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le 23 décembre 2
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du Premier Ministre

GUERRE DE SUCCESSION 
Le seuil du soutenable 
dimanche 19 août 2007, par El hadj Kasse 
Depuis février 2007, soit sept mois, le Président réélu donne l’impression qu’il peine à savoir ce qu’il faut faire de sa victoire. Pendant ce temps, le malaise social et la sinistrose dans le secteur de l’industrie et le monde rural s’accentue. L’enjeu pour Sénégal et les Sénégalais est noyé par une guerre de succesion qui n’a d’ailleurs rien d’héroïque. 
 
Le Sénégal bruit de ses antiques démons. A nouveau, la clameur porte des noms. Des noms qui circulent avec en bandoulière la double arme de la violence et de l’argent, des noms qui s’entredéchirent, se font peur et se détruisent. Au point que la logique actuelle de ceux-là qui animent le pouvoir oblitère les mots : crise énergétique, malaise dans le monde rural, sinistrose en matière d’emploi, flambée exceptionnelle des prix des denrées de première nécessités, crispation du secteur industriel. 
Oui, aux grands enjeux dont le centre est la quête de grandeur du Sénégal et d’émancipation de son magnifique et endurant peuple, se substitue une vilaine guerre de succession qui n’a même plus rien d’héroïque. Depuis sept mois, le Président a été réélu. Une assemblée nationale quasi-monocolore a été installée. Mais on attend encore ne serait-ce qu’un petit geste indicatif d’une direction. 
Le Sénégal est devenu une vaste scène où un théâtre d’ombres impose des acteurs ombrageux qui gèrent un mélodrame qui n’enchante plus même les plus spectateurs sans souci. Et bien évidemment, la politique s’absente tandis que les noms (des prétendants à la succession et du metteur en scène) se déploient frénétiquement dans la seule logique de l’accaparement et du petit intérêt individuel. 
Les gouvernants, savent-ils seulement lire les signes de l’impatience populaire et les bégaiements significatifs de l’histoire ? Je suis tenté de répondre par la négative tant ce qui se passe actuellement surpasse la surdité au moment même où des bruits de fond laissent entrevoir que la patience et l’endurance des Sénégalais sont à la lisière du soutenable. Le Président et son parti semblent n’entendre que leur propre voix et restent dans une voie qui n’est nullement celle de la patrie. 
Où et quand a-t-on accueilli une initiative ou une mesure hardie pour faire face à l’inflation, pour redonner un coup de fouet à l’industrie, pour impulser une nouvelle dynamique dans le secteur de l’énergie, pour rendre visible et lisible un nouveau cap après sept ans de gestion et sept mois de réélection, pour inspirer espoir à la jeunesse désemparée ? 
L’opinion générale est au défaitisme, et on le sent un peu partout. Les gens ont tendance à dire que « de toutes les manières on ne peut rien attendre des Sénégalais quant à l’action et le président et son parti feront ce qu’ils veulent ». Erreur : la conjoncture actuelle est comme un triangle et on sait que la base de tout triangle n’a jamais été que l’énergie dont la tendance est à une forte poussée qui outrepasse le sommet. Les Sénégalais sont comme tous les peuples du monde : ils connaissent ce qu’on appelle le seuil indépassable. Ce sont en général ceux qui sont aux commandes qui ne savent pas lire les signes lorsque ce seuil est en passe d’être atteint. Car tout théâtre n’a de sens que s’il promet un dénouement quelconque : s’il promet une fin. Hélas, le mélodrame libéral ne promet rien ! 
Le Sénégalais qu’il faut au Sénégal 
Le pays de Kocc est arrivé à une étape très importante de sa vie. Les feux sont au rouge, sonnant l’alerte générale. C’est dit. Maintenant, c’est (...) 
Le pays de Kocc est arrivé à une étape très importante de sa vie. Les feux sont au rouge, sonnant l’alerte générale. C’est dit. Maintenant, c’est l’heure des ambitions pour chaque citoyen. Chacun y va de son propre chef pour s’illusionner et se plaire à prétendre "devoir" ou "pouvoir" driver le gros business de l’état. Danger. Qu’on évite justement de tomber dans le vide, parce que croyant qu’on est en manque de leaders capables de mener à bon port notre bateau. Les mis en cause sont les médiocres qui ont, comme des parasites dans un sac d’oignon ou de pomme de terre, influer sur ce qui devait être la bonne évolution vers les temps présents vécus par les plus grands pays de ce monde. Le Sénégal en marche. C’est ce qu’il faut. Diantre ! 
 
La grandeur de l’être humain réside en ses capacités à dépasser les événements et ses qualités d’absorption et d’emmagasinement de ses échecs et à faire face aux obstacles présents et futurs pour relever les défis presque impossibles, et donc, réussir. Cela signifie la possibilité à pouvoir se surpasser en circonstance. Des valeurs et préceptes de décence, voire de bon sens sont développées ainsi pour permettre à la personne qui en est imbue de s’autosatisfaire en tout et pour tout. Cela signifie qu’on est arrivé à un tournant intéressant pour les citoyens sénégalais : plus question maintenant de dépendre de qui que ce soit, encore moins de confier sa destinée à quiconque, lorsqu’il s’agit de se lever tôt le matin pour aller à la recherche d’une vie décente et humaine. Les populations ont  
vie de plus de teneur dans les propositions et promesses qui leur sont faites par les "politiques". Et le défi est lancé à qui veut entendre de s’adresser à ces électeurs, vrais décideurs, qui, dorénavant, ne pardonneront plus une plus petite erreur qui soit. Le Sénégalais qu’il faut à ce pays est un compétitif, qui sait se surpasser face aux événements et qui sait persuader, convaincre et vaincre autrui, c’est-à-dire l’investisseur potentiel. La construction de ce pays ne se fera pas par et avec des gens médiocres, prétentieux et insoucieux, au bord même du narcissisme. Les meilleurs devront être au devant de la scène socio-politique et économique pour une élaboration d’une meilleure société recroquevillée sur les plus grands instincts humains, notamment l’authenticité apposée sur des cultures multiples et riches en concepts de bonnes moeurs. De facto, le succès sera au rendez-vous et la démocratie s’en retrouvera davantage grandie à travers des institutions dignes de leurs appellations, synonymiques à une bonne constitution régulatrice à soubassement juridique appréciable et respectable. C’est seulement et uniquement de cette façon que le Sénégal pourra se glorifier de son statut de grand pays à appartenance mondiale. Un rêve pourtant possible. Et si on se décidait à s’y mettre maintenant. Main - te - nant. 
Source © : Pa Assane Chroniqueur sur Xalima.com 
L’Alternance, 7 ans plus tard, le chant du cygne 
Ce siècle avait trois mois quand le peuple sénégalais, souverain, décida l’Alternance et choisit de confier son destin à Me Wade pour les Sept années à venir.  
La grandeur d’âme et l’élégance dont il fit preuve en la circonstance conférèrent à ces gestes cette beauté que le monde entier a salué au nom de l’exception sénégalaise.  
Faut-il le rappeler ? Nous avons versé des larmes de joie en ce jour béni et avons loué Dieu qui nous a permis de vivre assez longtemps pour assister à ce Big Bang qui est sans aucune mesure possible l’évènement politique le plus important de ce siècle. Depuis, nous vouons à l’alternance une certaine tendresse et c’est cela justement qui nous autorise la liberté de ces quelques réflexions.  
Jamais chef d’Etat n’a tenu entre ses mains autant d’atouts pour réussir sa mission ; un pays pacifié, prêt à tous les sacrifices, des populations enthousiastes en ordre de bataille ne demandant rien de moins que d’aller soulever des montagnes, une élection triomphale, une côte d’amour jamais atteinte, une popularité au zénith et un état de grâce en forme de ravissement.  
Sept ans plus tard, que reste-t-il de tout cela ?  
Force est de se rendre à l’évidence, rien ou presque. Le pays va mal, le riz est devenu amer. La Colombe est blessée, l’espérance se meurt, le rêve a viré au cauchemar et l’extase s’est mue en agonie.  
La famine menace le monde rural, les grandes industries ont fait faillite, le secteur énergétique s’est écroulé, l’inflation enfle, les prix s’envolent, la pénurie guette et notre jeunesse désespérée et rêvant d’Eldorado se résigne à traverser l’Atlantique dans des embarcations de fortune qui ressemblent de plus en plus à des cercueils.  
Au plan politique, la confusion règne en maître, les balises ont été déplacées, les repères gommés, les fondements sapés, la liberté si chèrement acquise vire à l’anarchie, la chienlit s’installe et le désordre est partout.  
Les amis d’hier sont devenus les ennemis d’aujourd’hui et sont bannis de la République, les ennemis d’hier gèrent notre quotidien et régentent nos existences aujourd’hui comme hier, et cela, au nom d’une recomposition politique qui prend tous les jours un peu plus des allures de décomposition politique.  
Autour du Président, les frères qui, dans l’opposition, étaient soudés et unis comme les doigts de la main, voient aujourd’hui cette fraternité se fracasser au choc des ambitions personnelles et des stratégies de positionnement et ils passent le plus clair de leur temps à se tirer les uns des autres. A ce jeu de massacre, nul n’est épargné, toute tête qui dépasse doit être coupée, le mot d’ordre en vigueur au Pds semble être «silence, ici on complote et on exécute» ; jusqu’où et jusqu’à quand ?  
L’alternance, cette révolution tranquille, ressemble de plus en plus à cet ogre qui se nourrit de la chair de ses propres enfants.  
Napoléon disait déjà que les révolutions étaient pensées par les prophètes, exécutées par les héros, mais hélas souvent récupérées par les zéros.  
Qui voit-on aujourd’hui à la table des banquets ?  
A la droite du père, les «transhumants», ces messieurs qui se présentent aux bureaux de vote un bulletin dans une main et une valise dans l’autre, prêts à émigrer dans d’autres cieux politiques pour peu que le scrutin leur soit défavorable ; ils se proposent de voler au secours de la victoire, s’apprêtant à voyager du pouvoir vers le pouvoir simplement en traversant la rue.  
Le Président semble s’éloigner de tous ceux-là à qui il doit tout et qui ont tout fait pour qu’il en soit là au profit de ceux-là qui ont tout fait justement pour qu’il n’en soit jamais là.  
Dans cette atmosphère délétère, les Sénégalais d’en bas, cette armée de grognards, sont laissés en rade sur le bord de la route alors qu’ils constituaient les bataillons, la garde et l’avant-garde du régime de Wade. Ils ont baissé les bras, n’y croyant plus, espérant, par on se sait quel miracle, des lendemains meilleurs qui chanteraient pour redorer leur blason terni. En attendant, c’est la Bérézina, mieux, le chant du cygne.  
Sunugal est devenu un bateau ivre, sans boussole, ni gouvernail, ballotté par les flots, voguant au gré des vents dans une mer de plus en plus agitée.  
Quant à nous, espérons, avant qu’il ne soit trop tard, le ressaisissement qui dissipera ces gros nuages noirs qui s’amoncellent au dessus de nos têtes et nous éloignera de ces récifs que l’on sent si proches.  
Mame Bocar THIAM - Rue 15 x 18 - Médina - Dakar  
Comme si nous étions vraiment amnésiques ! 
Le Pr Iba Der Thiam, premier vice-président de l’Assemblée nationale et coordonnateur de la Cap 21, a déposé, sur la table du président Macky Sall, une «demande de création d’une commission d’enquête parlementaire, pour savoir pourquoi la 2e licence de téléphonie mobile a-t-elle été bradée à vil prix, soit 2 000 fois moins que la troisième» (je ne suis pour rien dans l’inversion du sujet : j’ai exactement cité, du moins le journal). Cet exercice est destiné, selon l’illustre professeur, à «faire toute la lumière sur une opération nébuleuse, dont l’opinion vient d’être informée, pour la première fois, de manière publique»1.  
Que l’on me comprenne bien : je ne conteste pas au coordonnateur de la Cap 21 et à ses amis le droit de croire que, dans l’Assemblée dite de rupture élue le 3 juin 2007, l’initiative se réduit exclusivement à des flots de commissions d’enquêtes parlementaires et de questions orales. M. Thiam a donc tout le loisir de proposer une commission, une de plus, pour «faire toute la lumière sur cette opération ténébreuse» que constitue, à ses yeux, l’attribution de la 2e licence de téléphonie mobile à Sentel. Là où le bât blesse, cependant, c’est quand l’illustre professeur veut nous faire croire que «l’opinion vient d’être informée, pour la première fois, de manière publique», de cette «opération ténébreuse».  
Je comprends de plus en plus pourquoi Me Wade et ses «cuillères» zélées ne se gênent plus le moins du monde à déclarer et à faire n’importe quoi : ils sont sûrs, désormais, de notre amnésie totale. Sinon, comment le Pr Iba Der Thiam peut-il se permettre d’affirmer que «l’opinion publique vient d’être informée, pour la première fois, de manière publique», de l’opération d’attribution de la 2e licence de téléphonie mobile à Sentel ? Cet éminent professeur d’Histoire ne me reprochera sûrement pas de le renvoyer à des sources, des sources irréfutables.  
Dans le communiqué du Conseil des ministres du 12 octobre 2000, repris par Le Soleil des 14 et 15 octobre de la même année, il est écrit exactement ce qui suit : «A propos de Sentel, le chef de l’Etat a déclaré que la licence d’exploitation Gsm lui a été définitivement retirée pour non respect des clauses du contrat et après une procédure régulière de mise en demeure non suivie d’effet. Ainsi, la deuxième licence retirée à la Sentel fera l’objet d’un appel d’offres international, dans la transparence et dans le respect de la défense des intérêts du Sénégal.»  
Cette décision sera confirmée par le ministre de la Culture et de la Communication de l’époque (Mamadou Diop Decroix) dans une rencontre avec la presse le 16 octobre 2000 (Soleil du 17 octobre de la même année, p. 24). Le ministre Diop s’exprima alors en ces termes : «Cette licence accordée le 3 juillet 1998 à la Sentel pour l’exploitation d’un réseau public de radio téléphonie mobile (Gsm) a été retirée le 29 septembre 2000, suite à de nombreuses défaillances relevées dans l’application de la convention qui liait cette société à l’Etat du Sénégal. Cette licence sera mise en vente aux enchères à l’intention d’un repreneur et la Sentel pourra, elle-même, se porter candidate à nouveau si elle le désire, sur la base du cahier de charges qui sera défini par un prochain appel d’offres.»  
Le Pr Thiam pouvait, je le lui concède, ne pas être au courant du communiqué du Conseil des ministres du 12 octobre et de la conférence de presse du ministre Diop Decroix du surlendemain, ainsi que de tous les commentaires qui ont suivi, notamment à propos de ce fameux franc symbolique. Il ne pouvait pas ignorer, cependant, ses propres activités. Dans une contribution publiée au Soleil du 2 novembre 2000, p. 19, le défenseur zélé de la gouvernance de Me Wade déclare, à la suite de la suspension de la licence attribuée à Sentel : «Oui, la situation dont Alizé a jusque-là bénéficié doit, elle aussi, être obligatoirement revue. Comment peut-on continuer d’accepter qu’une société qui affiche 58 milliards de francs de bénéfice continue de ne disposer de sa licence de téléphonie mobile qu’un franc symbolique ? Ne fût-ce que pour respecter le parallélisme des formes, ce qui s’est passé avec Sentel ne peut avoir de sens qu’à la condition d’être appliqué à tous ses concurrents.»  
Et notre professeur, qui avait vraiment raison, cette fois-ci, allait encore plus loin dans sa contribution, en évoquant fort justement le cas choquant de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css). «La nouvelle option du Gouvernement, écrivait-il, ne peut pas ne pas s’intéresser au cas de la Css.» Il se demande, ensuite, pourquoi le Gouvernement du Sénégal a accepté de signer des documents (avenants, conventions d’établissement, protocoles d’accord, etc.) qui «excluent les nationaux d’un des secteurs les plus rentables de notre économie, pénalisent les consommateurs sénégalais depuis 30 ans et défient toute logique économique, au nom de la défense, nous dit-on, de 7 à 8 000 emplois»?  
Notre professeur, se faisant plus tranchant encore, poursuivait : «Eh bien, si le gouvernement avait calculé ce qu’il a perdu en 30 années, il se rendrait assurément compte qu’il pourrait, avec le total obtenu, se doter, à l’heure actuelle, de plusieurs Css et gagnerait encore au change. L’excellent ministre de l’Economie et des Finances, M. Mamadou Touré, l’avait admirablement démontré.»  
Nous savons que le coordonnateur de la Cap 21 y va à fond et sans discernement quand il s’agit de défendre son incomparable champion. Cependant, il nous pose réellement problème lorsqu’il s’emploie, après ce qui précède, à nous faire découvrir, pour la première fois et de manière publique, sept longues années après, «cette opération ténébreuse» de la 2e licence attribuée à Sentel en 1998. Il s’empresse, d’ailleurs, de prendre pour prétexte cette opération pour nous proposer une de ces innombrables commissions d’enquêtes parlementaires dont il a le secret. Il devrait pourtant avoir des scrupules à prendre cette initiative, après le show dont le président de la République nous a «gratifié», lors du Conseil des ministres du jeudi 13 septembre 2007. Sa commission, si toutefois il la maintient, devrait plutôt nous faire la lumière sur la «face cachée du jeu de Wade»3 tout au long du processus d’attribution de la troisième licence de téléphonie mobile. L’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp) n’y a, manifestement, pas joué un rôle significatif : il a été mené de bout en bout par Me Wade et les fils à papa que sont Karim Wade et Thierno Ousmane Sy. Point de doute, désormais, sur cette certitude, après l’exposé de 13 minutes du second nommé, devant le Conseil des ministres de jeudi dernier. La commission du Pr Thiam aurait bien plus d’intérêt à dissiper les sérieuses suspicions qui envahissent chaque contribuable Sénégalais. Les négociateurs de la troisième licence de téléphonie mobile peuvent-ils nous jurer, la main sur le cœur, que Sudatel ne décaissera que 100 milliards de francs Cfa ? Deux, trois, quatre milliards supplémentaires ou plus n’iront-ils pas garnir quelques comptes bancaires ouverts à Nicosie ou ailleurs dans un autre paradis fiscal ? Au lieu de nous ramener sept ans en arrière, la commission de M. Thiam devrait plutôt nous aider à répondre d’abord à ces questions-là.  
Ensuite, pourquoi attendre sept longues années pour proposer une commission sur l’attribution de la deuxième licence à Sentel ? Comme si on ne savait rien, comme si on venait de tout découvrir alors que, pourtant, tout était sur la place publique. Contrairement à ce qu’a voulu nous faire croire le coordonnateur de la Cap 21. Pendant qu’on y est, et l’occasion faisant le larron : si la commission de notre cher professeur nous éclairait sur les résultats de la décision du Conseil des ministres du 12 octobre 2000 de retirer à Sentel la licence qui lui a été attribuée en 1998 ! Qu’en est-il de l’appel d’offres international alors annoncé ? A-t-il été lancé ? Dans quels organes de presse ? Le dépouillement a-t-il eu lieu ? Quand, où et par quelles personnes morales ou physiques ? Pour ce qui me concerne, en tout cas, je n’ai, à l’époque, rencontré nulle part trace de cet appel d’offres, ni jamais entendu parler du dépouillement. Comment la licence est-elle alors retombée entre les mains de Sentel ? Qu’a-t-il réellement fait pour retrouver ce privilège ? Ne l’aurait-on pas astreint au «salut mouride», un «salut mouride» particulièrement consistant ?  
Voilà des questions qui ont été jusqu’ici laissées dans l’ombre, et qui méritent pourtant manifestement que des réponses claires y soient apportées ! Répondons-y d’abord, avant de passer à la troisième licence ! Le long et lourd silence qui a suivi la décision du Conseil des ministres du 12 octobre est suspect, très suspect. Je reste convaincu, jusqu’à preuve du contraire, qu’il y a une grosse anguille profondément cachée sous le retrait de la deuxième licence de Sentel, le 29 septembre 2000.  
Qu’on cesse donc de nous rabâcher les oreilles avec des questions orales et des commissions d’enquêtes parlementaires de circonstance ! La gouvernance libérale, opaque et meurtrie, est jalonnée d’affaires et de scandales de toutes sortes, tous gravissimes. Ils peuvent faire l’objet de mille questions orales et de mille commissions d’enquêtes parlementaires. Le moins grave d’entre eux, il faut toujours le rappeler, peut-être, est motif à destitution pour forfaitures dans les grandes démocraties. L’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, risque aujourd’hui jusqu’à la prison pour une affaire qui, devant les 7,5 milliards de Taïwan ou le «Protocole de Rebeuss», est une vraie peccadille.  
1 Le Populaire du 14 septembre 2007.  
2 Le professeur a raison ici sur toute la ligne. Cependant, ce gros privilège accordé à la Css est plus actuel que jamais. Le gouvernement de Me Wade en a rajouté, d’ailleurs, en attribuant au très liquide Mimran 3 000 hectares supplémentaires de terre dans l’Arrondissement de Mbane, Département de Dagana. Et si M. Thiam proposait une commission pour faire la lumière sur les documents que le gouvernement du Sénégal a signés avec la Css, documents qui «excluent les nationaux d’un des secteurs les plus rentables de notre économie, pénalisent les consommateurs sénégalais depuis 30 ans et défient toute logique économique, au nom de la défense de 7 à 8 000 emplois» ! Que ne nous propose-t-il pas une autre commission qui jetterait un coup d’œil sur la Sonatel, dont les bénéfices sont passés entre-temps à plus de 100 milliards de francs Cfa, pour des services dont la qualité laisse de plus en plus à désirer !  
3 «Une» de L’Observateur du 14 septembre 2007.  
Mody NIANG/ modyniang@arc.sn  
Pour la concertation nationale, contre le tumulte sociopolitique 
 
