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que la LUMIERE
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2012 vaut mille sacrifices.

Nettali : Vendredi 3 Avr 2009 
VALIDATION DES LISTES DE LA COALITION SOPI 2009 A NDOULO ET NDINDI : La Société Civile s’offusque de l’attitude de Cheikh Tidiane Sy  
NETTALI.NET - Le Collectif des Organisations de la Société Civile n’a pas apprécié la position du ministre de l’Intérieur sur l’affaire de la forclusion des listes de la coalition Sopi dans les 10 communautés rurales de Ndindi et Ndoulo. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, les onze Ong qui composent ce collectif déplorent l’attitude de Cheikh Tidiane Sy. 
Selon le collectif, le ministre de l’intérieur « a passé outre à la décision de la Cena d’annuler les listes de Sopi 2009 à Ndoulo et Ndindi en permettant à la coalition au pouvoir de prendre part au vote ». Ce qui n’est rien d’autre qu’une violation flagrante de la loi électorale, à en croire le collectif. 
L’affaire Ndindi et Ndoulo n’est pas la seule faille constatée par la Société civile. Celle-ci déplore également les nombreux dysfonctionnements enregistrés par ci et par là. Mais, cette organisation déficiente des opérations électorales n’a toutefois pas entaché la validité du scrutin. Le Collectif des Organisations de la Société civile considère, en effet, que les élections du 22 mars 2009 ont été un temps fort dans la consolidation de la démocratie moderne au Sénégal. 
Il considère que « le scrutin s’est déroulé dans des conditions acceptables dans l’ensemble. Les Sénégalais ont voté dans le calme et la sérénité démontrant encore une fois leur maturité alors que les observateurs redoutaient un déferlement de la violence à l’occasion du vote. Le collectif salue à cet égard les appels au calme lancés par les autorités religieuses et coutumières du pays ». 
Seneweb.com : Jeudi 2 Avr 2009 
Contribution : Benno Siggil Sénégal : de la contestation à la proposition. 
Les élections municipales du 22 mars 2009 ont rappelé aux bons souvenirs de tous la vitalité des institutions démocratiques sénégalaises. Fatigués d’un personnel politique trop confortablement installé au pouvoir autour de la personne du président Wade, les électeurs ont sanctionné l’immobilisme, l’arrogance, la rapacité de leurs édiles locaux, et accessoirement remis en scelle l’opposition républicaine, victorieuse dans la plupart des villes du pays. Pour une fois, cette dernière se présentait en rangs serrés autour d’une large coalition, Benno Siggil Sénégal (BSS), au personnel politique rajeuni. Suffisant pour ramasser le fruit mûr du mécontentement populaire. Mais peut-être pas assez pour offrir aux Sénégalais ce qu’ils sont en droit d’attendre, à savoir un projet politico-économique alternatif crédible, et défendre sérieusement les chances de l’opposition de gauche aux prochaines échéances électorales, dont l’élection présidentielle de 2012.  
La question est donc la suivante : comment la coalition Benno Siggil Sénégal peut-elle passer de la simple contestation à la proposition d’un projet alternatif crédible ?  
La coalition Benno Siggil Sénégal rassemble 35 partis, dont 4 à 5 des plus grands partis de l’opposition, placés pour la plupart à la gauche de l’échiquier politique. On retrouve dans ses rangs le Parti Socialiste et l’Alliance des Forces du Progrès (issue d’une scission du PS), ainsi que de plus petits partis comme le Parti de l’Indépendance et du Travail, l’Alliance Jëf-Jël ou la Ligue démocratique/ Mouvement pour le parti du travail (Ld/Mpt). La plupart des autres formations ont une faible implantation dans le pays, comme le Rassemblement National Démocratique (Rnd), la Fédération démocratique des écologistes du Sénégal (Fdes), ou le Parti Niaxx Jarinu. La coalition BSS compte également dans ses rangs des membres de la société civile. Enfin, elle a accueilli en son sein le nouveau parti de l’ancien Premier ministre Macky Sall, l’Alliance pour la République (APR), qui se revendique toujours libéral.  
Mis à part ce dernier membre, on retrouve donc une certaine cohérence idéologique au sein de la coalition, qui peut servir de base solide à la pérennisation de cette alliance. Car l’expérience des dernières élections montre l’importance cruciale de larges coalitions pour remporter la confiance et le vote des citoyens. La victoire d’Abdoulaye Wade en 2000 s’est ainsi appuyée sur l’émergence d’une large coalition, le Sopi, amenée à dominer le paysage politique pendant 9 ans. A contrario, la division de l’opposition lors des dernières élections présidentielles, en 2007, l’a directement conduit à sa perte : les Sénégalais n’ont pas eu confiance en tous ces chefaillons, souvent autocrates en leur petite église, qui semblaient, aux yeux de l’opinion, plus particulièrement motivés par des désirs de pouvoir personnel que par des aspirations altruistes envers leurs concitoyens. Deuxième leçon, celle des législatives : il ne sert à rien de boycotter des élections, l’opposition ayant plus à perdre dans l’affaire. On peut toujours critiquer la régularité de la tenue d’élections par le pouvoir en place, mais on ne saurait ignorer le point central : l’opposition n’était pas en position de force dans l’opinion publique. Comme tendent à le prouver les élections municipales de mars 2009, les institutions démocratiques sénégalaises fonctionnent toujours relativement bien, et il serait très difficile d’empêcher une majorité clairement exprimée par l’électorat de remporter des élections. De ces enseignements, on peut tirer le constat suivant : pour être crédible et avoir des chances de conquérir le pouvoir, l’opposition de gauche doit affermir son alliance au sein de la coalition BSS.  
La situation économique, sociale et politique du Sénégal étant ce qu’elle est en 2009, c'est-à-dire catastrophique, le but de l’opposition de gauche ne peut seulement se réduire à une stratégie de retour au pouvoir. La formulation d’un projet alternatif pour sortir le Sénégal de l’ornière dans laquelle il se trouve aujourd’hui est donc essentielle, et servira par ailleurs à crédibiliser et à affermir la coalition BSS. Un tel projet devrait s’atteler à deux chantiers particulièrement urgents : rationaliser et consolider les institutions républicaines, particulièrement mises à mal par le président Abdoulaye Wade ; et sortir du prêt-à-penser libéral qui sert de paradigme à la politique économique et sociale des différents gouvernements depuis 9 ans.  
Soyons juste : nombre des problèmes institutionnels ne sont pas le fait du seul président Wade. La justice inféodée au pouvoir politique, la corruption de nombre d’agents de l’Etat (police, justice, divers fonctionnaires) ne datent pas de l’an 2000. Par contre, la personnalisation à outrance du pouvoir exécutif en la personne du président de la République, seul maître à bord qui distribue comme un roi les prébendes à longueur de journal de 20h, qui détruit puis recrée des institutions étatiques et change les règles du jeu institutionnel au gré d’intérêts stratégiques à court terme, est directement imputable à la personne de Maître Wade. Un Etat moderne et efficace doit tourner le dos à ces pratiques. Une formation politique collégiale, qui ne dépend pas d’un seul leader providentiel, est certainement mieux à même de tourner le dos à ce passé. Les Assises nationales, qui se sont saisies de cette problématique, doivent rendre prochainement leurs conclusions à ce sujet : la coalition BSS devra en faire un élément central de son programme.  
Le second volet d’un projet alternatif de gauche pour le Sénégal devrait s’atteler à sortir du prêt-à-penser libéral qui définit la politique du PDS. Cette pensée facile, tout droit sorti de la doxa néo-libérale, reste obnubilée par le taux de croissance annuel du PNB (qui a oscillé entre 2% et 6% sur les cinq dernières années), par les facilités offertes à l’investissement étranger, et par la rigueur de la gestion budgétaire (point sur lequel le PDS a lamentablement échoué). Or, la croissance est restée faible puisque le Sénégal, en situation de rattrapage économique, aurait besoin d’une croissance à deux chiffres pour que ses effets se fassent réellement sentir. Surtout, elle n’a profité qu’à une portion de la population, l’écrasante majorité voyant une paupérisation de ses conditions de vie. L’objectif d’une politique économique ne doit donc pas tant être les indicateurs macroéconomiques que l’amélioration réelle des conditions de vie des populations. Pour cela, on a bien sûr besoin de croissance, mais pas seulement, et pas n’importe quel genre de croissance économique.  
Il faudra aussi trouver une solution au problème qui se pose depuis l’indépendance : comment trouver du travail à toutes ces personnes, dont beaucoup de jeunes, bien, peu ou pas qualifiés. La question est bien entendu complexe, mais certains éléments de réponse peuvent déjà être donnés. Il faut créer une dynamique économique interne au marché sénégalais et sous-régional. Pour cela, il ne faut pas avoir peur de prendre des mesures qui vont à l’encontre du discours économique dominant : prendre des mesures protectionnistes ciblées (et intelligentes, pour ne pas faire augmenter les prix) afin d’avantager la production sénégalaise, notamment dans le domaine agricole ; exiger que les investissements étrangers soient couplés à des participations d’entrepreneurs locaux jusqu’à un certain seuil minimal obligatoire ; développer autant que possible l’accès au crédit ; mettre en place une stratégie agressive sur le marché internationale de l’emploi peu qualifié, pour attirer les délocalisations ; réhabiliter l’investissement public dans des secteurs d’intérêt général, avec des impératifs d’efficience économique.  
La gauche peut, et doit, offrir aux électeurs un projet économique alternatif crédible, à même de répondre au défi du développement économique et social, en se basant sur ses propres valeurs. Le meilleur moyen de porter un tel projet semble aujourd’hui s’incarner au sein de la coalition Benno Siggil Sénégal. Les membres de cette coalition se doivent d’être conscients du défi historique qui s’offre à eux et prendre les mesures stratégiques et tactiques en conséquence.  
Emmanuel Leroueil, www.terangaweb.com 
Seneweb.com : Vendredi 3 Avr 2009 
Benno Siggil Senegaal : 2012 vaut mille sacrifices. 
Les élections régionales, municipales et rurales du 22 mars 2009 ont vécu et fait déjà l’objet de plusieurs analyses. Les résultats auxquels elles ont donné lieu constituent une cuisante défaite, un échec personnel pour le président de la République. Ce dernier a pris le risque, avec son fils, de s’engager à fond et sans état d’âme dans la campagne électorale, en utilisant de façon indécente les gros moyens de l’Etat. Le peuple, dans un sursaut que personne n’attendait plus, a rejeté ses neuf années de gouvernance meurtrie, et son projet monarchique de se faire remplacer par son fils. Ce peuple mérite donc d’être félicité et encouragé à maintenir le cap de la vigilance. La victoire du 22 mars 2009 est d’abord sa victoire avant d’être celle de la « Coalition Benno Siggil Senegaal ». Cependant, pour importante qu’elle soit, elle n’est que provisoire, qu’une étape vers des conquêtes plus significatives encore. La grande guerre à gagner coûte que coûte, c’est l’élection présidentielle de 2012. Il faut la gagner contre Me Wade, son fils biologique, son fils « d’emprunt ». et contre tout autre candidat éventuel marqué de quelque façon que ce soit par l’immonde gouvernance libérale. Douze ans avec Me Wade – s’il va jusqu’au bout de son mandat –, ce sera déjà trop pour le Sénégal. Ce serait la pire des catastrophes pour le pays si, après cette déjà trop longue gouvernance, nous devrions nous retrouver avec un Karim Wade ou un Idrissa Seck, pour sept ou quatorze autres années. Ce péril bleu est à conjurer par tous les moyens. 
