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Les 3
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quelle pertinenc
l’irresponsabili
apocalypse
que force reste
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Monsieur le prés
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AU -D E L A
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l'ivresse du pou
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véritables enjeu
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vers une dynasti
Ambassadeurs
advienne que pou
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exceptionnel
mendicité
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encore 1waderie
apprivoisement
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courage politiqu
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AU NOM DU
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totalitarisme
E R R E U R
Collectivités Lc
un prix à payer
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trop c’est trop
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Machiavel
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De l’Indignation
LEçONS
REPONSES
SUNUGAL
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candidat consen
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le 23 décembre 2
Violences scolai
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Nihil Obstat
Département d’Et
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Débattre des problèmes de son pays

LE QUOTIDIEN : 
Assises de l’opposition : Entre usurpation de légitimité et onanisme politique 
Un homme politique américain a comparé les politiciens de métier à des catcheurs professionnels pour suggérer que c’est en prenant des risques extrêmes, en se donnant des coups violents et en s’invectivant réciproquement (c’est-à-dire par leur show) qu’ils arrivent à fasciner leur public et, par cette exhibition, à assurer les moyens de leur survie. C’est par les coups qu’ils reçoivent et donnent et, parfois, par le sang versé, que les catcheurs se payent une vie de luxe. C’est à peu près de la sorte qu’agissent les politiciens de métier : les défiances réciproques, les épouvantails qu’ils dressent les uns devant les autres, les psychoses de crise qu’ils provoquent au sein des masses, sont essentiellement destinés à entretenir leur existence. Bref, ils ont la tradition de payer les frais de leur existence de la peur et des fausses espérances des peuples : c’est une sorte de cannibalisme politique dont la victime est, précisément, celui qu’on est censé guérir de maux, la plupart du temps, causés par sa propre cupidité, si ce ne sont pas des maux purement imaginaires.  
La grande majorité de politiciens est constituée d’individus qui agissent comme des médecins véreux dont la ruse consiste à persuader leur patient de maux imaginaires pour leur soutirer des fonds. Les Assises d’une partie de l’opposition sénégalaise rentrent dans cette perspective : c’est une astuce pour occuper encore l’espace médiatique et faire semblant de représenter quelque chose, alors que tout le monde sait que ce qui sortira de ces Assises, ne sera qu’une sorte de pâture insipide destinée à la consommation de la presse nationale et internationale. Ces gens montrent à la jeunesse africaine le mauvais exemple : toujours chercher une fausse légitimité auprès d’une tutelle étrangère dont l’assentiment est absolument nécessaire pour bénir les actions à faire. Quand je vois des leaders politiques sénégalais se glorifier d’avoir été approchés par l’Ambassade américaine ou celle française pour consultation au sujet de la «situation» politique nationale comme si notre pays était encore sous protectorat, je ne peux que ressentir du dégoût et de la révolte. L’opposition qui tient ces «Astuces» est, d’ailleurs, en train de semer les germes de la dévastation de la démocratie, car si à chaque fois qu’on perd des élections, on cherche et trouve des subterfuges pour contester le droit naturel du vainqueur des élection de gouverner avec ses alliés, il n’y a plus de raisons d’organiser des élections. Si le suffrage universel des citoyens n’est plus le critère de majorité, si la volonté populaire doit, désormais, devenir l’appendice aléatoire de la volonté de quelques politiciens qui se croient être nantis de plus de privilèges intellectuels, moraux et politiques que tous les autres, alors il faut dire adieu à la démocratie et instituer, une bonne fois pour toutes, une aristocratie dont la légitimité émanerait de sa supériorité naturelle sur les autres membres de la société.  
La vérité historique de ses Assises est que les organisateurs de ce machin veulent faire payer à la démocratie le prix de leurs errements enfantins. On dit que l’une des perversions de la démocratie et de la liberté d’expression qu’elle garantit, est que les gens ont l’illusion d’avoir raison, c’est-à-dire de détenir la vérité, par le simple fait qu’ils disent ce qu’ils pensent sans être contrariés. A force d’asséner des sentences sans être contredit, à force de décréter ses vérités sans trouver sur son chemin une quelque restriction, on a l’illusion d’être dans le droit, d’être l’incarnation de la vérité. C’est ainsi que l’opposition qui tient ces Assises s’est piégée lors de l’élection présidentielle : sa force idéologique s’étant largement emparée de l’espace médiatique et n’ayant pas suffisamment rencontré une résistance médiatique significative et aussi percutante que la sienne, elle cru qu’elle avait déjà gagné les élections par procuration. En vérité, cette opposition n’a toujours pas digéré sa monstrueuse déconvenue électorale ; et tous ses agissements actuels peuvent être considérés comme des régressions dans son passé traumatique de perdante. La dure réalité politique et électorale est semblable à la dure réalité sociale et la conscience de l’homme politique, également, peut être comparée à la conscience psychologique individuelle : dans les deux cas, on est obligé de se soumettre aux exigences de la réalité qui sont non seulement différentes des rêves et désirs du sujet, mais aussi souvent opposées à eux.  
Certains individus refusent de grandir, car grandir n’est pas facile ; aussi se replient-ils sur eux-mêmes pour fuir la réalité toujours implacable et tirent-ils leur jouissance dans cette coupure avec le monde tel qu’il est. C’est sous le même registre qu’agissent les organisateurs de ces Assises : puisque la réalité politique les rejette, ils se construisent un monde parallèle, un monde docile à leurs fantasmes politiques. Le centre de gravité de la démocratie ne peut pas du tout être constitué par les convictions individuelles et le sort contingents de quelques citoyens : les principes immuables de la démocratie s’imposent à tous et ne peuvent pas faire l’objet de manipulations. On ne peut pas se servir de la démocratie pour ruiner la démocratie, car cette ruse est non seulement contraire à la morale, mais aussi dangereuse pour la démocratie. Al Gore a perdu des élections et a accepté sa défaite, alors même que des raisons objectives de contestation lui étaient disponibles, mais, au nom de l’intérêt supérieur de son pays et de la démocratie américaine, il a refusé d’user de moyens que cette même démocratie lui offraient.  
C’est qu’à la différence de ce démocrate émérite, la plupart des politiciens sénégalais pensent et agissent dans le ponctuel et n’inscrivent guère leurs actions dans un horizon lointain. Comment cette opposition battue légalement et, de la manière la plus transparente qui soit, peut-elle valablement reprocher au régime de ne pas prendre part à ses «Assises» alors qu’elle persiste à contester la légitimité dudit régime ? A quel titre le Président et son gouvernement devraient-ils participer à cette contrefaçon politique ? Le monstre de solutions utopiques qui émanera de ses «Assises» sera appliqué où, par qui, quand et à quel titre ? Si ces fantasmes politiques, qu’ils appellent cyniquement «Assises nationales», devaient être appliqués, quel serait le sort du régime issu de la souveraineté populaire et quel sens la notion de majorité aura dans le lexique politique de ceux qui ont imaginé cette farce ?  
Pour les initiateurs de cette tragi-comédie politique, les citoyens qui ont élu le Président sénégalais sont des moutons de Panurge qui n’ont rien compris des enjeux du moment, qui se sont trompés en faisant le choix de Wade ! Une poignée d’intellectuels et de pseudo-intellectuels aurait donc le monopole du cœur, car ils évoquent les difficultés des ménages sénégalais ; le monopole de la clairvoyance politique, car ils parlent d’inefficience des mesures que le gouvernement a prises ; le monopole de l’éthique, car ils reprochent au régime de faire de la mal gouvernance. Pourtant, l’histoire nous édifie clairement sur l’étendue de ce mensonge, car tous ceux qui s’agitent autour de ce gadget politique, taillé à la convenance du pessimisme des Occidentaux, sont tous comptables de la situation de ce pays. En parlant des intellectuels organiques qui abattent un travail de clonage intellectuel sur les esprits pour les persuader du caractère inéluctable de la mondialisation et de l’idéologie néolibérale, P. Bourdieu a forgé le concept de «doxophes» (de doxa qui veut dire Opinion, doctrine ou dogme et sophos qui veut dire sage ou connaisseur). Ces «doxophes» ont ceci de cynique comme travail que d’inculquer des «indiscutables», des «évidences rationnelles» aux citoyens pour les empêcher de réfléchir et de critiquer un système, une opinion, un «dogme».  
C’est cette sorte de conversion des esprits en s’emparant d’une parodie de rationalité politique incontestable que l’opposition tente de faire avec les citoyens et l’opinion internationale. Ils ont capturé l’espace médiatique pour manipuler les consciences, mais en réalité, ils ne croient même pas à l’issue de ces Assises ; tout ce qu’ils attendent de celles-ci, c’est une résurrection politique.  
Le Sénégal et les Sénégalais ne méritent pourtant pas une telle farce, ils ne méritent pas qu’on se serve de leurs difficultés (qu’ils partagent, au demeurant, avec tous les citoyens des autres pays du monde) pour récupérer une carrière politique en décadence. La démocratie sénégalaise ne souffre pas davantage que celle des pays européens. La situation économique de notre pays n’est guère une spécificité et elle est de loin moins dramatique que celle de beaucoup d’autres pays de la sous-région. Au nom de quoi alors veut-on imposer aux Sénégalais des Assisses, qui ne sont qu’une réplique des Conférences nationales que les démocraties africaines ont, fort heureusement, dépassées ?  
Le paradoxe de ces Assises est que ses initiateurs font comme s’ils n’étaient pas là avant les élections : s’ils étaient vraiment sérieux dans leur désir de secourir un Sénégal en détresse, pourquoi n’ont-ils pas organisé ces Assises en prélude à une unité d’actions pour aller à la quête du suffrage des Séné-galais ? C’est à la fois curieux et révoltant de constater qu’au moment où des Sénégalais, après avoir tranché la question de la légitimité politique, sont en train de se battre sur d’autres fronts, une minorité de beaux parleurs les distraie par des considérations anachroniques et futiles. Les seules Assises qui vaillent actuellement, se tiennent sur le terrain de la bataille pour le développement : il s’agit de subventionner les produits de consommation courante, d’ouvrir des universités et des collèges, de construire des infrastructures de base, de supprimer les impôts sur les salaires et les droits de douane sur certains produits, d’assister le monde rural par la distribution de vivres de soudure…  
Les étrangers qui sont invités à venir assister à ces «Assises» ne manqueront certainement pas de s’étonner du paradoxe qu’il y a entre ce que ces opposants archaïques décrivent comme étant la situation du pays et la profondeur des changements que notre pays est en train de vivre sur tous les plans. Des Assises n’ont de sens que pour des pays bloqués ou en crise. Or, rien de tout cela n’existe au Sénégal. Des Assises dont les «résultats» dormiront au moins cinq ans encore dans les tiroirs (en attendant les prochaines élections) ne nous intéressent guère et nous ne devons pas perdre du temps à en parler. La seule réponse que méritent de telles Assises, c’est le silence qui est l’expression la plus pertinente du mépris.  
Alassane K. KITANE - Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès 
EDUCATION - Absence de débat autour du budget : Wade regrette de n’avoir pas consulté le peuple 
Finalement le chef de l’Etat a reconnu avoir commis l’erreur d’augmenter le budget de l’Education à 40 % sans l’aval du peuple. Il l’a regretté au cours de l’audience qu’il a accordée dimanche à l’Intersyndicale enseignante.  
Il a fallu que l’Intersyndicale enseignante tape fort, en s’arc-boutant sur «son» argent pour que le président de la République s’ajuste pour dire ses regrets. Son «erreur», c’est d’avoir revu le budget de l’Education à la hausse sans avoir consulté les Sénégalais. En recevant, dimanche dernier, les camarades de la coordonnatrice de l’Intersyndicale, Marème Sakho Dansokho, le «Collectif des 9» et les médiateurs, Me Wade a longuement disserté sur le budget de l’Education. Il est allé à Canossa en avouant que sa «méprise» a été d’avoir augmenté le budget à 40 % sans avoir consulté les Sénégalais. Et, le Sénégal s’est toujours glorifié d’avoir consacré près de la moitié de son budget à l’Education qui, du reste, est secouée par des crises aigues. Me Wade l’a d’ailleurs rappelé dans son discours, au dernier sommet de la Ticad au Japon. Assurément, c’est avec surprise que nombre d’observateurs, économistes ou encore d’acteurs de l’Ecole sénégalaise ont accueilli cette révélation qui n’est pas petite. On se rappelle qu’il y avait une levée de boucliers après l’annonce de l’augmentation, non pas pour contester la mesure, mais pour refuser de gober un tel chiffre. «Il est vrai, que j’ai fait un pari unique et audacieux. Je constate, malheureusement, que je ne suis pas compris», regrette le chef de l’Etat. C’est qu’en fait, en faisant cette option, poursuit-il, «j’aurais dû, dès le départ, expliquer… pour avoir l’aval des Sénégalais». Me Wade estime qu’il ne s’est pas référé à ses compatriotes avec «suffisamment de débats» pour expliquer son choix. C’est également, rappelle-t-il, parce que «des fois, il y a des choses qui me paraissent évidentes». Alors que, consent-il, «l’évidence n’est pas la chose la mieux partagée». Le président de la République qui indique que les 40 % sont un choix, est d’avis, cependant, que «tous les choix sont irréversibles». Il se dit convaincu, tout simplement, que s’il avait fait comme eux (les autres pays africains), il n’en serait pas là. Au contraire, il aurait «suffisamment de l’argent pour satisfaire les revendications». Le problème, croit-il, c’est qu’«on s’en aperçoit pas, mais bientôt le Sénégal va avancer beaucoup plus vite que les autres pays».  
Le gros plan de la caméra de la télévision nationale (Rts) a affiché toute la mine de désolation de Me Wade qui, en des termes qui frisent l’excuse, laisse croire : «Je me suis fait piéger par ma bonne foi en fixant la priorité à l’Education.»  
Hamath KANE  
AFP - Bureau politique des «progressistes» : Une thérapeutique face aux maux qui frappent le Sénégal 
Dans un communiqué issu de la réunion de son Bureau politique, tenu le 31 mai 2008, l’Alliance des forces de progrès (Afp) a fait un diagnostic de la crise multisectorielle que traverse le Sénégal, aujourd’hui. Face à cette situation qu’elle juge désastreuses à tous points de vue, l’Afp considère que les Assises nationales constituent «la thérapeutique» indiquée.  
