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Karim
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Les 3
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quelle pertinenc
l’irresponsabili
apocalypse
que force reste
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AU -D E L A
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l'ivresse du pou
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pour manipuler
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quelle Républiq
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véritables enjeu
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vers une dynasti
Ambassadeurs
advienne que pou
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mendicité
Au secours !
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Le très mauvais état du

 
WalFadjri : Vendredi 26 Sep 2008 
WADE sur sa succession : ‘ Tant que je ne verrai pas les signes de ma fin, je n’en parlerai pas ’  
 
Sans le vouloir, le président de la République a mis de l’eau dans le moulin de ceux qui lui dessinent une succession fondée sur le dauphinat. Hier, en effet, interrogé sur sa succession en marge de l’assemblée générale de l’Onu, Me Wade a fait dans l’esquive. Mais, une esquive pleine de significations. 
La question de la succession du président Wade, autant qu’elle semble être le sujet favori des Sénégalais, agace le principal concerné, en l’occurrence l’actuel locataire du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor. La preuve en etait administrée, hier, en marge de l’assemblée générale de l’Organisation des nations unies qui se tient présentement à New York. Répondant à une question d’un journaliste de la radio Bbc relative à sa succession, Me Wade n’a même pas laissé au journaliste le soin de terminer sa phrase et coupa court à l’entretien. Et de quelle manière ? D’un ton qui en disait long sur son agacement. Il lâche : ‘tant que je ne verrai pas les signes de ma fin, je ne parlerai pas de succession !’. Voilà qui édifie un peu plus les Sénégalais sur les sentiments qui animent, actuellement, leur chef de l’Exécutif. En effet, le moins que l’on puisse dire est que le président Wade est tout sauf pessimiste. Alors que, du côté de ses farouches opposants, l’on considère que ses jours à la tête ce pays sont comptés, lui, Wade, est apparemment d’un avis contraire. Il ne voit pas encore les signes de sa fin. Ce ne sont pas les multiples problèmes socio-économiques auxquels fait face son peuple, encore moins les prédictions de ses adversaires politiques qui vont mettre fin à son magistère. D’ailleurs, dans une adresse qui frisait le mépris pour ses électeurs, lui-même avait confié, au cours de la mémorable visite que lui avait rendue le Khalife général des mourides au palais, que son règne était le fait de la volonté de son guide, Serigne Fallou Mbacké. Puis, fataliste, il attribuait son élection à la volonté divine. Ceci, sans que, pourtant, l’on soit dans une monarchie de droit divin.  
A travers sa déclaration d’hier, depuis New-York, l’on est en droit de penser que Abdoulaye Wade est dans la logique de se représenter à l’élection présidentielle de 2012. Cela confirmerait une assertion qu’avait faite un des proches du palais. Cette personnalité confiait, en effet, que loin de ce que pensent beaucoup de Sénégalais, ‘le président Wade n’est nullement dans les dispositions de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle’. Et notre interlocuteur de poursuivre, ‘le vieux va surprendre’. Une chose semble donc sûre : l’idée de succession est à écarter d’ici la prochaine présidentielle. Car, si les nombreux problèmes qui l’assaillent et les multiples défis qui l’interpellent ne sont pas pour le décourager et le faire douter d’une sanction négative de la part de ses mandants, l’on ne voit pas de signes annonciateurs d’une future retraite politique.  
Par conséquent, la question de la succession, dans la logique des membres du parti au pouvoir, ne peut être envisagée qu’après 2012. Aussi, cela conforterait-il la thèse de certains analystes politiques qui sont d’avis que l’actuel président de la République serait dans les dispositions de se faire réélire en 2012 avant de céder son fauteuil à une personne de son choix après l’entame de son troisième mandat. Une telle analyse, pour surprenante qu’elle soit dans une République, ne manque pas de pertinence. En effet, le président Wade a beau esquiver la question et éviter d’annoncer publiquement son choix, il y a, tout de même, des signes qui ne trompent point. Le malheureux spectacle qu’il nous a été donné de voir avant-hier et relatif à la convocation du président de l’Assemblée nationale devant le conseil de discipline de son parti pour félonie, en est un. Tout est fait, aujourd'hui, par Me Wade pour écarter définitivement ce dernier de la bataille de succession, après que l'a été son devancier à la Primature. Et il ne faut pas être surpris de voir le maire de Fatick, après que sa base eut donne le ton, être exclu de son parti dans un avenir proche. Si tel est le seul moyen de l’enterrer politiquement, sûr que Wade qui a déjà choisi, sans le dire, son propre successeur, ne s’en privera pas. Mais, la question qui surgit est celle-ci : ce successeur désigné par Wade est-il celui que les Sénégalais préfèrent ? Voilà, après avoir écarté tous les potentiels candidats, une autre paire de manches.  
Auteur: Aguibou KANE  
COMMENTAIRE : Inondées de mirages  
NETTALI - Plan Jaxaay. « Traduction » de Macky Sall devant le conseil de discipline du PDS. Attaques d’avocats Sénégalais contre ce « petit juge français » dans l’affaire du Joola. Tarissements des ressources de l’Etat. Etc. Les sujets sont nombreux qui encerclent le gouvernement de Wade et l’appareil de son parti. 
 
Que penser de ces « affaires » qui s’emmêlent au point de créer un désordre impressionnant dans la gestion du pays ? S’agirait-il d’une manière d’amuser la galerie en créant encore et une fois de plus une diversion ? En somme, un autre os donner à ronger aux Sénégalais afin qu’ils oublient la dure réalité de leur vie quotidienne. 
Les récentes inondations ont fini de prouver aux Sénégalais que le Plan Jaxaay, concocté en 2006, à la hâte, n’était qu’une grossière opération de communication dans le but inavoué d’étouffer un problème et ne pas s’aliéner les suffrages des populations du département de Pikine, comportant le gros de l’électorat dans la région de Dakar. Ce plan a été lancé la précipitation, absence d’études techniques, amateurisme dans la réalisation, 47 milliards mobilisés (sur 67 prévus) grâce à une loi de finance rectificative, 1600 sur 3000 logements livrés dans une opacité totale – des non victimes des inondations ont pu en bénéficier. 
Alors que Jaxaay commençait à passer aux oubliettes, une nouvelle trouvaille wadienne appelée Goana oblige, 2008 est arrivé avec un hivernage abondant, ré-affleurant le casse-tête des inondations dans la banlieue de Dakar. Le problème est d’autant plus exacerbé que malgré le plan Orsec (organisation des secours) mis en place par le gouvernement, la galère des sinistrés est entière. 
C’est que le gouvernement, les mairies presque en majorité contrôlé par les libéraux au pouvoir ont montré ses limites dans la gestion des inondations. Au de créer un début de révolte des administrés vite circonscrite au forceps. 
Mais tout se passe comme si le Wade et son pouvoir, à défaut de solution, rusent et fait diversion, sinon impose le bâton. C’est mal payer en retour des populations d’une zone où les électeurs ont voté en masse pour le parti au pouvoir. Cynique, le pouvoir les inonde .de mirages. 
Auteur: Nettali 
[ Contribution ] Une manière d’analyser la crise des finances publiques au Sénégal  
Durant ces dernières années, le gouvernement du Sénégal a multiplié ses emprunts obligataires ainsi que ses emprunts directs auprès des banques locales. Un emprunt public a été récemment adressé à toutes les compagnies bancaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) pour un montant de 100 milliards de francs Cfa. Dans le contexte économique actuel au Sénégal, cela ne peut être que le fruit d’un dépassement budgétaire. Un budget est, en effet, une prévision de recettes publiques à laquelle l’Etat est tenu de faire correspondre une prévision de dépenses publiques du même montant, si l’équilibre des finances publiques est sa préoccupation.  
 
Dans un pays comme le Sénégal, étouffé par les dettes internes comme externes, l’accent doit être mis sur l’évaluation des recettes potentielles, hors dons et aides, préalablement aux affectations en termes de dépenses, dont le service de la dette. Les dons sont maintenant très faibles alors que l’aide et le crédit ont été le binôme infernal qui a retardé l’Afrique. A défaut d’une telle méthode, l’Etat fera toujours face à des déséquilibres perpétuels des finances publiques, tenu entre un service de la dette compromettant et une tendance dépensière débridée.  
Le gouvernement a reconnu récemment qu’il y a eu des dépassements budgétaires au Sénégal. Cette situation est un double coup de fouet sur l’économie sénégalaise :  
1°) - les dépassements budgétaires creusent le besoin de financement public ;  
2°) - l’Etat les résorbe maintenant en recourant à des emprunts pernicieux auprès des banques locales.  
Il n’est pas nécessaire d’être économiste pour comprendre que de tels actes constituent un frein efficace à la création de richesses. Les économistes analysent ce phénomène par le concept d’effet d’éviction : les emprunts publics auprès des banques suscitent l’éviction de l’investissement privé par l’investissement public qui est reconnu moins efficace. Ces pratiques sont aux antipodes des principes du libéralisme qui prônent l’investissement privé comme socle du développement économique. Si la libéralisation de l’économie sénégalaise a pu prospérer à partir des années 90 alors même que le régime était socialiste, c’est parce que l’inefficacité de l’action productive de l’Etat sénégalais a été établie avec une force d’argumentaire inébranlable. Le triomphe actuel de l’idéologie libérale est porté par un argumentaire puissant, fortifié par l’effondrement du bloc communiste et l’épuisement des modèles d’assistance publique. La propriété publique est partout indexée comme étant une source avérée de laxisme et d’inefficacité économiques. Socrates disait il y a 2000 ans que ‘ce dont on se préoccupe le moins est ce qui appartient au plus grand nombre’.  
Par ailleurs, les études empiriques réalisées par les organismes internationaux ont établi une corrélation négative entre la hausse des dépenses publiques et la croissance économique. Savas (1) note que, dans les années 90, la constatation de ce qu’il appelle la hausse du gouvernement des Etats-Unis a correspondu avec une baisse constante de la croissance du Pib.  
Citant certaines publications de l’Ocde, Savas souligne aussi que le passage des dépenses gouvernementales de ses 23 pays membres de 27 % du Pib en 1960 à 48 % en 1996, s’est accompagné d’une chute de la croissance économique de 5,5 % à 1,9 %, respectivement. Les études de la Banque mondiale portant sur les pays africains se rangent dans la même logique. Elles montrent que le rôle de plus en plus important des gouvernements africains dans la sphère économique (dans les 50 dernières années) a été contre-productif selon des proportions significatives. Dès lors, les investissements publics étant reconnus moins efficaces, la croissance économique est d’autant plus faible que les ressources d’un pays sont davantage consacrées à des dépenses publiques.  
Le choix est déjà fait pour notre pays : ‘Le secteur privé est érigé en moteur du développement économique’. Dans tous les pays qui ont emprunté cette voie du libéralisme, la création de richesses est littéralement impartie au secteur privé, moyennant l’adoption des réformes socio-financières correspondantes reposant sous la responsabilité d’un Etat devenu régulateur. Mais le paradoxe est flagrant dans notre cher Sénégal : les choix publics de nos autorités sont inscrits dans une dynamique qui ne recoupe pas avec ce modèle libéral choisi. Pire qu’à l’époque du socialisme, les dépenses publiques se sont gravement multipliées à partir de 2000.  
Le secteur privé est profondément affaibli, non seulement par l’éviction publique de l’investissement privé, mais aussi par la multiplication des arriérés et des impayés vis-à-vis des entrepreneurs ainsi que par le renchérissement du crédit dû à la libéralisation financière prématurée des années 80. Le keynésianisme, souvent évoqué par notre cher président, ne peut faire l’objet d’aucune déclinaison qui puisse légitimer toutes les lignes de dépenses initiées par notre gouvernement. En théorisant les dépenses publiques comme facteur de croissance et de relance économiques, John Maynard Keynes réfléchissait en économie fermée.  
Si les dépenses publiques, en plus de susciter des emprunts internes, sont largement consacrées à des importations, les effets multiplicateurs escomptés sur l’économie ne seront jamais atteints. Il est clair que la plupart des dépenses publiques, actuellement engagées au Sénégal, portent sur des véhicules et des infrastructures nécessitant d’importants lots de matériels importés. Néanmoins, nul ne saurait s’opposer à la réalisation d’infrastructures dans notre pays, mais c’est l’économie des choix publics qui est primordiale. L’allocation optimale des ressources publiques suppose que chacun de nos francs Cfa soit investi dans un projet pertinent, suivant les priorités. C’est cette notion de priorité qui échappe complètement à nos autorités. Comment peut-on engloutir des dizaines, voire des centaines de milliards de francs Cfa dans des infrastructures à l’intérieur de Dakar alors que la route principale d’accès à Dakar continue de coûter cher au pays en termes de pertes de valeurs ajoutées ? Comment peut-on dépenser des dizaines de milliards de francs Cfa pour embellir quelques kilomètres de corniche alors que, par exemple, le réseau d’assainissement de toute la région de Dakar est terriblement défectueux ?  
Notre cher président nous parlait de Bot ou Boo qui sont des types de partenariats public-privé avec lesquels l’Etat n’aura à débourser aucun franc. Et pourtant, le trésor public continue d’être rogné au point de ne plus pouvoir honorer la subvention des importations de riz. C’est pourquoi, parmi toutes les inquiétudes qui hantent les Sénégalais avertis, la faillite programmée du trésor public est la plus inacceptable et la plus redoutable parce qu’elle conduit tout droit au chaos et à des troubles sociaux irréversibles.  
Le Sénégal est ainsi dans une impasse : le rythme de fonctionnement de l’Etat est insoutenable et le secteur privé est étouffé. Les marges de manœuvres financières de l’Etat sont laminées par l’entretien d’un appareil d’Etat doté de tentacules extrêmement coûteux et la réalisation d’infrastructures à forte intensité capitalistique boudée par des bailleurs de fonds craignant l’insolvabilité récurrente de l’Etat. Devant une telle impasse, la réforme des institutions économiques en entier est dorénavant une nécessité incompressible. La solution consiste à un retour simple à l’orthodoxie économique et au rétablissement de l’équilibre des finances publiques. Cela dépend seulement de la bonne volonté des autorités et de leur propension à mieux utiliser les multiples ressources humaines dont regorge notre pays.  
Elhadji Mounirou NDIAYE Docteur en Sciences Economiques (1) - Savas E.S. (2000), Privatisation et partenariats public-privé, (Traduction Française), Nouveaux Horizons, Paris, 400 pages. 
Auteur: Elhadji Mounirou NDIAYE  
[ Contribution ] MACHIAVEL FAIT PEAU NEUVE : FARBA, EL MALICK, OU LES DINDONS DE LA FARCE JUDICAIRE  
 
