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quelle pertinenc
l’irresponsabili
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que force reste
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AU -D E L A
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l'ivresse du pou
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23 JUIN 2011
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MENSONGES
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TEST
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L’élection prési
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Abdoulaye Wade :
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candidat consen
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le 23 décembre 2
Violences scolai
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Oui à un « " Ndëpp" national » !

 
 
LEGISLATIVES 2012 : Comment perdre le pouvoir  
Fermez un instant vos yeux. Imaginez Me Abdoulaye Wade réélu en 2012 et qu’une centaine de jours plus tard, l’opposition sorte majoritaire à l’Assemblée nationale. Conséquence : le nouveau Premier ministre sera opposé à la politique du président de la République. Ouvrez les yeux à présent... 
Après avoir programmé la mort du Parti démocratique sénégalais (Pds), il y a un semestre, essayons aujourd’hui de poser la problématique du Pds-L face aux enjeux législatifs de 2012. Notre réflexion n’a pas la prétention de prévoir l’imprévisible. Ni prophétique, ni scientifique, nous nous proposons d’ouvrir dans l’espace public un débat sur une éventualité établie par le chef de l’Etat lui-même, dans les colonnes du quotidien « Le Soleil », en août 2003 : « je souhaite une alternance à l’alternance (...) Si nous décevons les Sénégalais et si nous allons aux élections, le Pds perdra », scénarisait-il. Avec cette déclaration, le chef de file des libéraux a mis sa formation politique dans une bouteille électorale. Il a ouvert l’outre aux vents. 
En vérité, ce n’est pas assez de réélire Me Abdoulaye Wade, le principal est de lui donner une majorité. L’opposition a tout compris. En agitant son « impossible candidature unique », elle fait une fausse ouverture stratégique pour mieux endormir l’adversaire libéral. La Coalition Bennoo ne vise rien d’autre que de rafler la mise à l’Assemblée nationale. Dans le p’tit salon d’Amath Dansokho, lorsqu’elle délibère avec sa propre conscience électorale, elle se voit mieux unie pour les élections législatives que la présidentielle. « Me Wade a l’illusion du pouvoir, nous aurons la réalité du pouvoir ». Telle semble être la division de sa poire électorale en deux. Contrairement aux apparences, les leaders de l’opposition conçoivent des plans réalistes, nouent des alliances systématiques, se disputent, se divisent, se rapprochent, il n’y a presque rien à quoi ils se préparent, sinon à ce qui peut arriver : une cohabitation. 
Depuis une décennie, le Sénégal est dans le schéma classique d’une « alternance parfaite ». 
Dans le système politique actuel, le fond constitutionnel reste parlementaire, mais le mouvement institutionnel est présidentiel : le chef de l’État émane de la même légitimité populaire que l’Assemblée nationale et il est en même temps le (vrai) chef de la majorité parlementaire. 
Sur le plan doctrinal, nous affirmons qu’il n’y a pas une, mais deux Constitutions dans la Charte fondamentale du 22 janvier 2001 : une parlementaire et une autre présidentielle. Il y a un dédoublement constitutionnel, les deux faces ne se superposent pas, elles se surpassent au gré des circonstances politiques. Tant qu’il y a harmonie entre les deux majorités [comme c’est le cas actuellement], on assiste à la transformation du régime parlementaire en régime présidentiel. C’est la pratique qui corrige la théorie. 
Abdoulaye Wade étant le véritable chef de la majorité parlementaire, c’est le type présidentiel qui est applicable. L’unité du pouvoir s’opère à son profit. Dès lors, il peut le répartir selon son bon vouloir. Le pouvoir exécutif est partagé en deux parties inégales. D’un côté, le pouvoir monopolisé par le président et, de l’autre, l’Exécutif au sens littéral dévolu au gouvernement. Dit autrement, Wade gouverne, son Premier ministre administre. Au premier « la conception », au second « la mise en œuvre », selon l’heureuse formule de Pompidou. Il en a toujours été ainsi depuis notre Constitution de 1963. Senghor et Diouf ont toujours été bénéficiaires du fait majoritaire ou « l’enfant retrouvé », selon l’heureuse formule de Michel Debré. Wade, président de la République et chef de la majorité parlementaire, concentre entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Il ne peut en être autrement avec son élection au suffrage universel direct et populaire. Cette élection est considérée comme l’acte par lequel le peuple a délégué son pouvoir souverain à celui qui a la responsabilité de l’exercer. Dans le fond, la Constitution de 2001 consacre la prééminence du Président du Conseil des ministres. 
« Quand on sait tout, on ne prévoit rien ; et quand on ne sait rien, on prévoit tout ». Claude Allègre (Éditions Fayard 2004). 
Depuis les locales du 22 mars 2009, la famille libérale ne privilégie rien tant que se trouver de vaines et piteuses querelles. Lorsqu’elle ne vote pas contre elle-même, ses fils se déchirent, se neutralisent et s’essoufflent ; ses responsables désinvestissent leur fief, ses cadres ne se soucient plus des micro préoccupations de leur base, accélérant ainsi la fin des années romantiques du Sopi. Que faire ? D’abord, refuser d’élever le Pds-L dans la certitude de sa supériorité électorale ; ensuite « que chaque baron libéral soit souverain en sa baronnie et que le chef soit souverain par-dessus tout ». Sinon on aura, en 2012, un chef sans troupe (parlementaire). 
Ah, si les bilans étaient un gage de succès électoral ! Si la formation continue à encombrer ses énergies, il y a fort à parier qu’elle perdra la majorité des sièges. C’est là tout le sens de la mise en garde du « Maître ». Qu’arrivera-t-il ? On sera - à Dieu ne plaise - en présence de deux majorités : celle d’un président de la République élu au suffrage universel direct et une autre, parlementaire, issue à son tour du suffrage populaire. Dit autrement, on aura une formule institutionnelle où deux familles politiques opposées porteront deux projets différents tout en appartenant à un même exécutif. C’est la parfaite illustration d’une cohabitation ou encore d’une « alternance imparfaite ». Ce qui ne serait pas une première en Afrique, écrivions-nous, à Paris en septembre 2003, dans une tribune politique. 