«Les Assises nationales sont la thérapeutique que le génie de la Nation sénégalaise debout a conçue, avec les patriotes et les démocrates, aux fins de trouver des solutions consensuelles aux multiples maux qui frappent notre pays.» Telle est la certitude de l’Alliance des forces de progrès (Afp), exprimée dans une déclaration de son Bureau politique, tenu le 31 mai 2008. Pour Moustapha Niasse, et ses camarades, «c’est là que se trouve le vrai chemin du développement concerté et équilibré, pour mettre fin aux rêves, aux illusions et aux manœuvres de Maître Abdoulaye Wade, devenus de véritables cauchemars pour les populations». Dans cette voie, l’Afp précise qu’elle «ne ménagera aucun effort, pour assurer le succès des Assises nationales» et est persuadée que «le Sénégal en sortira vainqueur».  
Les préoccupations au cœur aujourd’hui des Assises nationales ont été déjà exprimées par l’Afp depuis «l’appel du 18 juin 1999», appel dans lequel, souligne les «progressistes», «Moustapha Niasse diagnostiquait les maux du Sénégal, en affirmant sa volonté de changement». Le Bureau politique de ce parti rappelle, d’ailleurs, que «cet appel historique allait déboucher logiquement sur la création de l’Alliance des forces de progrès», un parti qui a fini d’«occuper une place centrale dans le bouleversement du 19 mars 2000, voulu par le peuple sénégalais, qui exigeait clairement qu’une gouvernance nouvelle prît forme». Hélas, constate l’Afp, «l’immense espoir suscité alors a été suivi d’une déception nationale, accompagnée d’une crise profonde et multiforme, qui a affecté tous les secteurs d’activités et tous les segments de la population». La responsabilité, selon les «progressistes», en incombe à «Me Abdoulaye Wade et le mode de gouvernance de son régime». La preuve, «aujourd’hui, tous les poumons de l’économie nationale sont essoufflés», indique le communiqué de l’Afp qui cite «le délabrement général» dans le monde rural, la famine, l’effondrement des principales entreprises du Sénégal, de la pêche et du tourisme «naguère en pleine expansion». Les secteurs stratégiques ayant vocation de valoriser les ressources humaines sont victimes d’une négligence de l’Etat, au point de végéter «dans le dénuement et dans un climat de tensions permanentes». Selon l’Afp, «toute politique sociale relative au logement est plombée par une boulimie foncière sans précédent, qui affecte même les hôpitaux, les écoles et les cimetières. Faute d’environnement propice à l’emploi, la jeunesse crie son désespoir, par le slogan tragique «Barça ou Barsakh».  
Or, face à tous ces désastres énumérés par l’Afp, qui sont aggravés par «une flambée des prix inédite, le train de vie de l’Etat est débridé, l’affairisme, la corruption et l’impunité constituent la sève nocive de la mal gouvernance chronique qui frappe le Sénégal depuis l’avènement des pseudo-libéraux». Conséquence : avec «les finances publiques (qui sont) exsangues n’arrivent plus à honorer les engagements de l’Etat». A cela s’ajoute l’organisation de «la régression de notre démocratie» par Me Wade et son gouvernement, accusent les «progressistes», qui parlent d’une Constitution foulée aux pieds, de la souveraineté populaire confisquée, «par des mascarades électorales répétées, qui ont fragilisé les Institutions devenues illégitimes et coûteuses». L’Afp dénonce un «Exécutif (qui) envahit en permanence les espaces du Législatif et de la Justice, pour défendre les intérêts d’un groupe privé», installant ainsi «le pays dans l’insécurité intégrale, en menaçant gravement la stabilité».  
Soro DIOP 
DECLARATION - La Ld/Mpt sur les pressions et menaces de l’Etat : Le gouvernement cède à l’affolement 
Dans une déclaration rendue public hier, la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (Ld/Mpt), considère qu’un affolement généralisé se serait emparé du gouvernement à l’annonce de la tenue des Assises nationales, destinées à trouver des solutions pour sortir de la crise que traverse le Sénégal. Pour Abdoulaye Bathily et ses camarades, le pouvoir cherche à empêcher leur déroulement par tous les moyens. En effet, le gouvernement a été jusqu’à convoquer le corps diplomatique et envoyer des émissaires aux familles religieuses, et cela partout à travers le pays. A l’inverse, les manifestations organisées à l’appel du Front Siggil Senegaal, dans presque tous les départements du pays, prouvent l’adhésion des populations à cette initiative nationale, souligne la Ld/Mpt. Ce parti recommande aux participants d’aborder les Assises nationales «dans un esprit d’ouverture, de sérénité et de responsable», en tenant compte de leur «importance historique, mais aussi de l’espoir qu’elles suscitent auprès des Sénégalais, des partenaires au développement et des amis du Sénégal».  
Face à la famine qui s’installe progressivement dans le monde rural et le coût de la vie devenu de plus en plus préoccupant, la Ld/Mpt rappelle l’importance de la tenue de ces Assises, qui «sont la voie indiquée pour apporter des solutions». Le Bureau politique dudit parti a, en outre, rappelé qu’aucun gouvernement ne pourrait priver ses citoyens de leur droit d’association, afin de discuter, échanger et trouver des solutions de sortie de crise.  
Par Marie BERNARD - Stagiaire  
LES MARCHES DU QUOTIDEN - Mamadou Lamine Loum, ancien Premier ministre : «Les actions de la Sonatel sont le placement le plus sûr pour l’Etat» 
C’est d’un pas vif et allègre qu’il a escaladé, jeudi dernier, les marches du journal Le Quotidien. Et c’est en homme qui maîtrise ses dossiers, et dont les notes sont parfaitement à jour, que celui qui a géré l’Economie du Sénégal juste avant l’Alternance, a fait la revue de ceux qui ont pris sa relève. Pour déplorer que le pouvoir du Président Wade n’ait pas su faire preuve de la même mesure dans la gestion que ceux qui l’ont précédé. Ses critiques, bien documentées, semblent montrer que le dernier chef de gouvernement du Président Abdou Diouf, qui déclarait ne pas se voir servir sous un régime autre que socialiste, n’est pas encore prêt de rallier le pouvoir libéral. La Rédaction publie la première partie d’un entretien de près de trois heures et qui a eu lieu trois jours avant le démarrage des Assises nationales.  
PLAN SAKHO-LOUM ET SITUATION ACTUELLE  
«Les contextes sont différents. Le plan d’urgence de 1993, que la presse appelait le plan Sakho-Loum, était destiné à restaurer les capacités financières de l’Etat, lesquelles étaient chahutées assez vertement par ce que nous nous avions analysé comme étant les conséquences du consensus politique qui avait cours entre 1991 et 1993. On peut remonter plus loin, à partir de 1988. De 1988 à 1993, le Sénégal a vécu ce qu’on a appelé l’ajustement ajourné, qui a démarré à partir des événements et des échauffourées de 1988. Il y a eu des programmes assez difficiles et aucun d’eux n’a réussi après que le Sénégal, de 1983 à 1988, a été le meilleur pays programme en Afrique du Fonds monétaire et de la Banque mondiale. Et on préparait, à l’époque, le gouvernement de majorité présidentielle élargie, qui a apporté au pays une certaine paix sociale, une certaine accalmie dans les conflits sociaux mais qui a fait reculer grandement l’économie. On a eu des taux de croissance très faibles mais surtout un recul des recettes fiscales de l’Etat, et une reconstitution des arriérés intérieurs et extérieurs. Ce qui a fait qu’au moment où le plan d’urgence était adopté, il y avait un risque, que nous avions calculé d’ailleurs, qu’en décembre, malgré toutes nos bonnes volontés et la qualité des hommes qui assuraient la gestion tendue des finances publiques, le risque était grand de connaître une crise financière. Alors, le gouvernement a essayé, autant que faire se peut, de répartir la charge entre les différents compartiments du segment social et de leur faire porter le poids idoine, de manière à ce que l’ensemble soit non seulement efficace en rapportant les ressources prévues, mais soit également équitable. Aujourd’hui, le Sénégal, après avoir connu, de 1995 à 2005, une dizaine d’années où globalement la performance économique a été plus satisfaisante que par le passé, a accédé à une facilité grâce à l’Initiative de soutien aux politiques économiques qui est une initiative accordée par les institutions de Bretons Woods à des pays qui sont en stabilisation avancée après des résultats probants.  
Dans cette période de dix ans dont j’ai parlé, il y a deux périodes de performance. De 1995 à 2000, le Sénégal a connu la meilleure période de son histoire économique, en termes de performances, dans tous les secteurs. Qu’il s’agisse de l’inflation, inférieure à 1%, le taux de croissance de près 5,5%, en moyenne. Qu’il s’agisse de déficit budgétaire, qui était ramené à l’essentiel, à quasi-rien, avec un excédent même de base très, très important. Du commerce extérieur, où le pays couvrait à peu près les trois quarts de ses importations par des exportations. Que ce soit par la monnaie où, après une quinzaine d’années, pendant laquelle nous avions des réserves négatives et importions grâce aux réserves communes de l’Uemoa (Ndlr : Union économique monétaire ouest africaine), notre riz ou notre pétrole, nous avons commencé, à accumuler des avoirs extérieurs, non seulement positifs mais en croît presque géométrique. Entre 2000 et 2005, la performance a été intéressante quoique légèrement en baisse sur le taux de croissance pour les année 2002 (0,7%) et 2006 (2,3%), sur l’inflation et sur la balance des paiements. Depuis 2006, la crise des Finances publiques qui, vraisemblablement remonte à plus loin, a été plus visible par son impact massif sur la dette intérieure.»  
L’ALTERNANCE ET LE DOUBLEMENT OU TRIPLEMENT DU BUDGET NATIONAL  
«Si vous vous souvenez, c’est en 2003, quand on faisait le premier bilan de l‘alternance, que l’on nous a dit que le budget a doublé. Simple question de bon sens. S’il avait doublé en 2003, pourquoi en 2008, il ne quadruple pas ? Pour une raison simple : c’est que de 2000 à 2007, le budget, les recettes ou les dépenses ont doublé en exécution. De la même manière peu ou prou qu’entre 1993 et 2000. Pour ainsi dire, les Finances publiques ont connu dans les dernières années une croissance moyenne de quelque 10% par an, aussi bien dans les deux derniers septennats. Ainsi, les recettes passent de 2000 à 2007, de 550 à 1100 milliards environ. Le budget, de quelque 700 à 1400 milliards. Mais ce n’est pas nouveau, et c’est de la propagande de prétendre le contraire. D’ailleurs, les services concernés et les autorités compétentes pour en parler, ne sont pas ceux qui véhiculent ces idées fausses, mais plutôt les propagandistes attitrés du régime, relayés et amplifiés. Comment cela a pu être possible pendant tout ce temps ? Par simple illusion d’optique.  
Par contre, alors que les dépenses totales ont, entre 2000 et 2007, augmenté de 2,1 % celles destinées au fonctionnement, que vous appelez aussi train de vie de l’Etat, ont été multipliées par 2,7 et la masse salariale, elle, a été multipliée par 1,88. Il ne faut pas en tirer des conséquences hâtives pour la masse des salaires, car les dépenses de fonctionnement et de train de vie de l’Etat n’auraient jamais dû atteindre ce taux de 2,7% et il urge de les diminuer notablement. C’est la réalité actuelle des dépenses publi-ques. Nous avons aujourd’hui un Etat qui dépense beaucoup plus qu’il n’encaisse effectivement. Ainsi, alors même qu’en 2007, les recettes progressent beaucoup plus que programmées, les dépenses effectuées dérapent énormément, et des arriérés sont annoncés quand on ne peut plus les occulter.»  
DETTE INTERIEURE - MENACE SUR LES SALAIRES  
«Parce que tout simplement, dans la reconstitution des arriérés, l’Etat arrivait à ses limites. En effet, dans un Etat, puisque les salaires sont toujours priorisés dans les paiements ainsi que la dette extérieure, le poste d’ajustement quand il y a des problèmes, c’est celui des arriérés intérieurs. En substance, l’Etat se finance négativement par la constitution d’arriérés, quand il dépense bien plus qu’il n’encaisse, jusqu’au jour où il atteint ses limites, le secteur privé ne pouvant plus faire confiance, et quand il répond aux commandes publiques, gonfle les factures pour anticiper les non-paiements ou les paiements tardifs, etc. Personnellement, je ne connais pas le poids exact des arriérés intérieurs. On a parlé de 150 milliards, mais je pense que le chiffre est largement provisoire. De la manière dont cet Etat a fonctionné pendant quelques années, il faudra, sans doute, procéder à une évaluation contradictoire pour connaître exactement le montant dû par la collectivité nationale à ses partenaires privés.  
Certes, l’Etat accuse des arriérés colossaux, c’est sûr, mais les salaires ne sont pas menacés pour autant que la gestion de la trésorerie soit adéquate. La masse salariale représente à peu près moins d’un tiers des recettes. A moins qu’il y ait une erreur d’aiguillage de la trésorerie, chaque mois, il est dans les possibilités des administrations qui gèrent les caisses de l’Etat, de faire les arbitrages nécessaires pour payer les salaires, pour autant qu’elles aient les mains libres. Maintenant, l’origine de cette tension vive réside dans ce que notre Etat a vécu pendant longtemps, au dessus de ses moyens. Jusqu’en 2000, les dépenses excédaient les recettes d’à peu près 2% du Pib (Produit intérieur brut) au Sénégal, et les couvertures étaient assurées par les financements extérieurs et intérieurs. Depuis quelques années, ces 2% sont devenus 3,5 voire 4%. C’est excessif et ça pose un problème : nous sommes en train de dépenser de l’argent que nous n’avons pas et nous sommes en train de mettre sur les épaules des générations à venir, les emprunts que nous prenons aujourd’hui et qu’elles vont rembourser demain, au-delà de ce qui était prévu. C’est vrai que nous avions eu une dette extérieure qui a été traitée et divisée par deux, à travers les initiatives Iadm et Ppte, mais on ne nous a pas fait ce cadeau pour qu’on l’utilise à gonfler notre passif à des conditions qui ne sont pas bonnes, mais surtout pour un usage qui ne correspond pas à des priorités. Au total, on n’est pas encore à une situation de plan d’urgence. Mais si les choses continuent sur la même lancée, on risque d’y arriver et je crois que c’est l’esprit du message lancé par tous ceux qui se sont inquiétés de la situation.»  
L’ALIBI DES COUTS DU BARIL, INVOQUE PAR LE POUVOIR  
«Je vous renvoie dans les colonnes d’un de vos confrères (C’est plutôt Le Quotidien n° 1 574 du 8 avril 2007 : Ndlr) où le Directeur de la prévision met un bémol en disant : “Attention, les infrastructures ne remplacent pas une bonne politique économique, mais doivent être un support pour l’appui au secteur privé.” En ce qui concerne l’énergie, notamment les prix extérieurs et les importations, des études officielles ont également été faites qui montrent que l’impact intérieur est plus fort que l’impact extérieur. La preuve, nous vivons tous l’impact extérieur, et en 2007, le Sénégal a été de très loin le pays de l’Uemoa où l’inflation était la plus haute, avec près de 6%, contre une moyenne de 2,4%. Cela veut dire que nous avons bien moins géré l’inflation en 2007. C’est vrai qu’il y a des circonstances extérieures qui influent, mais la gestion interne est très importante. Quand on regarde la fiscalité sur le pétrole par exemple, vous avez dans tous les pays de l’Uemoa, la Tva à l’import, les droits de porte, la Tva à l’interne et la taxe spécifique, (calculée selon le volume ou poids). Au Sénégal, nous y avons ajouté trois autre taxes : le fonds de sécurisation des importations de pétrole, le droit Senelec et les moins-values. Tout cela, en 2007, a rapporté presque 222 milliards. On était à 170 je crois, en 2006, malgré toutes les mesures annoncées par le gouvernement. Cela éclaire la réponse à une question souvent posée, à savoir comment le Sénégal se débrouille pour vendre du pétrole plus cher que d’autres pays enclavés, dont les produits transitent chez nous ? Mais parce que dans la structure des coûts d’un produit pétrolier, vous avez le produit brut qui va être raffiné par la Sar (Société africaine de raffinage) ou le produit fini qui est déjà prêt à l’emploi. Vous ajoutez l’assurance ainsi que les taxes (et frais de raffinage, s’il y a lieu). Qu’il suffise de signaler à cet égard, que le prix moyen de vente à l’export du pétrole par la Sar au Mali, est de 316 francs Cfa, bénéfice compris. Il urge donc que le gouvernement définisse un mécanisme automatique d’écrémage de la fiscalité pétrolière excédentaire, par rapport aux fluctuations des cours du baril, quand ceux-ci sont largement dépassés, et que le Parlement y veille pour préserver les consommateurs. Il est vrai que ce type de mécanisme est complexe, mais outre que cela a déjà été réalisé dans le passé, la défense des citoyens le vaut bien, en situation exceptionnelle, jusqu’au retour à la normale.»  