La vigilance doit surtout être de mise. Je ne suis aussi optimiste que nombre de mes concitoyens qui enterrent déjà trop facilement les Wade : ils ont mille tours dans leur sac. Ils sont surtout riches comme Crésus et sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins politiciennes. L’élection présidentielle de 2012 est une question de vie ou de mort pour tous les deux. Ils ne sont pas de prêts à lâcher facilement prise. Leur histoire me rappelle celle de l’hydre de Lerne, ce serpent monstrueux, dont les sept têtes repoussaient au fur et à mesure qu’elles étaient tranchées l’une après l’autre. Pour en triompher, Hercule les trancha toutes d’un seul coup. Il reste encore des têtes à l’hydre bleue. Nous ne devons surtout pas perdre de vue qu’une bête blessée peut-être plus dangereuse encore qu’avant sa blessure. Quelles que soient les mesures que prendra Me Wade, elles ne me rassureront pas : elles auront toujours des soubassements politiciens. Ce n’est pas à 84 ans – d’autres disent infiniment plus – que cet homme va changer. Nous devons donc rester fermement sur nos gardes. Et Benno Siggil Senegaal (BSS) en premier lieu, qui ne devrait surtout pas surestimer sa victoire. Cette coalition est composée d’hommes et de femmes mûrs et expérimentés, qui ont pratiqué Me Wade pendant plusieurs années. Ils sont surtout en mesure de lire correctement la victoire (provisoire) du 22 mars 2009. Cette victoire sanctionne certainement la mauvaise gestion des collectivités locales bleues, mais elle encourage aussi l’unité réalisée par BSS. Elle n’est la victoire d’aucun parti en particulier, quelle que soit, par ailleurs, sa représentativité supposée. Aucun parti en solo, n’aurait été capable de gagner la plus petite des collectivités locales. BSS a perdu partout où elle s’était effritée et a gagné partout où elle était en bloc. L’exemple de Robert Sagna a été très illustratif à cet égard. Ce dinosaure de la politique sénégalaise mérite la défaite qui lui a été infligée. Il n’a pas eu l’intelligence de comprendre qu’il était en fin de parcours. S’il avait accepté de s’effacer au profit d’un plus jeune et de faire cause commune avec BSS, Abdoulaye Baldé aurait certainement été battu à plate couture, malgré ses centaines de millions de Fcfa dépensés à bout de bras depuis quatre ou cinq ans. Robert Sagna a été ministre et maire de Ziguinchor respectivement pendant 22 et 24 ans. Il n’a malheureusement pas compris, comme Senghor, que « nguur, kenn du ko ñédd »1.  
La victoire de BSS est donc commune, il faut la gérer de façon collégiale. Mes amis de cette coalition sont suffisamment expérimentés – je l’ai déjà signalé – et suffisamment intelligents pour décrypter correctement le message que leur a lancé le peuple par son vote du 22 mars 2009. Par ce vote, il sanctionne sans doute négativement la très mauvaise gestion des Libéraux mais, pour autant, il ne donne pas un chèque en blanc aux vainqueurs. Il s’attend légitimement à ce que ces derniers gèrent bien mieux que les vaincus. C’est une chance inouïe, une perche qui leur a été ainsi tendue. Ils sont donc condamnés à rassurer rapidement les populations et à leur faire sentir la nette différence entre les deux gestions. Etant d’ailleurs pour l’essentiel parties prenantes des Assises nationales qui misent beaucoup sur la gestion transparente des affaires publiques, ils n’ont pas d’autres choix que d’imprimer une nette rupture dans la gestion des collectivités locales dont ils auront la charge2. 
Ils ont à faire face à un autre défi : tout le monde les attend au niveau de ce qu’on appelle communément et impudiquement au Sénégal « le partage du gâteau ». Ce concept est à bannir de leur vocabulaire : les collectivités locales ne sont pas un gâteau à partager. Elles ont plutôt besoin d’être reprises en main, et gérées dans l’intérêt exclusif des populations. Tout le monde ne peut pas être maire, président de région ou de conseil rural. Déjà, la presse, tout au moins une partie d’entre elle, se délecte des futures empoignades à cause des indemnités substantielles dont bénéficient les chefs de collectivités locales. Que nos amis ne tombent surtout pas dans ce piège ! Il y a bien plus important que ces indemnités : c’est l’intérêt supérieur des populations, c’est l’enjeu de l’élection présidentielle de 2012, c’est simplement le sens de l’honneur. La priorité doit donc être accordée aux meilleurs d’entre eux : aux plus crédibles et aux plus compétents. En particulier, la longévité dans le parti ou la proximité avec le chef ne doit pas être un critère déterminant. Il y a, parmi nos vainqueurs, quelques-uns qui n’ont pas été des modèles de bonne gestion. Ces gens-là doivent être systématiquement écartés. Les populations de Diourbel ont certainement voté moins pour faire revenir Jacques Baudin, que pour sanctionner la mauvaise gestion de la mairie de la ville. Il en est peut-être de même de celles de Bargny, qui n’ont pas forcément voté pour le maintien de Mar Diouf à la mairie, encore moins pour qu’il soit élu président du Conseil régional de Dakar. 
Une fois le cap des choix franchis et les équipes mises en place, l’une des premières mesures doit être l’audit systématique de la gestion des Libéraux, un audit administratif et financier. Un audit ou quelque chose de ce genre, pour faire l’état des lieux. « Pas de chasse aux sorcières » ou de « règlements de comptes », entend-on déjà ça et là. C’est par là que Me Wade avait commencé, au lendemain du 1er avril 2000. On connaît la suite. Que nos amis ne se laissent pas donc influencer par quelque oiseau de mauvais augure que ce soit ! Il faut que, dès le départ, la situation trouvée sur place soit claire et portée à l’attention des populations. C’est cette situation qui permettra, demain, de comparer les deux gestions. En particulier, si les audits – ou ce qui en tient lieu – révèlent l’existence de sorcières, il ne faut pas hésiter un seul instant à les chasser, voire à les brûler vives : elles n’ont pas leur place dans une société démocratique. De même, s’ils mettent en évidence des cas caractéristiques de mauvaise gestion, la justice doit en être immédiatement saisie. Il ne faut pas hésiter non plus à faire le point sur le personnel trouvé sur place. Les Libéraux ont eu souvent recours à des recrutements complaisants, avec des contrats sur mesure que rien ne justifie. Les bénéficiaires qui ne peuvent se prévaloir d’aucune compétence doivent être remerciés. Il ne faudrait pas alors les remplacer par des militants ou des amis des nouveaux élus, ou par des protégés de « porteurs de voix », qui présentent le même profil.  
Nos amis de BSS ne pourront pas non plus laisser en l’état certaines pratiques jusqu’ici en cours dans les collectivités locales. La nomenclature budgétaire en particulier doit être repensée. Par exemple ce fourre-tout qu’est « le secours aux indigents et aux sinistrés » laissé à la discrétion des maires doit être sérieusement reconsidéré. Qui est indigent et qui ne l’est pas ? Même si on a la réponse à cette question, combien d’indigents y a-t-il à Dakar par exemple ? Certainement des centaines de milliers, qui ne peuvent sûrement pas en bénéficier tous ? Sur la base de quels critères choisit-on donc les élus ? Les bénéficiaires sont en réalité loin d’être les plus nécessiteux. Ce « secours aux indigents », c’est plutôt pour entretenir une clientèle politique. Les centaines de millions qui lui ont été consacrés jusqu’ici à Dakar – pour ne donner qu’un exemple – pourraient servir à construire des classes, des centres de santé ou à acheter des médicaments ou des fournitures scolaires. Le plus grand nombre en profiterait. Il en est de même des différents « dons », dont bénéficient en particulier (largement) certaines familles lors des cérémonies religieuses. Une seule de ces familles de la Région de Dakar a reçu, à l’occasion d’une seule cérémonie, 67 tonnes de riz : 30 du Maire de Dakar et 37 de Farba Senghor. C’est le second, alors Ministre délégué chargé de la Solidarité nationale, qui nous avait donné l’information, avec des détails croustillants. 
Je ne réfute pas catégoriquement ces « dons ». Cependant, il faut savoir raison garder. Les cérémonies religieuses sont des affaires privées. L’Etat et les collectivités décentralisées peuvent certainement les appuyer, mais de façon raisonnable. 
Il y a aussi un mot qui doit être banni du vocabulaire des chefs de collectivités locales : « donner ». On entend souvent dire que tel maire, tel président de conseil régional ou de conseil rural a « donné » des cahiers à telle école ou des médicaments à tel centre de santé. Ils n’ont rien donné. L’argent qui a servi à acheter les fournitures scolaires ou les médicaments provient des fonds de dotation, qui sont l’argent de la collectivité. Le processus jusqu’ici en vigueur est aux antipodes de la transparence : un beau matin, une cérémonie officielle de remise de « dons » est organisée avec un grand tintamarre. Les caisses de fournitures scolaires ou de médicaments sont présentées et les coûts déclinés. On imagine les énormes surfacturations qui se répercutent forcément sur les quantités déclarées. Nos amis de BSS ont le devoir de mettre un terme à ces pratiques nébuleuses, en associant étroitement les populations à toutes les opérations. Par exemple, les médecins, les enseignants et leurs syndicats respectifs doivent être au cœur du dispositif. C’est eux qui devront exprimer leurs besoins en fonction de l’enveloppe disponible, faire leurs choix dans le marché, en compagnie de l’agent compétent de la collectivité, et présenter une facture.  
Les plus pessimistes d’entre nous prévoient des difficultés aux futurs maires, présidents de région ou de conseil rural. « Me Wade leur mettra des bâtons dans les roues », les entend-on dire. Ils craignent en particulier que l’attribution par l’Etat des différents fonds (de concours et de dotation) ne soit pas équitable et se fasse à la tête du client. Ces pessimistes pourraient bien avoir raison. On ne sait jamais avec le politicien Wade qui est incapable de s’élever au-dessus de la mêlée. Si cette éventualité se présentait, les nouveaux élus doivent présenter le « peu » qu’ils auront reçu aux populations et l’utiliser, au su et vu de tout le monde, à satisfaire les besoins les plus urgents qui pourraient l’être. 
Voilà quelques actions de rupture – loin d’être exhaustives –, qui sont attendues des nouveaux élus. Si, pendant les trois années qui nous séparent de l’élection présidentielle de 2012, les Sénégalais constatent qu’ils gèrent infiniment mieux que les Libéraux et ont gardé et consolidé l’unité, le scrutin sera largement à leur portée. Si, au contraire, ils sont plutôt préoccupés, comme leurs prédécesseurs, à s’enrichir ; s’ils se regardent en chiens de faïence et travaillent, chacun de son côté, en vue du scrutin de 2012, ils laisseront échapper une chance inespérée et le peuple, ce même peuple qui leur a accordé sa confiance le 22 mars 2009, leur brandira à coup sûr le carton rouge. Ils seront alors directement responsables du grand malheur qui nous arrivera : l’élection du fils biologique, du fils « d’emprunt » ou de tout autre homme ou femme qui aura trempé dans l’immonde gouvernance libérale et en aura gardé les tares.  
Mody Niang, e-mail : modyniang@arc.sn 
 