Le Niger a connu une cohabitation qui a été lamentablement tragique entre 1995 et 1996. La France a connu trois cohabitations aussi différentes les unes que les autres. La première de 1986-1988 (Mitterrand-Chirac) a été qualifiée de cohabitation conflictuelle par les uns et d’hyperconflictuelle par les autres. La seconde cohabitation 1993-1995 (Mitterrand-Balladur) a été consensuelle ou hyperconsensuelle, c’est selon. Après quatorze ans de pouvoir, le leader des Socialistes ne se souciait que de la trace profonde qu’il laisserait dans l’histoire politique française. Enfin, la troisième cohabitation 1997-2001 (Chirac-Jospin) a été qualifiée de « cohabitation-surprise ». Rien n’obligeait Chirac à dissoudre l’Assemblée nationale. En le faisant, ses compatriotes ont donné une majorité absolue à la gauche plurielle, assurant ainsi l’élection-nomination de Lionel Jospin comme chef de gouvernement. 
Si la Coalition Sopi perd les élections législatives de 2012, Wade aura des pouvoirs, mais pas le pouvoir. Dans les autres Constitutions, il revient généralement au gouvernement la prérogative de « déterminer » et de « conduire » la politique de la Nation (article 20, Constitution française 1958). Dans notre texte fondamental, « le gouvernement conduit et coordonne la politique de la Nation sous la direction du Premier ministre » (article 53), tandis que « le président de la République détermine la politique de la Nation » (articles 42 de la Constitution). Comment alors demander à un Premier ministre élu sur la base de son programme politique de « conduire » et de « coordonner » une politique qu’il ne partage pas ? Voilà l’impasse de la Charte fondamentale ? 
Supposons l’arrivée d’une nouvelle majorité hostile au chef de la magistrature suprême, le président de la République ne bénéficiant plus d’une majorité parlementaire, nous serions donc en présence d’un régime de type parlementaire. Ce qui amènera un désaccord inédit au sein de l’Exécutif. La direction imprimée par Wade ne sera sans doute pas mise en application par un Ousmane Tanor Dieng, un Moustapha Niasse ou un Macky Sall. Alors que toutes les forces devront se rassembler pour relever les grands défis, elles se défieront et se neutraliseront comme dans toute période de cohabitation. Dans ce cas de figure, l’harmonie entre la majorité et la « dyarchie tranquille » du pouvoir ne sera plus la norme. Il y aura une crise de légitimité : un conflit entre le Législatif et l’Exécutif, soit une coexistence de deux légitimités concurrentes. Entrera-t-on alors dans l’âge d’or de l’Assemblée nationale ? Sera-ce une belle démonstration de l’adaptabilité de la norme suprême du 22 janvier 2001 ? Après une éblouissante promenade, Schopenhauer avait rendu un verdict inattendu : « [m]a tâche n’est point de contempler ce que nul n’a encore contemplé, mais de méditer sur ce que tout le monde a devant les yeux ». 
Cheikh DIALLO 
Journaliste-Ecrivain 
Chercheur en Science politique 
Ucad 
 
Il faut arrêter Wilane et compagnies !  
La mouvance présidentielle donnée déjà trop facilement pour morte se mobilise et ratisse large. Elle recolle les morceaux autour de son vieux candidat. Ce dernier est assis sur des atouts majeurs qu’il faut prendre en compte : une fortune immense, une capacité de nuisance à nulle autre pareille, l’ignorance et la pauvreté de la majorité de la population, etc.  
En outre, il fait peu cas des questions d’éthique, de morale, de principes ou d’engagements donnés. Seuls le préoccupent ses intérêts et ceux de son clan. Que personne ne s’y trompe : il faut la croix et la bannière, plus que des enfants de chœur pour lui arracher le pouvoir auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Le pouvoir, c’est pour lui et ses proches, son fils en particulier, une question de vie ou de mort. Il s’y accrochera jusqu’au dernier souffle. Et il n’est pas impossible, malgré l’optimisme béat dont font facilement montre nombre de mes compatriotes, qu’il soit réélu en 2012. Et ce serait une catastrophe, un désastre, un véritable cataclysme pour le pays. 
J’ai malheureusement le sentiment qu’en face, on ne mesure pas à sa juste valeur ce danger, ce péril, cette lugubre perspective qui nous guette tous. On ne semble pas y avoir tiré les leçons des élections locales du 22 mars 2009, qui ont fait la preuve de l’efficacité de l’unité d’action dans Benno Siggil Senegaal. Ses jeunesses en particulier dissolvent leurs forces en se décochant bêtement des flèches empoisonnées et rivalisent d’ardeur à présenter leurs partis et leurs candidats respectifs comme la seule alternative possible à l’odieux système libéral. Abdoulaye Wilane et quelques-uns de ses camardes du Parti socialiste (Ps) se signalent malheureusement dans cette « bataille » qui nous éloigne manifestement des intérêts supérieurs de la Nation et profite, à plus ou moyen terme, aux seuls adversaires d’en face. L’AS du vendredi 19 février 2010 rend compte (page 4) d’attaques surprenantes et incompréhensibles – de mon point de vue tout au moins –, contre « certains alliés du Ps au sein de Benno ». Le porte-parole adjoint du Ps ne met pas de gants et déclare notamment : « Au Sénégal, seul le Parti socialiste n’a pas un problème crypto-personnel avec le président de la République. Nous n’avons qu’un contentieux politique, contrairement aux autres formations politiques qui, soit, ont eu un conflit d’ambition, soit sont des partis groupusculaires qui avaient comploté avec Wade sur fond de troncature et ruse, avant que Wade les étripe, les purge, les voue aux gémonies, et les jette en pâture. » Très en verve, notre porte-parole poursuit sa diatribe : « Tous ceux qui ont eu à côtoyer Abdoulaye Wade, d’une façon ou d’une autre, doivent prendre leurs responsabilités et revendiquer sa gestion catastrophique du Sénégal. » C’est énorme tout cela ! Ne faut-il pas arrêter pendant qu’il est temps ce garçon qui, quand il s’exprime sur certaines questions, y va sans retenue, tête baissée ? Que va-t-il chercher des problèmes crypto-personnels, des contentieux, des conflits d’ambition que des partis dits groupusculaires auraient avec le président Wade ? Qu’a-t-il besoin de nous entraîner plusieurs années en arrière, pour nous rappeler les purges de Me Wade ? Il faut dire avec fermeté à ce garçon que nos préoccupations sont vraiment ailleurs, à deux ans de l’élection présidentielle de 2012. Il fait surtout manifestement montre, sans s’en rendre compte, d’imprudence notoire en exigeant de « tous ceux qui ont eu à côtoyer Abdoulaye Wade, d’une façon ou d’une autre, (de) prendre leurs responsabilités et revendiquer sa gestion catastrophique du Sénégal » Quand même ! Abdoulaye Wilane devrait être plus lucide que ça ! Je ne conseillerais pas à ceux qu’il attaque de lui apporter la réplique. Ce ping-pong ne nous ferait pas avancer et ne ferait que l’affaire de nos vrais adversaires : les Wade et leur cour. En tout cas, si jamais l’envie leur venait de répondre au bouillant Wilane, ils ne chercheraient pas longtemps et loin dans les 40 ans du Ps, pour trouver suffisamment de gros et vilains cafards à lui jeter à la figure. Des fautes de gestion, ils en ont beaucoup faites et ont été, pour cela, sévèrement sanctionnés le 19 mars 2000. Il est vrai que les dix années de Me Wade leur ravissent la palme de la mauvaise gestion. Que le bouillant Wilane ne nous divertisse donc pas en nous éloignant de l’essentiel, qui est de bouter les Wade et leur tonitruante mouvance hors du pouvoir !  