UTILITE DES INFRASTRUCTURES  
«Les infrastructures sont importantes pour le développement de notre pays, c’est une évidence. C’en est une autre évidence que cela n’autorise pas à faire n’importe quoi, en empruntant à n’importe quelle condition. Les emprunts doivent d’être des emprunts dont le profil de remboursement correspond à ce que l’Etat peut rembourser. En général, quand on lance des billets de trésorerie ou des emprunts sur le marché, dont les durées sont souvent courtes, de trois à cinq ans, après qu’on vous a annulé des dettes d’une durée de vie de 20, 30, 40 ans, il y a manifestement un problème d’adéquation entre les emplois et les ressources. C’est la première objection, tenant à la source du financement à court terme pour des infrastructures. La deuxième, tenant maintenant à l’emploi, suggère que toutes les infrastructures ne sont pas prioritaires pour notre pays. En général, on dit souvent : “Il y a un gap d’infrastructures en Afrique.” Mais de quelles infrastructures s’agit-il ? C’est là que nous devons commencer à approfondir les choix de politiques budgétaires et à voir ce qu’il y a derrière nos dépenses. Les infrastructures, c’est pour qui ? Pour quel segment de la population ? Qui est susceptible d’en profiter et pour quelle proportion de la population nationale ? Est-ce que les infrastructures vont permettre d’évacuer des graines d’arachide, des produits horticoles ou de la pêche, ou est-ce qu’elles permettent à une bourgeoisie locale de rentrer plus rapidement chez elles dans les quartiers résidentiels ? Selon la réponse à la question, il est évident qu’on ne parle pas de la même chose. Donc, n’enveloppons pas tout dans un même contexte et essayons d’être parcimonieux dans l’utilisation des ressources. Aujourd’hui, une infrastructure type, c’est la piste de production. Elle n’est pas moins digne et moins noble. Et les populations qui en bénéficient sont en plus grand nombre, et sont les plus pauvres. Quand il s’agit de faire des routes internationales comme celle de Kaolack-Tambacounda qui, en même temps, dessert la Guinée-Bissau, la Guinée, le Mali, il n’y a pas de comparaison possible par rapport à une corniche qui était une des meilleures routes du Sénégal, sans bosses ni nids de poule. Il faut donc que les Sénégalais requièrent de leurs décideurs une sélectivité pertinente de la dépense publique et un usage rigoureux de l’argent public.  
D’ailleurs, un exercice important et qu’il faut de plus en plus que la société civile, les journalistes, la presse, aident à faire, c’est la traque budgétaire. C’est une fois que l’on a arrêté ou adopté un budget, que l’on dépouille les lignes qui le composent et que l’on analyse sa signification profonde. Parce que souvent, sous un matraquage de chiffres, vous avez un décodage qui peut être fait, sur les plans philosophique, idéologique, sinon axiologique :Quelles sont les régions, les couches sociales qui en bénéficient, quelles sont les catégories de citoyens ou de personnes morales qui le financent ? Quel est le degré d’équité ? Ensuite, il faut suivre ces dépenses au stade de l’exécution, pour voir si elles correspondent à des coûts unitaires normaux, loyaux et marchands et que les travaux ont été faits et réceptionnés dans les règles de l’art. Un budget est un document froid par excellence, mais c’est un document d’où on peut tirer beaucoup d’éléments d’analyse sur ce qu’est en train de faire le gouvernement, pas forcément ce qu’il voulait faire, ou ce qu’il annonce avoir fait. Et lui-même, dans cet exercice, peut se retrouver à découvrir des effets non recherchés. Par exemple, la déterioration de la balance des paiements ou le déséquilibre accentué entre des sous-secteurs à rééquilibrer : éducation de base ou enseignement technique à quelles places ? Quel degré de complémentarité entre la santé de base rurale, ou les établissement supérieurs de santé ? Ce ne sont là que quelques préoccupations qui sont au centre d’un budget et il y a là un chantier de formation extrêmement important pour la société civile, les médias, les hommes politiques.»  
DIFFERENCES ENTRE CHANTIERS DE L’ANOCI ET LE PAMU INITIE AVANT L’ALTERNANCE  
«C’est vrai que notre gouvernement avant 2000, a conçu, identifié, formulé, évalué, dessiné, et aidé les projets de route à Dakar et d’autres capitales régionales, dans le cadre et en dehors du Pamu (Corniche ouest, Vdn jusqu’à Grand Médine, Patte d’Oie-Aéroport, Route de Rufisque). Donc, nous ne pouvons pas dire que les investissements de l’Anoci n’étaient pas à faire. Par contre, nous les aurions exécutés dans l’ordre de priorité qui correspond aux priorités nationales. Et nous l’aurions fait, pour ne pas exagérer, dans le cadre d’enveloppes financières bien moins élevées, au minimum trois fois. Les travaux de l’Anoci sont d’un coût ahurissant, qu’on ne rencontre même pas dans les pays à infrastructures plus sophistiquées, du Nord. Nous avions conçu ces projets mais nous n’aurions jamais engagé 70 milliards sur trois routes dans la capitale, sachant qu’avec les six kilomètres du premier tronçon de la Corniche, on est à 5 milliards au-dessus du coût de la route Kaolack-Tambacounda, qui est de 237 kilomètres. Je n’en dirai pas plus car le débat engagé dans l’opinion ne peut avancer qu’une fois que les différentes parties auront les moyens d’aller au fond des choses, à travers les résultats d’un audit en bonne et due forme (Termes de référence concertés et partagés, appel d’offres ouvert, rapport discuté et adopté, conclusions publiées, etc.). Ce sont des investissements qui auraient pu garder un profil et un coût modeste et raisonnable dans le contexte de la mobilité urbaine, parce que la mobilité urbaine n’est pas un appui direct à la production. C’est là une demande légitime et normale, parce que chaque chef de famille veut arriver chez lui ou dans son lieu de travail dans les meilleures conditions. Mais dans la liste des priorités nationales, ça ne peut prendre que le rang qu’il doit occuper, surtout quand on sait que même dans la capitale, d’autres priorités routières existent et sont loin d’être satisfaites.»  
UTILISATION DES DENIERS PUBLICS  
«La République a ses règles qui permettent de protéger contre l’utilisation abusive des deniers. Il n’a jamais manqué dans notre pays des personnes qui, dans n’importe quelle procédure, mettent en avant leurs intérêts personnels. Mais la République a des principes et les finances publiques que le pays s’est données, ont des règles qui permettent de protéger l’intérêt général contre de telles dérives. Et puis, lors même que ces coûts auraient été réels, la question se poserait de savoir si nous devons exécuter de telles dépenses face à l’ampleur de la demande sociale laissée en rade. Nous sommes dans un pays où il y a encore des populations qui n’ont pas accès à l’eau potable. Nous avons tous, pays africains, pays du tiers monde, décidé avec les pays de la communauté internationale que nous avions huit Objectifs du millénaire pour le développement, parmi lesquels nous avions placés l’eau potable en bonne place. Si nous disposons de quelque argent, d’où que ça vienne, que ne faisons-nous droit à cette demande que nous avons tous classée au premier rang ? Avant de penser à élargir une corniche, ou une autoroute, il est évident qu’il faut satisfaire le droit de chacun à l’eau potable, ce qui permet par ailleurs, d’impacter tous les autres objectifs du millénaire : éducation des filles et des garçons, santé maternelle et infantile, revenus des ruraux, environnement, etc.  
Voilà par exemple un exercice d’arbitrage qui a fait défaut, compte tenu du contexte et du schéma institutionnel de l’Anoci. Si même nous avions de l’argent pour faire un tunnel à dix milliards, pourquoi avons-nous choisi cette option et pas une autre ? Puisque que nous avons piloté ce dossier, nous savons que d’autres options existaient, plus sécures et moins chères. Mais au-delà de tout ceci, si les préoccupations des populations étaient réellement entendues dès l’amont dans l’expression des besoins et priorités nationales à consacrer dans un budget, est-ce que nous allions choisir des dépenses ? Nous avons une mortalité infanto-juvénile de 137 enfants sur 1000, qui n’auront jamais cinq ans, c’est énorme. 690 femmes sur 100 000 meurent en donnant la vie. 690 est d’ailleurs la moyenne nationale. Ce qui veut dire qu’il y a des régions où le chiffre atteint 800 ou 900. C’est ces priorités vitales que nous devons prendre en charge et donner la part qui revient à chaque secteur. Je ne dis pas qu’il faut mettre tout l’argent dans la santé, pour prendre cet exemple, car il faut appuyer la production, assurer la sécurité, financer la justice, améliorer le cadre de vie, etc. Mais en tout, il faut assurer un juste équilibre.  
LE SENEGAL ET LES INSTITUTIONS MULTILATERALES ; COOPERATION FORCEE ?  
«Personne n’est condamné à travailler avec quelque institution que ce soit. On est libre et il n’y a ni cravache ni chicotte pour imposer aux Etats de passer par le chemin du long cours du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et des institutions internationales, si une volonté certaine se manifeste. Mais, la question, c’est de savoir si une politique de privatisation des entreprises publiques, du domaine marchand, est acceptable même si l’Etat gère mal et accuse des pertes que la collectivité paie.  
A mon sens, la conception d’un Etat, fut-il socialiste moderne, n’est pas de vendre des biens et des services marchands. Fatalement, il assurera mal un fonds de décisions politiques et des dérapages persistants non sanctionnés par le marché. Aujourd’hui d’ailleurs, dans les trois quarts des pays dans le monde, y compris la Chine communiste, vous retrouverez à peu près cette option fondamentale qui prévaut avec un rythme et une amplitude variables, mais l’orientation générale va dans ce sens. Je vous fais à ce sujet une confidence : A l’époque, notre gouvernement avait décidé d’ouvrir le capital de la Sonatel au secteur privé national et étranger, et aux épargnants du Sénégal et de l’Uemoa. Nous n’avions aucun engagement avec la Banque mondiale ni avec le Fonds monétaire. Et quand ces derniers ont voulu accompagner le processus en l’incluant dans le programme, nous avons décliné formellement leur offre et avons géré l’opération du début à la fin, sans avoir le conseil, ni du Fmi ni de la Banque mondiale. Nous avons décidé, à un moment donné, qu’il était temps qu’une structure qui avait vécu pendant des années, parce qu’il y avait une vision politique du Président Abdou Diouf qui a permis que le Sénégal soit en avance sur beaucoup de pays, même développés, en termes de téléphonie, sorte de giron de l’Etat. Très tôt, nous avons créé Télésénégal, en charge du téléphone international, isolé de la Poste. Ensuite nous avons regroupé le téléphone et l’international ensemble dans la Sonatel. Pendant longtemps, la Sonatel s’est aménagé un régime d’accompagnement jusqu’à ce qu’elle soit capable d’émarger au droit commun et devenir le pourvoyeur champion de rente fiscale qu’elle est devenue.  
Nous avions également la Sonagraines. J’entends quelques fois les autorités de l’Alternance, y compris au plus haut niveau, dire que c’était un engagement des socialistes qui les ont précédés au pouvoir. C’est totalement faux. Aucun bailleur ne nous a demandé de supprimer la Sonagraines parce que, précisément, nous considérions que c’était un chaînon qu’il ne fallait pas enlever tant que le Psaop (Ndlr : Programme de services agricoles et organisation des producteurs) que nous avions lancé, n’aura pas été concluant et performant avec des producteurs aptes à se prendre en charge dans la préparation de la commercialisation et la contractualisation avec les prestataires de service. Tout cela pour vous dire qu’aucun Etat n’est amené fatalement à nouer des relations qu’il ne veut pas. »  
VENTE DES ACTIONS DE LA SONATEL, UNE CATASTROPHE ?  
«Oui, bien sûr. Ce serait une vente de bijoux de famille pour la mauvaise cause d’un Etat dépensier qui refuse de s’ajuster, et en même temps, ce serait prendre des ressources qui vont alimenter les budgets des vingt-cinq ou trente prochaines années et les consommer en une année, sans espoir de renouvellement durable. La mesure serait la preuve de l’ampleur du gouffre financier dans lequel le Sénégal aurait été plongé. Si réellement ledit gouffre n’est pas à la hauteur des rumeurs courantes, alors, le gouvernement ne fera pas le saut périlleux. Les pays qui ont de l’argent et qui l’investissent dans des valeurs et récoltent les dividendes, n’ont pas un meilleur placement que la Sonatel. L’Etat du Sénégal lui, dispose de cette belle opportunité : quelle est donc la raison de son entêtement apparent à liquider cette aubaine construite à l’aide de ses enfants qui y travaillent et des consommateurs qui le font vivre ? Moi, j’observe cette échéance-là tout en espérant pour mon pays que la raison prévaudra. La décision qui sera prise, renseignera sur s’il y a encore un pilote dans l’avion, les finances publiques et de l’économie de ce pays, ou alors si c’est le sauve-qui-peut et la débandade.»  
VOS SOLUTIONS A LA SITUATION DU PAYS  
«Il n’y a pas de solution miracle. Les responsables politiques divers ont proposé diverses solutions qui me paraissent toutes aller dans le même sens, et être recevables. Par-dessus tout, il faut ramener le train de vie de l‘Etat, des Pouvoirs publics, des administrations, à des proportions raisonnables. Sur le sujet d’ailleurs, tous les partis politiques ont plus ou moins donné leur thérapie. Les agences constituent par exemple des monstres à rationaliser, avec des marges d’économies énormes. Les dépenses du téléphone, de logement, les voyages, le coût unitaire exorbitant des infrastructures et de tous les autres équipements, une fois ramenés à la normale, peuvent produire des économies insoupçonnées. Mais cela ne suffit pas. Il ne faudrait pas réduire les dépenses et continuer de verser dans le gaspillage. Il faut en même temps mettre en place des procédures qui permettent une meilleure gestion. Et que les experts nationaux et l’administration sénégalaise se remettent à exister comme il n’y a guère, où leur rôle de frein et de tempérance était respecté par les autorités politiques. C’est là d’ailleurs la grande perte de l’alternance car, je me souviens, les hauts fonctionnaires de l’administration financière avaient une autonomie qui rehaussait l’image de l’Etat du Sénégal. Ils n’avaient jamais pour rôle de consommer a posteriori des idées des Autorités sns les confronter aux lois et règlements, aux procédures et itinéraires de contrôle et validation qui font l’Etat de Droit.  
Ils étaient même souvent écoutés quant à leur avis sur l’opportunité. Il est vrai que cela était rendu possible par leurs autorités politiques. Il faut donc revenir à ces fondamentaux parce que les ressources humaines sont toujours là et disponibles. Mais pour le faire, il faut faire en sorte que tout ce qui a été fait ces dernières années pour politiser l’administration, rendre éligibles les fonctionnaires à des postes où ils n’avaient pas droit, faire la confusion avec les sociétés nationales, revienne aux bons fondamentaux en la matière. Demain, le Sénégal aura manifestement besoin d’une administration républicaine sauvegardée, qui soit protégée contre les excès de l’Exécutif. Des formules peuvent et doivent être trouvées.» A SUIVRE  
La Rédaction  
WALFADJRI : 
Halte à la gestion inférieure de l’enseignement supérieur ! 
 