Quand Wade nous divertit 
En politique, tout est possible, même l’impossible. Tous les coups sont permis, fussent-ils dirigés contre ses plus fervents défenseurs et les plus proches collaborateurs du Prince. Si c’est dans le but de redorer l’image de ce dernier, c’est de bonne guerre.  
La République, parfois, peut être pire qu’une scène de théâtre classique ; nos gouvernants ravissent bien la vedette à Molière ou Shakespeare. Les uns usent de ruse, les autres, de corruption ; et quand les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, la menace et l’intimidation font le reste. L’histoire nous apprend que le Nazisme, bien avant de s’étendre à une bonne partie de l’Europe, avait commencé d’abord par assujettir les « mauvais sujets » du Reich. Cet empire, dans le but de défendre, voire pérenniser une race supérieure, se croyait investi d’un devoir de protection de cette même race, au nom des liens du sang. Face à la montée en puissance de cette idéologie dans les années quarante, qui oserait parier, à l’époque, sur un 8 mai 45 ? 
Même carbonisé, le vampire peut toujours renaître de ses cendres. 
Devant le désespoir, une main tendue est toujours la bienvenue, une occasion à ne rater sous aucun prétexte, fût-elle la main du diable. Une fois de plus, c’est la main du Fou qui sauve le Roi. Comme dit le vieux chinois, « il y a dans la vie, des occasions qui ne se présentent qu’une seule fois. » Nos gouvernants seraient ingrats de ne pas remercier Farba, pour leur avoir livré El Malick sur un plateau d’argent. Les pourfendeurs de la presse républicaine peuvent se réjouir d’avance et savourer leur victoire.  
Même dans l’histoire des vampires, il est tout à fait banal de sucer le sang d’un proche, après l’avoir décapité, fût-il un frère, une sœur, un père, une mère. Quitte à rester en vie, il le faut, même si l’on n’en a pas envie. C’est seulement dans de telles circonstances que l’on reconnaît les véritables disciples de Machiavel, dont la survie passe obligatoirement par le sacrifice d’un proche. Comme des fauves, ces derniers reculent toujours pour mieux sauter et rebondir sur leur proie, avant de la dévorer à coups de griffes, afin de soumettre la dernière poche de résistance. Ils font peur, en effet, ces fauves, mais leur puissance et leur terreur ne les rendent pas invulnérables pour autant. Le fauve peut bien recevoir des coups ; son talon d’Achille constitue en même temps son anneau de Gisès. Et lorsqu’il est atteint, il gît par terre, il gémit et il inspire la compassion. Seulement, il ne faut jamais se fier à son état pitoyable ; ne jamais crier victoire avant l’assaut final. Il faut l’achever, parce que même terrassée, la bête peut toujours reprendre du poil.  
Farba Comedy Show, acte 2. 
Qui au Sénégal croirait que Farba Senghor serait un jour, inquiété ? Après les agressions tout azimuts dont les citoyens sont l’objet, sans mentionner les menaces proférées par ce Fou du Roi, qui oserait parier sur sa comparution au tribunal, encore moins devant la Haute Cour de Justice ? Sommes-nous en train d’assister à une tragi-comédie digne de la Grèce antique ?  
Évidemment, l’Acte 2 du Farba Comedy Show fait partie de la stratégie de liquidation de l’adversaire, d’où le plan B, dans le processus de musellement de la presse républicaine, pour venir à bout de ces ‘méchants’ journalistes ‘incompétents’ qui, comme El Malick, ‘sapent’ la démocratie sénégalaise et ‘ternissent’ le nom et l’image du Président de la République et de son fils. En envoyant le Fou du Roi à l’échafaud, on en profite pour régler des comptes, pour vaincre le mal par la racine. Toujours la diversion, pour mieux asseoir la division, afin de régner sans partage. 
Pour ceux qui savent lire entre les lignes, voici le message du Président de la République : « je livre Farba à la ‘justice’, et entre temps, je règles des comptes. J’en profite pour neutraliser tous les électrons libres et nettoyer au kärcher toute cette racaille de journalistes mal formés qui ‘polluent’ la vie des honnêtes citoyens. »  
A cette déclaration de guerre, les frelons ne peuvent qu’applaudir, étant donné que Farba les avait traités de petits marabouts, sans mentionner que ces journalistes essaient de dénicher les dessous de la classe politico maraboutique, un sujet tabou dont personne n’a le droit de parler. Les Sénégalais sont-ils prêts pour lever le voile de l’obscurantisme et relancer le débat dans le processus de désacralisation du pouvoir spirituel, à l’instar du temporel, sans entrer dans le fanatisme ? 
El Malick, l’agneau du sacrifice 
A défaut de mettre la main sur Latif Coulibaly… 
Sacrés politiciens, même le conflit au Proche-Orient peut servir d’inspiration. Comme dans les territoires occupés… L'échange des prisonniers a déjà eu lieu : d’une main, Farba est ‘livré à la justice’, et de l’autre, El Malick décroche son ticket pour un séjour gratuit à Reubess. C'est donnant-donnant. La machination a bien marché, il est tombé dans le piège. Le poisson Malick vient de mordre à l’hameçon. Cette fois-ci, il est bien dans le filet du pêcheur. A qui le tour ? Quel prochain poisson est dans le viseur ? Et d’ailleurs, après El Malick, quel poisson audacieux osera patauger dans les ‘méandres’ de Korogho ?  
La démission de Farba, (un non évènement) n’était qu’un appât, une stratégie visant à apaiser les tensions sociales, et étancher la soif inassouvie de la presse qui n’attendait que ce dénouement trop évident. Fin stratège, Maître Wade. Quand il nous mène en bateau ! 
Evidemment, quand un ministre de la République est appelé à comparaître devant la plus haute juridiction, la convocation, la garde à vue, voire l’emprisonnement d’un citoyen ordinaire passerait inaperçu, fût-il un journaliste. Pas de quoi fouetter un chat, avec les gardes à vue prolongées et l’incarcération d’El Malick. La justice est ‘plus qu’indépendante’ au Sénégal, dans la mesure où elle peut entendre n’importe qui, fût-il le Fou du Roi. Surtout, ne soyez pas surpris, et ne criez pas victoire si Farba Senghor est inculpé ou condamné, cela fait partie des règles du jeu, puisque c’est un jeu, un sale jeu, comme au damier. On ivre un pion à l’ennemi, afin de mieux le neutraliser. Le ‘procès’ imminent de Farba est un cadeau empoisonné. 
Mascarade judiciaire : un scénario digne de Hollywood. 
Le Sénégal est un Etat démocratique, à coup sûr, seulement, sa démocratie est pathologique, et serait même proche de l’agonie. A quand l’achèvement final ?  
Une démocratie ne se mesure pas seulement par le nombre de croissant de journaux, de télés ou de radios mais sur la capacité de la République à assurer une autonomie entre les différents pouvoirs. Tant que le judicaire et le législatif seront assujettis à l’exécutif, il n’en sera rien du rôle de contre-pouvoir que ces derniers devraient jouer.  
Encore une mascarade judiciaire, après les chantiers de Thiès dont on ne sait toujours pas de ce qu’il est advenu de l’accusé blanchi par son principal accusateur, puis livré de nouveau aux magistrats, suite à l’échec de leurs négociations secrètes. Plutôt que de faire la lumière ou de mettre la main sur les mis en causes dans les milliards de Korrogo, on s’acharne sur le rapporteur. Au lieu de demander au voleur de prouver son innocence, on exige du rapporteur, plus que des preuves. C’est le monde à l’envers, lorsque les présumés auteurs de vol, au lieu de prouver leur innocence, poursuivent les dénonciateurs. Lorsque l’accusateur n’a aucune preuve de vol, la justice lui demande d’en fournir. Et lorsque ce dernier dispose de ces preuves, il lui est également reproché de les détenir ; il est accusé de ‘recel de documents administratifs’. Le cas « Latif Coulibaly » en est une parfaite illustration. Que faire ?  
Affaire Kambel : les auteurs courent toujours.  
Les auteurs d’actes de vandalismes contre l’As et 24h chrono font aussi partie des agneaux du sacrifice. Ils croupissent à Rebeuss à la place de leur vénéré maître qui se pavane tranquillement, en attendant son ‘inculpation’ ou sa nomination éventuelle comme ambassadeur de l’impunité dans le royaume des sans voix. Voilà bien une sanction positive. Bienvenue au Sénégal, un vrai ‘pays de droit,’ une fierté pour l’Afrique, un pays où les gouvernants avouent leur impuissance face aux inondations, préférant parler de centrale nucléaire au moment où les sinistrés de la banlieue pataugent désespérément dans les eaux pour devenir des SDF. Voilà bien des gens qui, face à une catastrophe naturelle, perdent la notion et le sens des priorités, préférant se pavaner dans les airs, entre Paris et Dakar, pour recueillir des distinctions. En tout état de cause, ce n’est pas la création d’une agence des inondations (encore un gouffre à milliards) qui réglera le problème de la banlieue. De grâce, encore une fois, arrêtons d’exploiter la misère des populations de la banlieue à des fins purement politiciennes ou électoralistes. Avait-on une seule fois pensé à cette banlieue, lorsqu’on injectait 300 milliards dans les travaux de la corniche, ce luxe ni nécessaire, ni opportun ? 
Au secours, où sont passés les porte-voix ? 
La presse républicaine, ce dernier bastion de résistance est en train de rendre les armes, à l’image du 8 mai 1945. Une enquête qui piétine, malgré les assurances du procureur de la République. Suite aux agressions impunis de Kambel et Kara, sans mentionner les précédentes, Talla Sylla, Pape Cheikh Fall et j’en passe (faut pas les oublier), a-t-on une seule fois connu un rebondissement dans ces affaires à la fois ‘en cours’ et déjà classées ? Quelle justice oserait enfin mettre la main sur les agresseurs de Talla Sylla ? En tout cas, ce ne sera pas la justice sénégalaise. A moins qu’elle nous surprenne agréablement. 
Le fauve, le vrai, ne chasse jamais bredouille. Evidemment, sa vitalité repose sur sa capacité à surgir, là où l’on s’y attend le moins. L’hyène qui rôde tranquillement dans le pré, se dissimule toujours sous une peau de brebis, et devient méconnaissable. Gare à la brebis qui par malchance, croise son chemin. L’hyène sauvage attaque ; elle fonce, elle terrasse, devant le silence complice des porte-voix, rassasiés par les milliards de la corruption, cet argent illicite qui pollue la cour des frelons de la religion. Ces derniers dont la plupart ont la bouche pleine, ont du mal à l’ouvrir, et par conséquent, se bâillonnent eux-mêmes, s’autocensurent devant la détresse des masses qu’ils drainent. 
Seuls les imbéciles ne changent pas… 
Au contraire, seuls les imbéciles changent. Lorsqu’on est convaincu d’être dans le droit chemin, on ne doit ni faiblir, ni craindre de mourir dans la solitude. Même le bon Dieu n’admet pas de rival, d’où le fondement de la foi monothéiste et du principe de l’unicité divine. L’Etat qui revendique le monopole de la violence légitime soumettrait quiconque se met en travers de son chemin. Thomas More, en refusant de signer le serment de reconnaissance de la suprématie spirituelle de Henri VIII, fut emprisonné puis décapité. C’est dans l’ordre normal des choses. On ne se bat pas contre un Etat, à coup sûr. Quiconque s’amuse à le faire, se jette dans la gueule du loup. El Malick vient de l’apprendre à ses dépens.  
Seulement, depuis l’aube des temps, des personnes intègres se sont toujours levées pour dire non. Certains ont payé de leur vie ; d’autres ont fait la prison et subi des tortures sans jamais fléchir dans leur position. Bilal, le premier Noir converti à l’Islam, et par ailleurs, muezzin du prophète, a préféré défier son maître plutôt que de se plier à ses exigences. Sa conversion à la nouvelle religion lui a valu une torture sans fin, précédant son affranchissement. L’Islam lui doit beaucoup, même si par racisme, beaucoup de nos ‘frères’ arabes peinent à reconnaître son héroïsme. 
Lorsqu’on refuse de signer le pacte d’allégeance à la hiérarchie suprême, cela se paye cash. Serigne Touba, ne prit-il pas le risque de défier le colon, en accomplissant une prière de deux rakas, dans la grande salle du gouverneur de Saint-Louis ? Son exil forcé dans la forêt hostile de Mayomba (au Gabon) pendant sept ans, n’est-il pas trop payé pour cet homme dont le seul défaut est d’adorer Dieu et d’être le serviteur du prophète de l’Islam ? Si seulement il avait faibli, ne serait-ce qu’une seule fois, la ville de Touba resterait certes dans l’anonymat total, à l’image des guides religieux qui, sous le coup de la menace et de l’intimidation, ont capitulé pour se plier au bien vouloir du gouverneur de Saint-Louis à l’époque. L’histoire se répète toujours ; l’histoire regorge de références, d’hommes vaillants qui face à l’Invincible Armada de l’ennemi, ont toujours su tenir bon. Ils ont déjà montré la voie. Les révélations d’El Malick ne sont rien d’autre que l’arbre qui cache la forêt obscure et sinueuse qu’est devenu le Sénégal, une jungle sauvage où l’engagement, l’intégrité ou la dignité humaine se marchandent, à coup de millions, ou à coups de menaces.  
Tenez bon, El Malick, car aujourd’hui, vous êtes en train d’écrire de sombres belles pages dans l’histoire de la presse républicaine. Vous ne serez ni le premier, ni le dernier à payer le prix de votre intégrité et de votre refus de soumission. Pour paraphraser l’illustre Hampâthé Bâ, « on peut certes nous emprisonner, mais jamais on ne pourra nous empêcher de penser. »  
Seulement, sommes nous prêts à devenir des El Malick, pour le triomphe de la liberté, de la vérité et de la justice sociale ?  
Auteur: Momar Mbaye  
Contribution ] Quelques précisions sur la condition pénale des membres du gouvernement  
 