Auteur: Mody NIANG  
 
24hchrono : Jeudi 2 Avr 2009 
Circulation à Dakar: Cohabitation difficile entre automobilistes et charretiers  
La cohabitation entre les charretiers et les automobilistes est très difficile. En effet, les charrettes sont vus d’un mauvais œil par ces derniers, qui vont jusqu’à les traiter de hors la loi. Mais, mis à part ce problème, les charrettes créent souvent un véritable désordre à Dakar. Certaines populations les accusent de déverser leurs ordures un peu partout, en ignorant royalement leurs cadres de vie. 
Il est fréquent de rencontrer des charrettes, dans les différentes artères de la capitale sénégalaise. Une situation, qui semble de plus en plus indisposer les automobilistes, qui estiment que les charretiers sont des hors la loi. Une opinion que partage cet automobiliste pour qui, «il est aujourd’hui impossible de rouler à Dakar, sans croiser ces charrettes. Et, le plus grave, c’est qu’ils croient qu’ils ont des priorités sur tout le monde». Sur les deux voix menant au Cices, Abdou sur sa charrette, estime que «certains automobilistes ne veulent pas nous voir mais, ce qu’ils doivent comprendre, c’est que c’est notre travail. On cherche juste à subvenir aux besoins de nos familles». Un argument rejeté par Moussa qui pense que, «la plupart sont des voyous, et ils sont insolents. Pour un rien, ils sont capables d’être très violents, et de vous abreuver d’injures». Ce comportement est déplorée par de nombreux automobilistes, qui pensent qu’on devrait revoir la circulation des charrettes car, «ils sont de plus en plus nombreux, et sont même sur les autoroutes». En effet, il y’a une dizaine d’année, existait une zone dite bleue, qui était interdite à la circulation des charrettes. Moussa ajoute : «aujourd’hui, ils sont partout, aussi bien sur les autoroutes, qu’au niveau des grandes artères de Dakar. Bientôt, ils se gareront devant le palais présidentiel» ironise Fatoumata. La cohabitation entre charretiers et automobilistes est souvent source de conflit. «En cas d’accident, il n’y a pas grand-chose à faire car, ils ne sont pas assurés, et faire un constat, c’est juste perdre son temps car, ils ne peuvent pas payer les réparations» conclut Fatoumata. L’autre problème qui semble augmenter la colère des automobilistes, est que, même la nuit, on retrouve ces charrettes, et sans aucune lumière. Fatoumata à quelque fois un pincement au cœur, lorsqu’elle voit ces chevaux tirés de lourdes charges, et que le cocher n’arrête pas de les frapper. «C’est vraiment inhumain. D’abord, les chevaux sont mal nourris, et à 22 H on les croisent dans la circulation». Pourtant la réglementation est claire à ce propos. A partir de 18H le cheval doit être dételé. Moussa explique qu’il est impossible de suivre cette réglementation car, «quelque fois à 20H, on a à peine de quoi acheter 1Kg de mil pour le cheval et quelque chose à emmener à la maison». La mauvaise réputation des charretiers est accentuée aussi par le fait «qu’ils déversent leurs ordures partout».Vieux Guèye habite en face des deux voix sur la Vdn, et chaque jour, il est obligé de veiller sur la devanture de sa maison. «Ils veulent transformer cet espace libre en dépotoir d’ordures. On a beau se plaindre, mais rien n’y fait. Maintenant, c’est la nuit qu’ils déversent leurs ordures. Ils s’en foutent de l’odeur nauséabonde qu’on respire, ou des maladies qui peuvent en découler. Une situation dénoncée par les populations, qui prônent de plus en plus, la création d’une police car, les charrettes sont devenus une réalité dans le transport routier à Dakar.  
Auteur: SAMBA SY  
Le Soleil : Vendredi 3 Avr 2009 
LE Pr MARY TEUW NIANE SUR LA NOUVELLE CARTE SCOLAIRE : « Eriger les lycées en Collèges universitaires régionaux »  
Le Pr Mary Teuw Niane a dégagé, lors de l’atelier de l’Académie des sciences du Sénégal (Ansts) sur l’Enseignement supérieur, un schéma du système éducatif articulant tous les niveaux du préscolaire au supérieur. 
Dans l’organigramme proposé par le Pr Mary Teuw Niane, le lycée sera érigé en Collège universitaire régional (Cur) et permettrait ainsi de régler le problème des infrastructures. « C’est l’acception du Cur telle que définie dans la Carte universitaire avec en plus l’intégration des 2 dernières années du lycée dans les Cur », explique-t-il. 
Ce schéma permettrait aussi « de répondre aux défis de la proximité, de l’hébergement, des bourses et surtout de la volonté de massification du nombre d’étudiants et de réduction de la déperdition ». 
Le Cur regroupera les classes de 1ère et de Terminale et les 3 premières années du supérieur. « Il assurera un équilibre harmonieux entre les formations générales, techniques et professionnelles », soutient le Pr Niane. 
Dans chaque Cur, il y aura des filières d’enseignement général de 2 ans conduisant à un baccalauréat national et des filières techniques et professionnelles de 2 ans conduisant au Brevet technique et professionnel (Btp) qui est un diplôme national. « L’étudiant ayant réussi sa 2è année au Cur (moyenne générale annuelle supérieure à 10 sur 20 ou bien ayant le nombre de crédits requis ; ayant le baccalauréat ou le Btp) peut s’inscrire en 1ère année de Licence. 
Les étudiants, qui réussissent en 2è année de la Licence technique et professionnelle, peuvent, s’ils le désirent, se voir délivrer le Bts de la spécialité », dit-il. M. Niane préconise aussi l’intégration des écoles de formation de niveau bac-2 et bac+3 dans les Cur, sous forme de filières offertes, donnant l’exemple des Ecoles de formation des instituteurs (Efi), de santé, d’agriculture, d’élevage, d’hôtellerie, de marine, de formation technique et professionnelle (Cnqp), etc. 
Un recteur à la tête de chaque région 
Le profil des enseignants est également bien étudié. « Les Cur auront un personnel enseignant défini par des textes spécifiques. Les professeurs des Cur seront recrutés sur concours national », avance-t-il. Il distingue 2 catégories : les titulaires de licence professionnelle ou d’un diplôme équivalent et les titulaires d’un diplôme d’au moins bac+5. Pour le niveau Licence, il déclare que les enseignants en poste dans une université pourront faire tout ou partie de leur charge d’enseignement dans un ou plusieurs Cur. On fera appel pour certains apprentissages à « des professionnels et des personnes ressources ». « Le Cur devra atteindre au moins 50 % des charges d’enseignement dévolues à ce type de personnel. Les programmes seront construits suivant l’approche par les compétences et validées pour 5 ans. Un manuel des procédures sera établi », affirme-t-il. 
Toujours selon le Recteur de l’Ugb, dans chaque région administrative, l’enseignement et la formation, depuis la petite enfance jusqu’au Cur, seront pilotés par l’Académie régionale qui aura à sa tête un Recteur d’académie assisté de directeurs. Le Recteur d’académie sera nommé par décret, sur proposition du ministre chargé de l’Education et de la Formation. 
« Il doit être au moins titulaire d’un Doctorat et avoir une expérience avérée dans les Cur ou les universités », insiste-t-il. De l’avis du Pr Niane, les Cur devront tirer profit des interventions des administrations déconcentrées et décentralisées pour réussir au mieux leur mission. 
Ce qui est favorisé, note-t-il, par le caractère transversal des Cur. Quant à l’équipement de ces structures, il a retenu le principe de la mutualisation des équipements. 
Auteur: Mamadou GUEYE  
 
Ferloo.com : Jeudi 2 Avr 2009vs  
Elections locales du 22 mars dernier : Le Mouvement Tekki « salue l’émergence citoyenne et la victoire du peuple »  
Selon le communiqué du Mouvement Tekki reçu à Ferloo, « (…), les populations sénégalaises, en citoyens émérites, dignes, conscients et responsables, ont entendu mettre un frein à la volonté clairement affichée par le Président Abdoulaye Wade et ses proches de « monarchiser » la République du Sénégal ». Mais aussi, poursuit le Mouvement Tekki, « elles ont, en particulier, entendu sanctionner l’arrogance et le mépris des parvenus du SOPI et autres dirigeants de la Coalition au pouvoir… ». 
 
Pour les camarades de Mamadou Lamine Diallo, « le vote du 22 Mars 2009 sanctionne surtout, la gestion scandaleuse et calamiteuse des collectivités locales où les responsables du PDS et ses affidés ont montré que seule la spéculation foncière et la gestion de leurs intérêts personnels et partisans étaient leurs préoccupations. Tout ceci au grand dam des citoyens à la base qui n’ont jamais été impliqués ni même consultés à cet effet ». Enfin, ajoutent-ils, « le vote du 22 mars 2009 sanctionne, également, le Président de la République du Sénégal qui, après avoir promis emplois à la jeunesse, libertés aux journalistes, justice aux populations s’est plutôt illustré par des manipulations constitutionnelles scandaleuses et intempestives pour régler des comptes au sein de sa coalition ; une volonté d’instrumentalisation de la justice ; la mise en œuvre de politiques économiques et sociales ruineuses qui mettent en avant les intérêts d’une caste de dirigeants SOPI au détriment des populations laborieuses ». 
Par ailleurs, le Mouvement que dirige Mamadou Lamine Diallo invite les populations à « se mobiliser pour empêcher le détournement administratif ou juridique de leur vote, à rester vigilants dans la mise en place des bureaux des collectivités locales pour face aux corrupteurs du SOPI et à tout mettre en œuvre pour empêcher toute tentative de division dans les rangs de Bennoo Siggil Senegaal de la part des Sopistes et de tous détracteurs de l’unité des forces politiques responsables ». 
Nettali : Jeudi 2 Avr 2009 
POUR PRESERVER LES VALEURS DU SENEGAL : Le Cardinal Sarr interpelle la classe politique  
NETTALI. NET- C’est dans sa résidence, « Les Badamiers », que le chef de l’Eglise catholique sénégalaise, Monseigneur Théodore Cardinal Adrien Sarr, a reçu, mercredi, une délégation de l’Assemblée nationale du Sénégal conduite par son président Mamadou Seck. Ce dernier effectue des visites auprès des autorités religieuses depuis quelques temps. 
Ainsi, après les familles maraboutiques dont Touba, Tivaouane et Ndiassane, Mamadou Seck a profité de la proximité de la fête pascale pour rendre une visite de courtoisie au chef de l’Eglise sénégalaise. Et l’occasion a été saisie par le Cardinal Sarr pour inviter la classe politique à œuvrer pour la préservation des « richesses précieuses » du Sénégal. Selon lui, ces richesses que les Sénégalais ont bâties sont, entre autres, la démocratie, la laïcité, la convivialité religieuse, la reconnaissance par l’Etat des communautés religieuses. Des richesses qui, selon lui, doivent être renforcées pour être transmises aux prochaines générations. 
Pour sa part, Mamadou Seck a salué la bonne santé de la démocratie sénégalaise. Ce qui s’est encore manifesté, à l’en croire, le 22 mars 2009 avec les élections locales qui ont consacré la victoire de l’opposition dans l’essentiel des grandes villes du pays. 
Auteur: Nettali  
L’OBSERVATEUR : 
SITUATION ECONOMIQUE DU SENEGAL EN 2009 L’Union européenne prédit le pire pour le Sénégal 
 