 
L’implication du ministre de l’Artisanat et des transports aériens dans le règlement des crises qui ont secoué l’Ucad et l’Université de Thiès et la cacophonie qui s’en est suivie révèle bien le niveau de considération que le gouvernement accorde à l’enseignement supérieur. Aucune place particulière ne lui est réservée dans l’architecture gouvernementale. Il est géré de la manière la plus informelle. L’ambition d’atteindre l’éducation pour tous d’ici 2010 devrait-il nous emmener à sous estimer le sous-secteur du supérieur ?  
La place du supérieur dans l’architecture gouvernementale  
Il est vrai que pour avoir une vision globale et cohérente de l’éducation rien n’est mieux que de la confier à un seul ministère. Mais dans ce cas, il doit comprendre des ministères délégués ou secrétariats d’État chargés de gérer certains sous secteurs. Et les universités, à défaut d’avoir un ministre propre (il a existé en France un ministère des Universités) dépendent souvent du ministère de la Recherche. Sinon, elles risquent d’être gérées à la marge par un conseiller. Il faut savoir qu’une direction de l’Enseignement supérieur ne peut avoir qu’un rôle administratif. D’ailleurs, on voit mal comment celui-ci peut-il être, sur le plan protocolaire, le patron des recteurs qui ont rang de ministre. Ce qui explique qu’on rencontre plus souvent ces derniers dans une salle d’attente d’un conseiller du ministre que dans celle du directeur de l’Enseignement supérieur. Une collègue a eu raison de dire que le Sénégal, pour faire plaisir aux bailleurs de fonds, a créé un ministère du Pdef qui a fait place au supérieur !  
L’investissement sur l’éducation de base  
Il est vrai que l'engagement à assurer l'éducation pour tous pris depuis Jomtien mérite le respect. Il réaffirme l'une des prérogatives majeures de tout Etat digne de ce nom. Construire 2 000 salles de classe et recruter autant d’enseignants par an afin d’arriver à l’Education de base de qualité pour tous les enfants de 10 ans d’ici 2017 ainsi que la scolarisation de tous ceux âgés de 6 ans en 2010, nous paraît être une bonne stratégie. Si on y ajoute l’élargissement de l’accès relatif à l’enseignement secondaire à au moins 50 % des sortants des écoles fondamentales en 2010, on ne peut qu’applaudir. Mais qu’est-ce qui est prévu pour ceux qui auront le baccalauréat, le premier diplôme de l’Université (de Dakar sur le papier) ? Les promoteurs du Pdef pouvaient-ils ignorer ce qui allait se passer au bout de la chaîne avec un tel programme ? Pouvaient-ils ne pas savoir que le nombre de bacheliers allait croître en toute allure ? Cela est difficile à croire ! En tout cas, le nombre de bacheliers sénégalais est passé, entre 1999/2000 et 2007/08, De 9205 à 24 000 environ, soit une croissance de 12,7 % par an. Face à la demande forte d’accès à l’enseignement supérieur, la ‘solution’ la plus facile consiste d’abord à bourrer les universités existantes.  
L’Ucad, quatre universités en une !  
Lors de son tour de France des universités en 1990, pour la préparation du plan ‘université 2000’, le conseiller spécial du ministre de l’Education Lionel Jospin, initiateur du nouveau système de l’enseignement supérieur européen, en l’occurrence Claude Allègre, posait partout la même question : ‘Combien d’étudiants envisagez-vous d’accueillir d’ici quatre ans ?’ S’il voyait qu’on allait dépasser 15 000 étudiants, il ajoutait : ‘Il faudra penser à une autre université car au-delà de 15 000 étudiants ce n’est plus gérable, il n’y a plus de convivialité, les gens ne se connaissent plus. Enfin l’augmentation du nombre, la concentration, pose des problèmes de sécurité…’  
Faut-il savoir que les universités auxquelles Claude Allège s’adressait s’étaient déjà conformées au modèle de Faure-Savary-Saunier-Seite, bien calibrées et pas difficiles à gérer. Elles étaient caractérisées par une forte autonomie et une gouvernance collégiale. Pas moins de quatre conseils délibératifs, avec des membres élus, les dirigeaient. L’ère des doyens ou recteurs nommés était déjà révolue. Les catégories du personnel enseignant ainsi que les différentes thèses étaient unifiées. Le nombre de titres académiques réduit à deux. Les responsabilités administratives n’y sont accessibles sans le jugement des pairs ou leur confiance.  
D’ailleurs, Claude Allègre n’est pas le seul homme d’expérience à avoir eu cette appréciation limitative concernant la taille des universités. Les biologistes ne disent-ils pas ‘Quand une cellule grandit, elle se divise pour en donner deux’ sinon elle perd toutes ses fonctions essentielles.  
Mais il nous importe ici de comparer le discours de ces hommes politiques à celui des nôtres. Nos ministres n’ont de considération que pour les universités qui prennent plus de bacheliers. Le devenir de ces derniers n’a aucune importance pour eux. Ils s’énervent même quand on leur parle de l’efficacité pédagogique ou de rendement des universités. Aucun compte en dehors de celui du nombre de bacheliers ne leur regarde ! Et ils feignent d’ignorer qu’une capacité d’accueil ne se décrète pas mais se construit. Ils doivent savoir que celle-ci se mesure en termes de mètres carrés bâtis et utiles pour l’enseignement. Habituellement on considère que l’accueil de chaque étudiant nécessite 12 mètres carrés bâtis. Ne pas tenir compte de cette réalité nous a conduit à l’état actuel de l’Ucad.  
Cette université n’est plus ce qu’elle était quand elle ne portait pas ce nom. Elle n’est pas celle dont les Africains sont fiers d’avoir fréquenté. Il m’est arrivé maintes fois d’entendre ceux qui ont fait l’Université de Dakar refusaient de faire partie des promotions de l’Ucad. Il n’y a pas photo entre les deux !! Disent-ils. L’Ucad, c’est un mammouth ! Elle fait quatre universités en une ! Quand les étudiants y échouent plus qu’ils ne réussissent, elle perd son caractère d’établissement scientifique pour devenir une institution sociale. Dans ce cas, elle ne peut plus être une référence par rapport à laquelle on apprécie les autres. *(A Suivre)  
Mamadou-Youry SALL Enseignant/Chercheur à l'Ugb. Le 31/05/2008*  
 