 
Plus que jamais, le champ politique sénégalais, avec sa tumultueuse ligne de front, renvoie l’image d’un chemin de fer dont on cherche désespérément la mesure de l’écartement des rails. Une chose est évidente, la distance qui sépare les uns des autres hommes de faction s’agrandit. Cela est intervenu depuis l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 25 février, surtout de leur confirmation par le juge politique, de laquelle validation, Abdoulaye Wade, le chef de l’Etat, devait continuer à tirer légalement la légitimité de son exercice du pouvoir. Constitutionnellement, il peut le mener à sa guise, en restant toutefois astreint aux limites édictées par les lois et règlements en vigueur dans le pays. Politiquement, cette camisole lui va autrement. Pour cause, ce que la loi lui accorde comme larges prérogatives de gouvernance, il les retrouve étriquées sur la scène de l’adversité politique. La morale qui existe bel et bien en politique, comme le poisson dans l’eau, contrairement à une opinion à rebours, restreint aussi sa marge de manœuvre à lui laissée par le droit et la politique. Pour n’importe quel esprit juste, il n’est pas heureux de voir un président accepter tout à son camp et refuser le moins à son opposition, du seul fait qu’il est ‘bien élu’ et qu’il dispose d’’une majorité confortable’ dans les assemblées et conseils élus du pays lui permettant de ‘gouverner tranquille’. Alain Touraine ne vaudrait-il pas que l’on définît la démocratie non pas comme une mécanique ‘loi de la majorité’ mais plutôt par ‘le respect de la minorité’.  
Il est vrai, le président de la République définit la politique de la nation selon sa vision et son ambition propres, nomme (et dégomme, une formule qui lui est attribuée) aux emplois civils et militaires conformément à la confiance que lui inspirent les uns et les autres parmi les citoyens, veille à la souveraineté du pays, à l’intégrité de son territoire, à l’intérêt de son économie et de ses finances, bref détient bien des prérogatives de droit. Mais aussi et surtout qu’il est investi d’une mission de garant de la paix civile, de la cohésion nationale et de l’équilibre des institutions de la République, le chef de l’Etat doit ouverture et enthousiasme constants à tous ceux qui, fussent-ils des adversaires féroces aux encablures d’un second mandat, en appellent de leurs vœux, de leur voix et de leurs actions, à la préservation des garanties de la stabilité et de la sérénité du pays, sans lesquelles, rien de sûr ni de durable ne saurait être bâti. Sur ce point, rien ne vaut le dialogue et la concertation entre des citoyens autour d’enjeux nationaux. Le contexte de renchérissement du coût de la vie n’est pas des moindres. Prétexte juste, mais raisons mauvaises, selon le régime. Soit ! Mais, il faut que tout le monde s’y attelle pour arriver à une issue moins étriquée.  
Jusqu’à preuve du contraire, l’appel des opposants animateurs du Front Siggil Sénégal s’inscrit dans cette perspective historique. Ce sont des citoyens sénégalais dont le patriotisme n’a d’égal, en mon sens, que l’étendue des charges d’Etat dont ils ont été investis, il y a peu pour la plupart d’entre eux. Certes, leurs vis-à-vis ne sont moins patriotes, mais l’opposition non parlementaire tient à la concertation, ‘nous avec nous et pour nous’, sur des points cruciaux de l’état de l’ensemble des secteurs de la vie de la nation sénégalaise. Il n’y a point de péché de traîtrise à la partie à plaider pareille cause !  
Les écritures saintes comme profanes ont développé toute une littérature sur la nécessité de la concertation qui, plus qu’un simple vocable, demeure un ressort essentiel au maintien de la cohésion dans une communauté humaine. Un peuple qui ne dialogue pas s’étreint (pour ne pas dire, risque de s’étriper comme l’histoire l’a montré ailleurs) avec des monologues vengeurs, le bruit permanent, le tumulte généralisé, la dispute établie, la controverse infinie, le démêlé inextricable, la chamaille puérile, la lutte déloyale, l’adversité irréfléchie, l’inimitié incurable et l’animosité inadmissible. Grosso modo, tout ce dont un homme moderne se refuserait comme qualités personnelles.  
Hélas, comme ‘le monde entier’ est en train de le constater, nous vivons la chamaille ici, moins que de besoin. D’où, la légitimité de tout appel à un débat ouvert, serein et constructif sur ‘l’état de la nation’, secteur par secteur.  
Le Sénégal a plus à gagner qu’à perdre quand ses fils les plus éclairés s’asseyent, se parlent (la première fois depuis près d’un an pour le pouvoir et l’opposition non parlementaire), afin d’échanger et de partager une commune volonté de trouver des solutions urgentes et efficaces à la passe difficile du pays. A mon avis, ce ne devrait pas être non plus une opération de police, à la recherche du coupable (présent ou passé), mais plutôt une médecine d’urgence. Pour l’heure, ce n’est plus le moment pour perpétuer un jeu de ping-pong sur la responsabilité groupusculaire dans la commission du mal porté au peuple sénégalais. En cette circonstance, la polémique reste insignifiante quand le diagnostic est établi et les remèdes envisagés. Point n’est besoin d’être clerc pour en convenir ! Il faut se tirer d’affaire, en organisant le plus rapidement le plus judicieux ‘séminaire national de partage et validation des expériences heureuses et des idées généreuses’, pour reprendre le jargon ‘des experts en consultance’, au profit du peuple sénégalais. Une voie est indiquée par certains, elle avance et gagne des secteurs jaloux de leur autonomie de penser et leur liberté d’action. Mieux, elle ne présente nulle obstruction à la marche des institutions démocratiques et républicaines. A en juger par l’intention manifestée par le Front Siggil Sénégal et ceux qui se sont déclarés favorables à son initiative de convoquer ‘des assises nationales’, il n’y pas l’ombre d’une remise en cause de l’engagement pour la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance politique et économique.  
A l’opposé d’une ambition de politique de développement économique et social, par le biais de grandes infrastructures, en politique pure, une attitude qui tendrait à poser des lignes de chemin de fer à grand écartement est pitoyablement préjudiciable à la capacité d’une nation à se servir de l’intelligence et de la compétence de tous ses fils, chacun dans son domaine de compétence. C’est la pire des choses qui puissent arriver à une nation en construction.  
Est-ce pour une dispute de vocables, il faudrait laisser la situation passer de mal en pis ? Les comptes ne sont pas encore faits pour circonscrire les dégâts de la querelle sémantique ayant rudoyé l’intelligence sénégalaise, avec d’un côté, le grammairien Léopold Sédar Senghor et le scientifique Cheikh Anta Diop, et de l’autre, le premier nommé, encore lui, avec le cinéaste autodidacte Ousmane Sembène. On en oublie encore, surtout le coût politique du conflit fratricide ayant opposé Senghor, toujours lui, à Mamadou Dia (à cause de l’imposition de la pensée unique et de l’exercice solitaire du pouvoir et de leur refus). La liste n’est pas exhaustive car, la suite des évènements politiques, du fait d’une rupture du dialogue politique et de différends non débattus, a été ponctuée de violence, perlée de gouttes de sang, au point de freiner le développement économique et social du Sénégal.  
Cependant, un point de convergence peut être relevé entre ‘les assises nationales’ des opposants et ce dont a fait cas, lundi au cours d’une conférence de presse, le porte-parole du gouvernement sénégalais, Dr Bacar Dia, qui, parlant des présents ennuis des ménages sénégalais, propose un ‘débat profond’ pour les tirer d’embarras. Les deux groupes nominaux diffèrent dans leur formulation, mais livrent le même contenu (un plaidoyer en faveur de la nation). Et si l’esprit servait la lettre sur laquelle, d’ailleurs, les uns et les autres devraient arrêter de se disputer. Entre affirmations et réfutations réciproques, il y a l’essence et l’opportunité d’un dialogue direct, franc et surtout positif.  
Pour le rappel, les pourfendeurs du régime le tiennent pour responsable unique de l’inflation qui s’est ajoutée à la mésentente politique (née du contentieux post-électoral). Pour sa chapelle, le ministre de l’Information et des Relations avec les Institutions qui, en tentant d’expliquer l’impact de la fluctuation malheureuse et accentuée des cours mondiaux sur la consommation domestique, désigne, sans en utiliser l’expression, ‘une inflation importée’ qui serait la cause des derniers malheurs du consommateur citoyen. Ainsi, souligne-t-il l’importance des ‘mesures courageuses raffinées prises’ par le ‘gouvernement de l’alternance’, au moyen de ‘sacrifices (consentis par la puissance publique) pour amortir la spirale’ haussière des prix à la consommation, à l’effet de porter davantage secours aux ‘masses populaires’ happées par ‘la dure réalité de la fluctuation des cours mondiaux’. Ce discours porte en lui-même les limites de l’effort de l’Etat pour un tassement de l’évolution négative des prix des denrées de consommation courante. En clair, l’Etat a fait du mieux qu’il pouvait et l’autre bout de la chandelle, sur ce point précis de la hausse des produits, devrait être l’économie d’’un débat profond’ et non d'une ‘politique politicienne’ (entre pouvoir et opposition). Chiche ! Quand il en conclut par ces termes : ‘L'opposition fait dans la diversion en parlant de concertation, c'est à elle de revenir à la réalité’, on peut entrevoir un exutoire et peut-être, voudrait-il que ce retour à la réalité passât par le dialogue. Assise ou debout, une concertation de responsables nationaux est déjà une solution à l’absence de consensus national sur bien des secteurs vitaux.  
Ps : Il est presque heureux d’entendre le président Abdoulaye Wade, de retour d’Arabie saoudite, emboucher cette trompette pour le compte, le seul pour le moment, de l’Organisation de la conférence islamique projetée les 13 et 14 mars 2008.  
Serigne Adama BOYE Journaliste  
 
SENEGAL-CONSEIL DES MINISTRES 
Wade tance le gouvernement  
jeudi 13 septembre 2007, par Nettali /  
Le premier conseil des ministres, après les vacances gouvernementales, s’est tenu ce jeudi. Un conseil des ministres particulièrement houleux, selon nos informations. 
NETTALI - Houleuse, aura été le conseil des ministres de ce jeudi. Pour cause, démarrée aux environs de 10 heures, elle n’a pris fin qu’à 17 heures. Hormis, Thierno Ousmane Sy qui était venu faire un exposé devant les membres du Conseil des ministres sur le processus ayant abouti à la délivrance de la troisième licence de téléphonie mobile (notamment au groupe soudanais Sudatel), le chef de l’Etat Abdoulaye Wade aura quasiment monopolisé la parole durant cette réunion. 
Le chef de l’Etat a tiré à boulets rouges sur les membres de l’équipe gouvernementale dirigée par Cheikh Hadjibou Soumaré, à en croire nos sources. Celles-ci révèlent que le président Wade, « très en colère », a martelé qu’il n’était pas satisfait du travail effectué par le gouvernement. 
Me Wade a abordé beaucoup de sujets et relevé de nombreux problèmes. En véritable maître des lieux, il a indexé toutes les défaillances qu’il a relevées dans tous les ministères. Nos sources avancent que, rarement, on a vu le chef de l’Etat entrer dans une telle colère en conseil des ministres pour se mettre à tancer presque tous les membres de l’équipe gouvernementale. 
Le conseil des ministres s’est tenu au lendemain du limogeage de Daouda Faye de son poste de ministre des Sports. M. Faye paye ainsi pour toutes les insuffisances notées dans ses actions depuis qu’il a été à la tête du ministère des Sports, dont la cuisante défaite de l’équipe nationale de basket à la récente coupe d’Afrique des nations en Angola et la mauvaise gestion de la crise que vit actuellement le football. 
 
Les dossiers chauds du Président Wade  
jeudi 13 septembre 2007, par Nettali /  
D’importants mouvements sont attendus ce jeudi 13 septembre qui coïncide avec la rentrée gouvernementale. Le Président Wade qui a déjà signé ses fins de vacances avec un mini-réaménagement de l’équipe du Premier ministre Cheikh Adjibou Soumaré. Daouda Faye a été limogé et remplacé par Issa Mbaye Samb au département des Sports. Alors que la Santé revient désormais à Safiétou Thiam, une proche de Viviane Wade, épouse du Président Wade. 
La rentrée gouvernementale ne s’annonce pas de tout repos pour le gouvernement. Depuis ce jeudi 13 septembre en effet, les activités ont repris au niveau de l’attelage gouvernemental. Le premier Conseil des ministres de la rentrée se tient ainsi à la salle des banquets de la Présidence. Et d’importantes mesures individuelles devraient sanctionner cette réunion dirigée par le Président Wade en personne. 
C’est que la rentrée gouvernementale s’effectue dans un contexte marqué par la montée de la tension au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds). Plusieurs ténors sont en conflit ouvert. C’est le cas du Président de l’Assemblée nationale Macky Sall qui a été dernièrement attaqué par le ministre Farba Senghor, proche de la famille présidentielle. Farba Senghor a déclaré que Macky Sall n’avait plus la confiance du chef de l’Etat et que c’est à cause de cela que le Président l’a enlevé de la Primature. Des attaques qui ne sont pas sans rappeler celles qui avaient accompagné Idrissa Seck après son départ de la Primature. 
Un autre duel oppose la responsable des femmes du Pds Aminata Tall à Pape Diop, maire de Dakar et futur Président de l’Assemblée nationale. Ce dernier qui a été confirmé par le Président Wade comme étant son choix pour présider la future chambre qu’est le Sénat a d’ailleurs démissionné de l’Assemblée nationale en attendant son installation. Ainsi, même si ces ténors libéraux ne sont pas tous membres du gouvernement, il reste que ces conflits internes au Pds minent toujours le fonctionnement du gouvernement et déteignent même sur l’ambiance des conseils de ministres. 
On évoque aussi des manoeuvres qui auraient pour but d’affaiblir le Président du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (Craes) dirigé par Me Mbaye Jacques Diop pour donner le poste à un autre responsable libéral. 
Une bataille des tranchées qui se passe dans un contexte où l’on parle d’un retour d’Idrissa Seck dans la famille libérale. Ses lieutenants sont dans l’expectative attendant de connaître la formule des prochaines retrouvailles. Dans tous les cas, la liste des futurs sénateurs (Me Wade choisit 65 des 100 membres) est très attendue par certains responsables libéraux écartés de l’Assemblée nationale et du gouvernement. Sans doute que le Comité directeur du Pds qui devrait être convoqué bientôt abordera tous ces problèmes. 
Mais un bien autre problème attend le chef de l’Etat sur le terrain social. En effet, l’alerte a été lancée par des Ong que la famine menace fortement le monde rural, surtout dans les zones de Fatick et Mbour. Caritas Sénégal, proche du clergé catholique sénégalais a même prévu de contacter ses partenaires étrangers pour faire face à la demande des populations rurales dans ces zones. Dans les zones urbaines, les observateurs constatent une baisse continu du pouvoir d’achat des sénégalais. 
Plusieurs dossiers ont également alimenté les débats comme celui de la troisième licence de téléphonie octroyé à Sudatel alors que cette société ne remplirait pas toutes les conditions sur le plan technique. Des soupçons de dessous de table ont été suscités alors que les partis membres de Siggil Sénégal ont largement dénoncé le bradage des intérêts de l’Etat dans un contexte où l’on annonce que l’Etat sénégalais va vendre les actions qu’elle détient au sein de la Société nationale des télécommunications (Sonatel). 
Comment la troisième licence de téléphonie a été attribuée à Sudatel 
Le Conseil spécial du chef de l’Etat chargé des Ntic, Thierno Ousmane Sy raconte 
jeudi 13 septembre 2007, par Nettali /  
NETTALI - La première réunion du Conseil des ministres, après le retour de vacances du gouvernement, a été l’occasion pour le conseiller spécial du chef de l’Etat chargé des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic), Thierno Ousmane Sy de revenir sur les conditions dans lesquelles la troisième licence de téléphonie a été attribuée au groupe soudanais Sudatel. 
Devant les membres du Conseil des ministres qui effectuaient leur rentrée après les vacances gouvernementales, le Conseiller spécial du chef de l’Etat chargé des Ntic a expliqué tout le processus ayant abouti à l’attribution de la troisième licence de téléphonie au groupe soudanais Sudatel. Thierno Ousmane Sy et Karim Wade étaient chargés par le chef de l’Etat de piloter le dossier. D’emblée, expliquera Thierno Ousmane Sy, lui et Karim Wade ont reçu plusieurs offres de la part de sociétés évoluant dans le domaine des télécommunications, lorsque le dossier leur a été confié par le chef de l’Etat. Thierno Ousmane Sy a rapporté aux membres du Conseil des ministres que c’est le groupe chinois Com Yang qui a été le premier à se manifester. L’offre financière de cette société était chiffrée à 120 millions de dollars. Seulement, indique-t-il, lorsque lui et Karim Wade l’ont présenté au chef de l’Etat, ce dernier l’a repoussé en leur disant que ce n’était pas assez. Selon toujours ces mêmes sources, Thierno Ousmane Sy a poursuivi pour révéler que par la suite, en décembre 2006, Bintel du groupe du milliardaire saoudien Bin Laden avait présenté une offre en décembre 2006, toujours repoussée par le chef de l’Etat. Celle de Belga Com le sera également. C’est dans ces conditions, ajoute toujours Thierno Ousmane Sy, que lui et Karim Wade ont reçu l’offre de Celtel qui paraissait intéressante à leurs yeux. Ce groupe mettait sur la table la somme de 170 millions de dollars. Mais lorsqu’ils en ont fait part au chef de l’Etat, il leur a déclaré que l’offre ne répondait pas à ses exigences. Cette offre repoussée, ils recevront celle de Sudatel qui était comparable à ce que proposait Celtel. Ce qui n’était pas acceptable pour le chef de l’Etat. C’est ainsi, assure Thierno Ousmane Sy qu’il s’est réuni avec Karim Wade pour dire qu’il fallait prendre une décision, rapportent une source proche de l’Anoci. D’ailleurs, le président de la République les encourageait en leur disant durant cette période : « vous êtes proches de l’arrivée ». 
Suggestion du président de la République 
Le président de la République leur a même suggéré, explique-t-il, de demander à tous les groupes intéressés de faire des offres sous plis fermés. Ce qu’ils ont fait. Cela va s’avérer payant, si l’on en croit Thierno Ousmane Sy, puisque Sudatel allait finalement revenir à la charge avec cette offre de 200 millions de dollars. Ce qui mettra aux anges le chef de l’Etat qui dès qu’il a eu vent de cette nouvelle offre leur dira : « c’est le chiffre que je voyais depuis des années ». Puis de leur jeter des fleurs, en saluant l’alliance entre la technicité (celle de Thierno Ousmane Sy) et la maîtrise des finances internationales (celle de Karim Wade). S’en est suivi un exposé de Thierno Ousmane Sy sur les conditions dans lesquelles l’Agence de régulation des postes et télécommunications (Artp) a été mise sur pied, ainsi que ce qui est sa mission. 
Wade : « une loi rectificative des finances décidera le poste où sera transféré l’argent » 
Thierno Ousmane Sy ayant fait la genèse du processus ayant abouti au choix de Sudatel, il ne restait plus qu’au chef de l’Etat de prendre la parole. Et c’était pour préciser que Sudatel allait verser le chèque pour le retrait de l’argent dès que le contrat sera signé. Quant à l’utilisation de ces 200 millions de dollars qui convertis en Cfa rapportent 80 milliards, et non 100 milliards, c’est le chef de l’Etat lui-même qui a fait la précision, il indiquera à l’assistance que le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances proposera un projet de loi rectificatif des finances. Dès qu’on indiquera dans quels postes du budget, l’argent sera affecté, le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances sera chargé de l’exécution, selon toujours Wade. 
La communauté religieuse sénégalaise a célébré, hier, les 10 ans de la disparition de l’ancien khalife général des Tidianes, Abdoul Aziz Sy Dabakh. Une occasion qui a été saisie par des hommes religieux tels que l’Abbé Jacques Seck et l’islamologue, Khadim Mbacké, pour revenir sur les vertus de l’homme qui, de par ses nombreuses qualités, était, tout simplement, un exemple à suivre.  
10 ans déjà que Abdoul Aziz Sy a été arraché à l’affection des Sénégalais. 10 ans que le Sénégal est sevré des bienfaits d’un apôtre de la paix, d’un homme qui ne lésinait jamais sur les efforts quand la stabilité du pays était menacée. C’est cet homme donc que le Sénégal a perdu un 14 septembre de l’année 1 997. Mais, depuis lors, ses compatriotes, reconnaissants, ne manquent jamais de lui rendre un hommage mérité à chaque fois que l’occasion se présente. Et cela a encore été le cas, hier, avec notamment la célébration des 10 ans du rappel à Dieu du saint homme. «En ce jour anniversaire du rappel à Dieu de notre grand père, El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh, nous remercions Dieu. Je dis bien nous remercions Dieu parce que c’était un homme né dans la foi, éduqué dans la foi et qui n’a vécu que dans la foi, pour Dieu. Tout ce qu’il a vécu, de sa naissance à sa mort, ne concerne que Dieu. Tout ce qu’il a pu faire comme bien pour ce pays, pour l’Islam, pour chaque être humain, c’était pour Dieu. Donc si l’Eternel, après l’avoir laissé de longs jours sur la terre, le rappelle à lui, nous sommes dans l’action de grâce. Il ne s’agit pas de regretter sa mort. Il n’y a pas de mort mais plutôt une fin de mission et sa mission a été magnifique. J’en suis témoin, moi qui représentais, chaque année, l’Abbé Hyacinthe Thiamdoum au Gamou de Tivaouane. Il me disait toujours que je faisais partie de la famille », a témoigné l’Abbé Jacques Seck. Le même témoignage a été fait par l’islamologue et le mouride, Khadim Mbacké. En effet, ce dernier retient aussi de l’homme quelqu’un d’exemplaire. « C’était un marabout exemplaire, bien instruit, ouvert, qui entretenait de bonnes relations avec toutes les familles religieuses du Sénégal. En tant qu’ habitant de Touba, je me souviens des visites qu’il rendait aux guides du mouridisme, en particulier, Cheikh Mouhamadou Fadel Mbacké à qui il était, d’ailleurs, lié par des liens de parenté très proches mais aussi à Serigne Saliou Mbacké, l’actuel khalife. C’était un homme qui aimait tous les musulmans. Et, personnellement, à chaque fois que je le rencontrais, il me serrait contre lui. Il me considérait comme son fils. (...). C’était un homme infatigable qui cherchait, tout le temps, à réconcilier les propres membres de sa famille mais aussi les familles religieuses. Il ne se contentait pas de cela. Il jouait vraiment le rôle que tout homme de Dieu doit jouer, c’est-à-dire, essayer de rapprocher les positions, de réconcilier les différentes composantes de la société » dira-t-il. Ces témoignages renseignent donc tous d’une même chose : le Sénégal a enregistré une grande perte avec la disparition de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Nous pouvons, toutefois, nous consoler avec l’espoir que tous les efforts qu’il a fournis, ici-bas, pour inculquer aux hommes des vertus, ne soient pas vains.Thiané NDIAYE 
14 Sep 2007  
 
 
 
