deux enfants survenue dans les deux dernières étapes, si cela pouvait constituer une remise en cause du rallye, en substance dans les termes suivants : « …Combien d’enfants traversent-ils imprudemment tous les jours les routes du pays et se font renverser par des automobilistes ?? Non, il n y a là nulle remise en question de cet événement par ailleurs tant apprécié par les populations locales… ». Elle balayait ainsi d’un éclair de revers de langue l’existence abrégée de ces enfants (Dieu les ait en Sa Miséricorde). Et pourtant un précédent reportage sur la même chaîne faisait état de ses inquiétudes maternelles et toutes naturelles, lorsque sa progéniture protégée traversait ce sanctuaire désertique qu’est le Sahara lors des étapes de cette farce tragique étiquettée sport automobile en terre d’Afrique. Je vous laisse le soin d’apprécier le décalage extrême entre ces deux attitudes. Sûrement imprudents, ils avaient du s’approcher de trop près de ces bolides ou des monstrueux camions de ce cortège si souvent, trop souvent meurtrier. De quelles populations peut-elle bien parler, j’ai du mal à les identifier… De plus, étant héritier d’une tradition ancestrale d’hospitalité et d’accueil je vais à son encontre, lui accorder le bénéfice du doute de la « sénegalité » bien qu’on ait coutume de dire par chez nous : « ku fi ngiew te meuno joww demmal ba nok Sunugal… », pardonnez au passage mon orthographe ouolofe approximative… A quelques années d’intervalle la même colère et le même élan vers le clavier m’ont pris le week-end dernier, quand faisant le tour des infos sur la toile je suis tombé sur la vidéo honteuse, inqualifiable de l’agression de Souleymane Jules Diop lors l’événement organisé par l’Association des Journalistes Noirs Américains dans la ville de Chicago, événement auquel notre Président faisait office de « prestigieux » invité. 
Souleymane Jules, bien que nous ne connaissions, permets moi de te tutoyer. Il m’est arrivé de lire quelques unes de tes chroniques. Pour ma part, et j’imagine pour la majorité de Tes compatriotes, peu nous importe les éléments de preuve que tu sembles apporter sur le fonctionnement de ce système criminel, peu nous importe que tu aies été amené à en côtoyer la plupart des acteurs, cela pouvant même renforcer la véracité de certains faits ou la pertinence de certaines analyses. Combien de ces personnes, sans aucune activité professionnelle, affaires ou activités commerciales connues une huitaine d’années auparavant, vivent-elles à présent dans le luxe le plus insolent et affiché intégralement au regard de l’absolue misère ambiante ?? J’insiste sur le terme « Tes compatriotes », car de la vidéo dont il est question, on peut entendre clairement l’un de tes agresseurs remettre en cause ta « sénegalité ». Je laisserai aux lecteurs, le soin de d’évaluer dans leur conscience profonde, qui de toi et de la dame citée un peu plus haut, qui de toi et de la meute haineuse et stupide qui t’a pris à partie, mériterait le mieux le qualificatif de Sénégalais. Si cela peut te mettre un peu de baume au cœur, sache que de Londres à Paris, de Matam à Pikine, nous sommes un certain nombre à veiller sur toi avec la plus puissante des armes que Dieu a accordé a l’être humain : son cerveau qui lui permet de maîtriser la plume et la parole. Un seul des mots pris dans un de tes pamphlets est infiniment au dessus de la violence physique et verbale de ceux dont le réseau neuronal se confond avec l’appareil musculaire. L’orchestration complexe de lettres formant des mots, qui à leur tour juxtaposés donnent la sémantique qui permet à l’homme de communiquer en harmonie avec l’autre, peut en effet déclencher chez ce genre d’individus une forme de réflexe pavlovien menant à l’expression des muscles. De quoi ont-ils réellement peur, s’ils sont véridiques tels qu’ils le prétendent ? Sache Souleymane Jules, que c’est eux qui représentent le Parti de la Peur. 
Abdou Latif, je n’ai pas l’honneur de te connaître personnellement, et j’espère que toi aussi, tu ne me tiendras pas rigueur du tutoiement. Je me souviens m’être rendu en curieux à un théâtre pas loin de la Gare Montparnasse à Paris, ou se tenait un débat-conférence organisé par ton éditeur lors de la sortie de ton livre sur l’affaire Maitre Séye (Allah lui épargne les tourments de la tombe). Sur les lieux postés, en chiens de faïence, les membres du Parti du Muscle et de l’Invective (PMI) accueillaient les participants avec des feuillets afin de discréditer l’événement. Je me souviens encore de ta réponse, quand tu fus interpellé par une nièce du président de Notre République - naturellement avec la violence caractéristique des adeptes du PMI - sous la forme d’une anecdote historique, l’illustre Cheikh Anta Diop disant un jour à l’un de tes condisciples, surement souvent véhément dans ses argumentations : « …De faire en sorte que l’on vous combatte pour la force de vos idées plutôt que pour la manière dont vous les exprimez… ». Tu n’oubliais pas au passage de lui rappeler nos règles bien sénégalaises du respect des anciens, et que de surcroît que votre fille ou votre nièce se trouvant dans la salle était d’un âge nettement plus avancé que le sien (cette jeune écervelée précisant elle même à sa prise de parole devant l’auditoire, son âge au moment de ces graves événements : 9 ans !!!). Peu nous importe la masse de preuves éclatantes que tu distilles d’ouvrage en ouvrage sur ce système que l’on peut qualifier tout simplement de mafieux, car l’un des actes les plus lourds de conséquences et de signification de l’homme qui nous gouverne depuis huit ans n’a-t-il pas été de gracier les lâches criminels d’un père de famille, d’un haut fonctionnaire de la république, quels qu’aient pu être les griefs à son encontre ? Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, une loi d’amnistie, dont tous les Sénégalais dignes de ce nom devraient avoir honte, a été votée par une indigne majorité de représentants du Peuple. Si cela peut te réconforter, sache que Milan à New-York, de Tambacounda à Kaolack, nous sommes un certain nombre à veiller sur toi et ta famille avec la plus noble des armes que Dieu nous a accordée : la conscience supérieure qui nous fait simplement écrire et dire le vrai, dénoncer le faux et l’injuste. 
Boubacar Kambel, tu ne m’en voudras sûrement pas de te tutoyer. Aux dernières nouvelles et pas n’importe lesquelles car venant des US, toi et ton compère Karamoko seraient de patentés agresseurs de « Simbs » (excusez ce tacle régulier sur nos faux lions du foot si souvent sources de mes désespoirs, au milieu d’un sujet si grave !). Ainsi, nos valeureux forces nationales du désordre seraient venus à la rescousse d’éléments de notre « élite » sportive au palmarès si peu étoffé en contraste avec les étoffes de « marque » qu’ils arborent souvent, prévenant deux dangereux individus armés de dictaphones et de microphones, de commettre leur forfait . Servir cela à un parterre de journaliste américains, mais ou donc s’arrêtera le roi Ubu et sa Cour du Coup de poing et de l’Insulte permanente, en tournée planétaire permanente depuis huit trop longues annees au frais du misérable contribuable sénégalais ?? Dans d’autres circonstances que celles que vit notre pays en ce moment, j’aurais presque envie d’en rire, mais le Sénégal d’aujourd’hui ne m’inspire même pas le plus petit des sourires…Il y a quelques années encore, quand je m’intéressais aux les lionceaux du foot, je parvenais à suivre leurs aventures au travers de ta voix saccadée, sûrement due à la mauvaise qualité de la radiodiffusion sur internet. Avec quelques amis, nous chambrions même gentiment ton style caractéristique de reporter sportif africain, parlant du cuir s’agissant du ballon rond et de la zone de feu, un brin exagérateur, quand les attaquants sont encore à trente mètres des buts adverses, nous faisant bondir de nos fauteuils pensant que les « filets avaient déjà pris feu ». Je tiens à te remercier pour tous ces moments et aussi sache que de Tokyo à Bamako, de Ziguinchor à St Louis, nous continuerons à dénoncer la sauvagerie extrême de ta double agression, meurtri physiquement d’abord et moralement par la suite d’un stupide déni des autorités. Un seul son de ta voix parvient ainsi à faire le tour de la planète tandis que le bruit sourd d’une matraque s’arrête lui au bout du couloir des vestiaires du stadium. 
Au delà, cette lettre de soutien s’adresse à Madiambal, à tous les journalistes qui essaient de faire leur noble métier d’information et d’éveil des consciences. Je me remémore encore en cette fameuse année 2000, tous ces reporters dans le pays profond, armés de leurs téléphones portables, égrenant les résultats du scrutin bureau de vote après bureau de vote, signifiant cette fois là un limpide « No pasaran » à l’ancien régime. Quelle ironie de l’histoire, me direz vous alors que cet homme que vous avez grandement contribué à porter au pouvoir, fasse de vous des habitués des locaux de la Division des Investigations Criminelle !!! L’écriture et la libre expression étant sûrement synonymes de crime chez cet homme flanqué de son Clan du Biceps et de la Vocifération. Comme toute corporation professionnelle, vous contenez certainement en votre sein des brebis galeuses, et je vous exhorte vivement à faire votre travail avec sérieux et déontologie, vérifiant et protégeant vos sources sans tomber dans la diffamation et la calomnie. Après tout les membres du Parti de l’Agitation physique et du Hurlement, ne se chargent-ils pas mieux que quiconque de la calomnie dans leurs perpétuelles luttes intestines malsaines… 
Pour conclure cette contribution, dont j’espère tous que vous me pardonnerez la longueur, combien d’entre nous, Sénégalais authentiques, paysans, menuisiers, couturiers, vendeurs d’arachides grillées, enseignants, infirmiers et médecins …, combien d’entre nous, nous levons nous tous les matins à la recherche de notre pain et revenons chez nous le soir en nous regardant dans le miroir un billet de 1000 FCFA dans les mains, disant voila, voila là le salaire de notre propre sueur ? La réponse pour moi et sans aucun doute est un grand nombre…Nous pouvons ainsi avec la conscience la plus paisible possible nous endormir en n’oubliant pas au préalable de remercier et de glorifier Allah pour Sa Miséricorde, Ses Bienfaits et Son Agrément. Combien de nos leaders politiques peuvent-ils se prévaloir de cette paix de l’âme juste avant le sommeil (s’ils arrivent encore à l’avoir), seul Allah dans son Omniscience le Sait. Nous verrons tous Qui détient le Vrai Pouvoir. Il n’est de force ni de puissance, si ce n’est en Dieu. 
Mamadou M. Ndiaye 
E-mail : mamzo1975@yahoo.fr 
WAL FADJRI : 
De l'impossibilité d'interprêter l'article 27 de la Constitution  
 