Un autre camarade de Wilane nous pose problème : il s’agit de monsieur Alioune Ndoye, coordonnateur de « Vision socialiste », maire de Dakar-Plateau (Walf’ Grand-Place des 13-14 février 2010, page 5). Lui aussi bande les muscles, se lance dans une autoglorification et un nombrilisme dignes d’un Me Abdoulaye Wade, et ne se prive pas de lancer de piques contre « les mêmes apprentis sorciers en ingénierie électorale qui ont vendu la candidature de Wade aux Sénégalais en 2000 ». Il s’emploie ensuite consciencieusement à démontrer la représentativité de son Parti. Pour cela, il affirme, péremptoire, que « de tous les partis de l’opposition, le Ps est devant » et que « le bon sens le plus commun a toujours commandé de se regrouper autour de l’allié le plus représentatif et le plus solidement implanté dans le pays ». « Aucun observateur sérieux dans ce pays ne peut (donc) contester la représentativité du Ps », poursuit-il. Ce Ps qui, à ses yeux « est devenu aujourd’hui le réceptacle naturel de tous les citoyens attachés à la République, à la démocratie et à la liberté, mais aussi (des) Sénégalais qui savent qu’il est temps d’agir utile ». Il dira aussi, goguenard, que « rien ne peut se faire sans le Ps ». 
Comme son camarade Wilane, M. Ndoye étonne. Qui lui dispute la représentativité du Ps ? Il est libre, avec tous les autres Socialistes, de penser ce qu’ils veulent de leur Parti et de leur leader. Ils sont libres de penser que pour eux, l’heure a sonné de reprendre le pouvoir. Le fruit est, à leurs yeux, mûr et près de tomber : il leur suffit de lever un tout petit peu le bras pour le cueillir, sans l’aide de personne. 
D’abord l’heure n’est pas à la dispute autour de la représentativité des partis, mais au travail. Au travail citoyen pour contrer tous les coups fourrés des Wade et de leurs alliés tordus. La mise en garde manifestement commanditée du bouffon de la République Serigne Mbacké Ndiaye n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd et les intéressés mettront tout en œuvre, à quelque niveau qu’ils se trouvent, pour garder le pouvoir et ne pas risquer d’aller en prison. Même s’ils se tirent dessus, ils ont un intérêt commun à sauvegarder. Nos amis Wilane, Ndoye et tous ceux qui réfléchissent comme eux, ne font pas preuve d’autant de réalisme. Que nous ramènent-ils encore et toujours à l’an 2000 ? Nous avons quand même besoin d’avancer ! Peuvent-ils continuer de nous reprocher, nous de l’opposition d’alors, d’avoir voté pour Wade contre leur candidat cette année-là ? Eux-mêmes reconnaissent avoir été battus par ce qu’ils appellent « le parti de la demande sociale » ! Même un chat les aurait battus puisqu’ils étaient usés et à bout de souffle ! Sans doute que, à la pratique, l’homme sur qui nous avions porté nos suffrages ne méritait pas notre confiance. Il a déçu, profondément déçu ; il est devenu un cancer, un dangereux cancer dont les métastases ont irradié tout le corps social. La seule bataille qui vaille aujourd’hui, est de le faire partir et de mettre à la place, cette fois-ci, des hommes et des femmes crédibles, avec des institutions solides et dignes d’une véritable République, d’une véritable Démocratie. 
Quand M. Ndoye affirme, péremptoire lui aussi, que « le Ps est devenu aujourd’hui le réceptacle naturel de tous les citoyens attachés à la République, à la démocratie et à la liberté, mais aussi (des) Sénégalais qui savent qu’il est temps d’agir utile », je lui accorde les circonstances atténuantes d’un néophyte. Je pense, en effet, que son militantisme au Ps ne doit pas dater de très longtemps. Sinon, il se ferait plus modeste et se garderait de certaines fanfaronnades. Pendant de longues années, son Parti a eu à tordre le coup à la République, à la Démocratie et à la Liberté, même si, de ce point de vue, c’est un enfant de chœur devant le Pds et son chef. Tous les citoyens ne sont quand même pas prêts à faire aussi facilement le saut. 
« Rien ne peut se faire sans le Ps », lance-t-il avec fierté ! Sans doute. Le Ps est une réalité avec laquelle il faut nécessairement compter. Il compte en son sein des hommes et des femmes d’expérience, qui ont leur place dans la reconstruction de ce pays, que Me Wade nous laissera sûrement en lambeaux. Mais, que valent le Ps et sa seule représentativité face à la machine électorale de Me Wade, à son immense fortune et à ses énormes capacités de nuisance ? Pas grand-chose. Le Ps seul ne fait pas le poids devant les Wade et leur mouvance qui en feraient une bouchée. Donc, autant nous avons besoin du Ps, autant il a besoin de nous[1]. Et que nos amis Wilane, Ndoye et ceux qui portent comme eux en bandoulière les mêmes arguments ne perdent surtout pas de vue que nombre de Sénégalais n’ont pas encore définitivement oublié et ont besoin d’être rassurés. Nous avons bien sûr une peur bleue des Libéraux, mais nous ne sommes pas prêts à nous retrouver, au lendemain de 2012, avec un gouvernement socialiste pur jus. Par contre, nous ne voyons aucun inconvénient, nous souhaitons même un gouvernement de large ouverture, composé certainement par les partis membres de Benno avec le Ps en bonne place (je suis réaliste), et notablement enrichi par des hommes et des femmes de la Société civile debout. 
Que nos amis socialistes sachent donc raison garder ! Qu’ils ne se trompent surtout pas de cible, d’adversaire ! Le seul adversaire à abattre, c’est Me Wade. Qu’ils ménagent donc leurs forces pour les batailles futures qui s’annoncent rudes!  