 
DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE  
 
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables députés, J’éprouve une très grande fierté, à me présenter, aujourd’hui, devant vous, illustres représentants du Peuple sénégalais, pour me conformer, à une exigence de notre Charte fondamentale.Notre Constitution dispose que le Président de la République détermine la politique de la Nation que le Gouvernement conduit et coordonne sous la Direction du Premier Ministre.C’est donc en ma qualité de Chef du Gouvernement, investi de la confiance du Président de la République, que je viens décliner devant la représentation nationale les grandes lignes de notre programme d’action.Croyez que c’est avec une lucide et profonde responsabilité ajoutée au plaisir d’être ici avec vous, que je me plie à cette tradition républicaine, entouré de tous les membres de mon Gouvernement.Je saisis l’heureuse opportunité de ce mois béni de Ramadan, mois de dévotion, de piété, et de prières pour rendre grâce à Dieu. Je prie pour la paix, la concorde sociale et la prospérité dans notre pays. Que la grâce de ce mois béni couvre les nobles ambitions et les espérances fortes que nous portons tous pour cette Nation.Je voudrais également, en cette occasion solennelle, réitérer tout d’abord et tout particulièrement, mes plus vives félicitations au Président de la République pour sa brillante réélection à la magistrature suprême.Je lui renouvelle l’engagement du Gouvernement tout entier, à s’inscrire dans sa haute vision pour servir la Nation, et toujours demeurer au service et à l’écoute de toutes les couches de la population.Au delà de sa dimension républicaine, la cérémonie de ce jour a valeur de Pacte. Pacte entre le Gouvernement, sous l’autorité de Son Excellence, le Président Abdoulaye Wade, et le Peuple sénégalais à travers ses Honorables représentants que vous êtes, investis de la noble et redoutable mission que vous aurez à cœur, je suis sûr, de remplir avec foi, compétence et détermination.L’entame de cette 11ème législature m’offre également l’occasion, Chers élus, de vous adresser, en mon nom et à celui du Gouvernement, mes plus sincères et chaleureuses félicitations pour la confiance que le Peuple vous a accordée à l’issue des élections législatives du 03 juin 2007.Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,Permettez moi, de vous exprimer à nouveau mes sincères félicitations, pour la confiance que vous ont manifestée vos pairs, qui vous ont élu à une brillante majorité à la tête de notre auguste Institution parlementaire.Le 25 février 2007, le Peuple souverain, a scellé un nouveau bail avec Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, pour conduire les destinées du Sénégal pour les cinq prochaines années. Ce qui confirme ainsi, leur adhésion à sa politique de développement, la consécration du bilan positif du septennat écoulé, la promesse, enfin, d’un avenir meilleur contenue dans son solide programme de campagne.Monsieur le Président, Honorables Députés,En me confiant, en vertu de l’article 79 de notre loi fondamentale, un message à vous délivrer un mois après ma nomination, le Président de la République avait ainsi exprimé son vœu ardent, d’un dialogue permanent, fécond et soutenu entre l’Exécutif et le Législatif.Sans préjuger de la périodicité de nos rencontres, le Gouvernement se fera le devoir d’être entendu, chaque fois que de besoin, par votre auguste Assemblée. A cet effet, les améliorations sensibles déjà observées dans l’environnement et les conditions de travail des parlementaires, seront renforcées, conformément à la volonté exprimée par le Chef de l’Etat.Aujourd’hui, la mission essentielle assignée à notre Gouvernement est d’engager, sans délai, des actions appropriées afin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des sénégalaises et des sénégalais. A cet effet, nous conduirons les réformes structurelles nécessaires dans un contexte de maîtrise des équilibres budgétaires.Ma présence pendant sept ans au côté du Chef de l’Etat comme Ministre du Budget, m’a amené à m’imprégner jour après jour de ses idées et à comprendre ses ambitions pour le Sénégal. Je m’attacherai à les traduire au mieux avec les membres du Gouvernement, afin de relever les défis qui se posent à notre pays.Monsieur le Président, Honorables Députés,Au cours du septennat écoulé, des progrès visibles et considérables ont été notées dans nombre de domaines. C’est le lieu pour moi alors, de saluer ici, avec respect, mes prédécesseurs qui ont contribué à ces résultats, sous la confiance et la haute direction du Chef de l’EtatL’amélioration et l’assainissement de l’environnement des affaires, conjugués aux importants efforts de l’Etat, ont permis de porter le taux d’investissement de 18% à 24% du PIB entre 1999 et 2006.Le taux de croissance économique réelle s’est situé en moyenne autour de 5%, malgré un environnement extérieur relativement défavorable et en dépit des contreperformances observées en 2002 et 2006.L’inflation elle, a été contenue en dessous de 2% durant cette période.La gestion budgétaire a été caractérisée par un bon niveau de recouvrement des recettes et une gestion prudente des dépenses budgétaires. Les recettes fiscales ont progressé de 9% en moyenne par an durant le septennat écoulé, soit un doublement en valeur absolue.Sur la période précitée, la capacité financière de l’Etat s’est notablement renforcée, en dépit de la diminution du taux d’imposition sur les sociétés, voulue par le Gouvernement, qui est passé de 35% en 2003 à 25% en 2006.Ces performances ont permis la prise en charge des priorités déclinées dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté, avec un accent particulier sur les services sociaux de base, l’appui au monde rural et les infrastructures.Sur le plan social, les secteurs de l’éducation et de la santé ont fait l’objet d’une attention soutenue. A partir de 2004, ils ont bénéficié de 50% des ressources du budget de fonctionnement de l’Etat et plus de 25 milliards FCFA d’investissement en moyenne par an sur ressources propres de l’Etat.Ces efforts ont permis de faire passer le nombre de salles de classe dans l’élémentaire public de 18.554 en 2000 à 30.308 en 2006, de réaliser, 226 cases des tout-petits, 62 nouveaux lycées, plus de 400 nouveaux collèges modernes, 2 lycées d’enseignement techniques et 3 nouvelles universités.Dans le même temps, le taux brut de scolarisation (TBS) dans l’élémentaire est passé de 71,8% en 2000 à plus de 81,8% en 2006, avec notamment une élimination des disparités entre filles et garçons.Ces résultats attestent du bon rythme d’évolution vers l’atteinte des objectifs de scolarisation universelle.Dans le secteur de la santé, l’offre d’infrastructures s’est également fortement consolidée. Depuis 2000, 4 nouveaux hôpitaux, 123 nouveaux postes de santé, 9 centres de santé ont été construits et équipés. En outre, 13 nouveaux districts sanitaires ont été créés et plus 200 postes de santé rénovés ou réhabilités. Des efforts ont été également consentis pour le relèvement du plateau technique des hôpitaux.Le paludisme, premier motif de consultation et première cause d’hospitalisation, est bien pris en charge dans les services de soins curatifs. Cela s’est traduit par la baisse régulière depuis 2004, du taux de morbidité qui a été ramené de 24,6% à 18,5% et de celui de la mortalité liée au paludisme qui est passé de 3,8% à 2,3% entre 2000 et 2006.Avec un niveau de 0,7%, le taux de prévalence du VIH/SIDA est parmi les plus faibles en Afrique subsaharienne. Le taux de consultation primaire curative a évolué positivement, passant de 24% en 2000 à 54% en 2006.Le taux de couverture vaccinale est passé de 41% en 2000 à 89% en 2006, et la proportion d’accouchements assistés, de 40% à 59% sur la même période. A cela s’ajoute, la politique de gratuité des accouchements, y compris ceux effectués par césariennes, dans toutes les régions de l’intérieur du pays. Cette mesure sera étendue aux couches défavorisées de la région de Dakar.Concernant l’hydraulique rurale, entre 2000 et 2006, 36 milliards de FCFA ont été investis. Cela a permis la réalisation de 184 forages motorisés, 99 forages à pompes manuelles, 450 puits, 191 châteaux d’eau et réservoirs au sol, l’acquisition de 186 pompes motorisées et plus de 1.324 km d’extensions de réseaux.Le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural a ainsi connu des progrès sensibles pour atteindre 69% à fin 2006 contre 64% en 2004.Pour l’hydraulique urbaine, le taux de branchements particuliers est de 76% en 2006, tandis que le taux de desserte global a atteint 98%, niveau proche de l’universalité.S’agissant de l’agriculture, sur la période 2000-2007, les allocations budgétaires destinées à la subvention des semences d’arachide ont porté sur un montant de 45,6 milliards de FCFA, pour 340.000 tonnes. Sur la même période, les subventions consenties pour les engrais représentent 27,3 milliards de FCFA, pour 332.171 tonnes.A ces actions, il faut également citer :la subvention de plus de 70% accordée au matériel agricole de culture attelé dans le cadre du programme d’équipement du monde rural ;le programme de motorisation initié en 2006 sur les ressources du TEAM NINE pour 8 milliards FCFA ;et enfin, la cession à titre gracieux de tracteurs équipés, de matériels d’irrigation et de divers équipements post-récolte.En outre, la sécurisation du crédit rural a été renforcée à travers la mise en place des fonds de garantie, de bonification et de calamité, pour un montant global de 39,5 milliards de FCFA.Au total, ce sont 317,6 milliards de FCFA qui ont été investis dans l’agriculture entre 2000 et 2006 dont environ 50% sur ressources propres de l’Etat.En plus des investissements dans l’éducation, la santé et le monde rural, les efforts du Gouvernement ont également consisté à préparer l’avenir, en renforçant les infrastructures de soutien à la croissance, et en préservant les emplois et l’outil de production.A cet égard, les investissements substantiels réalisés entre 2001 et 2006, ont permis de porter le réseau, de 9.000 à 10.000 km pour les routes non revêtues, et de 4.000 à 4.805 km pour les routes revêtues. Ces dernières sont devenues de meilleure qualité grâce à l’option de revêtement en enrobé dense.Le nombre de kilomètres de pistes rurales réalisées entre 2000 et 2006 qui est de 1.119 km sera porté à 1.964 km d’ici à fin 2008. Les appels d’offres sont déjà lancés.En termes de préservation de l’emploi et de l’outil industriel, le Gouvernement, sur les directives du Chef de l’Etat, a déployé des efforts importants qui vont conduire à une recapitalisation des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) et au redémarrage des activités de la Société Africaine de Raffinage (SAR).L’ambition du Chef de l’Etat de faire du Sénégal un pays émergent s’est traduite, au cours du septennat, par la conception et la mise en œuvre d’importants projets d’infrastructures structurantes, notamment dans les domaines des transports routiers, aériens, portuaires, de la culture et de l’énergie.A cela s’ajoute, les réformes importantes initiées à partir des réflexions issues du Conseil Présidentiel des Investissements, cadre privilégié de dialogue entre l’Etat et le secteur privé.Cette vision ambitieuse qui constitue une rupture par rapport au passé, a permis de réaliser des projets novateurs, à haute intensité de capital et de main d’œuvre, de promouvoir la créativité et des mécanismes de financements innovants.Elle est porteuse des mutations profondes des structures socio-économiques de notre pays, avec notamment la création de la base infrastructurelle indispensable pour favoriser un développement accéléré et une lutte efficace contre la pauvreté.Ces réalisations qui sont aujourd’hui visibles au grand jour, sont en train de transformer notre quotidien. Elles portent la marque d’une grande ambition et d’un puissant et courageux pari sur l’avenir.L’action du Gouvernement continuera à s’inscrire pleinement dans cette vision du Président de la République.Les efforts en matière d’investissement consentis par l’Etat ces dernières années sont restés compatibles avec une bonne maîtrise des finances publiques.A côté de l’Etat, le secteur privé est également en train de consentir des investissements importants.Dans l’agriculture, l’agro-industrie et l’agroalimentaire privés, les investissements agréés entre 2000 et 2007 ont atteint 75,6 milliards de FCFA pour une génération à terme de 3.931 emplois. Des performances similaires sont également observées dans les télés services qui ont permis la création de 3.077 emplois avec 23,5 milliards de FCFA d’investissement. Dans le tourisme, 2.373 emplois ont créés pour 125,2 milliards de FCFA d’investissement.Monsieur le Président, Honorables Députés,Nous devons tous admettre, qu’au-delà de ce bilan, illustré par les chiffres que je viens d’énoncer, par les bonnes tendances des agrégats macroéconomiques, il y a cependant beaucoup d’attentes et de préoccupations de nos concitoyens non encore satisfaites.Ces attentes sont humaines. Elles participent de la vie d’un peuple en quête d’épanouissement et de bien être.Convenons-en toutefois : elles nécessitent, sans délai, des actions immédiates, bien pensées, bien ciblées et requérant, comme nous l’a toujours instruit le Chef de l’Etat, certaines ruptures dans le pilotage et le suivi de l’action gouvernementale.Oui, nous avons conscience qu’une frange importante de notre jeunesse éprouve beaucoup de difficultés pour accéder à l’emploi. Et je puis vous dire d’emblée que l’emploi des jeunes, l’un des programmes les plus importants du Président de la République, sera au cœur de l’action gouvernementale.Oui, nous savons combien une grande composante de cette jeunesse reste vulnérable aux fléaux sociaux. Nous devons répondre à leurs angoisses, non par l’angoisse, mais par le désir et l’action, afin de trouver des solutions appropriées à leurs légitimes attentes.D’autres jeunes manifestent également leur impatience de se réaliser socialement à travers l’émigration clandestine, quelles qu’en soient les conditions et la destination. Le prix qu’ils paient est souvent lourd. Là également, il est de notre devoir d’agir.Oui, nous avons par ailleurs conscience, que certains de nos concitoyens sont encore confrontés à des difficultés d’accès à l’eau potable, notamment les femmes en milieu rural, dont le quotidien est rythmé, pour certaines d’entre elles, par les corvées d’eau.Oui, nous avons conscience des difficultés relevées ces derniers temps dans la préservation du pouvoir d’achat des ménages.Oui, nous avons conscience qu’une partie de la population des zones périurbaines reste confrontée à des problèmes d’habitat, d’assainissement et de transport.Nous avons aussi conscience que les paysans, pasteurs et pêcheurs sont confrontés à des difficultés pour disposer de revenus stables et réguliers du fait des nombreux aléas climatiques, environnementaux et économiques qui pèsent sur leurs activités.Mais, hélas, nous savons aussi combien le poids des chocs exogènes, dont le plus important cette année est la hausse inconsidérée des prix du pétrole, ruine nos efforts, et impose des contraintes aux ménages et aux activités de production. Cette hausse a conduit le Président de la République à sensibiliser la Communauté Internationale, à travers sa formule de partage des surplus tirés du pétrole, sur les conséquences économiques et sociales de la flambée des prix, sur les populations des pays non producteurs de pétrole, en particulier, les plus pauvres.Dans notre pays, les simulations indiquent qu’une hausse de 10 % du prix du baril fait perdre à l’économie 0,4 point de croissance et accroît l’inflation de 0,3 point.Au-delà des effets du choc pétrolier, nous restons également vulnérables aux fluctuations des cours mondiaux des produits de base qui entrent dans notre consommation courante.Cependant, à tous nos concitoyens, je veux solennellement leur dire, que le Gouvernement a pris la pleine mesure de leurs attentes et est résolument engagé pour leur accès à ces droits fondamentaux.Je dirais, en empruntant au Président de la République sa belle et juste formule, que nous sommes engagés aujourd’hui, à faire face à un « paquet de manques » et non à essayer de procurer simplement à chaque sénégalais un revenu minimum d’un dollar par jour.Nous devons pour cela faire face à deux enjeux majeurs :d’une part, la mise en place des conditions favorables à l’émergence d’un espace de compétitivité propice à la promotion de l’investissement privé et à la création massive d’emplois durables ;et d’autre part, l’amélioration significative et durable des conditions de vie des ménages, l’accès satisfaisant de tous à des services sociaux de base de qualité et la protection des groupes vulnérables.Déjà, dans un souci de défendre le pouvoir d’achat des travailleurs, et suite aux décisions du Conseil Présidentiel tenu le 29 juin 2007, le Gouvernement, pour soulager les ménages, a procédé au gel des droits de Douane sur les produits de consommation courante.Ce qui a permit ainsi de contenir, mais pour combien de temps encore, les effets de la hausse sur le marché international des prix du riz, de l’huile, du pain, du gaz. Le coût de cette mesure pour l’Etat est de 15 milliards de FCFA.Ces efforts seront poursuivis, grâce à un important programme de création de magasins de référence, qui sera entamé avant la fin de l’année, avec une première allocation de 1,1 milliard de FCFA proposée dans le projet de Loi de Finances Rectificative 2007 qui sera soumis très prochainement au Parlement.Par ailleurs, le Gouvernement a déjà annoncé aux organisations syndicales, lors de l’audience que je leur ai accordée le 10 juillet 2007, ses bonnes dispositions à appuyer la mise en place de centrales d’achat au profit des travailleurs.Pour ce faire, nous avons décidé de dégager une enveloppe budgétaire de 1 milliard de FCFA pour promouvoir la création de ces centrales dont les modalités de fonctionnement seront discutées dans les prochains jours avec tous les partenaires sociaux.L’évolution défavorable des prix internationaux des denrées de première nécessité appelle cependant, d’autres mesures de nature fiscale dans le cadre de l’UEMOA ainsi que l’orientation de la demande vers la production céréalière nationale.En effet, au-delà de la difficulté présente, cette évolution des prix internationaux ouvre une occasion unique d’accélérer la marche vers l’autosuffisance alimentaire.C’est dans cette perspective que le Gouvernement a décidé de dégager les moyens nécessaires pour réaliser, dès 2008, l’objectif de production de 300.000 tonnes de riz.Le Gouvernement est déjà en train de concevoir les modalités de constitution d’un stock de sécurité alimentaire portant sur les denrées de première nécessité.Ce dispositif servira aussi bien à approvisionner le marché en cas de pénurie, qu’à mener des actions de régulation dans les cas de spéculation sur les prix.Monsieur le Président, Honorables Députés,Au-delà de ces mesures immédiates, il faudra faire face au premier enjeu, à savoir, favoriser une croissance accélérée et durable, productrice de richesse partagée et d’emplois massifs, dans un contexte de stabilité du cadre macroéconomique et d’approfondissement de la bonne gouvernance.A cet égard, le Gouvernement a défini et s’attelle à la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée.Celle-ci repose sur les deux piliers fondamentaux que sont, d’une part, la mise en place d’un environnement des affaires de classe internationale, et d’autre part, la promotion de filières porteuses de potentiels de croissance, pourvoyeuses de recettes d’exportation et génératrices d’emplois durables.Les mesures contenues dans le plan d’action déjà adopté feront l’objet d’un suivi rapproché en vue d’une mise en œuvre adéquate.Déjà, dix actions majeures sont en cours de mise en œuvre pour mettre l’environnement des affaires du Sénégal aux normes internationales.Plus spécifiquement, dans le cadre de l’exécution de la SCA, la période 2007-2010 sera mise à profit pour mettre aux standards internationaux les infrastructures de base, particulièrement dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, l’aménagement de zones économiques pour l’implantation d’entreprises et la formation.Le Gouvernement poursuivra les efforts en vue de lever les obstacles à l’investissement, au développement du secteur privé et de l’emploi, que sont notamment, la lourdeur des procédures administratives, les difficultés d’accès au financement, le déficit en infrastructures et en ressources humaines de qualité.Dans le sillage de la loi portant modernisation des procédures administratives applicables à l’investissement, des mesures sont déjà prises permettant, aujourd’hui, la création d’une entreprise en 48 heures grâce à la mise en place, au sein de l’APIX, du Bureau d’appui à la création d’Entreprise.Face à la problématique de l’accès au financement, le Gouvernement s’attellera à la mutation du Fonds de Promotion Economique en une Banque de Développement des PME.En outre, il poursuivra ses efforts pour trouver auprès de ses partenaires au développement d’autres lignes de crédit pour le financement du secteur privé.Le Gouvernement poursuivra également son important programme d’infrastructures structurantes. Notre objectif est de consolider les bases fondamentales de l’attractivité et de la compétitivité, et de lever les obstacles à l’investissement, notamment en faveur du secteur privé national.Concernant le renforcement des ressources humaines, l’Etat va déjà créer, en partenariat avec le secteur privé, trois centres dédiés aux BTP, aux activités portuaires et aux industries agroalimentaires. A cela s’ajoutent toutes les actions initiées dans les politiques sectorielles et qui contribuent à la formation professionnelle technique.Le développement des potentiels des filières porteuses sera mené à travers des plans d’actions sectoriels spécifiques concernant les grappes de croissance à savoir, l’agriculture et l’agro-industrie, le tourisme, les industries culturelles et l’artisanat d’art, le textile-habillement, les produits de la mer et l’aquaculture, les Technologies de l’Information et de la Communication et les télé services.A ce jour, le plan d’action de la Stratégie de Croissance Accélérée est intégré à celui du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté. La validation de cette Stratégie fera l’objet d’une loi d’orientation qui sera soumise à votre Auguste Assemblée avant la fin de l’année 2007.En vue de réussir la mise en œuvre de la SCA, un accent particulier sera mis sur la promotion du secteur privé national, et le renforcement de la concertation entre le Gouvernement et le patronat.Pour faire face aux exigences de conquête de marchés extérieurs dictées par le choix des cinq grappes, notre politique commerciale sera plus agressive afin de mieux tirer profit des opportunités attendues de l’AGOA. Il s’agira également de relever les défis attachés aux initiatives destinées aux Pays les Moins Avancés, à notre appartenance aux unions sous régionales et aux engagements des Accords de Partenariat Economique.Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, le Sénégal a l’ambition de se positionner dans le peloton de tête des pays qui fondent leur développement économique et social sur ce secteur.Un des axes principaux de développement des technologies de l’information, de la communication et des téléservices est la production de contenus numériques, à vocation culturelle et éducative.Par ailleurs, l’encouragement à la modernisation de l’administration et des collectivités locales, devrait générer un volume important d’activités pour les entreprises du secteur, ainsi que de nombreux emplois spécialisés, notamment dans le cadre des chantiers numériques identifiés pour « construire le E-SENEGAL ».L’émergence d’une société de l’information crée de nouvelles opportunités sociales, politiques, économiques et culturelles.Aussi, pour relever les défis que pose la fracture numérique, le Gouvernement entend-t-il poursuivre :le renforcement et l’extension des Centres Multimédias Communautaires dans les régions ;la mise en place d’un programme de formation des jeunes au TIC dans le cadre des Centres régionaux d’initiation au TIC ;la libéralisation du marché des télécommunications et la création d’un fonds pour le service universel ;la promotion de l’e - business et la création d’un environnement favorable au développement des services à forte valeur ajoutée.Le Gouvernement soutiendra également la mise en place d’un Centre de Promotion Textile, qui devra être le point focal des organes de représentation des différentes composantes de la grappe « Textile-Habillement ». Cette organisation professionnelle est appelée à devenir l’interlocuteur unique des pouvoirs publics au nom de la profession.Les acquis tirés des axes majeurs de création de richesse devront renforcer les capacités à faire face au second enjeu à travers notamment, l’exécution efficace des politiques et programmes sectoriels retracés dans notre stratégie de réduction de la pauvreté, et qui couvrent tout le champ économique et social.Monsieur le Président, Honorables Députés,En parfaite adéquation avec les douze priorités déclinées par le candidat Abdoulaye Wade lors des dernières élections, les efforts seront centrés, avec l’engagement de tous, sur une transformation profonde des structures socio-économiques qui nous mènera vers l’émergence.Un accent particulier sera mis sur la réalisation d’infrastructures garantissant aux populations urbaines et rurales, leurs droits fondamentaux d’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à une éducation de qualité, à des services énergétiques satisfaisants, à des services de santé améliorés, à la sécurité et à la mobilité des personnes, et bien sûr, à l’emploi et à des revenus stables.La création d’opportunités d’emplois et de revenus stables, dans le monde rural en particulier, sera fortement soutenue.Aussi, une attention toute particulière sera-t-elle portée aux politiques sectorielles dans les sous secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la foresterie.L’objectif dans l’agriculture est d’assurer un approvisionnement stable en produits alimentaires à des prix acceptables et de réduire l’écart de prix entre les marchés sénégalais et étrangers. Cela se fera en améliorant les rendements des exploitations, en encourageant les agriculteurs à davantage cultiver des produits à plus haute valeur ajoutée, tout en adoptant des politiques d’importation appropriées. A cet effet, un accent particulier sera mis sur la maîtrise de l’eau et la disponibilité d’intrants de qualité.Les instruments de mise en œuvre de la Loi d’Orientation Agro-sylvo-pastorale (LOASP), objet d’un consensus entre tous les acteurs, seront progressivement validés et rendus opérationnels.Cela permettra de relever les défis qu’imposent :l’accès à la souveraineté alimentaire ;la réduction de la vulnérabilité des activités agricoles aux aléas climatiques, économiques et environnementaux ;l’intensification et la modernisation des productions avec la facilitation de l’accès des producteurs aux intrants (semences, engrais et produits phytosanitaires) ;ainsi que la promotion des cultures d’exportation.Le Gouvernement poursuivra la stratégie de reconstitution du capital semencier et la reconduction des mesures incitatives de soutien aux producteurs.Des efforts seront faits pour le renforcement du rôle des organisations paysannes, l’amélioration de la productivité des sols, la mise en place d’un système d’incitations à l’investissement privé en milieu rural, et enfin l’amélioration de l’environnement et de la qualité de la production.Le financement du sous-secteur de l’agriculture, sur ressources propres de l’Etat sera poursuivi et mieux centré sur les priorités.L’option de soutien du prix de l’engrais restera un axe prioritaire dans les mesures en faveur du monde rural. Cette option coûtera à l’Etat, en 2007, près de 7,8 milliards FCFA.Le Gouvernement veillera particulièrement à annihiler toutes les velléités de détournement de destination de cet intrant, au détriment de nos laborieux paysans, comme constaté dans un passé encore récent. Nous y veillerons sans faiblesse.Les mécanismes d’acquisition et de mise à disposition des engrais et produits phytosanitaires aux producteurs seront rationalisés.Le programme d’équipement du monde rural initié depuis 2004, sera poursuivi et amélioré dans ses volets motorisation et culture attelée : (matériel de travail du sol, de récolte et de battage, matériel post-récolte, matériel d’exploitation et équipements apicoles, matériel de traite et de conservation du lait) etc.Le dispositif de sécurisation du crédit rural sera renforcé. Les risques liés aux activités agricoles seront davantage pris en compte avec la mise en place, au courant de l’année 2008, d’un système d’assurance agricole adapté aux besoins du monde rural. Rien ne sera assez suffisant pour soutenir le monde rural.La souveraineté alimentaire sera le fondement de la politique de diversification des filières agricoles (sésame, maïs, fonio, manioc).Le Programme National d’Appui à la Sécurité Alimentaire que notre pays vient d’élaborer va contribuer à renforcer la lutte contre l’insécurité alimentaire par l’amélioration des performances des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de l’agroforesterie et de leur modernisation dans une optique de développement durable.En effet, la marche vers l’autosuffisance alimentaire, qui est une priorité de premier plan du Chef de l’Etat, exige de relever le défi du rendement et de la qualité des produits.J’entends ériger cette question au centre de l’action gouvernementale. La gestion des campagnes de production et de commercialisation agricoles, fera l’objet d’un suivi permanent impliquant tous les acteurs sectoriels à même d’apporter leurs expériences et leurs contributions à cette préoccupation essentielle.Sur invite du Chef de l’Etat, je lance un appel solennel à tous les acteurs du secteur, aux bonnes volontés (intellectuels, chercheurs, experts sénégalais de la diaspora), pour qu’ils apportent leur contribution à la réflexion sur la réalisation de l’autosuffisance alimentaire qui est l’un des gages les plus importants de notre indépendance économique.Pour les autres produits agricoles, tout en s’employant à rendre la production locale plus efficiente, il sera nécessaire d’améliorer davantage leur accès aux marchés.Concernant le coton, le Gouvernement s’engage à poursuivre la subvention du paquet technique d’intensification et à apporter son soutien financier au Fonds de Gestion du Risque Prix, institué pour atténuer les effets négatifs de la baisse des cours mondiaux.S’agissant du compte de soutien du prix au producteur d’arachide, un mécanisme pour l’abonder est à l’étude, en vue de l’affectation d’une partie des recettes générées par la taxe de sauvegarde sur les huiles de palme importées.Le Gouvernement compte également accélérer la mise en œuvre du Plan REVA, qui vise à créer des emplois pour les jeunes et à augmenter significativement la production agricole, notamment celle maraîchère, afin de répondre aux objectifs de la Stratégie de Croissance Accélérée et de la lutte contre la pauvreté.Au total, le secteur agricole bénéficiera, d’ici à fin 2009, d’une enveloppe d’au moins, 174 milliards de FCFA d’investissements, entièrement acquis, dont 39% sur ressources propres. Ces financements seront réalisés à travers notamment le Programme de Soutien aux Services Agricoles et aux Organisations Paysannes (PSAOP2), le Programme de Développement des Marchés Agricoles (PDMAS), le Projet de Promotion de l’Entreprenariat Rural (PROMER 2), les programmes d’aménagement hydro agricoles et les Fonds de Sécurisation du Crédit Rural.L’élevage constitue un sous secteur dynamique qui contribue à la satisfaction des besoins alimentaires en produits carnés et laitiers. Il recèle dans notre pays des marges importantes de productivité, ainsi que des opportunités diversifiées de création d’emplois et de génération de devises.Les principales orientations dans ce sous secteur seront centrées autour de l’accroissement de la productivité avec :le renforcement de la sécurité alimentaire, la protection zoo sanitaire du bétail et l’appui aux filières d’exportation ;la poursuite de la création des fermes pilotes, et de l’insémination artificielle ;la formation et le renforcement des capacités des professionnels du sous secteur pour l’amélioration des produits destinés à l’exportation, notamment dans la filière cuirs et peaux ;la sécurisation des activités pastorales et agropastorales, la protection des ressources fourragères, et la lutte contre le vol de bétail.A cet effet, le Gouvernement poursuivra :la réhabilitation des abattoirs régionaux et la construction de nouveaux abattoirs et foirails ;la promotion des Centres d’Impulsion et de Modernisation de l’Elevage (CIMEL) ;l’aménagement des équipements pastoraux (forages pastoraux, parcs à vaccination).L’une des surpriorités du sous secteur sera la mise en œuvre du Programme National de Développement Laitier qui permettra à notre pays de réduire sa dépendance vis-à-vis des importations de lait, et produits laitiers, et d’assurer son autosuffisance en lait dans le moyen terme.Plusieurs actions seront initiées dans ce sens, notamment, la promotion de l’investissement privé et l’appui à l’émergence d’une véritable interprofession dans la filière lait.Le fonds d’appui à la stabulation déjà créé, sera abondé dès 2008.L’ensemble de ces projets devrait permettre de réduire significativement la facture des importations de lait et d’augmenter la production de viande.Dans le sous secteur de la pêche, malgré les contraintes conjoncturelles liées à la régénération de la ressource, notre pays a l’avantage de disposer de conditions naturelles favorables et du savoir-faire reconnu de nos pêcheurs.La pêche constitue un levier essentiel de notre économie de par les revenus importants qu’elle génère, des emplois directs et indirects qu’elle crée, mais surtout pour son important potentiel de croissance.La politique dans ce sous secteur accordera un degré de priorité élevé à la gestion durable et à la préservation de la ressource halieutique, à la satisfaction de la demande nationale, à la valorisation des captures et à la qualification des professionnels.Pour tirer le meilleur parti des opportunités qu’offre ce sous secteur, le Gouvernement poursuivra les actions en cours, afin d’améliorer les conditions d’hygiène sur les plages et les plates-formes de débarquement aménagées.Il s’agira également, en concertation avec les acteurs, de promouvoir une gestion durable des pêcheries, de renforcer la sécurité des pêcheurs en mer, de lutter efficacement contre la surexploitation de certaines espèces halieutiques. Des mesures seront prises pour une meilleure régulation des activités et à une mise aux normes de qualité des filières artisanale et industrielle, ainsi qu’à une gestion intégrée des ressources marines et côtières, notamment par la poursuite du programme d’aménagement des aires marines protégées.L’objectif de satisfaction de la demande nationale en produits de la pêche nous impose de mieux valoriser les ressources halieutiques et de moderniser la pêche artisanale. Nous nous y attellerons par un renforcement de la professionnalisation et de la qualification des acteurs aussi bien pour la pêche que la transformation des produits.Les efforts en faveur de la promotion de la pêche continentale et de l’aquaculture seront poursuivis.Les ressources forestières constituent une source potentielle de revenus additionnels pour le monde rural et une base de ressources pour les activités agropastorales.Nos forêts constituent un patrimoine à protéger, et comme tout patrimoine, elles sont fragiles parce que trop menacées par diverses formes d’agression.Les orientations du Gouvernement dans le secteur sont essentiellement centrées sur le renforcement de la préservation du patrimoine forestier et faunique.Des actions importantes seront menées pour promouvoir une gestion rationnelle des ressources naturelles, conserver la biodiversité, lutter contre la désertification et sauvegarder la faune et la flore.Il s’agira, de l’édification de la grande muraille verte, de l’extension du couvert forestier de 30.000 ha/an à 45.000 ha/an par la multiplication des villages fruitiers et bois de villages, de la réhabilitation de 20 forêts classées par an, de la protection de la faune et de son habitat, et enfin de la promotion des réserves naturelles.Un accent particulier sera mis sur le renforcement du dispositif de lutte contre les feux de brousse, le développement intégré autour des pépinières, la gestion et la restauration des terres dégradées du bassin arachidier.Les produits de la forêt seront davantage valorisés à travers une gestion rationnelle des ressources naturelles.Des efforts seront également faits afin d’utiliser la forêt comme une aire d’éducation, de tourisme, de développement d’activités productives en réponse à une demande variée et dans la perspective d’un usage multifonctionnel des ressources forestières.Le programme de revitalisation des bassins de rétention et lacs artificiels sera poursuivi pour renforcer les opportunités de développement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.Pour conclure sur le monde rural, je peux déjà annoncer que le Gouvernement a décidé d’inscrire une enveloppe de plus de 13 milliards de FCFA dans le projet de Loi de Finances Rectificative 2007, qui sera soumis incessamment au Parlement.Ce montant est destiné à donner un coup d’accélérateur à l’aménagement des pistes rurales pour 3 milliards FCFA, à la réparation de tous les forages en panne au nombre de 126 pour un montant de3 milliards FCA, à la poursuite de l’électrification rurale pour 1,5 milliard FCA, à des actions d’appui à l’agriculture et à l’élevage pour 3,65 milliards FCFA et enfin au raccordement de villages aux ouvrages d’eau potable pour 2 milliards FCFA.Ces allocations ne sont qu’une infime part de l’action d’envergure envisagée en faveur du monde rural et qui sera matérialisée dans la Loi de Finances 2008 et le Programme Triennal d’Investissement Publics 2008-2010.Au-delà du monde rural, l’emploi de manière générale, celui des jeunes en particulier, constitue, comme je l’ai déjà indiqué, un enjeu majeur du quinquennat.Dans ce domaine, le Gouvernement s’emploiera à mettre en œuvre une politique active ayant pour objectifs :la redynamisation des activités structurées et la préservation des emplois existants, la diversification des activités économiques et la modernisation du secteur informel ;le développement de l’emploi local et le ralentissement de l’exode rural grâce à la multiplication des opportunités d’emplois dans ce milieu.Au plan budgétaire, l’étude menée avec les partenaires au développement sur la politique de l’emploi a identifié les obstacles à moyen et long terme, sur lesquels il faut agir pour utiliser les potentialités de notre pays.Le Gouvernement entend, sans tarder, tout mettre en œuvre pour actionner tous les leviers de création d’emploi directs et indirects, en faveur des jeunes et des femmes.Cela se fera, en partie sur ressources propres de l’Etat, en utilisant au mieux les institutions dédiées à cet effet. Je veux parler du Fonds National de Promotion de la jeunesse, du Fonds National d’Action pour l’Emploi, de l’Agence de Développement et d’Encadrement des PME, de l’Agence Nationale pour l’Emploi des Jeunes, du Fonds National pour l’Entreprenariat Féminin.Les organisations populaires de jeunes telles que les ASC qui constituent un vivier d’énergie et de forces vives seront également, un puissant levier de développement de micro-entreprises et d’activités de production qui vont essaimer à travers tout le territoire.Enfin, la création, dès 2008, d’un Observatoire pour l’Emploi constituera une étape importante à franchir pour bâtir une bonne politique d’emploi. Le Gouvernement cherchera à réussir ce pari, en dotant cette structure des moyens dont elle aura besoin pour jouer le rôle très important qui lui est dévolu.Ces instruments viennent en appoint à toute notre stratégie de création massive d’emplois axée sur l’amélioration de la compétitivité de l’économie.Monsieur le Président, Honorables Députés,En plaçant l’Homme au cœur du Développement, Son Excellence, Maître Abdoulaye Wade a centré son action politique sur le Développement Humain.Voilà pourquoi, l’éducation, qui est un des leviers essentiels de notre politique, s’est vue consacrer 40% du budget de fonctionnement global. L’Etat a ainsi pris l’option de donner à chaque sénégalaise et à chaque sénégalais, l’opportunité de se réaliser et de contribuer au développement de notre chère nation. En effet, l’investissement dans l’éducation est l’arbre qui portera nos plus beaux fruits demain.Toutefois, je n’oublie pas qu’un nombre important d’enfants en âge d’aller à l’école primaire n’y vont pas encore. Egalement, d’autres défis restent à relever, en particulier au plan de la qualité des enseignements.Les actions du Gouvernement seront davantage orientées vers :la diversification de l’offre éducative ;le renforcement des acquis en matière d’accès ;l’amélioration significative des rendements scolaires ;le développement des filières scientifiques et techniques ;l’élimination de toute forme de disparités aux différents niveaux d’enseignement ;et enfin, la scolarisation et le maintien à l’école des filles ainsi que des enfants issus des couches et zones défavorisées.N’est ce pas d’ailleurs le lycée Limamoulaye qui a eu à nous donner de si grandes satisfactions lors du dernier concours général ?L’objectif de scolarisation universelle sera poursuivi avec une approche plus intégrée de la petite enfance, de l’enseignement élémentaire et de l’enseignement moyen. Les efforts seront renforcés afin de maintenir la parité filles/garçons dans l’élémentaire. Le taux d’achèvement du cycle élémentaire devra atteindre 85% et celui de redoublement devra être réduit à 5% en 2012.Le développement de la carte scolaire accordera la priorité aux zones rurales et tiendra compte de la demande d’éducation en mettant en place là où les populations le souhaitent, des écoles bilingues formelles franco-arabes ou en introduisant l’enseignement de l’arabe dans les écoles existantes.Les daaras seront modernisés à travers une réforme du curriculum qui intégrera l’introduction du trilinguisme et de la formation professionnelle. Dans cette optique, il s’agira d’améliorer les conditions de vie et d’apprentissage des talibés ; de préparer les apprenants à une insertion socioprofessionnelle ; et de créer des passerelles permettant aux produits des daaras modernes d’intégrer, au besoin le circuit franco-arabe officiel ou classique.Il s’agira de développer des initiatives en matière d’éducation qualifiante des jeunes et des adultes, pour assurer une offre d’éducation et de formation à des publics défavorisés en vue de leur insertion socio-économique.Les efforts d’allocation de ressources budgétaires importantes à l’éducation seront maintenus, avec la recherche d’une plus grande rationalisation et efficacité dans les dépenses.Le rythme de construction de salles de classe sera élevé progressivement, de 800 à 1500, avec l’objectif d’atteindre les 2.700 salles de classe par an nécessaires pour l’atteinte de l’objectif de scolarisation universelle.Il en sera de même pour les collèges d’enseignement moyen et les lycées.La décentralisation du Budget Consolidé d’Investissement ne devra être une contrainte ni à la qualité des infrastructures, ni à l’atteinte des objectifs. C’est pourquoi, le dialogue entre le Ministère de l’Education et les collectivités locales doit être renforcé.Le Gouvernement poursuivra la politique de recrutement des volontaires et des vacataires.Un effort spécial sera fait pour améliorer les infrastructures de formation professionnelle technique. Les lycées, les universités et les écoles professionnelles seront mis à contribution pour satisfaire les besoins croissants en ressources humaines techniques dans le secteur des technologies de l’information et de la communication et dans les autres filières techniques et scientifiques porteuses.Pour tirer le meilleur parti des Collèges Universitaires Régionaux (CUR), des programmes spéciaux de développement seront initiés dans les différentes régions en fonction de leurs avantages comparatifs dans l’agriculture, la pêche, la sylviculture, les activités minières ou manufacturières et le tourisme.Ces actions iront de pair avec la promotion de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée et une meilleure collaboration entre les structures de recherche et de formation et l’entreprise.Les investissements programmés pour les trois prochaines années dans l’éducation et la formation représentent au moins 186 milliards FCFA dont 120 milliards de F CFA sur ressources propres de l’Etat.Ces ressources seront destinées essentiellement :aux programmes d’infrastructures préscolaires, scolaires et universitaires ;à la poursuite de la politique de gratuité des manuels scolaires ;à la construction et l’équipement des Ecoles de Formation des Instituteurs (EFI) ;et à la poursuite des activités en alphabétisation et promotion des langues nationales.Concernant l’enseignement supérieur, il est prévu, à moyen terme la création de l’Université des Métiers de Saint Louis, d’une Université à Diourbel, du CUR de Tambacounda, de l’Université de Kaolack, de l’Université Africaine de l’Excellence de Saint Louis et de l’Université du Futur Africain.La formation technique professionnelle est un puissant levier d’accès à l’emploi, en ce qu’il permet de mettre sur le marché de l’emploi une main d’œuvre qualifiée répondant aux besoins du secteur productif.Dans ce cadre, des espaces de partenariat seront mieux aménagés avec le secteur privé, afin de favoriser le perfectionnement et la mobilité professionnelle.Les actions prévues concernent la construction des centres, déjà évoquée, ainsi que la formation professionnelle des filles et des femmes dans les centres régionaux.Il s’agira de veiller à une école de qualité. Le monde a changé et l’école avec. Nous devons donc nous ressaisir et repenser les valeurs qui doivent régir notre système éducatif.L’avenir de nos enfants est à ce prix, c’est-à-dire l’avenir du Sénégal et notre développement. Nous sommes tous interpellés dans cette introspection !J’invite tous les acteurs sociaux à joindre leurs efforts pour mettre fin aux perturbations récurrentes que connaît notre école. A cet égard, je voudrais solennellement dire ici que le Gouvernement respectera tous ses engagements vis-à-vis des syndicats.Au demeurant, pour apporter une solution définitive à la situation des volontaires et contractuels de l’enseignement, nous avons pris la décision de titulariser à partir de 2008 tous les enseignants des corps émergents titulaires de diplômes professionnels requis et remplissant les conditions.Monsieur le Président, Honorables Députés,La bonne santé des populations est un préalable à toute aspiration au développement. Notre politique dans ce secteur s’inscrit dans la ligne de l’atteinte des OMD notamment la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant, la lutte contre le VIH-Sida, le paludisme, la bilharziose et la tuberculose.Les efforts seront renforcés pour maintenir un taux de prévalence du Sida inférieur à 1% et celui de la couverture vaccinale à, au moins 80% sur l’ensemble du territoire. La morbidité et la mortalité liées au paludisme devront être réduits de 50% d’ici 2012.Le troisième âge mérite notre attention soutenue. C’est le fondement même de nos traditions et culture. Aussi, seront revues à la hausse et portées à 1 milliard de FCFA dès 2008 les ressources allouées au plan SESAME, destiné à la prise en charge gratuite des personnes âgées de plus de 60 ans. Ce plan sera soutenu également par un programme de formation en gériatrie.Une attention particulière sera accordée aux maladies chroniques, au dépistage précoce des cancers du col de l’utérus, du sein et du foie.L’accent sera mis au cours des prochaines années sur :la prévention de la maladie ;la couverture vaccinale, le suivi de l’enfant et des femmes enceintes ;le renforcement de l’offre de services de santé au profit des groupes vulnérables et dans les zones les plus défavorisées ;le relèvement du plateau technique et l’amélioration de la qualité des soins.Le Gouvernement s’emploiera davantage à renforcer la qualité et la disponibilité des ressources humaines et à promouvoir des mécanismes appropriés de couverture