 
Le domaine de la création de la loi ou de tout écrit permettant à un gouvernement d'agir pour la gestion de la cité est un domaine très sérieux, si bien que les textes qui les transcrivent doivent être considérés comme des textes sacrés, à l'image de ceux contenus dans les livres saints de la Thora, du Coran ou de la Bible. Fixant les droits et devoirs et constituant les dépositaires de la liberté, les lois et règlements doivent être créés pour le seul motif de servir l'intérêt général en obéissant à un ordre, à une raison, ‘la raison des lois’, à des principes de droit cohérents, rationnels et intrinsèques. L'élaboration de textes de loi ne doit pas répondre à un jeu dont le fil conducteur repose sur la ruse pour des motifs occultes de servir des intérêts particuliers ou partisans. Ce faisant, cesdites lois vont tomber dans la catégorie des lois hasardeuses, incongrues, dont les principes directeurs sont corrompus au point que l'esprit d'égalité se perd et cesse d'être une vertu. Il est incontestable que de pareilles lois conduisent inéluctablement vers la dégénérescence de l'Etat.  
Non satisfait d'avoir eu l'outrecuidance de procéder à plusieurs reprises à des reports d'élections, créant une situation politique hasardeuse, et à une dissolution collective d'assemblées élues au suffrage universel par une représentation nationale illégitime, le régime libéral vient une nouvelle fois encore de modifier une disposition constitutionnelle référendaire par des députés illégitimes. De sorte que nous puissions témoigner d'une double forfaiture historique, par le vote d'une loi modifiant une disposition constitutionnelle référendaire et par une assemblée nationale illégitime.  
L'article 27 de la Constitution traite du mandat présidentiel, tant dans ses deux aspects relatifs d'une part, à la durée et d'autre part, à son renouvellement. Il s'agit de deux faces d’une même pièce de monnaie. Ce n'est, non pas, l'une des faces de la monnaie qui doit faire l'objet d'un référendum en cas de modification souhaitée, comme du reste le précise l'article 103 de la Constitution, mais, la pièce de monnaie elle-même qui est susceptible de modification référendaire. Mieux, il serait illogique et irrationnel que l'une des faces subisse une modification contraire à l'autre face de la même pièce de monnaie. C'est dire que la disposition référendaire s'applique à la pièce de la monnaie qui est, en l'occurrence, le mandat présidentiel dans ses deux aspects. C'est la raison pour laquelle le texte constitutionnel utilise l'expression : ‘cette disposition’, s'appliquant en conséquence au mandant présidentiel. Autrement dit, c'est le mandat présidentiel qui ne peut faire l'objet de modification que par voie référendaire, bien entendu, dans ses deux aspects de durée et de renouvellement. Nous pouvons faire le même raisonnement logique en prenant un autre exemple d'une paire de chaussures interdisant deux règles différentes ou des prix différents pour chaque chaussure.  
Dans la rédaction de la nouvelle loi constitutionnelle qui vient d'être votée par la représentation nationale, la spécification de l'inapplicabilité de la disposition sur le mandat en cours est incongrue du fait du principe de non rétroactivité des lois et de la jurisprudence (non application d'un quinquennat avec le référendum de 2001 au cours du mandat septennal du président Abdoulaye Wade de 2000). Au surplus, que se passerait-il si le présent mandat, pour une raison ou pour une autre, est écourté, impliquant des élections anticipées ? C'est dire que le septennat s'appliquera, le cas échéant, sur le nouveau mandat présidentiel issu d'élections anticipées qui peuvent intervenir à tout moment. L'échéance de 2012 ne sera que virtuelle dans le cas d'espèce.  
Nous pouvons bien attester, dans ces conditions, que nous nous trouvons au summum de l'inconstitutionnalité et de l'illégitimité, comme le préconisait naguère le pouvoir libéral en accréditant l'idée d'une présidence à vie à travers un pouvoir monarchique et aujourd'hui d'une prorogation du mandat présidentiel. A partir de ce moment, il devient manifestement clair qu'il y a au Sénégal l'introduction insidieuse d'un système politique censitaire où un collège de représentants, sous ordre, modifie les dispositions constitutionnelles relatives à la sacralisation du principe directeur proclamé de l'omniscience de la souveraineté du peuple et qui peut nous amener demain à élire le nouveau président de la République par les deux chambres réunies en congrès au suffrage indirect.  
Kadialy GASSAMA Economiste Rue Faidherbe X Pierre Rufisque  
Université d’été du Front populaire : La vacuité de Bacar Dia au menu des débats 
 
