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L’élection prési
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S'HABITUER A AVALER DU VOMI !

«tous les arts ont produit des merveilles, seul l’art de gouverner n’a produit que des monstres».(Robespierre).  
L'OFFICE:  
Roue libre …  
Le Pds existe-t-il aujourd’hui ? En tout cas, une chose est sûre, c’est la léthargie au niveau de toutes les instances. Il n’y a que Bour dalli qui fait la pluie et le beau temps au niveau de cette formation politique. Wade, le coach de la Génération du Concret, éjecte petit à petit les responsables libéraux, au bénéfice de ceux du mouvement drivé par son fils préféré. Idem au niveau de l’appareil d’Etat. Du côté de l’opposition, ce sont toujours les discours pompeux, incendiaires, sans impact. En quelque sorte, de l’opposition de salon. Et Wade, en roue libre, devient de facto le maître du jeu. Le réveil risque d’être brutal… 
( Mor Todjangué )  
Source :loffice.sn 
 
Si la jeunesse libérale et le mouvement national des femmes du même camp restent encore à être phagocytés par la « Génération du concret », ce n’est pas le cas des moyens financiers du Parti démocratique sénégalais. Désormais, Me Wade ne les confie qu’aux hommes de main de son fils, Karim Wade. 
 
Naguère, pour l’organisation des manifestations politiques du Parti démocratique sénégalais (Pds) Me Abdoulaye Wade centralisait les moyens financiers entre les mains de libéraux 
 
de souche comme Modou Diagne Fada, Abdoulaye Faye, Ousmane Masseck Ndiaye, Lamine Thiam et Farba Senghor. Cette page semble, désormais, bien tournée. Car, de plus en plus, le secrétaire général national du Pds se détourne de ses proches d’antan, pour remettre les fonds aux affidés de son fils Karim Wade, responsable de la « génération du concret ». Pour preuve, lors du Forum de la banlieue, qui a accouché des « Très grands projets » (Tgp), les moyens financiers décaissés à cet effet furent remis à Hassane Bâ ; celui-là même qui dispute le poste de numéro 2 de la G.c avec Abdoulaye Baldé, Directeur exécutif de l’Agence nationale de l’organisation de la conférence islamique (Anoci), que préside Karim Wade. 
 
De même, depuis que Mme Awa Ndiaye s’est singularisée lors du face-à-face entre Me Wade et les femmes « cadres » de son parti, en s’affirmant comme initiatrice de cette rencontre, tout passe entre ses mains. Mardi dernier, lors de la marche contre la pandémie du Sida, en dépit de la présence de la ministre de la Santé Mme Safiétou Thiam  
c’est Mme Awa Ndiaye qui a été à l’honneur et à l’origine. C’est à elle que la Première Dame, Mme Viviane Wade, a commencé les accolades. Socialiste hier, la ministre de la Femme, qui loge des fonds plus que le Premier ministre, est devenue l’égérie de Karim Wade. 
 
Quand le président Wade avait encore fait, récemment, le déplacement sur Kaolack, il s’était passé de ses militants d’avant l’alternance, pour tout confier à Babacar Gaye ; son Directeur de cabinet, qui avait fait, avant l’an 2000, un tour du côté du défunt Parti libéral sénégalais (Pls) de Me Ousmane Ngom. 
 
Vendredi prochain, à l’occasion de la visite de Me Abdoulaye Wade à Thiès, c’est la Gc qui contrôlera les moyens, par le biais d’un non-Thiesseois : Latif Aïdara, conseiller à la présidence de la République, proche de Abdoulaye Baldé, et initiateur du mouvement Horizon 21, qui soutient Karim Wade. 
 
Me Wade n’a pas que sevré ses compagnons d’hier, il ne « donne » plus également à ses alliés : la « tontine » de la Cap 21 n’est plus, tout comme les dix millions qu’on dit qu’il allouait mensuellement à And-Jëf/Pads. Ce serait d’ailleurs là, la pomme de discorde entre les deux premiers chefs des « follistes ». Même les billets pour La Mecque qu’il distribuait, généreusement, à ses militants se raréfient. Ceux qui veulent se rendre aux Lieux Saints de l’Isl am passent désormais par la « Génération du concret ». « Autres temps, autres mœurs », enseignait l’autre. 
 
Alioune Badara DIALLO  
Source :lequotidien.sn 
 
Abdoul Aziz Diop est diplômé de l’Ecole doctorale régionale africaine de Droit et de Science politique de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, chargé de Cours à l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic) de Dakar, auteur du livre « Sarkozy au Sénégal, une réflexion sur le discours du 26 juillet 2007 ». Au milieu de l’euphorie générale sur fond d’un enthousiasme débordant, suscité par l’avènement de l’alternance en mars 2001 et le référendum de janvier 2001 pour une nouvelle Constitution qui sanctifie un présidentialisme outrancier, il fait partie des rares intellectuels sénégalais à s’être dressés pour choisir la République. Un choix qui n’a subi aucune ride et qui fait qu’il s’oppose farouchement à une dévolution monarchique du pouvoir par Wade. Un combat qui, selon M. Diop, interpelle l’opposition obligée de faire face et qui devra avoir une culture de la guérilla urbaine, comme naguère l’actuel locataire du Palais. 
 
Propos recueillis par Soro DIOP 
 
Vous êtes un des observateurs attentifs de la marche et des actions de l’opposition, depuis bientôt neuf ans. Même si on ne peut pas prétendre, en cette circonstance, faire un bilan exhaustif, quelle lecture faites-vous succinctement de cette marche et de ces actions ? 
 
Globalement, il semble que l’opposition sénégalaise n’ait pas une culture de guérilla urbaine, comme ce fut le cas avant février et mars 2000. Avant l’alternance survenue le 19 mars 2000, Abdoulaye Wade avait, quelque part dans son action  
certaine culture de guérilla urbaine. Dans son entendement, pour bouter dehors le Parti socialiste, il lui fallait parfois investir la rue et permettre à ses partisans, puisqu’ils investissent la rue, de se faire entendre car les créneaux dans lesquels l’opposition d’alors pouvait être entendue n’étaient pas, à son sens, porteurs pour une possible conquête du pouvoir. Il semble que l’opposition sénégalaise actuelle, dix ans après l’avènement de l’alternance, n’ait toujours pas épousé cette culture de guérilla. Elle semble avoir adhéré, après mars 2000, à une nouvelle donne. Je suis de ceux qui croient que l’opposition sénégalaise, après mars-février 2000, et le Parti socialiste en tête, avait la conviction qu’un modèle sénégalais était en construction et qu’au lieu de s’y opposer, il fallait mieux l’accompagner. La preuve : le Parti socialiste, qui n’avait encore pas ruminé sa défaite, avait quand même appelé à voter « oui » au référendum ratifiant la Constitution de janvier 2001. Cela veut dire qu’il y avait une adhésion, même tacite, du Parti socialiste défait, à un modèle qu’il pensait être en construction. Aujourd’hui, l’opposition est obligée, dix ans après avoir adopté cette posture, de faire le bilan de son action face à un régime qui se radicalise et qui ne semble pas avoir tourné le dos aux dérives ayant caractérisé le pouvoir actuel, les premiers mois, ensuite les années suivantes. De deux choses l’une : ou l’opposition se montre capable d’une guérilla urbaine qui ne dégénère pas, en s’opposant énergi quement aux dérives du pouvoir, ou elle garde cette posture républicaine et, dans ce cas, sera obligée de communiquer avec les Sénégalais, d’adopter une pédagogie envers eux pour les amener à adhérer à un programme alternatif aux dérives auxquelles nous assistons. 
 
Voudriez-vous dire alors que l’opposition est ankylosée par le fait qu’elle n’a pas été capable de choisir ni l’un ni l’autre ? 
 
Oui, l’opposition n’a choisi, en définitive, ni l’un ni l’autre. C’est la raison pour laquelle elle a boycotté les législatives ; un boycott naturellement qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Je suis de ceux qui croient que ce boycott était justifié, parce qu’on peut être en désaccord sur tout dans une démocratie, sauf sur le processus électoral. Dès qu’il y a désaccord sur le processus électoral et rupture de consensus sur la manière pour les citoyens de choisir leurs dirigeants, il y a blocage ; donc, il n’y a plus démocratie. Donc fonder un boycott des élections législatives sur le défaut de consensus en matière électorale me semble recevable. Pour n’avoir adopté ni la posture de guérilla urbaine ni celle d’une communication tous azimuts en direction des Sénégalais pour mettre en forme une pédagogie recevable, l’opposition est allée aux Assises. Elle s’est sentie seule à un certain moment donné, puisqu’elle n’était pas suivie, pas comprise dans la démarche qui est la sienne. Alors l’opposition a appelé la société civile, le patronat, les syndicats et les particuliers de toutes les couches socioprofessionnelles, à des Assises nationales. La démarche n’est pas mauvaise en soi. Encore faut-il que l’opposition, au bilan, dix ans après, sache quoi faire des résultats de ces Assises-là. 
 
N’y a-t-il pas quand même une sorte de lumière qui pointe, si on observe aujourd’hui la radicalisation au niveau de l’opposition, même si c’est de manière générale, sous l’impulsion de sa frange juvénile ? 
 
Wade sait parfaitement de quoi l’opposition sénégalaise est capable. De même que celle-ci sait de quoi il est capable. On prête à Abdoulaye Wade d’avoir tenu des propos du genre : « Je ne transigerai pas sur ma succession. » Ce qui veut dire, dans la tête de Abdoulaye Wade, que de toutes les façons, du fait d’un charisme qu’il autoproclame, il imposera son fils aux Sénégalais. Wade aurait tenu ces propos-là à l’étranger. Si l’opposition a eu vent de tels propos antidémocratiques, anti-républicains, qui ne correspondent à aucune de nos traditions démocratiques, elle est obligée de se radicaliser pour lui faire face. Il y a quelque chose sur laquelle il n’y a pas de concession possible : le caractère républicain de l’Etat du Sénégal. C’est l’une des dispositions de notre Constitution qui ne peut faire l’objet d’aucune révision. Si la succession devait se passer autrement que dans un cadre démocratique, si un désordre constitutionnel devait favoriser cette succession de père en fils, l’opposition n’a d’autre option, avec les démocrates et patriotes de ce pays, que faire face à Wade qui leur aura déclaré la guerre et qu’ils seront obligés de faire. 
 
Justement, par rapport à cette succession, l’alternative pour l’opposition consiste-t-elle, pour le moment, à avoir tout juste une posture d’indignation par rapport à la perception de cet agenda du Président Wade ? Ou bien y a-t-il des formes et des stratégies que l’opposition doit pouvoir déjà mettre en place pour montrer que, de toutes les façons, elle n’avalisera pas l’intention du président de la République ? 
 
Je crois que l’opposition en est consciente : Abdoulaye Wade se moque éperdument d’une indignation quelle que soit la source. L’indignation, les beaux articles de journaux, les éditoriaux enflammés n’arrêteront pas Wade. Cet homme est persuadé que lorsque le pouvoir lui échappera et qu’il n’a pas la possibilité de le contrôler à distance, il ne sera plus jamais rien. Il n’accepte pas de quitter avec la conviction qu’il n’est plus rien, dès l’instant qu’il remet le pouvoir. A partir de cet instant-là, l’opposition ne peut pas se contenter d’indignation ; elle ne peut pas non plus se contenter de dire que le principal concerné, Karim Wade, ne s’est toujours pas prononcé sur la question. En politique, comme disait Franklin Roosevelt, « tout ce qui se passe en politique n’est pas fortuit » ; tout est calculé, programmé. Ce qui se dit, concernant la succession de Abdoulaye Wade, est sans doute quelque chose de programmé contre laquelle, il ne suffit pas de s’indigner, à laquelle il faut s’opposer avec la même conviction. 
 
Pensez-vous que l’opposition a objectivement les moyens et les atouts de faire face à une telle situation ? 
 
L’opposition a les moyens et les atouts de faire face à une telle situation pour une raison très simple : elle a réussi à cristalliser le plus grand nombre autour des Assises nationales. J’ai personnellement pris part à ces Assises au niveau national et départemental. Dimanche dernier (l’entretien s’est déroulé dimanche 30 novembre 2008 : Ndlr), j’étais à Tivaoune où j’ai pris part aux consultations citoyennes. Il n’y a pas une seule localité du département qui n’a pas été représentée. Celles et ceux qui ont représenté les différentes localités du département ont exprimé leur ras-le-bol et dit leurs doléances, à quoi ils s’attendaient, une fois qu’on arrivera aux conclusions de ces Assises. Donc, cette chance qu’a l’opposition de cristalliser les Sénégalaises et les Sénégalais autour d’une réflexion sur ce que se sera l’avenir de ce pays, sur une projection sur un quart de siècle, lui donne les coudées franches, pour faire prospérer cette pédagogie vers une organisation, afin d’affronter ceux qui veulent faire dériver notre République. 
 
Est-ce qu’il n’y a pas des facteurs endogènes qui peuvent être des entraves à la volonté du président de la République de se faire succéder par son fils ? Pensez-vous que les hommes de la « Génération du concret » peuvent porter le projet du président de la République ? 
 
Karim Wade, Abdoulaye Baldé et toutes les personnes pour la plupart insignifiantes qui gravitent autour de la « Génération du concret » ne disposent d’aucun atout intellectuel, moral, leur permettant d’organiser un mouvement politique capable de convaincre selon les rouages par lesquels on peut convaincre en politique. Dans un cadre démocratique et dans un débat contradictoire, il n’y a aucun, à commencer par Karim Wade, qui puisse porter un projet recevable pour les citoyens sénégalais. Cela n’existe pas dans la « Génération du concret ». A partir de cet instant-là, ce dont nous devons tous nous persuader, c’est que cette « Génération du concret » ne peut profiter que d’un désordre constitutionnel. On tripote la Constitution, en ayant la garantie que l’actuel président de l’Assemblée nationale et l’actuel président du Sénat marcheront dans tous les cas. C’est la première possibilité qui s’offre à Wade. La seconde, c’est d’organiser des élections qui, de toutes les façons, ne seront ni régulières ni transparentes. Donc, quel que soit le schéma retenu par Abdoulaye Wade, la « Génération du concret » est hors-jeu. Elle ne correspond à aucune trajectoire politique, du point de vue historique, au Sénégal. A partir de cet instant, ils (Ndlr : les tenants de la « Génération du concret ») sont disqualifiés. Je ne vois pas dans la « Génération du concret » l’émergence d’un mouvement politique capable de porter et de défendre un projet et de le faire triompher, autrement que par un désordre constitutionnel ou par un coup de force lors d’un simulacre électoral. 
 
Au-delà de la « Génération du concret », il y a le Parti démocratique sénégalais. Pensez-vous que ce parti reste toujours, et eu égard à ce que l’on a vécu, une machine apte à faire triompher Wade ou son candidat ? 
 