Article Par JEAN-PIERRE MANE ,  
Paru le Jeudi 2 Avr 2009 
 
Ce n’est pas demain la veille le règlement de la crise économique et financière. Le pire reste à venir en 2009, prévient l’Union européenne, non sans appeler les pouvoirs publics à éviter les «dérapages et autres gaspillages».  
L’année 2008 a été difficile, et malheureusement, tout indique que 2009 le sera aussi, a prévenu, hier, Gilles Hervio, chef de la Délégation de la Commission européenne au Sénégal. «La crise financière et économique touche de plein fouet les économies du monde entier et, en premier lieu, celles qui étaient les plus puissantes», indique M. Hervio. L’impact sur les pays en développement sera indéniablement important, demandant certainement une rigueur accrue tant au niveau international qu’à l’intérieur des pays, prévient encore le chef de la Délégation de la Commission européenne au Sénégal. Le minimum que nous devions faire, c’est de continuer, voire d’améliorer encore l’efficacité dans la mise en œuvre de nos appuis, a notamment dit M. Hervio. Interpellé sur la situation économique du Sénégal, M. Hervio a, en marge de la Revue annuelle conjointe du Programme de coopération entre le Sénégal et la Commission européenne, conseillé à l’Etat du Sénégal de faire de la bonne gouvernance économique son credo. «Il faut éviter les gaspillages et les dérapages de toutes sortes», recommande-t-il. «L’année 2008 a été, sur le plan international comme sur le plan national, une année très difficile. Les crises énergétique, alimentaire et le début de la crise financière ont frappé de plein fouet les populations du Sénégal. Vous le savez mieux que quiconque, ces crises, aggravées par des erreurs de gestion, ont abouti à une situation budgétaire très difficile, à des arriérés de paiements importants qui nous ont amenés à nous rencontrer souvent au cours de cette période», rappelle encore le Représentant. Pour aider les populations sénégalaises à atténuer les effets de la crise, M. Hervio a annoncé que l’Ue va augmenter d’environ 4 milliards de francs Cfa ses ressources réservées au Sénégal et une enveloppe de 9,5 milliards de nos francs affectée, pour l’essentiel, au Programme alimentaire mondial pour assister les groupes vulnérables en zones urbaines et rurales. Pour sa part, le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances a indiqué que la croissance économique du Sénégal pourrait chuter à 4% en 2009 du fait de la situation économique et financière désastreuse en 2008. Revenant sur la dette intérieure, Abdoulaye Diop rassure que celle-ci est globalement apurée. Seulement, souligne-t-il, «il y a des reliquats liés aux dépenses extrabudgétaires. Ces dépenses sont en train d’être auditées par un expert indépendant sélectionné après un appel d’offres. Nous verrons ce qu’on peut faire après les résultats d’audit», a-t-il dit en substance. L’argentier de l’Etat a répété que le Sénégal subit le contrecoup de la crise. Toutefois, dément-il, il n’y a pas de baisse de transfert des émigrés contrairement à ce qu’on a fait croire. «Au contraire, se réjouit le ministre, «il y a même une augmentation des transferts». Par quelle magie ? «C’est un phénomène que nous n’expliquons pas. Mais, nous essayerons d’en trouver les raisons», a dit le ministre.  
GUEST EDITO : REVANCHE DES «CASTES» La révolution aura-t-elle lieu ? 
 
Article Par Mamoudou Ibra KANE, Directeur de la radio RFM,  
Paru le Jeudi 2 Avr 2009 
 
Qui d’entre nous n’a pas subi un jour cette remontrance d’un parent : «Celui-là, ne le fréquente surtout pas, on n’est pas de même condition.» Une sentence déclamée avec aplomb et qui tombe comme couperet pour dire que tel ou telle est «casté(e)» et qu’un tel autre ou qu’une telle autre est «gueer». Et le gueer, c’est-à-dire le « noble », à qui on a toujours fait croire qu’il était de condition supérieure, de voir le monde en noir et blanc. De le regarder de haut. Avec condescendance parce que convaincue qu’il est d’une ascendance supérieure. Le «casté», quant à lui, à qui des parents, résignés (?), ont indiqué leur «place», de se plier à une règle injuste, voire inhumaine. Que d’amours interdites ! Que de ménages brisés ! Que d’amitiés gâchées ! Que de bonds démocratiques différés ! Au nom d’une prétendue inégalité digne de l’époque révolue de la servilité, mais défiant ce merveilleux principe décliné dans l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 : «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.»  
Pourtant, au Sénégal, les citoyens des Quatre Communes, du temps de la colonisation (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis), n’ont pas envoyé leurs Cahiers de doléances à la Révolution française de 1789. Une Révolution qui a donner naissance à la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Combien de fois, comme une rengaine, n’a-t-on entendu que tel est un «doomou sokhna» ? Comme si nous ne le sommes pas tous au sens où cette expression wolof -traduction littérale- signifie «l’enfant de sa mère». De cette mère, dans toute sa grandeur et toute sa noblesse. Combien de fois, dans nos mosquées ou dans d’autres lieux de culte, a-t-on refusé l’Imamat ou de façon plus pernicieuse la direction de l’office à homme parce qu’il serait «casté», comme si le contraire était une obligation dirimante ? Et certains bigots, à l’érudition douteuse, de prétendre puiser leurs arguments contestables dans le Coran ou dans les Hadiths. Ô Seigneur, pardonne-leur leurs péchés !  
De notre démocratie, parlons-en. Pourra-t-on continuer à nous en réclamer quand nos choix politiques sont déterminés en fonction de ce que celui-ci ou celui-là est gueer, guéwel, teugg, wuudé, laobé, jaam ou thiouballo ? Non. Il est temps que ces réalités d’hier encore têtues, faites de stigmatisations sur la naissance, cèdent la place à des réalités d’un monde moderne de compétition. «Teugg dawoul mba diplômes yi lako tonnto» (La forge n’a pas été désertée, nos diplômes l’ont remplacée). La science et la compétence ne sont donc, désormais, que les seuls critères de sélection. Même si, encore aujourd’hui, dans le secret de l’isoloir, les jours d’élection, c’est-à-dire de choix, beaucoup de nos compatriotes commettent encore le péché d’orgueil en ne votant que pour le seul qu’il croit être de «bonne» naissance. Ailleurs et en d’autres temps, on a connu le suffrage censitaire, ce droit de vote conféré aux seuls qui versaient l’impôt. Ici, on n’est pas loin d’un suffrage universel limité par des croyances d’une autre époque. Limité aussi, et c’est le plus grave, par un blocage psychologique qui affecte bon nombre de Sénégalais. Mais ce blocage psychologique ne concerne pas que ceux qui votent. Il frappe de plein fouet également ceux qu’on dit «castés» tant ils donnent l’impression de se contenter des seconds rôles. Et quand ils bataillent pour accéder aux premières loges, le comble est double. Se convaincre eux-mêmes qu’ils en sont capables d’y arriver. Sans trop y croire. Ce complexe de la naissance, appelons-le ainsi, s’est observé dans l’histoire récente de notre pays. Ce n’est pas un hasard si de Senghor à Wade en passant par Diouf, les trois hommes, qui se sont succédé à la tête de notre Etat, ont tous, peu ou prou, cherché à convaincre leurs concitoyens qu’ils étaient chacun de sang royal. Autrement dit, de cette noblesse qui leur confère les habits de prince, donc le droit de diriger sans que personne ne trouve à redire. Dans le cas précis de leur ascendance. La cantatrice Yandé Codou Sène a chanté le Madd en faisant allusion à Léopold Sédar Senghor. L’arbre généalogique de Abdou Diouf le rattache à Alboury Ndiaye, le roi du Dioloff. Et Abdoulaye Wade descendant du roi Bagne Wade.  
Il y a lieu de se demander si nos présidents successifs n’ont pas surfé sur leur prétendue noblesse pour maintenir certains de leurs collaborateurs, pourtant promus à un bel avenir politique -suivez notre regard- dans la situation d’éternels seconds. Combien de fois, toute tarfufferie mise à part, ne nous sommes-nous pas chuchoté, que si tel ou tel en est resté là, c’est parce qu’il est d’une caste qui ne lui permet pas d’être au sommet. D’aspirer à être lui-même le roi ou, s’il en avait l’ambition, de n’avoir aucune chance de la réaliser.  
Sur la question des castes au Sénégal, et particulièrement sur la discrimination qui frappe ceux considérés comme étant des «castés», le psychologue Mamadou Mbodji écrit : «Qu’ils aient réussi dans leur vie professionnelle ou qu’ils aient tout raté, qu’ils aient de dons artistiques ou d’énormes aptitudes intellectuelles ou autres, ou qu’ils ne fassent rien de leur vie, qu’ils soient beaux ou laids, intelligents ou non, sincères ou pas, cupides ou désintéressés, généreux ou avares, entreprenants ou tire-aux-flancs, performants ou perdants, honnêtes ou crapuleux, en bref, quoi qu’ils puissent être, l’on dira toujours et systématiquement que c’est parce qu’ils sont «castés».» Ce sont pourtant, relève Mbodji, des Sénégalais, sérère, lébou, toucouleur, bambara, ouolof, soninké, mandingue, peulh. Il est important de noter que chez les diolas (ils ne sont pas sur la liste de Mbodji) et chez certains sérères, on ne connaît pas ces problèmes de castes à cause de la forme d’organisation égalitaire qui les caractérise.  
Et Mamadou Mbodji de se poser la question : Pourquoi s’obstine-t-on à penser qu’un teugg, guéwel, wuudé, laobé ou maabo ne pourra jamais être élu à la magistrature suprême au risque de voir le pays lui-même être maudit des dieux et des divinités et frappé de toutes les calamités ? Sa réponse ne fait pas que des heureux, mais elle nourrit des espoirs : «S’il faut encore parler de caste, c’est qu’alors tous les Sénégalais sont, sans exception, des gens de castes. Ils sont gueer, guéwel, wuudé, laobé, teugg et maabo, à la fois.»  
La photographie de la classe politique sénégalaise actuelle, et surtout au regard des prétendants au fauteuil présidentiel du moment, nous fonde à croire que la société sénégalaise n’est pas loin de faire sa Révolution, devant mettre fin à la dictature de la «bonne» naissance.  
Alors, nous disons avec le politologue Abdoul Aziz Diop : «Nous avons choisi la République !»  
 
AUDIT DE LA DETTE INTÉRIEURE DU SÉNÉGAL L’Inspection générale d’Etat à pied d'oeuvre 
 