 
 
+ L'info en continu 
 
 
Bureau des assises nationales : Le Front Siggil Sénégal satisfait de son installation  
 
 
Le porte-parole du jour est formel : la conférence des leaders du Front Siggil Sénégal est satisfait de l’installation du bureau des Assises nationales. Selon Momar Samb, l’installation du bureau a été une réussite totale tant au niveau de la mobilisation, de l’organisation de la cérémonie, de la gestion du temps, du point de vue du contenu ainsi que de la qualité des discours. Le patron du Rta-S rappelle aussi, pour s’en féliciter, la présence de membres du corps diplomatique accrédité au Sénégal, de certains religieux, de centrales syndicales, du patronat, des membres de la société civile, des forces politiques etc. A l’en croire, l’installation du bureau des Assises nationales est donc ‘une cérémonie qui marque d’une pierre blanche’ l’évolution de la vie politique au Sénégal. ‘Un bon départ pour les Assises’, dira-t-il. Mieux, selon le patron du Rtas, ce qui est intéressant ‘c’est que le président a su communiquer les enjeux des Assises’. Celles-ci sont, de son point de vue, ‘inclusives, transparentes et ouvertes à tous les Sénégalais’. Qu’ils soient ‘politiques ou apolitiques’. D’après Momar Samb, la conférence des leaders du Front Siggil Sénégal félicite tous les acteurs de la vie nationale qui ont bien voulu participer à la cérémonie d’installation du bureau.  
Dans le schéma des assises, il est prévu selon le porte-parole du jour, ‘des consultations populaires à la base dans les départements’. Momar Samb a précisé que les commissions des Assises sont ouvertes à tous et qu’il est prévu d’auditionner des personnes ressources qui ont quelque chose à dire sur tout ce qui concerne le bien-être, le devenir des Sénégalais et les solutions aux maux qui assaillent les citoyens. Un site Internet est également conçu pour recueillir les avis, ‘même individuels’, sur les questions à débattre durant les Assises nationales. Toutes choses qui font dire à Momar Samb que ‘le Sénégal vient d’innover en matière de science politique en créant ainsi, par une mobilisation des synergies, un espace de dialogue, d’échanges autour des questions qui préoccupent la Nation, les populations et dans un esprit non partisan, un esprit simplement citoyen’. Il croit que ce sont les assises du peuple sénégalais, en ce sens qu’elles ne sont pas partisanes.  
C’est, poursuit-il, un moment historique dans la vie politique de notre pays. Pour le porte-parole du jour, ce qui mérite d’être souligné c’est que les Assises se font dans ‘un esprit de transparence, un esprit constructif, de co-construction et de dialogue’. C’est, de son point de vue, tout le caractère qu’il faut préserver jusqu’à la fin. Il s’agit donc de sortir de ces Assises avec des conclusions qui repensent les fondamentaux du Sénégal. ‘Il ne s’agit point, soutient-il, de polémiquer, ni de dénigrer’. ‘Il s’agit, souligne-t-il, de poser les situations, d’identifier les problèmes et de proposer les solutions’.  
La conférence des leaders du Front Siggil Sénégal est aussi revenue sur l’attitude du pouvoir vis-à-vis des Assises. Le porte-parole du jour est d’avis que ‘les gesticulations et les agitations du pouvoir ne traduisent que son désarroi’. ‘Si les Assises ne sont pas significatives, à quoi bon intimider les gens et leur promettre l’enfer ?’, s’est interrogé Momar Samb qui croit que cette attitude est tout simplement ‘scandaleuse, innommable et inadmissible’. Pour lui donc, ‘nous sommes en face d’un régime qui viole de manière régulière et récurrente sa légalité’.  
Aly DIOUF  
SUD QUOTIDIEN : 
GOANA ET NAVETANES : 
Un échec assuré 
Par | | mardi 3 juin 2008 | 
Au cours d’une audience accordée au mouvement navétanes fin avril, le Chef de l’État a fait plusieurs promesses : revalorisation de la subvention annuelle, des milliers de ballons, 15 véhicules 4X4, etc. Le Chef de l’Etat n’a surtout pas manqué d’inviter les composantes de ce mouvement à participer activement à sa grande offensive pour l’abondance et la nourriture (GOANA). Pour leur faciliter la tâche, une dotation de 1.000 hectares par région leur est promise. 
Notre intention, dans cette réflexion n’est pas de disserter sur l’échec ou la réussite de ce projet présidentiel. Nous ne parlerons pas également de l’opportunité d’offrir 15 véhicules à des gens qui n’en demandaient que quatre ou cinq. C’est plutôt l’invitation à participer à la GOANA qui retient notre attention. 
Le mouvement navétanes est très populaire. Les hommes politiques le comprennent très bien ; eux qui rivalisent d’ardeur pour parrainer les finales des compétitions sportives. Le Chef de l’Etat ou ses conseillers ont sans doute voulu mettre à profit cette popularité pour réussir le pari de l’abondance. 
Seulement, ce qu’ils n’ont pas l’air de comprendre, c’est que ce mouvement ne mobilise que pour le football de quartier. Il n’y a que le football qui attire les foules. Dés qu’il s’agit de culture (théâtre), de projets socio économiques ou de journées de sensibilisation, les gens se font supplier pour y participer. Les responsables des ASC qu’on appelle, à juste titre, les dirigeants sont les seuls à s’impliquer. Pire parmi ces gens là, rares sont ceux qui pensent que les navétanes ne sont pas synonymes de compétitions sportives. Pourtant ces causes là (projets socio économiques, cultures, sensibilisations) font partie des buts de ce mouvement définis dans l’article 2 des statuts de l’ONCAV. 
Cette structure compte environ 2500 ASC. Chaque ASC dépense environ chaque année entre 1.500.000 et 2 millions de francs CFA pour quelques matchs seulement. Le tiers provient des diverses subventions mais les 2/3 des ressources sont apportées par les habitants du quartier et les sympathisants de l’équipe. Cet argent est dépensé rapidement en notes de transport, de pharmacie, de repas, de frais mystiques (xons). Aucun projet socio éducatif n’est développé, aucune sensibilisation sur les sujets qui intéressent la société n’est menée. Une majorité d’ASC ne disposent même pas de troupe théâtrale et préfèrent payer chaque année une amende de 25.000 f conformément à l’article 20 du règlement de l’ONCAV consacré aux compétitions théâtrales. 
Tous ces éléments m’amènent à douter des potentialités de mobilisation de ce mouvement autour de la GOANA. De par mon expérience personnelle, je pourrais même être catégorique en disant qu’ils prendront volontiers les cadeaux du Président mais ils n’apporteront rien à ce projet ; non pas parce qu’ils ne savent pas cultiver la terre mais parce qu’ils n’ont pas la culture des projets de développement. Tout ce qu’ils savent faire c’est d’amasser un max de sous à travers les subventions, les quêtes et les entrées au stade, les dépenser en un temps record et présenter des comptes débiteurs à la fin de la saison. 
• Mamadou Ndiaye  
• Enseignant Chercheur au CESTI-UCAD  
• do_ndiaye@yahoo.fr  
• http://mamadoundiaye.over-blog.com 
ASSISES NATIONALES 
L’Afp justifie et cautionne 
Par Madior FALL | SUD QUOTIDIEN | mardi 3 juin 2008  
 