Lorsqu’à la suite de la commission d’une infraction pénale, un membre du Gouvernement est concerné par la procédure judiciaire ouverte, deux hypothèses bien différentes doivent être envisagées. Dans la première, le Ministre concerné est seulement appelé à comparaître comme témoin, alors que dans la seconde, il est soupçonné d’être personnellement impliqué dans la commission de l’infraction, soit comme auteur, soit en qualité de complice. Il faut alors rapidement évacuer la situation du Ministre, témoin, avant d’évoquer plus longuement l’hypothèse plus complexe du Ministre, acteur de l’infraction pénale.  
1. Le Ministre, témoin de l’infraction pénale.  
Dans l’hypothèse où un Ministre doit être entendu comme témoin, l’autorisation du président de la République est en principe requise. En effet, l’article 639 du Code de Procédure pénale (CPP) dispose que ‘Les ministres et secrétaires d’Etat ne peuvent comparaître comme témoin qu’après autorisation donnée par décret sur le rapport du Garde des Sceaux, ministre de la Justice’. Et lorsque la comparution a lieu en vertu de ladite autorisation, la déposition est alors reçue dans les formes ordinaires (article 640 du CPP). Sur ce point donc, le Procureur de la République ne peut effectivement entendre à titre de témoin, un ministre en fonction, sans autorisation préalable du président de la République. Encore qu’il convienne de préciser que l’article 641 ajoute que ‘Lorsque la comparution n’a pas été demandée ou n’a pas été autorisée, la déposition est reçue par écrit dans la demeure du témoin par le Premier Président de la Cour d’appel ou par le magistrat qu’il aura délégué’. Il faut maintenant examiner la situation plus complexe, celle-là, du ministre impliqué dans la réalisation de l’infraction.  
2. Le Ministre, acteur de l’infraction pénale.  
Il peut arriver qu’un ministre soit personnellement impliqué dans la commission d’une infraction, soit comme auteur principal, soit comme complice. Dans tous les cas, il n’est couvert par aucune immunité liée à sa fonction gouvernementale ; le seul problème étant de déterminer la juridiction dont-il doit relever.  
A cet égard, il résulte de l’article 101 alinéa 2 de la Constitution que ‘Le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou délits au moment où ils ont été commis. Ils sont jugés par la Haute Cour de Justice’. Cette juridiction est composée de membres élus par l’Assemblée nationale en son sein et est présidée par un magistrat. Les députés élus pour y siéger sont au nombre de seize, dont huit titulaires et huit suppléants. Sa saisine est conditionnée par une résolution de mise en accusation, votée par l’Assemblée nationale statuant à la majorité des trois cinquièmes des membres la composant.  
C’est le lieu d’ouvrir une parenthèse importante, pour déterminer la base de calcul de cette majorité. L’on se rappelle en effet, qu’à l’occasion du vote de la résolution de mise en accusation de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck et du ministre Salif Bâ, la question avait été fortement agitée de savoir s’il fallait retenir comme base de calcul le nombre de députés composant l’Assemblée nationale, soit cent vingt, auquel cas, la majorité requise serait de soixante-douze voix, ou fallait-il au contraire exclure de la base de calcul les seize députés élus pour siéger à la Haute Cour et qui ne peuvent prendre part au vote de la résolution de mise en accusation, auquel cas, soixante-trois voix suffiraient. Pour rappel, cette résolution avait recueilli soixante-neuf voix.  
Pour trancher le débat, il paraît de bonne méthode de commencer par expliquer la raison pour laquelle les députés élus pour siéger à la Haute Cour de Justice ne peuvent participer au vote de la résolution de mise en accusation. Leur exclusion se justifie par un principe général de droit pénal ayant valeur constitutionnelle, le principe de la séparation des fonctions de poursuite, d’instruction et de jugement. Il en résulte a fortiori que celui qui doit juger ne peut, en aucune façon, être l’accusateur, car cela reviendrait tout simplement à être à la fois juge et partie.  
Pour alors déterminer la base de calcul de la majorité requise, objet de la controverse, la logique juridique enseigne que lorsqu’une disposition, de quelque nature – constitutionnelle, législative, réglementaire ou même contractuelle – qu’elle soit, est susceptible d’interprétations divergentes, il faut toujours retenir l’interprétation qui permet à la disposition concernée, de produire en toutes hypothèses, son effet normal. L’effet normal de l’article 101 de la Constitution est de rendre possible la mise en accusation du président de la République en cas de haute trahison ou des membres du Gouvernement en cas de crime ou délit commis dans l’exercice de leurs fonctions. Or, si l’on retient comme base de calcul de la majorité requise le nombre de députés composant l’Assemblée Nationale, la mise en accusation devient impossible dans certaines hypothèses. Ainsi, la loi organique relative à la Haute Cour de Justice, qui fixe le nombre de députés élus pour y siéger à seize, aurait pu élever ce nombre à cinquante, de sorte qu’il ne resterait plus que soixante-dix députés pour voter la résolution ; la mise en accusation devenant alors impossible et l’article 101 privé de son effet normal. Pareillement, l’article 101 qui exige une majorité des trois cinquièmes, aurait parfaitement pu requérir l’unanimité ; la mise en accusation devenant là aussi impossible et l’article 101 encore privé de son effet normal. En conséquence, l’interprétation qu’il faut retenir, qui rend possible, en toutes hypothèses, la mise en accusation est celle qui ne compte pas dans la base de calcul les députés élus pour siéger à la Haute Cour de Justice. Donc, en l’état actuel, la majorité des trois cinquièmes requise pour le vote de la résolution de mise en accusation, correspond bien à soixante-trois voix. C’est cela qui est conforme au bon sens et c’est surtout cela que commande la logique juridique. Que le débat qui s’était alors posé sur cette question, ne puisse pas aujourd’hui resurgir.  
La parenthèse – longue, il est vrai, mais néanmoins utile – fermée, il faut maintenant revenir à la question cruciale de la détermination de la juridiction dont doit relever le membre du Gouvernement, auquel il est reproché d’avoir participé à la commission d’une infraction pénale, soit comme auteur, soit comme complice.  
A cet égard, l’article 101 de la Constitution est sans équivoque et ne laisse place à aucune discussion. Le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement ne sont jugés par la Haute Cour de Justice que dans le cas où leurs actes, qualifiés crimes ou délits, ont été accomplis dans l’exercice de leurs fonctions. Par conséquent, lorsque leurs actes, pénalement répréhensibles, ont été commis en dehors de l’exercice normal de leurs fonctions gouvernementales, ils doivent relever des juridictions ordinaires, suivant les procédures ordinaires.  
Il faut d’ailleurs bien faire observer, que la référence à la notion d’infraction flagrante, suggérée par certains, pour fonder la compétence éventuelle des juridictions ordinaires, est tout à fait erronée. En effet, l’infraction reprochée au ministre, fut-elle flagrante, devra relever de la seule compétence de la Haute Cour de Justice, si elle a été commise dans l’exercice de ses fonctions. Inversement, l’infraction non flagrante mais étrangère à l’exercice de ses fonctions, ressortira elle, à la compétence des juridictions ordinaires. En conséquence, seul le lien entre l’infraction et la fonction ministérielle doit permettre de déterminer la juridiction compétente pour en connaître.  
Certes, il va alors falloir définir un critère suffisamment précis pour déterminer ce qui relève de l’exercice des fonctions et ce qui se situe en dehors. Mais il ne s’agit là que d’une question technique à laquelle il est possible d’apporter, sans difficulté particulière, une réponse satisfaisante, en s’inspirant utilement de la classique distinction, fort éprouvée en Droit administratif, entre la faute de service et la faute personnelle. L’acte accompli dans l’exercice des fonctions serait alors l’acte qui a été rendu possible ou au moins, qui a été facilité par la fonction gouvernementale. Il en serait ainsi, par exemple, d’un détournement de deniers publics ou d’une concussion. Au contraire, l’acte commis en dehors de l’exercice des fonctions serait celui qui, précisément, n’a aucun lien avec la fonction gouvernementale occupée ; ainsi, par exemple d’un homicide involontaire consécutif à un accident de la circulation dans lequel est impliqué le véhicule personnel d’un ministre en villégiature. Du reste, l’acte aurait-il un lien avec la fonction exercée – en raison du lieu ou du moment de sa commission ou encore, des moyens utilisés – qu’il peut rester une faute personnelle, en application de la théorie bien connue, des actes détachables.  
En tout état de cause, la discussion peut bien être soulevée. Mais, l’essentiel demeure, que le principe soit ferme que l’infraction commise par un membre du Gouvernement n’est justiciable de la Haute Cour de Justice que dans le cas où elle a été commise dans l’exercice normal de ses fonctions.  
jurismody@yahoo.fr 
Auteur: Professeur Mody GADIAGA  
Contribution ] Le consensus politique : Un pré-requis à l’émergence économique  
 
Avec l’alternance politique exemplaire qu’il a connu le 19 mars 2000, le Sénégal est entré dans le club des grandes démocraties. Et dans une grande démocratie, la question économique est au centre du débat pour la bonne et simple raison qu’on y a réglé la question politique (consensus sur les règles du jeu). Le règlement de la question politique passe par un consensus fort. Le consensus politique est la principale entrave au décollage économique du Sénégal. Ce chaînon manquant de notre démocratie est pré-requis vers l’émergence. Au Sénégal, on consacre plus 90 % de nos idées et de notre énergie à la politique. L’émergence économique passe par l’inversion de cette tendance lourde comme le prouve l’exemple malaisien avec le programme Malaysia 2020. Ce consensus qui doit être notre rampe de lancement vers l’émergence devrait être naturel si on se base sur notre répertoire symbolique traditionnel qui nous enseigne deux choses : Senegal bene boppela ken manou khar niar ; Rerroo amoul niaka wakhtana am.  
Etant donné que tous les Sénégalais sont convaincus que, d’une part, le pays est un et indivisible et que, d’autre part, il n’y a jamais de divergences mais toujours absence de dialogue, on peut en conclure que le dialogue est naturel chez nous. Donc c’est paradoxal que dans un pays qui a bâti son credo sur le dialogue que l’élite politique ait autant de mal à se parler. Que veut le président Wade : l’émergence du Sénégal ? Que veulent Moustapha Niasse, Tanor Dieng, Dansokho et Idrissa Seck : l’émergence du Sénégal. Considérant que tout le monde rivalise d’ardeur pour les intérêts du Sénégal, il est donc facile de s’entendre pour l’intérêt du Sénégal. C’est pourquoi je salue la dernière déclaration du président sur les assises. Le président est élu pour faire du Sénégal un pays émergent, si l’opposition par la réflexion peut y contribuer dans le cadre des assises, cela ne peut être qu’une bonne chose.  
C’est pourquoi le président doit garder sa main tendue à l’opposition qui doit l’attraper au plus vite. L’autre main doit être tendue à la presse, si ce n’est déjà fait ; c’est à la presse de l’attraper vite, car on ne peut parler démocratie sans liberté de presse. La liberté de presse est une très lourde responsabilité, pour ne pas dire une très lourde charge, car elle est la condition sine qua none de l’exercice de toutes les autres libertés en démocratie.  
Il est aussi de bon aloi de rappeler que le pouvoir ne va pas sans responsabilité. Et conséquemment plus on a de pouvoir, plus on a de responsabilité. La démocratie repose sur l’opinion, c’est pourquoi la presse y est un immense pouvoir. Il n’y a de démocratie sans opposition ni presse libre. Le président étant le garant du fonctionnement des institutions, le régulateur du jeu démocratique, devrait calmer le jeu pour mettre fin à l’emballement médiatique qui ne profite à personne et détériore gravement l’image du phare de la démocratie en Afrique. La main tendue du président vers son opposition et la presse est d’autant urgente et symbolique que nous sommes dans le mois béni du ramadan, mois par excellence du pardon et de la réconciliation.  
Le pays aurait dû vivre dans l’ennui politique et la frénésie économique pour la bonne et simple raison qu’on a élu un président, une Assemblée et un Sénat. Donc sur le plan politique, on ne peut parler de crise politique ou institutionnelle, mais c’est le défaut de consensus qui fait qu’on a l’impression d’être dans une campagne électorale permanente. Une fois ce consensus trouvé, le pays pourrait se pencher sur deux questions essentielles : Economie et Education.  
Sur le plan économique, le président a lancé le débat avec la Goana. C’était l’occasion d’un grand débat sur l’agriculture, secteur d’activité de plus de 70 % des Sénégalais, mais le débat politique a relégué au second plan ce débat essentiel pour notre avenir. Le Sénégal consomme annuellement 800 000 tonnes de riz et n’en produit que 100 000 tonnes, soit un gap de 700 000 tonnes. Le président a d’autant plus raison qu’aujourd’hui, il est avéré que seulement moins de 10 % de la production mondiale de riz est commercialisé, car les grands exportateurs sont devenus, à leur tour, importateurs. Et à court terme, on va arriver dans la situation surréaliste où on peut très bien avoir des devises, mais on ne trouvera pas de riz à acheter. Ce qui fait que la production locale n’est pas un luxe, mais une nécessité et c’est salutaire que le président anticipe et encourage déjà la production avec la Goana.  
La Goana est d’autant plus révolutionnaire qu’elle corrige les erreurs de la Banque mondiale. Dans les années 90, c’est la Banque mondiale qui a encouragé l’importation du riz parce qu’elle estimait ‘que cela ne servait à rien de produire du riz local si on pouvait trouver moins cher à l’étranger’.  
Aujourd’hui, le Sénégal paie par une crise alimentaire les mauvais choix de la Banque et la Goana est une courageuse tentative de rectification. Produire localement a un double avantage : les devises restent au Sénégal et atténuent ainsi le déficit de notre balance commerciale et deuxièmement l’argent investi pour la production va créer des emplois (production et distribution, commercialisation) et faire renaître des régions grâce à l’agriculture. Mais le meilleur argument est qu’on ne va plus dépendre de l’extérieur pour notre propre nourriture.  
L’autre débat qui devrait mobiliser le pays est celui de l’énergie. Un pays ne peut pas émerger s’il ne règle la question de l’énergie, car l’énergie est la clé de la production donc de la croissance.  
Le Sénégal ne peut pas faire l’économie d’un débat sur l’économie. Le président Wade a posé un débat et des actes avec sa politique d’infrastructures. Il y a d’autres débats comme comment avoir un taux de croissance à deux chiffres, comment faire pour reconstituer dans le cadre de l’Uemoa notre ’hinterland naturel’ qu’est une grande partie de l’Afrique de l’Ouest comme du temps de l’Aof ou comment faire du Sénégal un phare de la Finance, en Afrique de l’Ouest. Après l’alternance de 2000, sur la feuille de route que les Sénégalais avait remise à la classe politique, on pouvait lire : ‘Hisser le Sénégal à l’idée que les Sénégalais se font de leur pays’. Le débat aurait dû se résumer à une question : comment mobiliser notre énergie collective sur les vrais combats qui ont pour nom taux de croissance à deux chiffres, lutte contre la pauvreté, trouver une solution à la crise structurelle de l’université afin qu’elle sorte de la pénombre des grèves pour aller vers la lumière et se réapproprier ainsi son crédo : Lu mea lex.  
Ibrahima DIAGNE Vice-Président de la Chambre de Commerce  
Auteur: Ibrahima DIAGNE  
[ Contribution ] Des causes et suggestions de solution au retard économique du Sénégal  
Tel un navire perdu au fond des océans, voguant au gré de l’humeur des vents, c’est cette situation que semble vivre l’économie sénégalaise en proie à une compétitivité du Moyen-âge et à de sérieux problèmes conjoncturels qui n’épargnent aucun secteur. Faisons un état des lieux. 
 
Aujourd’hui, au Sénégal, globalement, de toutes les entreprises publiques et parapubliques, seule une seule marche et retient le respect : la Sonatel. Toutes les autres sont dans une déconfiture totale liée à des causes de multiples ordres ; faute de gestion pour certains, corruption ou clientélisme pour d’autres avec des perspectives utopiques de survie pour la plupart. 
Côté secteur privé, la situation n’est guère reluisante avec un manque total de créativité des Sénégalais qui préfèrent investir dans le luxe, le gaspillage plutôt que de porter des projets viables et utiles pour la postérité. Conséquence, ce sont les étrangers qui en profitent, investissent dans les secteurs à forte valeur ajoutée et transfèrent la plus-value chez eux, profitant d’une baisse sur le bénéfice des sociétés voulues par le pouvoir libéral sans contrepartie d’investissement d’un pourcentage dans l’économie. Nous faisons allusion seulement aux secteurs à forte valeur ajoutée dont sont exclus les petits commerces ou boutiques de détail. 
Quelles en sont les causes et esquisses de solution possibles ?  
Plusieurs peuvent être avancées. Une absence de planification à terme, pas celle bureaucratique genre soviétique. Aujourd’hui, il est difficile de gérer l’économie au jour le jour. Donc, une planification pragmatique et concertée, ratissant large, s’impose : de l’Etat aux syndicats, en passant par les entreprises, l’opposition et l’intelligentsia véritable, pas celle auto-proclamée. En faisant cela, on peut modéliser l’avenir approximativement et apporter des corrections quand le contexte futur diffère des conditions initiales prédicatives. L’exemple de la Corée du Sud nous semble pertinent comme illustration, car c’est grâce à des concertations sous forme de plans quinquennaux que le pays a su ses besoins pour une période donnée et essayer de mettre les moyens de son côté en le réalisant avec une implication de tout le monde. Pour une fois, copions un modèle bon de l’extérieur et domestiquons-le. 
En outre, la question du financement contribue au retard de l’économie. 
Aujourd’hui, le secteur bancaire sénégalais se porte bien, du moins officiellement. Mais ces banques super liquides sont terriblement peu innovantes, ont des fonctions assimilables au début du mercantilisme en Europe, ne prêtent qu’aux riches et passent outre mesure des projets des Pme, parfois très pertinents, faute de garantie. Dans un pays comme le Sénégal, avec le manque de capitaux que nous observons, seul l’Etat peut se porter garant des prêts. Nous proposons la mise sur pied d’un fonds de garantie des Pme géré d’une manière démocratique et non partisane. Les études ont montré avec la Gramen Bank que les pauvres payent leurs prêts, mais à leur rythme. Mais, il ne faut pas laisse en rade les conditions psychologiques de départ que nous appellerons «psychologie de la dette». 
Quand on prête, il faut donner un sursis en terme de liquidité à l’emprunteur pour lui permettre de subvenir à ses besoins le temps que le projet soit viable. Au cas contraire, tout l’argent sera utilisé pour les dépenses quotidiennes et il n’en restera rien pour la réalisation du projet et c’est dans ce genre de cas que le remboursement ferait défaut. 
Par ailleurs, au Sénégal, il n’y a presque pas de recherche-développement et l’éducation est inadaptée. Or, dans ce monde, sans maîtrise de la science aussi bien humaine que scientifique, aucun pays ne peut aller de l’avant. Venant d’un pays presque sans ressources naturelles avec un marché exigu, la seule solution pour aller de l’avant est un investissement vers l’éducation et la recherche en y consacrant une part importante du Pib. Le sous-développement n’est pas une fatalité comme l’a montré le Japon par deux fois : ère «Meïji» et miracle japonais ensuite les pays de l’Asie du Sud-Est qui ont su sortir de la pauvreté en un temps record. Mais, il n’y a pas de recette miracle, il faut une réadaptation du programme scolaire sénégalais à notre contexte et situation. Rien ne sert de singer l’ex-puissance coloniale. Au Sénégal, 70% de la population sont des ruraux qui sont majoritairement cultivateurs. Pourquoi ne pas introduire des notions simples d’agriculture à leurs enfants qui les apprendront à leurs parents et cela peut améliorer la productivité agricole vraiment très basse aujourd’hui. Autre erreur, la non-récupération de l’éminence grise qui pourrait être fort utile dans les entreprises et dans les pôles de décision techniques. La Tunisie est un modèle avec des pratiques à l’opposé du Sénégal, car là-bas, les corps techniques sont entre les mains des technocrates qui ont fait leurs études dans ce domaine et aussi chaque gouvernance dispose d’une université de qualité plus les nombreuses technopoles qui ne peuvent que faire du bien à la créativité et à la compétitivité. Ils connaissent mieux le secteur et sont à même de résoudre les défis et d’expliquer aux bailleurs la situation pour un financement rapide. Voilà pourquoi, ce pays, dont personne ne nie son émergence, scrute l’horizon 2020-2030 pour entrer dans le club des pays développés. Cela montre qu’il y a corrélation entre l’éducation, la maîtrise technique et le développement. 
En vertu de tous ces points défendus, il s’avère que la route du développement est très mal partie. Et avec les politiques actuelles, la situation n’est pas près de changer, car tout semble nous barrer : 
- de l’incompétence du gouvernement à ces programmes de télévision qui abrutissent les enfants (télénovelas, émissions de danse et de chanson) et ne nous apportent rien en passant par cette opposition de salon stérile en idées cohérentes, prompte à contester pour contester. C’est à nous jeunesse nouvelle de prendre notre responsabilité et de créer notre front du refus face à ces politiciens de nom, plus soucieux de remplir leur poche en oubliant le rôle originel et antique de la politique. 
 