Article Par LA REDACTION,  
Paru le Mercredi 1 Avr 2009 
 
Audit  
On avait annoncé à grandes pompes l’audit de la dette intérieure du Sénégal. Mais bien curieusement, on n’en parle plus. Et pourtant des actes sont bel et bien posés tous les jours. L’Inspection générale d’Etat a presque bouclé son enquête au niveau des différents ministères alors que l’appel d’offres international a permis de choisir un cabinet privé pour…faire le même travail que l’Ige. Bizarre quand même ! Mais enfin, retenons, en attendant d’en savoir plus, que c’est le cabinet Mamina Camara dont le siège se trouve au centre-ville, à deux jets de pierre du ministère de l’Intérieur, qui est « l’heureux élu ». Il aura la lourde tâche de « ré-auditer », la dette intérieure et le dépassement budgétaire de 109 milliards Cfa.  
Audit (bis)  
D’autres cabinets qui avaient un bon profil ont été écartés ; Mamina Camara étant, nous dit-on, de sources proches des bailleurs, le moins disant. Espérons que moins disant ne signifie pas…moins compétent. En tout cas, du côté du Fonds monétaire international (Fmi), on a donné des instructions au cabinet privé d’audit de prendre d’abord connaissance du travail effectué par l’Ige et de s’en servir comme base de travail. Soupçonne-t-on quelque chose ? Yalla rek a xam ! 
L’énigme chez les politiciens sénégalais est qu’ils sont comme les sophistes de l’antiquité grecque : pour eux, «parler, c’est moins parler de, que parler à». Pour un politicien, l’essentiel n’est pas de dire la vérité ni même d’avoir un vrai sujet de discussion, ce qui importe c’est de faire semblant de parler à ses concitoyens en leur tenant un langage qui, parce que précisément il ne porte sur rien de précis ni de concret, n’offre aucune possibilité de contrôle et de contestation. Au lieu de parler pour que les citoyens comprennent, ils parlent justement pour qu’ils ne comprennent rien à leurs intentions profondes. L‘objet et le statut du débat sont donc moins importants que les interlocuteurs qu’on cherche à transformer, tout juste en dépotoirs d’ordures politiques et intellectuelles. Sinon, comment comprendre que les mêmes politiciens qui, parce que le suffrage universel des Sénégalais leur a été défavorable en 2007, avaient traité ces derniers de «bétail électoral» ou avaient simplement évoqué des fraudes pour justifier leur défaite, se permettent en 2009 de «féliciter le peuple sénégalais pour sa maturité démocratique» ? Comment peut-on rejeter, hier, le verdict des urnes en arguant d’une déficience et d’une non-fiabilité du fichier électoral, et venir aujourd’hui parader après une victoire obtenue sur la base du même fichier ? Pourquoi le message simple et précis sur la nécessité de l’unité que le peuple a envoyé à l’opposition devrait être moins important que les hallucinations politiques des uns et des autres ? 
Au regard des manquements et des dérives auxquels le régime libéral nous a habitué, la défaite aurait dû et aurait pu être plus cinglante si, les différents protagonistes savaient être à la hauteur des exigences démocratiques du peuple sénégalais. Malheureusement, tout porte à croire que le message que les citoyens envoient régulièrement aux politiciens n’est jamais suffisamment et correctement décrypté. Le message est simple, précis et sans ambiguïté aucune : aucun opposant à lui seul ne peut déboulonner le régime de Wade, et aucun leader de l’opposition actuelle ne peut, à défaut d’un consensus ou d’un compromis, s’imposer comme tête de file de cette opposition. Les victorieux des Locales sont les premiers à le reconnaître implicitement car ils disent en chœur que les Sénégalais ont, à travers ces Locales, sanctionné la gestion de Wade. Or, sanctionner la gestion de Wade ce n’est guère plébisciter une opposition, ni même voter pour elle parce qu’on est suffisamment convaincu de ses arguments, ou qu’on adhère à son mystérieux projet de gouvernance. Toute démarche jubilatoire pourrait donc relever de l’absurdité et de la contradiction manifeste. Si malgré sa synergie électorale exigée par le peuple, l’opposition peine à remporter largement les Locales, il ya lieu pour elle de se demander ce qui serait arrivé sans cette synergie ? Le régime de Wade a été humilié, mais cette humiliation est amortie par le fait qu’il la partage avec sa propre opposition : les prétentions des membres de cette dernière n’avaient d’autre fondement que leur ignorance coupable des mécanismes par lesquels, les Sénégalais motivent leur choix électoral. Le fait que, ce que l’on appelle abusivement la famille libérale soit encore majoritaire dans le pays est un très mauvais signe pour une opposition qui, au-delà de 2012 devra consacrer le déclin de la majeure partie de ses têtes d’affiche. C’est un mauvais signe parce que, le destin de la scène politique est visiblement encore entre les mains de cette famille libérale et de son chef : puisque l’impossible est un mot exempt du lexique politique, les combinaisons qui s’offrent à cette pseudo-famille libérale sont plus fécondes que les choix qui s’offrent à l’opposition. Cette famille, comme l’opposition, est affaiblie et handicapée par des querelles d’ambitions personnelles davantage que par des divergences de stratégies politiques et économiques. Sous ce rapport, c’est absolument inadmissible dans l’espace de synergie de l’opposition que certains partis, parmi les plus significatifs de celle-ci scellent un accord sous forme de liste commune avec un parti comme Rewmi dont la fusion dans le Pds n’est qu’une affaire d’opportunité. Comment peut-on combattre le Pds et s’allier à Rewmi dans un tel combat ? Qu’est ce qui différencie Wade de Idy sinon que le premier est plus vieux que le second ? Wade et Idy ont les mêmes pratiques, la même gestion de leur parti ; la même morale, la même conception de la politique ; de sorte que remplacer l’un par l’autre n’est nullement un progrès, c’est faire du sur-place voire du recul. Même s’il faut rester 20 ans dans l’opposition, une telle alliance devrait être évitée car elle ne fait que convaincre les citoyens que, ce qui motive les politiciens ce sont seulement leurs intérêts personnels. Wade et Idy prétendent avoir des différends financiers en plus de leur différend politique : c’est ce qui nous fait penser que, le principal cheval de bataille de l’opposition devrait se faire autour de la nécessaire lumière sur ce scandale que les deux hommes dissimulent sous forme d’accusations réciproques. L’argument du réalisme politique ne tient pas ici car, le véritable réalisme voudrait que l’opposition évalue localement son véritable poids dans la perspective de 2012 étant entendu que, Thiès est considéré par Idy comme sa base arrière (imprenable, telle une forteresse) dans sa folle conquête du Pds et du pouvoir. Il suffit de lire la carte des résultats de ces Locales pour mesurer le chemin qui reste à l’opposition et pour comprendre l’étendue de l’arnaque libérale : Ziguinchor, Fatick et Thiès sont remportées par des individualités de la famille libérale, tandis que Saint-Louis, Louga, Dakar, etc. sont remportées par l’opposition alliée à certains membres de la famille libérale ! Les partis qui se sont alliés à Rewmi à Thiès et à Macky à Fatick n’ont rien pesé dans la balance. Idy aurait gagné Thiès sans l’opposition, Macky aurait fait autant à Fatick sans l’opposition : qu’en serait-il de Dakar, de Saint-Louis, de Louga, etc. si les «fils» bannis de Wade n’avaient pas pesé dans la balance ? Abdoulaye Baldé, un membre de la «Génération du concret», a remporté, haut la main, Ziguinchor ! Qui est assez dupe pour ne pas voir que Wade saura faire une lecture éminemment politicienne de ces résultats et agira de façon encore politicienne en fonction de la lecture qu’il fera de ces données électorales ? Il n’est pas exagéré de penser que ces élections locales étaient pour Wade et pour certains membres de sa famille, une sorte de «primaires» dans la compétition au sujet du contrôle du Pds. En tout état de cause, ces élections donnent à Wade plus de combinaisons possibles et d’opportunités politiques alors que pour l’opposition, si les choses sont déjà si compliquées à l’échelle locale, le jour où l’enjeu national se présentera, les difficultés risquent d’être insurmontables surtout que, des retrouvailles de la famille libérale ne tiennent plus qu’à des calculs et à des intérêts individuels. 
Au regard de toutes ces considérations, il n’est pas exagéré de dire que l’opposition est en train de faire du tort à elle-même et aux citoyens, en usurpant la victoire du peuple sénégalais à chaque fois qu’elle se proclame victorieuse des élections locales. Comme le régime, cette opposition s’est toujours servie des Sénégalais et ceux-ci lui ont bien rendu la monnaie de sa pièce car, cette fois-ci, tout porte à croire que c’est le peuple qui s’est servi de l’opposition pour solder ses comptes avec Wade. Si vraiment le peuple sénégalais avait remarqué la bonne graine nationale, Wade n’aurait jamais pu faire aussi facilement autant de tort aux Sénégalais. En attendant que la solution anti-Wade soit trouvée dans le personnel politique, le peuple s’est vengé des uns et des autres en remettant chacun à sa place. «Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent», disait l’historien Thucydide : il faut savoir que cette sagesse ne s’est jamais autant vérifiée que chez Wade et il ne faut, par conséquent pas, être surpris de le voir demain tresser des couronnes de lauriers à ses fils putatifs dans la perspective d’une manœuvre en vue de conserver son pouvoir.  
 