Ne perdons pas de vue une chose : le Parti démocratique sénégalais (Pds) est au pouvoir et donc dispose de la rente, à condition que Wade accepte de la mettre à sa disposition. On sait comment ça marche en Afrique : le parti au pouvoir utilise la logistique et les moyens de l’Etat pour asseoir sa politique, essaimer et conserver le pouvoir. Donc, le Pds, pour se maintenir au pouvoir, ne lésinera pas sur les moyens. Il n’y a pas de doute là-dessus. Est-ce que le Pds est capable de porter Wade ou un autre candidat ? A condition que celles ou ceux qui ont fait ce parti, qui l’ont accompagné jusqu’au pouvoir, continuent à jouer un rôle de premier plan. Pour une raison très simple : ils bénéficient d’une légitimité dont ne bénéficie aucun membre de la « Génération du concret ». Donc, si Wade veut laisser à ceux qui sont allés avec lui, fait la prison avec lui, qui ont réussi à débouter le Ps du pouvoir, l’héritage d’un parti viable, capable de tenir la dragée haute à un courant socialiste de gauche, à partir de ce moment, aucun des ténors du Pds ne doit accepter qu’une « Génération du concret » joue le trouble-fête. 
 
Le problème qui se pose, c’est qu’au niveau de ce parti, les ténors qui ont accompagné Abdoulaye Wade et qui sont capables de porter son héritage sont victimes de plus en plus de procédés consistant à les écarter, comme c’était le cas de Idrissa Seck et aujourd’hui celui de Macky Sall ? Le Pds peut-il survivre en se livrant à ces « petits massacres politiques » ? 
 
Il ne fait aucun doute que Wade n’accepte pas qu’un jeune qu’il a formé, qui a connu la politique grâce à lui, à qui il a confié certaines responsabilités au sein du parti et de l’Etat, et qui ne s’appelle pas Karim Wade, puisse lui succéder par le truchement d’une voie démocratique incontestable. Ce n’est pas son projet. Alors, dans ce jeu interne au parti, avec comme satellites la « Génération du concret » et des courants qui sont en train de se former au sein du Pds, il ne faut pas perdre de vue une chose : dans ce débat, les Sénégalaises et les Sénégalais sont partie prenante. Par conséquent, il arrivera un moment où, puisque la souveraineté en dernier ressort incombe au peuple, ce dernier prendra ses responsabilités. Lorsque les Sénégalaises et les Sénégalais se rendront compte que le modèle en construction est totalement déconstruit et que l’on ne peut plus compter sur le Pds pour tenir la dragée haute à un courant socialiste de gauche, ils prendront leurs responsabilités pour recouvrer leur souveraineté qui, en dernier ressort, leur incombe. 
 
Considérez-vous le fait que Macky Sall soit sorti du Pds et qu’il ne se réclame plus d’un courant libéral, pour être ouvert à toutes les forces de l’opposition, que cela change la donne au Pds et dans le processus de succession ? 
 
La manière dont Macky Sall a été chassé du Perchoir de l’Assemblée nationale montre qu’il n’a pas d’autre choix que de s’opposer à ceux qui ont provoqué cette situation à la tête de laquelle se trouve le Président Wade. Si Macky Sall considère que, désormais, il n’a pas d’autre choix que de s’opposer à une succession de nature monarchique aux Sénégalais, il sera obligé de renforcer le camp des démocrates et patriotiques. Je ne dis même pas le camp de l’opposition, celui du Front Siggil Senegaal, mais celui des patriotes et des démocrates. Macky Sall a plus d’avenir, après avoir démissionné de toutes ses fonctions électives, dans le renforcement du camp des démocrates et des patriotes au Sénégal que dans une autre démarche. 
 
Par rapport à tout cela, pensez-vous qu’il soit opportun et pertinent de poser, dans le contexte actuel, la question du leadership au niveau de l’opposition ? 
 
La question du leadership, dans la situation actuelle du pays, est un débat qui n’est pas porteur pour les Sénégalais. Il faut que l’opposition se rendre compte d’une chose : qu’est-ce qui prime entre l’intérêt du Sénégal, son devenir et celui des individus qui s’agitent en son sein ? Il n’y a pas de choix possible entre ce que doit être l’avenir du Sénégal dans le contexte actuel de crises tous azimuts. Au plan politique, il n’y a plus de consensus politique. Au plan économique, la dette intérieure montre que l’Etat n’a pas les coudées franches pour accompagner l’économie nationale. Au plan social, la cherté de la vie ne permet à aucun ménage de lever la tête. Et au plan culturel, tout s’est effondré au bénéfice de capitales comme Bamako ou Ouagadougou. Dans un contexte où tout est à refaire et à recommencer sur tous les plans, où la démocratie sénégalaise est obligée de renaître sur ses cendres, poser la question du leadership, c’est simplement tourner le dos aux Sénégalais. J’ai l’habitude de dire que le Sénégal est mal aimé. Pour que le Sénégal soit bien aimé, il faut que l’opposition qui a réussi à cristalliser la société civile, les syndicats, le patronat autour d’une nouvelle manière de penser la politique et de conduire le développement de notre pays, dépasse ces clivages qui lui sont internes, pour enfin de compte, au nom du rassemblement des citoyens, recouvrer notre souveraineté mise en cause par les dérives générales. Il faut qu’il abandonne ce débat, le mette en veilleuse. De toutes les façons, si le projet porté par l’opposition est viable, si les Sénégalais sont prêts à se mobiliser autour des conclusions des Assises, ils feront porter ces conclusions-là à une Sénégalaise ou à un Sénégalais. Ils ont montré dans l’histoire qu’ils en sont capables. 
 
L’enjeu électoral aujourd’hui le plus imminent, ce sont les Locales. L’opposition a annoncé qu’elle y ira sur une liste unique. Quelle est la pertinence d’une telle démarche ? Qu’en est-il de sa faisabilité ? 
 
Si on devait hiérarchiser l’importance des élections, on mettrait les Locales en tête, les Législatives ensuite et l’élection présidentielle viendra en troisième position. Il se trouve, malheureusement, que nous sommes en régime présidentialiste et la clef de voûte de nos institutions est le président de la République. Mais au-delà, il n’y a pas élection plus importante que les Locales. Si l’opposition accepte d’y aller d’une même voix, cela veut dire que le débat sur le leadership est un faux débat, parce que l’enjeu l’oblige à ne pas y aller de manière dispersée. Pour une raison très simple : une assise locale donne des coudées franches à une opposition qui bénéficie, désormais, d’une caution intellectuelle dont on tire la quintessence des conclusions des Assises. Cette opposition, qui a un soubassement intellectuel du fait des conclusions des Assises et qui va à des Locales, pas en ordre dispersé, pour obliger le pouvoir à des élections régulières et transparentes, a tort de débattre de leadership. De toutes les façons, à l’issue de ces élections, le peuple sera à même de dire qui va porter les conclusions sorties des Assises. 
 
Du point de vue même de l’analyse prospective, à l’élection présidentielle de 2012 ou même avant, serait-il même pertinent de poser le problème de leadership de l’opposition en termes de candidature unique ? 
 
Au Sénégal, le problème, c’est ce que tout le monde dit : on n’est d’accord sur rien. Mais, il ressort d’une analyse, sur une assez longue période de 2000 à 2008, que le seul consensus politique qui existe au Sénégal est relatif au meilleur régime. Qu’il s’agisse de Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Madior Diouf, Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily, Massène Niang, Momar Sambe, tous les partis qui se cristallisaient autour du Front Siggil Senegaal, quand on traque les discours de ces ténors entre 2000 et 2008, on s’aperçoit qu’ils adhèrent tous à un régime parlementaire. Autrement dit, ils veulent donner des coudées franches au Parlement et empêcher le président de la République de disposer de pouvoirs exorbitants lui permettant même de décider de la vie de chacun d’entre nous. Bien que Wade soit le chef de file d’un régime présidentialiste fort, implacable, n’oublions pas que dans le programme pour un gouvernement de transition, suite à la victoire du 19 mars 2000, il avait opté pour un régime parlementaire. Il l’avait écrit dans la préface au programme de gouvernement de transition. Si on cherchait au Sénégal un consensus politique fort, l’unanimité, c’est qu’il faut accroître le pouvoir du Parlement et dessaisir le président de la République de certaines prérogatives qui empêchent le pays d’avancer. A partir du moment où le pouvoir est au Parlement, pourquoi chacun voudrait-il être le président du Sénégal ? Donc, le débat sur qui va être le président n’est pas pertinent. Si le parlementarisme est triomphant chez chacun d’entre eux, le débat de fond concerne le contrôle de l’Assemblée nationale ? 
 
Pourquoi le débat sur le leadership de l’opposition se pose souvent à la proximité d’une échéance électorale ? Est-ce un débat manipulé pour disperser l’opposition, pour semer la confusion ? 
 
Wade ne permettra jamais à l’opposition de s’organiser ; il fera tout ce dont il est capable pour l’en empêcher. Il sait qu’une opposition réunie autour de l’Afp et du Ps est capable de le battre à des élections régulières et transparentes. C’est la raison pour laquelle il a tout fait pour s’opposer au développement de la fameuse alliance Jamm-Ji qui réunissait Rewmi de Idrissa Seck, le Parti socialiste, la Ld/Mpt et tous les autres partis qui en étaient membres. Il a tout fait pour déstabiliser cette alliance qui pouvait lui ravir l’Assemblée nationale. Il appartient à l’opposition d’en prendre acte et de s’organiser en conséquence. Cela veut dire que si l’intérêt du Sénégal est la préoccupation de chacun d’entre eux, ils trouveront parmi eux celle ou celui qui peut porter, en définitive, les conclusions des Assises. C’est sur ces conclusions qu’ils vont enfin se retrouver. S’ils se retrouvent sur les conclusions des Assises, pourquoi n’accepteraient-ils pas qu’un homme ou une femme porte ces conclusions ? 
 
Vous avez assisté aux consultations citoyennes des Assises nationales. Tout le monde s’interroge sur quoi vont déboucher ces Assises ? 
 
J’ai personnellement participé au niveau national et j’ai contribué à animer la Commission « Institutions, libertés et citoyenneté ». J’ai eu la charge, avec Aïssata Tall Sall du Parti socialiste, de rédiger le Rapport de la sous-commission « Le système démocratique sénégalais ». Les conclusions auxquelles cette commission est parvenue sont consensuelles sur ce que pourrait être un modèle démocratique au Sénégal. Il en est de même au niveau des consultations citoyennes. Au niveau départemental, toutes les localités se cristallisent autour du chef-lieu du département pour fédérer les doléances et les consigner dans un Rapport destiné à la région et qui doit arriver au niveau national. Donc, les Assises nationales, incontestablement, vont déboucher sur des conclusions quant à une meilleure manière de gérer le Sénégal sur les plans politique, économique, social et culturel. Ces conclusions seront portées à la connaissance des Sénégalais. Il faudra donc communiquer pour qu’ils portent ces conclusions. Si les Sénégalais les portent, leur avancée sera irrésistible. 
 
Vous aviez écrit un livre intitulé, Nous avons choisi la République. Aujourd’hui êtes-vous plus que jamais dans ce choix ou y’a-t-il quelque chose que vous seriez tenté d’en réviser ? 
 
Nous choisissons plus que jamais la République. Quand Wade a prêté serment le 3 avril 2000, le 21 avril 2000, j’ai publié dans Walfadjiri une tribune intitulée De l’attentisme de Diouf au sectarisme de Wade. Le sectarisme de Wade s’appuie sur une « confrérisation » de notre société ; autrement dit, distiller dans l’imaginerie communautaire mouride la dévolution du pouvoir à un clan. Voilà pourquoi, très tôt, nous nous sommes soulevés contre cette idée fausse, d’ailleurs qu’aucun membre de la prestigieuse communauté mouride n’a endossée et n’endosse aujourd’hui pour dire : « Plus que jamais, nous avons choisi la République. » Ce choix réitéré correspond à nos textes fondamentaux depuis l’indépendance. Depuis l’indépendance, le caractère républicain de l’Etat du Sénégal ne peut faire l’objet d’aucune révision. Nous avons choisi la République ; c’est pourquoi nous adhérerons à tout mouvement, y compris à un mouvement insurrectionnel, contre une dévolution monarchique du pouvoir de père en fils. Ce qui n’est pas acceptable dans la République théocratique léboue, sous la haute figure de Thierno Souleymane Baal, ne peut pas l’être au 21e siècle au Sénégal. 
 