du risque maladie, pour les couches les plus défavorisées. A cet effet, la carte sanitaire sera mise à jour et validée.Les réalisations déjà prévues d’ici 2009 portent sur une enveloppe d’au moins 123 milliards FCFA dont 54 milliards FCFA en financement sur ressources propres de l’Etat.Ces ressources permettront notamment :la construction de l’Hôpital Dalal Jaam (en cours) ;la construction, la réhabilitation et l’équipement de nouveaux postes de santé dans les régions ainsi que la poursuite de la réalisation des centres de santé en cours à Popenguine, Niakhar, et Tivaouane ;la construction des centres de santé de Koumpentoum, de Ranérou, de Kanel et de Kidira ainsi que la réhabilitation de ceux de Bakel et Kédougou ;le renforcement des moyens d’évacuation sanitaire ;la construction de l’hôpital régional de Matam, du centre de transfusion sanguine, et du centre de dépistage du VIH/SIDA ainsi que de 8 postes de santé dans le département de Ranérou.Dans la programmation budgétaire à partir de 2008, nous accorderons encore plus d’intérêt à la santé de la reproduction, notamment chez les adolescents, à la surveillance épidémiologique, à la lutte contre le paludisme, la bilharziose, le SIDA et la tuberculose.De même, des actions seront menées pour garantir l’accès aux médicaments, notamment aux génériques.Dans le moyen terme, il est envisagé la construction :d’un hôpital national pour enfants de 500 lits à Keur Massar ;de deux hôpitaux de 200 lits à Mbour et Saint Louis ;d’un centre national de lutte contre le diabète à Diourbel ;d’un Centre national de référence en ophtalmologie à Tambacounda ;d’un centre international médicochirurgical des maladies du rein à Thiès ;d’un centre de traumatologie et des grands brûlés à Diamniadio ;d’un centre de neurologie à Kaolack ;d’un Institut du cancer à Dakar ;d’un Institut du cœur.Le démarrage de la deuxième phase du Programme de Renforcement de la Nutrition (2007-2011) devra également fortement contribuer à la lutte contre la mortalité des enfants de 0 à 5 ans, d’ici 2011. Elle couvrira 50% de la population rurale dans les 11 régions d’intervention.La santé se consolide également par une pratique sportive régulière. Mais le sport, au-delà de sa contribution à la vitalité de la jeunesse, est devenu un moyen important de promotion sociale de l’individu et des pays, sur la scène internationale.L’Etat entend impulser la pratique sportive par le renforcement des infrastructures existantes et leur modernisation. Les accords déjà signés avec la République Populaire de Chine permettront la rénovation de stades régionaux à Diourbel et Pikine, la construction de l’arène nationale de lutte dont les travaux démarrent en 2008, la construction de l’hippodrome national et du circuit auto moto, prévus sur la période 2008-2010.Il s’agira pour l’Etat de créer pour les sportifs des conditions de travail et de compétition à la hauteur de nos ambitions. Je voudrais saluer la brillante qualification de nos lions du football pour la CAN 2008 et leur affirmer que l’Etat ne ménagera aucun effort pour leur assurer les meilleures conditions de participation à cette compétition. Les lionnes du Basket auront, elles, l’occasion dans quelques jours de conquérir encore une fois un nouveau titre africain. Elles ont la confiance et le soutien du Chef de l’Etat et du peuple sénégalaisMonsieur le Président, Honorables députés,L’amélioration du cadre de vie, condition essentielle à l’épanouissement humain, restera également une des priorités du Gouvernement. Dans ce cadre, les objectifs assignés à la politique en matière d’urbanisme et d’habitat visent à :améliorer le cadre de vie en milieux urbain et rural ;assurer un meilleur accès à des parcelles viabilisées ;éradiquer les bidonvilles et les habitats précaires dans les zones inondables ;et à mettre à la disposition des populations des quartiers périurbains, les infrastructures sociales de base tout en veillant à promouvoir des matériaux locaux dans l’optique de réduire les coûts de construction.Le Gouvernement mettra l’accent sur la promotion de l’habitat social, la prévention et la lutte contre les occupations et constructions irrégulières de même que l’implantation dans les bas-fonds et zones inondables. Des actions seront également menées pour la restructuration et la régularisation foncière ainsi que la promotion de l’utilisation des matériaux locaux de construction.C’est le moment pour moi, de saluer l’ambitieux programme « UNE FAMILLE, UN TOIT » initié par Son Excellence, le Président de la République sur l’ensemble du territoire, tant en faveur des résidents que de nos compatriotes vivant à l’extérieur.Au-delà de la promotion des Zones d’Aménagement Concerté, qui seront étendues dans toutes les régions, une politique de construction de logements sociaux, à l’image du projet Jaxaay, sera développée pour éviter à l’avenir le spectacle poignant de ces milliers de nos concitoyens vivant toute l’année dans des conditions d’habitat insalubre et d’assainissement précaire.Les 3.000 logements du Plan Jaxaay seront disponibles au cours l’année 2008. Les 900 premiers logements réalisés par les promoteurs sénégalais sont déjà habités par les sinistrés et le Plan Jaxaay va se poursuivre dans les régions avec la construction de logements sociaux. Les zones périurbaines feront l’objet, à partir de 2008, d’un programme spécial qui devra contribuer à y renforcer davantage la sécurité, à les doter d’infrastructures sanitaires, éducatives, culturelles et sportives fonctionnelles.Ce programme prendra également en compte l’aménagement d’espaces publics et de loisirs, l’assainissement des quartiers et la gestion des déchets solides.L’amélioration du cadre de vie connaîtra une nouvelle impulsion dès les prochaines semaines.Une enveloppe budgétaire supplémentaire de 4 milliards FCFA sera dégagée dans la prochaine Loi de Finances Rectificative, pour renforcer l’efficacité des actions d’enlèvement des ordures particulièrement, dans la région de Dakar.La gestion des ordures ménagères dans les capitales régionales et les villes religieuses reste une de nos priorités. L’installation d’unités de traitement des ordures ménagères sera poursuivie.Il me plaît d’annoncer, qu’avec le précieux soutien du Chef de l’Etat, le Gouvernement vient d’obtenir du Royaume d’Arabie Saoudite un financement de 12,5 milliards de FCFA destiné à l’acquisition, dans les meilleurs délais, de matériel adéquat pour la gestion des ordures à Dakar et dans les capitales régionales.Le Gouvernement veillera au règlement définitif des problèmes liés aux ordures ménagères notamment dans la capitale.Par ailleurs, des mesures vigoureuses en matière de lutte contre l’encombrement de la voie publique seront prises.Ces mesures, au-delà de l’aspect lié à l’amélioration du cadre de vie, participeront à l’amélioration de la mobilité urbaine.Dans cette dynamique, une société à capitaux mixtes a été créée, dans laquelle l’Etat détient 45% des parts, Cette société recrutera de jeunes volontaires, les ECO VIGILES, qui appuieront la Brigade spéciale chargée des désencombrements dans la capitale. Une allocation de 500 millions de FCFA est programmée dans le projet de Loi de Finances Rectificative 2007, en attendant la mise à disposition de ressources plus conséquentes à partir du budget de 2008.L’assainissement en milieu urbain se pose aujourd’hui de manière récurrente, au regard de l’accroissement rapide de la population urbaine, de la vétusté du réseau dans les villes assainies, de l’inexistence de réseaux fonctionnels dans les principales villes.Notre objectif dans ce domaine est de permettre à 1,730 million personnes supplémentaires d’accéder à un service d’assainissement et de faire passer le taux d’accès à l’assainissement de 61% en 2006 à 65% en 2010.Les investissements prévus sur la période 2007-2010 s’élèvent à 42,4 milliards FCFA. Elles concernent l’extension du réseau dans les villes, l’augmentation de la capacité de traitement de la station de Cambérène, et la construction de stations de pompage.Ces actions viennent s’ajouter au programme d’assainissement mis en œuvre à travers le Projet Jaxaay et le Programme Indépendance.C’est à ce titre que d’importants projets d’assainissement sont en cours dans les villes de Mbour, Tivaouane, Mbacké, Diourbel, Pikine, Saint-louis, Kaolack, Louga et Touba. D’autres projets sont en préparation pour les autres villes.S’agissant de l’assainissement en milieu rural, l’Etat s’engage à renforcer la présence d’édicules publics au niveau des communautés rurales, à maintenir les coûts d’accès aux services à des taux abordables pour les populations, et à améliorer les conditions sanitaires par l’accès à des services d’assainissement adéquats.Les objectifs dans ce domaine sont de permettre à 355.000 ménages ruraux de s’équiper d’un système autonome d’assainissement et d’évacuation des eaux usées ménagères, de faire passer le taux d’accès à l’assainissement en milieu rural de 20% en 2006 à 33% en 2010 et de construire 3.360 édicules publics dans les communautés rurales.Les ressources mobilisables pour l’accès à l’assainissement rural sur la période 2007-2010 s’élèvent à 19.5 milliards de FCFA, pour des besoins estimés à 42,8 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 46%.La recherche du financement complémentaire est en cours auprès de nos partenaires.Concernant l’environnement, des modes de production et de consommation durables seront vulgarisés afin de mieux lutter contre les pollutions, nuisances et risques sur l’environnement, notamment sur l’érosion marine et côtière sur l’axe Mbao Rufisque.Des mesures seront prises dans le sens d’une application rigoureuse du Code de l’Environnement.Concernant l’hydraulique urbaine, les objectifs sont d’assurer l’approvisionnement en eau par branchement particulier de 1,640 million de personnes supplémentaires, et d’atteindre en 2015, un taux de branchement de 88% à Dakar et 79% dans les villes de l’intérieur.Dans ce domaine, nous sommes en avance sur les objectifs. Le taux de global de desserte (branchements et bornes fontaines) qui est de 98% est proche de l’universalité et le taux des branchements particuliers devra être porté de 76% en 2006 à 82% en 2010.La capacité de production disponible pour la région de Dakar permet de faire face à l’évolution de la demande en eau jusqu’en 2012.Le financement du programme d’investissements 2007-2011 est déjà bouclé avec les différents engagements conclus avec nos partenaires au développement, portant sur une enveloppe globale de 41,6 milliards de FCFA.En outre, les problèmes liés à la qualité de l’eau dans les départements de Guédiawaye, de Pikine, dans les régions de Kaolack, Fatick et Diourbel occupent un niveau de priorité élevé dans ce programme.Dans le domaine de l’hydraulique rurale, les objectifs sont d’assurer l’approvisionnement durable en eau potable de 2,3 millions de personnes supplémentaires à l’horizon 2015, et de faire passer le taux d’accès des ménages ruraux à l’eau potable de 69% en 2006 à 73% dans trois ans.Le Gouvernement a déjà obtenu 89% du financement de la première phase (2006-2010) du PEPAM, soit plus de 71,4 milliards de FCFA, dont au moins 25 milliards FCFA sur ressources propres de l’Etat.Les Programmes hydrauliques intègrent la prise en charge de la qualité des ressources en eau (fluor, salinité), ainsi que la correction des disparités entre les régions dans l’accès à l’eau potable.Des efforts importants seront initiés pour les régions de Tambacounda, Kolda, Louga et Ziguinchor, qui enregistrent à ce jour les taux de desserte les plus faibles.En sus des projets en cours, six nouvelles opérations, d’un coût de global de 39,4 milliards FCFA seront mises en œuvre d’ici 2009.Il s’agit des Sous-programmes d’adduction d’eau potable et d’assainissement pour les régions de Kaolack, Tambacounda, Fatick, Diourbel, Thiès, Louga, Saint-Louis, Matam et Touba. Trois de ces opérations sont déjà lancées, les autres sont en cours de finalisation.Ces sous programmes viennent s’ajouter aux autres projets financés annuellement sur ressources propres de l’Etat, à savoir, le programme pour la réalisation de 12 forages multivillages, le renouvellement des anciens forages et le projet de réalisation de 60 points d’eau dans 6 régions.Pour assurer un service public de l’eau efficace et permanent, un plan d’action a été adopté en vue du transfert progressif de la maintenance et de l’entretien des forages aux opérateurs privés.Ceci permettra aux populations, organisées en Associations des Usagers de Forages, de contractualiser directement avec des GIE de jeunes constitués en opérateurs privés.La loi sur le service public de l’eau potable et de l’assainissement vous sera soumise pour adoption dans les prochains mois.Monsieur le Président, Honorables députés,La protection sociale des groupes vulnérables constitue un des principaux axes de notre Stratégie de Réduction de la Pauvreté.Il s’agira d’élargir l’accès des couches défavorisées aux instruments de gestion des risques et aux systèmes de protection sociale, tout en renforçant les mécanismes de transfert des ressources à leur profit.Dans ce cadre, le Gouvernement veillera à allouer davantage de ressources à la protection sociale à travers les politiques mises en œuvre dans tous les secteurs sociaux.Dans ce même ordre, la prévention et la gestion des risques constituent un axe d’intervention essentiel.Il s’agit, notamment des risques tels que les maladies, les accidents, le décès du principal soutien de famille, les handicaps, la vieillesse, de même que la vulnérabilité des enfants abandonnés et des veuves.La politique gouvernementale en direction des femmes et des enfants sera également marquée par des actions visant leur bonne intégration sociale, la promotion et la défense de leurs droits.Le statut social de la femme sera aussi relevé grâce à un référentiel de formation et à la mise en place de mécanismes d’insertion dans le tissu socio-économique.En outre, la fiscalité applicable aux femmes salariées sera en vigueur à partir de 2008.Pour rendre effective l’équité et l’égalité de genre au Sénégal, une attention particulière sera accordée au développement des entreprises de femmes, avec un élargissement de leur accès aux services financiers et à un système de formation en gestion entreprenariale.Par ailleurs, traduisant une autre volonté du Chef de l’Etat, il vous a été donné de voir, sur la voie publique, des jeunes femmes policiers exerçant aux côtés de leurs collègues de sexe masculin, alors que la première promotion de jeunes filles à l’école de gendarmerie s’apprête à rejoindre les différentes structures de ce corps.Cet effort dans l’application de la politique du genre, chère à Monsieur le Président de la République, sera poursuivi et étendu à d’autres forces militaires et paramilitaires.L’Observatoire des Droits de la Femme et de l’Enfant sera mis en place tandis que le Code de l’Enfant, à l’étude au niveau du Ministère de la Justice, sera adopté par le Gouvernement et soumis à votre Auguste Assemblée.Le Gouvernement veillera sur les enfants de la rue, et sur ceux qui sont en conflit avec la loi ou en situation difficile.Cette question qui constitue une préoccupation majeure fera l’objet d’un suivi particulier.En effet, notre pays est touché par cette image inacceptable d’enfants laissés à eux-mêmes. Une action vigoureuse et urgente s’impose.Aussi, face à la mendicité galopante, le Gouvernement, en concertation avec tous les acteurs prendra-t-il des mesures énergiques pour la réorientation des enfants de la rue vers les daaras modernes et les autres centres de réinsertion sociale spécialisés.Concernant la prise en charge des personnes vivant avec des handicaps de toutes sortes, des ressources d’un montant de 350 millions de FCFA sont prévues dans le projet de Loi de Finances Rectificative 2007 pour la réfection et la modernisation du Centre Talibou DABO de Grand Yoff. Les efforts en faveur de cette frange de la population seront poursuivis dans le budget 2008.Au-delà du renforcement du capital humain et de la prise en charge des besoins sociaux de base, le Gouvernement ambitionne d’accélérer la mise en place d’un plateau d’infrastructures structurantes permettant de renforcer les bases à long terme de l’émergence.Dans le domaine des transports, le Gouvernement a engagé des actions d’envergure afin de résoudre définitivement le problème de la mobilité urbaine, notamment à Dakar et lever ainsi une des principales contraintes à la croissance.Les grands chantiers du Président de la République, finiront par transformer complètement notre environnement économique.Concernant le volet routier, le Gouvernement veillera particulièrement à la bonne exécution des grands travaux d’élargissement de la VDN, de la 2ème section de la VDN CICES-Golf, de la route de Ouakam, de la route Patte-d’Oie-Aéroport, de la Corniche ouest, ainsi que le projet d’Autoroute à péage Dakar - Diamniadio sur les tronçons Patte-d’Oie-Pikine et Pikine-Diamniadio. La réalisation de cette autoroute contribuera de façon significative au réaménagement du territoire par l’amélioration de l’accessibilité et à la valorisation des potentialités des villes de l’intérieur.Des avancées sont notées dans la réalisation du pont de Rosso dont les études de base viennent d’être lancées.Au niveau national, d’importants projets seront lancés, notamment les routes à caractère intégrateur telles que la route Tambacounda-Médina Gounass-Frontière Guinée, la route Kédougou- Saraya- Kita, la Boucle du Blouf, la route Kaolack-Mbirkilane-Tambacounda.Les travaux de construction des routes Linguère-Matam, Fatick-Diakhao-Gossas, Oussouye-Mlomp seront poursuivis alors que le démarrage des tronçons Kaolack - Nioro, Kaolack-Sokone et Richard Toll-Rosso sera programmé dès que les études d’exécution y afférentes seront bouclées.Pour les pistes rurales, d’importants efforts ont été faits dans le cadre de la seconde phase du Programme Sectoriel des Transports et le Programme National d’Infrastructures rurales, ils seront poursuivis dans le cadre d’autres programmes comme le Programme National de Développement Local.En ce qui concerne l’entretien du réseau, le fonds routier de seconde génération permettra d’assurer une plus grande rapidité dans la mobilisation des ressources financières nécessaires à l’entretien routier, une meilleure qualité et une meilleure planification des travaux. Ce Fonds d’Entretien Routier autonome sera opérationnel dès 2008.Concernant le transport urbain, le renouvellement des cars rapides et des taxis va connaître une accélération avec l’identification de nouveaux partenaires disposés à mettre en place de nouveaux financements et à assurer le montage des véhicules au niveau local par SENIRAN Auto, SENBUS Industries et d’autres opérateurs privés.Les investissements prévus dans le domaine du transport ferroviaire, pour les prochaines années, concernent l’amélioration des performances du Petit Train de Banlieue, avec l’acquisition de nouveaux équipements (wagons et locomotives). Le partenariat sera poursuivi avec le concessionnaire pour le développement des infrastructures ferroviaires sur l’axe Dakar-Bamako.L’étude de faisabilité du chemin de fer Ziguinchor-Tambacounda-Dakar sera finalisée, ainsi que l’étude stratégique de développement des chemins de fer au Sénégal.Un important programme de maillage équilibré et optimal du pays par le réseau ferroviaire moderne est en cours de préparation. Il s’agit des 4 principaux axes suivants :projet de réalisation de la ligne Ziguinchor-Dakar ;projet de réalisation de la Transsaharienne ;projet de réalisation de la Côtière ;projet de réalisation de la Transcontinentale ;Les options techniques et financières du Schéma Directeur national devant soutenir ce programme seront validées prochainement.Concernant le secteur des transports maritimes intérieurs, le nouveau bateau devant assurer la liaison Dakar-Ziguinchor sera mis en service en 2008.Par ailleurs, le système de desserte maritime des villes côtières, par des bateaux-taxis sera lancé dans les prochains mois.Cette ouverture par la mer donnera un nouveau souffle et un nouvel élan à notre capacité d’entreprendre pour faciliter la vie des populations.Dans le secteur des transports aériens, la réalisation de l’Aéroport International Blaise Diagne de Diass, un des grands projets du Chef de l’Etat, financé à partir de la Redevance de Développement des Infrastructures Aéroportuaires, fera du Sénégal un passage obligé en l’Afrique de l’Ouest et un hub touristique. La procédure de mise en place du financement est maintenant totalement bouclée.Il est important de souligner le professionnalisme qui a caractérisé l’exécution technique et financière de cet important projet, comme attesté récemment dans un rapport d’audit commandité par les banques qui portent le projet et effectué par un cabinet de renommée internationale.Cette infrastructure sera intégrée à la Zone Economique Spéciale, dont la finalisation des négociations avec le Partenaire stratégique interviendra avant la fin de l’année 2007.La Zone Economique Spéciale va offrir un ensemble de services et d’infrastructures qui vont assurer aux entreprises les meilleures conditions d’exercice de leurs activités.Le concessionnaire identifié va construire et mettre à la disposition des opérateurs du secteur national et étranger, des bâtiments industriels clé en main, sur un financement, sous forme d’investissements directs étrangers de 400 milliards de FCFA.La Zone Economique Spéciale, qui sera réalisée suivant les meilleurs standards internationaux, va créer les conditions d’émergence et de développement d’un pôle de compétitivité et de croissance capable d’exercer un puissant effet d’entraînement sur le reste de l’économie nationale.Il est prévu d’attirer en moyenne 400 entreprises au cours des cinq premières années d’exploitation et près de 1.000 entreprises au bout de 20 ans, employant près de 40.000 salariés et créant indirectement près de 100 000 emplois.Il s’agit de créer, dans cette partie du territoire, un pôle économique intégré d’excellence qui permettra une génération massive d’emplois. La zone offrira des possibilités en terme d’exportation de la production agricole (horticulture notamment), mais également des opportunités de transferts de technologies grâce à l’interconnexion avec d’autres pôles économiques d’excellence.En outre, la nouvelle compagnie de desserte domestique, Sénégal Air Téranga, verra bientôt le jour pour assurer la continuité du territoire national.Le Sénégal, en coopération avec l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), va mettre en place en 2008, un Centre régional de Navigation aérienne d’un coût de 5 milliards de FCFA. Ce dispositif va permettre au Sénégal de disposer des moyens modernes de surveillance du trafic et de traitement automatique des données de vol.L’outil portuaire sera adapté à l’évolution des transports maritimes, dans le cadre de la vision stratégique qui consiste à faire de Dakar un port du futur, un port d’éclatement de référence dans la sous région, dotée d’infrastructures de dernière génération.A cet effet, des efforts importants sont consentis en vue de :l’extension et de la modernisation, pour un coût de 16 milliards de FCFA, du terminal à conteneurs qui sera équipé de portiques par le concessionnaire ;l’amélioration des conditions de réception des gros navires et des marchandises par l’extension du môle 2, pour 9 milliards de FCFA ;l’achèvement des travaux de la plateforme de distribution en permettant les opérations de dédouanement sur le site ;la construction d’une gare maritime pour la liaison Dakar-Ziguinchor financée sur ressources propres de l’Etat pour 1 milliard de FCFA.Dans le domaine des mines, le Gouvernement vient de signer, avec le numéro un mondial de l’acier Arcelor Mittal, le projet intégré d’exploitation des mines de fer de la Falémé, dont les réserves sont estimées à 750 millions de tonnes.Le financement du projet est de 2,2 milliards de dollars, soit près de 1100 milliards de FCFA d’investissements comprenant, outre l’exploitation de la mine, la réalisation d’infrastructures structurantes, dont un port minéralier, la rénovation et la construction de 750 km de chemin de fer reliant la mine au port d’évacuation. Ce projet va générer 20.000 emplois directs et indirects et 75 milliards FCFA de