A deux ans du scrutin présidentiel de 2012, l’heure ne doit pas être aux empoignades autour de la représentativité et de la candidature unique ou des candidats pluriels. Nous avons suffisamment à faire avant cette importante échéance : élaboration d’une offre politique, économique, sociale et culturelle pertinente, adossée à des institutions solides, le tout largement inspiré de la Charte de gouvernance démocratique des Assises nationales ; contacts physiques réguliers avec les populations locales, à qui il faut expliquer sans cesse les graves dérives de l’immonde gouvernance libérale. Ainsi, Wilane et compagnies, ainsi que tous les jeunes de Benno et de la Société civile debout doivent être constamment sur le terrain, pour contribuer notablement à l’élévation du niveau de conscience citoyenne de nos populations. Les sujets ne manquent pas à cet égard. Ils ont un large choix entre l’importance de la carte d’électeur, les cuillères à soupe, les couteaux et les nattes à prières du ministre Awa Ndiaye, la réfection du Méridien-Président pour 26 milliards de francs Cfa alors que l’Hôtel a été construit pour 19 milliards, l’aménagement des bureaux du prince pour 750 millions, l’affrètement pour deux jours d’un bateau de luxe, le MS Musica, au coût de 8 milliards, la mort programmée de l’arachide dont les récoltes sont restées entre les mains des pauvres paysans, etc. 
C’est le lieu, avant de conclure, de donner mon humble point de vue sur la candidature unique. Même si elle emporte largement mon adhésion, elle est pratiquement impossible, avec les idées noires et parfois saugrenues qu’on agite çà et là. Nous assisterons sûrement, à moins d’un miracle, à une pluralité de candidats. Non pas à une pluralité contrôlée, contenue, encadrée comme l’espèrent certains observateurs, mais à une pluralité sauvage, avec peut-être une dizaine de candidats. La conséquence à cette situation funeste pourrait être le dégoût des populations qui, dans le meilleur des cas pour nous, bouderaient les urnes. Il en résulterait un taux fort d’abstention qui profiterait largement au candidat sortant, dont les militants iront voter, au contraire, en masse. Les populations pourraient même être tentées de voter contre les candidats de Benno qui ne seraient pas capables, à leurs yeux, de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation par rapport à leurs intérêts individuels égoïstes. Ce scénario pourrait être rendu bien plus probable encore si, d’ores et déjà, les différentes composantes de Benno se tiraient copieusement dessus par leurs jeunesses interposées. 
Auteur: Mody NIANG  
 
Oui à un « " Ndëpp" national » !  
« L’effort du philosophe tend à comprendre ce que ses contemporains ne font que vivre. » 
Fridriech-Guillaume Nietzsche 
Un intellectuel ? Ignacio Ramonet : «Un intellectuel est un homme ou une femme qui use de sa célébrité, acquise dans le domaine des sciences, des arts ou de la culture, pour mobiliser l’opinion publique en faveur d’idées qu’il considère justes. Depuis deux siècles, dans les Etats modernes, sa fonction consiste, de surcroît, à donner du sens aux mouvements des sociétés, à éclairer la voie menant à plus de liberté et à moins d’aliénation. »  
« Donner du sens aux mouvements des sociétés », le mot est lâché ! Dans ce contexte mondialisant caractérisé par le résumé de tous les défis auxquels l’être adamique a eu à faire face depuis la première inspiration (ou la première expiration, c’est selon) dans le seul défi éthique, il n’est plus possible d’établir une dichotomie entre le global et le local. Nous sommes aujourd’hui confrontés à un défi ?glocal? : un défi éthique généré par cette crise des valeurs qui sévit au Sénégal et dont l’épicentre est l’Université. L’université, l’entreprise de fabrique de l’intellectuel, dont la chaîne de valeur est parasitée par des éléments qui ne doivent guère y figurer, entraînant du coup des défauts de conception. Le déferlement de cette crise des valeurs s’effectue à une vitesse exponentielle, au point de donner le tournis au peuple qui aujourd’hui ne sait plus où il en est. Le sens des mouvements de la société sénégalaise échappe au peuple. A qui la faute ? Certainement pas à ce dernier dont Jean Jacques Rousseau dit que s’il veut son bien, de lui-même il ne connaît évidemment pas toujours le sens (signification) de ce bien et méconnaît davantage dans quel sens (direction) il faut le chercher. Ce n’est pas gratuit d’ailleurs s’il s’est volontairement dessaisi de son droit à se gouverner lui-même en toute chose pour se confier à des bergers (politiques, marabouts, chefs coutumiers, etc.). A qui la faute alors ? A ces bergers assurément ! Eux, dont la tâche est de maintenir aux valeurs leur ligne de faîte. S’en acquittent-ils ? En général, non ! C’est mon opinion, et loin de moi l’intention d’être alarmiste, c’est la situation qui est alarmante. Et ce, d’autant plus que certains guides religieux, parmi ceux qui drainent le plus de monde au Sénégal, semblent atteints de cécité et de surdité face aux souffrances et aux bêlements des brebis manifestement égarées. Le peuple appelle, mais il n’y a personne à l’autre bout du fil. Pis, il n’y a pas de tonalité, les lignes étant coupées. Le peuple ne parle pas le même langage que les dirigeants. Alors il cherche d’autres moyens d’expression pour se faire entendre. S’assurer qu’il a l’oreille de ses dirigeants, c’est tout ce que veut le peuple. 
Il risque d’y avoir de « jolis coups de grisou » pour parler Gilles Deleuze. Ne nous fions pas à ce silence du peuple, un silence bavard ! Ce silence est en effet grouillant de ressentiments, de frustrations, d’incompréhensions, j’en passe. La mine risque de s’affaisser. Prenons-y garde ! Personne ne sera épargné. Immolation au feu par-ci par-là, scènes d’Intifada ab irato tous azimuts (marchands ambulants, victimes des coupures intempestives d’électricité et des inondations récurrentes, mécontents de la gestion du football, etc.), gabegie au sommet, essaim de scandales financiers, communication mensongère, etc. En effet, lorsque dans un pays les intellectuels, qui ne sont devenus tels qu’aux frais du peuple, au lieu de s’atteler à la tâche qui leur est dévolue de s’ériger en sentinelles pour éclairer ce dernier sur le sens (signification) et le sens (direction) de son existence, préfèrent rester engoncés dans leur intellectualisme stérile parce que ne se manifestant que sous la forme d’une masturbation intellectuelle qui ne peut faire que leur propre jouissance, le remue-ménage prend la place laissée vacante par le remue-méninges. Le peuple ne peut pas faire du sur-place. Le contexte historique ?glocal? ne s’y prête pas. Contre les professeurs de l’idée de « la fin de l’histoire » des débuts des années quatre vingt dix, Brzezinski enseignait en 1992 que l’histoire n’est pas finie mais compressée. Le temps file vite. Où sont les intellectuels ?  