sodiop@lequotidien.sn  
SUD QUOTIDIEN:  
CAMPAGNE DE COMMERCIALISATION DES ARACHIDES Le Ps s’insurge contre la méthode Wade  
par Bacary Domingo MANE | SUD QUOTIDIEN , jeudi 4 décembre 2008  
Le Parti socialiste (Ps) dénonce, dans une déclaration en date du 3 décembre, « le double retard accusé à travers la fixation post-récolte des prix au producteur et le simulacre de démarrage de la campagne de commercialisation qu’expliquent les désaccords entre les membres du CNIA, des désaccords persistants qui ont favorisé une véritable collusion entre le gouvernement et SUNEOR contre les intérêts des producteurs ».  
Pendant toute la période de la tactique dilatoire du gouvernement et de son principal complice, fait remarquer le Ps, « les paysans, faute de revenus monétaires, n’ont pas été en mesure de pourvoir à leurs besoins vitaux, de subvenir aux frais de scolarisation de leurs enfants et de préparer la fête de la Tabaski ».  
Quand le paysan travaille à perte…  
Les camarades de Ousmane Tanor Dieng « considèrent également que le prix de 165 Francs CFA le kilogramme est dérisoire parce qu’il ne rembourse même pas le coût des facteurs de production, ni ne rémunère la force de travail des paysans, lesquels ont travaillé dur pendant 4 mois dans l’espoir d’en tirer des revenus qui leur permettent de vivre décemment toute l’année ». Aussi ne tient-il pas compte, disent les socialistes, du « coût insoutenable de la vie avec la flambée des prix des denrées et produits de base et ne reflète ni les niveaux actuels des cours internationaux de l’huile d’arachide qui ont augmenté de 50 % ni le cours du dollar qui a évolué en hausse de 10 % entre Novembre 2007 et Novembre 2008 ». Pour illustrer le propos, le Ps explique que « le paysan doit vendre trois kilogrammes d’arachide pour acheter un kilogramme de riz échangé à 450 Francs CFA. Au surplus, SUNEOR a, cette année, acheté en catimini et sur le marché parallèle à 225 Francs CFA le kilogramme d’arachide en fin de campagne 2007-2008 ».  
Pour couronner le tout, le Parti socialiste constate que « la campagne de commercialisation 2008/2009, rompant ainsi une tradition établie depuis plusieurs années, ne va pas bénéficier de l’accompagnement des pouvoirs publics, d’abord à cause de la banqueroute actuelle des finances publiques et ensuite à cause d’un endettement de 20 Milliards auprès de la CNCAS ». Et d’ajouter : « Pire, non seulement l’Etat ne subventionne pas le prix au producteur, mais il n’a rien fait pour protéger les paysans désarmés face aux industriels en obligeant ces derniers à proposer un prix proche des cours mondiaux de l’arachide, soit 225 Francs CFA le kilogramme ».  
Ça va encore chuter…  
Le Parti de Ousmane Tanor Dieng rappelle, à ce titre, que les revenus monétaires, tirés par les producteurs de la commercialisation de l’arachide, qui sont passés de 60 à 06 Milliards de FCFA entre 2000 et 2007, vont encore chuter cette année. « Toute chose qui contribue à plomber la croissance de notre économie et à accroître la pauvreté dans le monde rural », renseigne la source.  
Les socialistes soutiennent que « ce sont tous les acteurs du secteur primaire qui sont sur le point d’être rayés du tissu économique du pays pour faire la place aux tenants de l’affairisme d’Etat dont les réseaux jusque là actifs dans les villes projettent de se déployer dans le monde rural pour en exploiter les richesses et soumettre les populations rurales à un état d’asservissement ».  
Le Méridien vendu, avant l’annonce ?  
Par ailleurs, le Ps voit, « derrière l’annonce de la vente prochaine des dernières actions du secteur stratégique de l’assurance et de l’hôtel Méridien Président ainsi que ses dépendances foncières, le procédé du fait déjà accompli, pour qui connaît les pratiques du régime libéral qui a habitué les Sénégalais à ne les informer qu’après avoir bouclé des opérations nébuleuses ». Aussi, met-il le gouvernement au défi de lui « prouver le contraire en faisant droit à l’exigence citoyenne de transparence et en rendant publiques, dès à présent, la procédure, les conditions de saine concurrence et les modalités régulières de la vente de ces actifs publics ».  
A QUI CONFIER LES DESTINEES DE TAMBACOUNDA ? Le carton rouge des jeunes aux hommes politiques  
par Boubacar TAMBA | SUD QUOTIDIEN , jeudi 4 décembre 2008  
Les échéances locales approchent, occasion rêvée pour les habitants de la région de Tambacounda de procéder au choix de leurs élus devant présider aux destinées des différents ordres de collectivités locales. D’aucuns disqualifient d’office « la vieille garde », d’autres ne veulent même plus voir l’ombre d’un quelconque politique assimilé à tort ou à raison à un « chasseur de prébendes ». La situation d’extrême pauvreté dans laquelle s’enlisent les laborieuses populations de la région de Tambacounda, est le prétexte aux débats en cours ici, débats relatifs aux voies et moyens « de sortie de crise ».  
C’est connu, la région de Tambacounda manque de tout alors que tout la prédispose à des lendemains enchanteurs. Les services sociaux de base font, par endroits, défaut, l’enclavement tant interne qu’externe de la région s’accentue , les jeunes tournent pour la plupart les pouces faute de structures adéquates de formation professionnelle et d’emploi, les femmes sont sevrées de financements ou de subventions etc. « Le ciel semble s’écrouler sur nos têtes », martèleront en choeur de jeunes potaches en grève depuis près d’une semaine.  
Cette incroyable situation dans laquelle baigne la région de Tambacounda et qui ne fait que perdurer et s’aggraver, la quasi-totalité des habitants de la contrée que nous avons interrogés le mettent sur le dos des hommes politiques qui, à leurs yeux, ne semblent « rouler que pour leurs poches ». Sinon, « comment comprendre que le regretté Mady Cissokho ait pu gérer d’importants portefeuilles dans ce pays sous le magistère de Senghor et que l’on continue à parler de routes, de cases de santé, d’infrastructures hydrauliques ou d’emploi », s’interroge une jeune enseignante ayant requis l’anonymat. O. G. Bindia d’emboucher la même trompette pour s’étonner que Cheikh A. K. Cissokho, Souty Touré, Khoureychi Thiam, Djiby Cissé, Samba Diop, Moustapha Kassé « soient encore présents sur le landernau politique alors que personne parmi eux ne saurait présenter à leurs mandants un bilan qui puisse leur permettre d’espérer encore plus ».  
Ses collègues enseignants iront plus loin en mettant dans le même panier presque tous les présidents de conseils ruraux et municipaux, les accusant au passage, d’« être les principaux responsables de ce retard que rien ne saurait justifier, eu égard aux nombreuses potentialités naturelles dont regorge la région ». Suffisant pour que d’autres jeunes mettent les pieds dans les plats pour « disqualifier tous les politiques qui n’ont aucun respect pour les populations qu’ils considèrent à la limite comme des demeurés ». Ceux de la mouvance présidentielle sont surtout pointés du doigt pour dire qu’ils « sont incapables de défendre les dossiers de Tambacounda et des Tambacoundois. Ils passent le plus clair de leur temps à Dakar, ne participent même pas aux débats au niveau parlementaire, n’ont aucune vision prospective et, le moment venu, se présentent sans scrupule aux populations pour briguer leurs suffrages et celles-ci répondent naïvement, sans exiger quel que élément de bilan que ce soit » laisse-t-on entendre. Qu’est-ce qui explique aussi le fait que pas mal de mouvements dits de développement de la région soient portés sur les fonts baptismaux et périclitent vite ? Qu’est ce qui fait qu’à Tambacounda il est quasi impossible de conjuguer le même verbe au même temps malgré la communauté de destin ?  
Un important forum a passé au peigne fin tous les problèmes liés au développement de Tambacounda. Des jeunes et des femmes diront s’inviter aux débats et intégrer les sphères de prise de décision et bousculer « les professionnels de la politique ». Certains diront porter leur choix sur le président Abdourahmane Dabo de l’Association pour le Développement de la Région de Tambacounda qui a récemment volé au secours des participants de la région à la foire, après moult autres actions de bienfaisance. Une offre que Mr Dabo que nous avons réussi à joindre, rejettera pour dire « qu’il n’est pas du tout intéressé par quelque poste électif que ce soit ».  
Les partisans des responsables politiques cités plus haut dégageront en touche pour mettre sur la table un certain nombre de réalisations, surtout du côté du conseil régional dirigé par Cheikh Abdoul Khadre Cissokho, et c’est pour ramer à contre courant des jeunes et femmes qui « crient au secours ».  
Le front « Siggil Sénégal » secoue les cocotiers et prône la reconquête du pouvoir, les libéraux eux méditent sur le phénomène Macky Sall et leurs interminables querelles de clochers, la société civile est à l’affût, avec elle un bon groupe visiblement dégoûté par les retournements spectaculaires et l’opportunisme de certains hommes politiques dont le seul credo est « brouter à tous les râteliers ».  
PRESIDENTIELLES DE 2012 : WADE, NIASS, TANOR, IDY, MACKY et KARIM : CES CANDIDATURES DONT LES SENEGALAIS NE VEULENT PAS. Nous refusons d’avaler du vomi  
par SUDONLINE.SN , mardi 2 décembre 2008  
La grande démocratie américaine, pour élire un président, passe obligatoirement par des primaires. Démocrates et républicains procèdent à une présélection afin de faire le tri pour éliminer d’office certaines candidatures parasites.  
L’accès à la magistrature suprême est plus que sacré, et pour ce faire, seul les meilleurs ont voix au chapitre. La France en fait pareil. Devons nous regretter le multipartisme, lorsque des partis fantômes hantent la sphère politique ? Le ministre de l’intérieur, n’a-t-il pas eu raison fustiger la pléthore de partis politiques dont une bonne composante devrait être dissoute pour rendre service à la République ?  
Malheureusement au Sénégal, certaines formations politiques se réclament de gauche ou de droite, sans pour autant comprendre ce qu’est un parti de gauche ou de droite, raison pour laquelle il est difficile, voire impossible de catégoriser ces derniers. Comment les Sénégalais peuvent-ils admettre que toute victime de la « machine à tuer » des Wade prétend être éligible pour diriger les 12 millions de Sénégalais que nous sommes ? La présidence de la République est trop sacrée pour que n’importe quel énergumène prétende être taillé pour la fonction. Pourquoi pas, des candidats à la candidature, pour reprendre la proposition de Mamadou Ibra Kane ?  
Ces candidatures non-grata  
En République, lorsque la Constitution est borgne, la cécité devient la chose la mieux partagée. Commençons par Wade père, l’éternel opposant au pouvoir. Après 26 années d’opposition, il accède enfin à la magistrature suprême. Ce serait être de mauvaise foi que de dire que Wade n’a rien « foutu » depuis son élection. Seulement, il lui a fallu moins de huit ans pour qu’il mette le pays en ruine, sans mentionner la désintégration et la banalisation des institutions de la République. Son obsession au pouvoir l’a conduit à faire de la Constitution un vrai paillasson sur lequel il s’essuie les pieds avant d’accomplir ses forfaits.  
Désormais, le prochain président de la République aura la responsabilité de limiter le nombre de mandats à deux seulement. Rassurez-vous que l’actuelle constitution en vigueur au Sénégal n’est pas celle que les sénégalais ont votée en 2001. Celle-là n’existe plus, elle a été incinérée. Abdoulaye Wade l’a extirpée de tout son contenu, en la modifiant plus de douze fois en moins de huit ans. Ceci est un crime contre la démocratie, une offense à l’Etat et une insulte à la République. Nous avons encore en mémoire le serment d’Abdoulaye Wade qui, le 1er avril 2000, a juré devant ses pairs africains réunis au stade Léopold Senghor, de respecter fidèlement la Constitution et d’accomplir la Charte de Président de la République du Sénégal. Il a failli à son serment.  
Non seulement il a menti, mais il a trahi aussi. En 2007, les Sénégalais lui lancent un avertissement et lui accordent une deuxième chance pour qu’il se rétracte, mais non, il rechute, il récidive, pour davantage s’enfoncer dans son délire. « Je ne vous ai pas fait une promesse que je n’ai pas tenue depuis que je suis à la tête de ce pays », lance-t-il aux Sénégalais. En tout cas, ce n’est pas l’humour qui manque au président, on le comprend ; depuis quelques temps, il parle à l’envers, il se dit pour se dédire. Voilà jusqu’où peut mener la maladie d’Alzheimer… lorsque qu’une personne est incapable de faire preuve d’éthique républicaine. La Constitution de 2001 limitait à deux, le mandat du président de la République, comme cela se passe en grande démocratie (l’Amérique). Wade vient de le ramener à trois. Pis, il demande encore nos suffrages ; j’ose seulement espérer que nous ne serons pas assez débiles pour nous faire avoir une troisième fois, après son mandat de trop. Pouvez-vous imaginer une seule fois lui confier un troisième mandat ?  
Niass, Tanor : bon vent !  
Inutile de s’attarder sur ces deux hommes forts du défunt régime socialiste. Malgré le parcours atypique de ce diplomate et héritier de Senghor, Moustapha Niass, deux fois premier ministre n’a toujours pas su adopter la posture d’homme d’Etat. L’histoire des 6 milliards de la Sonacos lui a fait perdre une bonne partie de sa crédibilité…  
Et pourtant, les missions étrangères lui réussissent si bien pour qu’il pense à mettre les pieds dans ce milieu pourri qu’est la politique. Cet homme est si intègre qu’il n’est pas fait pour la politique car pour réussir dans ce domaine, il faut être comme Ndiombor, disciple fidèle de Machiavel, prêt à mentir, emprisonner ou tuer pour se maintenir au pouvoir, fût-ce contre ses plus dévoués et plus proches collaborateurs. Niass a contribué à débarrasser le Sénégal du régime de Diouf ; nous lui en sommes très reconnaissants. Seulement, Wade s’en est servi comme caution en 2000, pour accéder à ses fins, avant de le congédier, comme il en fait avec tous ses collaborateurs, Macky et Idy en sont les illustrations. Voilà une personne qui a plus à gagner en restant en dehors de la vie politique, car cet homme n’a plus rien à prouver aux Sénégalais. Il a eu tous les honneurs ; il est temps pour lui d’abandonner la politique, de sortir par la grande porte avant que la politique ne l’humilie comme Wade, devenu en si peu de temps, la risée des médias, locaux et internationaux.  