Moussa SYLLA - nouveau bachelier moussi89@hotmail.com 
Auteur: Moussa SYLLA  
[ Opinion ] Pleure notre Sénégal bien aimé par Me Jacques Baudin  
 
Lorsqu’en 2000, les Sénégalais ont majoritairement opté pour l’alternance politique, à l’occasion d’élections libres et transparentes, je ressentais certes un regret pour la perte du pouvoir de mon parti, le Ps, et le départ de la scène politique sénégalaise de son président sortant, Abdou Diouf, mais je ne pouvais m’empêcher d’être quelque part fier de notre pays et du peuple sénégalais, qui avait montré au monde entier un exemple de démocratie africaine. 
Grâce à «cette exception sénégalaise» du moment, notre pays était souvent cité comme «le phare africain de la démocratie», motif pris que ce transfert de pouvoir était exemplaire. L’Afrique tout entière avait gagné, aux yeux de tous, un pari : oui, nous Africains, nous sommes capables d’assurer une alternance politique sans affrontements sanglants, dans le respect des règles démocratiques. Ainsi, le peuple sénégalais a su faire apprécier son génie créateur et son originalité. Aussi, la défaite électorale du Parti socialiste est-elle devenue pour le peuple sénégalais, épris de démocratie et de liberté, une victoire politique dans toute l’acception du terme.  
Dès lors, malgré un certain sentiment d’amertume, nous acceptions le verdict des urnes, car si ensemble avec les militants et les responsables du Ps, nous nous sentions – et que l’on nous pardonne cette faiblesse - quelque part incompris, voire abandonnés, par ceux que nous avions servis ou essayé de servir de notre mieux dans des conditions pas toujours faciles, pour ne pas dire extrêmement difficiles, notamment dans un environnement sans état d’âme d’ajustement structurel, nous nous disions que finalement, c’était le pouvoir socialiste, qui, profondément attaché aux valeurs de la démocratie, avait mis en place l’ordonnancement juridique qui a permis l’alternance. Ainsi, les responsables du pouvoir socialiste ont soutenu des principes qui s’opposaient à leurs intérêts politiques, car ils n’ont pas pu résister au courage de s’engager dans cette voie pour assurer la liberté au peuple sénégalais, son indépendance et sa dignité. Aussi, ont-ils mis en place les bases nécessaires pour consolider la démocratie : le multipartisme intégral, les radios libres, le respect de la liberté de parole et d’association, le non-recours à des tripatouillages électoraux et la recherche, avec toutes les parties concernées, d’un consensus positif devant garantir des élections non-contestées. Ces principes fondamentaux nous sont tellement chers que rien, et certainement pas la volonté de nous maintenir au pouvoir ou de le réacquérir, n’aurait pu et ne pourra jamais nous les faire renier, même si certains soutiennent que le reniement est le principe actif de la victoire en politique.  
Alors, ceux des socialistes, qui sont restés fidèles à leurs idéaux, se sont inscrits dans ce qui leur semblait être la meilleure voie à suivre dans le respect du verdict des urnes : l’opposition républicaine. Respectant la volonté de la majorité du peuple sénégalais, nous voulions donner au président de la République, nouvellement élu, et à son gouvernement l’opportunité, et le temps, de démontrer qu’ils pouvaient faire mieux que nous dans l’intérêt des Sénégalais, tout en nous réservant le droit d’apporter des contre-propositions, voire de critiquer objectivement certaines de leurs décisions ou de rappeler les acquis du passé. Ayant dû faire face, alors que nous étions au pouvoir, à des manifestations violentes, nous avons toujours voulu éviter ce genre de débordements, qui ne font que causer chagrin, désolation et meurtrissures dans le cœur des humbles citoyens. Peut-on, pour cela, nous accuser de mollesse ou d’être des pleutres ? Une opposition, pour qu’elle soit crédible, doit-elle nécessairement pousser ses militants à des affrontements sanglants afin de conquérir ou de reconquérir le pouvoir ? Ce n’est pas notre option de démocrates convaincus. 
Tant que ce sera possible, nous privilégierions le dialogue sans condescendance ni servilité ou esprit d’entrisme. Cette démarche nous permettra d’éviter des affrontements de rue dont personne, sauf la Pythie de Delphes, ne peut prévoir l’issue, ni les dégâts qu’ils pourraient causer. Mais à l’impossible, nul n’est tenu et le dialogue, auquel nous appelons de toutes nos forces, ne peut se faire que dans le respect de toutes les parties concernées, ce qui implique l’équité, et non l’égalité. Ce qui suppose que l’on ne mette pas les parties concernées devant des faits accomplis et que l’on respecte les décisions prises d’un commun accord. 
Aujourd’hui, l’on peut dire, sans dépasser les bornes de l’outrecuidance, que nos valeurs républicaines sont en danger. L’impunité et la violence s’installent et veulent s’accrocher à une pérennité ; des droits, pourtant inscrits dans notre nouvelle Constitution, ne sont pas respectés. Face à cette triste réalité, nous restons interdits. Les Sénégalais doivent-ils être réduits à n’opposer à cette situation que ce qui reste à l’homme contre l’injustice du pouvoir : la patience à souffrir ? Question pertinente, car une défiance excessive et sourde à tout raisonnement est toujours prête à dicter les résolutions les plus étranges. Il faut éviter en conséquence de donner au peuple l’once d’un prétexte. 
Pleure notre Sénégal bien-aimé si cela peut te soulager ; tes droits sont si évidents, tes réclamations si simples et si légitimes et l’inaction du gouvernement si irrégulière et sa démarche si incertaine qu’il est aisé de te comprendre et de te soutenir. Il est vrai que le peuple est très loin de connaître le système de ses droits et la saine théorie de la liberté. Toi, peuple vaillant du Sénégal, tu ne veux que des soulagements ; tu ne peux plus respirer sous la pesanteur du faix qu’on t’impose. Malgré cette situation tu acceptes de payer ce que tu peux et de porter paisiblement et dignement ta misère. Somme toute, comme ton attitude le fait croire, tu veux te confier à cette providence éternelle qui veille sur les peuples ; avec nous, démocrates du Sénégal, elle te remettra sur la voie lactée afin que tu puisses retrouver le chemin du bonheur, de l’indépendance, de la liberté et de la dignité et tu seras à nouveau fier d’être un peuple où tout le monde à la pleine conscience d’être animé par cette volonté de vivre en commun l’avènement d’un avenir meilleur, afin de redonner au Sénégal la place qui est la sienne dans la communauté internationale.  
Aujourd’hui, de plus en plus, des Sénégalais subissent les dures réalités d’un régime insensible. Aussi, sont-ils fatigués. Ils sont fatigués des délestages, du manque d’eau, de la pénurie de riz, de gaz, de gasoil, de pétrole ; ils sont fatigués de la flambée des prix des denrées alimentaires de première nécessité. Certes, ils savent que leur pays est confronté à un phénomène mondial et, très patients et très indulgents, ils pourraient avoir une certaine compréhension pour les difficultés de gestion auxquels sont confrontés leurs gouvernants. Mais ce qu’ils acceptent difficilement, c’est l’abondance des uns et la misère des autres, l’impunité des uns et les poursuites pénales inconsidérées des autres. Ce qu’ils acceptent difficilement, c’est l’improvisation dont fait preuve le pouvoir, qui, pour les aider à venir au bout de leur peine, annonce régulièrement des plans ambitieux, qui laissent pantois plus d’un, mais qui, jusqu’à preuve du contraire, n’ont jamais réussi. Les promesses, ils n’y croient plus, même si la bonne volonté y est ; d’ailleurs, ils ne les entendent même plus, car selon un adage bien approprié : ventre vide n’a point d’oreilles.  
Ce qu’ils n’acceptent pas non plus, c’est la légèreté avec laquelle le pouvoir en place gère les deniers de la République ; les récents débordements budgétaires, dénoncés d’abord par nos bailleurs de fonds avant de faire l’objet d’une demande d’éclaircissements au niveau du Conseil des ministres, en sont une preuve incontestable. 
Tenter de museler la presse, afin qu’elle ne puisse sonner le tocsin pour dénoncer certaines situations, n’y changera rien. Le constat de la gravité de la situation n’est pas le fait de la presse ; il est ressenti au jour le jour par la grande majorité de nos concitoyens.  
Il est impératif de retenir, pour paraphraser Corneille, que le cœur des Sénégalais, désespéré de tant de promesses non-tenues, ne peut plus de son sort souffrir l’incertitude. Les gouvernants, peuvent-ils ignorer qu’ils doivent verser dans le cœur des Sénégalais inquiets le baume adoucissant de l’espérance et les apaiser avec la puissance de la persuasion et de la raison ? 
Alors, parce que j’aime «notre Sénégal bien aimé» - et je ne suis pas le seul - et parce que je ne voudrais jamais le voir «pleurer sans répit» -et je ne suis pas le seul-, je m’associe à tous ceux qui veulent encore lancer un appel au dialogue entre l’opposition et le pouvoir, entre les responsables politiques, la société civile et les organisations socioprofessionnelles, entre les femmes, les hommes et les jeunes sénégalais de bonne volonté, et ils sont nombreux. L’heure est grave et ceux qui refusent de le reconnaître par cécité ou surdité volontaires seront seuls comptables des conséquences de leur infirmité planifiée. 
Il est vrai que quand un peuple est opprimé ceux qui ont la charge de ses intérêts vitaux sont proscrits ; cela est d’autant plus vrai dans la mesure où l’alternance de 2000 n’a fait qu’amollir les espoirs des Sénégalais pour leur assurer un mieux-être. Aussi, faut-il chercher à mettre en place une République qui, selon Saint Juste, et j’adhère à sa définition, serait une «confédération sainte» d’hommes qui se reconnaissent semblables et fiers, d’hommes égaux, indépendants et sages, ne reconnaissant de maître que la loi émanée de la volonté générale librement exprimée par les représentants de la République entière. Dès lors, acceptons tous ensembles l’esprit et la lettre des Assises nationales qui ne sont rien d’autre qu’une contribution citoyenne à une sortie de la crise que notre pays affronte et doit résoudre. Une réflexion commune ne peut que nous être bénéfique et nous préserver de lendemains qui ne chanteront pas et qui ne connaîtront pas d’apothéose. 
Me Jacques BAUDIN - Secrétaire national du Ps aux Relations extérieures et à l’Intégration africaine 
 
1 Paraphrase du titre du livre du sud-africain Alan Patton Cry my beloved country, (Pleure mon pays bien aimé) 
Auteur: Me Jacques BAUDIN  
LE QUOTIDIEN: 
Au nom du Roi !  
25-09-2008 Pendant que le petit peuple est enseveli sous les eaux de Dieu, que le roi, montrant sa compassion et sa solidarité, patauge en berline dans ses larmes, les dégâts collatéraux de la crise mondiale sont relégués au bas de l’échelle par des procédures judiciaires.  
Depuis quelques années, les eaux revendiquent de manière insolente et impitoyable, leur droit de premiers occupants des logis usurpés par le petit peuple. Celui-ci, victime, certes, de sa propre turpitude et de l’indifférence séculaire des décideurs politiques, s’est établi comme un souriceau sur les terres du seigneur rat. Chaque veille de saison, le pouvoir, arbitre politique du duel entre le phénomène naturel et le petit peuple, demeure admiratif devant les démonstrations des deux adversaires. Sans le vouloir ou sans le savoir, le roi et ses courtisans deviennent coupables d’inégalité et d’impartialité. Leur profil est non seulement fautif mais maladif. 
Quelle est donc la valeur de ce roi incapable d’alerter, de s’inquiéter… de décider ? 
 
Le spectacle répétitif de dizaines de milliers de famille des banlieues, coinçant leurs rejetons au triangle de l’aisselle et à dos, poursuivis par la faim et le sommeil, émeut-il la cour ? Sa visite, alors que la dignité de ses hôtes est saccagée par la violence des forces naturelles, peut-elle attendrir le cœur de ces sinistrés à vie ?  
 
Les causes du mal sont profondes, mais pas incurables, elles sont identifiées techniquement et les remèdes préconisés. Mais chaque année, la cour, dans son hypocrisie légendaire, fait semblant de solutionner le problème, mais en réalité, son action n’a de vertu que de calmer la douleur jusqu’à la prochaine crise,… pardon jusqu’à la prochaine saison. Car, ce ne sont pas les motopompes, les milliers de litres de gasoil, la mobilisation de contingents des forces de sapeurs-pompiers et les accusations d’incompétence réciproques entre les différentes circonscriptions territoriales qui résoudront ce mal. Seuls le courage et la vérité politique peuvent mettre un terme à ces catastrophes cycliques. Tenir un langage de vérité à ces populations et organiser leur délogement et relogement dans d’autres zones dignement habitables. Et cela, seul un roi, imbu d’une haute philosophie du pouvoir et soucieux du devenir et du bien-être de son peuple, peut prendre de telles initiatives. Car le chef qui projette son destin immédiat vers un mandat électif est suffisamment lié pour ne pas alerter, s’inquiéter, …décider. 
 
Et parfois, les décisions prises sont purement et simplement de la politique politicienne. Des décisions destinées à détourner les attentions populaires de la laideur de leur existence. Car, en quoi est salutaire, pour le peuple qui manque de tout, le fait d’annoncer qu’un certain courtisan sera traduit devant une certaine cour, suite à des actes de violence primitifs et par lesquels il est désigné comme commanditaire.  
 