Alassane K. KITANE - Professeur au Lycée Ahmadou Nadck Seck de Thiès 
SUD QUOTIDIEN : 
ENSEIGNEMENTS D’UN SCRUTIN : Les derniers jours d’un condamné politique  
par , jeudi 2 avril 2009 
« Je préfère un roi qui respecte la Constitution à un président qui la viole ». Victor Hugo, en plus de la littérature, se piquait de politique, et fut un grand combattant de la République contre l’Empire. Abdoulaye Wade, féru du Prince de Machiavel, gagnerait à revisiter Le dernier jour d’un condamné…politique qu’il est. A moins de cela, il risque d’ajouter à la débâcle politique qu’il vient de subir une très peu honorable sortie de scène publique. 
Certainement déçu d’être arrivé au pouvoir à un âge tardif, l’homme que le Sénégal a élu en 2000 n’a eu de cesse de travailler à se faire remplacer par son fils. Il doit son sort actuel peu enviable, sinon pitoyable, à ce projet-là. Toutes les erreurs, tous les comportements coupables et tous les actes condamnables de son régime ont découlé de la tentative de faire prospérer ce scénario de succession. Un sort à ce point pitoyable qu’il faut réécouter l’émission d’Alain Fokka , media d’Afrique d’hier 26 mars, pour se rendre compte de l’idée que l’Afrique se fait de notre pays. 
Au moment de s’engager dans ces élections locales, Abdoulaye Wade avait , en effet, fini d’apparaître comme un récidiviste de la violation de la constitution, un tenant du népotisme. Depuis quelque cinq ans, aucun acte publique majeur n’a été posé qui ne soit inspiré par la volonté d’imposer la succession de Abdoulaye Wade par son fils Karim. Comme s’il devait suffire de lui accoler le patronyme Meissa, de le mettre en position de s’enrichir sa ns risque, de le familiariser avec les palais royaux et de lui coller quelques « nègres » pour l’imposer aux Sénégalais. Ce mépris du peuple procédait de la faute politique. 
Qui enseignait donc qu’en politique les fautes se payent cash ? 
Dans la mémoire fraîche des Sénégalais, retentit encore la fameuse phrase de Wade à l’endroit de Macky Sall : « Tu as commis une faute : celle d’avoir convoqué mon fils ! ». Toute la symbolique du régime d’Abdoulaye Wade est contenue dans cette expression de son rapport patrimonial à l’Etat, le mépris des institutions, la mésestime du peuple et le dédain de la loi. 
Après avoir révoqué son Premier ministre Macky Sall, il est resté plusieurs jours à chercher l’oiseau rare devant accepter la fonction sans le pouvoir désormais entre les mains de son fils conseiller spécial avec une puissance de vice-président de la République. 
Conseiller très, très spécial, le fils du chef de l’Etat a tous les pouvoirs, sans les fonctions synonymes de responsabilité devant la loi. Qui a suggéré à l’Etat de nantir les actions de la Sonatel ? Qui s’occupe indirectement de la privatisation de l’hôtel Méridien ? Qui sillonne donc le monde à bord d’un avion de Dubai Port authority, après avoir évincé Bolloré, qui, au demeurant fait toujours ce travail dévolu à la DPA. Famille et business ! ce serait-là un bon titre de film, sauf que le scénario relève du cauchemar pour les Sénégalais. 
Qui s’occupe de la Senelec, des Ics, de construction de routes, d’aéroports, de plate-forme portuaire, de diplomatie, qui parcourt le monde en jet privé, nomme des directeurs généraux, a la haute main sur les finances du pays…Qui a sabordé Air Sénégal International avec la cherté des tarifs de Dakar Handling Services ? Plus qu’un Premier ministre, Karim a « son » gouvernement ( on dit larbins) à lui, composé non pas de ministres, mais de Directeurs généraux d’agences faisant doublon avec les ministres nominatifs. Cela, en plus de « ses » ministres à lui dans le vrai gouvernement. 
Après avoir écrémé son pouvoir et son parti, Wade ne pouvait espérer faire du beurre, encore moins du fromage, avec le petit lait qui lui reste. Dans une sorte de concurrence de mauvais aloi, le maire de Dakar, Diop de son nom, sans qu’on puisse dire quel est son vrai prénom, parce qu’il est coupable de double identité consécutive à son usurpation de titre, s’accaparait de tout l’espace foncier dans la capitale. Défi à quiconque de trouver un terrain libre à Dakar. Qui avait introduit des machines à sous, les fortune’s club dans les quartiers pauvres de Dakar dont il est chargé de l’administration ? 
Dans de telles conditions, avec Samuel Sarr à la Senelec puis au ministère de l’Energie, Farba Senghor comme ministre d’Air Sénégal et des Insfrastructures, tout était réuni pour exprimer incurie et corruption, inspirant le rejet des populations. N’a-t-on pas lu dans des journaux que le ministre des Finances a été menacé de mort par un individu dont la description ne laissait aucun doute quant à son identité de bodyguard à la présidence devenu riche comme crésus ? 
Dans son tunnel, en route vers le sommet de l’humiliation, Karim Wade s’est mis dans les meilleures conditions de rester scotché aux bas-fonds. La pire aura été de s’accoquiner avec Alassane Ba, qui préfère Hassane pour faire snob. Enfant, celui-ci dédaignait ceux de son village de Boïnadji et ne s’accompagnait que des fils de sous-préfet. C’est dire que le complexe qu’il traîne date de longtemps. C’est dans ce patelin qu’il a accompagné Karim Wade avec une flotte de quatre avions pour s’y faire écraser comme des poux sous les roues d’une 8X8 conduite par un calot bleu devenu officier de police. 
Quatre avions ! Sûr que s’il s’était agi d’une campagne présidentielle, il aurait mobilisé toute la flotte émiratie pour les faire atterrir dans les champs des villageois. Qu’est-ce que c’est facile de prétendre s’être fait prêter des avions, et d’être riche par ses anciennes fonctions de junior à la Warburg bank ! Comme si la pirouette suffisait à absoudre le méfait. En contrepartie de quoi donc, ce prêt ? 
Que Hassane Ba songe aujourd’hui à se rapprocher de ses parents, après s’être déculotté à la télévision, pour tirer des lauriers à Idrissa Seck, voilà qui renseigne à suffisance sur l’individu. Aller battre campagne par avion, dans son village pour apeurer le maigre cheptel, village où il ne participe à aucune action de bienfaisance, calomnier ses parents émigrés en les présentant comme des blanchisseurs d’argent, tenter de couler les cadres de la localité…Un tel comportement à l’échelle de son patelin comme dans tout le pays ne pouvait que conduire à la déculottée de son mentor. 
Celui-là, Karim Wade de son nom, a prouvé son incompétence et son manque de discernement rien qu’en se laissant berner si facilement. De quelle connaissance pourrait donc se prévaloir Hassane BA pour fournir des analyses pertinentes à Wade et son fils ? 
Après de brillantes études sanctionnées …par un Bepc, le moniteur d’enseignement primaire a intégré la Croix rouge, en rétribution de sa traduction en pulaar des discours d’une tournée du Président Diouf. Ce qui le conduira plus tard au siège du CICR, dans un rôle sans relief, à Genève où il n’a pas laissé la meilleure réputation. 
Champion de l’intrigue, du mensonge et de la calomnie, sa stratégie a toujours consisté à faire le vide autour de celui qu’il sert. Il prétend s’être « trompé » sur quelques cas : l’honnêteté commande qu’il avoue avoir trompé son monde tout le temps et en tout. Il prétend avoir battu campagne seulement à Thiès et Fatick : pour les résultats produits, heureusement pour Baldé qu’il n’a pas battu campagne à Ziguinchor. Et malheureusement pour les subsides de son mentor. 
• Abdoul Kane DIALLO  
• Senior Executive  
• BNPS Consulting  
• Bp 23534  
• Dakar Etoile  
• dialo.dieri@gmail.com 
• ELECTIONS LOCALES ET FIERTE D’ÊTRE SENEGALAIS  
• par , jeudi 2 avril 2009 
Les lampions ne s’éteindront pas de si tôt sur les élections locales du 22 mars 2009. Beaucoup d’encre et de salive couleront encore longtemps à leur sujet. Il me semble cependant nécessaire, pour une fois, au-delà des empoignades et des rodomontades, des satisfecit et mea culpa, d’instaurer un débat politique de haute facture autour des leçons fondamentales à tirer de ce qui s’est passé en amont et en aval du 22 mars. Leçons partagées par toute la classe politique et la société civile toute entière de façon qu’une bonne foi pour toute, il soit ancré dans nos têtes à tous, que le Sénégal n’est pas une ‘petite démocratie’ ni une république banania. 
Un consensus fort, établi autour de cette Idée force, nous installerait indiscutablement sur le véritable terrain qui aurait dû être le nôtre depuis le 19 mars 2000 et qui, hélas, pour des raisons diverses, tarde à être investi : le terrain du débat d’idées, âpre à souhait si nécessaire, mais républicain et porteur de progrès et de mieux être pour les Sénégalais. Un tel consensus devrait, à mon sens, se construire autour des trois thèses suivantes : 
Premièrement : Depuis 1998, avec l’avènement de l’Observatoire national des élections (ONEL), suite à la réforme en profondeur du système électoral et des procédures y afférentes, toutes les élections qui se sont déroulées dans le pays ont été, pour l’essentiel, des élections transparentes et honnêtes. 
Les acteurs politiques d’aujourd’hui, témoins des élections locales de novembre 1996 se souviennent que, de mémoire de Sénégalais, jamais élections n’ont été aussi calamiteuses en termes d’organisation. Des bulletins de certaines listes ont été absents de plusieurs centaines de bureaux de vote pendant une bonne partie de la journée du 24 novembre 1996 jour du scrutin. Certaines listes ont vu leurs bulletins présentés sous quatre couleurs différentes dans les bureaux de vote. Au cœur de la capitale du pays, à Dakar, aux parcelles assainies précisément, des bulletins de vote déposés à deux heures du matin ont disparu à l’heure du scrutin, amenant l’administration à convoquer à nouveau le collège électoral des parcelles assainies le mercredi suivant. Et de multiples autres anomalies tout aussi inadmissibles. Le Président Diouf en a été fortement secoué et l’a clairement exprimé dans son discours du Nouvel an le 31 décembre 1996. 