Quant au premier secrétaire du parti socialiste, sa proximité avec Diouf a coûté au parti une vague de démissions précédant la tempête électorale qui s’est abattue sur le pouvoir socialiste en 98 et 2000. Son manque de charisme a fait déchanter plus d’un. Cependant, être proche de Diouf n’a jamais été un crime. Et pour cela, nous ne devons pas en vouloir à tous ceux qui ont occupé des postes de responsabilité sous le régime socialiste. Autrement, Wade ne serait pas pressenti pour succéder à Diouf. Proposer la candidature de Tanor Dieng, même pour des primaires au parti socialiste, serait une faute gravissime aux conséquences incommensurables. Osons espérer que ce premier secrétaire sera assez sage pour proposer et soutenir la personne la mieux placée, fût-elle une femme, pour sortir le parti socialiste des méandres de l’opposition.  
Idy, Macky : ces produits à jeter, non recyclables  
Idy : Ali Baba et les quarante voleurs sont de retour…  
Inutile de remettre en question la compétence de M. Seck qui, mis à part son arrogance et son autoritarisme, serait « né pour diriger ». Recherchez chez Idy toutes les qualités ou défauts qui vous échappent chez Wade. Il est la copie conforme de Wade-le-père auquel il voue une relation fusionnelle, malgré leurs différends. Ces deux se ressemblent à tel point que leur cohabitation paraît impossible. Ils sont prêts à tout, pour arriver à leurs fins. Voila l’unique raison pour laquelle M. Seck n’hésite pas à citer le Saint Coran pour justifier ses arguments machiavéliques. Il n’a pas hésité non plus à rapatrier les fonds politiques sur des comptes à l’étranger, ces milliards dont il est le seul à avoir accès, ce « butin de guerre » que lui réclame incessamment son acolyte de père. Ne serait-ce relater une lapalissade que de dire que M. Seck a été instrumentalisé par Wade pour déstabiliser l’éphémère gouvernement de ‘cohabitation’ dirigé par Niass en 2000 ? Cet homme avait tous les atouts entre ses mains, jusqu’à ce qu’il se tire une balle en pleine cervelle, en acceptant de négocier avec Wade en 2007, à la veille des consultations électorales, alors que tous les frustrés du régime pensaient se replier sur lui. En politique, les fautes se payent cash, aime-t-on dire souvent. La faute de M. Seck, c’est de tenir un double langage aux Sénégalais ; il veut le beurre, l’argent du beurre et la femme du fermier. Voilà pourquoi les citoyens lui en veulent énormément, et ne sauraient lui pardonner cette trahison parce que « Allah n’aime pas les traîtres… » Et lorsque les traîtres de la République se trahissent lors du partage du butin, c’est la démocratie et les institutions qui en pâtissent. Macky en sait quelque chose.  
Macky Sall : de bourreau en victime  
L’ « assassinat » politique, voire la descente aux enfers d’Idrissa Seck a été orchestrée par le brillant metteur en scène Wade-le-père, puis mis en exécution par Macky le bourreau. Lui non plus n’a pas les mains propres, pour prétendre aspirer à la magistrature suprême. Que Macky n’a-t-il pas dit ou fait contre Idy, jusqu’à créer des journaux téléguidés pour mieux enfoncer son prédécesseur ? Pensait-il un seul instant que son tour arriverait, que lui aussi passerait à la trappe pour être pendu par ses frères libéraux ? Voilà un éternel retournement de l’histoire. « Il n’y a pas de petite querelle », disait l’illustre Amadou Hampathé Bâ… La loi des imbéciles, ou la loi Sada Ndiaye, n’a fait que réparer une injustice, en rendant à Macky la monnaie de sa pièce, au grand mépris du bas-peuple et des institutions de la République qui n’ont pas encore fini de souffrir de cette hémorragie institutionnelle. « Lorsque les éléphants se battent, c’est l’herbe qui est piétinée », aiment dire nos frères africains. » Rappelez-vous que toutes les ‘conneries’ de lois passées à l’assemblée nationale ont été adoptées sous Macky Sall pour la plupart : la loi Ezzan, les modifications abusives et répétées de la Constitution…l’ardoise est plus que chargée. Il a fallu seulement que Wade menace d’éjecter Macky de son fauteuil pour que ce dernier se rebelle, parce que ses propres intérêts sont en jeu, et non ceux de la République. De qui se fout-on réellement ? Idy, Macky, vous avez les mains sales, ce qui vous met hors-jeu pour 2012. Vos sages conseillers vous suggèreront certes, de ne pas briguer le suffrage des Sénégalais, parce ce serait les insulter, une fois de plus. De grâce, épargnez-nous, d’avoir à choisir entre Wade-le-père et vous. Nous ne saurons avaler du vomi, même sous la contrainte.  
Il était une fois, Idy, Macky, Tanor, Niass et Wade…  
Malgré leur trahison, toutes ces personnes ci-citées ont, à un moment donné de l’histoire, servi le peuple sénégalais, ne serait-ce qu’une fois, Qui peut en dire autant pour le fils du président ? Inutile donc de s’attarder sur le cas « Karim Wade », cet individu débarqué de nulle part pour soi-disant infiltrer l’appareil étatique afin de tisser sa toile avec sa Génération de l’Incompétence, pour n’avoir même pas su terminer à temps, les travaux liés au sommet de l’OCI… Un internaute disait que « le Sénégal a élu un président et s’est retrouvé avec deux… » Le seul mérite de cet homme, c’est d’être le fils du président. Parler de lui revient à lui accorder un crédit qu’il n’a pas. Nous préférons consacrer notre plume à quelque chose de plus utile, de plus sérieux, parce que nous sommes des Républicains.  
En République aussi, l’honneur se lave par le sang  
Enfin, pour paraphraser le président Wade, la tradition familiale africaine veut que « l’honneur se lave par le sang. » Osons retourner à Ndiombor cette assertion car, nous aussi, comptons laver l’honneur du Sénégal par le sang, si l’on nous y oblige, si toutefois le coup d’Etat institutionnel perpétré par Wade et famille se termine par une intronisation du prince Karim au sommet de la République.  
Ce dernier, eût-il bénéficié des soutiens de Pape Diop, de Sarko, d’Obama, ou de toutes les personnes que lui et son père auraient intimidées ou achetées… nous serons toujours debout pour défendre la République.  
Nous sommes prêts à payer le prix de notre liberté et de notre intégrité, afin de laver l’honneur de la République, fût-il par le sang, comme le recommande le président Wade. Que Dieu lui prête longue vie !  
Momar Mbaye  
mbayemomar@yahoo.fr 
XALIMA:  
Karim Wade face aux Sénégalais : les raisons d’un malaise par Mouhamed A. Ly  
Entre marketing (communication serait de trop) et roman politique, le feuilleton autour de la succession présumée de l’actuel président de la République, Abdoulaye Wade, par son fils et conseiller, Karim Wade prend des tournures burlesques. Récemment, la presse a fait part de sms que des journalistes auraient reçus, et comme semblant les convier d’écrire sur le thème suivant : « Pourquoi pas Karim Wade ? ». Cette invitation à cet étrange exercice, serait le fait de membres de l’association dite la Génération du Concret. A l’exception d’un éditorialiste, qui a relevé, en quelques mots, l’aspect saugrenu du procédé, l’effet escompté n’a pas eu lieu. Le traitement de l’actualité nationale a, en effet, prévalu, dans l’agenda des journalistes qui ont rendu compte des préoccupations de leurs concitoyens autour des déchirements du camp présidentiel, de la cherté de la vie et du retour de l’insécurité dans leurs quartiers. En fin de semaine dernière, la « Génération du concret » a tenté de conquérir, de nouveau, l’initiative médiatique en se singularisant par l’organisation d’un méga concert en Espagne. Le décalage semble, ici aussi, énorme entre la crise protéiforme que le Sénégal vit et les grandes messes ludiques de ce mouvement. Si cet activisme tonitruant et indécent avait au moins porté ses fruits nous aurions relevé le cynisme « efficace » de ses auteurs. Hélas, c’est tout autre chose qui rejaillit de l’écoute des Sénégalais. N’importe lequel d’entre nous peut interroger ses connaissances en Espagne et au Sénégal et procéder à un décompte des réponses favorables et/ou défavorables à une éventuelle candidature de Karim Wade. Les réponses à ces « sondages » sont édifiantes. Les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, jugent cette candidature ni souhaitable ni recevable. Et pour s’y opposer, ils font preuve, pour la plupart, d’un sens élevé du discernement et d’arguments pertinents, fruits d’une longue tradition démocratique.  
UNE POSTURE MAL INSPIREE…  
La plupart de nos compatriotes relèvent l’absence de détermination du principal intéressé. D’ailleurs beaucoup disent ne pas comprendre le matraquage médiatique autour d’une candidature fictive. « Je ne l’ai jamais entendu dire qu’il souhaiterait être président ». En ce sens, ils comprennent parfaitement, qu’une candidature, fût-elle être relayée par de zélés colporteurs, n’est pas un colis et ne peut se faire sur le mode du jottali. Il s’agit d’un acte de langage qui engage doublement le postulant et les votants.  
Une élection présidentielle, c’est la rencontre et le dialogue, entre un homme (ou une femme) et un peuple. Il revient à cet homme de dire « Pourquoi lui » et il appartient aux citoyens d’en juger la pertinence. Voilà pourquoi, en cherchant à inverser les rôles, ce sms, plutôt débile en son genre, trahit un double malaise. Tout d’abord, celui de ses créateurs, en montrant combien ils doivent être en manque d’inspiration pour rendre « attractif » un candidat, trop contestable ; ensuite celui des Sénégalais, étonnés d’être les cibles d’une farce aussi puérile.  
Contestable, disions-nous, puisque nos concitoyens considèrent que la succession, sans législature intermédiaire, d’un père par le fils, n’est pas acceptable. C’est un schéma antinomique à notre démocratie et à nos traditions politiques. Traditions, encore fragiles, qui ont besoin d’être consolidées et non déstabilisées. Il s’y ajoute, beaucoup le disent, que la candidature de Karim Wade ne serait pas recevable, car ce dernier serait de double nationalité. Ce qui n’est pas conforme avec notre Constitution, qui n’admet que des candidats de nationalité exclusivement sénégalaise (art. 28).  
Dans ces conditions une éventuelle candidature de Karim Wade, à la présidence de la République du Sénégal, n’est donc ni souhaitable, ni recevable.  
UNE SYMBOLIQUE DESASTREUSE  
Les Sénégalais ne disent pas autre chose, lorsqu’ils soulignent que le fils du président de la République, n’a jamais assumé une quelconque fonction élective. Comment peut-on leur reprocher de ne pas être prêts à confier la direction de notre nation à un garçon qui n’a jamais été chef de quartier, maire d’arrondissement, député… Les seules responsabilités significatives qu’il a eues à assumer, il les doit à l’affection et la confiance exclusives de son papa. Tous redoutent la symbolique qui découlerait d’une succession dans de telles conditions. Car, dans notre pays, s’il est, sans aucun doute, une brûlante urgence, c’est bien la réhabilitation de nos raisons de croire, de nouveau, au mérite et à la récompense de l’effort consenti. Or, pour bien des Sénégalais, dont de nombreux militants du PDS, Karim Wade est l’exemple parfait de l’arriviste qui cherche à transformer leur longue marche vers le sopi en une course effrénée pour son propre profit. On aurait souhaité, dans une symbolique davantage constructive et positive, que la Génération du Concret s’inscrivît dans le sens de l’histoire et des urgences du pays. On aurait souhaité dans cette même dynamique qu’elle relevât des défis démocratiques, politiques et économiques autour de questions difficiles agitant la société sénégalaise : la polygamie, les inégalités, la laïcité, la séparation des pouvoirs, le respect des libertés, les urgences sociales, la reconquête de notre souveraineté économique vis-à-vis de la France… au lieu de concerts géants en Espagne (si peu concret en fin de compte).  
COURIR APRES LE TRAIN…  
Le problème n’est pas que Karim Wade ait raté le premier train de l’Histoire, en s’éloignant du combat démocratique, à une époque où son père était un des opposants les plus célèbres d’Afrique, c’est d’avoir manqué le dernier après le premier. Il n’a jamais été capable de s’émanciper et de braver son propre camp malgré de nombreuses occasions offertes depuis 2000. Les Sénégalais ne l’ont jamais entendu condamné la loi Ezzan, l’agression de Talla Sylla, le pillage de l’AS et de 24H, les brutalités policières envers des journalistes… Pendant ce temps, son nom est apparu dans trop de controverses juridico-financières. Ceci, dans une société où chaque matin, et depuis si longtemps déjà, les femmes et les hommes luttent pour prendre le dessus sur leur quotidien. C’est finalement cette générosité outrancière et cette image trouble qui font, par contraste, l’opinion favorable que la société sénégalaise semble accorder à sa sœur, Sindiély.  
IL NE SERT A RIEN DE COURIR…  
Par ailleurs, Karim Wade en donnant de lui une image publique de garçon généreux, et même trop généreux, a non seulement produit, à son désavantage, l’image d’un homme politique du passé, mais conduit aussi beaucoup de nos concitoyens à douter de la provenance régulière de ses moyens financiers pharaoniques. En comptant sur la magie de l’argent, ses conseillers ont raté le sens de l’Histoire. Car, en entrant dans ce nouveau siècle, le Sénégal a voulu tourné le dos, à une catégorie précise d’hommes politiques ; celle qui, quarante ans durant, l’a pillé en distribuant, à gauche et à droite, des billets de banque qu’elle ne gagnait pas à la sueur de son front. Faut-il le rappeler, Karim Wade n’est qu’un simple salarié de l’Etat ! Le plus grave, dans cette histoire, est sans aucun doute, le mépris dont témoigne, à l’encontre de la société sénégalaise, le choix d’une telle stratégie de conquête du pouvoir.  
Que l’on ne perde pas de temps à nous faire un quelconque mauvais procès d’intention contre Karim Wade. Ce n’est pas sa personne qui est en jeu. Nous l’aurions défendu, sans hésiter, si un parti politique avait repris ce que des individus, heureusement peu nombreux, qui manquent de lucidité lui reproche : « de parler peu ou mal le wolof » ou « de ne pas être assez sénégalais » (sic). Nous aurions démontré en quoi de telles attaques procèdent d’une idéologie puriste et purificatrice, obsolète, dangereuse et scientifiquement sans fondement. Quel que soit son parcours, chaque individu qui se réclame du Sénégal y a entièrement sa place. Il s’agit juste de ne pas faire des uns, les imbéciles des autres et d’en finir avec ce débat de succession tellement désobligeant. L’essentiel, pour le, Sénégal est ailleurs.  
Mouhamed A. Ly. Sociolinguiste. lymou@voila.fr ... ...  
WALFADJRI:  
Vers une meilleure gouvernance du système éducatif 
 