Cette déclaration est une pilule calmante prescrite au peuple pour anesthésier ses sens de ressentir la faim, les inondations, les délestages, la hausse exagérée des prix des biens primaires, le dénuement total. 
Si la Justice et ses hommes sont assez indépendants et dignes pour mener à bien la mission de service public, notre sentinelle doit veiller à la satisfaction de la demande sociale. Par contre, si elle a besoin de plus de mordant et de publicité pour un combat de souveraineté et de dignité nationale, l’urgence recommande à toutes les forces actives de ce microcosme de se coaliser pour parer à toute forme de tutelle ou de recolonisation qui ne dit pas son nom. 
 
Le linge sale se lave en famille, mais l’affront, le discrédit, l’indignité se venge.  
 
 
Bassirou GAYE 
Sicap Karack n° 465 - Dakar  
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Honte à toi Sada Ndiaye, et aux instigateurs de ta détestable initiative !  
26-09-2008 Nous vivons très mal l’alternance. Nous la vivons péniblement, de plus en plus comme un cauchemar, une énorme désillusion, la pire des calamités. Je n’irai pas, cependant, comme certains de mes compatriotes, jusqu’à la regretter. Il fallait bien qu’elle intervînt le 19 mars 2000, même si elle a vite fait d’accoucher d’un monstre, d’une hydre immonde et hideuse, à l’image de la gouvernance à laquelle elle a donné lieu.  
Même trahie, violée, dévoyée et vidée de tout son sens, elle n’aura pas été totalement négative. Elle aura au moins quelque chose de positif qu’elle nous aura révélés à nous-mêmes. Nous savons maintenant qui est qui et qui est capable de faire quoi. De sinistres individus se découvrent chaque jour un peu plus, des individus pour qui le sens de l’honneur et de la dignité n’a plus aucune espèce de valeur, devant l’argent et les promotions faciles de Me Wade. Nous nous connaissons, désormais, mieux et savons faire la part entre la bonne graine et l’ivraie politiques / ou religieuses. 
 
De l’ivraie, il y en a de plus en plus avec la nauséabonde gouvernance libérale. Le pays a de plus en plus mal et est au bord du gouffre moral. Il a honte, quand des hommes et des femmes qui, avant le 19 mars 2000, préféraient voir leurs boyaux plutôt que Me Wade, deviennent sans vergogne ses courtisans les plus zélés et rivalisent d’ardeur à accomplir pour lui les plus sales besognes. C’est exactement le cas de Sada Ndiaye, aujourd’hui, qui fait sans état d’âme un point de presse pour «justifier» sa soit-disant proposition de loi visant à réduire la durée du mandat du président de l’Assemblée nationale de cinq ans à un an renouvelable. En réalité, c’est un secret de polichinelle, l’objectif de cette scélérate initiative est d’arriver, enfin, à débarrasser Macky Sall de la tête du Perchoir. 
 
Qui est Macky Sall ? Qui est Sada Ndiaye ? Il est important de répondre à ces deux questions pour comprendre à quel point le Pds, son chef et leurs alliés sont dégueulasses. Le premier milite au Pds, semble-t-il, depuis 1987. Ceux qui le connaissent de près disent de lui qu’il a toujours été un militant fidèle, loyal. Au lendemain de l’alternance, il se trouve à la tête de la Cellule initiatives et stratégies (Cis) du Pds. Il sera, ensuite, nommé successivement Directeur général de Petrosen, ministre des Mines et de l’Industrie, ministre de l’Intérieur, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale. Sur le plan politique, il a été le numéro deux du Pds, le directeur de campagne du candidat Wade à l’élection présidentielle février 2007 et la tête de liste de la Coalition Sopi. Le candidat Wade est élu au premier tour et la Coalition Sopi remporte à une écrasante majorité les élections législatives de juin 2007. 
 
Me Wade ne tarissait pas d’éloges pour lui et chantait ses mérites sous les toits, y compris quand il allait lui présenter ses condoléances à la suite du décès de sa mère. Il rappelait sans cesse que c’est grâce à lui comme Premier ministre que ses projets ont commencé à prendre forme. Toute cette idylle va se gâter, évidemment, depuis que Macky Sall, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale, a signé une lettre pour inviter le prince héritier Karim Wade à venir informer les députés de sa gestion de l’Anoci. Circonstances aggravantes : Macky Sall est décoré de la Légion d’Honneur et invité au Sénat français. Il a eu donc le toupet de se faire distinguer et surtout de se retrouver à Paris dans la même période que le Manitou Wade, le seul capable de diriger le Sénégal – après lui ce sera son fils – et qui, partant, mérite seul d’être distingué et honoré. Macky Sall a commis deux crimes de lèse-majesté qu’il paye cash aujourd’hui. Il va donc, à l’instar de ses prédécesseurs, être avalé par Chronos. 
 
Qui est maintenant l’homme que Me Wade a utilisé pour lui préparer le festin ? Sada Ndiaye. L’homme a occupé, entre autres fonctions, celles de Préfet du département de Nioro (le Sénégal est un tout petit village où tout ou presque se sait), Directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), Directeur général de l’Administration générale et de l’Equipement (Dage) du ministère de l’Education nationale, Directeur général de la Sicap, député à l’Assemblée nationale. L’homme est, en général, présenté comme un mauvais gestionnaire, un mauvais gestionnaire audacieux. Il a eu, d’ailleurs, maille à partir avec la Justice, même s’il s’en est sorti sans frais, la gouvernance libérale étant ce qu’elle est. Comme son «pays» Adama Sall, il a été très lourdement épinglé et sévèrement mis en cause par un rapport de la Cour des Comptes, dans sa gestion catastrophique du Coud.  
Rendant compte de ce rapport, le quotidien Wal Fadjri du 10 avril 2002 titre à sa «Une» : «Sada Ndiaye ne se refusait rien au Coud.» Et le journal de préciser que, «parmi les best of du rapport de la Cour des Comptes pour la période 1999-2000, on fait difficilement mieux que Sada Ndiaye. L’ancien directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) s’est permis des choses inouïes avec l’argent du Coud». A l’intérieur du texte, le journal explique que «la Cour des Comptes note ainsi de nombreuses anomalies dans sa gestion. Indemnité de logement dix fois supérieure à la norme, frais médicaux non justifiés, etc». «En clair, poursuit le journal, Sada Ndiaye vivait comme un nabab.» 
 
En vérité, le journal n’a rien inventé. De nombreux autres quotidiens avaient, d’ailleurs, rendu compte du rapport qui était particulièrement accablant. Entre autres fautes de gestion graves, on peut relever dans le rapport que M. Ndiaye avait pris «illégalement en location une villa en dehors du campus pour un montant dix fois supérieur à son indemnité de logement et son installation a coûté 1,4 million de francs Cfa par mois au budget du Coud sous forme de loyer, d’avantages en nature et en numéraire, sans l’approbation du Conseil d’Administration». M. Sada s’offrait aussi à coups de millions des traitements médicaux à l’étranger. Dans ce cadre, il a fait main basse sur une aide de 20 millions de francs Cfa pour aller subir – du moins c’était le prétexte – une intervention chirurgicale en Suisse, suite à un accident survenu en dehors du service. La Cour des Comptes affirme dans son rapport que «les investigations menées ont révélé que l’intervention n’a jamais eu lieu et le directeur qui a refusé de communiquer les pièces justificatives de 15,1 millions de francs Cfa, n’a pas reversé cette somme dans le budget du Coud». 
Le rapport révèle également des dépassements budgétaires de 948 millions pour l’exercice 1998, sans compter de nombreuses autres anomalies dans la gestion de la trésorerie. En particulier, «la revue des journaux de l’Agence comptable a révélé de nombreuses insuffisances, notamment l’usage fréquent du correcteur, des soldes journaliers négatifs, des écritures non chronologiques, des doubles encaissements, ainsi qu’un retard dans l’enregistrement des écritures s’étalant sur plusieurs mois». 
 
L’ex-Dg du Coud n’avait non plus cure des règles de procédures d’achat édictées dans le manuel de procédures. Ainsi, les contrôleurs ont relevé dans la gestion des achats des anomalies ayant trait notamment à «la régularisation a postériori des pièces justificatives, bons de livraison mal établis, manquements sur les procès-verbaux de réception, recours trop fréquents à la procédure d’urgence ou de fractionnement des commandes ainsi que des surfacturations». En outre, le rapport de la Cour relève que «le Coud entretient normalement des relations d’affaires avec des fournisseurs qui ne sont pas en règle avec l’administration et effectue une multitude de commandes de gré à gré»1. Sans compter «les cotisations prélevées sur les travailleurs qui ne sont pas reversées aux organismes de sécurité sociale». 
 
Le rapport de la Cour des Comptes avait relevé de nombreuses autres graves fautes de gestion, dont je ne peux pas rendre compte ici de façon exhaustive, le texte risquant d’être trop long. En tout cas, tirant les conséquences de toutes les irrégularités constatées, la Cour avait traduit Sada Ndiaye et son agent comptable particulier, Ibra Diakhaté, devant la Chambre de discipline financière pour fautes de gestion. Elle avait également entamé contre l’ex-Dg du Coud une poursuite pour entrave au contrôle. Suivant les recommandations de la Cour, l’Etat avait porté plainte contre Sada Ndiaye et Ibra Diakhaté devant les juridictions pénales. 
 
On se rappelle que Sada Ndiaye avait été entendu, inculpé par le Doyen des juges d’instruction du Tribunal régional de Dakar et placé sous mandat de dépôt. Comme c’est souvent le cas avec l’immonde gouvernance libérale, le délinquant sera sans autre forme de procès «élargi quelques semaines après comme par enchantement pour retrouver son poste de directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de l’Education nationale»2. C’est ce que notait, en tout cas, avec dépit, le même Wal Fadjri du 10 avril 2002. Tous les observateurs qui avaient suivi cette rocambolesque aventure étaient groggy et indignés. C’est que, entre-temps, l’homme, qui avait été bien inspiré, comme d’ailleurs son parent Adama Sall, avait pris la poudre d’escampette et est allé se réfugier sous le paratonnerre bleu. Les audits étaient gérés à l’époque, de la manière que l’on sait, par Idrissa Seck, alors ministre d’Etat, directeur de cabinet du Président Wade. Tous les délinquants présumés qui ont accepté de transhumer et d’aider, semble-t-il, le Pds, étaient purement et simplement blanchis. On peut en citer au moins une dizaine, que l’on retrouve aujourd’hui au niveau le plus élevé de l’Etat et du Pds. Après l’Education nationale, M. Ndiaye sera nommé Dg de la Sicap, avant d’atterrir à l’Assemblée nationale où il a accepté aujourd’hui d’être le bras armé de Me Wade et de ses courtisans, pour arracher à Macky Sall son fauteuil de président de l’Assemblée nationale. 
 
Quel paradoxe ! Quelle injustice ! Quelle immoralité ! Sada Ndiaye s’est non seulement révélé un mauvais gestionnaire, mais il s’était singulièrement signalé, pendant la campagne pour l’élection présidentielle de février 2000, par sa franche hostilité à l’endroit du candidat Wade. Il ne voulait surtout pas en entendre parler. Ses proches disent qu’il avait armé jusqu’aux dents les populations de Nguidjilone, son village natal où il est une sorte de manitou, sa fortune aidant. L’école du village porterait, d’ailleurs, son nom. Sada Ndiaye avait interdit au candidat Wade et à son cortège l’accès au village. Il a fallu toutes sortes de conciliabules pour que des autorités coutumières, religieuses et quelques membres du cortège arrivent à convaincre Me Wade de mettre un trait sur Nguidjilone. Ses mêmes proches racontent que, Sada Ndiaye, ce même Sada Ndiaye vraiment, ira dès les premières heures de l’alternance, flanqué d’une forte délégation, s’agenouiller devant le nouveau chef d’Etat pour faire piteusement acte d’allégeance et se faire éventuellement pardonner. Une source digne de fois révèle que Me Wade a dû couper net le discours long et insipide de Sada Ndiaye, pour lui faire remarquer qu’il n’avait vraiment pas besoin de tant parler et qu’il le croyait sincère. «Si aujourd’hui, vous venez en forte délégation pour m’assurer de votre soutien, alors que c’est vous-même qui m’aviez interdit l’accès à votre village il y a seulement quelques semaines, je ne peux que vous croire», lui aurait dit ironiquement Me Wade. 
 
C’est ce mauvais gestionnaire, ce néo-libéral que Me Wade, le Pds et leurs alliés ont choisi pour conduire Macky Sall, militant dévoué des premières heures, à l’autel du sacrifice. C’est une honte pour le Pds et son chef ; c’est une honte pour la République, la Démocratie et la Morale. Je ne passerai pas une seule seconde sur le point de presse de ce Sada Ndiaye, ni sur ses laborieuses tentatives de justifier l’injustifiable. Point n’est besoin d’être un fin observateur pour comprendre pourquoi la scélérate proposition sera soumise au vote des minables députés de la Coalition Sopi. En acceptant cette sale besogne, Sada Ndiaye a, en tout cas, tourné le dos au sens de l’honneur et de la dignité. Il y avait déjà renoncé d’ailleurs, depuis cette fameuse audience, devant un Me Wade triomphant. Honte donc à Sada Ndiaye et aux inspirateurs de «sa» scélérate proposition de loi, honte au très médiocre Parlement sénégalais, qui la votera sans état d’âme, comme il a voté ses devancières ! 
 
Mody NIANG 
modyniang@arc.snCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir  
 