 
Les lampions se sont éteints sur l’Université d’hivernage du Front populaire de Bacar Dia. Du point de vue de son organisation comme des solutions alternatives, auxquelles les observateurs politiques s’attendaient, ce fut un véritable flop intellectuel et organisationnel. Affirmant ce que nous écrivions sur le déficit réel de représentation de ce parti satellitaire. Ce forum qui réunissait la ‘crème intellectuelle’ de cette formation politique n’a pas constitué un tournant dans le contexte politique et économique du pays, loin s’en faut. En effet, dans les démocraties pluralistes latines, une ‘Université d’été’ ou ‘Université d’hivernage’, c’est selon, est un moment d’introspection, de lucidité critique autour d’un thème générique d’intérêt général. En somme, au sortir d’une telle rencontre, des solutions doivent être brandies et apportées aux problèmes qui ne peuvent manquer de surgir dans une quelconque formation sociale. A l’analyse de contenu du discours fleuve d’ouverture, prononcé le samedi 26 juillet 2008 par Bacar Dia, un constat s’impose : ils sont peu nombreux les formations politiques accrochées aux flancs de la mouvance présidentielle capables d’articuler et de produire des outils conceptuels qui tiennent compte du contexte actuel de crispation politique et d’incertitudes économiques que nous vivons. Ils sont peu, réellement peu, hormis l’Urd, le Pr, le Msp/Sellal, à pouvoir proposer au chef de l’Etat une batterie de solutions aux problèmes actuels.  
Encore une fois, la politique n’est pas le champ des incantations, des formules creuses et des lieux communs. Faire de la politique aux côtés de Me Wade, consiste à pétrir le réel et à s’élever jusqu’aux cimes des concepts afin propulser des solutions. Le Sénégal d’aujourd’hui n’a pas besoin d’incantations et de plagiats, il a besoin d’hommes et de femmes solidement amarrés aux besoins des citoyens. Sous ce rapport, le Pds doit s’arrêter pour procéder à une évaluation de ses stratégies d’alliance avec les partis alliés. L’alternance politique survenue en 2000 est salutaire dans le sens où elle a révélé et montré aux Sénégalais que certains hommes de la trempe de Bacar Dia ne sont pas mus par une adéquation entre leur conviction et leur choix politique. Au fond, la position pré-alternance de certains partis politiques était justement un paravent, pour ne pas dire un vernis qui avait pour fonction essentielle de cacher leur orientation (…) Le peuple se pose la question de savoir pourquoi le Front populaire de Bacar Dia ne va jamais conquérir les voix des citoyens ? La réponse est aisée à donner : le Fp est un parti de type familial dont les militants se comptent sur les doigts des deux mains. Si un parti politique (selon la définition de Georges Lavau) a pour objectif la conquête du pouvoir ou, au moins l’accès à celui-ci par des voies constitutionnelles régulières et, spécialement à travers des élections, le Fp ne fait pas partie de cette formation sociale.  
En affirmant du haut de la tribune de son université d’hivernage : ’Les assises nationales qui, après une élection démocratique et régulière, prétendent réunir des opposants autour d’une pseudo-société civile, pour trouver des solutions magiques prêt-à-porter, comme des magiciens, constituent à nos yeux, une forme mineure d’agression que le peuple sénégalais a vite déjouée. Ces assises convoquées en plein hivernage, au moment où les masses populaires sont mobilisées autour de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance, prouve l’amateurisme de ses instigateurs. En ces moments de tempête, dans un monde où le prix du baril titille les 200 dollars, l’heure est à l’action, à la production, à la bataille pour l’abondance. C’est pourquoi, aux assises nationales, le Front populaire a préféré la Goana’. Bacar Dia oublie que le radicalisme révolutionnaire ainsi que les variétés de l’extrémisme politique qu’il brandit, pour justifier sa présence dans un gouvernement où il est à l’étroit, ont vécu leur saison.  
Il s’agit ici et maintenant, en tant que parti allié au Pds, de se positionner clairement dans la recherche de solutions aux difficultés qui assaillent les Sénégalais au lieu de parodier à longueur d’année l’opposition et les ténors libéraux. En cette étape charnière de notre histoire, marquée par une crise larvée, les Sénégalais ont besoin de perspectives pour un meilleur avenir au lieu de les entraîner subjectivement dans une orientation dont les valeurs ne trouvent d’exemple, chez certains qui les exaltent, que pour les besoins de leurs causes. Nous le disions dans une de nos contributions, la stratégie de Bacar Dia pour sauver son poste consiste à adopter une attitude kafkaïenne (…) En effet, à chaque fois que des rumeurs persistantes de remaniement gouvernemental circulent, sa stratégie consiste à insulter les leaders de l’opposition (Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, Abdoulaye Bathily, etc.) afin de passer pour le seul homme qui défend le président de la République et, ce faisant, garder son poste.  
Or pour un homme de gauche - puisqu’il s’en réclame - allié au Pds, une de ses fonctions dans l’attelage gouvernemental devrait consister à peser de tout son poids dans les choix du président Wade, sans perdre de vue le principe de la solidarité gouvernementale. Feu Amilcar Cabral le disait : pour être sur des positions de gauche, il faut opérer un suicide de classe. Autrement dit, pour être sur des positions révolutionnaires, il faudrait rompre avec l’opportunisme en politique, le manque de résolution, les calculs politiciens à la petite semaine, l’instabilité idéologique. En fait, que le ‘marxiste’ Bacar Dia quitte sa famille idéologique pour rejoindre le camp libéral apporte des enseignements sur la solidité de son engagement marxiste. Certains peuvent me rétorquer que les idéologies sont mortes, mais quand même il est constant qu’il y a une idéologie qui ne meurt jamais : c’est le patriotisme et l’éthique en politique. D’autres pourraient encore m’objecter qu’avec la mondialisation et la quasi-hégémonie des multinationales, sur l’espace monde, l’idée du patriotisme a été dissoute dans ces nouvelles réalités qui structurent le monde. Néanmoins, les patriotes américains n’ont cessé d’utiliser les opportunités offertes par la mondialisation pour renforcer leur tissu économique et leur système politique.  
Et puis, comme le disait le Pr Mame Moussé Diagne, l’idée que les idéologies sont mortes, est une nouvelle idéologie. L’éthique, en politique, va au-delà de la morale. Elle consiste à réfléchir par rapport à la totalité de l’expérience et se résoudre à dire quoi que cela puisse me coûter, je dois poursuivre et réaliser le bien. Autrement dit, même si je suis avec Wade, si j’adhère à ses orientations politiques et qu’à l’expérience, celle-ci contredise le bien auquel je suis attaché, je dois sans état d’âme l’indiquer quoi que cela puisse me coûter sur mes faveurs et privilèges le chemin à poursuivre. C’est peut-être trop demander au promoteur du pont de Médina Ndiathbé. Un comportement éthique, surtout en politique, n’est pas un comportement désincarné, il est constamment contextualisé. Il faut constamment choisir entre ses intérêts et le bien en tant que finalité absolue de l’accomplissement de l’être. Mais est-ce que l’éthique peut prospérer dans des sociétés où des gens sont tenaillés par les lambris du pouvoir en tant que lieu d’épanouissement matériel et symbolique ? C’est toute la question.  
S’il est patent aujourd’hui que le premier symptôme d’anomalie politique au Sénégal est le nombre exponentiel de partis politiques - des partis politiques qui n’ont aucune idéologie ni aucune masse électorale - malheureusement, beaucoup de partis alliés au Pds sont le plus souvent dotés d’effectifs minuscules et, pourtant, ils prolifèrent comme des insectes. Ces formations politiques font penser aux métastases cancéreuses. La majeure partie de ces formations politiques a une existence précaire et une présence fantomatique dans l’espace public. Leur genèse et leur destin sont intimement tributaires des intérêts d’un seul individu qui, la plupart du temps, est foncièrement incapable de décliner le moindre projet de société cohérent, la moindre stratégie ou programme de progrès économique et social. Ces partis politiques sont, en réalité, des instruments cyniques de marchandage et de chantage politique aux mains perfides et viles d’une seule personne.  
A la place d’une démocratie participative véritable ou même d’une démocratie d’opinion, source de délibération permanente, on a inventé au Sénégal une démocratie d’agitation quotidienne et permanente. Constamment, quotidiennement, on s’agite et on agite avec un credo simple : s’accrocher, contre vents et marées, au pouvoir. La générosité de Me Wade fera le reste…  
Pape Sadio THIAM Journaliste thiampapesadio@yahoo.fr  
Qui en veut à Assane Diagne et pourquoi ? 
 