 
La gestion du système éducatif sénégalais est confiée aujourd’hui à trois ministères et une agence, soit quatre entités au moins, sans compter l’Alphabétisation et les Langues nationales qui sont logées au ministère de la Culture. Ces entités sont :  
F le ministère de l’Education, chargé de l’Education préscolaire, de l’Elémentaire et du Moyen ;  
F le ministère de l’Education, chargé de l’enseignement Secondaire général, des Collèges universitaires régionaux (Cur) et des Universités ;  
F le ministère de l’enseignement Technique et de la Formation professionnelle ;  
F et l’Agence nationale de la case des tout-petits (Anctp).  
Le constat est clair : parler d’émiettement du système éducatif ne serait pas moins qu’une lapalissade. En effet, le système souffre d’un morcellement sans précédent. Or, le propre d’un système est que les éléments qui le composent doivent constituer un ensemble différentiel où chaque entité assume une fonction à la fois différente et solidaire de celle assumée par tout autre élément dudit système. Le sens de notre propos est de démontrer l’inefficacité d’un tel morcellement et, partant de là, proposer une restructuration en vue d’une meilleure gouvernance du système éducatif sénégalais. Cet humble avis est pour nous une forme de contribution au bouillonnement intellectuel qui doit être le lot quotidien de l’Ecole.  
Pour démontrer l’inefficacité et la non-qualité qui s’ensuit, notre argumentaire, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, s’appuiera sur trois piliers essentiels :  
F la dimension stratégique relevant du pouvoir politique et conditionnant les deux autres piliers ;  
F la gestion administrative ;  
F le management des ressources humaines et de la relation de travail.  
Au plan stratégique, la politique éducative est du ressort du président de la République qui la fait appliquer par le biais de son gouvernement. Dans cette mise en œuvre de la vision du chef de l’Etat en matière d’éducation, au moins quatre acteurs travaillent séparément. En guise d’exemple, on peut se référer à l’introduction de l’Approche par les compétences (Apc). L’Anctp a déjà bouclé sa mise à l’essai et a généralisé la réforme dans toutes les structures de la petite enfance au moment où l’élémentaire est encore dans une laborieuse mise à l’essai. D’ailleurs, l’année scolaire 2008/2009 risque d’être une nouvelle ‘pause stratégique !’ pendant laquelle l’expérimentation se fera sans moyens. Au même moment, l’enseignement moyen ignore tout de cette approche bien que devant accueillir les produits de l’Apc venant de l’élémentaire. Il en est de même dans l’enseignement secondaire général où l’on semble mieux convaincu par l’approche par les contenus.  
Le problème se pose moins dans l’enseignement secondaire technique et la formation professionnelle qui, pour des exigences d’employabilité de son produit, opte irréversiblement pour l’Approche par les compétences. Ici, les produits sont en principe directement employables dans le champ professionnel, par conséquent outillés en compétences. Quant à l’enseignement supérieur, c’est un fourre-tout où l’Apc et l’approche par les contenus cohabitent selon les filières.  
Dans le domaine de la petite enfance, la direction de l’Education préscolaire et l’Anctp interviennent avec des domaines de compétences difficilement séparables en dépit de la volonté affichée de marquer le territoire de chaque structure.  
Les exemples foisonnent pour montrer qu’une véritable stratégie devant traduire la politique éducative est absente. A la place d’une vision holistique du secteur de l’éducation, il y a des approches sectorielles isolées manquant de cohérence et par conséquent, d’efficacité.  
Dans le champ administratif, le tableau n’est pas non plus reluisant. Pour s’en convaincre, on peut examiner la chaîne hiérarchique en commençant par le bas de l’échelle. Pour cela, prenons quelques cas pratiques :  
F Un professeur titulaire du Caem ayant ses charges horaires répartis entre un lycée et un collège dans le même établissement, est sous la dépendance hiérarchique de deux ministères différents. Et même s’il est rattaché à l’un, la dépendance effective est double. Et ce même enseignant a été formé sous la coupole d’un troisième ministère, en l’occurrence à la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.  
F Examinons un deuxième cas : on sait qu’un des principes fondateurs de l’administration est l’unicité de commandement. Cependant, dans la situation actuelle, les Inspecteurs d’Académie (IA) se retrouvent avec quatre ministères de tutelle. C’est pour cette raison qu’au moment où le ministre, chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle a sillonné le pays pour préparer la rentrée 2008-2009 par des Crd, son collègue de l’Elémentaire et du Moyen a convoqué les IA à Mbour pour les mêmes raisons. Une gestion intégrée du système aurait une approche plus rationnelle et moins dispersée.  
Quant à la gestion des ressources humaines et de la relation de travail, c’est le ventre mou du système éducatif sénégalais. Suivez mon regard : le professeur de Math ; de Pc, de français…, même en service dans un lycée d’enseignement technique, est en principe un personnel de l’enseignement secondaire général. L’Anctp recrute son personnel qu’elle envoie dans les Efi dans des classes spéciales au moment où l’on prône la polyvalence des ressources humaines. Qui est gestionnaire des personnels inspecteurs dans les Inspections d’Académie ? Qui les évalue ? Est-ce le ministre chargé de l’Elémentaire et du Moyen ou celui du secondaire… ou tous les deux à la fois ? Bref, sortons des méandres de ce labyrinthe avant que l’on ne s’y perd !  
Concernant la gestion des relations de travail, on sait que les syndicats d’enseignants transcendent ces clivages regroupant ainsi des agents appartenant à des sous-secteurs différents. Par exemple, l’Uden regroupe aussi bien des instituteurs, des professeurs du moyen que ceux du secondaire et des universités. Et chaque ministère gère la stabilité de son sous-secteur, et négocie avec ses enseignants. Une telle démarche aboutit à des solutions très précaires. Que vaut la stabilité du moyen s’il doit accueillir des élèves venant du Cm2 avec un niveau fort critiquable ? Si les crises persistent à l’élémentaire, c’est dû au simple fait que la question relative à l’indemnité de recherche et de documentation a été gérée de manière parcellaire. Les infrastructures, l’organigramme (existence de directions communes à deux ministères) des différents ministères connaissent à peu près le même traitement, un flou artistique, un manque de traçabilité notoire.  
Le tableau est assez sombre et contraste d’avec l’intérêt croissant que les partenaires au développement manifestent à l’égard de notre système éducatif sans compter l’effort budgétaire significatif consenti chaque année par l’Etat. Il urge alors de recoller les morceaux. Certes, l’on comprend qu’il fallait une solution conjoncturelle pour faire face à l’échauffement du front syndical et sauver l’année scolaire 2007-2008. Et la trouvaille a été de mettre à contribution le spécialiste des questions syndicales de Monsieur le président de la République qui a pu sauver avec tact ce qui pouvait encore l’être. Et il faudrait lui rendre un vibrant hommage pour sa promptitude. Mais une solution conjoncturelle a besoin d’être relayée par une solution structurelle ; et c’est justement ce qu’il faut au système éducatif sénégalais. Il faut oser le dire, rien n’est encore réglé dans le champ de la revendication des enseignants de l’élémentaire. Et l’Intersyndicale, lors d’une récente sortie de sa coordinatrice, a précisé que le mot d’ordre n’était que suspendu et que les vacances scolaires n’ont pas permis d’avancer d’un iota dans les négociations… Il s’y ajoute que la gestion de la relation de travail, et des ressources humaines en général n’est qu’une partie de la stratégie globale de pilotage du système. L’on ne saurait donc prendre la partie pour le tout. A moins que l’on ne mette sur pied un ‘ministère des revendications…’, comme le disait avec un brin d’humour le président de la République, s’adressant à Mamadou Diop ‘Castro’.  
Recoller les morceaux ne voudrait pas dire rayer de la carte les ministères tels qu’ils existent actuellement. Le secteur, compte-tenu de son développement et des enjeux du moment, doit être nécessairement scindé. Mais il s’agit plutôt d’assurer une synergie des actions en mettant en place (ou disons, en remettant) un super ministère de l’Education avec des ministères délégués ou de grandes directions. On aurait, par exemple, les entités suivantes :  
F Préscolaire et Petite enfance ;  
F Elémentaire ;  
F Moyen/secondaire ;  
F Enseignement technique et formation professionnelle ;  
F Cur et Universités ;  
F Alphabétisation et langues nationales.  
Ceci assurerait une meilleure coordination de la stratégie, déclinée dans le Programme décennal de l’éducation et de la formation ainsi qu’une meilleure cadence dans les interventions de tous ordres. Le débat sur la réunification du secteur de l’Education interpelle tous les acteurs et chacun doit y prendre part pour émettre un avis, faire des suggestions afin d’éclairer les décisions des politiques. Cette modeste contribution s’inscrit justement dans ce sillage.  
Issa MBOUP Inspecteur de l’Education Master en Management des Ressources Humaines Tel : 77535 39 29 Courriel : ismboup@yahoo.fr  
NETTALI:  
L’APR DANS L’ARENE  
Macky : le début de l’épreuve  
jeudi 4 décembre 2008  
Macky Sall vient de créer son parti, et le combat ne fait que commencer pour lui. En effet, tant qu’il était au sein du Pds, les choses étaient plutôt faciles. Il était dans une position de victime. On lui menait un peu la guerre parce que le moindre de ses actes était interprété comme une défiance vis-à-vis du Président de la République, depuis son voyage en France sur invitation du Sénat français, jusqu’à son souhait d’auditionner fils du Président Wade. Maintenant qu’il a créé son parti, Macky Sall doit apprendre à exister seul. Mais le chemin ne sera pas de tout repos. L’ancien président de l’Assemblée nationale est désormais pris entre plusieurs feux. Au moment où l’opposition reprend du poil de la bête, grâce aux Assises nationales et son apparente radicalisation face au régime de Wade et son intransigeance pour ce qui est de la tenue à date échue des élections locales dont la transparence du processus suscite de nombreuses incompréhensions, l’ex numéro du Parti démocratique sénégalais (Pds) doit se frayer un chemin. Tout un programme pour l’Alliance pour la République (Apr/Yaakaar) ! Va-t-il intégrer les rangs du « Front Siggil Senegaal » pour affronter frontalement le pouvoir qu’il a contribué à consolider ? Va-t-il s’allier avec Idrissa Seck, son ex ennemi ( ?) juré ? Va-t-il choisir sa propre ligne, c’est-à-dire agir en électron libre ?  
Une chose est au moins sûre : intégrer Siggil Senegaal lui éviterait d’abattre toutes ses cartes ou de mettre à nu ses faiblesses. S’allier avec un Niasse, Tanor, Dansokho ou Bathily n’est jamais négligeable au cas où… Idrissa Seck l’avait si bien compris qu’il était prêt à aller en coalition avec la Ld/Mpt et le Parti socialiste aux élections législatives finalement boycottées par l’opposition dite significative.  
L’autre hypothèse, c’est qu’une alliance avec le parti Rewmi d’Idrissa Seck pourrait donner au patron de l’Apr/Yaakaar davantage de considérations par Abdoulaye Wade et pourquoi pas ouvrir la porte à d’autres négociations pour un retour à la maison du « père ». Il est évident, d’ailleurs, que Wade ne prendra jamais le risque de laisser son fils faire face à un duo Macky-Idy. D’autant que le président de Rewmi n’a jamais abandonné son rêve de devenir numéro un. Le numéro deux ne l’ayant jamais intéressé, il aura peut-être moins de difficultés à convaincre un Macky Sall à ne pas lui faire de l’ombre. Mais il va toujours se poser un problème de confiance entre les deux hommes.  
Il y a aussi Karim Wade, fils du président à qui l’on prête l’intention de succéder à son père, qui voit en lui (Macky Sall, ndlr) un ennemi, puisque l’ex-maire de Fatick aurait pris l’initiative de son audition par la commission des finances que dirigeait l’actuel président de l’Assemblée nationale. Il y a enfin Wade, président de la République, qui détient tous les pouvoirs et qui maîtrise mieux que quiconque les canaux de la communication politique. Au-delà de ces aspects, Macky Sall n’a pas le charisme ni l’habileté d’un Idrissa Seck ou d’un Wade, encore moins le maillage national nécessaire à l’édification d’un parti national fort. Il n’a pas non plus la puissance d’argent de Wade, ni d’Idrissa Seck, encore moins d’un Niasse. Du point de vue de ses lieutenants, il n’a pas des hommes d’une envergure telle qu’il puisse entraîner un mouvement de sympathie qui dépasserait sa seule personne. Macky Sall a toutefois un atout, celui d’être « propre » puisqu’il n’a pas comme Idrissa Seck de dossier en justice. Cette éventualité de faire l’objet de poursuites judiciaires loin d’être écartée pourrait faire de Macky Sall un martyr. Ce que le pouvoir de Wade voudrait bien éviter. La « jurisprudence » Idrissa Seck est encore fraiche dans les mémoires des tenants du pouvoir.  
Il a, par ailleurs, la carrure d’un présidentiel à l’image d’un Abdou Diouf sous Léopold Sédar Senghor, c’est-à-dire une stature d’homme politique à la fois technocrate (il est ingénieur) en plus d’être poli, réservé et mesuré dans son attitude vis-à-vis de ses adversaires politiques. Une façon de faire et d’être qui passe bien dans l’imaginaire du Sénégalais.  
LE TEMOIN:  
PAR MAMADOU OUMAR NDIAYE  
Le triomphe des brigands…  
vendredi 3 octobre 2008  
LE TEMOIN - Pendant que les populations des banlieues pataugent dans les eaux et vivent dans les excréments refoulés par des fosses septiques trop pleines, tandis qu’ils sont la proie des moustiques et des maladies diarrhéiques, tandis que les ordures envahissent les rues de Dakar, que notre capitale connaît les pires délestages de son histoire, que le Trésor public est en quasi-banqueroute, que les Sénégalais ne savent plus où donner de la tête devant les hausses des prix des denrées etc., savez-vous quelles réponses les libéraux au pouvoir apportent à tous ces maux ?  
Eh bien, ils en sont à se bagarrer entre eux, à offrir le spectacle affligeant de leurs querelles intestines, de la lutte pour la succession du président de la République ! Pour le président et les faucons qui l’entourent, pour les pontes du Parti démocratique sénégalais (Pds), l’ennemi, ce ne sont pas les problèmes des Sénégalais, ceux-là mêmes qu’ils sont élus pour résoudre — ces problèmes, ils s’en tapent l’œil —, leur ennemi public numéro un, aujourd’hui, c’est… M. Macky Sall, le président de l’Assemblée nationale qu’il s’agit aujourd’hui de défénestrer. Par tous les moyens.  
Déjà, les couteaux sont sortis. Ou, plutôt, les bazookas pour tuer une mouche, que dis-je, une colombe dont le seul tort c’est d’avoir accepté de se rendre à une invitation d’amis sénateurs qui voulaient fêter sa Légion d’honneur sur les bords de Seine. Complot contre la République, défiance inacceptable contre les institutions, notamment la première d’entre elles, discrédit du Sénégal à l’étranger, fractionnisme, installation d’une dualité à la tête du Parti démocratique sénégalais (Pds) et de l’Etat tout à la fois… La liste des « crimes » commis par M. Macky Sall est longue comme une litanie, et comme un jour sans pain. Exactement comme ces journées de Ramadan terriblement longues et éprouvantes du fait de la canicule. Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage, c’est bien connu, et les maux dont est subitement atteint le président de l’Assemblée nationale aux yeux de ses « frères », innombrables. C’est donc l’hallali, c’est-à-dire, selon le dictionnaire, « le cri de chasse qui annonce que la bête poursuivie est aux abois » ou, mieux encore, « le dernier temps de la chasse, où la bête est mise à mort ». La curée est sonnée, et c’est le moment d’achever la bête Macky Sall.  
Pour montrer que l’on ne plaisante pas, le coup fatal, celui qui décapitera le pauvre ex-numéro deux du Pds comme ces malheureux militaires mauritaniens qui ont eu la tête coupée par les militants d’Al Qaïda, c’est celui-là même qui disait partout, urbi et orbi, être l’oncle de Macky Sall, du temps de la splendeur de ce dernier. C’est à cet oncle, donc, que reviendra la tache de couper la tête de son neveu. M. Sada Ndiaye, député transhumant qui se présentait jadis, c’est-à-dire avant l’Alternance, comme le frère de sang de M. Ousmane Tanor Dieng, l’alors tout-puissant Premier secrétaire du Parti socialiste, a donc déposé une proposition de loi destinée à modifier le règlement intérieur de l’Assemblée nationale dans le sens de ramener la durée du mandat du président de l’Assemblée nationale de cinq ans à un an. En même temps, l’article 2 de son amendement rendra cette mesure applicable immédiatement. Une nouvelle fois, les libéraux montrent le peu de cas qu’ils se font de la Constitution, laquelle n’est à leurs yeux qu’un chiffon de papier. Et le mépris qu’ils ont pour les institutions.  
Pour ce qui est de l’exécution du titulaire du perchoir, dans la culture sénégalaise, dans certaines ethnies en tout cas, on estime le lien entre l’oncle et son neveu à ce point sacré que c’est au premier que revient le soin de garder l’héritage du second tant qu’il est mineur car on estime que, de toute la famille, l’oncle est la seule personne qui ne soit pas susceptible de trahir son neveu. Sada Ndiaye Judas est assurément l’exception qui confirme la règle !  
Le tribunal de l’Inquisition a été convoqué pour ce mercredi et l’hérétique Macky Sall, comme les sorcières du Moyen-Age, sera brûlé sur le bûcher. Comme la Révolution, le « Sopi » dévore ses enfants… De feu Fara Ndiaye à Serigne Diop, de Boubacar Sall à Ousmane Ngom, d’Idrissa Seck à Macky Sall, la liste des victimes est longue mais n’est pas encore complète. Le nom du sénateur-maire de Dakar, M. Pape Diop, devrait être le prochain à l’enrichir.  
Le plus drôle, le plus cruel et le plus injuste, c’est que ce sont « les brigands qui triomphent » pour paraphraser un des héros de la Révolution française au moment de monter sur l’échafaud. Cette phrase, Macky Sall pourra la reprendre à son compte lorsqu’il voit les personnages qui se livrent à la danse du scalp autour de lui. Rien que des transhumants, des « frères » revenus à la Maison du Père après être allés brouter, du temps des vaches maigres, dans les vertes prairies socialistes. Et ce alors que lui, à part un court passage chez les maoïstes d’And-Jëf, n’a jamais connu autre chose que le Parti démocratique sénégalais (Pds). Lui qui, jeune ingénieur, a risqué sa carrière en militant ouvertement dans l’opposition du temps des socialistes alors qu’il travaillait dans une société nationale. Lui qui, derniers états de services en date — mais non les moindres — a conduit victorieusement, en tant que directeur, la dernière campagne présidentielle lorsque tout le monde voyait le candidat Wade au second tour. Lui qui a conduit la liste socialiste aux dernières législatives. Sa récompense a été la descente aux enfers…  
Le Sénégal présente l’aspect d’un volcan en apparence endormi sur lequel les libéraux qui nous gouvernement règlent en toute insouciance leurs comptes sans se douter que ce volcan peut entrer en éruption à tout moment. Ils nous rappellent, ces libéraux, les plaisanciers qui dansaient joyeusement sur le pont et dans les nombreux salons du Titanic sans se rendre compte que ce paquebot de luxe coulait. En fait, seul le ministre chef de cabinet du président de la République, le très politique, fidèle et loyal Pape Samba Mboup, a vu que le navire risquait de se fracasser sur les rochers. Il a eu le mérite de prévenir le capitaine, d’attirer son attention sur tous ces comploteurs qui coulaient le navire Sénégal. Car, a-t-il dit au Président, avec une remarquable justesse et une lucidité qui l’honore, « les priorités de l’heure son ailleurs, notamment à la résolution des problèmes des Sénégalais. Ces querelles internes doivent être différées et attendre un moment plus opportun » a-t-il fait valoir tout en insistant sur le fait qu’il ne défendait pas Macky Sall car son combat transcende les personnes. Pape Samba Mboup, on l’aime ou on le déteste, mais force est de reconnaître que c’est le seul, dans l’entourage du Président, qui ne lui ment pas. Le seul qui serait capable de mourir pour lui. Le seul qui essaye de lui ouvrir les yeux. Le seul qui ose contredire le Président — dans son intérêt à lui, Wade. Le seul à avoir compris, comme le professait le président François Mitterrand, que la politique, c’est l’art de l’inclusion. Le seul qui passe son temps à dénouer des crises plutôt que de chercher des ennemis imaginaires au Président. Bref, le genre de collaborateur qu’il faut à Wade. Sa dispute de vendredi dernier avec le directeur de cabinet politique du Président a, encore une fois, eu le mérite d’ouvrir les yeux au Président même si, s’agissant de Macky, la machine s’était déjà emballée.  
Le terrible rouleau compresseur est parti pour le broyer non pas parce qu’il a tort mais parce que la raison du plus fort est toujours la meilleure chez les « sopistes ». Lesquels vont s’entretuer jusqu’au dernier. Et, qui sait ? Macky pourra peut-être un jour se féliciter d’avoir été balancé par-dessus bord ce navire en folie qui finira par s’échouer quelque part après une terrible bataille des membres de l’équipage pour prendre le contrôle de la barre…  
Mamadou Oumar NDIAYE  
Organisation Non Gouvernementale ayant Statut spécial à l’ECOSOC aux Nations Unies, membre observateur à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) de l’Union Africaine et à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).  
DECLARATION __**__  
AGIR POUR ARRETER LE COURS INEXORABLE DE LA DECADENCE  
La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) exprime sa vive préoccupation face aux signes récurrents et palpables de crise durable voire chronique qui affecte pratiquement tous les secteurs de vie nationale :  
Au plan économique et social  
§ Les signes d’une banqueroute de l’État qui se manifestent avec les difficultés de payement des dettes des entreprises privées et des salaires dans certains secteurs de l’administration constituent les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur les droits économiques, sociaux et culturels des populations ; § La crise chronique du secteur de l’énergie qui n’épargne aucun secteur de la vie économique et sociale de l’administration, des entreprises privées, du secteur informel et des ménages est en passe de devenir un véritable détonateur et révélateur d’un malaise social profond et généralisé ; § L’impuissance des pouvoirs publics à faire face à donner des réponses claires et concrètes aux problèmes récurrents des inondations et d’assainissement des populations ; § La grave question de la viabilité de l’année scolaire 2008-2009, après une année scolaire fortement perturbée en 2007 – 2008 du fait de accumulation de contentieux mal négocié entre l’État et les syndicats d’enseignants et de promesses non tenues par les autorités ; § Les émeutes contre la vie chère, contre la SENELEC et contre les inondations qui se produisent un peu partout au Sénégal, constituent les signes précurseurs et annonciateurs de révolte plus profonde si des réponses ne sont pas apportées au malaise politique, économique et social ambiant.  
Au plan politique  
§ L’agenda de la succession invoqué au lendemain de l’élection présidentielle par la conférence de presse du Président élu, semble prendre le pas sur toutes les autres considérations et semble structurer toutes les manœuvres politiques en reléguant au second plan toutes les graves questions de l’heure ;  
§ Le blocage du dialogue politique et la crise de leadership : aujourd’hui la dérégulation des institutions, l’informalisation de l’administration et la crise de confiance et la profonde crise sociale affectent très profondément le champ politique et expliquent les blocages du dialogue politique mais aussi l’émergence et la consolidation d’un leadership dans l’opposition comme au pouvoir. Cette situation inédite dans notre pays, est de nature à produire toute forme d’aventure, d’anarchie, d’entropie sociale ou simplement de perte de sens.  
Au plan institutionnel  
On assiste à une dérégulation tous azimuts des institutions de la République avec l’Assemblée Nationale la moins légitime et la moins crédible que le Sénégal ait connue depuis les élections multipartisanes post indépendance de 1978 ;  
Au plan judiciaire  
§ Il faut signaler l’incompétence chronique du Conseil constitutionnel à agir sur les contentieux politiques et démocratiques qui opposent les différents pouvoirs de ce pays, sur les scandaleux tripatouillages de la Constitution. C’est ainsi qu’en l’absence d’un mécanisme institutionnel de régulation des conflits par le pouvoir judiciaire, on assiste à la prolifération de médiateurs de toute sorte qui interviennent dans le champ politique. Pire ces médiateurs eux –même semblent avoir épuisé toute leur énergie, leur efficacité et de leur potentialité. Nous sommes dans une situation inédite du Sénégal du 21 e siècle ou seuls le président de la République et les députés de la mouvance présidentielle sont compétents pour saisir le Conseil Constitutionnel au moment ou dans des pays comme le Bénin, ou la France qui nous d’exemple et beaucoup de pays de l’Union Européenne, les citoyens peuvent saisir la Cour Constitutionnelle ; § Jamais de mémoire de sénégalais la Loi fondamentale de ce pays n’a été traitée avec autant de désinvolture et de légèreté et jamais le Constitutionnel n’a été aussi impuissant à y mettre un terme ; § Quant aux autres institutions judiciaires, l’accumulation des affaires qui font débat prouvent à souhait qu’une véritable refondation de ces institutions est une urgence du moment. A deux reprises la souveraineté judicaire de ce pays été remise en cause : 1. Dans l’affaire Hisséne Habré : il a fallu la menace de l’extradition vers la Belgique de ce dernier avant que l’Union Africaine ne sauve la mise aux autorités sénégalaises ; 2. Dans l’affaire du Joola : la décision très peu avisée de la justice sénégalaise consistant à annuler toutes les poursuites judiciaires dans la plus grande catastrophe maritime de l’humanité vaut à neuf (9) personnalités de ce pays un mandat d’arrêt international du juge d’Evry en France ; ce qui est une véritable humiliation ;  
Tout cela fait de la question de l’impunité au Sénégal une question de fond : avec les victimes de torture qui demandent vainement justice notamment Alioune Badara Diop et Dominique Loppy décédés respectivement dans les commissariats de Kaolack et de Kolda.  
Au plan des libertés d’expression et d’opinion  
Les cas de Karamoko Thioune et Boubacar Kambel Dieng, la détention abusive de El Malick Seck et pire la suspension arbitraire du journal 24 H Chrono constituent des atteintes aux libertés fondamentales reconnues par les instruments juridiques de promotion et de protection des droits humains au plan national, régional et international.  
Au regard de tout ce qui précède et au regard de la grave crise financière et économique internationales qui vont lourdement peser sur les économies africaines, sur la vie politique, économique et social des sénégalaises et sénégalais et pour éviter l’instabilité politique et sociale face aux menaces et risques de toute sorte,  
La RADDHO :  
Invite solennellement le Président de la République à rompre le silence pour s’adresser à la Nation en vue de : § créer toutes les conditions d’un dialogue politique national fécond et sincère pour examiner l’état du pays et susciter un véritable un sursaut national de nature à enrayer le cours inexorable de la décadence qui menace le Sénégal ; § supprimer toutes les institutions inutiles et onéreuses comme le Sénat ; § dissoudre l’Assemblée Nationale qui, depuis le début de cette législature n’a pas donné les preuves de son utilité institutionnelle ; § prendre de façon urgente toutes les mesures pour régler définitivement les problèmes de la SENELEC, des inondations, de l’assainissement et de la vie chère ; § dépénaliser les délits de presse.  
Fait à Dakar, le 10 Octobre 2008 Le Président  
L'OBSETRVATEUR:  
 