redevances annuelles au profit de l’Etat.L’énergie reste au coeur de nos préoccupations. En effet, de par son impact sur les activités économiques et les conditions de vie des populations, elle constitue un facteur essentiel dans la réalisation de nos objectifs de développement.Le déficit de production a été accentué ces dernières années par les effets des incidents techniques de la centrale privée GTI, conjugués aux problèmes d’approvisionnement en produits pétroliers depuis mars 2006. Ces contraintes n’ont pas permis de sentir les efforts consentis depuis 2000 par l’Etat qui a investi a plus de 200 milliards FCFA pour résorber progressivement le déficit de production avec l’augmentation de l’offre de puissance exploitable du parc de 160 MW.Le Gouvernement, pour faire face à la situation, a retenu pour le secteur les orientations suivantes :le renforcement des capacités de production ;la diversification des sources de production ainsi que la promotion des énergies nouvelles et renouvelables, avec un accent particulier sur le biocarburant ;l’accélération de l’électrification rurale avec un objectif de 50% en 2012 ;le renforcement des installations de raffinage et des capacités de stockage ;le développement d’une politique d’incitation à l’économie d’énergie et à l’efficacité énergétique.A court terme, concernant l’électricité en milieu urbain, l’Etat compte injecter, à travers la Loi de Finances Rectificative 2007 qui vous sera bientôt proposée, une enveloppe de 65 milliards de FCFA pour la recapitalisation de la SENELEC.Cette décision complète celles prises depuis mai 2007, à savoir l’allocation d’une enveloppe de 22 milliards de FCFA dont 10 milliards de FCFA pour l’achat de combustible et 12 milliards de FCFA pour la mise en place d’une garantie couvrant un mois de consommation.De plus, afin de continuer à résorber le retard d’investissement et de baisser à terme les coûts de l’électricité, un programme d’investissement de 520 milliards de FCFA sera mis en œuvre d’ici à 2012, avec l’objectif d’accroître les capacités de production de plus de 600 Mégawatts, de moderniser les réseaux de transport et de distribution.Il s’agit notamment pour le court terme de l’extension du parc avec la mise en service de la centrale de Kounoune I d’une capacité de 67,5 MW et la réalisation de la centrale de Kahone d’une capacité de 60 MW.A cela s’ajoute les investissements pour le transport de l’énergie avec la ligne de 225 Kilovolts Tobène-Touba-Kaolack et la réalisation de la boucle de Dakar de 90 Kilovolts pour optimiser et sécuriser la distribution de l’énergie.Pour accroître les capacités de production énergétique et réduire la dépendance du pays vis-à-vis du pétrole, le Gouvernement soutiendra la SENELEC pour la réalisation, d’ici 2010, de centrales à vapeur fonctionnant au charbon et la mise en œuvre des projets d’aménagement hydroélectrique au niveau sous régional, notamment, dans le cadre de l’OMVS, de l’OMVG et du barrage hydroélectrique de Souapéti dans le cadre de la coopération bilatérale avec la Guinée Conakry.Ces efforts nous permettront de répondre à la demande des ménages et de maintenir les gains de compétitivité de l’économie nationale, en rendant l’énergie disponible en permanence et à moindre coût.Je lancerai dans les prochains jours, une concertation avec le patronat, les syndicats et la société civile sur la question de l’énergie pour que nous gérions au mieux les conséquences issues des contraintes actuelles liées à la production.L’intensification de l’électrification rurale reste également une priorité. L’option du Gouvernement est de réduire les disparités en matière d’électrification rurale. Il s’agira pour cela d’assurer la couverture totale en électricité des villages centres afin d’atteindre, dès la fin de l’année 2007, un taux d’électrification rurale de 15%. L’objectif pour 2010 est de porter le taux de couverture à 30 %.L’approche retenue repose sur un maillage du territoire à travers 18 concessions confiées à des opérateurs privés.Les travaux des premières concessions, dont le financement est déjà obtenu auprès de la Banque Mondiale, de la Banque Afrique Africaine de Développement et de l’Allemagne, démarrent en 2007 et concernent les axes Kébemer-Louga-Linguère, Dagana-Podor-Saint-Louis, Kolda-Vélingara, Fatick-Gossas et Kaolack-Nioro.Les collectivités locales et les associations villageoises seront responsabilisées dans la gestion des infrastructures de distribution.Pour atténuer la forte pression exercée, sur l’économie, par les énergies dérivées de sources fossiles, comme le pétrole et le gaz, le Président de la République a fait un pari sur le futur en misant sur les biocarburants, les énergies nouvelles et renouvelables.La création d’un potentiel bioénergétique par la culture d’espèces végétales, pour la production de biodiesel et d’éthanol, se fera dans le cadre d’un partenariat entre le secteur privé et les producteurs qui, par ce biais, s’aménageront de nouvelles sources de revenus tout en conservant la propriété de leurs terres.Concernant la distribution des produits pétroliers, le Gouvernement va créer une structure de régulation des hydrocarbures et augmenter les capacités de stockage du gaz butane à 22.000 tonnes.Monsieur le Président, Honorables députés,La stabilité d’un Etat se mesure, entre autres, à sa capacité à faire face aux défis du développement mais également à la prise en charge des exigences de sécurité de ses citoyens et des impératifs de défense. C’est le lieu pour moi, de magnifier l’attention continue que le Chef de l’Etat, Chef Suprême des Armées, accorde aux Forces Armées et de Police, en témoignage de leur professionnalisme.Il est difficile de ne pas être fiers de nos soldats et forces de police, de douane, de gendarmerie. Il sont les plus solides gardiens du temple et garants de sa pérennité !Leurs efforts conjugués ont permis d’enregistrer des résultats notables dans la lutte contre la délinquance et le grand banditisme, l’usage et le trafic des stupéfiants, la surveillance de nos frontières et de nos côtes ainsi que les opérations de déminage en Casamance. A cela s’ajoute la présence remarquée de nos Forces Armées et de Police sur les théâtres d’opération extérieurs.Ces acquis seront renforcés grâce à un important programme de construction d’infrastructures, à l’acquisition d’équipements et matériels modernes et à une politique de recrutement permettant de densifier le maillage du territoire national.Dans le cadre du renforcement de la sécurité dans les centres urbains, il est prévu notamment, la construction de :trois hôtels de police à Sacré-Cœur - Mermoz, Kébémer et Fatick ;six postes de police à Cambérène, Dalifort, Richard Toll, Dagana, Nioro, Bignona et Colobane ;quatre sous groupements du Groupement Mobile d’Intervention dans les zones Nord, Centre, Sud et Est du pays ;un poste frontalier à Matam.Pour la Gendarmerie, il est envisagé, d’ici 2015, la création d’une légion par région, d’une compagnie par département, et d’une brigade par arrondissement.Concernant la protection civile, il est prévu de doter, à l’horizon 2012, l’ensemble des départements du pays d’unités de sapeurs pompiers, en vue de l’élargissement du dispositif de secours d’urgence, de gestion des catastrophes et sinistres en milieux urbain et rural.Monsieur le Président, Honorables Députés,Le Chef de l’Etat nous invite à des ruptures depuis son accession à la magistrature suprême.Ces ruptures, nous les mènerons en consolidant davantage l’attachement de notre pays aux valeurs républicaines. Le Gouvernement s’évertuera à approfondir l’Etat de droit en veillant au respect des droits humains, à la garantie de la libre expression des libertés individuelles et collectives, au renforcement de la démocratie participative et à une justice équitable et accessible.Ce sont là, autant de facteurs qui garantissent la vitalité de la démocratie, et créent les conditions propices à l’émergence.La deuxième phase du programme sectoriel Justice (2007-2010) en cours, sera poursuivie avec le renforcement des infrastructures et l’amélioration des conditions de travail dans les juridictions.Dans le cadre de la consolidation de la démocratie, l’Etat va améliorer les conditions de développement des médias à travers la réalisation de la maison de la presse pour un coût de 5,4 milliards de FCFA.D’autres initiatives seront mises en œuvre notamment, l’installation de cyber-presses dans les régions, l’augmentation de l’aide allouée annuellement, la création d’un Institut supérieur de Journalisme et la modernisation de la carte de presse.Bien sûr, la démocratie a cette caractéristique qu’elle est une quête. Une quête toujours tournée vers l’excellence, la liberté et le plein épanouissement de l’homme. Elle est un combat de tous les jours et notre pays s’y attelle avec courage et détermination.La marche vers l’émergence exige également une gouvernance économique de qualité.A cet égard, la gestion du système fiscal sera guidée par les principes d’efficacité, de neutralité et de simplicité.Le Gouvernement poursuivra les efforts destinés à l’élargissement de l’assiette de l’impôt, notamment par l’opérationnalisation du cadastre fiscal.Au plan des dépenses, il s’agira d’allouer plus efficacement les ressources aux secteurs prioritaires, et de veiller à une exécution plus efficiente des dépenses.Concernant les réformes budgétaires, le Gouvernement attachera une attention particulière à l’application stricte des dispositions régissant les marchés publics.Le système de passation des marchés publics sera amélioré avec la création de l’Autorité de Régulation des Marchés publics et de la Direction centrale des Marchés Publics qui seront fonctionnelles avant fin décembre 2007 et opérationnelles dès janvier 2008.La transparence sera de rigueur et le Gouvernement va se doter d’ici la fin de l’année 2007, d’un système d’information capable de recevoir, de gérer et de restituer toutes les données relatives à la préparation, à la passation et à l’exécution des marchés de l’Etat, des collectivités locales et des établissements publics.L’approfondissement de la décentralisation apparaît comme une option progressive mais irréversible. Aussi, le Gouvernement a-t-il fait le choix de la décentralisation de l’exécution de certaines ressources du Budget d’investissement. Le Gouvernement finalisera l’étude sur l’évaluation de la décentralisation en vue de son approfondissement.La résorption des retards dans la production des comptes de gestion et des projets de loi de règlement sera une priorité pour satisfaire à l’obligation de rendre compte à nos concitoyens de l’utilisation des ressources autorisées par le Parlement.Les comptes de gestion jusqu’en 2006 seront progressivement envoyés à la Cour des Comptes avant fin juin 2008.Les Lois de Règlement des années 2002 à 2004 seront transmises à la Cour des comptes avant fin 2007 et celles des années 2005 et 2006, avant fin décembre 2008.Notre politique étrangère, sous l’impulsion du Président de la République, constitue un des leviers essentiels pour l’atteinte de nos objectifs de développement.Le Sénégal continuera de rayonner sur la scène internationale en s’appuyant sur des piliers fondamentaux à savoir : une diplomatie de développement et de promotion des Droits de l’Homme et de la bonne gouvernance.Notre pays continuera d’œuvrer avec les autres pays frères africains à la prévention et à la gestion des crises sur le continent, à la rationalisation et à l’efficacité des organisations sous régionales, régionales et continentales.Nous nous emploierons également à diversifier et à densifier nos relations de coopération, à contribuer à la rénovation du dialogue avec le G-8 et l’Union européenne. Nos efforts viseront également la reconnaissance par la communauté internationale de la place qui revient à l’Afrique au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU.De même, nous allons consolider notre rôle dans toutes les organisations internationales notamment au sein de l’Organisation de la Conférence Islamique dont notre pays, au nom de l’Afrique se prépare activement, à accueillir le 11ème sommet.Le Sénégal, qui est honoré à travers cette marque d’estime et de confiance inestimables des pays frères de la UMMA islamique, relèvera le défi de l’organisation de cet évènement majeur.Aussi, à la suite du Président de la République, j’invite tous les sénégalais à mobiliser toutes les énergies nécessaires pour la réussite de ce sommet.Les infrastructures routières de dernière génération en cours de réalisation dans ce cadre, permettront de réduire de manière très significative les problèmes liés à la mobilité urbaine.En outre, avec la réalisation à court et moyen termes de 8 nouveaux réceptifs hôteliers ultra modernes, pour plus de 400 milliards de FCFA, entièrement financés par le secteur privé, notre pays va se positionner comme un des leaders en Afrique, sur le segment très porteur du tourisme d’affaires, qui va contribuer par ses effets induits à l’accélération de la croissance économique.Le sous secteur du tourisme restera ainsi une des mamelles de notre économie avec notamment son fort potentiel de valeur ajoutée.L’objectif majeur est d’atteindre 1.500.000 touristes en 2010 et 2.000.000 à l’horizon 2015, à travers une remontée en gamme du produit balnéaire sénégalais, l’érection de Dakar en pôle international de tourisme d’affaires, de congrès et de réunions internationales ainsi que le développement de niches haut de gamme à vocation culturelle et écotouristique.Monsieur le Président, Honorables députés,Tous les pays émergents ont vécu, une phase d’éclosion culturelle, facteur catalyseur des progrès scientifiques et technologiques, indispensables à toute aspiration au développement.C’est pour cela que le Président de la République, Protecteur des Arts, des Lettres et des Artistes, a fait de la politique culturelle, un des moteurs de sa stratégie de développement.C’est le lieu pour moi, de saluer la mémoire de tous les artistes disparus qui ont tant donné à notre pays, à l’Afrique et au monde et de dire à tous les autres, poètes, écrivains, dramaturges, musiciens, comédiens, cinéastes, et tous les autres créateurs qui rayonnent aujourd’hui à travers le monde, qu’ils sont la fierté de notre pays.Le Gouvernement s’emploiera à renforcer la promotion de la culture à travers la réalisation d’importants projets, à l’instar du Parc Culturel comprenant le Grand Théâtre National, le Musée des Civilisations Noires, le Musée d’Art Contemporain, l’Ecole Nationale des Arts, l’Ecole d’Architecture, la Grande Bibliothèque et la Maison des Archives.L’organisation de la Biennale de l’Art Africain et du 3eme Festival Mondial des arts nègres restera également parmi les événements majeurs de notre calendrier culturel.Le Gouvernement a déjà prévu une dotation budgétaire de 300 millions de FCFA dans le projet de Loi de Finances Rectificative 2007, pour soutenir les artistes dans leurs activités de conception et de production d’œuvres culturelles. Il s’agira d’appuyer l’organisation de manifestations culturelles nationales et internationales, la valorisation du patrimoine culturel par la production audiovisuelle, la promotion du livre et de la lecture ainsi que le soutien à la diffusion des productions musicales.Le Fonds de soutien à l’édition bénéficiera, en 2008, d’une enveloppe budgétaire de 500 millions de FCFA, en conformité avec les engagements pris par le Chef de l’Etat.Le Gouvernement entend également accentuer les efforts déjà initiés, en vue de mener une lutte plus vigoureuse contre la piraterie des œuvres artistiques.L’aménagement de zones de production artisanale, la mise en œuvre du Programme d’Appui à l’Entreprenariat en milieu artisanal ainsi que le renforcement des compétences des organisations professionnelles vont contribuer à la relance de ce sous secteur.Concernant les sénégalais de l’extérieur, le gouvernement mettra en œuvre plusieurs actions pour la protection de leurs droits et leur meilleure implication dans les activités nationales de développement économique et social.Monsieur le Président, Honorables députés,J’ai parcouru avec vous, en prenant le plus souvent des raccourcis, les acquis obtenus depuis 2000, date d’avènement de son Excellence, Maître Abdoulaye Wade à la tête de notre pays.Le chemin a été jalonné de progrès dans beaucoup de domaines, ce qui suscite des espérances encore plus grandes.L’aspiration au bien être, je dirai même, le droit au bien être, quotidiennement exprimée par les populations, va guider nos actions de tous les jours.Nous devons faire plus et mieux, parce que nous avons l’exigence de satisfaire les préoccupations des sénégalais.Nous devons faire plus et mieux en cultivant davantage l’adhésion au travail, sans relâche, et en recherchant quotidiennement l’excellence dans tous les domaines.Nous devons faire plus et mieux, parce que nous avons l’ambition de porter notre pays au rang des nations émergentes.C’est le sens de toute la politique économique et sociale que nous venons de décliner pour les prochaines années.Cette politique, qui découle de la vision d’un Sénégal émergent, se traduira par la mise en œuvre d’une stratégie de croissance accélérée, et le développement de programmes sectoriels structurés avec des actions à court, moyen et long termes. Ces actions qui développeront des synergies entre elles seront essentiellement centrées sur la valorisation de nos ressources humaines et naturelles, la création de richesse et d’emplois, la satisfaction de la demande sociale, la prise en charge des besoins sociaux de base ainsi que la protection sociale des groupes les vulnérables.Aussi, l’action gouvernementale reposera-t-elle sur une échelle de valeur managériale qui privilégiera, et j’insiste beaucoup là dessus, la concertation avec tous les acteurs sociaux, afin d’impliquer les bénéficiaires de l’action publique dans la définition des politiques qui les concernent et de relever, ensemble, les défis.Au nom du Gouvernement, je lance un appel aux partenaires sociaux, afin que cette orientation soit largement partagée, dans le but de répondre au mieux, dans tous les secteurs de la vie économique et sociale, aux attentes légitimes de nos populations.Monsieur le Président, Honorables députés,Le passage de « l’ère du changement en 2000 au changement d’ère en 2007 », auquel le Chef de l’Etat, invite le Gouvernement et toutes les forces vives de la Nation, nous impose une cadence plus accélérée, parce que guidée par notre option résolue de création massive d’opportunités pour tous.Il s’agit-là, d’un passage obligé pour une élévation constante des niveaux de vie des populations, aspirations légitimes non seulement dans ses aspects économiques mais également sociaux.Pour conduire les mutations nécessaires au progrès économique et social, nous misons sur l’ardeur au travail de nos paysans, pasteurs et pêcheurs, l’ingéniosité de nos opérateurs économiques, l’enthousiasme, la créativité et la générosité de notre jeunesse, l’esprit d’entreprise et le savoir faire des femmes, et surtout le dynamisme reconnu des sénégalais de la diaspora, acteur important de la vie économique et sociale, pour relever les défis qui se posent à notre pays.Ce sera grâce à la synergie de toutes les forces motrices engagées dans la bataille du développement, que nous imprimerons ensemble le rythme nécessaire pour accélérer notre croissance.Nous misons ainsi, sur le génie de notre Peuple, sur nos valeurs culturelles faites de foi, de courage, de dignité et d’abnégation.Sur le long terme, il ne sera pas permis au Sénégal de se mettre en marge des tendances lourdes du monde moderne. Il est dès lors impératif qu’une société et qu’une économie enfin adultes servent de référence et progressivement de cadre, aux initiatives et aux efforts des différents acteurs. Une économie et une société riches en relations d’échanges à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.Il s’avère impératif, qu’un effort substantiel soit fait pour susciter et entretenir la créativité et l’esprit d’initiative, pour cultiver la diversité enrichissante et la paix sociale.Pour être viable, notre stratégie devra reposer sur le fonctionnement équilibré de nos institutions, des communautés de base responsables et responsabilisées, ainsi qu’un dialogue permanent entre tous les segments de la nation.J’ai l’intention et la volonté, sous l’inspiration du Président de la République, de cultiver ce dialogue, indispensable au progrès.Le cadre de collaboration que le Gouvernement mettra en place avec les partenaires sociaux reposera sur une vision partagée, d’actions définies ensemble, et mises en œuvre sur le court et moyen termes.Nous allons prochainement, avec les partenaires sociaux, le patronat, les syndicats, définir, autour du Comité National du Dialogue Social, considérablement renforcé, les contours d’un « Pacte National de Stabilité sociale et de Croissance économique » sur le moyen terme. Ce Pacte nous engagera sur des droits et devoirs dont nous conviendrons de manière consensuelle.Il doit nous permettre d’instaurer un climat de confiance favorable au travail et à la croissance ainsi qu’à une meilleure répartition des fruits de cette croissance.Le Gouvernement oeuvrera également à promouvoir l’exercice d’une citoyenneté responsable et active.J’invite, à cet effet, toutes les organisations citoyennes à s’investir dans le contrôle de l’action publique et le renforcement de nos institutions.Le Gouvernement, à ce propos, travaillera à renforcer et à animer le débat démocratique, en informant plus régulièrement le citoyen sur ses politiques et ses actions.Le Gouvernement mettra également en œuvre une collaboration plus efficace avec les partenaires au développement dans le respect de ses engagements.L’appui budgétaire sera pour les prochaines années une des principales modalités de livraison de l’Aide Publique au développement. Cela nous permettra, en concertation avec nos partenaires de définir des procédures simplifiées permettant d’exécuter tous nos projets et programmes dans les délais à la satisfaction des bénéficiaires.L’accord cadre de gestion des appuis budgétaires sera bientôt finalisé et validé avec les bailleurs de fonds.Au mois d’octobre prochain, se tiendra à Paris, sous ma présidence, le Groupe Consultatif sur le Sénégal pour discuter avec tous nos partenaires au développement du financement du Plan d’Actions Prioritaires de notre stratégie de réduction de la pauvreté.Par ailleurs, le Gouvernement conclura avant fin 2007 avec le FMI, un programme sans décaissement, dénommé Instrument de Soutien à la Politique Economique (ISPE). Ce programme permettra de donner un signal fort aux investisseurs privés et aux partenaires au développement sur la viabilité de notre politique budgétaire et de notre bonne gestion macroéconomique.Dès les prochains jours, les différents ministres du Gouvernement auront la charge d’expliquer, avec plus de détail, les aspects sectoriels de la Déclaration de Politique Générale.Un cadre de mise en œuvre et de suivi est également en train d’être mis en place et nous permettra de veiller au respect strict de nos engagements.Monsieur le Président, Honorables députés,Comme nos valeureux paysans qui ont confié leurs graines à la terre généreuse de nos différents terroirs, comme ces milliers de sénégalaises et de sénégalais qui ont choisi d’investir dans leur pays, comme ces milliers de sénégalaises et de sénégalais qui, au quotidien, s’activent pour vivre dans la dignité, comme ces milliers de jeunes, infatigables, sources d’énergie et de vitalité, comme ces femmes sénégalaises qui ont toujours été à l’avant-garde de toutes les conquêtes de notre pays, comme ces hôtes étrangers qui ont pris le parti du Sénégal, j’ai espoir.J’ai espoir que nous allons relever avec bonheur les défis du développement.Le Gouvernement, que j’ai l’honneur de diriger, s’y emploiera avec foi et détermination.Monsieur le Président, Honorables Députés,J’en prends l’engagement, devant vous, Honorables députés, dignes représentants du Peuple, vous qui portez ses aspirations, sa voix, et ses préoccupations, vous qui avez le devoir et la vigilance de nous juger demain sur des actes concrets. Que Dieu vous garde et qu’il nous garde dans un Sénégal en marche vers plus de paix et de prospérité.Je vous remercie de votre bienveillante et aimable attention. 
 