Certains d’entre eux se sont mués en chiens de garde du système. C’est cela même, ils se sont accointés avec le système. Le virulent sociologue que nous pouvons tout de même nous permettre de remercier d’avoir su maintenir l’illusion pendant un moment. Que voulez-vous ? Faute de vision, l’illusion peut servir de lénitif. Il y a aussi le Professeur d’Histoire. Bah ! Celui-là ne nous conte plus que des histoires à visées somnifères. Le Professeur de Philosophie également, nietzschéen hémiplégique, n’a gardé de l’ami de Peter Gast que la dimension décadente de sa personnalité. Parmi les vers de terre, il s’est fait plus vers que les vers. J’allais omettre l’économiste non-universitaire, produit de l’Ena de l’hexagone. Révélé par la presse, ses analyses sur la situation macroéconomique du monde m’ont toujours tenu en haleine. Je jubilais. Je l’ai rencontré à l’université Gaston Berger. J’ai déchanté. Quid de l’enthousiasme que ses interventions suscitaient en moi ? J’ai finalement estimé qu’il était tributaire d’un certain pathos de la distance. Il y a certainement aussi l’effet presse. Il ne sait pas écouter. Il est élitiste. Il s’est présenté à nous comme un « Libéral- social », j’ai tiqué. 
Ah Feu le juge Kéba Mbaye ! Oh Feu Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh!  
Écoutez, il se pose un réel problème de crédibilité dans ce pays ! Et voilà qui est grave. Nous traversons une profonde crise des valeurs qui, certes, n’est pas que locale ; elle est plutôt « glocale » comme tout le reste … Mais que faisons-nous pour essayer, oui essayer, de la juguler ? Que font les dépositaires de l’intelligence du sens des mouvements de la société sénégalaise ? Que font les penseurs de métier au milieu de ces ébranlements ? Que font les chefs religieux face à cette situation ? Réponse : Ils gardent encore leur silence. Ils n’avertissent pas. Ils ne dénoncent pas. Ils ne sont pas transformés. Ils ne sont pas retournés. Ils ne sont pas alertés. Et ils n’alertent pas. L’écart entre leurs promesses et la situation de l’homo senegalensis est plus scandaleux qu’il ne fut jamais. Et ils ne bougent point. Jésus a porté sa croix, ils refusent de porter la leur, Ils restent du même côté de la barricade. Ils publient les mêmes livres, tiennent les mêmes assemblées, organisent les mêmes cérémonies, les mêmes colloques, les mêmes « magals », les mêmes « gamous ». « Tous ceux qui avaient la simplicité d’attendre leurs paroles, affirme avec raison Paul Nizan, commencent à se révolter, ou à rire. » Alors l’attribut « ridicule » n’épargne aucun sujet !?  
Alors, vivement un « Ndëpp national » !!! 
 
Daouda Guèye de Pikine 
Professeur de Philosophie  
au Lycée Malick Sall de Louga 
davehegel@yahoo.fr 
 
 
Mamadou Tandjan, une triste fin, mais, celle toujours réservée à tous les dictateurs  
« Un dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève le défi » 
François Mitterrand 
Extrait de : le coup d’Etat permanent  
Dieu soit loué ! Fort heureusement, sans effusion de sang, Mamadou Tandjan a été écarté du pouvoir, par des militaires qui ont le sens du devoir et du patriotisme pour soulager et libérer le peuple nigérien d’un illuminé qui se prenait pour un homme populaire, indispensable et incontournable pour son pays. 
Comme c’est souvent le cas en Afrique, certains chefs d’Etat dictateurs ou gestation de le devenir, organisent des simulacres d’élections pour lesquelles, ils sont sûrs de les remporter, parce que procédant à toutes sortes de fraudes dans tout le long du processus. 
Ainsi, ils étalent leur plébiscite, comme la preuve de popularité de leur singulière personne au sein des populations. Mais comble d’ironie, Mamadou Tandjan a été écarté sans que, ne serait-ce que, son parti ou ses souteneurs encore moins, la population n’aient levé le plus petit en guise de soutien ou de protestation en sa faveur. Le calme plat qui a suivi les évènements donne une preuve palpable pour ne pas dire manifeste, que l’homme fut impopulaire et vomi par son peuple qui, finalement n’avait plus que mépris pour lui. 
C’est en tout cas l’occasion, de dire à l’attention des dictateurs et autres potentats africains encore au pouvoir, qui refusent absolument, le jeu démocratique ou plus exactement le changement démocratique –par la voie des urnes et du suffrage universel- dans les pays qu’ils dirigent, que c’est la moindre, des choses qui puissent leurs arriver s’ils persistaient. A savoir : un coup d’Etat sans effusion de sang avec la vie sauve et, au pire des cas maintenant, c’est un changement violent qui pourrait occasionner des pertes de vies humaines importantes. 
Il y a lieu de se demander d’ailleurs, est-ce que ce sont tous les coups d’Etat qui sont à condamner dans tous les cas de figure et avec la même fermeté? Si, dans le principe de la démocratie, c’est oui dans la réalité d’un régime dictateur forcené, c’est non à mon avis. Comme par exemple, les cas de Toumani Touré au Mali et Jerry Rawling au Ghana pour ne citer que ceux-là. Certains changements de régimes par cette voie sont parfois salutaires parce que libérateurs dans les cas spécifiques de régime de dictateurs obstinés, dirigés par des hommes assoiffés et aveuglés par les délices du pouvoir et qui tiennent leur peuple otage, par le fait de changer en leur faveur à chaque fois que de besoin, pour demeurer au pouvoir aussi longtemps que possible, les règles démocratiques et constitutionnelles contre a volonté de leurs peuples. 
Certes, aujourd’hui c’est Mamadou Tandjan qui s’était d’ailleurs inspiré de la méthode Abdoulaye Wade, qui est un coutumier des faits et qui le record mondial dans ce domaine. Parce que, de tous ceux qui violent leurs institutions et refusent le jeu démocratique dans leur pays, A. Wade, est le chef de file en ce moment précis. 
Mais, cette chance de Me Wade, d’être à la tête d’un pays comme le Sénégal, où cette méthode de prise du pouvoir est bannie par nos militaires et hommes politiques jusqu’ici, a des limites objectives. Le fait d’en faire un mauvais usage politique ou une lecture erronée par Me Wade, au point de ne pas en tenir compte est une erreur politique grave de conséquences. 