Plus de 500 millions pour le Fonds de secours Tabaski Pape Diop casse la tirelire en faveur de 4 000 «indigents»  
 
 
Article Par JEAN-PIERRE MANE,  
Paru le Mercredi 3 Déc 2008  
«Le secours Tabaski», un fonds des collectivités locales pour assister les indigents, est devenu une véritable pompe à finances, destinée à entretenir une clientèle politique. Sur fond de campagne électorale, la Ville de Dakar a casqué une enveloppe de 515 millions pour secourir des «indigents» de circonstance.  
C’est dans leur mission d’assistance aux populations, que les collectivités locales inscrivent dans leur budget des crédits pour secourir des sinistrés (victimes d’inondations, d’incendie, des citoyens malades sans prise en charge, et autres personnes sans ressources). Une approche louable. Car la mairie a aussi une vocation sociale. Seulement, cette mission est aujourd’hui dévoyée. En lieu et place des nécessiteux, ce pactole (515 millions de F Cfa cette année), sert à nourrir une clientèle politique, sur fonds de campagne déguisée. Comble de saupoudrage ! Avec des caméras pour immortaliser on ne sait quel événement. Ne dit-on pas que «Votre main gauche doit toujours ignorer ce que donne votre main droite ?». Un tour effectué hier, à l’Hôtel de Ville de Dakar a permis de constater que le fonds de secours Tabaski est devenu une véritable pompe à finances pour l’élite politique. Des élus qui glanent ici et là des militants de leur parti (le Pds), détenant par devers eux des paquets de mandats qui tournent autour de 20 000 F Cfa à 200 000 F Cfa. 95% des gens qui font la queue devant les caisses de la Recette perception municipale n’ont rien d’indigent. Nous avons décelé dans un échantillon, un fort taux de jeunes filles entre 18 et 25 ans bien sapées du reste, attendant leur leader politique. L’une d’elles interrogée, A Sall, vient de la lointaine banlieue confie, l’air innocente : «Moi, c’est le maire d’arrondissement de notre commune qui est passé la semaine dernière pour dire à ma maman que son nom figure sur la liste. Et je suis là sur la demande de ma maman». A la question : «Est-ce que le secours permet d’acheter le mouton ?». Notre interlocutrice répond : «Non, mon père a déjà acheté le mouton. Cet argent servira peut-être de payer le tailleur ou alors d’acheter des parures. Notre papa est commerçant et le mouton est déjà acheté». Détournement d’objectifs ? Au même moment, à quelques encablures de tout ce qui a l’air d’un meeting de campagne, des mendiants, assis sur le Bd Djily Mbaye et le long des Allées Robert Delmas, ne bénéficient pas des largesses de ces fonds. Quelques échanges avec eux ont permis de se rendre compte qu’ils ne sont même pas informés de ce qui se passe à la mairie (de) Pape Diop, qui a encore cassé la tireline au moment où 3 417 agents de la Ville de Dakar ne voient toujours pas la queue du diable pour la tirer, leurs salaires encore bloqués.  
LE QUOTIDIEN:  
Finances publiques : le désastre, la catastrophe !  
04-12-2008 Un Etat qui n’arrive pas à payer ses dettes (174 milliards concernant la dette intérieure), qui n’arrive pas à payer une catégorie importante de ses employés, n’est pas loin d’une situation de banqueroute ou de celle d’une entreprise en cessation de paiement.  
Ce serait le désastre, la catastrophe si rien n’était fait à temps opportun, car tous les observateurs s’accordent pour dire que l’aéronef de l’Etat du Sénégal s’approche du «Triangle des Bermudes». 
Mais les inepties que les Sénégalaises et Sénégalais entendues successivement à propos de l’affaire dite des «dépassements budgétaires», des retards de paiement des salaires des agents de l’Administration publique et lors du «Conseil Présidentiel sur les Investissements», confirment l’idée que le gouvernement de l’Alternance s’est engagé à persister, de façon illégale, dans la voie de la mal gouvernance. Surtout dans le domaine de la gestion des deniers et des finances publiques.  
 
Et pourtant, le Sénégal, dès les années 60 avec l’avènement du gouvernement du Président Dia (1), s’est attelé à se doter d’un arsenal de textes législatifs et réglementaires pour aller au devant de ce danger. A cet égard, nous voudrions mentionner deux textes relatifs à la bonne administration des finances publiques. Le décret 64-400 du 4 juin 1964 et le N° 66-458 du 17 juin 1966. Documents bizarrement absents du site du gouvernement dans Internet.  
 
S’agissant du premier, portant réglementation de l’engagement, du contrôle, de la certification du service fait, de la liquidation, du paiement et de la comptabilité des dépenses de l’Etat, son article 2 dispose ce qui suit : 
«Aucune dépense, quelle que soit l’autorité qui la propose à l’engagement, ne peut recevoir un commencement d’exécution sans que le créancier éventuel de l’Etat ait reçu confirmation de sa régularité et de sa prise en charge dans la comptabilité de l’ordonnateur.» C’est-à-dire le ministre des Finances.  
 