L’Opposition de l’époque n’avait pas attendu longtemps pour se regrouper autour du ‘Collectif des 19’ (du nom des 19 partis politiques qui l’ont constitué) pour réclamer désormais une CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) pour organiser les élections au Sénégal. Après d’âpres batailles et l’entregent de l’actuel Président de la République, alors Ministre d’Etat de Diouf, ce dernier coupa la poire en deux : Pas de CENI comme le voulait l’Opposition mais pas de statut quo non plus. On institua donc l’ONEL (Observatoire national des élections) chargé de superviser les élections dont l’organisation restait entre les mains du Ministre de l’intérieur. 
Cette institution était présente à toutes les étapes du processus, son absence entraînant ipso facto l’invalidation des opérations incriminées. C’est précisément cette institution que fut l’ONEL qui supervisa les deux tours de l’élection présidentielle de février et mars 2000 que personne n’a contestée. 
C’est dans ce nouvel environnement également que le référendum constitutionnel du 7 janvier 2001 a été organisé avec des résultats qui n’ont pas été contestés. Il en a été de même des élections législatives du 29 avril 2001 et des locales du 12 mai 2002. 
Ce n’est qu’à l’approche de la présidentielle de 2007 que, subitement, le thème de la non fiabilité du fichier électoral est revenu sur la table de la classe politique. Un audit commis par l’Opposition avait pourtant conclu en substance ceci : « On ne peut pas dire que le fichier électoral n’est pas fiable ». Il n’empêche qu’à l’issue du scrutin, une contestation des résultats s’est élevée sans que des arguments probants aient été produits. 
A l’approche des élections locales du 22 mars dernier, un audit du fichier a de nouveau été mené. Tandis que le ministère de l’intérieur publiait un rapport qui confirmait la fiabilité du fichier électoral, les représentants de l’Opposition déclarèrent qu’ils réservaient la primeur de leurs conclusions à leurs mandants. Depuis lors, silence radio, si je ne m’abuse, sur ces fameuses conclusions. Je présume que si les résultats étaient accablants en termes de non fiabilité, l’opinion publique nationale et internationale en aurait été largement et rapidement informée. Il aurait été tellement plus élégant et plus sécurisant pour la suite du processus de dire les choses telles qu’elles sont ! 
Deuxièmement : Au cours de son Histoire politique, le peuple Sénégalais s’est forgé une maturité démocratique qui semble résister aux aléas politiques et politiciens. 
Nombre de nos compatriotes et d’étrangers vivant parmi nous se sont montrés préoccupés des lendemains de scrutin en écoutant les discours aux accents guerriers tonner sur les ondes des radios. Mamadou Ibra Kâne, m’ayant invité dans son émission Grand Jury le 22 février 2009, me posa abruptement cette question à laquelle je répondis sans hésitation en substance : « Mamadou, je vous donne rendez-vous au lendemain du 22 mars 09 ; il ne se passera rien d’anormal en terme d’insécurité ou de menaces sur les personnes ou les biens ». Et effectivement, les électeurs qui ont souhaité se rendre aux urnes l’ont fait dans le calme et la tranquillité. Ils ont voté et s’en sont retournés à leurs occupations, sans tambours ni trompettes. N’est-ce pas ce que l’on fait dans les pays réputés de grande démocratie ? 
Troisièmement : La classe politique Sénégalaise a aussi montré au cours de son parcours historique que, le tout globalement considéré, elle a toujours su jusqu’où ne fallait-il pas aller trop loin pour éviter l’irréparable. Après les rodomontades et les empoignades, l’on a observé qu’au lendemain des élections, l’écrasante majorité des leaders qui ont perdu leur fief, ont accepté leur défaite même s’ils ont estimé devoir en expliquer les causes. Personne n’a essayé d’utiliser des voies hors normes pour changer la donne sortie des urnes. Ceux qui estimaient avoir été injustement frustrés de la victoire ont fait leurs recours et les choses suivent leur cours devant les juridictions compétentes. 
En 1993 déjà, même sans l’ONEL, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) avait remporté Dakar sous le règne du parti socialiste. Il s’agissait là d’un tsunami politique sans précédent mais les tenants du pouvoir à l’époque, n’ont pas songé utiliser des voies détournées pour changer la donne. Il en a été de même le soir du 19 mars 2000 lorsqu’il est apparu au Président Diouf que son concurrent Abdoulaye Wade avait remporté le scrutin. Il l’appela pour le féliciter en toute simplicité et humilité. 
Résumons : Un système électoral et des procédures globalement fiables, produisant des élections dont les résultats ne sont pas sérieusement contestables, un peuple doté d’une maturité démocratique remarquable et des dirigeants politiques toutes obédiences politiques confondues tout aussi capables d’être à la hauteur des exigences du moment. N’est-ce pas cela le trait distinctif des nations réputées démocratiques ? 
C’est aussi, me semble – t –il, tout le sens de ce propos du Président de la République rapporté par le Premier Ministre au conseil des ministres du jeudi 26 mars 2009 et repris dans le communiqué du dit conseil ; je cite : « Il a fait part au Conseil que la veille du déroulement du scrutin, le Président de la République lui avait réitéré ses instructions en ces mots : « Nous n’accepterons pas qu’un seul soupçon de non transparence et de non régularité pèse sur le Gouvernement ». Fin de citation. 
Non seulement il n’y a pas eu de soupçon de non transparence et de non régularité pesant sur le gouvernement, mais, comme nous l’avons vu plus haut, même les dirigeants qui ont perdu, de quelque bord qu’ils se situent, se sont montrés à la hauteur. 
Pourquoi ne devrions-nous pas, dès lors, capitaliser fièrement sur cela, dans un contexte africain et sous régional des plus maussades, pour dire le moins, en termes de stabilité politique et de transparence électorale ? Pourquoi devrions-nous continuer à nous auto flageller, nous échiner à prouver, contre tout bon sens et contre la réalité du terrain, que nous sommes une petite démocratie (si cela existe) et une république banania ? Cela est absolument injuste et doit être dénoncé comme la Radho vient de la faire. 
Tournons, une bonne fois pour toute la page du fichier électoral qui serait lesté d’opacité, avec une boîte noire et je ne sais quelle main invisible ! Bien entendu ceci n’exclut pas du tout le contrôle que la loi reconnaît explicitement aux partis mais cela évacuera, à tout le moins, les suspicions inutiles et dangereuses qui sont toujours alimentées à la veille d’élections. Cette première dimension des locales du 22 mars me paraît si importante qu’elle mériterait qu’un livre lui soit consacré car nous n’avons rien à envier à qui que ce soit désormais et surtout n’avons de leçon à recevoir de qui que ce soit. 
Le taux d’abstention 
Passons à présent sur une brève analyse du résultat pour nous arrêter d’abord et avant tout, sur l’important taux d’abstention noté dimanche 22 mars 2009 à l’échelle de tout le pays. Ce taux qui avait été utilisé en juin 2007 pour tirer des conclusions qui laissaient beaucoup à désirer. Ici, il s’agit d’élections locales, donc de proximité ; des élections qui devraient entraîner le plus grand nombre de citoyens à s’intéresser à la chose électorale et à aller voter. Il n’en a rien été. Pourtant, tous ceux qui avaient boycotté le scrutin de juin 2007 ont pris part à celui-ci, en sus de larges secteurs de la société civile qui sont venus s’y ajouter en présentant des listes. Tout cela n’a pas empêché le taux d’abstention de rester élevé. Il s’en suit que nous avons tous beaucoup de pain sur la planche en matière de réflexion et d’élaboration sur le rapport des larges masses de notre peuple à la chose politique. Des réflexions qui nous éloigneraient sûrement des schémas simplistes, destinés juste à badigeonner l’adversaire. 
Quand aux résultats des uns et des autres, la formule d’un intervenant sur RFI semble bien résumer la situation. L’Opposition opère une percée mais le pouvoir reste majoritaire. Lorsqu’on insiste sur un aspect en ignorant l’autre, on commet une erreur d’analyse qui peut mener à la déroute demain. 
Le fameux dicton selon lequel l’Opposition unit et le pouvoir (y compris local) divise, est plus que jamais vrai. L’unité et la cohésion dans les rangs de la Majorité présidentielle n’aurait laissé aucune chance à l’Opposition ; mais celle-ci a réussi à construire, dans la douleur certes mais avec détermination, une unité électorale au cours de ces élections locales tandis que du côté de la majorité, l’on a eu le sentiment que le champ politique était un vaste désert d’où l’opposition était totalement absente. L’on a pensé que même en s’affaiblissant mutuellement, le ‘vainqueur’ resterait quand même plus fort que ceux d’en face ; il n’en a rien été. 
Lorsque nous étions dans l’*Opposition, le salon du Secrétaire Général national du PDS au Point E était notre quartier général et notre grand place pendant près de 16 mois d’affilée. Nous y passions plus de temps que dans nos foyers respectifs et nous y discutions de tous les sujets politiques, mineurs comme majeurs. Nous y élaborions stratégies et tactiques. Aujourd’hui, les responsabilités étatiques servent de bonne couverture pour s’éloigner des joutes politiques et du débat interne contradictoire tandis que de l’autre côté, le salon de Amath Dansokho tient lieu de véritable quartier général où les uns et les autres se frottent, se connaissent et s’apprécient, bref tissent des solidarités affectives et actives. 
Il nous faut revenir, si cela est encore possible, à ce qui faisait la force du Mouvement qui a produit le 19 mars 2000 et le 25 février 2007. La proximité avec les populations, partager leurs préoccupations et se mobiliser autour. Pratiquer la vérité et non le mensonge, ne pas tramer intrigues et complots. 
Notre parti AJ/Pads se devra de produire à l’interne et au sein de la coalition, des positions et des propositions en profondeur, allant dans le sens d’une prise en compte théorique et pratique des enseignements fondamentaux du scrutin du 22 mars 09 pour en inférer, encore une fois, un nouveau rapport à la politique. 
C’est à ce prix que nous garderons la confiance et le soutien de ce peuple Sénégalais, admirable à tous égards. 
Ce 31 mars 2009 
• Mamadou Diop « Decroix »  
• (Secrétaire Général Adjoint AJ /Pads) 
WALF FADJRI : 
A moi, Maître, deux mots ! 
 