L’attitude de l’Union africaine et de la CDEAO est assez bizarre pour ne pas dire contradictoire et inconséquente. Mamadou Tandjan a refusé d’observer en tant que pays membre, toutes les recommandations de l’Union et de même que les sanctions prises à son encontre par la CDEAO. Il s’est entêté envers et contre tout, à poursuivre sa volonté démesurée de se maintenir au pouvoir en modifiant la constitution contre l’avis de la Cour constitutionnelle. Alors, il s’est rebellé contre une haute juridiction de la république ou mieux, il a opéré un coup d’Etat d’un autre genre. La CDEAO et l’UA ont montré leur impuissance face à lui. Alors, il est écarté par des militaires patriotes avec le minimum de perte en vies humaines, tout en sauvegardant l’intégrité physique de la personne de Mamadou Tandjan, au lieu souffler un ouf de soulagement et de remercier ces vaillants soldats, ces organisations-là, dont l’inutilité pour les peuples n’est plus à démontrer, se mettent à condamner le changement qui, en réalité, n’est pas n’est pas tant un coup d’Etat classique mais plutôt, l’éviction d’un homme devenu dangereux à la tête de son pays. 
Les peuples africains sont d’ailleurs en droit de se demander, en fin de compte, à quoi servent véritablement, ces Unions ? Dans la mesure où, elles sont impuissantes face à des chefs d’Etat hors-la-loi et incapables de se faire respecter ou obéir par les Etats membres. 
Par ailleurs, leur choix sur la personne de Abdoulaye Wade comme médiateur dans le conflit inter-nigérien, est totalement inconvenant dans la mesure où, l’homme sur qui le choix est porté fait pire que Tandjan chez lui. C’est à mes yeux, de la part de ces unions, un manque de respect notoire à l’endroit du peuple sénégalais pour ne pas dire de l’hypocrisie ; à moins que, ce ne soit lui-même, comme à son habitude, qui s’est porté volontaire à défaut de candidat. C’est en tout cas incompréhensible, car il est certain, comme à son d’habitude, qu’il allait soutenir Tandjan pour son maintien au pouvoir, ne serait-ce que, pour les ressemblances troublantes qu’ils ont en commun, la boulimie du pouvoir. 
A notre souvenance, dans toutes les affaires (conflits) où il a eu à intervenir comme médiateur ou facilitateur, il a toujours fait du parti en favorisant secrètement un camp contre l’autre et non équidistant entre les parties et loyalement. 
Donc au total, dans le cas du Niger, Mamadou Tandjan n’a eu que ce qu’il méritait depuis fort longtemps et rien de plus. La preuve, c’est rare de constater, qu’un coup d’Etat soit si peu dénoncé ou condamné par la communauté internationale. 
Ainsi, et par voie de conséquence, ceci est une leçon admirable qui devrait servir à tous ceux qui s’entêtent à vouloir se maintenir au pouvoir coûte que coûte –si tant est, il leur reste encore tant soit peu de raison et de bon sens- et à la tête de leur pays contre la volonté populaire, quitte à faire usage de la force publique mise à leur disposition, contre le peuple. A l’exemple du comportement indigne dont les forces de l’ordre ont fait montre hier, contre les anciens combattants mutilés de guerre, qui manifestaient, pour ne réclamaient que les droits qui leurs sont dus jusqu’ici. Ils en avaient ras-le-bol de promesses jamais tenues, signe particulier à l’alternance. 
Je recommande au peuple nigérien, et toutes forces patriotiques du Niger, de demeurer vigilants et de se méfier de certains médiateurs très suspects qui tenteront de revenir à l’ordre ancien à savoir : faire revenir Mamadou Tandjan, ce qui devrait être exclu dans tous les cas de figure. Faut-il le rappeler ? Oui ! Toute chose qui commence a immanquablement une fin. 
A bon entendeur salut ! 
« Il est dangereux de remettre les clés de la République à un homme tenté par le pouvoir personnel » 
Patrick Poivre d’Arvor 
L’irrésolu  
 
 
Mandiaye Gaye 
Gaye_mandiaye@hotmail.com 
 
De la « démocratie des barbares » - Ces présidents qui ne sont plus légitimes  
Il n’est pas politiquement correct, même s’il nous vient l’envie de féliciter des mutins, d’applaudir suite à un coup d’Etat, comme l’a fait il y a quelques semaines, un président africain démocratiquement élu. Pour parler de coup d’Etat, ce qui vient de se passer au Niger n’en est pas un.  
Ce fut récemment le cas d’autres pays sub-sahariens, où les putschs se suivent et se ressemblent ; ils sont devenus une tradition, et ce n’est pas les insulter que de dire que c’est leur façon, à eux, de transmettre le pouvoir. Dorénavant, il convient d’appeler les choses par leur nom, sans langue de bois, parce que certains pays africains comme le Niger, ont, semble-t-il, fait le choix d’accéder et de ne transmettre le pouvoir que par la voie des armes, qu’ils préfèrent entendre crépiter à la place des urnes. Avant-hier c’était la Guinée, hier la Côte d’Ivoire, jadis la Mauritanie et aujourd’hui le Niger, qui vient de renouer avec ces habitudes qui n’honorent pas l’Afrique.  
Ce énième coup de force renforce l’idée selon laquelle le continent n’est pas fait et n’est pas prêt pour la démocratie. Je dirais plutôt que certains pays africains refusent la démocratie. Il ne faut pas leur en vouloir de préférer « la démocratie des barbares », qui fait de chaque militaire un putschiste potentiel, se croyant investi d’une mission divine. Le syndrome « Dadis », suspendu comme une épée de Damoclès sur la tête des Etats africains, a de beaux jours devant lui. Même si mille et une raisons justifient le départ de Tandja, il n’en demeure pas moins que l’option prise par les militaires jette le discrédit et porte atteinte à l’image de l’Afrique tout entière.  
Il y a dix ans, Abdoulaye Wade, nouvellement élu à la présidence du Sénégal, annonçait à la face du monde, que l’ère de la prise du pouvoir par les armes était révolue, que plus jamais les constitutions africaines ne feraient l’objet de tripatouillage. Il parlait à l’envers, bien entendu. Lui-même a été le premier à torturer à plusieurs reprises la constitution de son pays, qu’il avait fait approuver à plus de 90% en janvier 2001. Tanja, qui est allé trop loin, n’a fait que lui emboîter le pas, le 9 août 2009, lorsqu’il modifia la constitution nigérienne pour prolonger son mandat. C’est le même Abdoulaye Wade, qui, pour on ne sait quelles raisons, éprouve de la sympathie pour des militaires qui ont usé de la force pour renverser un chef d’Etat. Dans les jours à venir, le président sénégalais-et médiateur au Niger- ne manquerait pas de saluer la témérité et le « courage » de l’armée nigérienne et de trouver un crédit aux mutins, qui, au nom de la « démocratie des barbares », ont renversé un régime.  