 
La revue de presse du samedi 19 Juillet courant, citant un journal jusqu'ici inconnu de nos kiosques, fut pour nous une nouvelle occasion de constater combien, dans le seul but de nuire à quelqu'un, on peut être de manière effrontée totalement éloigné de la réalité. Nous qui sommes au cœur des activités de la Sicap, savions qu’Assane Diagne était arrivé à la tête de la Sicap, avec pour mission unique de la liquider, en la vendant au franc symbolique à des opérateurs privés. De sa propre initiative, il jugea personnellement que cette mission était contraire à son sens patriotique et à son honneur professionnel d'architecte expert. S'il s'en tenait à l'application stricte de la mission qui lui était confiée par le gouvernement d'alors, la Sicap n'aurait plus existé.  
Avec une admirable maîtrise tant les fonctions d'études, que dans celles de gestion, le résultat à l'arrivée fut une Sicap redressée, devenue forte, ayant retrouvé un équilibre financier et social qui lui permit de rendre au Sénégal en général, et aux usagers de la Sicap, en particulier, d'inestimables services. Dès lors, même la naïveté ne peut nous servir d'excuse pour ne pas rétablir la vérité face aux détracteurs mal intentionnés et mal informés qui diffament et calomnient un brillant fils de ce pays, dont le passage à la Sicap fut, pour nous, un sérieux et très instructif témoignage de la réserve de foi et d'énergie qui a permis à Assane Diagne de croire et d'oser.  
En effet, les populations des Sicap ne sont pas dupes et savent bien reconnaître les directeurs qui ont travaillé pour les mettre en sécurité dans leur logement. Ces populations, représentées par l'Association syndicale des propriétaires et locataires des Sicap (Aspls), se souviennent de l'extraordinaire audience dont Assane Diagne jouissait auprès des bailleurs de fonds, ce qui lui a valu les nombreux ‘oscars de meilleur entrepreneur’ obtenus à travers le monde et émanant des organismes les plus prestigieux dans les domaines variés des finances, du bâtiment et de la construction, se taillant ainsi la réputation d'incontestable manager. C'est grâce à la clairvoyance et à la lucidité d’Assane Diagne que l'Aspls a pu convaincre le gouvernement que la liquidation de la Sicap, société à vocation d'habitat social, équivalait à jeter du vitriol sur le visage du Sénégal.  
Aussitôt, M. Diagne contribua largement à faire obtenir en faveur des cités collectives de Karack, Baobab et Rue 10 des terrains sur lesquels l'Aspls construisit des villas de type F2, aujourd'hui visibles sur le site de Keur Massar, qu'on ne peut guère comparer aux taudis pour célibataires qui, pourtant, étaient occupés, depuis une quarantaine d'années, par des familles nombreuses parfois composées de trois à quatre générations (du grand-père aux arrière-petit-fils) dans des conditions de promiscuité indescriptibles. Nous citons Assane Diagne en exemple aux jeunes générations futures et à toute personne soucieuse de bonne gouvernance, au lieu de nous complaire à voir ses adversaires, animés de rancœur, de haine et de jalousie, exhumer de vieux dossiers de la Sicap qui ne sont plus de saison, et dont ils n'en savent ni les tenants ni les aboutissants.  
En conséquence, ceux qui ont le privilège d'avoir l'oreille attentive du président Wade, à tous les niveaux de la société, devront s'attacher davantage à lui trouver des collaborateurs efficaces, vaillants, compétents et habiles, dans le seul intérêt du pays, au lieu de se laisser manipuler par ceux qui tentent désespéramment de cultiver l'équivoque et le doute par des sentiments négatifs de haine, de jalousie à l'égard de personnes supposées leur faire ombrage. A vrai dire, les vrais ennemis de ce pays, ce sont ceux qui entravent les belles initiatives du président Wade par des combinaisons et des compromissions destinées à satisfaire de petites ambitions nées d'intrigues les plus sordides.  
Youssou NDOYE Président de l'Aspls 
L’OFFICE : 
Le paradoxe Wade !  
Durant les 26 ans au cours desquels, il a régné sans partage sur la Rue Publique, Wade a eu le temps de se fabriquer un mythe. L’Africain le plus diplômé du Cap au Caire. Le Meilleur Economiste du Tiers-monde. Le Meilleur Juriste du continent noir. Un Mathématicien de renommée mondiale… Et ce qui ne déparait pas ce CV de Mammouth : une expérience énorme, gage de sagesse. N’avait-il pas été recruté à prix d’or par le lointain Soudan, pour redresser son économie. Seul, comme un Grand… Mais le hic, car il y’en a bien un. C’est que dans le pays où trône ce quasi Omniscient, depuis plus de 8 ans, les pénuries succèdent aux pénuries. Interminables. Les fleurons de notre industrie sont au creux de la vague. Pis, l’électricité, base de toute économie moderne, est rationnée. Paralysant littéralement ménages et entreprises – grandes, moyennes et petites -. Sans compter les innombrables « petits boulots », indispensables pour faire bouillir la marmite. Mécaniciens, menuisiers, bijoutiers, tailleurs… Mais entendons-nous bien. Loin de nous, toute idée de nostalgie, concernant le régime Ps d’Abdou Diouf. Gangrené, rongé par la corruption, la mal gouvernance, l’arrogance, le Maatey ; et finalement perdu l’usure du pouvoir… Mais, même si des infrastructures dites de dernière génération ont surgi de terre sous l’alternance. Le paradoxe de l’Economiste Wade, est là. Enorme ! 
( Mor Todjangué )  
L’OBSERVATEUR : 
 
ÉRECTION DE LA COMMUNAUTE RURALE DE FARBA SENGHOR EN COMMUNE D’ARRONDISSEMENT Le Front Siggil Sénégal crie au scandale 
 