 
1 Il a travaillé notamment avec de nombreux Groupements d’intérêt économique (Gie) appartenant à des amis et à des cousins. 
2 Après le Coud, il avait été nommé Dage au ministère de l’Education nationale. C’est là-bas que le rapport de la Cour des Comptes l’a rattrapé. Il se raconte énormément de «choses» sur sa gestion du Programme décennal pour l’Education et la Formation (Pdef). L’habitude étant une seconde nature et le Sénégal de Me Wade étant un pays sans sanction, il se pourrait qu’il en fût de même de sa gestion à la Sicap. 
Le concert de l’Alternance  
La partition de l’alternance, jouée dans le respect des règles de l’art, avait charmé et excité tous les mélomanes qui, dès lors, avaient commencé à esquisser des pas de danse en dodelinant de la tête. La partition de l’alternance, jouée dans le respect des règles de l’art, avait charmé et excité tous les mélomanes qui, dès lors, avaient commencé à esquisser des pas de danse en dodelinant de la tête. Une symphonie concertante venait d’être admirée et adoubée par une assistance bercée par l’esprit d’ouverture et de créativité de notre auteur-compositeur. Les commentaires allaient bon train face à la lumière kaléidoscopique de la tribune abritant la nouvelle star, très sûre d’elle-même. Chacun savourait la mélodie qui résonnait partout à travers le pays. Le monde entier saluait cette belle création artistique, inédite et longtemps espérée par les mal-aimés ou les exclus de l’Art contemporain. Le nouveau chef de l’orchestre national, bien entouré par des ingénieurs du son de toutes sensibilités, démarrait une série de concerts en respectant les goûts de la Nation férue de bonne musique. Mais soudain, retentissent les fausses notes provoquées par des rivalités, des intérêts personnels et partisans.  
Puisqu’on ne peut à la fois pratiquer la justice et servir ses propres intérêts, Orphée, tiré par ses concertistes maladroits, inexpérimentés et novices en matière de musique contemporaine, commence à bégayer et à chanter faux. La dissonance finit par agacer l’auditoire désarçonné par l’éclatement brusque de cette très belle chorale hétéroclite. 
Cependant, le génie d’Orphée était tel qu’il charmait même les bêtes sauvages. Il avait réussi à libérer Eurydice (sa bien-aimée mordue mortellement par un serpent) de l’enfer en trompant la vigilance des gardiens. Une délivrance qui lui sera fatale, car il ne devait pas la regarder avant de franchir le seuil des Enfers. C’est ainsi que l’orphéon discordant fait gronder le public leurré, encore une fois : le «Contrat social» signé est remisé dans les placards de l’oubli. En résumé, le peuple est délivré par Orphée qui n’a pas hésité à le supplicier atrocement. Ce dernier avait suscité un grand espoir dès le début de sa prestation prometteuse et éblouissante, mais finalement, il s’était lui-même perdu par son goût effréné du pouvoir et les coups fourrés au sein de son orchestre. C’est le peuple, pris en otage, qui en pâtit le plus. Le mauvais concert libéral finit par attirer toutes sortes de malheurs. Il faut faire face, désormais, à une multitude d’infortunes.  
Toujours des calamités causées par le «génocide moderne» (embarcations de fortune), par la faim, par le déluge, etc. Des scènes atroces diffusées dans le monde entier. 2STV a consacré, tout récemment, presqu’une édition complète aux quartiers démunis, frappés par les «intempéries» (pluies diluviennes). A première vue, on croit apercevoir sur les images des maisons sur pilotis en pleine rivière, mais de plus près, on voit que ce sont des habitations inondées où une grappe d’enfants défie les caméras en brandissant des brassards rouges destinés à sa Majesté absente. C’est la désillusion totale, au regard des différentes péripéties de l’alternance.  
Un spectacle affligeant ! Des familles vivent dans l’eau stagnante, polluée et infectée. Des 4X4 occupées par des émissaires du roi surfent sur cette rivière qui emprisonne et anéantit nombre de familles. La star du Sopi, de retour de sa virée estivale en Suisse, leur emboîte le pas en pataugeant dans l’eau avec sa «fameuse» 8X8, les poches vides. Comment voulez-vous venir en aide à des populations en détresse avec seulement un regard compatissant et des promesses fallacieuses ? Cette façon de rendre visite aux «naufragés» de l’alternance montre à quel point notre roi les snobe. C’eût été le Palais Léopold Sédar Senghor, cela va de soi que des mesures exceptionnelles eussent été prises dans les meilleurs délais, car on ne doit pas jouer avec la vie de sa Majesté et de sa famille. Qui aurait oublié le tollé provoqué par sa fâcheuse randonnée avec le hublot du cockpit de la Pointe de Sangomar (l’avion présidentiel) cassé en plein vol ? Outre cette mésaventure, notre roi avait différé son déménagement au Palais, en raison de la présence de cafards sur les lieux. Un homme très attentionné, quand il s’agit de son bien-être. J’en déduis que la vie du Président est plus précieuse que celle des exclus ou des mal-aimés de l’alternance. Autrement dit, nos pauvres parents et nous-mêmes avons pour le moins, le mérite d’apprendre à vivre dans l’eau de pluie puante en apprivoisant les bestioles, nos compagnons de tous les jours. 
Toujours la même rengaine. Des flots de paroles sont encore déversés à la figure de ces gens nécessiteux qui s’étaient empressés de voter massivement pour un Président de gâchis, élu et réélu sans un programme social concret et viable. La vie est excessivement chère, sans oublier la carence du système de santé (un véritable casse-tête). Il faut avoir les moyens pour se faire soigner. Sa Majesté avait, pourtant, été catégorique avec les Sénégalais avant sa réélection : «Laissez-moi terminer mes projets (pharaoniques)», nous serinait-il. Il nous avait trompés pour réaliser son rêve de Président, mais pas cette fois-ci, avec son fameux plébiscite.  
Un peuple déshérité, persécuté par les sons aigus, discordants provenant du concert de l’alternance, sombre dans la misère, la faim et la solitude. Un épisode digne d’un mauvais film. Un premier mandat présidentiel macabre, couronné par une réélection triomphale sans un programme tangible, excepté une myriade de chantiers ouverts dans une capitale, aujourd’hui, défigurée par les inondations, les complaintes des «mendiants», l’insécurité et la prostitution. Huit années édéniques pour notre roi et ses courtisans, mais infernales pour un peuple désemparé, affamé, plongé dans la précarité totale. Un règne dominé par un véritable dilettantisme : un Président toujours surpris et dépassé par les épisodes de l’alternance, riches en péripéties et rebondissements.  
Le roi et sa cour savourent, pendant huit ans, leur victoire à la Pyrrhus, alors que le peuple, démuni, se démène vaillamment dans les serres des malheurs qui le traquent au jour le jour. Des scènes poignantes et choquantes rythment notre vie quotidienne. Le naufrage des embarcations de fortune bondées de jeunes gens à bout d’espoir, la raréfaction et la flambée des prix des denrées de première nécessité, les émeutes de la faim, les inondations (des habitants exposés à des maladies graves causées par des eaux de pluie polluées et infectées par le reflux des parties sanitaires) constituent le fameux changement, issu de la médiocre prestation du concert libéral, monotone et morne. L’infortune est, désormais, l’hôte indésirable des exclus de l’alternance. 
 
Dame DIOP - Doctorant au laboratoire du Circles - Section Cna (Centre de narratologie appliquées)  
Université de Nice Sophia-Antipolis Spécialité : «Etude Ibérique» 
Réflexions sur les Assises  
Les Assises devraient être, selon notre entendement, un forum où nos intellectuels discuteraient les grandes idées véhiculées par nos contemporains. Au lieu de cela, les participants veulent faire un condensé des idées des Sénégalais ; ils partent de l’idée qu’il suffit de faire la somme des pensées exprimées par les populations, de les condenser en un programme voulu par les Sénégalais et nécessairement bon pour eux. 
Dans la réalité, les choses ne se passeront pas ainsi. Quand tout un chacun aura exprimé ses désirs, la synthèse sera faite par les intellectuels et les cadres. Qui sont ces intellectuels et ces cadres et qui garantit leur infaillibilité ? 
Quand on s’en réfère à un passé récent, les personnes en question ont, en majorité, milité dans la Social-démocratie qui a ruiné notre pays entre 1960 et 2000. Prenons l’exemple de deux des plus talentueux de ces participants. Je commence par le grand écrivain dont personne ne conteste les talents littéraires ; il est spécialiste des plans de développement. Nulle personne sensée, aujourd’hui, ne pense qu’on peut développer un pays par l’adoption de plans. 
La raison en est que le plan, conçu par un esprit qui se croit supérieur, doit être imposé à la population ; c’est la politique d’interventionnisme opposée à la politique de la liberté. L’interventionnisme est synonyme de contrainte et son aboutissement est l’échec. 
En effet, la contrainte est contraire à la nature humaine (voir les régimes communistes). Rappelez-vous qu’ici même au Sénégal, quand un Premier ministre faisait voter un plan de développement, il l’avait assujetti à des mesures d’exception qui ont abouti à l’arrestation de députés. Je voudrais que tout le monde sache que, dans la vie, seules deux voies existent : la liberté et la contrainte. La première nous conduit au libéralisme et la seconde à la social-démocratie. 
Un bref coup d’œil sur l’histoire contemporaine nous montre que l’Occident est resté pauvre et arriéré quand il ne connaissait pas la liberté. A la fin du XVIIIe siècle, grâce à de grands penseurs, des philosophes, la liberté naquit en Occident. Elle s’accompagnera d’un libéralisme qui produisit un développement économique fulgurant. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer les Etats-Unis d’Amérique ou règne le libéralisme et qui dominent actuellement tous les autres pays du monde. Je parie que si le Sénégal adopte un véritable libéralisme économique en tenant compte de toutes les implications qui s’imposent, nous gagnerons en un temps record (30 ans maximum) la bataille du développement. 
Nous avons fait l’expérience de la social-démocratie. De 1960 à 2000, nous avons mis en place des organismes : Office de commercialisation agricole (Oca), Organisme national de commercialisation et d’appui au développement (Oncad), Caisse de Péréquation, Banque nationale pour le développement du Sénégal (Bnds), Sonacos, etc. qui n’ont servi qu’à dilapider les richesses de notre pays. 
Gloire à Abdoulaye Wade qui mit fin à cette gabegie ruineuse et source de stagnation. 
Parlant des “Assises”, j’arrive à la deuxième personnalité respectée à travers l’Afrique. Un seul point m’inquiète : à sa nomination à la tête de l’Unesco, c’était la Guerre froide et tous les intellectuels courageux africains étaient rangés dans le camp des progressistes, celui des anti-Américains. 
Cet intellectuel se rangea, par ses discours, dans le camp progressiste. Pourtant, il savait bien que l’organisme dont il avait la charge était financé principalement par les Etats-Unis. Je me suis toujours demandé pourquoi cet esprit supérieur a pris une telle attitude, pourquoi il ne s’est pas montré discret ? 
Si son attitude fut le fruit d’une erreur, sa position par rapport aux Assises serait-elle une répétition de son erreur ? Les Assises, disons-le net, n’ont aucune utilité ; si elles aboutissent à un programme, le pays n’en a pas besoin. Les gens savent mieux que quiconque ce qui leur est utile. Il faut éviter de créer un Etat interventionniste ; il serait obligatoirement contraignant et répressif (voyez le cas de la subvention sur le riz). 
Pour être utiles, tous les intellectuels réunis dans ces Assises devaient discuter des grandes idées qui secouent notre société. Tenez : par exemple, aux défenseurs du libéralisme social, s’opposent les libéraux tout court ; ces derniers soutiennent que le libéralisme, ayant pour base la liberté, ne peut être qu’humain et social. 
Ceux qui parlent de libéralisme sauvage, d’ultralibéralisme sont seulement des ennemis de cette doctrine ou alors aveuglés par leur ignorance. Nos camarades qui, naguère, étaient dans les partis de gauche sont désorientés : ils vont jusqu’à dire que les idéologies sont passées et qu’il faut résoudre les problèmes au cas par cas, en adoptant ce qui convient le mieux, le libéralisme ou la social-démocratie, selon la situation. Le résultat d’une telle attitude est l’inefficacité, car on se contredit perpétuellement. Et, pourtant, chaque acte que nous posons suppose en arrière-plan, une idéologie. Tant qu’il y aura des hommes, les idéologies ne disparaîtront jamais. 
Revenons à nos moutons, aux Assises. Elles peuvent nous être utiles si nous les concevons comme un forum où des intellectuels évoquent les idées en vogue ; elles ne doivent pas être le lieu de rencontre des adversaires du régime du Président Abdoulaye Wade. Elles seraient partisanes et nuisibles à la paix sociale du pays : elles ne doivent pas tracer des règles rigides et adopter un dogmatisme méprisant. Elles doivent soulever les idées générales que tous les intellectuels discuteront ; elles seront ainsi source d’enrichissement pour les participants ainsi que pour tous les intellectuels du pays. 
 
Abdoulaye NDIAYE Cassandre - Parcelles Assainies Unité 11 - Dakar  
SENEGAL-ASSEMBLEE NATIONALE-FONCTIONNEMENT  
Mouhamed Mbodj (Forum civil) :"Les questions privées priment sur les intérêts publics"  
jeudi 25 septembre 2008  
NETTALI - La 11e législature de l’Assemblée nationale était annoncée comme une "législature de rupture", mais aujourd’hui, la déception est grande. L’Assemblée nationale du Sénégal n’a jamais été aussi loin de son rôle de représentation des intérêts des populations, analyse Mouhamed Mbodj, Coordonnateur du Forum civil, sur les ondes de Sud Fm. 
(Photo : Siège de l’Assemblée nationale du Sénégal) 
Au début, l’actuel président de l’Assemblée nationale, Macky Sall, avait annoncé la couleur par des séminaires à Saly (station balnéaire à 70 km de la capitale) et à Dakar. Mais cela s’est arrêté là, car le jeu politique a pris le dessus. 
Analysant la situation de l’institution, suite aux turpitudes de son président Macky Sall en bisbille avec ses "frères" de parti, Mouhamed Mbodj, Coordonnateur du Forum civil, se dit "consterné pour les Sénégalais par le manque de maturité de la classe politique au pouvoir, je dis bien la classe politique au pouvoir, par sa propension à privilégier les questions privées sur les questions publiques pour lesquelles le Sénégal les a choisis", dit d’entrée Mouhamed Mbodj. 
Le Coordonnateur du Forum civil de poursuivre son analyse en soutenant que "tout le monde a remarqué le défaut de contrôle parlementaire. La situation économique est catastrophique. Le Fmi est là et revient dans deux mois. Même Macky Sall est interpellé, puisque aucun acte de contrôle n’est posé, comme le contrôle de l’exécution du budget, par exemple, ou le vote de lois de règlement budgétaire. Les vrais questions du pays sont les inondations, avec plus de 500 000 personnes qui doivent être recasées". 
A en croire M. Mbodj, "la confusion est énorme entre la sphère publique, qui nous gère tous, et les sphères privées que sont le parti, l’appartenance confrérique, la famille, etc. Ces dernières interfèrent sur la sphère publique et négativement". Il estime en tout cas que Macky Sall doit "prendre ses responsabilités". 
Le Coordonnateur du Forum Civil qualifie la guéguerre des libéraux de "combat de coqs" souhaitant qu’elle reste circonscrite à ce cadre au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds, au pouvoir). Mouhamed Mbodj est cependant pessimiste, "c’est utopique, puisque cela a déjà déteint sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale". 
 