C’est relater une lapalissade que de dire que Tandja n’était plus légitime : il jouait le rôle de président du Niger depuis le 22 décembre 2009. Idem pour le président Laurent Gbagbo, qui continue de jouer au chat et à la souris avec les électeurs ivoiriens, qui, décidément n’y voient plus rien, quant à la tenue d’élections éventuelles. Pour lui, tous les prétextes sont bons pour justifier le report des échéances électorales, dans le seul but de se soustraire au véto de ses compatriotes. Arrivé au pouvoir en octobre 2000 par un accident de l’histoire, Gbagbo, avec la complicité de l’Occident, brandit à tort et à travers l’argument de la stabilité politique, de la réconciliation et de la cohésion nationale, quitte à accepter de partager le pouvoir avec des rebelles. Sa seule préoccupation demeure son maintien au pouvoir, quel qu’en soit le prix. Faudrait-il que l’armée ivoirienne entre dans la danse, pour que Gbagbo se décide enfin à organiser des élections ? En tout état de cause, le renversement du régime de Niamey ne manquera pas de lui ouvrir les yeux. Au rythme où évoluent les choses, ce qui a conduit à la fin du « miracle ivoirien » lorgne du côté de « l’exception sénégalaise », une réalité à préserver, et qui est en train de succomber petit à petit à la « démocratie des barbares », dont la manie consiste à accéder ou à se maintenir au pouvoir, soit par les armes, soit par le tripatouillage constitutionnel excessif. Bye-bye Tandja et bon débarras ! 
Momar Mbaye 
mbayemomar@yahoo.fr  
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République 
Me référant au communiqué du dernier Conseil des ministres tenu le jeudi 11 février 2010 et publié sur le site rewmi.com, il est mentionné ce qui suit, je cite « Evoquant la question de l’absence de valorisation et d’application des résultats de recherches de l’ISRA, le Chef de l’Etat a instruit le Gouvernement d’organiser, dans les meilleurs délais, des séances d’évaluation en vue de dresser la bilan de l’Institut en recherches appliquées, de repenser sa mission et son mode de fonctionnement ». Je tiens, Excellence, à vous apporter les éclairages ci-après. 
Excellence, Monsieur le Président de la République, 
Le Sénégal a, en l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), un outil précieux et indispensable pour le développement de l’agriculture de notre pays. En créant l’ISRA en 1974, le Gouvernement du Sénégal a fait le pari de développer l’agriculture en s’appuyant sur la recherche agricole nationale. N’est-il pas admis que sans recherche il ne peut y avoir de développement durable. L’ISRA a donc préparé et accompagné le développement économique et social du Sénégal pendant près de quarante ans. En effet, les réalisations obtenues depuis sa création en attestent largement. Vous me permettrez Excellence, de vous rappeler quelques réalisations récentes : 
De nouvelles variétés d’arachide (PC79-79, H75-0, 55-33, SRV1-19, 73-9-11 et 78-936) et une variété de niébé (Yacine) ont été sélectionnées et homologuées en 2009 par le Comité National Consultatif des Semences et Plants et transférés en milieu paysan. Pour toutes ces variétés, l’ISRA a défini des itinéraires techniques. 
Concernant l’appui à l’émergence de nouvelles filières, l’Institut a introduit et testé une vingtaine de variétés de blé et de haricot mungo (KPS 7, VC 6379 et Lijn 6) pour l’agro-industrie. Ainsi, deux (2) variétés de blé (Amal et Ashtar) ont montré de bonnes performances, avec des rendements de plus de 4 t par hectare. Pour ces variétés, des itinéraires techniques ont été élaborés et mis à la disposition du développement. 
Dans le cadre de la mise en œuvre des programmes spéciaux, l’ISRA a sélectionné et diffusé un nombre important de variétés à haut rendement de maïs (variétés hybrides de type jaune et blanc, variétés composites), de sorgho, de riz (5 variétés homologuées et 6 nouvelles de type NERICA). Les nouvelles variétés de riz sélectionnées ont des performances jusqu’ici inégalées. En effet, le rendement moyen est de l’ordre de 5 tonnes à l’hectare, avec des pics pouvant aller jusqu’à 9 tonnes. Aujourd’hui, 70% des superficies emblavées en riz en irrigué au Sénégal le sont grâce aux variétés provenant de la recherche nationale. En outre, quatre (4) nouvelles variétés de sésame ont également été sélectionnées et homologuées pour la diversification des cultures. 
L’ISRA a également apporté son appui pour la reconstitution du « Capital semencier » en 2009, en produisant 40 T de semences de base d’arachide, produit phare de l’agriculture sénégalaise. Pour cette spéculation également toutes les variétés cultivées proviennent de l’ISRA. 
Dans le domaine de la mécanisation agricole, une faucheuse à riz automotrice, une batteuse à arachide en vert et des distributeurs pour le semis de sésame ont été mis au point et les prototypes fabriqués. 
Dans le domaine de l’horticulture, l’Institut s’est employé à la valorisation des légumes traditionnels comme le bissap (6 variétés sélectionnées et diffusées), l’amarante (3 accessions retenues), le nébéday (3 écotypes retenues) en caractérisant toutes les variétés et accessions. En outre, des clônes hautement productifs de patate douce ont été sélectionnés et diffusés dans la Vallée du Fleuve Sénégal et dans la zone du lac de Guiers. Une importante contribution a été apportée par l’ISRA dans le cadre de la relance de la « Filière manioc » grâce à l’introduction de plus de 89 variétés en provenance du Nigéria. Aujourd’hui, 11 de ces variétés ont été retenues pour la multiplication en vue de leur diffusion. La Filière pomme de terre n’a pas été en reste, puisque l’Institut s’y est investi en collaboration avec une société étrangère dénommée Agrisud. En 2007-2008, 9 t de pomme de terre élite ont été introduites pour leur multiplication. Les variétés concernées sont : Sarafina, Ostara, Nicolas et Rézy. Après multiplication de ces semences, 359 t de pomme de terre ont été produits et mis sur le marché pour la consommation. 