Article Par HAROUNA FALL,  
Paru le Mardi 5 Aoû 2008 
 
Le front Siggil Sénégal réuni hier a dénoncé la manière dont Me Abdoulaye Wade procède au découpage administratif du Sénégal. L’érection de Mboloum, la communauté rurale dont est originaire le ministre Farba Senghor en commune d’arrondissement a été le découpage de trop pour le Fss qui crie au scandale.  
Le Front Siggil Sénégal est monté au créneau hier pour dénoncer avec la dernière énergie la manière dont le chef de l’Etat Me Abdoulaye Wade procède au découpage administratif. Le dernier en date qui a fait sortir le Front Siggil Sénégal de ses gongs, c’est l’érection de la communauté rurale du ministre Farba Senghor en commune d’arrondissement. A en croire les camarades de Amath Dansokho, il y a des intérêts politiques derrière les découpages administratifs du chef de l’Etat Me Abdoulaye Wade. Le gouvernement de Wade n’a aucun respect pour les lois. Selon eux, les lois sur la décentralisation recommandent une large consultation des populations à la base avant de procéder à tout découpage administratif. Mais Me Abdoulaye Wade, en « Buur Saloum » (roi du Saloum) décide de tout sans consulter personne. Les camarades de Dansokho ont évalué la manifestation qu’ils ont organisée la semaine dernière devant l’Assemblée nationale pour dénoncer la modification de l’article 27. Une manifestation qui a été fortement réprimandée par la police. Ils s’inquiètent de ces agissements. Par ailleurs, le front Siggil Sénégal est revenu sur le problème de l’hôpital Aristide Le Dantec que l’Etat est en train d’asphyxier. Cet hôpital ne fonctionne pas parce que l’Etat veut le mettre en faillite pour récupérer le site afin de le vendre. Sur la question de l’Ipres, le front Siggil Sénégal a dénoncé la vente des actions de cette institution. Le Fss s’inquiète par la même occasion de la destination de la manne financière issue de cette vente.  
LEQUOTIDIEN : 
04-08-2008  
Une vie pour l’Afrique, livre d’entretiens de Me Abdoulaye Wade avec Jean Marc Kalflèche et Gilles Delafon, édition Michel Lafon : II- A la (re)découverte du personnage Abdoulaye Wade 
Par Mody NIANG 
SUITE - Si on poursuit la lecture du livre, on découvre une autre facette du personnage qui nous en dit très long sur ce que nous vivons aujourd’hui avec lui. Il se souvient de deux livres qu’on lui a offerts comme prix à l’école de Thiong, livres «qui correspondaient à l’époque à une inquiétude qui (le) perturbait : l’immensité de l’espace, du ciel, de l’univers». Les livres lui ont été volés, «mais au cours des millions de kilomètres qu’(il) a parcourus en avion par la suite, (il) a constamment vécu avec ces images». Le meilleur est à venir et c’est ceci : «Le paysage du ciel me fascine (sic). J’ai toujours rêvé de faire le tour du monde dans un engin spatial. Peut-être un jour…» Nous comprenons maintenant mieux pourquoi Me Wade passe plus de temps dans son avion qu’au Sénégal. Nous sommes édifiés sur son empressement, au début de l’alternance, à rénover l’avion de commandement à coup de milliards. Il lui fallait coûte que coûte, et dans les meilleurs délais, son palais volant et dans n’importe quelles conditions. Même dans la forfaiture. 
Cette passion effrénée pour l’avion, le Premier ministre Habib Thiam l’avait déjà remarquée quand il siégeait au Gouvernement de majorité présidentielle élargie en qualité de ministre d’Etat sans portefeuille (1991-1992). A la page 123 de son livre «Par Devoir et par Amitié», édition du Rocher, juin 2001, il écrit : «Il aimait beaucoup voyager. Il aimait le faire, entouré comme un chef d’Etat ou un Premier ministre. Cela coûtait extrêmement cher.» 
L’homme aime donc passionnément l’avion et en use et en abuse. Il va continuer de voyager, encore voyager, toujours voyager. Il ne lui restera finalement qu’à réaliser son rêve d’enfant : se payer un voyage touristique dans un engin spatial de la Nasa. Il en a la folie et les moyens, puisqu’il est cossu comme Crésus. 
Si nous poursuivons la lecture du fameux livre d’entretiens, nous découvrons que l’homme ne parle pas seulement de lui et de ses parents. Il parle aussi des autres, mais souvent, avec mépris. Il déclare avoir obtenu ses diplômes en 1946-1947 : diplôme de William-Ponty et diplôme de fin d’études normales. Il est ensuite affecté dans la petite ville de Thiès où il a enseigné pendant un an. «J’avais, dit-il, une classe de quatre-vingt-cinq débutants qu’il fallait alphabétiser.» Me Wade a l’habitude de raconter n’importe quoi et c’est probablement le cas ici. Une classe d’un effectif de quatre-vingt-cinq élèves est impossible à l’époque, fût-elle une classe multigrade. Nous venions à peine de sortir de la guerre et l’école n’était pas encore profondément enracinée dans les habitudes. Même jusqu’aux années 1960-1970, de tels effectifs étaient impossibles ou, s’ils existaient, étaient rares. 
Le jeune instituteur a pris la succession d’un moniteur d’enseignement qui avait eu les élèves pendant trois mois. Il l’apprécie en ces termes peu flatteurs : «Je m’aperçus rapidement de la situation catastrophique de ces enfants. Ils ne savaient rien du tout. Je m’appliquais malgré tout à les instruire et, au bout de deux à trois mois, je fis un premier contrôle qui révéla que seul un petit lot me suivait (pp. 45-46).» Il revient à la charge à la page suivante : «Comme les instituteurs diplômés de Ponty étaient en nombre insuffisant, des moniteurs dont on exigeait uniquement le certificat d’études, se voyaient confier les élèves débutants. Et évidemment, en raison de leur faible niveau, ils rataient presque toujours la formation des enfants.» Quel mépris ! C’est vraiment du Me Wade ! Même si, d’aventure, ces moniteurs étaient tous d’un faible niveau, ils méritent un peu plus de respect, si on considère les services énormes qu’ils ont rendus à l’école sénégalaise. Que de cadres de haut niveau sont passés par leurs mains souvent expertes, malgré «leur faible niveau» ! 
Ces moniteurs exerçaient en général dans les petites classes (Cp1-Cp2). Ils montaient parfois avec leurs élèves jusqu’au Ce1 et au Ce2. Ils s’acquittaient de leurs tâches d’enseignement avec un art et une conscience professionnelle rarement égalés. Nombre d’entre eux ont, par le jeu des examens professionnels, accédé aux grades les plus élevés de l’Enseignement primaire. Nombre d’autres, plus persévérants encore, sont devenus professeurs, inspecteurs d’enseignement, administrateurs civils, etc. Pour ma part, en tout cas, qui suis passé entre les mains de trois d’entre eux, je leur rends un vibrant hommage. 
Poursuivons notre génie en tout. A la page 49, il raconte son passage dans l’armée. Après la période d’instruction, il fut invité, avec ses camarades «pour la plupart analphabètes», à passer un examen qui devait permettre de les affecter dans les différents services. «Pour la dictée, précisait-il, je préparais plusieurs petits papiers. Chaque fois que l’instructeur dictait une phrase, je l’écrivais sur plusieurs papiers que je passais à mes camarades, qui recopiaient tout simplement et passaient le bout du papier au voisin. Je fis de même pour l’épreuve de calcul. Très bons résultats, commenta le lieutenant.» C’est vraiment du Me Wade, ça ! Qui croira un seul instant à cette histoire ? Pour réussir cet exploit, il devait vraiment écrire à une vitesse supersonique. Comment trouvait-il le temps d’écrire d’abord la phrase sur sa copie, puis sur plusieurs papiers avant de les passer aux voisins ? Quand même ! A moins, peut-être, que le rythme de l’instructeur fût particulièrement lent, et encore ! Et puis, l’instructeur se rendrait rapidement compte de son manège, puisque tout le monde aurait fait un excellent devoir, aussi bien en dictée qu’en calcul ! Pour des analphabètes ! 
Au fur et à mesure de la lecture du livre, on découvre et redécouvre maintes autres facettes de l’homme. Nous en aurons le cœur net dès samedi prochain.  
 