«Cette confirmation et cette prise en charge ont pour objet de satisfaire aux règles ci-après : 
- N’engager les finances publiques que dans la limite des autorisations données par les Lois de Finances ; 
- Soumettre les dépenses qui ont une certaine importance, du fait de leur montant ou de leur caractère permanent, à des dispositions particulières apportant toutes garanties à la puissance publique comme à ses fournisseurs ; 
- Assurer par la mécanisation, l’automatisme des opérations d’engagement, de contrôle, de liquidation, de paiement et de comptabilité.» 
Le second décret, portant règlement sur la comptabilité publique, est venu conforter ces dispositions et préciser en direction des ministres, en ce qui concerne les dépenses de personnel, ce qui suit : «(…) Ils ne peuvent proposer aucun recrutement, par la même, aucun engagement, au-delà des effectifs et des emplois autorisés par la Loi des Finances ou par ses documents annexes.»  
 
Il apparaît donc que si ces règles de gestion étaient plus ou moins de rigueur (dans le secteur privé, un chef d’entreprise va réfléchir par deux fois avant d’émettre un chèque sans provision à son fournisseur), on n’entendrait pas parler de «dépassements budgétaires et de retards de paiement de salaire». Mais la logique des prédateurs de nos richesses nationales ne s’embarrasse pas d’un quelconque non-respect de règles qui prennent en compte les intérêts de la majorité de la population. D’ailleurs, ils le prouvent avec le bradage fait du patrimoine de l’Etat. Avec un réflexe qui renvoie à celui de «Pakala Boy», un accro du chanvre indien dont un de nos amis, Ngagne, nous disait qu’à court de papier pour fabriquer (raab) un joint, il n’a trouvé mieux que d’utiliser son bulletin de naissance qui était dans son portefeuille.  
 
A y regarder de près, le ministre qui a la charge du portefeuille de l’Etat, ce fameux inspecteur du Trésor, Monsieur «Xaccal ma jaayal la ko» (2), n’est pas éloigné de la logique de ce «Pakala Boy» du milieu interlope. Car, harcelé de toute part, il est en train de tout vendre à tour de bras. Jusqu’aux «bijoux de famille», nous dit-on. Ceci, en sacrifiant l’éducation ou la santé de milliers de Sénégalais. Car, le produit de la vente de ce patrimoine n’est pas destiné à l’investissement, mais à la consommation, pour l’essentiel.  
 
A propos de la gestion du personnel, un syndicaliste a fait cas, sur le plateau d’une télévision de la place, d’une énormité qui illustre la violation de la loi qui explique un peu le non-paiement des salaires des enseignants de ces corps odieux des «volontaires et vacataires». Une gymnastique financière consistant à imputer leurs salaires sur les crédits de matériel. Or leur évaluation et leur inscription doivent se faire au niveau de la Loi des Finances de chaque année budgétaire. Leur paiement se faisant suivant le système décrit plus haut par : «La mécanisation, l’automatisation des opérations d’engagement, de contrôle, de liquidation, de paiement et de comptabilité.» 
Mais pour des raisons de politique politicienne, nos gouvernants n’hésitent pas à fouler allègrement au pied la réglementation régissant nos finances publiques. Ceci, il faut le souligner, avec la complicité (à quelques exceptions près Cnes, Ois), avérée ou tacite de beaucoup d’acteurs économiques, alliés ou non, du pouvoir en place (hauts fonctionnaires, «capitaines d’entreprise», syndicalistes de la «participation intéressée»). Il fallait voir les mines patibulaires affichées par certains de nos compatriotes, à la salle des banquets. Mines qui renseignaient sur la mauvaise conscience de certains, leur angoisse plutôt, quant l’inconnu au sujet de la date de paiement effectif de la dette intérieure. Selon le principe de précaution, personne n’a osé, quant il le fallait, dire au Buur que la loi était en train d’être violée. Y compris les «énarques» technocrates dont on loue leur maîtrise des dossiers.  
 
Rappelons que c’est un ancien Inspecteur de l’Enseignement doublé de syndicaliste qui est à la base de la création des corps des «volontaires et des vacataires». Au lieu de se battre pour une affection judicieuse des dépenses superflues à l’enseignement, ce monsieur n’a trouvé mieux que cette solution qui fragilise aujourd’hui l’Ecole sénégalaise.  
 
Cela dit, nous voudrions demander aux économistes du régime de l’Alternance, si les crédits affectés au gouvernement, au Sénat avec leurs effectifs pléthoriques, inefficaces budgétivores (salaires, logements, véhicules, carburant, téléphones, voyages), ne sont pas antinomiques avec ces notions (slogans creux plutôt), de croissance, de bonne gouvernance etc., agités par les économistes locaux, propagandistes du Fmi et de la Banque mondiale. 
 
Ababacar Fall-Barros 
 
 
(1) Tout le malheur du Président Mamadou Dia, c’est d’avoir eu de nobles desseins pour le développement harmonieux du Sénégal, dans l’intérêt de la majorité des ses habitants et non de ceux des multinationales sangsues. 
Personne ne connaît de Tours, d’immeubles, de parcs automobiles, de comptes bancaires dans les paradis fiscaux, appartenant au Président Dia. C’est pourquoi, l’histoire lui a gratifié d’un verdict sans appel. Innocenté par son peuple dans cette histoire de coup d’Etat, il a survécu à 97 ans, à tous ses ennemis. Nous lui souhaitons une fois, encore une bonne santé. 
(2) «Dénonce la vente et je te trouve un acquéreur». Un acquéreur mieux disant, s’entend. Proposition faite par l’actuel ministre des Finances à la Coordinatrice de l’Inspection général d’Etat (Mme, travail noir, deux salaires), qui avait vendu son terrain, situé dans la zone de la petite côte, à un prix dérisoire, pour le Ministre. Une façon curieuse de régler ses comptes, à son ami de ministre, à travers une interview accordée au quotidien Wal Fadjri. C’est ça être un haut fonctionnaire au Sénégal ?  
Enjeux politiques et capacité d’adaptation : Quelle opposition face au régime actuel ?  
02-12-2008 Depuis qu’il est à la tête de l’Etat, le président de la République ne rate aucune occasion pour se faire voir et entendre. Il est omniprésent à la «télé qui le montre» pour reprendre les propos de Cheikh Ahmad Tidiane Sy Al Makhtoum, mais aussi dans toute la presse nationale et internationale. Il est vrai que cette présence est diversement interprétée, selon que l’on est du côté du pouvoir ou de celui de l’opposition. Toujours est-il qu’il réaffirme, à chaque fois que de besoin, qu’il est «le maître du jeu», le détenteur du pouvoir qu’il distribue à sa guise et à qui il veut. Bref, il reste fidèle à son style du genre, «après moi le déluge».  
Pour l’instant, toutes ses actions semblent converger vers cette intention qui lui est prêtée, souvent à raison, de vouloir se faire succéder par son fils. Récemment, c’est à Pikine que les Sénégalais ont remarqué la présence de ce dernier à ses côtés, occupant, sur la tribune officielle, une place que l’on a du mal à justifier au regard de l’orthodoxie protocolaire, alors que des ministres de la République étaient relégués au rang de «back bencher» (occupants de sièges arrières à la Chambre des communes britannique.)  
 
Dans un passé récent, ce candidat potentiel de son père a multiplié, dans cette même zone de la banlieue, les actions, que rien a priori n’explique, par rapport aux attributions officielles qui lui sont connues. 
La manifestation de Pikine, ponctuée par des promesses de TGP que certains ont vite fait de baptiser «Trop Grands Pièges», semble ainsi s’inscrire dans un agenda minutieusement élaboré. Il est donc manifeste que le président de la République sait ce qu’il veut et n’hésite guère à y mettre les moyens qu’il faut pour atteindre ses objectifs. Il le fait avec d’autant plus d’aisance qu’il a la conviction que face à lui, il y a une opposition dont lui-même est conscient de la faiblesse de sa capacité d’adaptation, au point qu’il lui arrive de tourner en dérision les propos va-t-en-guerre de ses leaders.  
 
Dès lors, il y a là de quoi s’inquiéter de l’avenir de ce pays, car même les observateurs les moins alarmistes considèrent que si rien n’est fait, le Sénégal va inexorablement vers des lendemains plus que critiques. Face à tant d’actes posés qu’il serait fastidieux d’énumérer et qui accélèrent cette tendance, que remarque-t-on ? Une déconcertante léthargie de ceux qui, de par leur position sur l’échiquier politique, semblent avoir déserté le champ de la lutte contre toutes ces dérives, si bien qu’ils sont souvent débordés par la société civile.  
A ce titre, les trois axes d’analyse que voici, nous fondent à penser qu’il y a souvent de quoi désespérer de l’opposition sénégalaise.  
 
D’abord, au niveau de sa stratégie de communication : c’est une opposition qui rivalise d’ardeur dans des communiqués de Bureau politique, émaillés de propos dont la véhémence calculée le dispute à une agressivité rentrée, car on y débusque toujours cette attitude qui trahit une certaine pusillanimité, celle d’user d’un lexique susceptible de conduire devant le juge. Il est vrai que, par le passé, certains hommes politiques en ont fait l’amère expérience. Est-ce donc cela qui rend frileux les rédacteurs de ces communiqués, qui recourent à des précautions sémantiques qui finissent par édulcorer leurs contenus, leurs messages, les rendant ainsi sans effet sur la cible visée ? Selon des propos rapportés récemment par la presse, le président de la République aurait dit, au cours du dernier Comité directeur de son parti, que «les attaques de l’opposition sont loin de le déranger». Toujours est-il que les réactions les plus audacieuses sont généralement le fait de jeunes loups qui n’ont rien à perdre. A l’exception peut-être d’un ou de deux leaders, pour tous les autres, la communication est une véritable contorsion, un jeu d’équilibrisme périlleux, une prudence semblable à une marche sur des œufs.  
Au niveau de la mobilisation des masses.  
 
C’est avec une très grande désolation que l’on constate comment les luttes des masses, les mouvements de résistance des citoyens face aux crises qui plombent leur existence sont sevrés de la présence des leaders de l’opposition. Faut-il encore rappeler que leur rôle, comme dans tous les pays où le combat démocratique est en mouvement, c’est d’orienter, canaliser et imprimer une dynamique salvatrice à ces forces vives ? Depuis la seule marche qui avait été organisée et qui avait donné lieu à des actes de violence dont ils ont subi durement les contrecoups, il est rare de les trouver au cœur des manifestations spontanées initiées par des citoyens. Et même s’ils consentent d’y prendre part, c’est souvent de manière symbolique.  
 
Tout porte à croire que les leaders de l’opposition se sont enfermés dans le paradoxe de ceux qui veulent faire des omelettes sans casser des œufs. Il n’est pas exagéré de dire que les hommes politiques, de surcroît dans l’opposition, doivent avoir le courage de leur posture politique et éviter de toujours penser aux privilèges qu’ils pourraient perdre, si un pouvoir les entraînerait dans la violence ou les enverrait en prison. J’entends déjà la tempête, comme dirait Aimé Césaire. Leur interlocuteur, en l’occurrence l’actuel président de la République, alors dans l’opposition, leur a montré le chemin à emprunter pour arriver au pouvoir. Il est vrai qu’il y est arrivé par la voie des urnes, de façon démocratique, mais il faut bien en convenir, avec un président imbu de culture et de valeurs démocratiques, qui a accepté de quitter dignement le pouvoir après sa défaite. Des opposants conséquents ne sauraient faire l’économie des sacrifices à consentir pour mériter de leur peuple.  
 
Un autre élément d’analyse qui est sans doute le phénomène le plus paralysant de l’opposition sénégalaise, réside dans son manque d’esprit d’équipe et de cohésion, conséquence évidente d’une situation de leadership au pluriel. Ce facteur bloquant se définit par la présence de plusieurs leaders, formels ou informels, dans une même organisation où l’unicité de commandement et de décision n’est point effective. Il est, généralement, à l’origine de conflits négatifs, ouverts ou dissimulés, à un moment où l’urgence est de faire converger tous les efforts vers un seul et même objectif : barrer la route aux dérives de l’actuel régime.  
 
Il y a une lutte latente d’un leadership au sein de cette instance qu’est le Front Siggil Senegaal. On a comme l’impression d’assister à une sorte de neutralisation réciproque et suspecte des chefs de parti de ce Front. Comme si ces derniers ne prenaient pas la pleine mesure des conséquences qu’une telle attitude, répréhensible à tous égards, ouvrait la porte aux ambitions prêtées au président de la République de se faire succéder sans anicroche par son fils.  
 
Aussi longtemps que ce problème ne sera pas réglé et qu’on cherchera à l’occulter par une politique de l’autruche, il faudra mettre une croix sur la capacité de l’opposition à supplanter le régime actuel, quelles que soient, par ailleurs, les turpitudes que ce dernier peut se permettre et qu’il se permet d’ailleurs à bien des occasions, comme l’illustrent ces excès inconsidérés, constatés dans le tripatouillage de la Constitution et des modifications unilatérales des règles du jeu démocratique. De telles dérives inacceptables ne rencontrent que de simples cris d’indignation des opposants, comme si l’indignation à elle seule suffisait pour arrêter «le massacre».  
 
L’opposition sénégalaise a besoin d’un vrai leader, à même de renoncer à des privilèges, apte à faire des sacrifices et partant, d’obliger le pouvoir à dialoguer sur toutes les questions d’intérêt national. Ce leader devrait être le produit d’un consensus entre les partis. A défaut, il sera le produit d’un processus naturel d’émergence de celui qui aura été le plus téméraire en son sein, ou en dehors. C’est là une question fondamentale car, la vérité est que, par rapport à ses enjeux, le président de la République apparaît comme le seul maître à bord qui décide sans jamais consulter personne. Or, en la matière, et c’est une règle fondamentale en sciences politiques, seul le rapport de forces constitue un élément dissuasif face aux dérives d’un régime. A défaut, les opposants actuels seront les premiers responsables d’un parachèvement des tendances monarchiques qui se dessinent, se confirment et s’affirment chaque jour davantage.  
 
Au surplus, alors que l’opposition somnole les yeux ouverts, le président de République a fini de créer «ses» institutions, «son» Sénat dont le mode de nomination biaisé lui donne droit au choix de 60 de ses membres. Est-il encore pertinent de parler de «son» Assemblée nationale, dont il vient de rappeler aux membres, qui en doutaient encore, qu’il est «la seule constante», en faisant éjecter son président par des procédés dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils défient toutes les règles et tous les principes de démocratie ? Il n’y a aucun doute que lui, a balisé la voie pour que sa succession se passe avec ceux qui sont totalement acquis à sa cause. Pendant ce temps, l’opposition, elle, se contente de ses communiqués incendiaires de Bureau politique, des interventions tapageuses au niveau des radios et des visites diplomatiques pour conjurer le mal. Elle a une double responsabilité. D’abord, celle d’être incapable de se regrouper et de se doter d’un leadership reconnu et accepté de tous. Ensuite, de décevoir les espoirs portés sur ses responsables par les victimes silencieuses des dérives du régime actuel et qui croyaient trouver en eux les raisons d’espérer des changements.  
 