Editorial : Changement d’ère 
 
Comme le Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré : « J’ai espoir ». Comme le Premier ministre, au moment de boucler la lecture de son discours de politique générale, dans la solennité d’une séquence républicaine, je convoque cette image forte à travers laquelle la tradition porte l’harmonie entre l’acte et la foi : « Nos valeureux paysans », confiant la graine à la terre. Il y a analogie entre le défi de hisser le Sénégal au rang de pays émergent et l’œuvre quasi-sacerdotale de faire sortir, du tréfonds de la terre, les plantes et graines nourricières. Le pont qui relie ces deux postures est tenu par les poutrelles droites de l’ardeur au travail, la dignité et la vitalité. C’est au cœur de ces jonctions salvatrices que le chef du Gouvernement, calme, sobre et précis, a cherché à impulser les synergies entre les différents acteurs sociaux de notre pays. De ce fait, la concertation sera une vertu essentielle de l’action gouvernementale. Elle sera le lieu des palabres fécondants pour bâtir, pièce après pièce, une demeure Sénégal dans laquelle il fera encore bon vivre. Le service public trouve dans cette approche son caractère authentique de recherche de convergences utiles entre le concepteur, l’exécuteur des tâches et le destinataire. Enfin, c’est à un exercice de liberté, mais aussi de responsabilité que l’Etat appelle ses partenaires sociaux, sous le binôme « droits » et « devoirs ». La finalité est la promotion d’une citoyenneté active, mais mâture et participative qui s’inspire du style de gouvernance du chef de l’Etat.Hier donc, la saison des semailles a été une matinée de belles prémisses, dans la continuité des sept premières années de moissons fières menées par le président de la République, Me Abdoulaye Wade. Cette nouvelle séquence est le point de raffermissement et de fructification des acquis divers dans l’éducation, la mobilité urbaine, la santé, l’agriculture, l’électrification rurale, les infrastructures dans les régions de l’intérieur, la politique de la jeunesse, la promotion de la femme, une justice équitable, etc. Le nouvel horizon dégagé par le nouveau chef de Gouvernement est à la fois tentant et apaisant. L’arc-en-ciel, qui illumine ce point fixe sur lequel l’équipe gouvernementale a désormais mis le cap, a les couleurs de la performance recherchée dans des domaines aussi divers que précieux. Par exemple, l’autosuffisance en riz apporte aux citoyens la puissance de l’espoir, de même que la prise en charge de l’énergie. La quête d’alternatives, à travers les énergies nouvelles et renouvelables, est une marque de détermination à résoudre une équation dont la cause objective est essentiellement exogène. C’est aussi le signe d’une volonté des pouvoirs publics de ne pas s’exonérer de l’exigence de l’imagination. La recapitalisation de la Senelec, à hauteur de 75 milliards de francs Cfa dans le cadre de la loi des finances rectificatives 2007 est, enfin, une parfaite illustration de la volonté d’insérer du jus au circuit local de production et de commercialisation de l’électricité. Dans les villes comme dans les campagnes, l’Etat s’appuiera sur l’avis constructif du Patronat, de la Société civile, des Collectivités locales et des associations villageoises pour traverser la passe.Cet arc-en-ciel porte aussi les couleurs d’une extension et d’un renforcement des services des armées, de la police, de la gendarmerie, de la protection civile et de la justice à travers un programme de construction d’infrastructures. Une pièce importante dans le renforcement des institutions de la République.La couleur belle d’une République, c’est aussi la gouvernance de qualité. Le Premier ministre ne s’est pas limité à l’évoquer dans son texte dans une clause de style. Cet homme à la compétence avérée saluée par les députés a fait de la bonne gouvernance une « exigence pour l’émergence » dans le sillage d’une option irréversible du président de la République. Fort d’une connaissance transversale et pointue des dossiers de l’Etat à la faveur de son dernier poste dans le Gouvernement (Budget), il assure et rassure sur l’application stricte des dispositions régissant les marchés publics.Les réformes budgétaires annoncées feront de l’Autorité de la régulation des marchés publics et de la Direction de régulation des marchés publics les veilleurs incontournables et infaillibles de la transparence. Ce point, néanmoins, ouvre une fenêtre de fermeté dans un discours d’ouverture et de recherche de convergences constructives. Il en est de même pour la « tempête » promise au monde scolaire avec un mécontentement du personnel enseignant. L’Etat, tout en réitérant la mobilisation du fonds de 7 milliards pour le 31 décembre prochain, n’est pas disposé à céder à la pression avant terme. Conséquemment, toutes les dispositions légales seront prises et assumées afin que l’école fonctionne normalement à la rentrée. Moralité : gérer, c’est respecter tous les droits, mais c’est aussi assumer tous les devoirs vis-à-vis du peuple ! La quête d’un lieu des synergies entre partenaires sociaux embellit aussi l’horizon de secteurs comme la presse, la culture et le tourisme. Sous ce rapport, l’Institut supérieur de journalisme, l’augmentation de l’enveloppe consacrée au Fonds d’aide, la construction de la maison de la Presse pour plus de 5 milliards de francs Cfa, le Parc culturel, le musée d’Art contemporain, l’école des Arts, l’école d’Architecture sont, assurément, les expressions de nos libertés, de nos richesses culturelles et de la mémoire collective. Ils sont la beauté et la voix d’un pays qui, avec le tourisme haut de gamme, reste déterminé à séduire au moins 1.500.000 visiteurs par an. C’est ce même pays qui, aujourd’hui, apaise le cœur d’une communauté internationale.Nous devons à ce fonds affectif et objectif inestimable d’accueillir le 11e sommet de l’Organisation pour la Conférence islamique (Oci), en mars prochain, et la confiance des partenaires au développement comme le Fonds monétaire international (Fmi). Un signal fort aux investisseurs parmi lesquels les Sénégalais de l’extérieur, vaillants ambassadeurs d’un peuple jaloux de ses valeurs de dignité et de foi.La feuille de route de Cheikh Hadjibou Soumaré, comme outil de recherche de synergies, est aussi le support d’une formule fort évocatrice : « Le passage de l’ère du changement, en 2000, au changement d’ère, en 2007 ». L’alternance, comme point de rupture dans une démocratie qui risquait de s’ankyloser faute de changement de régime politique avant le 19 mars 2000, ne suffit pas à Me Wade dans son rapport à la postérité.La porte de l’Histoire - et le chef de l’Etat l’a compris - n’est franchie que par les bâtisseurs d’idéal démocratique, mais aussi d’infrastructures au grand bonheur de l’usager dont la carte d’électeur a été le porte-voix adoubé par la Constitution. Des actes ont été posés. Ils donnent un contenu réel à la forte aspiration manifestée par les Sénégalais pour un changement. D’autres devront être posés, dans une cadence plus marquée, afin que tous aient raison d’avoir dit, un certain 17 septembre, avec le Premier ministre : « Nous avons eu raison d’avoir eu espoir ! »PAR MAMADOU SEYE 
DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE 
"Une pure formalité sans importance", selon le "Front Siggil Sénégal" 
mardi 18 septembre 2007, par Nettali /  
Le Populaire - « La Déclaration de politique générale est une pure formalité. Elle n’a aucune importance et ne représente rien du tout. C’est le président de la République qui décide de tout ». Tel est l’avis des leaders du Front Siggil Sénégal relayé hier, au sortir de leur réunion, par leur porte-parole du jour, Mbaye Diouf, Secrétaire général du Front pour la démocratie et le progrès (Fdp). 
Tous travers que Mbaye Diouf met sur le dos du « régime présidentiel accentué par le caractère de l’actuel président de la République. Dans notre régime, le Premier ministre n’a pas assez de pouvoirs. Quand il s’y mêle le caractère ombrageux du président Wade, les dérives sont plus importantes ». Et de citer en guise d’exemple la participation « scandaleuse » de conseillers techniques au dernier Conseil des ministres. « Quant au fond, c’est le président de la République lui-même qui a piloté le processus de vente de la troisième licence de téléphonie mobile, alors qu’il existe des organismes qui ont vocation pour réaliser cela comme l’Artp. Wade aurait dû se cantonner dans une posture d’arbitre », dénoncent-ils. Les leaders du Fss affirment qu’« avec le bradage des entreprises et des avoirs nationaux, c’est le Sénégal qui est mis aux enchères ». 
Par ailleurs, à la lumière de la présentation que les plénipotentiaires ont fait du rapport de la Céna sur les dernières élections nationales, les leaders du Fss ont constaté « la carence totale » de la Céna et exprimé leur déception : « sur le papier, la Céna a plus de pouvoirs que l’Onel. Elle a un pouvoir d’injonction pour rectifier immédiatement toute irrégularité. À défaut, elle a un pouvoir de dénonciation si le redressement immédiat est impossible ». Le scandale, à en croire Mbaye Diouf, est que la « Céna a attendu que les élections soient derrière nous pour faire part de graves irrégularités dans le processus électoral. Elle aurait dû user à temps de son pouvoir d’injonction ou de dénonciation. La Céna connaissait tout, mais elle est restée passive. Son rapport confirme toutes les contestations que nous avons faites contre les dernières élections ». Qui plus est, selon le porte-parole du Fss, « la Céna n’a pas fait de recommandations, contrairement à l’Onel ». Malgré tout, Mbaye Diouf ne jette pas l’enfant avec l’eau du bain. « Le texte de la Céna, tel que nous l’avons consensuellement défini, sous la direction du professeur Babacar Guèye, est bon. Le vice rédhibitoire se trouve dans les hommes désignés par Wade pour siéger à la Céna. Ces gens-là, comme nous le craignions, n’ont pas fait leur travail correctement ». 
« C’est du réchauffé qui n’a aucune chance de sortir le Sénégal de la crise actuelle », pour d’autres opposants 
La Déclaration de politique générale du Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré n’a pas été bien appréciée par certains leaders de l’opposition qui pensent que « c’est du réchauffé qui n’a aucune chance de sortir le Sénégal de la crise actuelle ». Pour Amath Dansokho, il n’y a rien de nouveau sous le soleil de l’alternance. « Avec tout le respect que je dois au Premier ministre, c’est du réchauffé, c’est le discours tenu par le Pds. Nous avons aujourd’hui un discours rituel, de conformation, ça n’a aucune chance de nous sortir des difficultés. Ce qu’il a dit est inadmissible, ce sont des promesses dont il sait pertinemment qu’il ne va pas les tenir. Tout ça, c’est pour tromper les Sénégalais. Pour eux (ndlr : les gens du pouvoir), tout est très bien, il n’y a pas de crise, de famine dans les campagnes. Nous n’avons en aucunement moment entendu parler de mesures pour secourir les paysans. On ne nous a pas fait le bilan sur le montant des investissements, sur les tonnes de maïs, sur les 700 000 tonnes de bissap, sur le bilan du manioc et en plus, il ne parle pas de l’Anoci ». Pour le leader du Pit, « c’est la preuve que le pouvoir ne changera pas, la politique de pillage et d’impunité va continuer, mais nous continuerons à intensifier notre lutte, à en croire Amath Dansokho. Le leader de Ñaxx/Jariñu Cheikh Sarr ne pense pas moins : « On a retrouvé le même discours depuis les 7 ans. Comparez ce discours avec celui de Macky Sall, vous verrez que c’est la même chose, il n’y a pas de mesure de sortie de crise ». Très pessimiste, Cheikh Sarr soutient que « ce n’est pas ce discours qui va sortir le Sénégal de la crise, mais les Assises nationales que nous voulons organiser ». Cheikh Sarr pense que ce que le Premier ministre devrait dire, « c’est de dissoudre le Sénat, réduire le nombre de députés et de ministres, le train de vie de l’Etat ». 
Quant à Moustapha Fall Che, il a soutenu qu’« en principe, toutes les déclarations de politique générale sont bonnes. La particularité cette fois-ci, c’est que l’homme est un technocrate qui a marqué de ses empreintes sa profession. Il a cerné tous les secteurs de la société. Le Premier ministre a préconisé des solutions de sortie de crise, comme d’ailleurs tous les Premier ministres. Il a bien inventé une image attrayante du futur. Mais, malheureusement, le président ne le laissera pas faire. C’est Wade qui va diriger de manière informelle cette politique avec son fils », dit-il pessimiste. 
De gros mots vides  
C'est aujourd'hui qu'Adjibou Soumaré va faire sa déclaration de politique générale. Au même moment, l'intérieur du pays vit une catastrophe humaine due aux pluies diluviennes et à une absence terrible de vivres dans les greniers. La famine est bien là, malgré les dénégations d'autorités malhonnêtesàsouhait, et en quête de représentativité. Adjibou, de grâce, ne nous parlez pas de taux de croissance, d'agrégats économiques, et on ne sait quoi encore. De grands mots vides de sens, parce que très loin du vécu quotidien de Goorgoorlu. Parlez-nous de la distribution immédiate de vivres de soudure, du déblocage de la situation politique nationale, de la cherté de la vie… Mais malheureusement, comme vos prédécesseurs, vous allez nous parler de la vision du président de la République, le refrain des Pm amorphes. Une vision qui n'a pas encore rempli le panier de la ménagère…  
( Mor Todjangué )  
 
DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE ET DIFFICULTES DES SENEGALAIS 
Quelle potion magique pour Hadjibou Soumaré ? 
Par Ibrahima Lissa FAYE | SUD QUOTIDIEN  
Baptême de feu pour le Premier ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré, ce lundi 17 septembre à l’Assemblée nationale. Il va regarder les Sénégalais droit dans les yeux et leur dire comment il compte les tirer d’affaire, eux qui broient du noir et ploient sous le coup de la cherté de la vie. A côté de la demande sociale et des difficultés économiques, le chef du gouvernement a, par ailleurs, l’obligation de proposer des solutions au réchauffement du front social et à l’impasse du dialogue politique. 
Le cinquième Premier ministre de l’Alternance, Cheikh Hadjibou Soumaré, fait son grand oral aujourd’hui, lundi 17 septembre à l’Assemblée nationale. Il devra ainsi décliner les grands axes de la politique définie par le président de la République qu’il compte mettre en œuvre pour atteindre les objectifs qui lui sont fixés. Ses prédécesseurs comme Idrissa Seck et Macky Sall, très politiques, avaient chacun sa stratégie à proposer. Le premier avait recours à des artifices technologiques de séduction, le second le concept de stratégie de croissance accélérée. En ce mois béni de ramadan, quel plat de rupture fait à base de quels ingrédients va nous servir aujourd’hui le successeur de Macky Sall à la tête de la primature ? Cette question taraude les esprits et donne lieu à diverses spéculations depuis l’annonce de la date de la déclaration de politique générale. Des spéculations et supputations somme toute légitimes compte tenu du contexte socioéconomique et politique marqué par une inflation tous azimuts des denrées de première nécessité, une déliquescence du tissu économique, un front social presque sous tension, une rupture du dialogue politique, etc. Ce deuxième Premier ministre technocrate après Mame Madior Boye a la lourde responsabilité de proposer du concret aux Sénégalais jusqu’ici biberonnés aux abstractions politiciennes. L’ancien ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des finances chargé du Budget devra ainsi livrer sa feuille de route avec un échéancier clairement défini et les moyens nécessaires à sa mise en œuvre. 
Urgences 
Le programme de Cheikh Hadjibou Soumaré devrait dans les normes régler d’urgence la question de la demande sociale. En effet, il doit mettre un terme au renchérissement du coût de la vie et la paupérisation croissante d’une large frange de la population. Le prix du riz, de l’huile, du pain et d’autres produits de consommation courante ne cesse de croître alors que les ressources des « Goorgoorlu », comme le théorisait Idrissa Seck lors de sa déclaration de politique générale du 3 février 2003, se réduisent comme une peau de chagrin. Malgré les mesures prises par le gouvernement pour la baisse de certains prix, la hausse se constate toujours sur le marché. Celui du pain est suspendu en attendant la fin du mois sacré du ramadan. Cette inflation qui s’est accentuée au lendemain de l’élection présidentielle a trouvé sur place une pauvreté endémique que ni la première ni la deuxième version du Document de stratégie de réduction de la pauvreté n’ont pu endiguer. Alors, à charge pour le Premier ministre de faire une évaluation de la politique de réduction de la pauvreté du gouvernement dit de l’alternance. En plus du bilan, il devra dire et démontrer si possible comment il compte jouer sa partition avec des projections réalistes dans ce combat de longue haleine. 
Sur le volet économique, le chef du gouvernement devra clairement mettre en évidence les grandes lignes de sa politique de relance de l’Industrie. Ce secteur bat de l’aile depuis le début de la crise du fleuron de notre économie, les Industries chimiques du Sénégal (Ics). Un sérieux problème de compétitivité de l’entreprise se pose surtout par rapport aux produits qui entrent dans le pays. La question énergétique est un cauchemar pour les chefs d’entreprises. En 2006, le facteur énergétique a beaucoup plombé la croissance. En outre, on ne ressent pas encore l’impact des mesures fiscales prises par l’Etat pour doper la création d’entreprises et à rendre ces dernières compétitives. 
Finances publiques 
Le gouvernement de Cheikh Hadjibou Soumaré est, aussi beaucoup attendu sur le plan de l’emploi. Il devra redonner l’espoir à ces milliers de jeunes diplômés qui végètent dans la rue à la recherche du premier emploi. Beaucoup de ces jeunes habités par le désespoir n’hésitent pas à s’embarquer dans les barques de fortune pour l’ « eldorado ». Une étude publiée naguère a montré que plus de 100 jeunes arrivent chaque année sur le marché de l’emploi. Ce chiffre grossit à telle enseigne qu’il est aujourd’hui difficile d’avoir des statistiques fiables sur le nombre de chômeurs sénégalais. Ce ne sont pas simplement les chercheurs d’emploi qui sont dans des difficultés. Les travailleurs sont quasiment tout le temps en grève. Au niveau de la Santé, les syndicats rivalisent d’ardeur alors que du côté de l’Enseignement, le mouvement d’humeur est érigé en règle. Les fédérations des syndicats de l’enseignement menacent de perturber le début de l’année scolaire 2007-2008 si le président de la République, Abdoulaye Wade, ne tient pas la promesse de leur verser les sept (07) milliards qu’il leur a promis. Au niveau des autres secteurs surtout de l’agroalimentaire, la précarité est au rendez-vous. 
« Grâce à la bonne tenue de nos finances publiques ». Ce refrain qui a tonné tel un leitmotiv plus d’une dizaine de fois dans la grande salle de l’Hémicycle lors de la déclaration de politique générale de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck sera-t-il encore audible ? Cette interrogation trouve toute sa pertinence à l’analyse du contexte actuel marqué par une volonté de l’Etat de remplir coûte que coûte ses caisses. En effet, Cheikh Hadjibou Soumaré devra s’expliquer sur la santé de nos finances publiques et la propension de l’Etat à vendre ses parts au niveau de la Société nationale des télécommunications (Sonatel), la Société africaine de raffinage (Sar), la vente à 100 ou 80 milliards de la troisième licence globale dans un délai très court à Sudatel qui a présenté une offre technique jugée « dérisoire et moins étoffée » par rapport aux autres concurrents et à l’emprunt obligataire lancé par l’Etat du Sénégal. 
Continuité ou rupture de style 
Le fait majeur de cette déclaration de politique générale, c’est l’absence de l’opposition dite significative à l’Assemblée nationale. Ces partis de l’opposition membres du Front « Siggil » Sénégal ont boycotté les élections législatives du 3 juin dernier. La conséquence, c’est que ces formations qui ont une longue expérience parlementaire ne pourront pas réagir, faire des amendements et des suggestions sur les projections du chef du gouvernement. Le dialogue politique entre ces partis du Front « Siggil » Sénégal et le pouvoir est rompu le lendemain de l’élection présidentielle. L’opposition a trouvé comme solution de sortie de « crise » des concertations pour la tenue des assises nationales que le président de la République qualifie de « grosse farce » selon certaines indiscrétions. 
L’actuel Premier ministre siège dans le gouvernement de l’alternance en tant que ministre délégué chargé du Budget depuis 2001. Il a été témoin de trois déclarations de politiques générales. De Mame Madior Boye en passant par Idrissa Seck et enfin Macky Sall. Le premier chef du gouvernement du deuxième mandat de Abdoulaye Wade va-t-il s’inspirer de ces prédécesseurs ou se démarquer en imprimant son propre style ? 
DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE : LES OUBLIS ET LES REDITES D'HADJIBOU SOUMARE 
 
Ce que Soumaré n’a pas dit et sur quoi il était attendu, c’est ce qui lui reste encore de champ de compétence. Cela, après l’«agenciarisation» tous azimuts qui a fini de vider le gouvernement de sa substance. Une nouvelle politique inaugurée par l’alternance consiste à créer des doublons à tous les ministères. Conséquence : ça cafouille et ça s’empiète dans tous les sens. Des ministres qui n’ont que le décret pour exister en sont réduits à inaugurer les chrysanthèmes. Les infrastructures étant partagées entre l’Anoci et l’Apix, de quelle utilité peut se prévaloir le ministre en charge de ce secteur ? La propreté de la capitale - qui polarise l’écrasante majorité de la population nationale - qu’est-ce qui reste aux ministères de l’Assainissement et du Cadre de vie ? Ce que Soumaré n’a pas, non plus, dit, c’est la manière dont il va s’y prendre pour réduire le train de vie dispendieux de l’Etat. Des institutions poussent comme des champignons, sans réelle adéquation avec les possibilités budgétaires réelles. Résultat : l’Etat brade ses actifs à tout va, les vend à tout venant et se permet de lancer des emprunts obligataires pour masquer ses dérapages. Que dire des véhicules de fonction généreusement offerts aux ministres et députés en cessation de fonction ? Proprement scandaleux ! Sans compter le fait que ceux qui restent encore dans les grâces de la République se retrouvent avec des parcs automobiles dignes des princes du Golfe. Pendant ce temps, le peuple cherche les parois de l’abîme pour s’y agripper. Le régime socialiste avait inauguré le «moins d’Etat ; mieux d’Etat». Le libéral semble avoir pris le contre-pied : «Moins d’Etat ; plus de privilèges» est la formule à la mode. Soumaré y était attendu, il n’y a pipé mot. 
 
De Mamadou DIA à Hadjibou SOUMARE : L’éternel recommencement 
 
 
A regarder à la loupe les discours de politique générale des différentes personnalités qui ont eu à occuper la fonction primatoriale, l’observateur averti remarque cette similarité dans les adresses. Ne changent que les préposés à la réclame. Pour le vernis, le rituel est immuable : un Premier ministre issu de la majorité parlementaire, sans aucune crainte quant à la question de confiance. Des députés du même bord, prêts à aller au charbon pour le tirer d’affaire si, d’aventure, un impertinent de l’opposition mal-pensante s’évertuait à lui mettre quelques bâtons dans les roues. Dans les travers de l’hémicyle, des militants chauffés à blanc, gracieusement rémunérés, habillés de pied en cap pour donner de la voix. Et, à l’occasion, remonter le moral aux responsables en panne d’inspiration ou huer les huluberlus de l’autre bord.  
Dans le fond, les gens s’étonnent, au fur et à mesure que les ambitions sont déclinées, d’entendre du déjà entendu. Taquin à souhait, un malin esprit faisait remarquer à votre serviteur que les promesses contenues dans la Déclaration de politique générale du Premier ministre Moustapha Niasse figuraient en bonne place dans celle de… Mamadou Dia, en 1960. Il s’agissait, encore et toujours, de construire des ponts pour désenclaver quelque zone reculée de l’arrière-pays où les habitants en sont encore à se demander s’ils font partie du Sénégal. En attendant le grand soir qui se profile à un horizon qui recule dès que l’on s’en approche, les bacs peuvent faire l’affaire de ces citoyens de seconde zone. On promet, encore et toujours, de relancer la croissance, de doper l’emploi par la création d’entreprises attirées par un Code des investissements des plus reluisants, de démocratiser l’accès à l’école, etc. De telles promesses, à moins que ma mémoire ne m’ait joué un sale tour, ont été faites aussi bien par Habib Thiam, Mamadou Lamine Loum, Moustapha Niasse, Mame Madior Boye, Idrissa Seck, Macky Sall et Hadjibou Soumaré. La seule différence résidant dans l’emballage. Et sur ce point, Idrissa Seck, stratège de communication en diable, avait fait mouche. Même s’il disait la même chose que ses prédécesseurs, Idrissa Seck avait réussi à toucher le subconscient des masses en convoquant Goorgorlu et Ndioublang : le premier symbolisant l’honnête père de famille en quête perpétuelle de la subsistance quotidienne qu’il fallait soutenir et encourager ; le second étant la parfaite représentation du truand, sangsue de la société, à traquer jusque dans ses derniers retranchements.  
Moralité : ce sont les mêmes discours de politique générale qui sont servis. Ne changent que les hommes et les époques. L’essentiel étant de savoir doser la posologie et de l’adapter aux exigences du moment. Ainsi, Hadjibou Soumaré s’est fait fort d’évoquer la lancinante question du déficit énergétique, dont les causes visibles sont les ruptures fréquentes dans la fourniture d’électricité. Le nouveau Pm qui joue, toutefois, la carte de la prudence de promettre la fin des délestages … dans cinq ans. Et c’est, peut-être, cela la différence !  
Ibrahima ANNE  
 
DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE / ORAL - Devant les parlementaires : Hadjibou dévoile ses priorités 
Le cinquième Premier ministre de l’Alternance a présenté, hier, sa déclaration de politique générale, trois mois après sa nomination. M. Hadjibou Soumaré a axé sa déclaration sur sept points essentiels après avoir fait le tour de l’économie de 2000 à 2006. Les débats et la présentation ont duré neuf tours d’horloge, pendant lesquels certains députés sont passés deux fois à la tribune. Le chef du gouvernement a aussi annoncé une kyrielle de mesures à venir et de lois à voter.  
DEFICIT ENERGETIQUE  
La relance du secteur énergétique est l’une des priorités du Premier ministre, Hadjibou Soumaré. Il s’agit essentiellement de réduire la dépendance du Sénégal envers les produits pétroliers en développant les biocarburants, par la culture d’espèces végétales et par le développement des énergies renouvelables. Ce secteur, selon M. Soumaré, «fera l’objet de mesures vigoureuses de redressements et l’Etat du Sénégal se donne cinq ans pour résorber définitivement le retard d’investissement et les problèmes de coût liés à ce secteur». Ainsi, il annonce que «520 milliards de francs cfa seront investis dans la production électrique pour porter les capacités de la Senelec à plus de 600 Mégawatts, moderniser le réseau de transport et de distribution et obtenir l’énergie en permanence et à moindre coût. 65 milliards de francs Cfa seront aussi injectés pour la recapitalisation de la Senelec dès 2007 à travers la loi de finance rectificative». Il a avoué que la Senelec «est actuellement confrontée à des problèmes d’approvisionnement en combustibles pour faire fonctionner ses centrales».  
A travers son programme d’électrification rurale, qui sera accéléré, l’objectif est d’arriver à alimenter la moitié des 14 mille villages du Sénégal. «L’approche retenue est celle des concessions confiées à des opérateurs privés. Les collectivités locales et les associations de jeunes seront mobilisées dans la gestion des infrastructures de distribution», a soutenu le Pm qui, dans la foulée, a révélé que le gouvernement va créer une structure de régulation des hydrocarbures et augmenter les capacités de stockage de gaz butane à 22 000 tonnes, afin d’éviter les ruptures de ce produit sur le marché.  
TRANSFORMATION DU FONDS DE PROMOTION ECONOMIQUE  
Hadjibou Soumaré a révélé hier «qu’une nouvelle banque dédiée au développement de la petite et moyenne entreprise verra bientôt le jour au Sénégal». C’est pour améliorer l’accès des entreprises sénégalaises au financement que l’Etat a décidé de transformer l’actuel Fonds de promotion économique en une banque des Pme, en soutien à la promotion du secteur privé national. Le Pm a affirmé aussi que «le plan d’action de la stratégie de croissance accélérée, intégré à celui du document stratégique de réduction de la pauvreté fera l’objet d’une loi d’orientation qui sera bientôt soumise aux députés avant la fin de l’année». Cela, selon M. Sou-maré, a «pour objectif de mettre en œuvre une politique visant à favoriser une croissance accélérée et durable, de produire des richesses partagées et de générer des emplois massifs». C’est dans ce contexte que le Sénégal a signé avec le N°1 mondial de l’acier, l’indien Arcelor Mettal, le projet d’exploitation des mines de la Falémé, qui nécessitera 1 100 milliards de francs Cfa d’investissement. Il créera 20 mille emplois directs et indirects et va générer des redevances annuelles de 75 milliards de francs Cfa au profit de l’Etat. Le projet comprend la construction de 750 kilomètres de chemin de fer pour rallier son port minéralier d’évacuation. En outre, le Pm a soutenu que le Sénégal poursuivra entre 2007 et 2010, la mise aux standards internationaux de ses différentes infrastructures de base, en particulier dans les secteurs énergétique, routier, portuaire et aéroportuaire. Trois centres de formation dédiés aux bâtiments et aux travaux publics, aux activités portuaires et aux industries agroalimentaires seront créés en partenariat avec le secteur privé.  
Le gouvernement du Sénégal mettra en œuvre une collaboration plus efficace avec les partenaires au développement, et l’appui budgétaire sera, pour les prochaines années, une des principales modalités de livraison de l’aide publique au développement. Ce qui s’ajoute au programme de décaissement appelé instrument de soutien à la politique économique (Ispe) qui sera bientôt signé avec le Fmi, pour donner un signal fort aux investissements privés et aux partenaires au développement.  
EMPLOI- BIENTOT UN OBSERVATOIRE NATIONAL  
Le Premier ministre Soumaré a annoncé la mise en place d’un Observatoire national pour l’emploi en 2008, comme instrument d’aide afin de bâtir une bonne politique de l’emploi. «Il sera doté d’importants moyens lui permettant de jouer le rôle qui lui est dévolu.» Il entre dans le cadre de la stratégie de création massive d’emplois et complète d’autres instruments déjà existants comme le Fonds national de promotion de la jeunesse (Fnpj), le Fonds national d’action pour l’emploi (Fnae), l’Agence de développement et d’encadrement des Pme (Adpme), l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (Anej) ou encore le Fonds national pour l’entrepreneuriat féminin (Fnef). Le chef du gouvernement qui a reconnu que «beaucoup d’attentes en matière d’emploi ne sont pas satisfaites» a soutenu que pour les satisfaire, il faudrait, «sans délai, des actions immédiates, bien pensées, bien ciblées et requérant certaines ruptures dans le pilotage et le suivi de l’action gouvernementale».  
POLITIQUE DE L’EAU  
17 milliards de francs Cfa, c’est le montant total qui sera affecté à l’enlèvement des ordures ménagères à Dakar et dans les régions. «Nos efforts iront à l’éradication des bidonvilles et des habitats précaires dans les zones inondables et à la lutte contre l’encombrement public», a fait savoir le Premier ministre. Il a annoncé la naissance des Eco-vigiles, jeunes volontaires employés dans une société mixte dans laquelle l’Etat va détenir 45% des parts et qui doit appuyer la brigade spéciale de désencombrement de Dakar. M. Soumaré a annoncé la disponibilité de 3 000 logements du plan Jaxaay dès la fin de cette année. Pour ce qui est de l’assainissement, le Pm a soutenu que plus de deux Sénégalais sur quatre doivent avoir accès à un réseau d’assainissement en ville dans les trois ans à venir. A cet effet, plus de 42 milliards seront investis pour atteindre cet objectif. Ils seront destinés «à l’augmentation de la capacité de traitement de la station de Cambérène, la construction de nouvelles stations de pompage et d’assainissement autonomes. Des actions qui complètent le programme d’assainissement mis en œuvre dans le plan Jaxaay, et le programme indépendance qui touche les grandes villes du pays». L’assainissement en milieu rural se fera à travers la construction de 3 360 édicules publics dans les communautés rurales. L’objectif est de toucher 355 mille ménages ruraux. L’Etat du Sénégal, selon le Premier ministre, compte «satisfaire les besoins de plus de 8 Sénégalais sur 10 à Dakar d’ici 2015, d’un peu moins dans les villes à l’intérieur, pendant la même période, et d’un peu moins de 7 Sénégalais sur 10 dans le monde rural d’ici trois ans». 89% du financement de la première phase de ce programme hydraulique rural, qui court de 2007 à 2011 et qui est estimé à plus de 71 milliards et demi sont disponibles. L’Etat y participe avec ses ressources propres pour 25 milliards de francs Cfa. Une loi sur le service public de l’eau sera votée incessamment pour accompagner le programme.  
DEMOCRATIE ET PAIX SOCIALE  
Le dialogue social sera la clé de voûte de la politique sociale du Premier ministre. Il a invité, hier, les partenaires sociaux à trouver, dans un moyen terme, les contours de ce qu’il a appelé «un pacte national de stabilité sociale et de croissance économique». L’objectif, selon lui, est «d’instaurer un climat de confiance favorable au travail et à la croissance ainsi qu’une meilleure répartition des fruits de la croissance». Il a soutenu que «l’action du gouvernement reposera, désormais, sur une échelle de valeur managérial qui privilégiera la concertation avec tous les acteurs sociaux, afin d’impliquer les bénéficiaires de l’action publique dans la définition des politiques pour une citoyenneté responsable et active». Le gouvernement va travailler à renforcer et à animer le débat démocratique en informant plus régulièrement le citoyen sur ses politiques et ses actions. Les différents ministres auront désormais, régulièrement, la charge d’expliquer, devant la représentation nationale, les aspects sectoriels de la politique du gouvernement.  
Pouvoir d’achat - Pour des magasins de reference Un important programme de création de magasins de référence sera entamé d’ici la fin de l’année. Une mesure qui vise la défense du pouvoir d’achat des ménagères et intègre dans un dispositif global, incluant la mise en place de centrales d’achat au profil des travailleurs. Ces magasins de référence seront financés grâce à une première allocation budgétaire d’un montant d’un milliard 100 millions de francs Cfa proposé dans un projet de loi de finance rectificative à soumettre très prochainement au Parlement. Les centrales d’achat bénéficieront d’une enveloppe budgétaire d’un milliard de francs prévue dans la même loi rectificative 2007. Ces efforts financiers portent les montants alloués par le gouvernement à 17 milliards de francs Cfa. Le gouvernement est en train de concevoir les modalités de constitution d’un stock de sécurité alimentaire sur les denrées de première nécessité. L’objectif est d’alimenter le marché en cas de pénurie ou de mener des actions de régulation en cas de spéculation sur les prix.  
174 MILLIARDS POUR LE MONDE RURAL  
C’est, incontestablement, le domaine qui concentre le plus les préoccupations avec la période des vivres de soudure. D’ailleurs, il bénéficiera d’un soutien du gouvernement sénégalais de 174 milliards de francs Cfa d’ici 2009, dont 39% seront tirés de ressources propres. D’où l’appel du Pm à tous les acteurs du monde rural, pour la «réalisation de l’autosuffisance alimentaire du pays». Il invite «les intellectuels, les chercheurs et les experts sénégalais de la diaspora à apporter leur contribution à ce que je considère comme l’un des gages les plus importants de notre indépendance économique». Cette souveraineté alimentaire sera le fondement de la politique de diversification des filières agricoles du Sénégal. D’ailleurs, un débat national sera lancé prochainement et des concertations autour de cette question d’autosuffisance alimentaire. Le riz sera privilégié en 2008, avec un objectif de production de 300 mille tonnes dans la vallée du fleuve Sénégal. La diversification des filières agricoles, le défi de rendement et de la qualité des produits, ainsi que la gestion des campagnes de commercialisation figurent au nombre des combats que le gouvernement de Hadjibou compte mener. Pour accompagner le monde rural, un système d’assurance agricole, la poursuite de la reconstitution du capital semencier, la diversification des produits agricoles, un soutien au prix de l’engrais, un accès plus facile aux semences et aux produits phytosanitaires, la mise en place d’un système d’incitation privé à l’investissement en milieu rural et l’accélération de la mise en œuvre du plan sont les mesures annoncés par le chef du gouvernement. La loi d’orientation sylvo-pastorale sera bientôt mise en œuvre et ses différents instruments progressivement validés et opérationnalisés.  
11 milliards 300 millions de francs Cfa seront inscrits dans le projet de loi de finance rectificative 2007, pour accélérer l’aménagement des pistes rurales, la réparation de 126 forages, l’électrification rurale et le raccordement de villages aux ouvrages d’eau potable. Des efforts qui seront poursuivis dans la loi de finance 2008 et le programme triennal d’investissement 2008-2010.  
Par Safiétou KANE et Dialigué FAYE  
DEFICIT - Le Premier ministre reconnaît les difficultés de l’Etat : L’aveu de Cheikh Hadjibou Soumaré 
La confirmation est venue d’en haut. Le Sénégal connaît bel et bien des difficultés de trésorerie. Le Premier ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré, l’a reconnu, devant les députés qui l’ont interpellé hier, lors de son discours de présentation de politique générale.  
C’est au cours des débats que le Premier ministre Hadjibou Soumaré a été interpellé sur la trésorerie et les difficultés budgétaires de l’Etat, par l’honorable député du Mouvement Tekki, Me Ndèye Fatou Touré, qui voulait s’informer sur les emprunts obligataires lancés dernièrement par l’Etat. Des difficultés que le Premier ministre n’a pas démenti.  
«Nous avons certes, des difficultés. Je ne le nie pas», a déclaré Cheikh Hadjibou Soumaré. Avant de tenter des explications : «Même s’il y a des difficultés de trésorerie, j’ai l’habitude de dire que le gouvernement, l’Etat est une grande entreprise et nous agissons comme des chefs d’entreprise dans le gouvernement. Quand une entreprise a des difficultés, nous nous adressons aux marchés pour financer. S’il s’agit du gouvernement, c’est des opérations de trésorerie pour financer de opérations ponctuelles de trésorerie. Donc je voudrais rassurer la représentation nationale, pour dire que nous ne sommes pas en déphasage par rapport au budget qui a été voté.» Poursuivant son argumentaire, le Premier ministre souligne : «En année électorale, les partenaires sont en attente de ce qui va se passer.»  
Ainsi dit-il, «le gouvernement a eu un problème de mobilisation de ressources, auquel s’ajoute l’inflation des cours mondiaux qu’aucun de nos pays ne maîtrise». Pour éviter que les couches les plus défavorisées ne soient assaillies, indique M. Soumaré, «sous l’instruction du chef de l’Etat, nous avons pris en charge 150 milliards francs Cfa qui n’ont pas été prévus dans le budget, pour faire face aux difficultés des Sénégalais, qui sont dans les situations les plus précaires, pour bloquer le prix du gaz, subventionner la Sénélec, afin qu’elle n’augmente pas les prix de l’électricité. D’autres subventions ont été octroyées pour stabiliser les autres prix».  
Pour ce qui concerne les denrées de premières nécessité, renchérit le Premier ministre, «nous avons du dégagé un montant de 15 milliards francs Cfa pour stopper les prix. Cette politique de très court terme, ce n’est pas une politique viable à long terme». Selon lui, «le gouvernement a suspendu les droits de douane et commencé à réfléchir sur une politique alternative. Raison pour laquelle, le président de la République invite les Sénégalais à une introspection et à consommer ce qu’ils produisent. Nous ne pouvons pas continuer à manger ce que nous ne produisons pas». A ce propos, informe le chef du gouvernement, «le chef de l’Etat a lancé l’ambitieux programme de l’autosuffisance de riz dans les cinq années à venir. Nous avons dans le budget 2008 en préparation, prévu les ressources nécessaires pour aller à 300 000 t de production de riz».  
«Notre gouvernement sera un gouvernement de combat, pour la satisfaction des besoins des Sénégalais. Et la lutte contre l’inflation sera notre combat de tous les jours», a encore martelé le chef du gouvernement qui promet de continuer à consentir des efforts afin d’amélioration le panier de la ménagère. «Nous avons non seulement mis 15 milliards francs Cfa pour stopper les prix de denrées de premières nécessités, mais les partenaires m’ont fait savoir que tout ce qu’ils voulaient c’est d’avoir des centrales d’achat. J’ai, ainsi, immédiatement donné des instructions au ministre du Budget pour qu’il prévoit dans la loi rectificative qui lui sera envoyée, 1 milliard de francs.»  
Par Dialigué FAYE et Safiétou KANE  
BONNE GOUVERNANCE - Transparence et lutte contre la corruption : Des mesures insuffisantes 
Au cœur de la Déclaration de politique générale, la mise en place de mesures pour assurer la transparence dans la gestion des marchés publics et la lutte contre la corruption sont accueillies de façon dubitative par une partie du Patronat, alors que le président du Forum civil juge ces mesures insuffisantes.  
Cheikh Hadjibou Soumaré, qui a annoncé d’importantes mesures destinées à assurer la transparence dans la gestion des marchés publics, rencontre l’approbation du président du Forum civil et de Mor Talla Kane, secrétaire-général du Conseil national des employeurs du Sénégal (Cnes). L’entrée en vigueur du nouveau Code des marchés publics, le recours à une gestion électronique des marchés, ainsi que la mise en place, en janvier prochain, d’une Direction centrale des marchés publics et d’un Conseil de surveillance tripartite au recours suspensif, sont vivement applaudis, même si la prudence reste de mise, car, souligne M. Kane, «les mesures sont bonnes à prendre, mais nous préférons juger à l’œuvre». Toutefois, l’espoir reste vif qu’elles permettent de «dépasser certains marchés de gré à gré. Mais nous applaudissons tout ce qui va vers la transparence et la bonne gouvernance», ajoute M. Kane. Du côté du Forum civil, toutes ces mesures sont jugés importantes et constituent un avancement.  
Quelques jours après que l’Agence de régulation des télécommunications et des postes a accordé la troisième licence de téléphonie à Sudatel, le président du Forum civil (Fc) s’interroge encore sur les raisons qui ont poussé l’Etat du Sénégal à lancer un appel d’offres restreint, alors qu’il disposait d’un large éventail de fournisseurs et, souligne M. Mbodj, «en violation du code et des textes régissant ce secteur». De plus, l’immixtion du Président de la République Abdoulaye Wade dans cette question appelle, selon le président du Fc, à un changement de statut de l’Artp qui «devrait avoir une l’autonomie financière et juridique totale».  
Avec cette batterie de mesures, Hadjibou Soumaré ne «prend en charge qu’une partie du problème de la corruption qui ne peut être réduit à ces mesures d’ordre juridique», dans la mesure où cette lutte demande un cadre d’analyse à trois niveaux, estime M. Mbodji, qui pose le problème des «sanctions et de l’impunité», tout en s’interrogeant sur les capacités de la justice sénégalaise à jouer son rôle dans le cadre de cette lutte. Il en appelle ainsi à un travail de fond sur les comportements humains, tout en invitant le gouvernement à prendre les mesures nécessaires afin que les conventions des Nations-Unies et de l’Union africaine contre la corruption qu’il a ratifiées, prennent un sens dans le droit interne avec le vote de l’Assemblée national.  
Par ailleurs, Mouhamadou Mbodji regrette que les partenaires sociaux et les différents acteurs de la vie économique n’aient pas été consultés avant la rédaction du document de politique générale, tout en saluant la volonté du Premier ministre de combler les huit ans de retard accusés par l’Assemblée nationale dans le vote des lois de règlement.  
Par Mame Woury THIOUBOU  
DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE 
Les ambitions de Cheikh Hadjibou Soumaré 
Par Ibrahima Lissa FAYE | SUD QUOTIDIEN  
Le Premier ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré a dévoilé le cadre d’action de son gouvernement. Il n’a rien laissé au hasard, sa déclaration de politique générale présentée hier, lundi 17 septembre à l’Assemblée nationale a embrassé tous les secteurs et sous secteurs de la vie nationale. Le cinquième Premier ministre de l’alternance a, après un diagnostic-bilan du septennat du président de la République, Abdoulaye Wade fait un étalage de mesures et de directives qui devraient résoudre un bon nombre de difficultés auxquelles les Sénégalais sont confrontés. 
Le Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré s’est voulu exhaustif lors de la présentation de sa déclaration de politique générale hier, lundi 17 septembre à l’Assemblée nationale. Le successeur de Macky Sall a commencé son propos par un bilan et une évaluation du septennat du président de la République, Abdoulaye Wade qu’il a presque peint en rose. Après avoir justifié la flambée des prix des denrées de première nécessité et annoncé des mesures pour venir à bout de ce phénomène, il a décliné sa feuille de route sur bon nombre de domaines. Selon lui, « le gouvernement est disposé à réduire la pauvreté par la protection des couches vulnérables. Cela constitue un des principaux axes de notre stratégie de réduction de la pauvreté ». Cheikh Hadjibou Soumaré est d’avis qu’il « s’agira d’élargir l’accès des couches défavorisées aux instruments de gestion des risques et aux systèmes de protection sociale. Le gouvernement va renforcer les mécanismes de transfert des ressources au profit des ces couches ». Il a ajouté que son « gouvernement veillera à allouer davantage de ressources à la protection sociale à travers les politiques mises en œuvre dans tous les secteurs sociaux ». Avant de promettre des actions visant la bonne intégration sociale, la promotion et la défense des droits des femmes et des enfants. 
350 Millions pour la réfection du centre Talibou Dabo 
Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé l’affectation, dans le cadre de la loi de finances rectificative 2007, d’un montant de 350 millions de francs Cfa à la réfection du centre Talibou Dabo de Grand-Yoff. Il a estimé que l’affectation de cette somme au centre, dont sont pensionnaires des handicapés moteurs, entre dans le cadre d’une politique d’éradication des handicaps de toutes sortes. « Les efforts en faveur de cette frange de la population seront poursuivis dans le budget 2008 », a-t-il déclaré. Cheikh Hadjibou Soumaré a, dans le même sillage, annoncé la future création d’un observatoire des droits de la femme et de l’enfant, le relèvement du statut social de la femme grâce à un référentiel de formation et à la mise en œuvre de mécanismes d’insertion dans le tissu socio-économique. Le chef du gouvernement n’a pas manqué de souligner ses ambitions dans le domaine de la santé surtout en matière d’infrastructures hospitalières. Il a, face aux représentants du peuple, déclaré que « les travaux des hôpitaux régionaux de Fatick et Ziguinchor, bloqués depuis quelques années, seront bientôt terminés ». Il ne s’est pas contenté de déclaration. Il s’est engagé à terminer ces travaux. « Les deux hôpitaux régionaux inscrits dans un même programme d’infrastructures sanitaires ont vu leurs travaux bloqués depuis quelques années. l’ancien contrat qui liait le gouvernement aux entreprises chargées de réaliser ces hôpitaux, a été annulé », a-t-il révélé. 
Des postes de police pour plus de sécurité 
Dans le cadre de la protection des personnes et des biens, le Premier ministre a aussi annoncé que trois hôtels de police seront construits dans les localités de Sacré-cœur-Mermoz, de Kébémer, et de Fatick. « Ces infrastructures entrent dans le cadre d’un important programme de réalisation d’infrastructures, d’acquisition d’équipements modernes, et de recrutement, qui sera mis en œuvre, en vue de densifier le maillage du territoire national », a-t-il confié. Après avoir salué les efforts conjugués qui ont permis, selon lui, d’enregistrer des résultats notables dans la lutte contre la délinquance, le grand banditisme, le déminage en Casamance, la surveillance des côtes, ainsi que la présence remarquée des forces armées sur les théâtres extérieurs, Cheikh Hadjibou Soumaré a indiqué que ces acquis seront renforcés à travers ce programme. Il a, en sus, projeté la construction de six postes de police à Cambérène-Dalifort, à Richard-Toll, à Dagana, à Nioro, à Bignona et à Colobane. A cela s’ajoutent quatre sous-groupements de Groupement mobile d’intervention (GMI) dans les zones nord, centre-sud et est du pays, ainsi qu’un poste frontalier à Matam. Pour ce qui est du corps de la gendarmerie, il est envisagé d’ici 2015, la création d’une légion par région, d’une compagnie par département et d’une brigade par arrondissement. 
Des enveloppes financières consistantes vont être injectées dans le ramassage des ordures ménagères. Le chef du gouvernement a annoncé un fonds de 17 milliards destiné à la lutte contre l’insalubrité. Le Premier ministre a annoncé l’existence d’un fonds de 12,5 milliards de nos francs de la part de l’Arabie saoudite, destiné à l’achat de matériel pour la collecte des ordures dans les capitales régionales, alors qu’il y a 4 milliards dégagés de la prochaine loi de finances rectificative. 
· Le catalogue des mesures annoncées par le Premier ministre dans sa DPG est la version pratique d’un libéralisme social qui se confirme au fur et à mesure du déroulement du mandat du Président Wade. C’est la rupture avec le travaillisme qui d’ailleurs n’a jamais été suffisamment explicité. C’est définitivement aussi un bémol sur le libéralisme pur sucre. 
Ce re-cadrage doctrinal semble dicté par le constat et la reconnaissance par le gouvernement de l’alternance de la paupérisation de secteurs importants de la population comme une priorité en matière de politique de développement. Les groupes vulnérables (handicapés, personnes âgées sans filet social, femmes, jeunes en chômage de longue durée) sont par bataillons entiers projetés sur la voie du décrochage social par les effets cumulés des plans d’ajustement structurel des décennies précédentes, de l’évolution erratique des marchés d’exportation et du marché intérieur du travail, ainsi que du renchérissement du coût actuel de la vie dû en partie à l’augmentation de la dépense publique. 
Il est important de connaître la réaction suscitée par ce discours dans le milieu des opérateurs économiques pour juger des perspectives de croissance et de création d’emplois qui sont d’autres voies efficaces pour atténuer sinon éradiquer la pauvreté. Le Sénégal doit, selon M. Soumaré, viser 5% de croissance à moyen terme. Hormis les investissements sociaux indiqués dans la DPG, y a-t-il des mesures d’accompagnement à portée fiscale au profit des grandes entreprises et des PME-PMI ? Quel en est le détail ? 
Il faut souhaiter qu’en dehors de l’hémicycle où le débat n’a pas volé très haut, ce forum virtuel permette d’aller plus loin dans l’analyse de ce discours-programme. 
 
 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 23.09.2007
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