FIN 
 
 
modyniang@arc.sn  
Quand Sarkozy et Guaino apportent «la bonne nouvelle» aux Africains ! 
A la suite de l’avalanche de critiques que le discours de Sarkozy à Dakar avait suscitée, son conseiller spécial, Henry Guaino, revient à la charge, en procédant, de façon scandaleuse, à une transposition de catégories de l’anthropologie à l’idéologie politique. A la suite de l’avalanche de critiques que le discours de Sarkozy à Dakar avait suscitée, son conseiller spécial, Henry Guaino, revient à la charge, en procédant, de façon scandaleuse, à une transposition de catégories de l’anthropologie à l’idéologie politique. Dans un article publié dans le journal Le Monde du 26 juiller 2008, il s’adonne à une gymnastique intellectuelle pour réinterpréter le fameux discours. Il faut d’ailleurs dire que lorsqu’un discours d’un homme d’Etat exige autant de justification et d’explication, c’est qu’il n’a pas été bien perçu. Or si tel est le cas, soit c’est par inaptitude de son auditoire, soit c’est parce qu’il s’agit d’un discours manqué, raté. Dans les deux cas, il y a problème et c’est même très grave : car croire que les Africains sont aussi narcissiques qu’il leur est impossible de décoder objectivement un discours, c’est quand même leur suggérer une certaine insuffisance ; et au cas où c’est le discours même de Sarkozy qui est incompréhensible, c’est alors une preuve manifeste d’amateurisme au sommet de l’Etat français ! : «Faut-il avoir une couleur de peau particulière pour avoir le droit de parler des problèmes de l’Afrique sans être accusé de racisme ?» C’est la question que se pose Henry Guaino pour répondre aux critiques adressées au chef de l’Etat français à la suite du discours de Dakar. M. le conseiller ! 
Contrairement à ce qu’insinue votre question, l’Africain n’est pas aussi allergique à la critique, nous sommes même victimes d’un criticisme qui, par excès de zèle, nous a parfois inclinés à rejeter notre culture pour nous accommoder aux exigences de l’unilatéralisme européen. L’Euroafrique et l’Union pour la Méditerranée dont vous faites présentement la promotion, ne sont que les succédanés d’une vieille culture de la mégalomanie européocentriste qui a conduit aux agressions multiples dont les peuples du tiers-monde ont été victimes. L’Euroafrique et l’Union pour la Méditerranée ne sont pas pensées par des Africains, c’est encore une panacée, venue d’ailleurs et dont les effets secondaires ne nous sont pas communiqués. Quelle est la place de l’Ua dans ces projets et quels rapports les pays africains concernés par cette Upm entretiendront-ils désormais avec le reste du continent ? Le problème n’est pas de savoir si Sarkozy est raciste ou pas ; de toute façon, les formes d’expression du racisme ont évolué quoique la définition de Lévi-Strauss garde sa pertinence. Le problème n’est donc pas là, il s’agit de savoir si Sarkozy, en prononçant son discours sur la place de l’Afrique dans l’histoire, n’est pas resté prisonnier d’une perception stéréotypée de l’Africain : un homme qui, jusqu’ici, est incapable d’évoluer suivant son propre génie créateur.  
Le jeu de mots sur l’histoire auquel vous vous adonnez n’a rien de savant, ni même de sérieux. A qui veut-on faire comprendre que l’Africain a une histoire ? Tout le monde a une histoire ! Bien sûr, même la souris en a une ; mais il y a histoire et histoire ! Avoir une histoire ne signifie guère participer à l’histoire universelle, même si ce concept est gros d’idéologie. Guaino parle du rapport à l’histoire qui diffère d’une époque à une autre et d’une culture à une autre : c’est précisément cela aussi l’histoire. L’histoire, c’est aussi l’écriture de l’histoire, l’interprétation de l’histoire car, qui détermine ce qui est historique ? Le rapport à l’histoire, la présence active (ou passive ?) dans cette histoire sont aussi tributaires de l’interprétation qu’on fait de l’histoire. L’histoire événementielle n’est pas toute l’histoire : l’histoire, c’est à la fois les évènements et le sens que les acteurs de cette histoire donnent à ce qu’ils font et à ce qui leur arrive. Vous qui citez Claude Lévi-Strauss devez être bien placé pour comprendre ce qu’il appelle le cannibalisme historique et sa portée hautement pratique : «L’histoire, disait Lévi-Strauss, n’est jamais donc l’histoire, mais l’histoire pour. Partiale, même si elle se défend de l’être ; elle demeure inévitablement partielle, ce qui est encore un mode de partialité.» 
L’histoire n’est donc pas neutre, elle ne rend pas compte de tout, et tout ce qu’elle raconte a une finalité dans le présent ou dans le futur. C’est ainsi que nous réduisons le sens et la portée des évènements vécus par des générations antérieures aux enjeux du moment. Donc, l’histoire réfléchie, qu’elle soit scientifique ou philosophique, est absolument une praxis dans l’histoire évènementielle. L’interprétation de l’histoire peut déterminer la position qu’on occupe dans le présent et qu’on va occuper dans l’avenir. Voilà pourquoi le discours de Sarkozy, qui risque aussi témérairement une réinterprétation de l’histoire, est dangereux.  
Entre vous qui venez nous dire ce qu’on doit faire pour «entrer dans l’histoire» et vos ancêtres qui prétendaient venir nous civiliser où se trouve la différence ? Vous prétendez que les Africains manquent de distance par rapport aux mythes qui enveloppent et cristallisent leur présent dans un passé handicapant et vous oubliez que parmi ces mythes, il y a justement celui de la suprématie de la rationalité occidentale que l’homme blanc s’efforce, à chaque occasion, de créer et d’inculquer aux Africains ! Temps cyclique par opposition au temps linéaire : si vous étiez convaincu par les thèses de Cheikh A. Diop, vous vous rendriez compte que le temps de l’Africain n’est guère cyclique et, de toute façon, ça n’a pas de sens. Si vous êtes aussi prisonnier des vieux paradigmes de l’histoire telle qu’on vous l’a enseignée, vous êtes mieux placé que quiconque pour savoir que la représentation qu’on se fait de l’histoire, participe efficacement au cours de celle-ci. Le vrai titre du discours de Sarkozy devrait être ceci : «Sarkozy apporte la bonne nouvelle aux Africains.»  
Comment voulez-vous que les jeunes Africains s’affranchissent des archétypes incommodants alors que vous travaillez sciemment ou inconsciemment à ériger dans leur conscience, les pylônes de ces mêmes archétypes ? Vous refusez d’être un plagiaire de Hegel alors que vous reproduisez textuellement la conception qu’il a du rapport entre l’homme et l’histoire : «L’homme moderne est angoissé par une histoire dont il est l’acteur et dont il ne connaît pas la suite.» Si la suite de l’histoire était connue, celle-ci serait terminée ; le propre même de l’histoire humaine (Hegel, Marx, etc. l’ont parfaitement bien établi) c’est que les hommes en sont à la fois les acteurs et les agents. Nous faisons l’histoire en même temps que nous la subissons et c’est la raison pour laquelle, malgré l’opposition intelligente de Chirac à la guerre du Golfe, son pays et ses concitoyens sont en train d’en pâtir aujourd’hui.  
Vous êtes tellement prisonniers d’une certaine conception de l’histoire que, sans le savoir, vous continuez à marginaliser l’Afrique au moment même où vous lui tendez la perche qui doit la tirer vers cette histoire : c’est cela aussi l’histoire ! Personne n’a jamais dit que les Occidentaux n’avaient pas le droit de parler de l’Afrique ! Nous refusons simplement d’être contraints à lire l’histoire d’après le prisme étroit de l’européocentrisme. Si vous étiez si instruit de la réalité africaine moderne, vous vous rendriez compte que ce rapport narcissique à notre culture et à notre passé est aboli depuis belle lurette. Combien de livres et d’articles condamnent, de façon récurrente, le passé et le présent africains, et sont publiés dans le continent ? Henry Guaino se demande : «Parler de “l’homme africain” était-il raciste ? Mais qui a jamais vu quelqu’un traité de raciste parce qu’il parlait de l’homme européen ?» Voilà ce qu’on appelle proprement un déplacement de la problématique : la question n’est pas de savoir si on traiterait de raciste un Africain qui parle de l’Europe ! En fait, cette Europe a tellement cadenassé les catégories du débat sur l’altérité qu’on ne peut plus la critiquer sans lui rendre implicitement hommage. Les apologies que vous faites (la thèse des bienfaits) de la colonisation ne sont que l’écho d’une voix qui a récemment cherché à légiférer sur la manière dont l’histoire de la colonisation devrait être enseignée aux jeunes Français. Mais il [Sarkozy] a voulu rappeler en même temps que, parmi les colons, «il y avait aussi des hommes de bonne volonté (...) qui ont construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles (...)». Il doit beaucoup à Senghor, qui proclamait : «Nous sommes des métis culturels.» Vous savez mieux que tout le monde que lorsqu’un chef d’État se met à interpréter l’histoire, son propos n’a pas la même signification que l’explication d’un historien de métier ! Pourquoi la question des bienfaits de la colonisation est-elle encore ressuscitée au moment où les Africains sont asphyxiés par une globalisation implacablement injuste ?  
 