L’Alliance des forces du progrès (Afp) de Moustapha Niasse dans une déclaration datée du 31 mai dernier, trouve que les « Assises nationales » qui ont été ouvertes dimanche dernier, « sont la thérapeutique que le génie de la nation sénégalaise debout a conçue, avec les patriotes et les démocrates, aux fins de trouver des solutions consensuelles aux multiples maux qui frappent notre pays ». 
Pour les camarades de Moustapha Niasse réunis en Bureau politique le 31 mai dernier, l’appel du 16 juin 1999, de leur leader avait mis le doigt les maux du Sénégal tout en affirmant sa volonté de changement. Cet appel historique avait débouché, ont-ils rappelé sur la création, le 23 août 1999, de l’Afp qui, « par la grâce de Dieu, a occupé une place centrale dans le bouleversement du 19 mars 2000 voulu par le peuple sénégalais, qui exigeait clairement qu’une gouvernance nouvelle prît forme. L’immense espoir suscité alors a été suivi d’une déception nationale, accompagnée d’une crise profonde et multiforme, qui a affecté tous les secteurs d’activités et tous les segments de la population ». Tout cela par la faute, assurent les camarades de Madieyna Diouf, de « Me Abdoulaye Wade et le mode de gouvernance de son régime en portent l’entière responsabilité ». Ils en déduisent qu’aujourd’hui, « tous les poumons de l’économie nationale sont essoufflés. 
Le délabrement général n’épargne ni le monde rural, qui plonge dans la famine, ni les principales unités industrielles, qui se sont effondrées, ni la pêche et le tourisme, naguère en pleine expansion. En ce qui concerne la valorisation des ressources humaines, des secteurs aussi stratégiques que l’Education et la Santé sont négligés. Ils végètent dans le dénuement et dans un climat de tensions permanentes. Par ailleurs, toute politique sociale relative au logement est plombée par une boulimie foncière sans précédent, qui affecte même les hôpitaux, les écoles et les cimetières. Faute d’environnement propice à l’emploi, la jeunesse crie son désespoir, par le slogan tragique « Barça ou Barsakh ». 
Malgré ce tableau sombre « aggravé par une flambée inédite des prix, le train de vie de l’Etat est débridé, l’affairisme, la corruption et l’impunité constituent la sève nocive de la mal gouvernance chronique qui frappe le Sénégal depuis l’avènement des pseudo-libéraux. On comprend donc pourquoi les finances publiques exsangues n’arrivent plus à honorer les engagements de l’Etat ». Ils assènent : « Me Abdoulaye Wade et son gouvernement organisent la régression de notre démocratie, en foulant aux pieds la Constitution, les libertés et en confisquant la souveraineté populaire, par des mascarades électorales répétées, qui ont fragilisé les Institutions devenues illégitimes et coûteuses. La séparation des pouvoirs au Sénégal est aujourd’hui une vue de l’esprit. L’Exécutif envahit en permanence les espaces du Législatif et de la Justice, pour défendre les intérêts d’un groupe privé qui a installé le pays dans l’insécurité intégrale, en menaçant gravement la stabilité ». 
Pour toutes ces raisons, indiquent les « progressistes », « les Assises nationales sont la thérapeutique que le génie de la Nation sénégalaise debout a conçue, avec les patriotes et les démocrates, aux fins de trouver des solutions consensuelles aux multiples maux qui frappent notre pays. C’est là que se trouve le chemin vrai du développement concerté et équilibré, pour mettre fin aux rêves, aux illusions et aux manœuvres de MeAbdoulaye Wade… » 
LA SENTINELLE : 
Sénégal | sommet FAO : wade traite la Fao d’une "farce"  
Publié le 3 juin 2008 à 17h59  
Le sommet de la Fao qui s’est ouvert ce mardi 3 juin, à Rome dans la capitale italienne a été marqué, entre autre, par les critiques du chef de l’Etat sénégalais Me Abdoulaye Wade à l’endroit de l’institution. 
 
Le président du Sénégal Abdoulaye Wade a accusé l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, d’assister les pays en développement comme "des mendiants". Dans son discours, lors du sommet de la Fao, il a affirmé être "déçu" par l’organisation de l’ONU sur l’alimentation et l’agriculture. En effet, depuis le début de la crise alimentaire, le président Wade n’a cessé de tirer sur l’institution et sur son secretaire général, Jacques Diouf. Aujourd’hui, Me wade a réitéré ces positions au niveau de la tribune pour parler d’un concept dépassé. "Ne venez plus nous imposer des institutions, des experts, l’Afrique d’aujourd’hui ce n’est plus celle d’il y a vingt ans", a-t-il lancé à l’assistance composée d’une cinquantaine de chef d’Etat et de Gouvernement. Alors arrêtez cette farce", a t-il martéle pour conclure son propos. 
 
Baye Makébé Sarr 
 
 
Sénégal | Contribution : Le problème, ce n’est pas le fou du roi, c’est le roi lui-même 
Publié le 1er juin 2008 à 18h45  
PAR MODY NIANG 
Quand, hier soir, j’ai fini d’écouter la folle et tonitruante déclaration de ce fou du roi qui le devient de plus en plus, je me suis rappelé le livre de Monsieur Cheikh Diallo et me suis reporté immédiatement au portrait croustillant qu’il fait de cet individu-là. C’est au chapitre 4 (pp. 143-149) de la troisième partie. D’emblée, on se fait une idée du truculent personnage, qui est « une montre réglée sur celle de son mentor ». M. Diallo signale que ce fou furieux a deux problèmes dans sa vie : « Le premier est de savoir quand il commence, le second est de savoir quand s’arrêter. » Et M. Diallo, proche des Wade et de leurs proches d’ajouter : « Maître Abdoulaye Wade est la solution à ses deux préoccupations (et) c’est pour cette raison que chaque matin, avant d’aller dans son cabinet, Farba Senghor va d’abord aux instructions chez le maître (….) » . 
 
M. Diallo fait également dire à l’« élément hors du commun » ce qui suit : « Je ne me contente pas seulement de faire ce qu’il (Me Wade, ndlr) me demande. Je le fais vite et bien. Je passais toute ma journée au Point E et une partie de la nuit aussi. Il m’arrivait de faire la navette entre le Point E et l’Assemblée nationale pour transmettre des courriers et des instructions du secrétaire général du PDS aux députés de notre groupe parlementaire (….) » . Voilà Farba Senghor, garçon de course avant le 19 mars 2 000. Au lendemain de cette date historique, il passe sans transition de l’enfer au paradis. Il en perd carrément la tête et se distingue, depuis lors, de plus en plus par ses frasques. Conseiller du président de la République, il organise une bruyante marche non autorisée contre le Préfet de Dakar. Il « donne le tournis à tout le monde, infatigable et tourbillonnant », assène M. Diallo. 
Quoi de plus normal donc que cet individu-là, qui devrait avoir du mal à trouver un poste de chef de cabinet, ait le comportement que nous lui connaissons aujourd’hui ? Tour à tour Ministre de la Solidarité nationale, de l’Agriculture et des transports aériens, il a régné et continue de régner sur des ingénieurs de haut niveau et de toutes catégories, pour lesquels il n’a aucun respect. Il ne sait plus se retenir et intervient de façon intempestive dans les autres départements ministériels et traite, à l’occasion, publiquement un de ses collègues d’incompétent. M. Diallo rappelle que, devant « son énergie exceptionnelle », son maître avait prévenu devant un groupe de responsables de son Parti : « Je peux nommer qui je veux comme ministre. Même Farba ! ». Et « c’est fait depuis 2 004 ». 
Ce fou du roi n’est donc pas le problème. Le vrai problème, c’est le roi, c’est Me Wade qui lui a donné tant de pouvoir. Wolof Njaay dirait « xama tul lu ko të », ou encore « dafa kaanu ». En d’autres termes, il est grisé par le pouvoir qui lui a tourné la tête. Nous l’avons entendu à plusieurs reprises traiter les chefs religieux de tous les noms d’oiseaux. Aujourd’hui, il menace de représailles ceux d’entre eux qui oseraient prendre part aux Assises nationales. Il en a menacé d’autres, mais c’est sur les menaces de ceux qu’on appelle communément les chefs religieux que nous allons nous arrêter un peu. 
Ces gens-là, du moins nombre d’entre eux, perdent de plus en plus de leur crédibilité. C’est comme si l’avènement de l’alternance les avait mis à nu. Á l’occasion des émissions interactives, ils sont couverts d’injures. Pourtant, quelques dix à quinze années auparavant, personne n’aurait osé prononcer le moindre propos malveillant à leur endroit. Et la faute leur incombe totalement : ils paient cash le fruit de leur cupidité. Avec sa « générosité » déferlante et dévastatrice, Me Wade les a profondément discrédités. 
La presse a même fait état, ces temps derniers, de pressions que Me Wade aurait essayé d’exercer sur le Khalife général des Mourides, après qu’il a reçu Idrissa Seck. Vrai ou faux ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, par contre, mon souhait le plus ardent, plus exactement, c’est que les foyers religieux, et principalement Touba et Tivaouane, fassent montre davantage de retenue, dans ce différend qui oppose le « père » et le « fils d’emprunt ». Sans doute, attend-on des chefs religieux qu’ils soient des régulateurs sociaux, des médiateurs chaque fois que de besoin. Cependant, pour jouer efficacement un rôle de médiation entre deux protagonistes, il faut maîtriser les tenants et les aboutissants de leurs différends. Or, Me Wade a dit publiquement aux membres d’une délégation de Rèew mi qu’il recevait en audience, qu’ils ne savent rien de ce qui l’oppose à Idrissa Seck, ni eux, ni personne d’autres ; que les deux seules personnes qui savent, c’est lui-même et son « fils d’emprunt ». 
Alors, comment, dans ces conditions-là, un chef religieux tant soit peu soucieux de sa crédibilité, de maandute, peut-il prendre le risque de faire la médiation entre ces deux là ? Leur différend, c’est désormais connu même par les oiseaux : c’est l’argent, beaucoup d’argent. C’est ce fameux butin dont Idrissa Seck disait très tôt que c’est lors de son partage que les bandits de grands chemins se disputent. Ce butin qui ne peut être que l’argent du contribuable ou celui de la corruption, ou les deux à la fois. 
Ces deux compères ont fini de nous convaincre de leur incrédibilité. Aucun guide religieux digne de ce nom ne devrait se mêler de leurs querelles interminables de milliards. Il est vrai qu’ils savent tous les deux se montrer particulièrement « généreux ». L’étaient-ils avant le 19 mars 2 000 ? D’où viennent les centaines de millions qu’ils distribuent à bout de bras ? Chaque année, le « père » surtout envoie des centaines de pèlerins à la Mecque. Tous ces gens-là reviennent-ils avec l’espoir que leur pèlerinage a été agréé ? Ce pèlerinage obéit quand même à un certain nombre de principes, dont le moindre est que l’argent qui l’a permis soit gagné à la sueur de son front, ou même, quand il provient d’un don par exemple, que ce don soit d’origine licite. Or, aucun des chefs religieux qui bénéficient de la « générosité » des deux compères ne peut garantir le caractère licite de leurs dons substantiels. Il y a ensuite que, chaque fois qu’un chef religieux reçoit de l’un des protagonistes 50, 60, 100 millions ou une 4x4 rutilante, c’est au détriment d’un gros village dont les populations pourraient bénéficier, à la place, d’un forage, d’un centre de santé, d’un collège, d’une piste de production, etc. 
Nos chefs religieux devraient donc, comme je l’ai indiqué plus haut, faire montre de plus de retenue vis-à-vis de Me Wade, de son « fils d’emprunt » et de leurs querelles de milliards. Ils devraient surtout relever le défi de ce tonitruant fou du roi, qui se croit vraiment sérieux maintenant. Sa déclaration d’hier comme la position de nombre de ses frères et sœurs de part, copiée sur celle de leur maître, sont les signes évidents d’une monarchie absolue rampante qui guette notre pays. Jusqu’à son dernier souffle – pour paraphraser l’autre - Me Wade s’accrochera au pouvoir. 
Et il fera tout pour nous imposer son fils biologique, le jour où il ne tiendra plus sur pieds . Il s’y prépare d’ailleurs activement, notamment en torturant et en piétinant sans état d’âme la Constitution et les autres lois. Pour la réalisation de son sombre dessein, il prend les mesures les plus impopulaires et met à contribution tout compatriote susceptible, par la nature de ses fonctions, à lui donner un coup de pouce. C’est ainsi qu’il compte en premier lieu sur les chefs religieux et autres porteurs de voix, les Forces de Sécurité, les magistrats, les autorités administratives etc. Sans doute, y a-t-il mis le prix fort en leur taillant des situations sur mesure particulièrement confortables. Celles-ci, pour confortables qu’elles soient, valent-elles le pays et son avenir ? 
L’histoire de notre pays n’a pas commencé avec les Wade et Idrissa Seck. Elle ne s’arrêtera sûrement pas avec eux. Tous les Sénégalais, toutes les Sénégalaises devraient, malgré leur indolence légendaire, se rebiffer et se lever comme un seul homme, comme une seule femme, pour conjurer le grave péril qui menace notre pays, et qui est manifestement perceptible dans la déclaration du fou du roi, comme dans la position générale de la mouvance présidentielle, vis-à-vis des Assises nationales. 
 