 
Mémoire abyssale…  
 
 
J’étais dans le temps de mon cœur, celui que je consacrais à mes trois petits anges adorés. Avec eux mon cœur a toujours battu au rythme du temps qui s’étire. Et ce temps c’est le soleil qui, dès les aurores, darde ses rayons nourriciers sur une vie renouvelée ; c’est l’enfant qui saute affectueusement sur mes genoux ; c’est aussi l’enfant qui m’entoure le cou de ses frêles bras, la bouche humide collée à ma joue ; c’est également l’enfant qui scrute le monde et veut tout savoir sur tout ; ce sont ces petits êtres généreux qui m’enveloppent à tout instant de leur tendre affection.  
Le temps c’est l’extase et le bonheur de nos longues ballades à travers la ville et la campagne ; c’est souvent les moments de détente, quand fatiguée de raconter leurs histoires juvéniles ou de psalmodier les versets coraniques, mes jambes, ma poitrine, tout mon corps servant de coussins, chacune d’entre elles se laissait gagner par une douce euphorie jusqu’au sommeil profond. Alors je louais tout le temps et par tous les temps Dieu pour m’avoir permis de vivre ces moments délicieux auprès d’âmes aussi remarquables. Je savourais pleinement le temps de leur présence comme un don infini du Ciel ; le temps de leur attachement et de leur amour me comblait d’une douceur incommensurable.  
Je vivais pour elles, elles vivaient pour moi. Une osmose parfaite que rien ni personne ne venait - ne pouvait - troubler. Au crépuscule de mon existence, cette proximité était mon élixir de jouvence ; je me sentais revivre, baignant dans un sentiment de jouissance intense.  
Chaque jour était chargé de son lot de consolation. J’avais toujours, comme l’a écrit Marcel Proust, ‘l’immense plaisir de jouir de l’essence des choses en dehors du temps’. Puis un jour, un jour noir - le 26 septembre 2002 - le ciel s’est fissuré, éparpillant sur nos têtes et enfonçant dans nos cœurs des blocs de souffrance. Le temps s’est alors brusquement figé et le peuple hébété avait assisté impuissant au drame le plus horrible de son histoire. Le bateau Joola venait de sombrer dans l’océan.  
La veille, une foule bruyante et grouillante s’était affairée autour du navire. C’était la fin des vacances : homme, femmes et enfants l’avaient pris d’assaut. Nul ne voulait rater ce dernier voyage avant l’ouverture des classes. Mais ils ne savaient pas, ils ne se doutaient pas que c’était un voyage sans retour, un voyage sans fin. Parmi eux, mes trois filles : elles avaient 6 ans, 8 ans et 11 ans, de jeunes pousses, ouvertes au soleil, aspirant la vie à pleines narines…  
Les dégâts causés furent énormes. Toute une nation, jadis fière, fière et riche de ses hommes et de son patrimoine historique, ce jour-là, mise à genoux et recroquevillée sur elle-même. Depuis cette date, le souvenir de la tragédie est vécu avec dignité ; un souvenir qui envahit l’esprit au timbre d’une voix, à la silhouette virtuelle perçue au détour d’un chemin ou aux pépiements des enfants à la sortie de l’école. Un souvenir qui écorche, torture, et dans le subconscient les images défilent au ralenti avec un réalisme saisissant. Jean Jacques Rousseau dans ses Confessions disait justement que ‘le souvenir permet une révélation de la vérité des événements dans l’intensité émotive qu’il restitue et amplifie’. Chaque personne l’a vécu différemment certes, mais intensément, dans une souffrance muette et digne ou dans l’exercice de l’écriture comme viatique.  
Aujourd’hui encore, comme tous les jours, l’on s’interroge et l’on se demande comment cette tragédie a pu se produire et pourquoi ce peuple aux grandes vertus n’a pas été capable de l’éviter.  
Combien sont-ils ? Combien sont-elles ? On ne le saura peut-être jamais, car des familles entières peinent dans un anonymat total. Le visage de la vie existe-t-il pour toutes ces personnes défigurées par le mal ?  
Un seul jour existe - le 26 septembre - les autres jours ne comptent plus. Qu’importe l’année, puisque ce jour, ils sont partis par une nuit orageuse, une nuit vindicative, où le temps d’un seul être anéantit le temps des autres… Ce fut un sale temps pour tous, un sale temps pour la mère qui ne reconnaît plus les siens, un sale temps pour la mer déchaînée, un sale temps pour les liens du cœur ; ce cœur qui dérive au gré du mouvement du navire dans sa hasardeuse et silencieuse errance sous marine.  
Que de larmes versées, car les larmes ignorent les frontières, les larmes ignorent les ethnies… Au-delà des tourments d’une nuit, des vagissements de l’aube, des vagissements des âmes dans la forêt mystérieuse, dans la forêt sacrée, la mémoire abyssale plonge dans les profondeurs de l’eau qui coule dans les veines ouvertes de la mer dévoreuse de vies...  
Le deuil sera éternel, car cette eau qui est consommatrice de vies rieuses, cette eau qui est silence, cette eau est devenue berceau de l’autre vie...  
Ibrahima NDAW Ancien Conseiller en Organisation & Communication de la Sar Informaticien  
Cité S.H.S N° 37 Golf Nord Bp :19826 Guédiawaye Dakar Mobile : 77419 71 16 E-mail : malima_sn@yahoo.fr  
Nous reculons 
Il paraît que les caisses de l’Etat sont vides. Et il faut s’attendre à un plan d’austérité. Pourtant, il y a quelques années, nous avions vécu ce drame avec les socialistes. Au lendemain de l’Alternance, Wade Mën Lëp disait à qui voulait l’entendre que les caisses de l’Etat étaient pleines. Il avait tellement de milliards qu’il ne savait quoi en faire. Huit ans après, c’est la dèche. Donc, il faut le reconnaître, ce pays n’avance pas. Et qui n’avance pas, recule. Qu’est-ce que l’Alternance a apporté aux Sénégalais.  
( Mor Todjangué )  
 
Des députés de la honte, véritables pantins entre les mains d’un manitou ! 
 
Aujourd’hui dans notre pays, rien ne devrait plus surprendre personne car, sous le régime libéral avec Me Wade à la tête, tout peut nous arriver. Par conséquent, le coup de Sada Ndiaye à propos de la révision de l’article 62 de la Constitution, ne devrait pas nous émouvoir outre mesure. Je trouve que c’est une suite logique pour un pouvoir qui est en roue libre, comme c’est le cas présentement, qui ne reculera devant rien pour satisfaire ses voeux. Je le disais récemment dans une de mes contributions, qu’avec Me Wade, le pire est à venir. 
Face à un train de vie dispendieux d’un Etat qui est incapable de contrôler et maîtriser la situation économique et sociale du pays, qui refuse de prendre en compte la réalité et les préoccupations majeures des populations, à la limite, on peut dire qui nargue son peuple, il y avait vraiment mieux à faire pour Sada que de montrer du culot. 
Ainsi, au moment où notre peuple peine à se nourrir correctement et se débat pour sortir de ses difficultés de toutes sortes, faites de : pénuries en tout genre, de cherté de la vie, des inondations qui fusent de partout, des catastrophes qui ne se comptent plus, des travailleurs qui ne perçoivent pas leur salaire à temps et j’en passe, Sada Ndiaye et ses semblables ne trouvent rien d’autre à faire, que de proposer une violation de plus de notre constitution, pour des raisons nébuleuses. C’est peut être compréhensible pour lui car, dans la maison d’un pendu, on ne parle pas de corde. 
Il est certes vrai que nous ne sommes pas tous responsables de ce qui est advenu mais, par contre, nous sommes tous concernés par ce qui se passe dans notre pays. Et de Charybde en scylla, nous observons les faits graves se déroulaient devant nos yeux, faits qui ne relèvent d’aucune règle ou d’institution de la république, mais, uniquement de la volonté d’un seul homme, qui n’a plus d’oreilles pour entendre et d’yeux pour voir. 
Je prévenais dans ma dernière contribution parue dans le Populaire en ces termes « Comme si cela ne suffisait, les libéraux, parce qu’impunis, passent d’escalade en escalade vers les agressions sauvages, barbares et terroristes sur les populations sans protection. De fil en aiguille et compte tenu de l’impunité qui sévit dans le pays, le pouvoir libéral s’inscrit dans la perspective de neutraliser toute forme de résistance populaire des citoyens. Pour en arriver là, il installe tout bonnement à la tête de la république un Etat terroriste qui sous le couvert de l’immunité de ses auteurs, commet leurs forfaitures tout tranquillement sans courir aucun risque. » Auparavant, je décrivais dans une autre contribution comment Me Wade se comporte avec notre constitution et nos institutions en les rapiéçant à son bon vouloir, l’article était intitulé : « Me Wade, prend notre constitution pour une pâte à modeler et nos institutions, pour des jouets entre ses mains. » 
Alors au vu des faits au quotidien, il devrait être tout à fait évident pour bien des sénégalais, que Me Wade a pris une option claire voire irréversible de ce qu’il entend faire de nous peuple et de notre pays le Sénégal. Pour cela, il s’est doté d’une Assemblée quasi monocolore qui ne demande qu’à connaître ses vœux, même les plus anticonstitutionnels, pour les exécuter à la lettre. Une opposition infime au sein de cette Institution, qui ne peut en aucune façon modifier le sens du vote, sert malheureusement de faire valoir sur le plan international au régime libéral, comme quoi, il existe bel et bien une opposition à l’Assemblée nationale. 
Ce qui est surtout extraordinaire dans notre pays, je devrais même dire effarant, c’est de voir une race d’hommes anti-valeur qui devrait dans les normes et dans un pays de droit, croupir à l’heure actuelle en prison pour des détournements de deniers publics et autres malversations, être les principaux acteurs du régime libéral. Regardez ceux qui s’agitent et prennent des initiatives pour plaire au roi et au prince, la plupart d’entre eux, sont des transhumants réfugiés politiques pour échapper à la justice. Ces hommes dont, notre jeunesse ne devrait jamais s’inspirer ou prendre comme exemple, osent encore braver notre peuple, parce que injustement en liberté provisoire. 
Par ailleurs, l’attitude du Président de l’Assemblée nationale Macky Sall, est tout à fait déplorable et même regrettable. On peut manquer de courage, mais quand même pas à ce point. Surtout, quand on est dans son droit et avec la légalité absolue. Il est incompréhensible, qu’un homme investi d’une légitimité tirée de la Loi fondamentale, comme celle du Président de la république, puisse adopter un profil aussi bas et demeurer muet comme une carpe, dans une affaire où on est soi-même, le centre. Ses amis, ses partisans ou simplement ceux qui défendent la légalité républicaine, se sont faits entendre plusieurs fois pour dénoncer les manœuvres à son encontre et ont même pris des risques, comme par exemple le cas de Me Alioune Badara Cissé mais lui, aucune fois, il n’a levé le petit doigt ou élevé la voix pour se défendre ; si ce n’est pour renouveler son attachement indéfectible à Me Wade, malgré les attaquent de ses adversaires qui fusent de toutes parts. S’il devrait en être ainsi, il devait jeter l’éponge dès le premier coup de semonce. En effet, mettre de tels hommes à la tête de nos institutions ou de l’Etat est une erreur très grave qui est fortement déconseillée. Ceci nous renvoie aux méfaits du culte de la personnalité dont les peuples africains et en particulier celui sénégalais ont souvent été abreuvés mais qui, en réalité est un mirage ou une fabrication artificielle d’hommes de main inconsistants et présentés pompeusement comme de fortes personnalités. C’est ainsi aussi, qu’on invente des prétendus hommes providentiels, qui n’existent que dans l’esprit des opportunistes, spécialistes de marketing politique. Me Wade et Idrissa Seck en sont une preuve palpable, ils dépensent beaucoup d’argent, dans le but unique de tromper le monde. Travaillons chers concitoyens en perspective d’une équipe et d’un régime conforme à la nouvelle donne, en lieu et place d’un homme providentiel ou miracle. Le pouvoir appartient au peuple et à lui seul.  
Si toutefois il reste encore de l’orgueil, de l’honneur et de la dignité à certains de nos députés, ils s’opposeraient ferment le moment venu, à une telle forfaiture, par reconnaissance à leur peuple, par respect à leur mandat et leurs mandants. Je ne doute pas qu’il y en aura qui diront non, que trop c’est trop ! Mais hélas, les dés sont déjà pipés. L’Assemblée nationale est presque la copie du PDS avec quelques rebelles, de quantité négligeable en son sein, qui font la résistance. 
Au demeurant, ceux parmi les députés qui pendront la responsabilité sur eux, d’avaliser cette forfaiture et celles à venir, seront de toutes les façons, jugés demain par l’histoire. Je sais que les délices du pouvoir aveuglent ses hommes à telle enseigne, qu’ils se disent que demain n’existe pas ou bien tant pis pour demain. Ils doutent aussi par cupidité ou boulimie du pouvoir, qu’il existe le tribunal de l’histoire. Pourtant, les Mobutu, Bokassa, Pinochet et autres, ne datent qu’hier seulement, ils ont été bien rattrapés par l’histoire. Il s’y ajoute que le TPI, n’a plus de frontière et d’interdit, surtout pour les anciens chefs d’Etat coupables. L’affaire du Joola n’a pas encore rendu son verdict et loin s’en faut. Le procès du Joola aura lieu tôt ou tard un jour, n’en déplaise aux avocats du diable. 
Pour revenir à cette nième révision de notre constitution, qui appelle de la part de tous les citoyens, d’être très vigilants à l’avenir, dans la conception des institutions et leur forme, dans leur mise en œuvre et leur verrouillage contre toutes les tentatives malveillantes des pouvoirs autocratiques, à les modifier en leur faveur. Il est de notre responsabilité à nous tous d’œuvrer pour des institutions fiables, démocratiques et pérennes mais surtout, sous la conduite d’hommes de parole et d’honneur, justes et respectueux de leur engagement et de leur peuple. Nous avons assisté ou plutôt vécu, à des simulacres de conseils tropicaux, qui sont quasiment incompétents à tout, sauf si, le président veut légitimer un forfait. Nous devons en tirer une leçon pour demain et ne plus se fier aux simples déclarations. 
Devant cette menace imminente à transformer notre pays en une monarchie, il est heureux et salutaire, que des concitoyens, conscients du grave danger de dislocation de l’unité nationale, aient pris leur responsabilité en convoquant ces Assises nationales. 
Alors, à ce propos, la qualité des Ressources Humaines qui se sont révélées à travers les Assises, me réconforte, en ce sens que, nous disposons suffisamment dans notre pays et la diaspora, ce qu’il faut comme compétences avérées pour former une équipe dirigeante et des hommes pour conduire à la satisfaction de notre peuple les affaires de notre pays. Naturellement, personne ne peut présager de la bonne foi absolue de tous, mais on peut être optimiste par le caractère spontané et volontaire, sans oublier, les menaces du pouvoir qu’ils ont bravées ouvertement, pour prendre part malgré tout aux Assises. C’est pourquoi, il est permis de garder espoir avec optimisme pour une issue heureuse de ses travaux. 
Pour terminer, il doit être clair dorénavant pour nous tous sénégalais, qu’aucun article de ce qui reste cette constitution de janvier 2001, n’est plus à l’abri d’une révision par Me Wade et, c’est là justement où réside le caractère de pâte à modeler dont je parle. A présent, que l’article relève d’une loi organique ou constitutionnelle importera peu, car, Me Wade, fera sauter de toutes les façons allégrement, tous les verrous qui lui feront écran, pour atteindre son but, sans état d’âmes et sans aucun dommage de son côté. Alors, pour sa succession par son fils, c’est le plus court chemin à enjamber quand l’heure aura sonné. 
A bon entendeur salut. 
 
 
 