Toutefois, en dépit même de cette paralysie de l’opposition, qui s’est confinée jusque-là dans la stratégie réactive, preuve de l’insuffisance de sa capacité d’adaptation, des événements récents, comme les troubles provoqués par des marchands ambulants, les émeutes de l’électricité et de l’eau, devraient nous inciter tous, à faire preuve de plus de responsabilité. Des mouvements spontanés, incontrôlés risquent, si l’on y prend garde, de se produire et de déboucher sur des convulsions qui n’épargneront ni le régime en place ni l’opposition elle-même. Ramon Gomes de la Cerna, célèbre écrivain espagnol disait : «Il ne faut pas oublier que, le jour du déluge, ceux qui savaient nager se noyèrent aussi.» Il faut éviter cette situation à ce pays, si tant est que nous l’aimons aussi passionnément que nous le déclamons. Situation qui trouverait, du reste, un facteur aggravant, dans l’absence d’un modérateur social de la trempe de feu El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh, (RTA).  
 
Le président de la République qui est le premier responsable de la sécurité et de la stabilité du Sénégal et de ses citoyens, devrait prendre toute la mesure des conséquences d’un «despotisme», fut-il «éclairé», de l’absence de concertation sur les problèmes qui hantent le sommeil de ses compatriotes. Il lui faudra alors faire preuve d’humilité et d’esprit de dépassement .L’orgueil, bien que faisant partie de la nature humaine, n’a point sa place dans le traitement des problèmes sensibles de l’Etat et de la Nation, dont la non-résolution pourrait entraîner des conséquences autrement plus graves que le sentiment d’avoir perdu la face devant ses adversaires politiques.  
Au demeurant, le tout nouveau Président américain Barack Obama a confié, récemment, à des proches, que s’il ne se précipitait pas à former son équipe, c’est parce qu’il avait besoin, autour de lui, d’hommes et de femmes compétents, qui discutent ses décisions et qui sont prêts à le critiquer si nécessaire. Est-il besoin de rappeler qu’il vient d’être plébiscité par des millions de ces concitoyens, dans ce qui est la première puissance économique du monde ?  
 
Cette confidence d’un homme de quarante ans, le cadet de notre président de la République, et qui exclut toute forme de gestion solitaire du pouvoir, rappelle de fort belle manière, l’adage selon lequel : «Sans liberté de blâmer, il n’y a point d’éloges flatteurs.»  
 
Abdoul Aziz TALL 
Conseiller en management 
Diplômé en Sciences politiques 
Université de Montréal 
Mba, Hec, Montréal  
Droits de l’Homme : une œuvre inachevée  
02-12-2008 «Plus jamais cela !» N’oublions jamais que c’est ce cri de révolte contre la barbarie et l’oppression, mais aussi ce cri d’espoir qui a été à l’origine de la rédaction de la déclaration universelle des droits de l’Homme, voilà soixante ans.  
N’oublions jamais que c’est la conscience naissante d’appartenir à une même famille humaine qui a conduit, pour la première fois, à vouloir, comme le disait René Cassin, «protéger tout homme et les droits de tous les hommes en tout lieu de la terre», à vouloir affirmer clairement la dimension universelle et indivisible de ces droits.  
 
Soixante ans après, qu’est-il advenu de nos aspirations, de nos ambitions, de nos engagements ? Année après année, on a vu s’étoffer l’action normative et institutionnelle des Nations unies, on a vu s’élargir les catégories des bénéficiaires, on a vu s’amplifier la notion même de droits de l’Homme progressivement appliquée à l’alimentation, au développement, ou à l’environnement. Année après année, de nouvelles étapes décisives ont été franchies : qu’il s’agisse de la Conférence mondiale de Vienne, de la création de la Cour pénale internationale, de la reconnaissance du principe de compétence universelle, ou de celui de la responsabilité de protéger.  
 
Malgré le travail et les efforts accomplis par l’Onu et la communauté internationale, malgré l’action inlassable des organisations non gouvernementales et des milliers de héros anonymes qui se dévouent souvent au péril de leur vie, malgré les progrès accomplis et les avancées incontestables réalisées tout au long de ces soixante années, l’œuvre reste, encore et toujours, inachevée.  
 
Qui oserait, en effet, affirmer, aujourd’hui, que le droit à se nourrir, à se soigner, à se former, à travailler, à être protégé par la loi, à circuler librement, en d’autres termes que le droit à vivre dans le bien-être et la dignité est, partout dans le monde, réalisé ? Qui oserait affirmer, aujourd’hui, que la liberté de pensée, de conscience, d’opinion et d’expression, que l’égalité entre les hommes et les femmes, est, partout dans le monde, réalisée ? Qui oserait affirmer, aujourd’hui, que la pauvreté et la guerre, la dictature et l’oppression, l’esclavage et la torture, la xénophobie et le racisme, ont été, partout dans le monde, éradiqués ? Qui oserait affirmer, aujourd’hui, que les principes proclamés par la Déclaration universelle des droits de l’Homme sont, partout dans le monde, effectivement appliqués, que leur violation est, partout, réprimée, ou mieux encore, prévenue ?  
 
Soixante ans après, ayons la lucidité et le courage de reconnaître que le combat pour les droits de l’Homme et les libertés fondamentales demeure d’une pressante et révoltante actualité ! Ayons la lucidité et le courage de reconnaître que l’urgence n’est plus tant de définir de nouveaux droits, que d’amener les Etats, tous les Etats, à ratifier les textes existants, mais surtout à les appliquer réellement ! Plus grave encore ! Devons-nous prendre prétexte que le monde a connu, depuis soixante ans, de profonds bouleversements, que de nouveaux équilibres se sont fait jour, mais aussi de nouvelles menaces, pour remettre en cause, ici ou là, l’universalité de ces principes ?  
Quelle serait la portée, l’efficacité et le devenir d’un droit que certains Etats seulement appliqueraient, tandis que d’autres le bafoueraient, au nom de spécificités culturelles, religieuses, nationales, au nom de je ne sais quel relativisme ? Nous irions au devant d’un immense péril pour l’humanité si nous devions invoquer la diversité pour mieux révoquer l’universalité ! L’universalité et la diversité ne sauraient s’affronter, tant elles sont vouées à se nourrir, à s’alimenter, à s’enrichir l’une l’autre.  
 
Mais dans le même temps, nous devons dénoncer cette instrumentalisation de la diversité et de l’altérité, nous devons réaffirmer fermement que l’universalité de principes ne saurait s’accommoder d’une politique du «deux poids, deux mesures». Nous progresserons d’autant mieux que l’équité sera respectée et que tous les manquements à ces principes et ces idéaux seront condamnés, sans considération de puissance aucune ! Nous devons, aussi, réaffirmer fermement que l’universalité de principes ne saurait être l’occasion, pour certains, d’imposer à d’autres, de manière péremptoire, des méthodes et des modes d’expression venus d’ailleurs. Nous progresserons d’autant mieux que seront prises en compte la diversité des réalités historiques et socio-culturelles, tant en ce qui concerne la formulation de ces principes, qu’en matière de sensibilisation, d’éducation, d’appropriation. Nous progresserons d’autant mieux que la volonté de condamner s’accompagnera d’une volonté de coopération et d’assistance dans un esprit d’écoute, de respect et de dialogue.  
 
C’est bien dans cet esprit qu’agit la Francophonie pour conforter l’universalité des principes et l’efficacité des mécanismes. Une Francophonie fondée, il faut le rappeler, sur le respect de la diversité culturelle, une Francophonie qui a tant fait pour que cette diversité soit érigée en principe du droit international. Puisse donc ce soixantième anniversaire de la Déclaration des droits de l’Homme nous inciter, par-delà nos différences, à proclamer l’unité de notre condition humaine et l’identité de notre destin ! 
 
Abdou DIOUF 
Secrétaire général de la Francophonie  
L’opposition entre alliances et mésalliances depuis 2008 : Ensemble… pour le pire  
04-12-2008 Les partis de l’opposition sénégalaise n’ont jamais véritablement su se retrouver pour le meilleur afin d’aller ensemble aux élections. Ils s’allient toujours pour le pire, dans les périodes de dénonciations, de luttes et de récriminations.  
Par Cheikh Fadel BARRO 
 
Le ménage est progressif au bout du compte. Entre les partis politiques de l’opposition sénégalaise, le mariage est toujours pour le pire, après avoir perdu des élections. Mais, s’il s’agit de se retrouver pour le meilleur, pour gagner une élection, ils se séparent. La dernière née des coalitions, le Front Siggil Senegaal, va-t-elle obéir à cette logique qui articule la démarche de l’opposition depuis l’avènement de l’alternance survenu le 19 mars 2000. En effet, mis sur pied au lendemain des élections présidentielles du 25 février 2007,le Front Siggil Senegaal (Fss) regroupe les candidats malheureux qui ont décidé de contester la victoire de la Coalition Sopi 2007 dirigé par le président sortant, Me Wade. Il s’agit des regroupements de partis qui ont mis en selle, Idrissa Seck arrivé deuxième à l’issue du vote lors de la présidentielle, Ousmane Tanor Dieng avec le Parti socialiste soutenu par d’autres formations, de Moustapha Niasse avec la Coalition alternative 2007, Abdoulaye Bathily, avec Jubbanti Sénégal, entre autres. Ils se sont retrouvés pour contester ensemble l’élection et mener le combat pour préserver les acquis démocratiques, après avoir constaté «la rupture du dialogue» entre le pouvoir et l’opposition. Dans la lettre qu’ils ont adressée au chef de l’Etat après la publication des résultats par le Conseil constitutionnel, les partis à l’initiative du Front Siggil réaffirment «leur conviction que des élections régulières, sincères et transparentes sont la seule voie légitime pour conquérir et conserver le pouvoir, et réitèrent, par conséquent, leur engagement d’inscrire leur action dans cette voie afin de préserver la crédibilité et la stabilité de notre pays».  
C’est qu’avant même la naissance du Fss, les partis politiques s’étaient regroupés dans une alliance dénommée Arr Senegaal, l’ancêtre du Fss, pour regretter et décrier ensemble l’issue des élections.  
 
Cette démarche n’est, hélas, pas une première pour l’opposition sénégalaise sous l’alternance. D’ailleurs, la première coalition de l’opposition après 2000 est née de la contestation d’élections : Le Cadre permanent de concertation (Cpc). En effet, ce sont les Législatives de 2001 qui ont catalysé la mise sur pied du Cpc. Il faut d’abord rappeler le contexte de ces premières élections organisées par le pouvoir libéral. L’alternance faisait encore rêver en 2001 et avait raflé la majorité des sièges à l’Assemblée nationale. L’Afp avec ses onze députés est pourtant devancé au décompte des électeurs par le Parti socialiste qui n’a que dix députés. Mais, tous deux refusent la proposition du président Wade de désignation d’un chef de l’opposition pour se retrouver autour du Cpc. Dans la déclaration qui a consacré la naissance de ce cadre, il était signalé qu’il s’agissait «au-delà de la conjoncture, de défendre les libertés et la démocratie dans notre pays contre les pratiques d’un autre âge et veiller à ce que les élections se déroulent à l’avenir dans la transparence et dans une régularité incontestable». Nous sommes le lundi 14 mai 2001 chez Amath Dansokho et des leaders de partis commencent un long compagnonnage dans les eaux boueuses de l’opposition en face des prairies bleues de l’alternance. Ils se promettent dans ce nouveau front «de renforcer leur unité et d’organiser la défense des valeurs républicaines».  
 
Il s’en suit de longues palabres dans le salon du charismatique Amath Dansokho, prêt à accueillir toute autre formation soucieuse de défendre les mêmes principes. A côté du Cpc, Abdourahim Agne avec son Parti de la réforme (Pr) qui voguait jusqu’ici en solo, initie un autre regroupement. Ainsi, lors d’une tournée dans la capitale du Saloum, il rencontre le Che de Kaolack, Moustapha Fall (Apl). Ensemble, après une journée d’études, les deux partis décident d’exister à côté du Cpc et s’élargissent à huit autres formations. Un pôle est ainsi créé qui porte le nom du Groupe des dix (G10).  
Dans le camp du pouvoir, la gestion des affaires n’agrée plus la Ligue démocratique et les critiques acerbes d’Abdoulaye Bathily ne sont plus tolérés par les libéraux. Ils finissent par le renvoyer du gouvernement.  
 
LA CPA OU LE REVE D’UNE CANDIDATURE UNIQUE 
En même temps, Amath Dansokho multiplie ses attaques contre le régime et touchent le sujet qui fâche : l’argent de Korogho. Sa convocation à la Police soulève un élan de solidarité et rapproche le G10 du Cpc. En effet, comme l’atteste Moustapha Fall Che, c’est à partir de ce moment que les ponts d’une alliance ont été jetés. Par ailleurs, le tout nouveau membre de l’opposition, Abdoulaye Bathily rejoint le salon de Dansokho où se réunit le Cpc. La coalition se fait appeler à partir de ce moment, le Cpc-G10-Ld/Mpt. Trop long, certes, mais il donne des idées à ses différents animateurs qui décident après plusieurs démarches de rester ensemble pour le meilleur. Vont-ils aller jusqu’au bout et partir ensemble aux élections ? Ils le désirent en tout cas. Effectivement, ils vont dissoudre les différentes entités autour de la Coalition populaire pour l’alternative (Cpa) avec une détermination et une volonté déclarées de faire bloc pour les élections législatives en vue. Les propos d’Abdourahim Agne, chez qui le baptême de la Cpa s’est déroulé le 2 mai 2006, en disaient long : «Nous, partis et organisations, membre du Cpc-G10-Ld/Mpt, avons solennellement annoncé le 4 août 2005, lors d’une conférence de presse tenue au Café de Rome, la décision de regrouper nos forces ainsi que celles de tous les autres démocrates qui partagent les mêmes idéaux que nous, pour aller ensemble aux prochaines élections législatives sur la base d’une liste unique de candidats autour d’un programme alternatif commun de gouvernement.» La promesse est faite pour un mariage en vue du meilleur. Mais, elle ne sera jamais réalisée.  
 
LA DESILLUSION 
A l’épreuve, les partis politiques réunis autour de la Cpa ne pourront jamais tenir cette promesse après le report et le découplage des élections législatives et présidentielles, décidés par le pouvoir libéral. Au sein de la coalition, deux positions se heurtent sans jamais se retrouver. Une candidature unique et une candidature plurielle à la Présidentielle. Finalement, les défenseurs d’une candidature unique comme Amath Dansokho qui a soutenu Moustapha Niasse vont se retrouver plus tard dans le Ca 2007 et iront ensemble aux élections. Ceux qui pensaient qu’il fallait une candidature plurielle vont se retrouver d’abord dans la coalition Jamm Ji avec Idrissa Seck de Rewmi avant de se séparer en deux camps : le Ps et la Coalition Jubbanti Sénégal avec comme capitaine Abdoulaye Bathily. Résultat : ils se sont retrouvés après l’élection dans le Fss pour encore décrier ensemble les maux de l’autre…  
delfa@lequtidien.sn  

 

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Modifié en dernier lieu le 5.12.2008
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