Mody Niang 
L’OFFICE : 
Jouer à se faire peur… 
Le Pds opte pour la confrontation, au lendemain du lancement des Assises nationales. Réunis hier à la permanence Omar Lamine Badji, les libéraux ont décidé de montrer leurs biceps. Par la loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent, face à leurs adversaires. Les priorités de l’heure sont mises entre parenthèses pour s’adonner à la politique politicienne, et jouer à se faire peur. Au grand dam du peuple, qui a un mal fou à joindre les deux bouts. La famine, la distribution des vivres de soudure, les coupures intempestives, la fameuse Goana, la crise scolaire…doivent attendre. Pour des broutilles… Pauvre Sénégal !  
( Mor Todjangué )  
LE MATIN : 
POLITIQUE 
AMADOU MACTAR MBOW:« Les menaces proférées par l'Etat n'ont servi à rien », 
[ 02/06/2008 ]  
 
 
« Les menaces proférées par l'Etat n'ont servi à rien car tout le monde était là, les chefs religieux, les autorités,etc. . Ce serait une erreur grave de vouloir empêcher ces assises par la force ». C’est ce qu’a déclaré M. Amadou Mactar Mbow au cours d’un point de presse à la fin de la cérémonie de lancement des activités des Assises. Face aux journalistes, parlant des résultats attendus pour ces assises,il a confié qu’il n’y a pas de priorité et pas un problème qui ne soit prioritaire. « Nous pouvons réfléchir à nos problèmes,trouver nos solutions afin que la paix règne dans notre pays ». Avant d’ajouter : « Je veux préciser que nos propos appartiennent à tous les Sénégalais,il n'y aura aucune déception. Ce sont eux qui feront ce qu'ils voudront de ce qui sortira de ces assises et chaque Sénégalais a le droit et le devoir de s'exprimer ». L’ancien Directeur de l’Unesco a tenu à préciser que sa participation aux Assises nationales ne répond pas à des préoccupations de politique politicienne. « Je ne le fais pas pour la politique. Mais si tout le monde me sollicite,je ne peux pas refuser cela ».  
Sur les buts visés par ces assises, il dira:« ce n'est pas dans nos habitudes que nos dirigeants fassent un bilan. Quand on assume nos responsabilités, on doit donner l'état exact de la situation du pays. Nous, ce que nous faisons, c'est de la réflexion sur les problèmes du pays et cherchons à trouver un accord consensuel qui arrangera la totalité des populations ». Concernant les financements, il a confié qu’ils n’ont pas de bailleurs de fonds. « Ce sont les partis et organisations qui en assument les frais », précise-t-il.  
Sur un autre point, M. Amadou Mactar Mbow a affirmé répondant à une question:« la communauté internationale n'a rien à faire avec ce que nous faisons. Nous avons invité certes des autorités étrangères mais ce n'est pas à eux que nous nous adressons en premier ». Par ailleurs, il a annoncé qu’il est prêt à rencontrer le Président de la République à tout moment si ce dernier le souhaite.  
 
Astou Winnie BÉYE (Stagiaire 
DÉMARRAGE DES ASSISES NATIONALES:Participation massive des hôtes de marque 
[ 01/06/2008 ]  
 
Le démarrage officiel des travaux des Assises nationales de l’opposition a eu lieu ce dimanche 1er juin 2008, avec notamment l'installation du bureau et des commissions de ces assises. Déjà, dès les coups de 9h30, il y avait foule au Méridien Président qui a abrité la cérémonie de lancement de ces travaux.  
 
 
La salle de conférence qui avait été retenue à cet effet se remplissait petit à petit. Elle était entièrement remplie, et même, en raison d'un manque de places, des invités étaient obligés de s’asseoir sur les marches des escaliers, tandis que d'autres, moins chanceux, n'avaient même pas pu accéder à l’intérieur de la salle. Les nouveaux arrivants qui avaient des places réservées, étaient installés par des hôtesses. Ceux qui étaient déjà là, échangeaient quelques mots en attendant le démarrage des activités. Il y avait une bonne ambiance et l'atmosphère était détendue. Les minutes passaient et tout d'un coup, les hôtes arrivérent en grand nombre. Autant dire et reconnaître que le défi de la mobilisation a été réussi par les organisateurs de ces assises malgré l’appel au boycott lancé par le Pouvoir et le Parti démocratique sénégalais. Des hôtes de marque parmi lesquels figuraient les représentants du Khalife général des Mourides, ceux de la famille moustarchidine, ceux des niassènes, ceux des chefs religieux de Kolda, le représentant du Cardinal Théodore Adrien Sarr, celui de Jammaatou Ibadou Rahmane, comme ceux de l’Action Solidarité Islamique, ont répondu à l’appel des partis de l’opposition. Outre les familles religieuses, la représentation diplomatique présente au Sénégal, a aussi répondu en grand nombre à l’invitation du Front Siggil Sénégal. 
Il s’agissait entre autres que des représentants des ambassades des Etats-Unis, de la France, du Canada, de la Belgique. Les partis politiques tels que la Ld/Mpt,le Fs/Dbj, le Mag, le Mrg, le Rta/S, le Ps, le Msu, le Mouvement Tekki, l'Afp, le Rnd, l'Uds, le Bps, le Pit, le Front démocratique et Populaire, le Pt(parti du travail), le Mrds, l'Alliance Jef Jel, le Pps, l'Ufn, le Msa,l'Ordc,le Fedes, l'Upas, le Psp, et l'Union Citoyenne Bunti-bi, étaient aussi de la rencontre. Le patron de la Banque Islamique de développement M. Mansour Sy Djamil qui n'a pas pu faire le déplacement, a adressé une lettre à M. Mbow pour présenter ses excuses.  
Par ailleurs, les organisations parties prenantes n'avaient pas manqué à ce rendez-vous comme les Volontaires pour l'Avancement de l'Agriculture (V2a), le Groupe d'Initiative Solidaire (Gis), l'Association des Doctorants et Jeunes Docteurs (Adjd), l'Association des Parents d'Elèves du Sénégal,Dental Sénégal Action Patriotique,le Syndicat National des Architectes du Sénégal, l'Union Démocratique des Travailleurs du Sénégal, le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l'Action Sociale (Sutsas), d’autres Syndicats, les Organisations Professionnelles,les Organisations de Défense des Droits de l'Homme, les Organisations Non Gouvernementales, les Organisations de Femmes, de même que les Organisations de la Diaspora.  
L'arrivée de M. Amadou Mokhtar Mbow a été saluée par un standing ovation de toute la salle. C’est ce dernier qui procèda d’ailleurs au lancement des activités des Assises nationales par son discours inaugural. Le seul incident qui fut survenu à cette occasion, a été l'arrivée brusque d'un homme venu d’on ne sait où pour prendre de force la parole. Mais, cela lui a été refusé. Le monsieur, non content, avait fini par bouder et partir. À part cela, tout s'est passé.  
Il y a eu un peu d'humour quelquefois, mais c'est le sérieux et la discipline qui ont dominé cette rencontre. À la fin de cette cérémonie de lancement, des réactions ont été enregistrées. Pour sa part, M. Ousmane Tanor Dieng, patron des Socialistes a déclaré : « Tout s'est passé comme nous le souhaitions, nous ne sommes pas déçus ». De son côté, Me Ndèye Fatou Touré, député non-inscrit, membre du Mouvement Tekki dira : « ces assises sont démocratiquement l’initiative la plus historique du Sénégal. Il faut rendre hommage au peuple sénégalais et nous sommes étonnés que le Gouvernement ne prenne pas part à ces assises car c'est l'occasion pour eux de synthétiser tous les problèmes du Sénégal. Ces assises sont citoyennes et le Mouvement Tekki en a fait une méthode de Gouvernement.  
C'est un temps fort de réflexion qui aboutira à des solutions ». Quant à M.Abdoulaye Bathily, il a affirmé que c'est un grand jour pour le Sénégal qui veut la concorde et l'unité nationales. « Il s'agit de reformer le pays sur des bases nouvelles. C'est un jour d'optimisme ».  
 
Astou Winnie BÉYE (Stagiaire 
FERLOO : 
Sa maison dans le noir depuis dimanche : Amadou Mahtar Mbow paierait-il pour sa participation aux Assises nationales ? 
Sa maison, comme de nombreux foyers sénégalais actuellement, n’échappe pas aux interruptions de service de la société nationale de fourniture d’électricité, Sénélec. Depuis dimanche dernier, nous dit-on, le domicile de M. Amadou Mahtar Mbow au Point E est plongé dans le noir. 
 
L’information a été confirmée par deux dames vivant sous le toit du Président des Assises nationales. Même si, il faut le reconnaître, l’une d’elles nous a répondu en termes sybillins. 
D’après nos interlocutrices, des fils alimentant la maison des Mbow ont dû être sectionnés. 
AS/FC 
Double lecture des assises nationales : Les risques d’un échec programmé 
Trois jours après l’ouverture des assises nationales, nous assistons à deux lectures de l’esprit, des objectifs et de la finalité de ce rendez-vous que bien des observateurs avaient espéré historique dans le processus du renforcement de la maturation de la conscience citoyenne et de la classe politique. 
 
Le discours du président de ces assises, Amadou Moctar Mbow a eu au moins, le mérite de rassurer des franges significatives de notre société en nous invitant à un sursaut national, à un dépassement intelligent des divergences politiques et idéologiques pour nous consacrer sereinement à une introspection collective de l’état de notre économie et de notre état, en vue de trouver par des mécanismes consensuels des sorties de crise durables susceptibles de redonner aux Sénégalais la confiance en eux-mêmes et à leur intelligence. Ce discours là résonne encore dans les espaces du Méridien Président. Il a été fortement prononcé devant des intellectuels, des universitaires, des acteurs de la société civile mais également devant des représentants de pays partenaires attentifs au vent de changement de mentalité et de comportement des nationaux. 
De ce point de vue, le président Mbow a rempli pleinement sa mission en soudant des générations et des générations autour de quelque chose, à savoir l’avenir du Sénégal à bâtir par son capital humain, ce bien si précieux qui ne se retrouve plus dans le jeu des politiciens aspirant à tout prix à conduire les destinées de leur pays. C’est, cette espérance là, que les assises ont tenté humblement de faire renaître. Seulement voilà. 
Ce rêve bien identique à celui de la veille de l’avènement de l’alternance, n’aura duré que quelques heures. Depuis le début de cette semaine, les acteurs politiques membres du « Front Siggil Sénégal » entretiennent de nouveau une confusion grave. Elle pèse terriblement sur les assises. Ici et là, chacune des formations politiques ayant initié le processus ayant abouti aux assises tente d’interpréter à sa manière le sens des assises et l’empreinte qu’elle veut donner à l’évènement. On peut le comprendre politiquement en raison du fait que chaque sensibilité a naturellement un projet de société et une démarche. 
Ce qui est inacceptable réside dans le fait qu’au-delà des approches propres à chaque parti, nous aboutissons à deux lectures des assises. Il y a la lecture du président des assises, d’ailleurs, la seule autorisée dés la fin de la déclaration solennelle de l’autorité morale des assises. Cette lecture qui est une lecture consensuelle est certainement dans l’entendement des politiciens de carrières, destinée à toutes ces bonnes volontés civiles et militaires soutenant la méthode et l’esprit du consensus, et à côté il y a la lecture des politiques membres du « Front Siggil Sénégal » qui ont un mal fou à rompre avec leurs certitudes aussi carrées que celles de ceux qui exercent le pouvoir. Autrement dit, cette mouvance de l’opposition non parlementaire mène un double jeu. Elle utilise d’une certaine manière, une technique politique consistant à soutenir le vaste rassemblement du peuple impulsé par les assises et prépare sur les flancs de cet élan, les conditions d’une confrontation politique avec le régime libéral et leurs alliés. 
Cette tactique est aussi vieille que la politique de prise de pouvoir nourrie par des acteurs opérant à l’ombre. Partout où elle a été mise en œuvre, elle a fini par abuser du peuple en général et singulièrement des populations les plus déshéritées qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ces dernières ne sont à la limite que du faire valoir des acteurs politiques avertis des ficelles et du chemin tortueux menant au pouvoir ou en prison. Dans ces conditions là où le bon sens du président des assises bute au sens élevé de l’exploitation intelligente des conflits politiques exacerbés par une crise fort complexe, les risques de l’échec des assises sont énormes. Personne ne voit comment les opérateurs privés nationaux, des responsables des organisations non gouvernementales et des pans entiers de l’élite nationale vont se faire enfermer dans des logiques contraires à l’esprit citoyen et responsable fondateur des assises. Il est fort probable que ces acteurs qui ne sont pas nés de la dernière pluie, claquent la porte, à un moment où à un autre, quand ils se rendront compte du rôle infantile que des forces « obscures » veulent leur jouer. La cassure sera brutale. L’alternance de mars 2000 n’a pas su comprendre que le peuple a voté pour le changement de société et non pour un leader. Le « Front Siggil Sénégal » risque lui aussi de ne pas comprendre que les assises reposent fondamentalement sur la paix, la transparence, la démocratie et le sens de servir ceux qui souffrent réellement de la mal gouvernance et des politiciens. 
En face, le pouvoir de l’alternance sera contraint de tourner le dos aux conclusions des assises. L’espoir que le Président de la République et sa majorité modifient leurs positions vis-à-vis des assises et du tournant citoyen dont il est porteur, va alors se fondre sous le soleil. De ce point de vue, les radicaux agissant autour du chef de l’état auront toutes les raisons du monde pour obliger le pouvoir à la confrontation purement et simplement. Le président Mbow doit ici et maintenant recentrer les termes des assises et la finalité de leur plate forme citoyenne. A défaut, il ne fait l’ombre d’un doute que les assises vont capoter politiquement à cause de la lecture politicienne de leur esprit et de leur portée historique. 
MSA/FC 
Les Assises nationales du Sénégal : j’y étais 
 