Mandiaye Gaye 
Gaye_mandiaye@hotmail.com 
CHRONIQUE : Sur le chemin de l’abattoir  
Souleymane Jules Diop Jeudi 25 Sep 2008  
« On n’attèle pas au même timon  
le cheval fougueux et la vache craintive » 
Ivan TOURGUENIEW 
Quand le moment vient de tuer un des leurs, les « libéraux » excellent dans la mauvaise foi. Ils viennent de servir un sombre prétexte à Macky Sall pour le canarder : « insubordination au frère secrétaire général ». La chasse à l’homme a duré trop longtemps. Ils ont cherché partout les prétextes pour l’abattre. Ils lui reprochent maintenant de ne pas se laisser abattre. Puisque dans les motifs à lui envoyés pour que Macky Sall signe sa propre mort, ils oublient un principe de droit élémentaire. Même quand on doit être coupé, on a le droit de savoir de quoi on est coupable. Mais la justice de Wade, qu’elle s’exerce dans son Etat ou dans son parti, n’a pas besoin de prétexte. Elle s’exécute à la parole du sheriff. Macky Sall est toujours en train de pousser sa masse corporelle : un jour à Québec, un autre à Paris. Mais il a déjà trop de plomb dans les jambes. Il ne peut plus échapper à la meute. L’ancien fidèle allié, le travailleur silencieux, calme et respectueux, pour reprendre les mots d’Abdoulaye Wade, est cerné comme un vulgaire gibier dans les bois, prêt à être abattu.  
S’il est chanceux, Macky Sall sortira de la salle Soweto les mains en l’air. C’est le moins qu’on lui souhaite. S’il ne s’exécute pas, ses frères ennemis jurent de l’exécuter proprement. Dans le peloton de tête, il y a un revenu et un revenant : Sada Ndiaye et Modou Diagne Fada. Qu’elle est sinistre, la politique ! 
Sada Ndiaye avait, au milieu des années 90, planifié et obtenu l’exclusion de Modou Diagne Fada de l’université de Dakar, sous le prétexte qu’il était « un dirigeant de grève ». L’ancien directeur du Coud est arrivé au ministère de l’Education grâce à Djibo Kâ, qu’il n’a pas hésité à abandonner pour se soumettre à Ousmane Tanor Dieng quand la crise a éclaté au Ps. Quand l’alternance a sonné, il s’est engouffré dans les souliers de Macky Sall pour prendre le chemin du palais. Il doit sa liberté à celui qu’il vilipende aujourd’hui. Abdoulaye Wade voulait gagner les législatives au Fouta. Il a réhabilité les deux plus grands prévaricateurs économiques de l’histoire de ce pays, Adama Sall et Sada Ndiaye. Arrivé à la Primature, Macky Sall a « pulaarisé » son gouvernement en repositionnant des fidèles comme Bacar Dia, Adama Sall, avec l’arrivée d’Abdourahim Agne et Djibo Kâ, qui lui ont tourné le dos depuis. Il s’était servi d’un vulgaire type que tout abandonnait, même ses cheveux, pour combattre son ennemi Modou Diagne Fada. Thierno Lô s’est acquitté de cette tâche avec l’engouement d’un benêt, avant de sombrer dans l’histoire. C’est cela le propre de cette tragi-comédie. Modou Diagne Fada se sert aussi d’un proche du président de l’Assemblée nationale pour se venger. Macky Sall avait été plus loin que lui. Il avait monté le commissaire Ndoye, qu’il avait fait venir de Fatick pour le promouvoir à la tête de la Dic, pour casser tout ce qui ressemble à Idrissa Seck. Il paie la rançon de ce qui a fait sa gloire par le passé. Il devait une dette de sang. 
On ne peut pas reprocher à Modou Diagne Fada de se venger. Mais il ne se venge pas. Il venge Karim Wade. C’est ce qui donne à cette histoire toute sa singularité. Ce n’est pas une affaire de parti. C’est une affaire d’Etat. Ceux qui assistent à cette tuerie avec une curiosité jouissive ont tort de le faire. Abdoulaye Wade est en train de tuer un à un ses successeurs potentiels pour qu’à la fin ne survive que son héritier biologique. Ces grands caïds de la politique sont tous du même sang. Ca ne nous empêche pas de qualifier cet acte de ce qu’il est : ignoble. Cette affaire ne regarde pas seulement le Pds, elle regarde l’avenir du pays puisque dans la tête de ceux qui organisent cette sale besogne, celui qui survivra au carnage succédera nécessairement à Abdoulaye Wade. Il n’y a dans ce peloton d’exécution qu’un seul ambitieux, Modou Diagne Fada. Les autres sont des exécutants de première classe payés à la tâche. Ils sont tous à la solde de Karim Wade. S’il le demandait, ils s’aplatiraient pour lui laisser le chemin. C’est pourquoi l’opposition a tort, une fois encore, de ne pas s’intéresser de près aux comptes que les libéraux règlent « en famille ».  
Ce n’est pas le règlement Intérieur du Pds qui est modifié, c’est le règlement Intérieur de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas le Pds qui change de statut, c’est la Constitution. Ils prétexteront qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté. Mais ce qui rend inique cette modification, c’est qu’on ne peut pas, dans un même pays, énoncer un principe qui soit valable pour l’Assemblée nationale et qui ne soit pas valable pour le Sénat. On ne peut pas inventer une loi pour le président de l’Assemblée nationale, élu pour un an, et une autre pour le président du Sénat, élu pour cinq ans, alors qu’il s’agit du même Parlement. Un des motifs inscrits dans la proposition de loi est que le reste du bureau de l’Assemblée est élu pour un an. Mais le reste du bureau du Sénat est élu pour un an, alors que le mandat de Pape Diop prend fin dans quatre ans ! C’est une grosse forfaiture qui nous attend. Puisqu’après avoir modifié la Constitution pour y inscrire la rétroactivité de la loi votée, il faudra une loi pour enlever la même disposition, sans quoi nous serions la seule Constitution au monde à avoir de telles dispositions. Cette proposition n’est pas dangereuse parce qu’elle est injuste. Elle est dangereuse parce qu’elle est anticonstitutionnelle. Une loi est par essence générale et impersonnelle. Ce que Wade et son fils veulent faire voter n’est pas une loi, c’est un vouloir. Abdoulaye Wade a sans doute été de tous les crimes contre la République. Mais le sabotage ne peut pas continuer. La Constitution n’est pas faite pour régler des comptes, elle est faite pour régler un pays.  
Comme pour ce qui concerne la convocation de Karim Wade à l’Assemblée nationale, c’est un catalogue de prétendus qui a conduit à ce jugement par contumace. C’est Iba Der Thiam et Mamadou Seck qui avaient rédigé la lettre convoquant Karim Wade, pour la porter à la signature de Macky Sall. Pour le voyage de Paris, le président de la République a envoyé des félicitations à Macky Sall à travers son Directeur de cabinet « politique », avant de le conspuer à Paris. Macky Sall avait à ses côtés Doudou Wade, qui va ordonner la mise à mort du président de l’Assemblée nationale la semaine prochaine. C’est trop de lâcheté.  
Le plan de mise à mort date du début de l’année. Karim Wade et ses sbires n’osaient pas, ils osent maintenant. Voilà toute la différence. L’insubordination caractérisée n’est qu’un prétexte fallacieux pour liquider Macky Sall. L’homme ne fait que se laisser humilier. Jamais un homme n’a autant loué son bourreau. Mais on ne peut pas lui demander de se laisser tuer. Il n’a jamais été du vrai Pds. Il n’a jamais eu du rouge sur les lèvres. 
Pour survivre à Wade, il ne faut pas lui être fidèle. Il faut lui être infidèle. On ne peut pas jurer fidélité au mensonge et espérer durer, même en politique. Les seuls qui soient restés avec le président de la République sont ceux qui l’ont une fois trahi. Abdoulaye Faye avait déjà négocié sa transhumance au Ps contre la couverture de tous ses soins médicaux à Paris. Pape Samba Mboup s’était déjà proposé d’être la taupe d’Ousmane Tanor Dieng au retour d’Abdoulaye Wade de Paris. Babacar Gaye a été des plus virulents contre Abdoulaye Wade, quand il est parti avec Ousmane Ngom pour se soumettre à Abdou Diouf. Le dernier en date est Baïla Wane, qui a déjà traité Abdoulaye Wade de chèvre, et qui solde le pays en toute impunité. Djibo Kâ est le ministre le plus félicité en Conseil des ministres. Il garde ceux qui ont l’échine la plus souple pour les soumettre à ses « courberies ». Doudou Wade avait juré que c’était fini, il jurera que ce n’était jamais fini. Macky Sall n’a jamais appris cette leçon pendant ses années d’école chez Wade. Le président de la République vient de vendre sa peau aux sinistrés de Pikine et Guédiawaye. Dans les jours et les semaines à venir, il ne sera question que de Macky Sall et de la guillotine qui l’attend. Après avoir menti aux 50 000 sinistrés en leur promettant des logements, il faut du gros fait divers pour couvrir leurs cris de détresse. Ainsi va la République sous Wade. Au lieu d’éteindre le feu dans la banlieue, il en allume un autre pour détourner les regards, jusqu’à l’embrasement total. C’est ou la tragédie, ou la comédie de mauvais goût.  
SJD 
Auteur: Souleymane Jules Diop  
 
REFUSER DE FAIRE CONDAMNER LE "REVE" AU NAUFRAGE 
OU EMPECHER  
LA REACTIVATION DES DEMONS DE LA DIVISION NATIONALE 
 
Par M’backé N’diaye 
 
Nous faire évader du «  rêve »  
Ou pire faire couler «  le rêve sénégalais » 
Tel est le défi à nous lancé par les tenants nouveaux 
De l’"ethnicisme"et du nihilisme politiques 
Distillés en catimini au sein de notre société  
Par le truchement d’un pouvoir médiatique 
Englué dans des causes et des combats  
De caractères partisans ou sectaires.  
« Sénégaal, 1 bopp’la ; kenn meun’u ko xarr 2. » : 
Ce rêve est aujourd’hui de plus en plus menacé.  
 
 
 
Cette réflexion est celle d’un esprit QUI SE VEUT libre et patriotique.  
Elle vise à attirer l’attention sur les deux nouveaux périls rampants qui assaillent les fondements de notre société Sénégalaise ainsi que le socle de valeur qui constitue le soubassement de notre commune volonté de vivre en commun. CES VERTUS CARDINALES QUI ONT contribué à fabriquer LONGUEMENT ET PATIEMMENT notre spécificité culturelle, plus exactement, notre identité culturelle nationale sont a present MENACEES d’une part par l’action nihiliste de l’opposition politique (Deuxième partie) et d’AUTRE PART PAR L’ETHNICISATION LANCINANTE DE L’ESPACE POLITIQUE NATIONAL. ce sera l’objet de la premiere partie de NOTRE reflexion. 
 
Ière PARTIE  
 
FAIRE ECHEC A L’ « ETHNICISME » POLITIQUE 
 
GENN A SIIW NIEUP (eup bayré) TAX’UL NGE GENN KENN dixit Wolof njaay  
 
Il existe dans l’histoire et dans la marche des peuples et des nations, des opérations ou des camouflets dont le but ultime est de faire évader nos rêves (valeurs individuelles, ethniques, communautaires ou nationales) des repoussantes geôles de la barbarie, du musèlement et de l’oppression. Ce sont, dans le temps, de belles pages d’histoires écrites et paraphées du sang et de la sueur des hommes et des femmes qui se sont donnés comme belle conduite à suivre celle d’être les protagonistes centraux et essentiels de leur propre histoire dans le tumulte de la Destinée humaine.  
La sueur et le sang sont les symboles du sacrifice et de l’effort nécessaires pour se dresser contre l’immobilisme et le statu quo : un dépassement de soi qui se traduit par cette prédisposition au martyr à l’accomplissement d’un acte d’offrande, un don de soi consenti pour empêcher le ravalement de l’homme ou de ses intérêts à la condition de sous homme ou de sous intérêts voire même d’homme ou de chose sans intérêt tout simplement. C’est une attitude d’une grande dignité que nous louons à sa juste valeur et apprécions comme telle.  
Si l’aspiration à l’existence culturelle est une chose défendable par ce qu’elle nous parait très légitime, autre chose est cependant la volonté de puissance et d’hégémonie d’un groupe donné qui aspirerait à faire triompher égoïstement ses intérêts claniques par un détournement du Pouvoir Politique à eux provisoirement confié par le peuple dans le but précis de servir les intérêts de la communauté dans son ensemble.  
L’Autorité étant ici considérée comme une "res publica" c'est-à-dire la chose de tous ; par conséquent elle ne pourrait souffrir d’aucun accaparement ou népotisme ethnique. La référence au pouvoir nous fait dériver infailliblement sur la question politique et sur la problématique de l’occupation de l’espace publique. En effet il existe une différence radicale entre la volonté d’une affirmation de soi qui est une question culturelle et la quête de podestat faisant intervenir la question politique dans un objectif qui ne satisferait que quelques intérêts sectaires ou groupusculaires.  
Pour une plus grande clarté de l’exposé, l’équation qui nous est soumise pourrait être posée autrement : volonté d’affirmation de soi (culturel, ethnique, religieux) + détournement de moyens étatiques = clash des intérêts ou lutte politique. La conséquence logique est l’"ethnicisation" de la compétition politique.  
Le champ politique se définirait ainsi non plus par son objet et par son essence mais s’appréhenderait plutôt suivant l’appartenance ethnique des principaux acteurs en concurrence. Par suite imposerait que les citoyens privilégient dans les critères de choix de leurs représentants non plus les intérêts de la cité, comme l’indique logiquement le terme citoyen (qui est un dérivé du mot cité), et tels que formulés dans les différents projets de sociétés proposés par les partis politiques engagés dans la conquête ou la conservation du pouvoir mais le choix des électeurs, si telle était la situation, serait désormais déterminé en fonction exclusivement de l’appartenance de tel ou tel candidat à telle ou telle ethnie ou groupe social.  
Toute question culturelle qui se règlerait ou se débattrait au moyen de l’outil étatique grâce à l’occupation d’une « station élective ou de faveur républicaine » se muerait ipso-facto en une question politique et par conséquent deviendrait passible d’une contestation, d’un rejet ou d’une condamnation de la part des tenants du "statu quo" ou bien des tenants d’autres intérêts politiques débattus de la même façon dans "l’espace politique".  
Cette manière de procéder constitue à nos yeux le plus rapide et le plus sûr moyen de réactiver les démons du tribalisme, de l’"ethnicisme", de la ségrégation bref en un concept plus vaste de la discrimination. (Nous ne citerons pas le racisme pour des raisons évidentes de contexte et de société). 
User de la question ethnique au sein du débat politique pour conserver des avantages, conforter des positions ou renverser une hiérarchie dans l’objectif de concrétiser un projet sectaire inscrit ou non dans un possible et très probable agenda secret avec des visées transnationales constitue à notre sens et pour notre Sénégal une dérive et une forme de contestation vindicative par rapport à l’establishment social (la théorie de l’existant) et c’est aussi un manquement grave à la volonté commune librement exprimée au fil du temps d’opter, de privilégier ou d’enraciner dans l’existant commun (national), telle ou telle pratique ou expression culturelle provenant de tel ou tel groupe. 
C’est ainsi qu’il faut "considérer" tout raidissement ethnique de quelque bord qu’il provienne comme une attaque au socle commun de valeurs partagées lentement et profondément enracinée dans le substrat de vertus utilitaires et légales qui se sont superposées dans le subconscient du peuple sans aucune intervention de nature insidieuse ou dictatoriale et se sont installées en conformité avec les règles du jeu politique, de l’interaction et du dialogue social régissant les sociétés démocratiques modernes. 
La prépondérance de la langue WOLOF ses apports dans la consolidation de la nation sénégalaise ainsi que le pétrissage puis moulage de l’homo-sénégalensis par exemple est un cas typique de ce que peut être une vertu de nature utilitaire profondément et confortablement installée dans ce qu’il conviendrait d’appeler la sédimentation des valeurs et de matériaux qui soutiennent et entretiennent la si précieuse unité et stabilité nationale sénégalaise. Cette langue a permis et permet toujours au plus fruste paysan ou éleveur sénégalais habitant d’un village situé dans les confins les plus reculés du pays, de partager ses doléances et ses espoirs avec l’ensemble de la communauté nationale sans avoir dépensé le moindre franc et sans avoir coûté à l’Etat le plus petit investissement. C’est tout le contraire du « Français » ou autres langues importées. (Voir tout le système éducatif, infrastructurel et humain mis en place par l’Etat pour assurer l’éducation et l’instruction des citoyens)  
Voilà pourquoi nous les Sénégalais de tous bords et de toutes appartenances sans exception aucune, avions tous, d’une seule voix, protesté devant les propos excessifs et provocateurs du tonitruant président directeur général de la 2STV Mr El hadj Ndiaye lorsqu’il s’emportât devant des journalistes décidés à l’interroger en langue Wolof, lors de sa « brouille » avec le PDG de la RTS à propos de l’exclusivité des droits de retransmission des matches de la CAN 2008 au Ghana. Heureusement qu’il comprit très vite l’étourderie, la maladresse et la bêtise de sa réaction.  
Dire : « su ma waxxé Wolof, damay lakk Toucouleur » constitue aux yeux de tous les Sénégalais un acte de révolte et de sédition contre « l’existant sénégalais »; par ce que justement le « toucouleur » n’a pas la vertu pratique et utilitaire avérée dont le Wolof à fait preuve depuis le « get go » de la nation sénégalaise jusqu’aux temps présents. Cette comparaison faite par le « très chauvin » patron de presse est dérisoire, ridicule et sans raison d’être. Elle renferme de surcroît et c’est là le danger véritable, les germes d’une revendication « ethniciste » excessive et injustifiée.  
Et pour nous, les Domy djolof de toutes parts, c’est tout simplement une affirmation et une attitude politiquement incorrectes.  
C’est le « tableau Toucouleur » que j’ai tenu à peindre dans la première partie de cette réflexion, intéressons-nous à présent si vous le voulez bien à l’action nihilistes des hommes politiques de l’opposition au régime Libéral. Ce sera l’objet de la seconde partie de notre réflexion. A suivre… 
M’backé N’diaye (Bruxelles) 
Baker070703@yahoo.fr  
 
 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 26.09.2008
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