Alassane K. KITANE - Professeur au Lycée Ahmadou Nd. Seck - Thiès 
Du plomb dans les ailes de la démocratie sénégalaise : Ces gens qui se croient indispensables ! 
«Les cimetières sont remplis de personnes qui se croyaient indispensables.» La pertinence de ce proverbe est qu’il cherche à nous incliner à la modestie face au grand spectacle qu’est l’Histoire de l’humanité. Malheureusement, le grand problème de la démocratie sénégalaise réside dans cette tendance répugnante qu’ont les gens qui gravitent autour des sphères du pouvoir à persuader celui qui incarne ce pouvoir qu’il est indispensable. «Les cimetières sont remplis de personnes qui se croyaient indispensables.» La pertinence de ce proverbe est qu’il cherche à nous incliner à la modestie face au grand spectacle qu’est l’Histoire de l’humanité. Malheureusement, le grand problème de la démocratie sénégalaise réside dans cette tendance répugnante qu’ont les gens qui gravitent autour des sphères du pouvoir à persuader celui qui incarne ce pouvoir qu’il est indispensable. On rivalise d’ardeur dans la production de sophismes pour démontrer qu’après lui, c’est l’apocalypse. C’est ainsi que le péché qui putréfie l’œuvre de certains hommes d’Etat est, qu’au sommet de leur gloire, ils sont souvent piégés par l’illusion d’être indispensables au point de se croire être nantis de facultés de décider et de choisir pour leurs concitoyens et parfois même malgré eux. Il faut croire à la démocratie en reconnaissant que chaque démocratie est capable de trouver en elle-même les ressorts et les ressources par lesquels elle devrait être en mesure de régler le problème de la continuité des institutions par-delà le déclin des hommes.  
Sous ce rapport, on peut considérer le principe selon lequel : «Le pouvoir que la démocratie nous confère, doit lui être démocratiquement rendu», comme l’axiome fondateur de la démocratie. Toute tentative de conserver ou de transmettre le pouvoir politique par des moyens étrangers à l’esprit de la démocratie est répréhensible. Ni la vertu d’un homme, ni son génie, fut-il exceptionnel et «surhumain», ne peuvent justifier une entreprise de transmission du pouvoir par le bricolage et la manipulation constitutionnels. Un homme ne peut pas faire, à lui seul, l’histoire de son époque et celle des époques à venir. «Nul ne peut dépasser l’Esprit de son peuple, pas plus que nul ne peut sauter par-dessus sa silhouette», disait Hegel avec raison, car les enjeux, qui font d’un leader politique ce qu’il est, changent de façon absolument imprévisible. Quand un engagement politique est en harmonie avec les valeurs et les idéaux d’une génération, celui qui incarne ces valeurs et idéaux est toujours irrésistible et passe même parfois pour un surdoué aux yeux de cette génération. Cet homme peut paraître ou être réellement visionnaire, en avance, exceptionnel, mais jamais il ne peut entreprendre ni réaliser des choses que son époque ne permet pas, structurellement, de réaliser ; de sorte que même visionnaire, on reste quand même assujetti aux limites naturelles des enjeux de son époque.  
Nous devons être persuadés que la splendeur et le génie de chaque héros ont une durée de vie au-delà de laquelle, ils se transforment en caprices ou en frivolités toujours insupportables. Chacun a le droit de chercher à marquer son époque, c’est humain et c’est très noble, mais nous devons toujours avoir à l’esprit que l’histoire a commencé son cours avant nous, qu’elle aurait pu se faire sans nous et qu’après nous, elle continuera encore son cours. Une des lois inexorables de celle-ci est la caducité des hommes et de leurs œuvres. Quelles que soient sa force, sa grandeur, sa sagesse et sa dignité, un homme ne pourra jamais se prévaloir de plus de droit à l’existence que ses semblables : il quittera ce monde et y laissera inévitablement quelque chose qui peut lui apparaître comme incertain, comme une tourmente ou comme un mal. Les Prophètes et les Saints nous ont quittés et notre existence n’en est pas pour autant anéantie ; les grandes figures de l’histoire contemporaine ont fait ce qu’elles ont pu, mais les générations actuelles ne sont pas pour autant affranchies de la nécessité de s’investir pour prendre en charge leur propre destin. Il y aura toujours quelque chose à faire, il y aura, par conséquent, toujours un parfum d’échec et d’impuissance qui se dégagera de l’auréole même des héros : il ne faut pas avoir peur de ce qui arrivera sans nous.  
Il n’y a donc pas de doute que l’avenir du Sénégal ne peut résider dans la clairvoyance d’un seul homme et que le choix de celui qui sera là après Wade ne peut être laissé au libre arbitre, ni même au génie exceptionnel d’un seul homme. Il ne sert à rien de chercher à persuader les Sénégalais que celui qui doit succéder Wade ou plutôt le remplacer est, obligatoirement, tributaire de la volonté de ce dernier. Il ne faut pas que les partisans de Wade projettent l’amour qu’ils ont pour ce dernier sur son fils ou sur son dauphin éventuel pour en tirer la conclusion hâtive qu’il a les qualités ou qu’il est prédestiné à gouverner le Sénégal. Le testament politique d’un chef de parti peut se concevoir et «se comprendre» comme un legs qu’une personne ingénieuse, créatrice et charismatique fait à ses partisans ou fils spirituels, mais on ne doit ni le confondre à un testament pour la République, ni en faire la locomotive qui tracte le destin de la République. Si le Pds est disposé à servir de rampe de lancement aux ambitions politiques du fils du président de la République, il n’y a pas de raison que cela devienne un sujet de délibération nationale. Il n’y a rien de surprenant à voir des «made in Wade», moulés dans la docilité et dans la pratique laudative de la politique, accepter de gommer leur expérience politique et les enseignements reçus du maître pour faire place au «charisme» et au «génie» d’un Karim intellectuellement étincelant au regard de la qualité de ceux qui entourent le père. En revanche, Wade, ses militants et son dauphin éventuel ne devront jamais oublier que l’histoire du Pds ne se résume pas aux agitations de ces huit dernières années et que le Sénégal est doté de suffisamment de ressources pour construire son destin suivant des perspectives diverses.  
Si Wade et la démocratie sénégalaise ont vraiment bien travaillé, la question de la succession de Wade à la tête de son parti et de l’Etat ne doit pas se résumer à un choix fermé entre quatre personnes. Le fait même que la piste Karim soit aujourd’hui crédibilisée atteste d’une déficience du mode de fonctionnement de la démocratie. Nous restons persuadés que si Wade ne trouve pas, dans son parti, un autre ou mieux que son fils biologique, c’est assurément là une preuve éclatante de son échec dans sa mission de créer et de faire fonctionner un parti apte à contribuer à l’approfondissement de la démocratie. On a vite oublié ou pardonné la boutade de la Corniche, «je dirai à ta mère que tu as bien travaillé», sans avoir suffisamment réfléchi sur son impact psychologique et politique aussi bien chez le concerné que chez ses concitoyens. Les paradigmes familiaux n’auraient jamais dû franchir un tel cap et empiéter avec autant d’audace et de maladresse sur les paradigmes républicains, s’il n’y avait pas derrière la boutade un désir non avoué ou inconscient. Les boutades sont comme les lapsus lingui : en se déguisant sous le manteau du «non-sérieux ou du non-sens», elles donnent sens, vie et épanouissement à tout ce qui sommeille dans les tréfonds obscurs de notre inconscient. Le fait de passer par la boutade a ceci de fâcheux qu’en empêchant tout débat par la nature même de la boutade, il fait admettre un profil indiscutable d’un gagneur spécial. Combien de Sénégalais ont bien travaillé dans la mission qui leur a été assignée ? Qui dira à leur maman qu’ils ont bien travaillé ? Ceux qui évoquent l’argument du tort qu’est la discrimination pour faire valoir le profil présidentiel du fils du président de la République devraient commencer par méditer sur la portée de la discrimination qui a fait de lui le seul travailleur dont les bons résultats devraient, par les moyens de l’Etat, être communiqués publiquement à sa mère par la première institution de ce pays. L’âme qui se cache derrière l’enveloppe d’un ver de terre est aussi resplendissante que celle d’une princesse royale : ce chant d’un poète hindou est, sans aucun doute, la meilleure réponse qu’on peut apporter aux machinations de ceux qui ne suivent Karim que parce qu’il est le fils du Président.  
Le vrai débat se situe à ce niveau : à part le fait d’être le fils du président de la République, de quel mérite Karim peut-il se prévaloir pour revendiquer une ascension au sommet de l’Etat ? Il ne faut pas croire que les Sénégalais sont assez dupes pour remplacer la question de la légitimité politique de Karim par la question de sa capacité à remporter des élections. «Un diplomate… a affirmé qu’ils [les détracteurs des ambitions politiques de Karim] disent toujours : «Karim ne doit pas se présenter», mais jamais ils n’affirment : «S’il se présente, il sera battu» !» L’auteur de ce sophisme primaire n’a apparemment pas beaucoup de considération pour ses compatriotes, car le déplacement de la problématique auquel il s’adonne est tellement manifeste que seul un troupeau de moutons de panurge pourrait le rejoindre sur son terrain.  
De toute façon, débattre sur l’issue d’élections dont la tenue à date échue est maintenant suspendue à la volonté et aux humeurs d’un camp, c’est simplement s’adonner à des grimaces politiques dont l’unique portée est de distraire les gens, tandis qu’on manœuvre vers une autre direction. Le Sénégal est devenu dangereux et ce, non pas parce que les gens qui y vivent se font la guerre, mais parce que les choses les plus abominables y trouvent une «théodicée» politique ou religieuse par des apologistes qui préfèrent la compromission, même avec le diable, aux élans discursifs de la délibération qui sauvent l’humanité.  
 