 
Je veux d’emblée vous rassurer : il ne s’agit pas ici d’ajouter à vos malheurs ! Depuis la consultation électorale locale du 22 mars dernier, désormais entrée dans la postérité, vous ne devez pas dormir en toute sérénité tant vos soucis doivent être multiples et presque insurmontables. Comme un château de cartes, vos rêves sont brisés.  
En vous ramenant sur terre par leur vote-sanction, les Sénégalais vous invitent à prendre votre courage à deux mains, dans un moment d’ultime lucidité, pour décoder la leçon républicaine qu’ils vous ont infligée. Cela suppose que vous compreniez définitivement ce que signifie leur Non sans équivoque. Il s’applique d’abord au projet monarchique que beaucoup vous prêtaient depuis maintenant quelques années. Votre méthode de gestion du pays est aussi mise à l’index. Comme le sont les comportements et actes imputables à une faune d’individus qui, ces dernières années, ont fleuri, si l’on ose dire, sous votre aisselle, en se sentant protégés au point de multiplier toutes sortes d’activités aux antipodes de l’idéal qui était la raison d’être du changement qualitatif auquel aspirait le peuple sénégalais au soir de votre victoire présidentielle de l’an 2000…  
Pris dans le tourbillon d’une crise sans précédent, désormais sans repères, mais soucieux de sauver leur âme, les Sénégalais, en dépit des déboires qu’ils vivent du fait de politiques iniques et brouillonnes à votre passif, n’en ont pas moins été élégants : ils vous donnent en vérité une dernière chance. Serez-vous apte à faire acte de contrition en reconnaissant que le vote négatif des Sénégalais traduit principalement leur rejet de votre action à la tête de l’Etat du Sénégal ? Il ne sert à rien de pointer du doigt les pauvres bougres, édiles et autres acteurs locaux, flagorneurs en diable, qui ont continué de vous suivre aveuglément, en vous hissant au statut blasphématoire d’unique constante, comme si cela ne relevait pas d’une dimension divine.  
Soyons clairs : les tireurs d’élite que les électeurs sénégalais se sont révélés être, n’ont pas raté leur cible. C’était vous. Ce serait donc une grave erreur de ne lire les résultats électoraux qu’à travers le prisme des dégâts collatéraux qui touchent vos sbires et soutiens politiques. Ceux-là, nul n’en doute, seront d’ailleurs les premiers à fuir votre formation politique. En experts, ayant compris que les vents ont tourné, ils ont déjà sorti leurs boussoles. Ils scrutent le ciel politique pendant qu’il est encore temps pour ne pas sombrer avec un régime aux abois, voire moribond. Mieux vaut commencer à prendre ses distances avec votre formation politique, se disent-ils, conscients qu’ils sont que son sigle s’interprète dorénavant en Parti de la Déroute Sénégalaise. Les transhumants, prédateurs et autres soutiers de la dernière heure ne s’y tromperont pas. Sans foi ni loi, leur seule préoccupation consiste à sauver leur peau. C’est du reste le sens du silence assourdissant de vos laudateurs qui ont déjà, pour la plupart, rangé plumes et porte-plumes. Pas d’éditoriaux au vitriol ou enflammés. Sagesse quand tu nous tiens, il est vrai que les grandes défaites sont muettes. Elles sont orphelines, disait Kennedy…  
Ayant imprudemment bouffé tout son pain blanc, ce qui reste encore du Parti dit démocratique sénégalais doit savoir, s’il a encore des capacités de discernement, qu’il n’a plus qu’à rendre compte et sans doute gorge.  
L’heure de vérité, qui était inéluctable, est arrivée. Son surgissement a été accéléré par le coup de massue électoral dont on peut penser, par ailleurs, qu’il a été un bon électrochoc pour vous-même. Même si, pour ce qui me concerne, je continue de douter de votre capacité à prendre votre courage à deux mains, pour décoder la leçon républicaine magistrale des électeurs. Mon doute se justifie par le fait que, tout au long de votre carrière à la tête de ce pays, vous avez fait montre d’un autisme qui n’a jamais cédé face au déferlement des défis. Déjà la tragédie du Joola, le plus grand naufrage maritime de l’histoire, aurait dû sonner votre réveil, vous faire voir la réalité en face. Il n’en fut rien. Les centaines de victimes enfouies dans les profondeurs de l’Atlantique ont vite été oubliées. La nouba a continué derechef. Recyclés, les protagonistes, j’allais dire les coupables, ont repris du service. Qui au service d’une génération innommable, qui dans les services de l’Etat ou encore dans les institutions africaines.  
C’est comme si, frimeur devant l’Eternel, vous n’aviez de cesse de vous vanter de réalisations qui n’ont pas changé en bien le quotidien des gens. Détaché des réalités, vous avez persisté à vous imaginer que le Sénégal était devenu un pays de Cocagne. Imagination fertile ? Ce surcroît d’imagination vous a fait croire, dans un passé encore récent, que vous pouviez donner aux Sénégalais des machines à mafé. De leur vendre le riz à 60 francs le kilo. De créer une Organisation des pays non exportateurs de pétrole en obtenant des vrais pays producteurs qu’ils vendent au rabais leur or noir aux pays chanceux auxquels le nôtre fait forcément partie. Intégrer le Sénégal au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies était une autre lubie, comme l’étaient vos multiples médiations avortées ou sans suite dans des crises aussi compliquées que celles du Moyen-Orient, du Cachemire ou de l’Iran… Théoricien de la croissance accélérée, vous ne vous êtes même pas rendu compte que le Sénégal avançait plutôt en sens inverse vers une déchéance que, lucides, des millions de Sénégalais, réduits à chercher la queue d’un diable qu’ils ne peuvent même plus apercevoir, vivent, eux, au milieu d’un quotidien de plus en plus… difficile.  
Ne rien voir, ne rien entendre, récuser les brassards rouges, les huées et autres actes ou objets de contestation que vous générez désormais : la stratégie de l’autruche a été la vôtre. Vous ne vous êtes pas rendu compte que la Roche Tarpéienne était si proche du Capitole : l’enfer étant le versant du paradis. Il est maintenant grand ouvert à ceux qui ont péché…  
Est-il déjà trop tard pour que, désormais, vous admettiez enfin que la fuite en avant n’est pas de bon conseil quand on s’engage à assumer les destinées d’une nation en développement ? Rien au fond ne vous oblige à changer de tactique, mais les jets de pierre et le climat pré-révolutionnaire que vos apparitions sur les tréteaux suscitent, sont un avertissement de taille.  
Votre surdité, ce refus pathétique de saisir la gravité de l’heure, ne peut qu’être sources de déconvenues encore plus catastrophiques. Je me refuse de vous conseiller. Cela ne servirait plus à rien. Mais, en revanche, tout citoyen, surtout ceux qui avaient vu venir cette bérézina, ont le devoir de contribuer à la nécessaire redéfinition des orientations pour redonner au Sénégal les rêves qui, sous votre magistère, n’ont pas pu se réaliser, malgré toutes vos promesses mirobolantes.  
Le minimum que nous sollicitons de vous, c’est une capacité d’écoute dont vous ne semblez plus être doté à partir du moment où les urnes, il y a neuf ans, ont donné droit à votre aspiration principale, à savoir la conquête de la magistrature suprême. Mais un espoir, si mince soit-il, me fait penser que vous serez réceptif, c’est votre réaction à la suite de votre récente déroute électorale. Car pour la première fois de la vie, comme nos autres compatriotes, je vous ai entendu accepter une défaite. Tel n’avait jamais été le cas auparavant : depuis que vous êtes en politique, aussi bien quand vous étiez au sein de l’Union progressiste sénégalaise (Ups) que sous la bannière de votre propre formation politique d’opposition, le Parti démocratique sénégalais (Pds), vous avez toujours rejeté les votes qui vous étaient défavorables. Si ma mémoire est bonne, c’est cela la raison qui vous avait poussé à quitter l’Ups, l’ancêtre du Parti socialiste sénégalais.  
Vos multiples appels à la désobéissance civile lors des compétitions électorales contre le régime socialiste sont encore frais dans les mémoires : vous avez toujours aimé la posture du candidat spolié de sa victoire, non sans raison parfois. Mais force est de constater que c’est seulement quand le résultat vous a été véritablement favorable, un certain mars 2000, qu’on vous a vu calme, serein, pour ne pas dire à la fête. Et même prêt à tirer sur tous ceux qui émettaient un quelconque doute sur votre leadership quitte, dans certaines circonstances, à faire appel aux moyens de l’Etat ou à créer des instances spécialisées dans la délation contre les rares téméraires qui osaient souligner vos faux pas…  
Le fait que vous ayez admis votre défaite du 22 mars, est donc la preuve de l’ampleur du tremblement de terre politique qui a dû secouer les certitudes que vous nourrissiez contre toute logique. Certes, le rouge écarlate revendicatif déployé lors de vos passages sur les tréteaux pour défendre les listes présentées par votre régime libéral était déjà une indication de l’état d’esprit des populations. Les internautes sénégalais, eux aussi, dès la célébration, passée sous silence, de l’anniversaire de l’alternance politique, le 19 mars, avaient sorti l’artillerie lourde. Je vous invite à revisiter les textes virulents qu’ils ont produits à cette occasion pour évoquer 9 années de toutes sortes de dérives, de supercherie, de rouerie, de flagornerie, de détournements, de Protocoles douteux et j’en passe. Ce ne sont pas des critiques légères : la gravité de l’heure exige d’en tenir compte.  
Dans un monde entré dans une période de crise sans précédent, de longue mémoire, on ne peut qu’être désolé de constater combien le Sénégal doit faire face, dans l’impréparation totale, aux conséquences qu’elle aura ici. Des infrastructures sociales douces, celles qui forgent les esprits par le développement d’une culture du travail, d’un renforcement des valeurs et des principes lui font cruellement défaut. C’était sur ce front-là, avant tout, que vous étiez attendu. Or, dès votre arrivée, vous avez raté le coche en pensant qu’il fallait faire les yeux doux aux chefs religieux, aux grands électeurs, aux transhumants porteurs de voix. Dans la course échevelée, pour ne pas dire écervelée, vers la mobilisation des votes, vous avez oublié ce dont le pays avait besoin, à savoir la formulation d’un nouveau contrat social fondé sur des normes capables de remettre les Sénégalais au travail, en les incitant par le déploiement d’une méritocratie et la célébration de l’excellence. Politicien, vous avez toujours été ; arrivé au pouvoir, vous n’avez pas fait la transition : les Sénégalais cherchaient un homme d’Etat. Vous leur avez servi des coups souvent tordus, en faisant un usage exagéré de la ruse et de la menace.  
Certains, comprenant votre goût immodéré pour les louanges, même quand ils ne sont pas mérités, vous ont pris à votre propre piège. Sous votre autorité, le Sénégal devint un énorme souk avec des cérémonies de distribution de soukarou kor, des billets pour La Mecque ou encore des accueils à la Kim Il Sung dans les travées de la République.  
Les laudateurs ne pouvaient qu’y trouver leur compte. Ceux du Parti socialiste, défaits, ont vite fait de retrouver les places d’honneur. A tue-tête, ils sont devenus les chantres des tenants du pouvoir dit de l’alternance. Trafiquants de drogue ou petits patrons, sans étoffe, furent hissés aux premières loges, à condition qu’ils s’aplatissent devant la Constante. Des institutions de la nation furent instrumentalisées, la Dic et la justice (petit j), étant des exemples parmi d’autres. Des officines dites de réflexion stratégique, mais sans substance, se posèrent en laboratoires… d’idées. Des écoles d’économie, sans doctrine, ni production crédible, se décrétèrent. Des chasseurs de titres universitaires partirent à la quête d’honneur pour vous pendant que, dans votre propre entourage, des falsificateurs de titres universitaires se positionnèrent : l’un se disait professeur à l’Université de Pittsburg, l’autre ancien Directeur de la communication dans une grande banque continentale, d’autres se présentèrent comme des diplômés de l’Institut français du Pétrole, de Sciences Po, de je ne sais quelle autre grande école américaine…  
On vit des étrangers partir à Taïwan, au nom du Sénégal, pour y collectionner des chèques, dont, au moins l’un atterrit, dit-on, dans un compte à Chypre. Les renseignements généraux devinrent largement des sources de chantage ou de promotion. On apprit que les Fonds politiques pouvaient être utilisés à des fins personnelles, sans crainte. L’organisation d’un sommet de l’Oci, événement banal s’il en est, mobilisa la nation entière, et ses maigres ressources. On se pâma devant les infrastructures réalisées à cette occasion, mais que les contribuables vont devoir continuer de payer jusqu’au moindre centime. Aller dans les capitales religieuses était devenue une stratégie pour brûler les étapes administratives. Les vraies élites furent marginalisées et lorsqu’elles se mirent à tirer la sonnette d’alarme, elles furent pilonnées par des plumitifs gavés avec les deniers publics, n’est-ce pas Professeur Ousseynou Kâne, talentueux intellectuel, dont la mémorable intervention sur la République couchée aurait mérité un meilleur sort que les diatribes qui furent déclenchées à l’encontre de l’auteur ?  
Au chapitre des dérives, on ne peut pas oublier les dépassements budgétaires, les dépenses de souveraineté décidées par un seul homme, la spoliation des terres nationales ou des entreprises d’Etat ou privées, et la destruction des valeurs intangibles, et ce n’est là que la partie immergée de l’iceberg d’une mal-gouvernance qui est loin d’avoir révélé l’étendue de ses dégâts.  
Pendant ce temps, sur le front continental, les projets d’une renaissance africaine finirent par n’être, comme ceux du Sopi interne, qu’une autre bulle politique. Elle a éclaté. Qui parle encore de Nepad, de Mécanisme de la Revue par les pairs ou d’Etats-Unis d’Afrique ?  
Au vrai, dans cette entreprise suicidaire, les coupables ne sont pas seulement à chercher parmi les détenteurs du pouvoir politique. L’opposition nationale, par certaines palinodies, a parfois donné l’impression de ne pas savoir quel était son camp. Ni sa mission. En se refermant sur elle-même, en rêvant d’une restauration qui n’est pas à la dimension des attentes du pays, ses dirigeants n’ont guère encore convaincu de leurs capacités à relever les défis présents et futurs du pays. Mais ils sont mieux lotis que les chefs religieux qui, eux, ont battu en retraite face à leur devoir de dire la vérité. Les diplomates étrangers n’ont pas été, non plus, à la hauteur. Muets face aux dérives, ils ont souvent fermé les yeux, sans même mettre en garde les dirigeants de leurs pays quand ils ont fait la ronde, se rendant du coup incapables de donner de vrais conseils d’amis au Sénégal pour qu’il reste sur le chemin du développement. Des décorations injustifiées sont même à l’actif de certains d’entre eux, au profit d’acteurs publics dont on se demande bien quel a été leur vrai mérite. Et, disons-le, les cérémonies de signature de convention de financement ont également fini par n’être qu’un rituel risible. Chacun sait que la voie du développement ne passe pas par là…  
Au total, le Sénégal se trouve dans une impasse. Il y a exactement sept ans, jour pour jour, je la voyais venir quand j’adressais ici même une lettre ouverte à Me Abdoulaye Wade. Parce qu’il me semblait qu’il se faisait tard. Il était alors Minuit, à la vue des risques qui s’amoncelaient déjà dans le ciel sénégalais. Il fait maintenant jour. Un jour crû.  
Et seule une révolution pourra transformer le Sénégal. Mais une certitude s’impose : celui qui a longtemps incarné l’aspiration au changement, n’est plus qualifié pour conduire cette mutation profonde. Ni lui, ni les fabricateurs d’illusion qui l’entourent, au seul service de leur auto-promotion ou de leurs poches, ni encore ceux qui, sachant combien la démocratie peut être court-circuitée par l’argent, se sont mis bien au chaud au cours d’une époque dite d’alternance, mais qui a été d’abord celle des enrichissements les plus vertigineux, inexplicables par le mérite ou le travail.  
Une révolution a besoin de révolutionnaires et, d’abord, de leader (s) conceptuel (s). Car il faudra répondre à la question de Lénine. Que faire ? Que Dieu vole au secours de notre cher pays, car il n’est vraiment pas sorti du tunnel, surtout avec cette opposition victorieuse qui, déjà, commence à nous replonger dans les querelles politiciennes n’ayant que trop duré alors que le monde entier, pris à la gorge de la crise planétaire, a choisi de se concentrer sur les priorités urgentes. Dans le maelström que le Sénégal est devenu, je préfère, pour ma part, donner ma langue au chat. Après avoir pris la liberté, Maître, de vous interpeller. Merci d’accorder une attention si minime soit-elle à cette prose. Mais de grâce, gardez votre calme, en acceptant que vous vous êtes suffisamment planté ces dernières années, pour ne plus entrer dans des colères incontrôlables quand un discours ne vous plaît pas. Si vous aviez tenu compte de ce que l’on vous disait, il y a déjà quelques années, vous n’en seriez pas là. Hélas.  
Pour ne pas ajouter à votre malheur, je ne sortirai ni de bouteille de lait ni de champagne pour célébrer le retour à la dure réalité que la sagesse populaire vous commande d’accepter. De force, plus que de gré ! Etre fair-play, dans ces circonstances, est la meilleure attitude à observer, à l’instar de ce que fit votre prédécesseur qui comprit qu’il lui fallait s’effacer lorsqu’il s’était rendu compte que le peuple ne voulait plus de lui. C’était il y a neuf ans. Presque la préhistoire, c’est déjà une autre histoire, un nouveau vent qui se lève sur le Sénégal, prêt à entonner l’un des termes de son hymne : debout… Nous vous écouterons ce soir…Vous n’avez pas le droit à une nouvelle erreur ! Restaurer l’Etat de droit devrait être le premier pas vers la rédemption.  
Adama GAYE adamagaye@hotmail.com  
 

 

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Modifié en dernier lieu le 3.04.2009
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