Dans le domaine de la foresterie, l’ISRA a travaillé à l’obtention de variétés fruitières sélectionnées, au raccourcissement du cycle de production des espèces sauvages et à la maîtrise des techniques de production de plants (levée de la dormance). Grâce à la recherche, le cycle de production du soump a été ramené de 10 à 4 ans, le cycle du baobab de 25 à 8 ans, le cycle de la pomme d’acajou de 5 à 1 an, le cycle du ditakh de 20 à 6 ans et le cycle du tamarinier de 15 à 5 ans. 
Dans le domaine de la production et de la santé animales, l’ISRA a participé aux campagnes de lutte contre la peste équine et la dermatose nodulaire des bovins en 2008/2009 par le biais du renforcement des capacités de diagnostic des agents de développement et la mise à disposition de près de cinq cent mille (500 000) doses de vaccins. En outre, un vaccin I2 thermostable (conservation à la température ambiante) a été mis au point pour lutter contre la maladie de NewCastle, fléau de l’aviculture traditionnelle. Des kits de diagnostic de la peste bovine et de la peste porcine ont également été mis au point. Aujourd’hui encore, l’ISRA vole au secours de l’élevage pour éradiquer l’épizootie qui décime nos troupeaux de chevaux dans notre pays. Aussi, grâce à l’ISRA, des animaux importés qui ont une très haute productivité ont été introduites dans les différentes zones agro-écologiques du Sénégal. Les performances obtenues du point de vue sanitaire, alimentaire et nutritionnel ont été appréciées par les partenaires en milieu rural. En outre, des échantillons de ces animaux ont été présentés au Chef de l’Etat lors des journées portes ouvertes de l’ISRA organisées en 2003 pour magnifier l’effectivité de l’utilisation des acquis de la recherche par les partenaires en milieu rural. 
Dans le domaine des Productions halieutiques, l’état d’exploitation des principales ressources, la typologie du parc piroguier maritime sont connues. Les unités et centres de pêche, ainsi que les acteurs de la pêche artisanale sont caractérisés. N’est-ce pas grâce aux travaux de recherche des vaillants chercheurs de l’ISRA que le Sénégal peut bien négocier les accords de pêche avec nos partenaires de l’Union européenne ? Que dire du repos biologique suggéré par l’Institut depuis bien des années maintenant, ainsi que du développement des récifs articiciels pour la reproduction des poissons ? S’agissant de la pisciculture, n’est-ce pas l’ISRA qui en fait les premiers tests et décrit les procédés ? 
Enfin, dans le domaine socio-économique, l’ISRA a su répondre à des questions politiques de façon spontanée et éclairer l’opinion avec la publication de documents sur diverses problématiques qui ont interpellé le Sénégal (notamment les Accords de Partenariat Économique [APE], Impact des cours mondiaux du riz sur la sécurité alimentaire, les interprofessions agricoles au Sénégal, la caractérisation des exploitations agricoles et familiales). En outre, l’Institut a mis en place des réseaux de recherches et d’échanges sur les politiques agricoles. J’en veux pour preuve le réseau sous-régional de recherche et d’échanges sur les politiques laitières. 
Excellence, Monsieur le Président de la République, voila brièvement rappelé quelques réalisations importantes de l’ISRA ces deux dernières années. Un condensé du travail effectué par l’Institut a été capitalisé en 2005 et retrace le parcours de 40 années de recherche agricole et agroalimentaire au Sénégal. Cet ouvrage intitulé « Bilan de la recherche agricole et agroalimentaire au Sénégal. 1964-2004 » et réalisé avec l’ensemble des partenaires nationaux et étrangers (institutions de recherche, institutions de formations et ONG) illustre, s’il en était encore besoin, que le Sénégal dispose d’outils de recherche performants pour booster le développement agricole de notre pays. 
Mais pourquoi cherche t-on donc à diaboliser l’ISRA, qui grâce à ses résultats éclatants, nourrit la population ? Je vous renvoie, Excellence, au film intitulé « Un couscous recherché ». A midi, avec le Thiébou diène, comme le soir, avec le couscous, le Sénégalais consomme les résultats de recherche de l’ISRA sans en être conscient. L’ISRA ne peut donc faire plus de recherche appliquée qu’il n’en fait aujourd’hui avec les moyens dont il dispose. 
Excellence, Monsieur le Président de la République, l’ISRA, à mon humble avis, a joué sa partition. En effet, sa mission est de faire de la recherche appliquée, rien que de la recherche appliquée et non du développement. Si les résultats ne parviennent pas toujours au destinataire final, je veux nommer le producteur, c’est parce qu’il y a quelque part des maillons défaillants au niveau de la chaîne de transmission des technologies et connaissances générées par l’Institut, ou tout simplement parce qu’il y a manque de synergie entre les maillons. Et cela n’est pas de la responsabilité de l’ISRA. Je suggère donc l’organisation des Etats Généraux de l’Agriculture pour redresser ces manquements. 
Excellence, aujourd’hui l’ISRA a besoin de moyens pour augmenter ces performances. En effet, la subvention de l’Etat ne représente que 40 % du budget de l’Institut. Cette subvention, en fait, ne sert qu’à payer des salaires dérisoires aux agents. Savez-vous, Excellence, qu’un chercheur de l’ISRA titulaire d’un PH.D ou d’un Doctorat d’Etat ne touche que 300 000 F cfa par mois en fin de carrière, alors que ses homologues de l’université gagnent plus d’un million de francs. Et malgré cette ségrégation notoire, vous n’avez jamais vu vos vaillants chercheurs dans la rue manifester leur colère. Il est grand temps, Excellence, de réparer cette injustice en signant le nouveau règlement d’établissement transmis à la tutelle (au ministère de l’Agriculture) il y a maintenant plus d’un an. 
Permettez-moi, Excellence, de conclure en faisant trois recommandations : 
– la prise en charge par l’Etat du renouvellement des effectifs vieillissants par le recrutement de 10 chercheurs habillés (chercheur/assistant de recherche/technicien) par an pendant 5 ans ; 
– la prise en charge par l’Etat des recherches stratégiques ; 
– la motivation de l’ensemble du personnel par la revalorisation des salaires. 
Excellence, Monsieur le Président de la République, vous devez être fier de votre outil de recherche, qui en plus des résultats produits, a assuré la formation à la recherche par la recherche de tant de cadres de haut niveau, aujourd’hui professeurs titulaires dans les différentes universités du Sénégal. 
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération et de mon entier dévouement. 
• Dr Emile Victor Coly  
• Directeur de recherche 
 

 

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