 
Alassane K. KITANE - professeur au Lycée Serigne Ahmadou Nd. Seck - Thiès 
CONDAMNATION- Absence de justice, manque de liberté d’expression et de démocratie. 
Le Forum Res Publica appelle à la résistance Par Astaré SALL 
 
Les agressions contre la presse continuent, car après les violents coups portés sur les journalistes Boubacar Kambel Dieng et Karamako Thioune, Souleymane Jules Diop a été également déshonoré par les membres de la délégation du Président Wade aux Etats-Unis. Le Forum Res Publica, à travers un communiqué rendu public, constate qu’on est en train «d’assister à des actes inadmissibles, destinés directement à une catégorie socioprofessionnelle, celle des journalistes pour les intimider et les faire taire». Ce qui constitue, aux yeux de ce forum, un acte «d’intolérance, d’agression et de lâchetés. En effet, ils (les gens du régime) n`ont pas le droit d`insulter ou d`emprisonner des journalistes à l`extérieur du pays». «Au-delà des indignations, les bras armés du Président Abdoulaye Wade doivent savoir qu’à l`extérieur des frontières du Sénégal, ils sont des citoyens comme les autres, soumis aux lois et règlements des pays qu’ils visitent. Ils ne sont donc pas à l’abri d’actions judiciaires intentées à leur encontre dans ces pays du fait d’actes délictueux et criminels», avertit Res Publica.  
C`est pour cette raison que le forum Res Publica Diisoo approuve et soutient Souleymane Jules Diop dans sa plainte déposée auprès de la justice américaine. Face à cette situation, le forum Res Publica, qui se dit attaché aux principes fondamentaux de liberté d`expression et de liberté de manifester inscrits dans la Constitution sénégalaise, exhorte ses «compatriotes à ne pas accepter ces dérives et à faire face pour sauver la démocratie sénégalaise». 
 
 
Stagiaire 
EMERGENCE - Mme Wade sur les travaux de l’Anoci : Viviane se dit fière de son fils Karim. 
26-07-2008  
Par Alassane DIALLO 
 
Invitée du journal Emergence n° 04 du mois de juillet-août 2008, de notre consœur Mariam Selly Kane, précisément à la rubrique Temps forts, «en tant que personnalité du mois», Mme Viviane Wade, la première dame du Sénégal s’est prononcée sur les travaux de l’Anoci et sur la rumeur qui lance Karim Wade en politique. Mais aussi sur la Goana. 
«En tant que mère, quand vous entendez dire et lire dans les médias que votre fils veut se lancer en politique, qu’est-ce que vous en pensez ?» C’est la question que lui a posée Mariam Selly Kane. Et Mme Viviane Wade de répondre sans fards : «Je ris ! Pourquoi, ils disent cela ? D’ailleurs, s’il veut, il en a le droit. Vous-même, vous pouvez vous lancer en politique, vous constituer candidate ! Qui est-ce qui peut vous en empêcher ? Il y a combien de partis politiques au Sénégal ? On a bien atteint la centaine. Alors, pourquoi pas lui aussi ? Donc, cela me fait rire. Et je pense que Karim a d’autres capacités, des moyens qu’il fait prévaloir ailleurs. Vous savez, on peut faire beaucoup de choses au Sénégal. Regardez, comment il a su, en un temps record, gérer la construction des routes qui ont permis d’améliorer la circulation de Dakar et j’en suis fière. C’est un bon investissement pour le Sénégal.» Et notre consœur de poursuivre : «Justement, vous êtes fière de l’Oci ?» Et «la muse du développement durable», d’asséner avec force : «Ah oui, je suis très fière !»  
Le Président Wade n’était donc pas seul à penser que «le fils de Viviane a bien travaillé»… Au sujet de la Goana (Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance : Ndlr), Mme Wade pense que «c’est une solution». Cependant, dit-elle, jeter des gens sur la terre, s’ils n’ont pas d’expérience, va créer certainement, par endroits, quelques couacs. (…) 
Ferloo.com  
L’Anoci contre les handicapés. 
05-08-2008  
«En l’an 2000, Dakar sera comme Paris», disait le défunt Président Léopold Sédar Senghor. Et la prophétie n’en prend vraiment pas le chemin ! On est bien au Sénégal, et Dakar n’a rien de commun avec Paris. Par Woury DIALLO 
En l’an 2000, Dakar sera comme Paris», disait le défunt Président Léopold Sédar Senghor. Et la prophétie n’en prend vraiment pas le chemin ! On est bien au Sénégal, et Dakar n’a rien de commun avec Paris. Lorsqu’on met les bœufs avant la charrue, il est difficile d’y arriver. On est toujours dans le Sénégal des années de la dépendance. L’époque du lien colon à indigène. Le temps du gouvernant tout-puissant face au simple riverain sans droits. Lorsque les travaux de l’Anoci ont démarré, ils étaient nombreux à applaudir des deux mains en voyant sur la maquette, les ponts et les belles routes en perspective. Bravo Messieurs, vous êtes parvenus à offrir de belles routes à une partie des Sénégalais. Vous pouvez sans doute être fiers de vous encore que… 
Mais voilà, dans ce qui devait être la ville lumière, les populations de Yoff, Ouest et Nord Foire, Hlm Grand-Yoff et autres cités environnantes vivent un véritable calvaire. Ces pauvres gens sont contraints de devoir jumper un mur de près d’un mètre pour passer de l’autre côté de la route. C’est ingénieux comme imagination. J’y ai vu de vieilles mémés, de vieux papas mettre deux à trois minutes avant de franchir ledit mur de séparation. Et je ne vous parle pas des contorsions auxquelles ils doivent se livrer pour arriver à leur fin ! Le pied droit qui enjambe avec peine l’obstacle, le pied gauche qui s’y essaie, les fesses qui sont retenues au milieu de l’épreuve, en attendant que le reste du corps fasse lui aussi son examen de… passage. C’est fou ce que des décideurs peuvent créer des problèmes aux citoyens. Inutilement. A quoi servent des études supérieures qui créent tant de problèmes ?  
En outre, le danger est permanent pour les gosses qui n’ont pas d’autre choix que de franchir l’obstacle pour aller à l’école de part et d’autre du mur. Pour certains autres adultes et pour les sportifs, le calvaire est réel. Si ces segments de la population sont pris au piège, qu’en est-il des handicapés ? Ces grands ingénieurs sortis de X ou des Ponts & Chaussées n’ont eu aucune «pensée technique» à leur endroit. Ben oui, qu’ils nous disent comment les handicapés vont aller de part et d’autre de leur mur ! Doivent-ils faire le grand tour ? Doivent-ils enjamber les ponts en constructions ? C’est quand même désolant qu’on en arrive à cette discrimination de fait contre des composantes à part entière de la population. Imagine-t-on un seul instant les difficultés qu’éprouvent les handicapés face à une telle situation ? Moi, je me dis que ces ingénieurs comme il faut, voudraient habituer les riverains et autres à ne pas traverser la route qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Faites la remarque, partout où ils sont passés, ils ont laissé de petits ou grands Murs de Berlin. Tout cela ressemble finalment un peu à du crétinisme concret. 
 
 
 

 

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