Après la fameuse guerre de TROIE, et la preuve de bravoure de certains dirigeants d’alors, ULYSSE regarda le ciel et dis : « je suis fier d’avoir été parmi eux car je pourrai dire à mes enfants que j’ai vécu aux temps d’Hector, que j’ai vécu aux temps d’Achile ». 
Cette fameuse assertion d’ULYSSE m’est revenue le 1er Juin 2008, jour historique de lancement des ASSISES NATIONALES DU SENEGAL. 
En effet, ils étaient venus, ils étaient tous là : des généraux, des anciens ambassadeurs, des anciens ministres, des secrétaires généraux d’organisations nationales et internationales, des syndicalistes, des personnalités de la société civile, mais aussi des hommes politiques qui main dans la main montraient une détermination sans faille avec pour seul objectif : SAUVER LE SENEGAL. 
Ce dimanche, les patriotes sénégalais se sont levés pour dire que le Sénégal est dans le gouffre, ils avaient la lourde mission de l’extirper de ce cratère. 
Ainsi, il a fallu expliquer aux sénégalais les justificatifs de ces assises : leurs objectifs, leur composition, le cadre méthodologique et organisationnel et la thématique. 
Le Sénégal va mal, l’écrasante majorité des sénégalais vit sous le seuil de pauvreté. 
La crise est multiforme : économique, politique, sociale. Aucune solution proposée par le gouvernement de Me WADE, ne laisse entrevoir des lendemains meilleurs. 
C’est dans ce contexte particulier que les assises nationales sont devenues un impératif de gestion de crise pour notre pays. D’autant plus que le fil du dialogue et rompu depuis belle lurette entre le pouvoir , les acteurs politiques, les différentes catégories socioprofessionnelles et même avec les syndicats. 
L’objectif général de ces assises nationales est de trouver une solution convenable globale, efficace et durable à la grave crise multidimensionnelle (politique, économique, sociale et culturelle) qui sévit dans le pays. 
Les acteurs qui prennent part à ces assises sont des associations de la société civile, des partis politiques, des organisations patronales, des sénégalais établis à l’étranger, des organisations syndicales, des organisations professionnelles, des corps de métiers, des autorités religieuses, des intellectuels de renom, des personnalités identifiées et j’en passe. 
Ils réfléchiront pendant 4 à 6 mois sur la gouvernance politique, la gouvernance économique et financière, la gouvernance sociale, le monde rural et le secteur privé en général, l’éducation et la formation en général, la santé, la culture, la jeunesse, l’emploi et l’insertion socioprofessionnel, la dimension genre et la promotion de la femme, la situation des personnes âgées, le problème de l’information, le défi écologique (environnement et développement durable), les questions liées aux sports, les questions liées à l’éthique, aux comportements, aux valeurs etc… 
Les acteurs sillonneront tous les départements du Sénégal pour effectuer des consultations citoyennes qui permettront de prendre l avis des populations, les informer et échanger avec elles. Bien entendu des conclusions seront tirées de ces assises et les c acteurs se chargerons de veiller sur l’utilisation adéquate de celles-là. 
Sénégalaises, Sénégalais, voici donc succinctement expliqué la nouvelle démarche citoyenne qui fait de notre pays une exception mais dans le bon sens. 
Je dirai pour conclure en plagiant ULYSSE « je suis fier d’être acteur des assises nationales du Sénégal, car je dirai à mes enfants et à mes petits enfants que j’ai vécu aux temps de Moustapha NIASSE, de Ousmane Tanor DIENG, d’Amath DANSOKHO, d’Abdoulaye BATHLY, d` Ibrahima FALL, de Mohamed MBOJ, de Penda MBOW, du Général Mamadou SECK, que j’ai vécu aux temps du professeur Amadou Makhtar MBOW. 
Dieu fasse que les ASSISES NATIONALES DU SENEGAL soient une réussite totale . 
Dr Malick DIOP Membre du Comite Ad Hoc Des Assises Nationales du Sénégal Email : drmalickdiop@hotmail.com 
Travail parlementaire : Les sénateurs à l’apprentissage de leurs attributions  
« Apprendre pour mieux servir », telle semble la devise des sénateurs qui, depuis un certain temps, multiplient des sessions de formations continues afin d’exercer pleinement leurs missions de représentants du peuple. Ainsi, sous l’initiative de la fondation Konrad Adenauer, ils ont assisté à un atelier de formation relatif aux « attributs parlementaires du sénateur » que le Pr Serigne Diop résume en trois fonctions : Représentation, législation et contrôle de l’action gouvernementale. 
 
La quasi-totalité des membres de la chambre sénatoriale s’est réunie, sous l’initiative de la Fondation Konrad Adenauer, dans un hôtel de la place, pour apprendre leurs attributions. Pour le président du Sénat M. Pape Diop, présidant la cérémonie d’ouverture de ce séminaire de formation dont le thème est : « Les attributs parlementaires », « se rencontrer souvent pour échanger et réfléchir pour améliorer les connaissances des représentants du peuple dans différents domaines est une initiative salutaire« . Car, soutient-il, »pour servir, il faut savoir« . Le Pr Serigne Diop, venu animer ce panel, souscrira dans la même dynamique. C’est ainsi que, dans une assemblée constituée de sénateurs, il plonge son auditoire dans l’histoire de représentation du peuple à travers le modèle anglosaxon et américain, pour dire que la première fonction d’un sénateur est la représentation. »Le mandat d’un sénateur est une fonction publique et les membres de ladite chambre sont investis par le peuple et son contenu est déterminé par la constitution en ses articles 6 et 61« . Outre cette fonction de représentation du peuple, le Pr Serigne Lamine Diop retiendra pour le Sénateur deux autres fonctions principales que sont : l’exercice du pouvoir législatif et celle du contrôle de l’action gouvernementale. Cependant, pour accomplir pleinement ces trois fonctions, le Pr Diop déclare que »le sénateur doit être informé des préoccupations des collectivités locales et des Sénégalais de l’extérieur d’abord, avant de rendre compte, ensuite« . Toutefois, il se désole du fait qu’au Sénégal, les projets de loi (ceux émanant de l’exécutif) sont plus nombreux que les propositions de loi. C’est pourquoi, explique-t-il »ce déséquilibre fragilise l’action parlementaire« . Alors que, poursuit-il »le Sénat doit être une chambre de sagesse, d’élévation, de hauteur, en raison du niveau de représentation de ses membres et de l’absence d’opposition, contrairement, à l’Assemblée nationale qui est une représentation politique« . Par ailleurs, il tranche le débat de la création du Sénat en faveur du pouvoir pour la simple raison, soutient-il, »l’Assemblée nationale ne peut jouer le rôle du Sénat et vice-versa". 
AT/FC 
L'Office : Mardi 3 Juin 2008 
Difficultés dans le monde rural : La faim et le manque d’eau étouffent les populations  
Le monde rural côtoie tous les jours la faim et le manque d’eau. Les vivres de soudure octroyés par le chef de l’Etat pour amoindrir ces difficultés, ne représentent rien par rapport au vécu quotidien des paysans, qui sont toujours hantés par la psychose de la famine. D’ailleurs, ces paysans continuent de hausser le ton, à cause de la petite quantité, et du retard qu’accuse la distribution de ces vivres. Pour ces acteurs directs de l’agriculture, la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) n’est qu’un « joli mot » parmi tant d’autres créés par le président de la république. 
Keur Samba Kâ, situé à quelques kilomètres de la région de Kaolack dans le département de Nioro, un village où paysans et éleveurs vivent des difficultés énormes liées au manque d’eau. Conséquence, les récoltes sont en régression à cause de la diminution des pluies et du manque de forage. Même le bétail n’est pas épargné, car le foin se fait de plus en plus rare. Dans cette zone composée de huit (8) villages (Keur Samba Ka, Keur Lamine, Keur Sékou Ndiaye, Keur Ndéné, Keur Ndongo, pour ne citer que ceux-là) il n’y a pas de forages, et seuls deux (2) puits fonctionnent pour toute la population. D’ailleurs, des batailles sanglantes alimentent les moments de puisage car l’eau est insuffisante pour les satisfaire. Selon Mamadou Lamine Ka, un paysan habitant dans cette localité, la principale activité qu’est l’agriculture est en train de mourir car l’eau se raréfie et les récoltes deviennent mauvaises. « Il y a dix (10) ans, ma récolte tournait autour de huit (8) à neuf (9) tonnes. Mais cette année, je n’ai eu que cent (100) sacs de maïs », martèle-t-il. Du coup, il devient difficile de nourrir une grande famille qui avait l’habitude de vivre dans l’abondance. M. Ka soutient aussi sur cent (100) familles, il n’y a que dix (10) qui mangent à leur faim, et peuvent assurer les trois repas. Les paysans n’ayant plus de ressources, ils se convertissent dans le maraîchage, une activité qui n’était pas pratiquée dans cette zone. Ces difficultés sont plus visibles chez les Ouronabés, des populations qui ne trouvent plus de l’eau dans leur localité. Raison pour laquelle ces dernières viennent chercher le liquide précieux et du foin pour nourrir leur bétail. De ce fait, les villageois assistent toujours à des querelles rangées entre bergers. Ainsi, la population du monde rural demande à l’Etat d’envoyer les semences et engrais. Elle appelle aussi le comité national à accélérer la distribution des vivres avant de voir le pire arriver ; et même si elles jugent les quantités insuffisantes par rapport à leur besoin. Pour les habitants de Keur Samba Ka, la grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) lancée par le président de la république ne constitue qu’un projet parmi tant d’autres. D’ailleurs, ils ignorent tout de cette Goana, et attendent de pied ferme les citadins qui viendront prendre leurs terres. La réussite de la Goana devient donc incertaine, car les acteurs à la base semblent être oubliés. 
Auteur: Anta NAR  
Seneweb.com: Mardi 3 Juin 2008 
 
 
 
 

 

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